Conservatisme, féodalité, système des castes : pour un regard lucide. (3ème Partie et fin), Par Mr Bocar Oumar BA

« Nos vies commencent à finir le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui comptent ». Martin Luther King.

« Ceux qui aiment la paix doivent commencer à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre ». Martin Luther King

Ainsi donc disais-je à la fin de la deuxième partie de ma réflexion, que l’endogamie est ce qui renforce le mieux, tout en le pérennisant, le système des castes, ainsi que l’esprit féodal qui sous-tend son détournement social et politique.

En réalité, la question du mariage est centrale chez les Haalpulaar’en. Elle est la clé de voûte qui permet de maintenir intactes les deux institutions les plus conservatrices de notre société : le système des castes et le patriarcat. Car si le mariage préférentiel est un moyen efficace de contrôle du sang et du rang (donc de la reproduction de la logique des castes), il est avant tout un moyen efficace de contrôle de la femme et de sa mobilité dans la société (donc du maintien du patriarcat dans toute sa rigueur). Et le Haalpulaar’en, quelle que soit son extraction sociale, est éduqué dans le sens de ce conservatisme séculaire. Les personnes issues de castes dites inférieures elles-mêmes, qu’elles furent hommes ou femmes, et quel que soit par ailleurs leur degré d’engagement contre l’esprit féodal, auront tendance à vouloir maintenir une forme de prépotence sur la femme, sans forcément faire le lien que je tente d’établir plus haut avec le patriarcat et avec le système des castes…Les conséquences logiques à tirer d’un tel combat sont si douloureuses en termes de renonciation à des parcelles de pouvoir pour l’homme haalpulaar, qu’elles impliquent une grande rigueur avec soi-même d’abord.

Il n’aura donc pas échappé au lecteur que les injustices que je tente de dénoncer dans notre société Haalpulaar sont systémiques. Elles se maintiennent toutes en raison d’une vision globale de l’humain et de sa place parmi ses semblables. C’est donc une réforme en profondeur de la société qu’il faudrait, à l’image de celle que nous avons hélas ratée en 1776 avec Ceerno Sileymaani BAAL et Abdul Kader KAN. Que les descendants d’Almamys n’y voient aucune insulte, il ne s’agit là que d’une critique historique des politiques conduites. L’homme qui écrit ces lignes est lui-même un descendant direct de l’Almamy Moustapha BA de Hoore Foonde, et n’accepterait aucune insulte à sa mémoire, mais pour rien au monde ne tiendrait pour sacrée l’action à laquelle son nom est associé. La critique de notre société, même de ses géniales trouvailles, n’est pas une déconsidération des anciens, mais leur nécessairement dépassement.

Une fois que l’on a dit tout cela, que nous reste-t-il comme perspectives de solution? Quelles mesures pour le court-terme, et quelles mesures pour le long-terme ? Que répondre à ceux qui pensent qu’introduire ce débat est contre-productif, et aurait pour seul effet d’introduire des divisions dans la société Haalpulaar légitimement préoccupée par l’oppression qu’elle vit au plan national ?
Il est évident que la mentalité populaire que j’ai tenté de décrire tout au long de mon propos ne se combat pas seulement à coup de décrets et de lois. La détricoter suppose un travail de longue haleine. Mais la pire des postures serait que sous ce prétexte, nous ne le commencions pas dès aujourd’hui. L’attentisme qui caractérise certaines réactions consistant à sous-traiter au temps ce qui relève de la responsabilité des hommes contemporains, est une reculade devant l’Histoire. Il n’est pire arrogance que l’appel à la patience des dominants.

S’il appartient à chacun de prendre ses responsabilités face à l’Histoire, la responsabilité des cadres et intellectuels Haalpular’en issus de la féodalité me parait encore davantage engagée que celle des autres. Car la lutte des dominés elle, va de soi. Mais l’engagement des personnes issues de la féodalité, dans l’optique de réformer un système qui les privilégie, est le signe d’une société qui va plutôt bien. Commençons donc par là. Que chacun rejoigne ce combat nécessaire, au sens de la nécessité morale et historique, pour se reformer et reformer par là même notre société. Cela suppose d’abord d’accepter que ce débat est utile, et d’y apporter sa contribution. Rien n’oblige évidemment d’être d’accord sur tout, la seule éthique à tenir étant de ne pas s’opposer au principe sacro-saint de l’égalité des humains.

Parmi les mesures à court-terme pouvant être prises par l’Etat, garant par ailleurs de l’égalité des citoyens devant la loi, il y a celle qui consisterait à démocratiser la question du mariage. La puissance publique devra permettre que des règles dissuasives découragent ceux qui seraient tentés d’empêcher deux personnes qui s’aiment, de se marier hors considération de castes. Il faut que ceux qui en seraient empêchés à ce titre, puissent trouver un moyen de recours judiciaire. Mais cela suppose naturellement que les lois concernant la condition générale des femmes évoluent au même rythme ; car les deux questions sont intrinsèquement liées. Rien de ce point de vue n’est imaginable dans une société où la femme n’est pas reconnue souveraine dans ses choix. Vous aurez donc compris la révolution sociale et le courage politique que cela suppose…

Le même effort de démocratisation devra être fait sur la question foncière. Une réforme générale du foncier consistant dans l’esprit, à remettre les exploitants agricoles au centre de la propriété est nécessaire. Mais pour cela, il y a d’abord à renoncer à la politique d’expropriation actuelle qui consiste à déposséder les communautés villageoises au bénéfice des agro-business men du système. Et dans le même temps, au sein des communautés villageoises elles-mêmes, d’entreprendre une opération de réparation des injustices nées du Feccere Fuuta que nous avons évoquées dans les précédentes parties.

Il y a également à envisager des actions pour le long terme ; tant de la part de l’Etat et de la société civile, que de la part des simples citoyens que nous sommes. Du côté de l’Etat, l’éducation nationale, dans une démarche globale de faire émerger le citoyen de demain, devra faire l’objet d’une réforme de fond. Pour qu’elle aboutisse à ce que nous souhaitons, cette réforme devra être largement concertée. L’émergence de la citoyenneté moderne ne peut se passer de la question de l’égalité dans toutes ses déclinaisons : égalité des « races », des « castes », des genres, etc. Les mécanismes de production des injustices et des humiliations au sein de nos sociétés doivent être enseignés à nos enfants afin qu’ils s’en affranchissent. Seule une volonté politique réelle, affranchie de toute forme d’influence de nature conservatrice, notamment cléricale, peut conduire à de telles réformes.

Du côté de la société civile et des citoyens, il s’agit de nourrir courageusement un tel débat dans les différents médias de la société. Cela passe par tous les acteurs de notre quotidien (journalistes, artistes, intellectuels, religieux, etc.), et notamment par une jeunesse subversive, qui ose rêver et bousculer la société pour tenter de réaliser ses rêves. Une jeunesse qui ne rêve pas de justice sociale et de révolution est une jeunesse éteinte.

Et c’est peut-être finalement cela, et au-delà de tout, l’enjeu principal de notre débat de société : avons-nous encore une jeunesse suffisamment passionnée d’avenir pour ne pas se résoudre à singer machinalement ses ancêtres qu’elle a le droit d’aimer malgré tout ? Car comme j’ai pu le dire dès l’entame de mon propos, il est question dans ce débat de l’avenir de nos jeunes. Comment interpréter dès lors leur désintérêt manifeste pour cette question qui les concerne au premier plan ? Quel est notre rôle auprès d’eux afin qu’éclose une conscience de lutte ? Sans doute un autre débat…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10224483080882926&id=1184398165

Conservatisme, féodalité, système des castes : pour un regard lucide. (2ème Partie)



« La tradition, c’est le progrès dans le passé; dans l’avenir, ce sera la tradition ». Edouard HERRIOT

« La plus haute tâche de la tradition est de rendre au progrès la politesse qu’elle lui doit et de permettre au progrès de surgir de la tradition, comme la tradition a surgi du progrès ». Jean D’ORMESSON

La stratification actuelle du groupe peul de Mauritanie, plus communément appelé Haalpulaar, est le résultat de la dernière glaciation des rapports de forces sociaux issus des derniers régimes politiques du Fuuta précolonial, notamment Deeniyankoo6e et Tooro66e.

• Quels termes précis pour définir ce système social ?

Système féodal ? Classes sociales ? Système des castes? A dire vrai, il serait difficile de le classer en toute rigueur dans l’une ou l’autre des dénominations. Le système que je tente ici d’analyser pourrait se retrouver à l’intersection de tous. Je fais, quant à moi, le choix de retenir l’appellation « système des castes » avec, en arrière-plan, le référentiel indien dont il n’épouse pas cependant toute la rigueur. Il en reproduit néanmoins la logique d’essentialisation, et partant, de stigmatisation.

Je ne referai pas ici la nomenclature des différentes castes en pays Pulaar dont on peut retrouver aisément une foultitude de travaux d’autorité (Oumar BA, Amadou Hampathé BA, Yaya WANE, Oumar KANE, etc.) Ce qui m’importe en définitive, c’est comment un système de division du travail, à la base fonctionnel, sans doute horizontal au départ, s’est mué en un rapport de verticalité interdépendante. Et comment, encore au 21ème siècle, alors même que nous vivons dans un état « moderne », et que les rapports sociaux sont de plus en plus des rapports économiques, perdurent encore des souffrances que nous avons parfois du mal à entendre dans notre société ? Quelle est la nature de ces souffrances ? Comment la société dans son ensemble s’arrange encore aujourd’hui avec l’humiliation de l’autre (et quelque fois de soi-même…), au prétexte de la sacro-sainte tradition ? Comment reposer les termes d’un débat de société avec le seul souci du nécessaire dépassement d’un anachronisme handicapant ?
Il me semble que le système que nous connaissions, où le fils du Baylo (forgeron) était destiné à reprendre la forge de papa, est en voie de disparition dans sa logique de reproduction sociale. Nombre de mes amis Subal6e (pêcheurs) ayant grandi à Nouakchott nagent moins bien que moi, et trembleraient à la seule idée de monter dans une pirogue. L’un comme l’autre, tout comme le fils du Toorodo (caste en charge du spirituel) qui ne maitrise pas le premier verset du coran, contiendraient difficilement les soubresauts de leurs torses à l’évocation du Mbaylaagu, du Cubalaagu ou du Toorodaagu…

Soyons clairs ! Il ne me vient pas un seul instant à l’esprit de dénier aux uns et aux autres le droit d’être fiers de ce qu’ils « sont ». J’essaie juste de comprendre de quelle façon notre société arrive encore à leur faire intégrer l’idée qu’ils seraient dépositaires du Mbaylaagu, du Cuballagu et du Toorodaagu, en dépit de leur incompétence manifeste en la matière…

C’est bien l’essentialisation des castes qui forge l’hérédité ontologique que nous lui reconnaissons. Et on est là en plein cœur du problème. C’est à la seconde même où nous avons commencé à penser que l’on pouvait être imam, cordonnier ou tisserand, non par compétence mais par essence, que nous avons définitivement dévoyé le caractère fonctionnel de nos castes. Celles-ci se seraient sans doute plus facilement adaptées au monde moderne, n’eut été ce détournement de sens. Cette essentialisation de l’appartenance à la caste met en œuvre tout un système de représentations qui est hélas à l’origine des souffrances évoquées plus haut, et fonde par la même occasion des discriminations réelles. Ces discriminations sont à la fois d’ordre symbolique, politique et économique. La direction des prières et la chefferie du village qu’on dénie souvent aux anciens esclaves est sans doute la manifestation la plus paradigmatique de cette discrimination. L’autre source de discrimination étant l’inégal accès au foncier. C’est que la révolution Toorodo de 1776 a réussi à certains endroits du Fuuta, le tour de force de concentrer ces trois pôles entre les mains d’un seul groupe : le savoir, le pouvoir et l’avoir. Là aussi au nom du détournement de la révolution théocratique pensée par Sileymaani BAAL ; détournement qui permit l’émergence d’une nouvelle aristocratie. Le feccere Fuuta (partage foncier du Fuuta) en 1790 permit à la nouvelle caste Tooroodo à bien des endroits, d’accéder aux privilèges fonciers que lui octroie sa prise de pouvoir. Il y a lieu de noter cependant que les aristocraties plus anciennes, mis à part quelques familles deeniyanke victimes de leur fidélité réelle ou supposée à l’ancien régime, conservèrent de larges domaines fonciers. C’est notamment le cas des castes se66e et subal6e. En somme, les castes dites d’autorité (Tooro6e, ful6e se66e et cubal6e) ; c’est-dire celles qui dirigent nos villages, sont les principales bénéficiaires de notre tenure foncière traditionnelle actuelle. Les autres castes dites de métiers, ainsi que les esclaves statutaires, sont les grands oubliés du feccere fuuta ; alors même que les esclaves par exemple, sont ceux qui travaillent principalement la terre sans en être les propriétaires. Ils sont souvent réduits, dans le meilleur scénario, à faire du « rem peccen » (cultive, nous partageons ! »). Il s’agit d’un procédé par lequel le propriétaire terrien reçoit une partie de la récolte d’une terre que sa famille n’exploite plus depuis des générations quelque fois. L’exploitant étant souvent l’esclave statuaire qui, de fait, ne bénéficie pas de tous les fruits de son labeur… Et c’est ce système aujourd’hui qui est décrié assez souvent dans la vallée du fleuve Sénégal par les victimes de ce système inique, sous la thématique de l’esclavage foncier. Il fait partie de ce qui fonde la récurrence des conflits autour de la question de l’esclavage en milieu négro-africain de Mauritanie.

L’autre point important de la dénonciation à laquelle s’adonnent les militants égalitaristes en milieu Haalpulaar, se situe au niveau des clichés humiliants dont les personnes dites de castes inférieures peuvent souffrir au sein de notre société. Bien sûr, et il faut oser le dire, ces clichés sont entretenus y compris par des personnes dites « castées ». Nos rituels de familles (mariage, « baptêmes », etc.) sont souvent l’occasion de recréer ses rapports dominants/dominés. Et c’est à travers ces dons symboliques que les personnes dites nobles accordent, qu’elles reçoivent de la part des autres la reconnaissance de leur statut de dominants. Il a pu être dit que c’est un rapport de dépendance financier dont profitent également les personnes « castées ». A vrai dire, rien n’est moins sûr… Comment penser de nos jours, que des personnes vivent encore de ce qu’elles perçoivent à ses occasions ? Si les profits matériels sont réels, je crois néanmoins davantage à un attachement affectif à une coutume, dont on sait qu’elle permet de conserver sa place dans la société, qu’à une dépendance financière réelle. Il y aurait de mon point de vue, plus une peur d’un changement qui perturberait l’ordre établi, peur qui existe dans toutes les sociétés conservatrices, qu’un réel besoin de survie économique. Conserver la tradition semble être pour les Haalpulaar une forme de repli identitaire face à un monde moderne violent et insécurisant, où la moindre concession pourrait soulever le fantasme d’une cosmogonie qui s’écroule.

D’où la vitalité de l’endogamie qui permet de conserver deux choses importantes aux yeux du haalpulaar : le sang et le rang. De tout temps la logique matrimoniale a été fondée sur le mariage préférentiel qui ne trouve sa limite que dans l’inceste. Le mariage entre cousins étant celui qui est privilégié, il a alors forcément pour conséquence de rigidifier la cloison caste. Si on se marie préférentiellement dans sa lignée, on se marie forcément préférentiellement dans sa caste aussi. Ici la notion de pureté du sang qui irrigue la logique des castes est sacralisée ; car il s’agit d’assurer la descendance. Les mariages entre castes (ou tout au moins entre castes non équivalentes) sont donc proscrits en raison du risque de confusion qu’ils induisent. L’adage pulaar « Yoo gundo res gundo, elo resa elo » (que le lézard se marie avec le lézard, et le varan avec le varan), est une illustration de cette volonté de cloisonner. En vérité, à y réfléchir, cet adage est bien plus terrifiant qu’on y croit. En effet, il est du même ordre que la logique qui a fait appeler les métis « mulâtres ». Le mot mulâtre a la même racine que le mot mulet : animal issu du croisement entre le cheval et l’âne et qui a la particularité d’arrêter à elle la descendance par son incapacité à se reproduire. Cette terminologie animalière appliquée à l’humain en dit long sur le mépris qu’elle ne s’embarrasse même pas de cacher.

L’adage pulaar ne dit pas forcément la crainte d’une non-reproduction physique, mais symboliquement, l’enfant issu d’un mariage exogamique inter-castes souffrirait d’un déficit de reconnaissance sociale. Son géniteur fait courir le risque que la pureté de la lignée, et par conséquent la lignée elle-même, s’arrête à lui. Du moins dans sa pureté… La crainte d’une discontinuité étant toujours ce qui semble opérer ici.
(Suite)

Lien utile Partie 1 : https://soninkideesjose.wordpress.com/2020/12/24/conservatisme-feodalite-systeme-des-castes-pour-un-regard-lucide-partie-1-par-ba-bocar-oumar/

©️ Crédit source: post Facebook de – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10224416097648387&id=1184398165

IRA-MAURITANIE : Communiqué de condoléance


• Le Covid_19 a fait une autre victime, Soumaila Cissé

IRA – Mauritanie a appris avec la plus grande tristesse le rappel à Dieu de monsieur Soumaila Cissé, homme politique et figure emblématique de l’opposition Malienne.
À cette douloureuse occasion, le président, les membres et sympathisants de IRA – Mauritanie présentent leurs condoléances à sa famille, ses amis, les militants de son parti et au peuple malien frère.
Son esprit restera à jamais parmi nous et son combat continuera jusqu’à sa réalisation.
Nous prions pour le repos de son âme et pour que le tout puissant l’accueille dans son saint paradis.


Ina Lillahi wa ina ileyhi rajioune

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Conservatisme, féodalité, système des castes : pour un regard lucide. (Partie 1) Par BA Bocar Oumar.


« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente ».

« Une civilisation qui choisit de fermer les yeux sur ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation éteinte ».

Aimé CESAIRE, « Discours sur le colonialisme ».

Le récurent débat sur la notion de « féodalité » dans notre société mauritanienne impose aux gens honnêtes d’en faire le leur. Il ne s’agit pas ici de questionner son actualité, ni sa pertinence, mais les moyens de son intelligence et de sa compréhension. L’enjeu pour moi ici, est de tenter modestement de replacer la question au centre d’un débat serein et dépassionné, loin de l’invective facile et du sauve-qui-peut archaïque et réactionnaire qui caractérisent bien souvent certaines postures sur la défensive. L’ensemble rendant les échanges sur les réseaux sociaux parfois inaudibles en raison du dialogue parallèle ainsi instauré. Il me semble que l’avenir de nos enfants, car c’est de lui qu’il est question au final, mérite mieux. Essayons donc de comprendre dans quoi nous sommes pris dans ce débat.

Je n’ai évidemment pas la prétention de commettre une réflexion anthropologique exhaustive sur la féodalité en société mauritanienne. Un regard qui se veut lucide sur cette question dans le groupe sociolinguistique Peul auquel j’appartiens suffirait déjà à sa peine…Il n’empêche cependant qu’un propos préliminaire sur la nature conservatrice du pays qui est le nôtre, et par conséquent sur le détournement de l’Etat moderne qu’elle occasionne, autoriserait des ouvertures de fenêtres sur ce qui se passe chez les voisins.
Il se trouve effectivement, que notre pays se caractérise par le fait que très tôt, les pôles de décision traditionnels (chefferies, tribus, castes dites nobles, etc.), ont investi les structures de l’état, figeant ainsi dans une forme de conservatisme cette institution qui était peut-être la seule à avoir vocation à impulser efficacement les politiques nécessaires à la transformation sociale et à la lutte contre les archaïsmes de nos sociétés rurales. Et c’est à ce niveau que la féodalité, au sens où on pouvait l’entendre dans le moyen-âge européen (pouvoir territorialisé de seigneurs contrôlant des fiefs), peut s’entendre en République Islamique de Mauritanie. Non pas que nous aurions en Mauritanie des seigneurs et des fiefs, mais bien davantage dans la tension permanente entre état moderne et pouvoirs traditionnels. La persistance d’une forme d’aristocratie au sein même de la gouvernance étatique a forcément pour conséquence d’affaiblir celle-ci et de retarder l’émergence d’une citoyenneté unique pourtant seul gage de l’égalité. Car l’émergence du citoyen fait renaître la loi face à la coutume. Et la loi est en principe seule garante de l’égalité citoyenne qui n’établit en définitive de verticalité que vis-à-vis de l’Etat. Mais tout cela fut hélas jusque-là un enjeu insuffisamment porté.

Ni les discours aux relents « progressistes » de nos dirigeants, encore moins les incantations de certains de nos théoriciens du grand soir, n’ont suffi à bousculer sérieusement les déterminismes sociaux, les réflexes de stigmatisation et les crispations culturelles et mentales qui nous habitent tous. Et cela, parce qu’entre le discours de tribune bien souvent produit par mimétisme et fidélité à des idéologies (voire à des « idoles ») occidentales, et l’attitude à tenir en toutes circonstances en société, il y a un gouffre que l’on se pardonne assez facilement en Mauritanie par schizophrénie.

Et ce conservatisme banalisé par tous, quand il n’est pas sciemment entretenu par tous, n’aide naturellement pas à l’émergence d’un vrai débat autocritique sur nos sociétés et leurs archaïsmes. Il n’y a guère que les coups de boutoir des victimes de ces archaïsmes pour obliger nombre d’entre nous à ouvrir les yeux aujourd’hui. La société Peul de Mauritanie n’échappera pas à un nécessaire examen de conscience ; car son histoire cache bien des cadavres dans le placard. Sa stratification actuelle qui est le produit de cette histoire, se retrouve dans la centralité même du débat.

©️ Crédit source: Repris via post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10224385750289722&id=1184398165

Mauritanie | le premier ministre préside une réunion du comité ministériel chargé des droits de l’homme

Le comité ministériel chargé des droits de l’homme a tenu une réunion, aujourd’hui lundi, sous la présidence du Premier ministre M. Mohamed Bilal Messaoud.
Au cours de la réunion, le commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Mohamed El Hacene Ould Boukhreiss, a présenté au comité un rapport détaillé sur l’avancement de la mise en application des traités et engagements internationaux signés par la Mauritanie, des mesures qui ont été effectivement prises et celles qui doivent être prises pour compléter le l’arsenal nécessaire pour assurer le respect des droits des individus, en particulier, les enfants et les femmes, pour les protéger contre l’exploitation et le travail forcé; ainsi que le soutien aux tribunaux spécialisés dans les affaires d’esclavage, par le renforcement de leurs capacités humaines et la spécialisation de leurs membres.
Le comité a félicité la commission pour le travail qu’elle a accompli au cours de l’année écoulée, en vue d’assurer la mise à jour des textes, l’application des traités et le suivi des rapports périodiques afin qu’ils restent cohérents avec les engagements pris dans ce domaine, étant donné que près de 96% de ces traités ont été mis en application et que le plan national de lutte contre le travail forcé a été mis en route.

#Mauritanie
#Actuvision

©️ Crédit source: Page FB Vision – https://www.facebook.com/207091683265307/posts/724820721492398/

Le député Biram Dah Abeid, Président d’Ira-M, député et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2014 et 2019

Avertissement citoyen

Tout observateur des inconstances et aléas de la politique en Mauritanie, finit par constater le triomphe, sans gloire du nomadisme, cet instinct de survie sur une terre, où les pouvoirs connaissent des mutations comparables aux fluctuations du climat. Le même spectateur discernera que l’opportunité a été offerte, au président de la République Mohamed Mohamd Cheikh Alghazouani et son gouvernement, de franchir des pas décisifs vers une voie de salut, autre que les errements, hasardeux, en vigueur depuis des décennies.

Pourtant, plusieurs facteurs d’insécurité – dont les moindres ne sont la résistance des forces du changement, ni leur popularité, encore moins le délitement des équilibres vitaux, sous le coup de la médiocratie, du népotisme et de l’impunité ethno-tribale – contribuent à l’urgence d’une révision des politiques publiques. La gravité de la situation globale en Mauritanie affecte presque la totalité des chapitres de la gouvernance et, de ce fait même, dicte des mesures de riposte à l’équivalent d’une catastrophe naturelle. Les principaux obstacles à surmonter relèvent du faible niveau de réflexion stratégique des dirigeants mais aussi de leur degré d’enfermement dans les logiques de clientélisme, que caractérise, en premier, l’aversion aux idéaux d’égalité. Evoluant dans un vase clos de repli sur soi et de ruses d’au jour le jour, la caste des gouvernements par déçoit autant qu’elle tâtonne, en quête de légitimités mensuelles ou de bricolages d’une stabilité sans projet ni rêve.

Ce sentiment partagé à grande échelle parmi les protagonistes de la crise, en dépit de leurs différences d’appréciation, a nourri l’ambition d’un consensus en vue d’entamer une délibération collective, selon les critères de l’inclusion, de la bonne volonté et de l’imagination au service de l’audace. Or, il semble – compte-tenu des informations en provenance des cercles mitoyens du centre de décision – que le bloc de la conservation, de la fraude, du déni et du fait accompli, manœuvre, manifestement, à contre-courant des intentions du Président de la république. Ainsi, ces éminences de l’ombre s’emploient-elles à polluer l’atmosphère de quiétude héritée de l’alternance au sommet de l’Etat et de l’esprit d’ouverture du nouveau président de la République, car elles estiment celle-ci acquise, en vertu d’une lecture infantile du rapport des forces. Les officines réactionnaires, à mi-chemin de la dissimulation et de l’obscurantisme, privilégient des représentations et des modes d’action à visée chauvines, afin de retarder les réformes, du moins les vider de leur substance. L’étroitesse de tels calculs tient de leur connexion, sur mesure, à des intérêts égoïstes et de terme très court. L’erreur consiste, ici, à diriger un pays suivant la dictée d’arrangements triviaux, avec, chacun, sa part de confusion, d’ambiguïté, voire d’indifférence à la critique. L’ouverture et les consultations revendiquées dans le discours officiel restent du domaine de l’affichage, pour ne pas dire de la duplicité.

Aussi, nous, agissant au nom du courant national, social et populaire, représenté par le Parti de la Réforme et de l’Action Globale (Rag- aile politique de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)) – et au sein de cette dernière :

  1. tenons à informer, l’opinion, des indices de régression que nous percevons et d’où jaillit notre inquiétude quant au devenir de la paix civile ;
  2. disons notre indisponibilité à verser dans l’amateurisme des tentatives d’ententes artisanales auxquelles préside la volonté d’exclure certains acteurs et de flatter la vanité d’autres ;
  3. rappelons combien la cohésion sociale, dans n’importe quelle société, demeure tributaire d’un contrat assurant, à ses membres, la liberté, la dignité et l’équité, sous l’égide du droit et non au titre de faveurs;
  4. réitérons notre engagement à servir l’émergence de l’autre Mauritanie, celle jusqu’ici maintenue aux marges ; grâce à la pratique du dialogue, de la franchise et des résolutions écrites, nous aspirons à un consensus autour de la vérité et de la justice.
  5. ne participerions à la mise en œuvre des formules habituelles d’occultation et de vernis qu’impose le souci de perpétuer la domination, au lieu de la déconstruire.
  6. renouvelons le vœu de voir l’année 2021, constituer le rendez-vous de la rupture salutaire, après le temps perdu à couvrir le crime, blanchir ses auteurs et consacrer l’oubli.
  7. reformulons notre impatience de participer, sans contrepartie, au relèvement national, sous le signe de l’intégrité, de la compétence et du mérite, loin du ménagement des anciennes préséances, notamment de langue, de naissance et de notoriété religieuse.
  8. Adressons le présent message, à l’ensemble de nos compatriotes, avec une attention insigne, au Président de la république.

Nouakchott, le 16 Décembre 2020
Biram Dah Abeid

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE/RAG

COMMUNIQUE N°024-2020/MSDH relation à la Journée Internationale des Droits de l’Homme.


Le Mali à l’instar de la communauté internationale commémore La Journée Internationale des droits de l’homme.

Elle est célébrée chaque année le 10 décembre, jour anniversaire de l’adoption en 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Déclaration universelle des droits de l’homme, un document fondateur qui a proclamé les droits inaliénables de chaque individu en tant qu’être humain, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Cette déclaration est la première reconnaissance universelle du fait que les libertés et les droits fondamentaux sont inhérents à tout être humain, qu’ils sont inaliénables et s’appliquent également à tous, que nous sommes tous nés libres et égaux en dignité et en droits.

Le thème de la Journée des droits de l’homme de cette année est lié à la pandémie de COVID-19 et met l’accent sur la nécessité de reconstruire en mieux, en veillant à ce que les droits de l’homme soient au cœur des efforts de relèvement. Nous n’atteindrons nos objectifs mondiaux communs que si nous sommes capables de créer l’égalité des chances pour tous, de remédier aux échecs qui ont été mis en lumière par la COVID-19 et qui ont favorisé la crise, et d’appliquer les normes relatives aux droits de l’homme pour lutter contre les inégalités, l’exclusion et la discrimination profondément ancrées, systématiques et intergénérationnelles.

Au cours de cette année 2020 près de 720 cas de violations de droits ont été recensés par la mission des nations unies au Mali, chose tout à fait regrettable dans un Etat dit de droit.

Parmi ces graves violations des droits de l’homme on note :

● Les attaques incessantes des villages dans le centre du mali par des groupes armés non identifiés ;

● La prolifération des milices qui constitue la véritable source des violations graves des droits de l’homme au centre du pays ;

● La libération de plusieurs présumés terroristes ;

● la recrudescence des violences basées sur le genre ;

● Les pratiques analogues à l’esclavage en milieu soninké ayant causées plusieurs morts et plusieurs milliers déplacés dans la seule région de Kayes ;

● La faiblesse de l’Etat vis-à-vis de l’Application des Textes et lois de la république.

● Plusieurs disparitions forcées et d’arrestations arbitraires dans tout le Mali.

Respecter les droits de l’homme ne relève pas du choix politique mais d’une obligation juridique et morale. Ce sont des engagements à vocation universelle, des principes de droits garantis par des déclarations solennelles ou des traités juridiquement contraignant.

Fait à Bamako, le 10 Décembre 2020

Le Président N’Djim Boubacar

©️ Crédit source: https://www.facebook.com/102319477828361/posts/467639697963002/

Flash info | Communication IRA/RAG

Le Mouvement Abolitionniste Ira-M et son aile politique Rag avaient programmé des missions de sensibilisation, de mobilisation, de formation citoyenne et d’information sur toute l’étendue de nos Wilayas. Ce programme devait être lancé le 15 décembre 2020 à partir de la Wilaya du Guidimagha; mais considérant l’ampleur de la réapparition du Corona et les mesures prises par le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation qui, par arrêté No 0001080 du 03/12/2020/ MIDEC instituant des mesures particulières relatives à la lutte contre la pandémie du COVID-19, vient en son article 3, D’INTERDIRE TOUTES LES FORMES D’ATTROUPEMENT ET RÉUNIONS PUBLIQUES .
En conséquence, compte tenu de l’intérêt supérieur que les deux formations Ira-M et Rag accordent à la bonne santé et à la vie de nos citoyens, il est porté à la connaissance de tous que la mission au Guidimagha prévue à partir du 15/12/2020 est reportée jusqu’à ce que les conditions le permettront.

Nouakchott le 07/12/2020.


Commission de Communication Ira/Rag

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE/RAG

HOMMAGE: L’APPEL DE SIDIOCA, JE ME RAPPELLE!

Le 12 mars 2007 la CENI annoncait pour la première fois la tenue d’un 2ème tour qui opposait le candidat Sidi Ould Cheikh Abdallah (SIDIOCA) à Ahmed Ould Daddah de l´UFD/Ère nouvelle. Deux jours plus tard et plus précisement le 14 mars 2007 qui coincidait avec le 24ème anniversaire de notre mouvement les Flam je recois un appel de la Mauritanie et j’entendais au bout du fil une voix suave et chaleureuse qui ne m’était pas familière. Après les salutations d´usage et amabilités, Je demandai à qui avais- je l´honneur et il me répondit calmement : C´est Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Je réponds en pulaar : « Bismilla ma monsieur le président », entendez au nom de Dieu soyez le bienvenu monsieur le président!

Sans tarder il m´exposa l´objet de son appel et me dit que dans son programme il a un volet prioritaire qui lui tenait à coeur à savoir l´unité nationale et la résolution de l´épineuse question nationale et pour cela il pensait qu´il ne pouvait régler ce probleme sans parler avec les concernés et surtout ceux qui ont fait de cette question leur cheval de bataille. C´est pourquoi il tenait à aborder le problème directement avec les FLAM, qui ont payé cher, par leur engagement, pour la résolution de cette question.

Je saluai l´initiative que je trouvais assez courageuse et patriotique. Je revins largement sur notre lutte, nos revendications tout en soulignant que nous avions des réserves par rapport au processus démocratique entamé par les militaires du CMJD, mais que nous ne pouvions qu´apprécier sa démarche et son honnetêté intellectuelle. Il me dit que son initiative n´était pas pour chercher un soutien électoral mais surtout pour connaitre notre revendication et nos propositions de solution et il promet de nous contacter à nouveau une fois élu pour montrer sa bonne foi. Il m´avoua qu´il était choqué par ce qui s´est passé pendant les années de braise et qu´il ne pouvait cautionner une politique à fondement racial en Mauritanie parce qu´il a dans sa propre famille des frères métisses donc des négro-mauritaniens et en plus il a une relation particulière et séculaire avec la communauté noire de Mauritanie et du Sénégal à travers la confrèrie Niassène dont il est un fervent disciple. Je saluais sa disponibilité à discuter et à trouver des solutions avec nous. Je lui proposais de le mettre en contact avec notre camarade Samba Thiam président de notre mouvement pour continuer l´échange. Ce qu´il accepta volontiers.

Le 26 mars les résultats du 2ème tour du 25 mars 2007 tombent Sidioca est élu président de la Mauritanie avec plus de 53% du suffrage exprimé.
Le 27 mars j´appelle le président élu pour le féliciter de sa victoire. Sidioca me réitère son engagement et me met en contact avec quelques membres de son cabinet, pour leur soumettre notre document et nos propositions avant son investiture qui était prévue le 19 avril 2007. Dans la même journée j´accorde deux interviews aux journalistes Olivier Roger de Rfi et Idrissa Fall de la Voix d´Amérique pour exprimer nos attentes auprès du nouveau régime. Quelques jours après je lui envoie notre plate-forme pour une Mauritanie réconcilée.

Le 29 juin 2007 le président Sidi Ould Cheikh Abdallah adressa un message solennel au peuple mauritanien dans lequel il s´engageait à prendre en charge les problèmes liés à l’Unité nationale et à l´esclavage, à réconcilier les Mauritaniens entre eux, et à panser les plaies ouvertes des douloureux évènements du passé. Ce discours répondait en partie à nos préoccupations consignées dans la ”PLATE-FORME POUR L´UNITÉ NATIONALE” soumise au président de la République.
Nous saluâmes cette disposition d’esprit positive du Chef de l’Etat dans une déclaration de presse publiée le 30 juin 2007, qui, non seulement assume pour la première fois dans notre histoire au nom de l´Etat mauritanien les violations massives des droits humains commises contre une partie de nos populations, mais surtout s’engage à les réparer.

Pour nous, le retour organisé sous l’égide du HCR de nos compatriotes déportés suivi de leur rétablissement dans tous leurs droits, le réglement juste et équitable du génocide ainsi que l’engagement à éradiquer toutes les formes d’esclavage représentent un préalable important à la décrispation du climat social nécessaire pour la réconciliation nationale. C’est une avancée notable vers l’instauration des conditions du dialogue interne, franc et sans exclusive, sur le problème politique de fond devant poser les bases de notre unité. Ainsi donc le dialogue est entamé avec les nouvelles autorités.
Le président Sidi prévoit d´envoyer une mission inter-ministérielle au Sénégal pour préparer le retour organisé des déportés il nous contacte à nouveau, nous les mettons en relation avec nos camarades responsables des réfugiés au Sénégal pour préparer la tournée ministérielle dans les camps des déportés de la vallée.
Ces échanges seront maintenus et couronnés par la rencontre historique à New-York entre le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi président de la république islamique de Mauritanie et le président des Forces de libération africaines de Mauritanie Mr Samba Thiam en compagnie du camarade Mamadou Barry Secrétaire général des Flam-Amérique, en marge du sommet annuel des nations unies le 26 septembre 2007. C´est ainsi qu´il nous invita à un retour au pays après plus de 24 ans d´exil et de bannissement pour aider à poser la question et à mobiliser la classe politique autour de la question nationale et sociale.

Sans tarder il passa à l´acte et organisa le premier retour des déportés à la terre natale. Un espoir renait mais les démons de la division se réveillèrent. Les idéologues du Système ethno-génocidaire et autres partisans de l´idéologie raciste, sortirent la grande batterie avec des articles au vitriol sur la toile contre Sidi et certains n´hésiteront même pas à parler du ”retour organisé des Sénégalais”, de ”l´envahissement et repeuplement de la Mauritanie par des étrangers” et du complot des Flam contre l´angélique Mauritanie! Nous réagissons à cette campagne par un article sur CRIDEM et FLAMNET signé le 16 juillet 2007 intitulé : ”Ces Flam qui dérangent les forces du mal”.
Cette campagne malveillante orchestrée finira par le putsch des généraux et la destitution du président Sidioca au mois d´août 2008. Arrestaion, emprisonnement et mise en résidence surveillée du premier président élu démocratiquement de la Mauritanie à Lemden son village natal.
Le peuple mauritanien s´opposa avec véhémence au putsch à travers le FNDD et les forces politiques en exil. Des manifestations seront sévérement réprimées à l´intérieur et fortes mobilisations à l´extérieur. Le putsch sera malheureusement entériné par les fameux accords de Dakar avec ses pièges et zones d´ombre.
Ainsi donc, retour à la case de départ de juillet 1978, fermeture de la courte page civile et maintien des militaires au pouvoir à travers une élection dont l´issue était connue d´avance.
Avec la pression internationale le président est libéré. Je l´appellai; il me salua chaleureusement avec ces mots qui résonnent toujours en moi : « Kaaw, pendant ce putsch, de tous les soutiens, c´est le vôtre qui m’est le plus allé droit au coeur et que je n´oublierai jamais. Vous pouviez dire que vous n´êtiez pas de mon gouvernement, ni de ma majorité comme certains opposants qui ont soutenu le putsch, mais vous avez défendu des principes et des valeurs de justice. Je
n´oublie pas votre patriotisme, pendant ma présidence, nous étions en contact permanent mais vous ne m´avez jamais posé des problèmes personnels seulement l´intérêt national contrairement à mes parents où chacun essayait de caser un fils ou un parent. Vous-êtes des vrais et dignes patriotes ! ».

En moins de 15 mois Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui était considéré par certains comme « le candidat du Système » s´est révélé être comme l´homme anti-Système; il suscita beaucoup d´espoir auprès des exclus et opprimés et essaya de résoudre l´épineuse question de la cohabitation qui demeure toujours actuelle après son éviction. Il a montré qu´avec la volonté on peut réconcilier les Mauritaniens malgré la profonde déchirure.
L´histoire retiendra de cet homme comme étant un homme de paix, pieux, humble, désintéressé, franc, direct et attaché à l´unité du peuple mauritanien. Il fut un homme de Dieu, de foi profonde qui acheve son parcours de président en simple Imam de croyants dans son village, en toute humilité.
Mes condoléances les plus attristées au peuple mauritanien dans son ensemble, à la Oumma islamique, à sa famille, à sa fille adorée – ma complice-, ma soeur de coeur Amal.
Adieu Sidi et paix éternelle à votre âme « mister president », le seul élu démocratiquement et réellement dans l´histoire politique de la Mauritanie.
Sidi est parti mais la lutte continue pour une Mauritanie plus juste, non raciale, égalitaire et réconciliée.

LLC !


Stockholm le 30 novembre 2020


Kaaw Touré

©️ Crédit source: reçu de l’auteur

Les victimes réclament justice: comment laver la fête nationale de la souillure d’Inal

À la veille du 28 novembre 2020, Initiative de Résurgence Abolitionniste de Mauritanie (Ira-M), a souhaité, par la voix de son président, député à l’Assemblée Nationale et deux fois de suite classé deuxième aux élections présidentielles en Mauritanie, lauréat de plusieurs distinctions et prix internationaux prestigieux dont le Prix des Droits de l’Homme des Nations-Unies en 2013, avait pointé du doigt les grandes injustices structurelles qui empoisonnent la vie intercommunautaire, mais aussi les relations entre les gouvernés d’une part et ceux qui gouvernent d’autre part. Il s’agit, entre autres grands thèmes, de la question des assassinats collectifs et à caractère ethnique qui ont endeuillé le pays pendant les années 80-90.
Le président Biram Dah Abeid avait souhaité dans son message pour cette grande occasion du 60ème anniversaire de l’accession de la Mauritanie à la souveraineté, que l’apaisement et l’ouverture inaugurés et en cours depuis l’accession du président Mohamed Cheikh El Ghazouani, puissent englober et prendre en charge cette question primordiale, dangereuse et lancinante, portée par les ayant-droits des victimes, les rescapés, les exilés mauritaniens ou les organisations et courants de revendications. Mais hélas, notre stupéfaction est grande quand les forces de l’ordre ont réprimé les manifestantes et manifestants pacifiques et en ont arrêté et privé de liberté depuis 24h, plus de 28 personnes. Ces graves violations du droit des veuves, orphelins, sœurs et/ou mères des personnes disparues à réclamer la vérité et la justice, s’ajoutent la violation du droit à l’éducation des jeunes bacheliers mauritaniens, privés d’universités, réprimés et embastillés et deux d’entre eux (Izidbih Jaavar et Abdel Ghader)croupissent dans les cachots de police depuis plusieurs jours ;
Ira-M réitère son engagement fort et indéfectible avec tout citoyen et/ou toutes catégories de citoyens, visés ou ostracisés dans un ou plusieurs de ses droits;
Soutien les ayant droits des victimes de la tentative d’épuration ethnique, les rescapés ainsi que les associations civiles et organisations politiques qui militent pour la vérité, la justice, la réparation et la mémoire, concernant cette tragédie nationale à effets encore vivants et traumatisants;
Soutien les revendications des étudiants mauritaniens aspirants à une éducation et à un avenir digne dans leurs actions et manifestations pacifiques visant à faire entendre leurs voix à qui de droit;
Ira-M exige la libération sans conditions de tous les détenus;
Ira-M exige la reconnaissance effective du droit à manifester pour tous les citoyens;
Ira-M exige l’inclusion de toutes les questions structurelles comme celle des disparitions forcées et les questions conjoncturelles comme celle de l’accès de tous les bacheliers à l’université, dans la dynamique de pacification, d’apaisement
et d’ouverture du président de la République Mohamed Cheikh El Ghazouani.

Nouakchott, 29 novembre 2020

La liste des manifestants et manifestantes détenus depuis hier dans les cachots de la police de Nouakchott :

  1. Fama dite Konte
  2. Thierno Yaya Ball
  3. Mamadou Sall
  4. Aboubakry Ba
  5. Abou Sow
  6. Saratou Dia
  7. Yacouba BA
  8. Aissata Dia
  9. Mamy Bass
  10. Samba Sylla
  11. Sall Abdoulaye
  12. Dia Ibrahima
  13. MBODJ Mamadou Aly
  14. Moussa Biram
  15. Oumar Dia
  16. Thiondi Touré
  17. Woppa Dara
  18. Diack Ibrahima
  19. Hamidou Bass
  20. Aly Kane
  21. Ahmed Ched
  22. Taleb hayar Ould Abdoullah
  23. Abdoul Wahab Ould Sidi E Mokhtar
  24. Saidou Yaya Ba
  25. Athia Sall
  26. Haby Bass
  27. Mohamed Cha’ad
  28. Thomas Diallo- Bababé
    Abdoulaye Sall

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE