Esclavage en Mauritanie : la BBC piégée

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

✅Note d’alerte

Dah Abeid, candidat tête liste nationale des députés de la coalition Rag-sawab, est arrêté le 7 août 2018, juste avant le déclenchement de la campagne pour les élections législatives et locales. La détention arbitraire, largement condamnée en Mauritanie et dans le monde, visait à l’empêcher d’entrer en compétition et ainsi limiter, dans les urnes, le score de son parti.

A la fin du scrutin, la police politique procède à la sa libération, au terme d’un procès sans gloire ; le plaignant, un écrivassier diffamateur, retire la plainte et regagne l’anonymat de sa condition.

Dès la sortie de prison le 31 décembre 2018, l’élu Biram Dah Abeid reçoit la visite de BBC-Arabic dont il accepte d’être l’invité principal, au programme Noughtet Hiwar, littéralement « point de dialogue ». L’enregistrement de l’émission devait se dérouler sur les plateaux de la chaîne publique, Télévision de Mauritanie (Tvm), déjà loués à cette fin. La date est fixée au 9 février 2019.

Or, la veille, Mahdi Almoussawi, le journaliste réalisateur, auteur et garant de l’accord avec Biram Dah Abeid, retire l’offre initiale. Il vient s’excuser et informer, Biram Dah Abeid, des objections exprimées par le Commissaire aux droits de l’Homme et le Directeur de la Tvm. Tous deux, lui ont fait part des instructions de la Présidence et de Primature en Mauritanie, interdisant l’entrée des studios, au parlementaire Biram Dah Abeid. En conséquence, ils enjoignaient, à BBC Arabic, de « choisir » un représentant du gouvernement comme invité de rechange.

BBC Arabic se retrouve ainsi contrainte d’accepter l’offre impérative où un sombre supplétif du système de domination ethno-tribale vint débiter son homélie de négationnisme, comme d’usage, à l’abri de contradiction.

Ira-M souligne l’inélégance du procédé et sa banalisation alors que le pays se met à espérer une transition non-violente, après 10 années de prédation, de censure et d’arrestations d’opposants.

Avec le concours des bonnes volontés, notamment au sein des média, IRA s’apprête à introduire, auprès de Reporter Sans Frontières (RSF), un recours contre le gouvernement de Mauritanie.

Le geste et ses motifs requièrent l’attention rigoureuse des rapporteurs spéciaux des Nations-Unies et interpelle, autant, la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples.

Nouakchott le 11 février 2019

Le Bureau Exécutif

Crédit source : Réseaux officiels IRA via Facebook

Le député Biram Dah Abeid honoré à L’UC Louvain en Belgique : Son allocution.

Monsieur le Recteur,
Mesdames et messieurs membres du jury,
Mesdames et messieurs les étudiantes et étudiants, chers invités.

Aujourd’hui, je ressens l’honneur et la reconnaissance de mon engagement, de ma douleur et de la rumination de dizaines de millions de forçats, subjuguées sous, d’autres cieux, du seul hasard de leur venue au monde. Autant de mes semblables endurent, jusqu’à nos jours, le rétrécissement, pour ne pas dire l’amputation de leur être, sous l’emprise du travail forcé ou indécent, du mépris de couleur et de l’infériorité ethnique. L’esclavage, même quant il s’estompe ou disparait comme institution, continue à produire, sur le temps étiré, l’inégalité prosaïque et la honte de soi qu’entraine la moindre conscience de se savoir amoindri, dès la naissance. Un descendant d’esclave s’émancipe au travers de sa descendance et toujours dans l’obstination, pour ne récolter, in fine, que l’évidence de son humanité. Vous semble-t-il concevable de souffrir et de mourir pour une évidence ? Malgré sa banalité, l’article est trop cher payé mais nous autres rejetons de paria n’avons d’autre choix. La liberté s’impose à nous, non en termes de faculté mais de survie. Je vous invite à redécouvrir le sens de cette vocation contrainte, par les exemples familiers à l’entendement de l’Europe, dans la littérature de la Shoah et celle du Goulag.

Mais, soyons équitables et ne nous interdisons l’ironie du paradoxe. Si l’humour est la politesse du désespoir, la lucidité ne dédaigne les coquetteries de la franchise.

Oui, nos anciens maitres sont aussi à plaindre. Ils naissent et grandissent dans la certitude acquise de leur préséance. Contestés ou accusés, ils cherchent argument auprès des promoteurs de la race et de la religion, deux filets létaux quand l’ignorance, le préjugé et la paresse les submergent. Les héritiers des propriétaires de nos aïeuls, de nos pères et mères s’y débattent, aujourd’hui, sans le secours du discernement et finissent par s’épuiser contre la vague irrépressible de notre soif de mieux-vivre. Vous pouvez le comprendre, vous les rescapés de tant de révolutions et de génocides, arrières-enfants de colonisateurs : tôt ou tard, les auteurs et complices d’une hiérarchie fondée sur l’infériorité de l’Autre se trouvent emmurés dans la prédisposition suicidaire à toujours s’imaginer le progrès en ennemi. Oui, pour son propre salut, la progéniture de ceux qui nous ont asservis des siècles durant, mérite sa dose de thérapie curative. Or, nous en sommes l’unique pilule. Qui veut guérir se doit de nous avaler puis de ravaler l’amertume.

Qui suis-je ? Ma lutte inaugurale, dès l’âge de 10 ans, je la dois à mon père. Il me pressait à me battre contre l’esclavage héréditaire qui décimait sa famille, sur plusieurs générations.

Aussi, étais-je programmé à me tenir, debout, en travers de toute persécution, dans mon pays et ailleurs, quelle qu’en fut la victime. Un opposant banni, un activiste en prison, un objecteur de conscience menacé de peine de mort, une fillette mariée de force, un paysan dépossédé de sa terre, m’interpellent et je ne fuis l’injonction du devoir.

Au-delà des esclaves, ma communauté, beaucoup d’autochtones d’extraction noire africaine subissent, en Mauritanie, la ségrégation et le déni de réparation, après avoir enduré des années de tuerie, de déportation et d’assimilation culturelle. Les responsables de telles cruautés bénéficient encore de l’immunité, par l’effet d’une loi sur mesure. Je salue, ici, la mémoire des suppliciés et des disparus. Je renouvelle la résolution, à leurs proches, de poursuivre l’effort d’éradiquer l’impunité. Mon admiration va aux Justes, les agitateurs à contresens, penseurs de la déconstruction, qui viennent souvent des groupes dominants et s’exposent, ainsi, à l’ostracisme. Leur concours accélère notre dynamique vers l’égalité et nous épargnent, alors, davantage de sacrifices. Grace à eux, la non-violence devient notre réflexe, guère une utopie.

Chers amis de l’université de Leuven, je vous promets de poursuivre les œuvres de l’humanisme en action, sur les nobles brisées de Baruch Spinoza, Primo Levi, Martin Luther King, Nelson Mandela et d’Alexandre Soljenitsyne, pour ne citer que les grands maitres. En ce chemin ponctué de ténèbres, mes compagnons d’espérance et moi continuerons de nous éclairer à la lumière de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. L’Universalisme nous guide, je dirais nous rappelle la trivialité exaltante d’appartenir, tous, à la même espèce. Préserver la diversité des langues, des arts et des modes d’organisation sociale anime notre combat, d’où la présence, aujourd’hui, parmi vous. Nous partageons la foi que l’uniformisation par contrainte de corps, la négation de l’individu, l’effacement des singularités et l’aversion de l’altérité diminuent les défenses immunitaires de chaque population, face au fanatisme, la tuberculose de notre siècle adolescent.
Notre tension vers la possibilité élargie du bonheur et le désir d’en faire jouir le plus grand nombre, opère ici et maintenant, sur terre, point en dessous. Nous ne pouvons attendre de mourir pour mériter la justice. C’est en cela que nous avons besoin de vous, nos frères en humanité.

Je vous remercie.
Biram Dah Abeid

« Justice, Justice et encore Justice ! » Par l’honorable député Coumba Dada Kane, vice-présidente d’IRA-MAURITANIE

Monsieur le Président
Chers collègues députés

Je n’ai pas marché le mercredi 09 janvier 2019. Je m’en félicite.
Le refus de prendre part à cette mise en scène, c’est pour moi affirmer et réaffirmer mes convictions.
Ne pas participer à cette supercherie démocratique, c’est pour moi, être en harmonie avec moi-même et avec les citoyens mauritaniens qui m’ont élu et que je représente à l’Assemblée Nationale.
Cette marche est pour moi et même pour beaucoup de mauritaniens d’une absurdité kafkaïenne.
Elle est la manifestation d’un pouvoir qui ne se trompe pas de diagnostic mais qui cherche à distraire les citoyens, en se moquant d’une certaine manière de sa misère : c’est du sadisme !
Le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz est difficile à cerner. Rien n’est constant, tout est fait au gré des humeurs et des contingences opportunistes.
Dans la lutte contre le terrorisme, on a cherché à identifier les causes pour mieux combattre le fléau.
Cette démarche scientifique a été vite oubliée volontairement lorsqu’il s’agit du racisme et des discours de haine.
Personne n’est dupe ! On a tout compris. La vérité, monsieur le Président et chers collègues députés est que le pouvoir est le maitre d’œuvre de la fracture de la cohésion nationale.
Ne chercher pas loin. L’origine de la haine de l’autre, de son concitoyen est la cristallisation des frustrations qui a pour paroxysme le mal être.
En organisant cette marche, le pouvoir vient de se désavouer. Il vient de montrer sa mauvaise foi à rassembler et à réconcilier les mauritaniens.
Ce qui l’intéresse, c’est le populisme, faire foule au nom d’une cause juste, mais utilisée comme prétexte pour se satisfaire : c’est de l’hypocrisie.
Ce n’est pas en fin de mandat que Mohamed Ould Abdel Aziz cherche à régler la question lancinante de la cohabitation et de l’unité nationale.
Monsieur le président
Chers collègues députés
Une nation, c’est d’abord son unité nationale, l’harmonie nationale exprimée par l’entente et l’osmose naturelle entre les différentes communautés qui la composent.
Mais cela suppose un Etat fort, juste, impartial et impersonnel qui se met au dessus de la communauté, de la tribu et de la région.
Un autre régime saura peut être bâtir les bases de ce modèle d’Etat auquel aspirent les mauritaniens.
En effet, les mauritaniens ont plus besoin de justice que de l’eau potable. Ils ont plus besoin d’égalité et de citoyenneté que de routes ou d’hôpitaux.
Justice, Justice et encore Justice !

Madame Coumba Dada KANE
Vice-présidente IRA-Mauritanie
Député à l’Assemblée Nationale

Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

[Événement TEMEDT et GANBANAAXU FEDDE – Mali🇲🇱] La conférence de presse du 19 janvier 2019 à Bamako.

🔸️Mr Diaguily Maro Kenoute, responsable du RMFP- GANBANAAXU MALI🇲🇱

🔸️Madame Aichata Wallet Attalaka, vice-présidente de TEMEDT

🔸️Lassine Konate, membre GANBANAAXU Bamako.

Ce Samedi 19 janvier 2019 à Bamako , la branche malienne du mouvement pacifique d’éveil citoyen GANBANAAXU FEDDE (RMFP) , l’association TEMEDT et d’autres organismes partenaires ont tenu un point de presse d’explication et d’alerte sur les problématiques liées à l’esclavage par ascendance.

Les différents intervenants ont interpellé les autorités étatiques, les organisations nationales et internationales travaillant pour la défense des droits humains, sur certaines violations gravissimes des droits humains perpétrées dans certaines zones du Mali notamment dans la région de Kayes.

Des paisibles citoyens qui ne veulent plus vivre comme esclaves en milieux soninkés, ont subi ces derniers mois diverses agressions dans une impunité criante.

Lors cette conférence de presse, des personnes victimes ont été présentées pour témoignages. En milieu soninké , un régime féodalo-esclavagiste incarné en mode de vie pour certains sévit par des actes de violence (tabassages, agressions, fausses accusations, intimidations, expulsions, mise en quarantaine sociale et autres ) sur des citoyens ayant le seul tort, qui est de vouloir vivre comme des HOMMES LIBRES.

Cet esclavagisme statutaire et par ascendance foncièrement ségrégationniste et discriminatoire défie les lois fondamentales de la République du Mali qui consacrent l’égalité en Droits et en DIGNITÉ entre TOUS LES CITOYENS.

Cette alerte d’information et de dénonciation doit obliger les autorités locales et étatiques à prendre sérieusement les dispositions légales qui s’imposent urgemment pour garantir la paix civile.

Crédit source : Témoignages recueillis milieux GANBANAAXU MALI🇲🇱

✅Récit par KS pour le BLOG

Le dramatique naufrage d’une embarcation en mer méditerranée : zones d’ombre persistantes sur le bilan et les nationalités de disparus.

D’après une vérification sur des bases solides, l’embarcation est partie de côtes marocaines dans la nuit du vendredi 11 janvier au samedi 12 janvier 2019 pour les terres ibériques (l’Espagne).

Si on se réfère à la liste diffusée par des membres de la communauté soninké sur les réseaux sociaux (Whatsapp et Facebook) dans la journée du 16 janvier, ils seraient 52 à avoir pris place dans ce navire introuvable à ce jour. La source « mère » de cette liste viendrait probablement des passeurs ou leurs contacts du circuit. Cette première liste a la particularité d’avoir devant le nom de chaque candidat migrant, le nom, le prénom ou le surnom du passeur qui serait son référent dans le trafic.

✅Ci-dessous la liste 👇

1-Makan Kamisoko / Aly
2-Mariam Camara / Alpha
3-Bacary Soumaré / Aly
4-Bacary Sambaké / Aly
5-Aboubacar Sylla / Alpha
6-Kantra Djoumassy / Aly
7-Mamadou Dabo / Kebé
8-Morlay Sacko / Sanoussy
9-Aboubacar Alaciré Diarra / Gill
10-Siradji Coulibaly / Gill
11-Souleymane Cissé / Gill
12-Demba Gaye Camara / Gill
13-Moussa Camara / N
14-M’paly Diarra / N
15-Ousmane Camara / N
16-Madjigui N’Diaye / N
17-Malik Sidibè / N
18-Aly N’Diaye / N
19-Sabara Keita / N
20-Moussa Yelly Camara / N
21-Bacary Fodé Camara / N
22-Gaye Konaté / Ibrahim C
23-Younouss Daffa / Ibrahim C
24-Saidou Cissé / Doua Paris
25-Saikou Madjou / Soko
26-Madjou Diallo / Soko
27-Sekou Yattera / Boudé
28-Djadjé Soumaré / N
29-Samba Sacko / Sadjo
30-Makan Coulibaly / Sadjo
31-Habibou Konaté / Boudé
32-Hamidou Traoré / Boudé
33-Demboyi Keitagou / Boudé
34-Oumar Djabira / Mady
35-Marguerita Camara / Diallo
36-Rayanatou Keita / Diallo
37-Fousseyne Camara / Moussa
38-Sidy Camara / Moussa
39-Lassana Coulibaly / N
40-Boubou Traoré / N
41-Hadji Bah / Angola
42-Lamarana Barry / Alpha
43-Thierno Souleymane / Ousmane
44-Mohamed Bathily / Sidy
45-Aboubakry / Soul
46-Sayon Keita / Soul
47-Alhassane Pathé Diao / Soul
48-Gui Patfer / Grd Aly
49-David / Grd Aly
50-Talibé Sokhona / Gill
51-Hammara Camara / Moussa
52-Ladji Diarra / Aly

À ces 52 personnes, il faut y ajouter 2 ou 3 membres de l’équipage selon les dires de gens ayant connu pareille traversée périlleuse. Dans ce cas le bilan de 54 ou 55 naufragés est plus que plausible.

Concernant le rescapé, quelques temps après la large diffusion de la liste au sein de nos cercles Réseaux sociaux (Whatsapp et Facebook), un audio de témoignage dont il serait l’auteur a circulé en langue soninké. Secouru par un bateau de pêcheurs, l’homme prétend que leur embarcation a chaviré et tous ses compagnons ont été emportés en eaux profondes. Et lui même, tenait à une corde liée un corp matériel flottant pendant des longues heures . Ce qui a semé le doute sur son témoignage vocal partagé dans Whatsapp auprès du public, c’est la description de son parcours une fois sur la terre ferme. Il dit avoir marché une certaine distance et avoir pris le bus avant d’accéder un hôpital pour des soins. Des personnes qui connaissent ces voyages très durs physiquement en situation normale, ont émis des réserves sérieuses sur la véracité de son témoignage sur l’accident. Ainsi des questions restent ouvertes, d’autant plus que certains proches de disparus avancent qu’ils n’ont plus eu des contacts directs via téléphone notamment avec le passeur référent de leur parent.

✅Tous soninkés et du Guidimagha en Mauritanie…?

Certainement NON, mais majoritairement soninkés probablement OUI, mais pas forcément du Guidimagha mauritanien seulement. Après une brève enquête de vérification auprès de ressortissants de villages originaires cités dans une liste qui circule sur les réseaux sociaux, nous pouvons établir la liste des disparus par village d’origine du Guidimagha mauritanien

Solou 1

Diaguilly 3

Tafara 2

Dafort 3

Tachott 3

Chaggar 5

Hassi 1

En tout ce seraient 18 personnes portées disparues, issues de différents villages du Guidimagha en Mauritanie. Par ce factuel, nous sommes très loin des « 52 jeunes mauritaniens issus du Guidimagha » annoncés noyés lors du naufrage. Il est très urgent qu’une enquête approfondie soit amorcée sur ce drame qui reste toujours confus à notre sens. Il faut noter que dans une liste vue sur les réseaux sociaux, on y constate 15 portés disparus originaires de Selifely (1 seul reconnu disparu finalement), village malien à 7 kms de Ould yengé au bord du Karakoro.

✅Et la confirmation de l’activiste militante du côté espagnol !?

Le post Facebook de cette militante est venue presque corroborer ce qui se disait et s’écrivait sur le sort de l’embarcation basant sur la première « source mère » que nous avons cité plus haut (Les contacts proches-passeurs et le témoignage du rescapé). Très suivie sur son profil Facebook, la militante a brossé le scénario plausible et tenant certainement d’autres éléments confidentiels , mais qui lui a donné l’info sur le départ et surtout le nombre exact de 54 membres et dire qu’ils sont à majorité de la Mauritanie ? Il y a sans doute quelque chose à creuser à ce niveau également.

☝️un témoignage audio de la militante qui laisse planer des incertitudes.

✅La réaction et la rétractation de l’antenne UE Mauritanie !

La journée du 17 janvier, la délégation de l’UE en Mauritanie a communiqué un mot via post Facebook officiel de condoléances aux familles des disparus. Quelques temps après, il a été constaté que le post a été supprimé sans aucun explicatif depuis sur l’affaire. Et ici aussi quelque chose tague et mérite d’être éludé.

Au final, la réaction hâtive politico polémiste du ministre mauritanien. Ce dernier, banalisant sournoisement un peu le post Facebook du très influent militant politique Kaaw TOURÉ des FPC ex-flam , s’est laissé confondre par un communiqué de démenti catégorique plus que troublant. Alors que Mr TOURÉ n’a fait que reprendre sur son fil actu Facebook , la liste et l’information de la « source mère » sur le naufrage. Ici grâce à cette brèche politicienne qui s’est ouverte, les pouvoirs publics sont obligés de prendre des initiatives sérieuses sur l’affaire. Ce qui est très rare en la matière. D’ailleurs même un certain personnel politique soninké du Guidimagha s’est exprimé publiquement au moins cette fois-ci. Car ce phénomène historique de départs clandestins vers l’Occident et le lot de tragédies avec, ne sont pas inconnus d’un soninké quel que soit son niveau social et politique .

Par la suite d’autres organes de presse sérieux en ligne ont relayé l’information sur la base d’un communiqué de presse d’une association espagnole ci-dessous le doc capture d’écran.

👇Nous l’avons repris d’un post Facebook de la journaliste mauritanienne Mariem Derwich.

AU DU BLOG, NOUS EXPRIMONS NOS SINCÈRES CONDOLÉANCES AUX FAMILLES ET PROCHES DES DISPARUS.

Paix à leurs âmes. Ameen

🖊K.S pour le BLOG

[Alerte – Esclavage soninké – Apologie – Mali 🇲🇱] : À Diarrah, une grande cérémonie féodalo-esclavagiste soninké se prépare pour le 26 et 27 janvier 2019.

🔸️Le tissu à l’inscription apologiste de l’esclavage prévu pour la cérémonie

Depuis plusieurs mois, le régime féodalo-esclavagiste soninké s’adonne à graves violations des droits humains au sein des différentes localités notamment dans la région de Kayes et dans la zone de Nioro. Semblant bénéficiant d’une certaine impunité, d’extrémistes féodaux aux mentalités esclavagistes et moyenâgeuses attaquent, agressent , exproprient, expulsent, tabassent et poignardent même des paisibles citoyens membres du même groupe sociolinguistique. Leur seul tort pour subir ces agissements sauvages répétitifs , est tout simplement leur refus de la condition sociale dite ESCLAVE dans la communauté soninké.

Voir ci joint le lien vers un article très documenté sur cet affreux phénomène d’esclavage persiste au Mali et en l’occurrence chez soninkés : https://www.notrenation.com/Esclavage-par-ascendance-en-pays-Sarakole-IBK-interpele

http://bamada.net/recul-moyenageux-au-pays-soninke-la-revolte-des-esclaves-reprimee-dans-le-sang-et-la-privation?fbclid=IwAR3UOMT-_QvIbRYIlKOIuLaX7Lb3-Ahv_T3FBBG9hDpnfzk4j1phKXS4Vv0

Les militants et sympathisants engagés pacifiquement contre ces tares obsolètes et rétrogrades ont interpellé les autorités étatiques à différents niveaux mais toujours les extrémistes féodaux deviennent de plus en plus agressifs en défiant ouvertement l’ordre républicain qui doit prévaloir dans les affaires publiques.

Aujourd’hui, c’est dans cette lancée d’impunité totale qu’une cérémonie apologiste de l’esclavage est prévue dans la localité de Diarrah le 26 et 27 janvier 2019. L’appel aux préparatifs est lancé pour organiser cette rencontre exhibitionniste abjecte par laquelle le régime féodalo-esclavagiste soninké à travers des coutumes bafouant la DIGNITÉ HUMAINE, va exposer à ciel ouvert au coeur de la république malienne.

Cette atteinte à la MORALE HUMAINE et surtout à la condition Noire historiquement affectée par les traites esclavagistes, est un risque évident pour la sécurité morale et physique de paisibles citoyens aspirant à vivre dignement selon les dispositions légales de la constitution étatique.

Par ce communiqué d’alerte, nous prenons à TÉMOINS les hautes autorités maliennes, les organisations nationales et internationales travaillant pour la défense des droits humains sur cet événement scandaleux en préparation. Au sein des cercles féodalo-esclavagistes et réactionnaires, la propagande honteuse est en plein régime pour cette rencontre anachronique en ce courant 21ème siècle.

🔊Nous appelons toutes les consciences éprises de justice et paix et sensibles à la DIGNITÉ HUMAINE, à DÉNONCER🚫 OUVERTEMENT CETTE MANIFESTATION INDIGNE D’UN MONDE CIVILISÉ.

👍Merci d’avance

Mis en tag Facebook : Claudy Siar RADIO ARMEPES XORONA ME TERINKAA FRANCE 24 Franceinfo Africa24 TV African Diaspora Africa Media Amnesty International Africa Amnesty International Paris Amnesty International USA Amnesty International France Alioune Tine officiel KayesInfos The Diambourou: Slavery and Emancipation in Kayes – Mali Union Africaine Esclavage Soninke United Soninké Soninkara.com Soninké & fier Bamako News Bamako Bamada Bamako Niarela

✅Pour la communication GANBANAAXU FEDDE (Aile Mali🇲🇱)

Bamako ~ 17 janvier 2019

Source crédit : réseaux GANBANAAXU FEDDE https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2218270681730240&id=1473902619500387

Élimination des castes : le combat des Soninkés.

Le Quotidien – L’Association pour l’égalité et le progrès des Soninkés (Asseps) dit non à l’«esclavage» au sein de cette communauté vivant au Sénégal, en Gambie, en Mauritanie, au Mali, en Guinée et en Guinée Bissau.

Elle a fait face à la presse hier, au siège de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), pour alerter l’opinion nationale et internationale. C’est une pratique à l’échelle nationale qui résiste encore. Dans l’organisation sociale des Soninkés, à l’image d’autres communautés, il y a ce que l’on appelle «kommo» (les esclaves).

Ce système organisationnel, «rétrograde» pour la jeune génération, est aujourd’hui source de tensions entre populations. Sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp, le débat prend chaque jour des proportions inquiétantes.

Au Mali voisin, dans certains villages de la région de Kayes, le sang a même coulé parce que cette jeune génération dont leurs ancêtres étaient considérés comme des esclaves ne veut plus entendre parler d’esclavages en milieu soninké. Alors, pour éviter la même situation au Sénégal, l’Association pour l’égalité et le progrès des Soninkés (Asseps) a pris les devants en alertant l’opinion nationale et internationale. L’As­seps mène le combat avec le mouvement international dé­nom­mé, «Gambanakhou» qui veut dire égalité en langue soninké.

Dans une déclaration commune avec la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme, les deux entités tirent la sonnette d’alarme. «Cette conférence de presse vise à alerter et à informer les autorités, la communauté nationale et internationale sur l’existence de pratiques aux antipodes des normes élémentaires de respect des droits de l’Homme. Le quotidien de certains membres de la communauté soninké, catalogués « castés », est rythmé par des brimades, des vexations et des privations de droits», a souligné hier Bakary Moye Sidibé, coordonnateur de l’Asseps, au siège de la Raddho.

A titre d’exemple, dit-il, dans plusieurs villages, ces derniers sont interdits de postes de responsabilités au sein de la société. Au nom de la Raddho, M. Senghane Senghor a laissé entendre que «les comportements qui nous ont été dénoncés, ce sont des comportements qui violent l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui dit que tous les êtres sont égaux dès la naissance en dignité et en droit. Ce sont encore des faits qui sont en contradiction avec le préambule de la Constitution du Sénégal qui rejette les injustices, les inégalités et les discriminations».

Et d’ajouter : «Nous avons un rôle de veille et d’alerte parce que tout le monde sait que la communauté soninké vit de part et d’autre des frontières. Elle existe en Mauritanie, au Mali, au Sénégal, en Guinée Bissau, en Guinée Conakry, en Gambie et que c’est le même Peuple. Même si le colonisateur a créé des frontières artificielles, les modes de vie restent les mêmes.» Par ailleurs, l’Asso­ciation pour l’égalité et le progrès des Soninkés envisage de mener une campagne de sensibilisation avec le concours de la Raddho.

msakine@lequotidien.sn

Par Mamadou SAKINE

Soucre crédit : cridem.org

Vidéo/Entretien RMI avec Gaye Traoré ARMEPES-France/Ganbanaxu Fedde

RMI-Info – Présente en France et dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest la Mauritanie, le Mali, le Sénégal, la Gambie, Ganbanaaxu Fedde lutte contre l’esclavage notamment aux statuts particuliers auxquels il assigne.

En effet, même si l’esclavage est partout abolit, dans certaines cultures ouest-africaines précisément chez les Soninké dont il est questions ici, le statut social de naissance continue à assigner des gens dans des rôles déterminés. Ainsi certains sont considérés comme étant issus de « basses extractions » sociale, en référence à leurs aïeux esclavagisés.

Malgré les réussites (sociales, économique, politiques, universitaires) que ces derniers peuvent afficher, les esprits rétrogrades les confinent aux statuts peu valorisants de leurs aïeux. Basé en France, Gaye Traoré le président de Ganbanaaxu Fedde est un universitaire mauritanien, il revient avec nous sur le combat de son association.

Soucre crédit : RMI-INFO

[Alerte-Info-Mali🇲🇱] : Encore une violente agression sur un citoyen malien qui refuse l’esclavagisme statutaire dans la communauté soninké (village Bakhamabougou dans le karta)

La journée d’hier mercredi 9 janvier 2019, dans le village malien soninké de Bakhamabougou, ce monsieur du nom de Cheikhna Diarra a été lâchement agressé par d’éléments féodaux extrémistes soninkés. Membre actif du mouvement pacifique d’éveil anti-esclavagiste anti-féodalité, GANBANAAXU FEDDE, c’est au retour d’une visite au centre de santé local, qu’un groupe de féodalo-esclavagistes soninkés s’est rué sur lui par surprise avec une sauvagerie innommable.

Encore et toujours au Mali, depuis plusieurs mois, des actes criminels sont perpétrés par des extrémistes féodaux soninkés dans une impunité criante. À travers plusieurs audios Whatsapp venant de ces groupuscules féodaux, nous détenons une liste de plusieurs noms et prénoms d’individus appelant à un lynchage systématique de nos membres qui osent s’affirment comme citoyens tt simplement. Ces identités seront utilisées et répertoriées en vue d’une saisine des institutions continentales et internationales faute d’une réaction sérieuse du pouvoir malien à court terme.
Ce monde soninké, d’apparence paisible, couve un joug coutumier extrémiste qui verse dans la violence gratuite et sauvage depuis quelques temps dans plusieurs localités soninkés au Mali et ailleurs.

Bon rétablissement à notre frère et militant pour la DIGNITÉ HUMAINE.

Nos sacrifices auront le dessus sur les complexés obscurantistes de la féodalité en milieux soninkés.

Le lien vers les propos gravissimes vantant cette agression sauvage: https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=369797907142235&id=1473902619500387

✅Pour la communication GANBANAAXU FEDDE (Aile Mali🇲🇱)

Source crédit : Réseaux GANBANAAXU FEDDE

Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de Résurgence du Mouvement abolitionniste, député: ‘’Pour l’opposition, soutenir un candidat issu d’un pouvoir que nous avons combattu longtemps relèverait d’un défaut de discernement et d’une panne d’ambition »

✅Le Calame : Vous êtes certainement l’homme politique et le militant des droits de l’homme le plus arrêté de cette dernière décennie. Combien de fois avez-vous été arrêté et pourquoi ?

Birame Dah Abeid : En effet, je suis à ma quatrième arrestation en l’espace de quelques années. C’est un nombre record d’inculpations, pour les dix ans d’existence du mouvement que je préside. Ces privations ponctuelles de liberté et les intimidations consécutives résultent de paramètres divers ; j’en citerai le principal : le pouvoir n’a pas pu contenir au seuil de pensée et d’action tolérable par lui, ni le discours ni l’action d’IRA. De facto, il se retrouve dans la contrainte de devoir nous persécuter pour continuer à se ménager, au nom de la survivance du système de domination, un espace d’immunité exclusive. Pour ainsi dire, la nature inégalitaire du statu quo prédispose les forces de la conservation, à nous imposer la censure et la coercition. Cependant, les temps changent. La pression médiatique et sa globalisation dictent désormais, à toute entreprise de restriction des libertés, l’impératif d’un habillage moral. Alors, il fallait opposer aux demandes d’égalité citoyenne et au credo de non-violence, le mythe du complot extérieur auquel une partie de la population accorde encore quelque crédit. De précurseurs d’une cause juste, nous voici dépeints en apprentis pyromanes.

✅En 2014, vous vous êtes présenté à la présidentielle. Or, pour certains, les droits de l’homme ne font pas toujours bon ménage avec la politique. Que répondez-vous à ceux là dont certains vont même jusqu’à vous accuser de connivence avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz ?

Ceux qui m’accusent de connivence avec Mohamed Ould Abdel Aziz n’ont qu’à venir prendre ma place en prison une ou deux fois (rires). Quelqu’un qui collabore avec le président ne devrait se retrouver si régulièrement en prison ni exposé à la disgrâce. A chacune de nos campagnes pour faire libérer des camarades ou dénoncer la torture, l’image du pouvoir se dégrade et la communauté internationale lui tient le langage du blâme. N’est-ce pas un investissement à perte, de la part d’un Aziz peu réputé pour enclin à l’altruisme ? Ai-je besoin de rappeler les avanies à nos familles, la précarité où grandissent nos enfants, sans omettre la détérioration de notre santé ?

D’autre part et pour revenir au premier volet de votre hypothèse sur la connivence, je dois rappeler que la question des droits de l’Homme se place au centre de la politique, c’est à dire de la gestion de l’autorité d’Etat. Au terme de décennies de diversion, les problématiques sans cesse différées du racisme et de l’impunité reviennent balayer le déni, avec la force tempétueuse de la frustration, comme une mécanique de la nature. L’autruche qui est un animal avisé mais d’un optimisme de tragique, finit par se faire attraper en dépit de la tête dans le sable. Au demeurant, nombre de promoteurs de la dignité humaine ont recueilli des suffrages es-qualité, avant de gouverner par la mise en actes de leurs aspirations. Je compte perpétuer l’exemple.

✅Nous savons que vous avez rencontré le président Mohamed Ould Abdel Aziz au moins deux fois. Qu’est ce que vous vous êtes dit ?

Effectivement j’ai rencontré Aziz en 2012/2013 à l’initiative de certains de ses proches auxquels me liaient des rapports cordiaux. Soit dit en passant, je discute avec tous et sait rester courtois envers qui me témoigne un minimum de respect. A mes interlocuteurs, il paraissait utile, voire nécessaire, de discuter avec le leader du mouvement d’IRA, afin d’aplanir certaines divergences, créer un terrain d’entente, voire essayer de nous neutraliser par la faveur et la considération. C’est en connaissance des bénéfices et du risque que j’ai accueilli favorablement le projet de telles entrevues. Je vous fais l’aveu d’avoir davantage cru au meilleur de l’intention, ravi d’entendre un partenaire, enfin perméable à nos arguments.

Alors, nous nous sommes rencontrés, par deux fois, dont la première se déroulait quelques semaines après ma sortie de prison, en 2012, au lendemain de l’incinération des livres esclavagistes. Le Président, d’emblée, déplore avoir été empêché de travailler pendant son mandat finissant ; selon lui, l’opposition lui aurait mis les bâtons dans les roues ; en conséquence, il serait reconnaissant si je l’aidais à recouvrer un peu de sérénité ; il me suggérait d’explorer, avec lui, un terrain d’apaisement pendant le reste de son exercice et pourquoi pas envisager une collaboration durable. Je lui réponds que tout dépendrait des concessions qu’il serait prêt à faire sur la question des droits de l’homme, en l’occurrence l’esclavage, le « passif humanitaire », mais aussi la reconnaissance d’IRA, comme organisation des droits de l’homme et la possibilité d’autoriser la naissance d’un parti affilié. Ould Abdel Aziz m’a signifié son accord, à l’abri de la moindre hésitation mais sur le ton vague de la promesse sans échéance. Par la suite, je n’ai pu constater de suite à ces dispositions. Notre contestation reprenait. Alors,notre contestation reprenait; un émissaire différent du premier vint me demander un autre aparté et j’en saluais l’augure. Il ne m’a fallu longtemps avant de comprendre à quel degré de mauvaise foi et de ruse primaire Mohamed Ould Abdel Aziz était déterminé, presque malgré lui. Je réitère les mêmes doléances et il reformule ses promesses à l’avenant. Néanmoins, à ma stupéfaction, juste après ma sortie, il reçut quatre ou cinq membres d’une cellule dormante d’IRA qui furent présentés, au travers d’un tapage médiatique sans précédent, comme les vrais militants, soucieux de l’unité nationale et des intérêts du pays. La confiance et la sincérité étaient rompues. Même si la nouvelle organisation tombait assez vite dans l’anonymat, je retins la leçon que mon interlocuteur, voué à l’intrigue et enclin au cynisme, méritait d’être pris à son propre jeu. Aux occasions ultérieures, je ne manquais de m’en souvenir.

✅Quel bilan faites vous de ces dix ans au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz ?

Un bilan catastrophique sur tous les plans. Mohamed Ould Abdel Aziz a manipulé les différences ethniques et sociales en Mauritanie pour créer une animosité viscérale entre les Maures et les Hratin, excluant de ce duel, les noirs non hassanophones, ainsi tolérés dans la posture du spectateur qui doit rester discret. Il a entrepris un travail de sape contre le lien social, approfondissant la césure ethnique, afin d’envenimer les contradictions. Ould Abdel Aziz a renforcé le positionnement défensif des esclavagistes, des féodalités marchandes et du fanatisme religieux, qu’il a dotés d’assurances judiciaires, sécuritaires et politiques pour les prémunir de la moindre atteinte à leur prééminence. Il a renforcé la déception et enraciné le désarroi parmi des rescapés de la tentative de génocide perpétrée pendant les années de braise. Il a fait perdre l’espoir aux orphelins, veuves et survivants, de voir, un jour leurs droits recouverts et la mémoire des défunts réhabilitée. Il a instauré un enregistrement biométrique et un découpage électoral injuste et discriminatoire et supervisé les expropriations foncières. Il a permis l’instauration d’une justice qui ne profite qu’à une seule communauté et dilapidé les ressources nationales (minerai, poisson, agriculture) au profit d’une coterie de prête-noms et de laudateurs. Il aura achevé l’aplatissement du pouvoir judiciaire dont les fonctionnaires, notamment les juges, ne sont plus que des agents de la police politique, du bradage de l’économie au service des multinationales, de la vente des ports et des aéroports, de la banqueroute des sociétés publiques, telles la SONIMEX, l’ENER et l’Imprimerie Nationale. La SNIM étouffe sous la dette et les marchés de complaisance et de gré-à-gré rongent le pays.

Ould Abdel Aziz a parrainé la naissance d’une frange d’intégristes violents, que nombre de nos mosquées et établissements d’enseignement originel abritent. En 10 ans de laxisme, puis de complicité active, le pouvoir leur a permis de terroriser les intellectuels, les activistes libéraux et de gauche et d’embrigader la société. L’article 306 du code pénal, révisé le 27 avril 2018, à l’initiative du gouvernement, illustre cette fuite en avant suicidaire, qui se paiera au prix fort. Une bande d’obscurantistes en rotation permanente entre le négoce et le culte, prend notre jeunesse en otage, dès l’âge tendre, interdit l’expression festive de la joie, muselle la parole, déclare la guerre à l’art et, pire encore, s’évertue à gommer la diversité culturelle du pays. La loi protège ces fossoyeurs de l’Etat de droit, ataviquement réfractaires à la démocratie et au savoir qui ouvre au reste de l’humanité. Si Ould Abdel Aziz quitte le pouvoir un jour, il laisserait, à la Mauritanie, ce legs vénéneux.

✅Quels rapports entretenez vous avec l’opposition ?

J’entretiens des rapports amicaux avec toute l’opposition nationale et je compte renforcer la concertation, surtout envers et contre les tentations de contrarier l’alternance au sommet de l’Etat. Par ailleurs, soutenir un candidat issu d’un pouvoir que nous avons combattu longtemps relèverait d’un défaut de discernement et d’une panne d’ambition.

✅Quels sont vos rapports avec les opposants de la diaspora, notamment Mohamed Ould Bouamatou et Moustapha Limam Chav’i ?

Mes rapports avec la diaspora demeurent au beau fixe. Me lient, aux deux, le souci commun de tourner la page des inégalités, de la fraude et de la violence politique en Mauritanie. J’ai connu Ould Bouamatou, depuis moins longtemps. L’homme reconnait des erreurs en politique mais je retiens, de lui, le désir de mieux faire et un attachement viscéral à la modernisation du pays, sur la base de la liberté économique pour que la création de richesses et d’emplois s’exonèrent enfin des ententes occultes et de la bureaucratie. Ould Bouamatou est un pragmatique d’un tempérament entier, qui ne lésine pas à mettre sa fortune en danger quand sa fierté ou ses convictions se heurtent à l’arrogance. Moustapha Chafi, que je fréquente depuis bien plus de temps, consacre ses heures et ses relations à la Mauritanie, sa passion sans cesse contrariée ; notre échange se caractérise par une sensibilité identique aux enjeux de stabilité et de sécurité du pays, dans la perspective des ruptures dans l’environnement régional et international. A mes deux amis, je renouvelle reconnaissance et résolution à défendre notre vision commune de la Mauritanie, trait d’union.

✅Vous êtes candidat à la présidentielle de 2019 : Quels sont vos chantiers prioritaires si vous êtes élu à la présidence de la république ?

Tout est à refaire, reconstruire. Je ne vous imposerais pas l’exposé fastidieux de mon programme de candidat à l’élection présidentielle. Je promets, toutefois, de vous en réserver la primeur.

✅Que pensez-vous de la marche que prévoit le pouvoir en place le 9 janvier 2018 contre ce qu’ils appellent le discours extrémiste?

La fameuse « marche contre « l’extrémisme et la haine » vise ainsi à nous museler, tout autant qu’elle nous désigne à la vindicte des segments de la société les moins réceptifs à l’émancipation du Noir subsaharien. La réaction du bloc hégémonique, le réflexe de survie du syndicat des tribus et des cartels du privilège acquis au fil de l’histoire alterne, donc, entre phase de répression et séquence de stigmatisation. Le pouvoir, au nom des siens, livre une lutte décisive, celle de sa continuité, autrement dit de sa reproduction. Nous menons le combat inverse de l’homme résigné qui se redresse, avec, certes, le désavantage des moyens mais la promesse d’une victoire inscrite dans le cours du temps humain. Aussi, n’en sommes-nous, mes compagnons de route et moi, à un harcèlement près. D’autres suivront…

✅Selon certaines rumeurs, IRA brasserait beaucoup d’argent. Si cela est vrai, quelle est sa provenance. Et si c’est faux, comment faites-vous pour financer vos activités ?

Si IRA brassait beaucoup d’argent, les nombreuses campagnes d’arrestations auraient permis à l’Etat de nous condamner au grief de financement illégal, par une organisation non reconnue, comme ce fut le cas d’El Moustaqbal. Les activités dont vous parlez ne dépassent le soin en clinique de nos militants blessés, les frais de quelques voyages à l’intérieur et de l’organisation de soirées à Nouakchott. Les fonds, d’ailleurs modestes, proviennent de militants et de sympathisants visibles et invisibles d’IRA. Nous avons besoin du concours matériel de nos adhérents et amis que nous appelons à alimenter, encore plus et mieux, le nerf de notre guerre des mots, des idées et de la conviction en marche.

Propos recueillis par El Kory Sneiba

Source crédit : lecalame.info