Par une note d’information à l’attention de l’opinion nationale et internationale, le Chef d’état-major général des Armées du Mali annonce le positionnement des FAMa (Forces Armées Maliennes) à Kidal, ville stratégique dans les régions du Nord malien. Cette cité a été toujours ces dernières années, le centre névralgique d’un consortium fourre-tout de bandes terroristes et d’éléments séparatistes Touaregs.
Et également la ville de Kidal symbolisait de fait une grosse faille dans l’intégrité territoriale du pays de Modibo Keita. Ce 14 novembre 2023 est l’aboutissement d’une dynamique décisive enclenchée par la junte des colonels au pouvoir pour reconquérir la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire malien. Il y a une décennie c’était un magma diffus de forces agressives (rebelles ou-et terroristes) qui menaçait d’envahir le Sud malien, et aujourd’hui c’est l’État central de Bamako qui semble retrouver et renforcer sa mainmise légitime sur le cœur du giron rebelle.
Après l’intervention des forces françaises et le montage militaire onusien, finalement ce sont bien les forces nationales et leurs alliés conseillers militaires russes qui sont en phase d’asseoir l’ordre étatique (militaire pour le moment) sur le terrain. Ce qu’il faut saluer naturellement.
Les velléités indépendantistes du mouvement rebelle Mnla avec son projet subversif de pays de l’Azawad dans le Nord doivent être contenues et écartées vigoureusement.
Le territoire malien du 22 septembre 1960 reste et demeure le Mali de 2023.
Le journal électronique Shems Maarif Interview avec le Deputé Biram Dah Abeid, président de l’ONG IRA; par Yedali Fall.
● 1- Shems Maarif : Monsieur le député bonjour. Vous revenez d’une tournée qui vous a conduit hors du pays. Quel en était l’objectif ?
Biram Dah Abeid: Mon voyage en Europe (France, Belgique et Suisse) visait trois objectifs : reprendre contact et s’organiser nos sections en Europe et la diaspora mauritanienne, pour les batailles présentes et futures, dans le domaine des droits humains et du projet d’alternance, faire l’état des lieux avec les partenaires d’IRA, européens et onusiens, de la situation du pays depuis que le régime du président Ghazouani a renié la ligne d’ouverture enclenchée, au début de son mandat, en direction de la mouvance citoyenne; le troisième objectif de ce voyage était consacré à mes contrôles de santé.
● 2/ Shems Maarif : Quelle lecture faites-vous de la scène politique nationale six mois après les élections du 13 mai 2023 ?
BDA : La scène et ses acteurs résultent d’une ligne de séparation racialiste et de classe, orchestrée par le régime en place, comme ses prédécesseurs issus du même bloc dominant que caractérisent le monolinguisme et le désir de la toute-puissance. Ces lignes discriminatoires et de fracture croissante se matérialise dans le refus catégorique, par le pouvoir et ses lois, d’autoriser l’activité des forces issus des milieux majoritaires : il faut, désormais, considérer que l’intimidation des autochtones d’ascendance subsaharienne, devient une finalité de l’Etat et des segments réactionnaires dont il tire sa légitimité. Victimes d’une gouvernance de marginalisation et d’impunité depuis plusieurs décennies, ces groupes subissent, aussi, l’interdiction de fonder de nouveaux partis, à l’ombre de la légalité. Du début du siècle jusqu’à nos jours le constat ne varie : Action pour le changement (Ac) et Convention pour le changement (Cc) ont été abrogés successivement ; de 2013 à 2014, la mesure d’éviction frappe Refondation pour une action globale (Rag) et Forces progressistes pour le changement (Fpc). Les Ong Touche pas à ma nationalité(Tpmn), l’organisation pour la promotion et l’officialisation des langues nationales(Olan), les associations des rescapés des vagues d’épuration ethniques, des veuves, des orphelins, sont privées de reconnaissance de jure ou/et de fait, un peu à l’image d’IRA, tolérée du bout des lèvres mais interdites de toute participation aux travaux de son interlocuteur officiel, en l’occurrence le Commissariat aux droits de l’Homme, à la lutte contre la pauvreté et à l’insertion. Les actes de représailles visent toute entité privée qui n’obéit pas aux limites du discours, de la pensée et des gestes assignés, par le pouvoir, aux acteurs de la société civile ; ici, les cas de dissidence, de liberté de ton et de lanceur d’alerte suscitent, de la part du gouvernement, une batterie de mesures de rétorsions. La plus immédiate consiste à exclure, les associations, du bénéfice des financements extérieurs, comme celui de la France, en Mauritanie. Donc l’état des lieux, au surlendemain des élections générales, se résume à un tableau d’apartheid politique exécuté au profit d’une communauté de citoyens de premier ordre au détriment de l’humanité périphérique, celle du nombre et de la misère où bouillonne la révolte des parias, la communauté de citoyens secondaires. Les Hratin, représentant, selon les approximations de la Banque mondiale (Bm)et d’autres institutions indépendantes, plus ou moins la moitié de la population ; ils ont droit à 10 sièges de député dans une assemblée qui en compte 176. Les communautés autochtones d’ascendance subsaharienne, même locutrices de l’arabe dialectal local, le hassaniya, n’ont pu bénéficier d’un traitement à la hauteur de leur domestication mentale, d’ailleurs achevée sous les auspices du sacré. L’Apartheid arabo-musulman prive, ces mauritaniens, de papiers d’état civil, donc du vote, en vue de reproduire une majorité artificielle dans les urnes et perpétuer, ainsi, la domination et la jouissance de ses fruits. La Commission nationale électorale indépendante (Céni) que le passé de son président expose à la défiance, est une boîte d’agents et d’hommes de mains du ministre de l’Intérieur, ainsi que de figurants de formations triées selon le triple critère de l’impuissance, de la connivence et de l’allégeance. Les anciens putschistes, usurpateurs et détourneurs des institutions civiles, ont mis en place un mécanisme trompeur de démocratie : des partis vassalisés, d’autres alimentaires compulsifs, sans oublier la cohorte alignée dans le rang du ralliement, voici de quoi fabriquer des plébiscites discount. De facto, une seule communauté possède la faculté réelle d’écarter des concurrents, d’acheter des électeurs et de neutraliser la justice. Il n’est pas étonnant qu’elle gagne les élections, n’en déplaise aux enseignants d’arithmétique et de logique. Grace à ce procédé, en sus des coup d’Etat électoraux, comme la présidentielle de 2019, la majorité du peuple va continuer à souffrir jusqu’à l’éclatement d’une révolution violente à l’image des tristes et regrettables événements de l’île de Zanzibar, au milieu des années 60…
● 3/ Shems Maarif : Au vu du constat que vous venez de dresser êtes-vous candidat à l’élection présidentielle prochaine ?
BDA : Cette question doit être posée au régime en place, l’actuel chef de l’Etat et à son gouvernement ; sont-ils prêts admettre les conditions et le verdict d’une compétition équitable et impartiale ? Sont-ils prêts à accepter qu’un courant politique présidentiel comme le Rag, cesse d’être hors-la-loi ? Sont-ils prêts à accepter qu’un mouvement social anticonformiste, allergique aux œillères comme le Fpc, participe au marché ouvert de la persuasion, argument contre argument ? Sont-ils prêts à lever les obstructions énormes et infranchissables à l’enrôlement des Mauritaniens autochtones ? Sont-ils prêts à accepter une Céni, un Conseil constitutionnel (Cc), des fichier et code électoraux, transparents et consensuels ? Sont-ils prêts à accepter la candidature de Biram Dah Abeid, supporteraient-ils la participation d’un candidat qui aurait dû battre Ghazouani en 2019 et pourrait y parvenir 5 ans après ? Le président Ghazouani va-t-il accepter de courir le risque de valider une candidature qui lui imposerait un deuxième tour en 2024 et l’obligerait de recourir, une seconde fois, à l’armée et à la répression pour imposer sa victoire ? Ne serait-il plus en sécurité en éliminant la candidature d’un adversaire aguerri, notoire et dangereux, au profit de candidature faibles et convenues ? Je pense qu’il revient au pouvoir de clarifier sa prédisposition à réaliser une élection vraie ; c’est à lui de dire quelle catégorie de candidat autoriserait- il dans sa démocratie très contrôlée.
● 4/Shems Maarif : Quels rapports entretenez-vous avec les partis de l’opposition notamment l’UFP, le RFD qui ont engagé un dialogue avec le pouvoir ?
BDA : Nous en tant que courant de l’opposition, comme toutes les fractions qui l’animent, gardions des relations de concertation et de coordination avec ces deux partis, au titre de de notre rejet commun du dernier scrutin au suffrage universel mais, à notre grande surprise, nos alliés sont brusquement revenus, d’une pêche nocturne avec, au fond du filet, un accord de connivence générale, entre le gouvernement et eux, sur le fondement de mots d’ordre et d’intention forts louables; aujourd’hui, les voici partenaires de l’Insaf, donc, membres de la majorité, c’est-à-dire comptables de son bilan et de ses erreurs.
● 5/Shems Maarif : Le président du parti SAWAB sous les couleurs duquel vous êtes élus à l’Assemblée nationale pour la seconde fois a écrit sur sa page FACEBOOK un commentaire très critique à l’égard des propos du président GHAZOUANI concernant la France partagez-vous ces propos ? Vous engagent-ils ?
BDA : De prime abord, il est de notoriété publique que les liens du parti de mes compagnons de Rag à ceux de Sawab, concernent plutôt les élections. Les membres du Rag n’ont pas intégré le parti Sawab et Sawab réciproquement. Certaines personnalités du Sawab, ne cachent pas leurs hostilité et allergie à davantage de rapprochement avec le Rag. En vérité, l’idéologie des uns et des autres ainsi que leurs choix et priorités divergent, quant au fond et de manière décisive. C’est pourquoi, en vertu d’une certaine forme de coordination électorale, le Rag hors-la-loi ne pouvait se présenter au vote que sous le label, le couvert d’une entité reconnue ; alors, d’entente commune, sans drame ni épanchement, les deux partis développent chacun sa stratégie, ses positions et ses discours, en toute autonomie. Par exemple, le Rag s’est retiré, en mai 2022, du dialogue concocté par le président Ghazouani lorsque nous avons été trahis ; or, Sawab est resté siéger avec d’autres partis jusqu’à ce que le président Ghazouani mette un terme à l’expérience, sans consulter ses partenaires du moment. Lorsque le Chef de l’Etat et son ministre de l’Intérieur initiaient un autre dialogue à la veille des dernières élections locales et législatives anticipées, ils avaient pris le soin préalable de le restreindre à un format excluant les courants d’opinion non-autorisés ; Sawab, en toute indépendance et liberté, participa au rendez-vous. Concernant le libellé de votre question, nous assumons nos critiques à l’endroit du président Ghazouani et le parti Sawab formule les siennes propres, ceci n’est pas un problème et c’est un fait connu de tous. Par ailleurs, nous sommes entièrement d’accord avec le ministre de l’Economie, Abdessalam Mohamed Saleh, quand il rappelle que le Français est une langue d’innovation scientifique, qui fait désormais partie de nos patrimoine et personnalité culturelle ; avec l’Arabe, le Français reste notre langue de travail et d’ouverture sur le monde et d’acquisition des sciences. Je pense, pour ma part, que le véritable impérialisme qui nous a défiguré sur le plan culturel et religieux et mis en danger, à long terme notre sécurité physique et culturelle, c’est l’hégémonie wahabite ; nous dénonçons son emprise sur la vulnérabilité sociale, ses projets de domination du monde, d’occultation perpétuelle des femmes et l’inclination de ses disciples à appliquer, le droit musulman de l’esclavage ; à cause du pétrodollar et du délire arabiste, nous avons été déracinés de chez nous, notre Islam tolérant a cédé la place aux pratiques rigoristes, ô combien étrangères à notre mémoire; le radicalisme et l’extrémisme violent nous ont infiltré, cassé notre mode de vie, la dénomination de nos paysages et lieux-dits et notre toponymie ; même les prénoms de nos enfants sont maintenant importés de la chanson de variété et du cinéma de l’Orient sémite. L’hégémonie culturelle en Mauritanie vient de l’Orient ; à l’image des relations entre nos élites tribales et quelques puissants personnages du Golfe et du Bosphore, elle prend un visage si familier et banal que l’on finit par l’ignorer, comme une évidence. De mon point de vue, la France ne représente aucun danger culturel en Mauritanie. Nous pensons aussi, que dans le monde actuel, devenu un village unique, avec des défis très grands, multiples et variés, tous les pays du monde, et surtout le nôtre, ont besoin de la proximité de grandes nations, dont certaines valeurs cardinales fondent notre lutte et la marqueront toujours ; je pense, ici, à la liberté et à l’égalité. La France et les Français en font partie.
● 6/ Shems Maarif : Un commentaire sur le procès de l’ancien président Mohamed OULD ABDEL AZIZ.
BDB : Nous pensons que ce procès pouvait être une énorme opportunité pour la Mauritanie, n’eussent était la flagrance d’une procédure ciblée, l’arrangement de l’impunité et la poursuite de la corruption, de la gabegie et du pillage, sous l’ère de son successeur. Je qualifierait, ce procès, de « gâchis »…
● 7/ Shems Maarif : Vous avez eu un entretien avec l’ambassadeur de l’Union européenne, quel était l’objet de cette rencontre ?
BDA : J’étais reçu par son Excellence l’ambassadeur de l’Union européenne (Ue) à Nouakchott, en compagnie des présidents des Fpc, Samba Thiam et du président du Rag, Oumar Yali; l’entretient s’est articulé autour d’échanges sur les questions de l’État de droits et des droits humains.
● 8/ Shems Maarif : Mr Samba Thiam président des FPC était présent lors de cet entretien, il était également à vos côtés lors de la visite de Mr Andres Morana directeur du bureau chargé de la Mauritanie au Département d’Etat américain peut-on parler d’un rapprochement entre vous ?
BDA : Franchement parlé, et vous pouvez remonter le fil de notre existence, dès la naissance d’IRA et de Rag, nous avons toujours été engagés jusqu’au bout, en discours et actes, dans la promotion des causes justes. Samba Thiam est parmi les portes flambeau légitimes de la plupart de ces causes. Nous nous n’avons jamais été loin ni des victimes de l’injustice ni des porteurs de leur revendication.
● 9/ Shems Maarif : Un mot pour la Palestine BDA : Si l’Occident ne se ressaisit pas de la pente glissante et dangereuse où l’entraîne le fasciste Netanyahu et sa bande de tueurs, le monde dit libéral et libre va devoir entamer son déclin mortel que le glas conclut. Vive le Peuple de Palestine, Vive la solution à deux États ! Merci
La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) reçoit comme invité, monsieur Yahaya SOUKOUNA. Il est diplômé en sciences politiques et originaire du Mali (issu de la communauté soninké). Dans cette interview, il nous sert de pertinentes analyses sur diverses thématiques abordées. Nous lui adressons nos vifs remerciements pour sa disponibilité.
Ci-dessous l’intégralité de l’entretien :
● Question 1 : Bonjour monsieur SOUKOUNA, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Yahaya SOUKOUNA : Bonjour, je suis Yahaya SOUKOUNA, français d’origine malienne, diplômé en Sciences politiques et en Administration publique. Ancien collaborateur parlementaire, je suis actuellement consultant en stratégie internationale. Je conseille des acteurs du secteur public et privé sur divers sujets stratégiques. Je les accompagne vers la prise de décision, sur leur réorganisation structurelle et sur leurs choix stratégiques globaux. Durant mes temps libres, j’officie en tant qu’entraîneur dans un club de football amateur, j’y entame ma neuvième saison. Il m’arrive aussi d’écrire. Il y a deux ans, j’ai sorti un abécédaire autobiographique et je suis actuellement en train de finaliser un nouvel ouvrage portant sur l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger de 2015.
● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)
YS : Avant toute analyse, j’aimerais témoigner ma fierté d’appartenir à la communauté soninké vivant en France. Je pense intimement que l’héritage culturel que nos aînés nous ont légué doit demeurer intact et poursuivre son cheminement générationnel. La solidarité, le partage, l’humilité, la discrétion et le respect de l’aîné sont autant de valeurs qui doivent perdurer. À notre tour, on se doit d’être les futures courroies de transmissions de ce « package » ancestral. Pour me recentrer sur la question, il me paraît important de préciser un aspect singulier à la communauté soninké sur le plan migratoire. Cette dernière immigre considérablement à travers le monde entier. L’Europe, principalement la France et l’Espagne, le continent africain, et l’Amérique du Nord, sont les principales destinations de la communauté native d’Assouan en Égypte. Elle se trouve donc fortement impactée par les tendances contemporaines de ce puissant enjeu géopolitique qu’est la migration. En effet, la fragilité des marchés financiers et les crises engendrées, à l’image de celle de 2008, ont profondément bouleversé l’ordre mondial. Les économies mondialisées ont toutes été fortement perturbées, entraînant des conséquences en cascade. L’occident, principale terre d’accueil de migrant, a connu une baisse radicale de l’interventionnisme étatique et un élargissement de la paupérisation de sa société. C’est dans ce contexte que s’est diffusé un profond sentiment patriotique nationaliste provoquant l’émergence de mouvements réfractaires à l’accueil des personnes étrangères, les estimant responsables de la baisse de leur niveau de vie. Paradoxalement en Afrique, la multiplication des conflits, l’instabilité politique, l’affaissement du niveau de vie et le difficile accès à l’éducation et à la santé ont renforcé le désir d’exode d’une part importante de la jeunesse en quête d’un avenir meilleur. Malgré les mesures drastiques imposées par les autorités méditerranéennes, les vagues migratoires s’intensifient et s’échouent le long des côtes marocaines, espagnoles et italiennes avec son lot de rescapés et de morts que la mer avale. Nous assistons à la collision de ces deux réalités dynamiques qui ne semble pas promises à la convergence. Pire encore, avec la montée des groupes extrémistes et la détermination de ceux qui désirent l’eldorado, les prochains rendez-vous s’annoncent inquiétants.
● Question 3 : Ces derniers jours, le gouvernement malien a annoncé le report de l’élection présidentielle (initialement prévue en février), pouvez-vous nous éclairer sur les données politiques et sécuritaires dans le pays actuellement ?
YS : Depuis l’an 2020 et la chute du régime du président Ibrahim Boubacar Keita, le Mali est dans une transition. De 2020 à 2021, celle-ci fut civile et militaire, dirigée par l’ancien président Bah N’daw. Pour des raisons difficilement déchiffrables, ce dernier a été renversé en 2021 par le colonel Assimi Goïta qui est depuis devenu le président de la transition. Des élections présidentielles devaient avoir lieu, mais ont été reportées par le régime, entraînant une batterie de sanctions de la part de la communauté internationale et des organisations sous-régionales sous l’impulsion de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Des négociations ont abouti sur l’organisation d’élections présidentielles en février 2024 et ont permis de lever une partie des sanctions économiques qui participaient à la tentative d’asphyxie de l’économie malienne. Ce laps de temps a permis aux autorités de faire voter une nouvelle constitution. Projet que leurs prédécesseurs, démocratiquement élus, ont initié sans parvenir à leur terme. Dans un récent communiqué, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé le report des élections présidentielles de février 2024 à une date ultérieure de quoi alimenter les suspicions quant aux désirs des autorités de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Il faut noter que ce report s’établit dans un contexte sécuritaire des plus tendus que certains observateurs assimilent à celui de 2012. Cette période dans laquelle les combats entre l’armée malienne et les mouvements rebelles associés aux groupes jihadistes ont entraîné la scission du pays en deux et la proclamation de l’Azawad par le mouvement national de Libération de l’Azawad (MLNA). Aujourd’hui, la situation est confuse. On assiste d’une part à l’intensification par l’armée d’opérations de communication et de reconquête du territoire vers le nord du pays à mesure que la mission onusienne de maintien de la paix (MINUSMA) libère les camps qu’elle occupait. Concomitamment, des actes terroristes sont perpétrés sur l’ensemble du territoire laissant penser à une fragile restauration de la sécurité dans le pays. Ajoutons à cela, une recrudescence des affrontements entre l’armée malienne et les mouvements jihadistes, mais également, une détérioration des relations entre l’État et une partie des mouvements signataires de l’Accord d’Alger (Le Cadre Stratégique Permanent). Tout cela a pour effet de prolonger l’imbroglio du cas malien. Un rapide retour à l’ordre constitutionnel répondrait bien plus à des injonctions de la communauté internationale qu’a une nécessité immédiate pour la restauration d’un État unitaire et stable.
● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?
YS : La problématique de l’esclavage par ascendance est un sujet d’une extrême sensibilité, mais qui requiert un positionnement clair. La mienne est que ces pratiques doivent cesser d’exister. Je crois aussi que pour traiter un phénomène de cette ampleur, il faut avoir l’humilité de l’étudier, non pas pour cautionner, mais pour comprendre le pourquoi de la pérennité de ce procédé ancestral qui nuit au fonctionnement harmonieux de communautés qui très souvent se ressemblent. Il est important de s’intéresser en profondeur aux raisons qui distinguent le droit pour une communauté de jouir de pouvoirs réducteurs et humiliants vis-à-vis d’une autre contre son gré. Même si cette variante de l’esclavage existe au sein de la communauté soninké, ce phénomène que l’on peut penser mineur et bien plus répandu que l’on ne pourrait le croire. Il trouve des germes dans les 5 grands continents et répond à des règles, des coutumes, des rituels qui doivent être déconstruits par le dialogue, la médiation, et si nécessaire, par des réponses pénales. Même s’il existe des organismes internationaux qui traitent le sujet, la réponse politique globale est bien en deçà de l’ampleur que représente le fléau. Je crois qu’à l’image d’un sujet fédérateur comme l’écologie, la lutte contre l’esclavage par ascendance mérite une place beaucoup plus épaisse dans les principaux engagements des états concernés par ce phénomène. Conscient que dans certaines régions du monde, il participe à calibrer certaines sociétés (et/ou communautés), et que toute tentative d’entrave menacerait certains équilibres de pouvoir. Néanmoins, sa lutte doit être prise à bras le corps. Ce faisant, des mécanismes internationaux devraient contraindre les États à montrer patte blanche en matière de lutte.
● Question 5 : la France connaît diverses frictions diplomatiques avec certains pays du Sahel (ses anciennes colonies), pouvez-vous nous donner quelques éléments de compréhension sur ces relations dans l’actuel environnement géopolitique mondial ?
YS : Depuis quelques années, la France rencontre des difficultés sur le plan diplomatique, peine à maintenir un dialogue serein avec une partie de ses anciennes colonies sahéliennes, et perd de son influence historique sur une partie de plus en plus grande du continent. Les nombreuses et récentes attaques verbales par communiqués interposés entre Paris et les principaux régimes militaires de la bande sahélienne que sont Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina Faso) et Niamey (Niger) témoignent de la fragilité des rapports existants. Nous sommes bien loin de l’an 2013 où le président français Francois Hollande avait reçu un accueil triomphal par une foule en liesse à Bamako lors du lancement de l’opération SERVAL, destinée à repousser l’avancée des jihadistes, qui étaient parvenus jusqu’au centre du pays à Kona. « La journée la plus importante de ma vie politique », avait-il lancé. La nouvelle tendance relationnelle entre la France et ces états sahéliens ne se résume pas qu’aux relations d’ordre politique ou protocolaire, mais s’étend désormais à la société civile. En effet, la longévité de la présence militaire étrangère sur le sol africain et les quelques abus qui en ont découlé ont créé de la frustration chez une partie des populations. De plus, l’absence de résultats des opérations militaires telles que Serval, Barkhane, et la Minusma, et leur incapacité à libérer les zones occupées du nord du Mali notamment, ont également suscité un rejet de celles-ci par les populations concernées. Par ailleurs, avec la montée en puissance de l’accès aux nouvelles technologies, le continent s’informe vite et s’éduque. Au cœur de la jeunesse africaine émerge un vaste désir d’affranchissement avec ses anciennes colonies, particulièrement avec la France. À dominante musulmane par leur composition, leurs us et coutumes, les populations sahéliennes sont particulièrement sensibles au traitement qui est infligé à leur coreligionnaire dans la sphère médiatique française depuis quelques années. L’ensemble de ces facteurs fragilise la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines. Cela offre l’opportunité géopolitique pour une nation comme la Russie de revenir au devant de la scène en réactivant l’importante influence « soviétoafricaine » qui était la sienne lors des successions d’indépendance. Et cela à l’image de celle avec la Guinée de Sékou Touré dès 1958 et du Mali de Modibo Keita dès 1960. Depuis le coup d’État malien de 2020, la relation avec la France bat de l’aile. D’un autre côté, le Mali et la Russie se sont fortement rapprochés aussi bien sur le plan militaire, qu’économique, et diplomatique. De quoi susciter des rivalités sur fond d’influence. Le Mali est au cœur d’enjeux géopolitiques c’est pourquoi nous sommes en droit de nous interroger sur la question suivante : le pays n’est-il pas involontairement devenu l’un des instruments d’une nouvelle Guerre froide qui ne dit pas son nom ?
Ce dimanche 22 octobre 2023, la capitale togolaise a abrité le premier rendez-vous inaugural d’une initiative panafricaine. Il s’agit de Manssah qu’on peut qualifier d’un type de think tank d’un ton très ambitieux. À la manette, l’emblématique journaliste camerounais Alain Foka (démissionnaire de RFI récemment) et 14 autres co-fondateurs. Des profils d’une belle crème d’intellectuels et d’entrepreneurs, qui visent l’émergence d’une renaissance panafricaine sous le sillage historique d’un symbolique personnage africain d’antan, Manssah Moussa du Mali. À entendre les communications lors cet événement à Lomé par la pertinence des diagnostics et les visions exposées en perspective, on en conclut qu’un Grand Espoir pointe à l’horizon pour débloquer certains imaginaires sur – dans le continent africain. Sans complexes dans le fond dit, les Manssah pionniers affirment leur détermination à questionner TOUT (l’éducation, la gouvernance, l’économie…) . À la question de savoir pourquoi l’Afrique francophone a été choisie pour lancer leurs activités, ils lancent sans sourciller en terme imagé que « quand notre maison est sale, pour la nettoyer, on doit commencer par la pièce la plus sale ». Ainsi dire que leur initiative a vocation continentale et s’inscrit dans un schéma ambitieux de développement pour faire émerger l’esprit Manssah partout. Il faut noter la présence des ministres des affaires étrangères du Togo et du Mali et d’un officiel en tenue militaire du Niger.
À suivre ci-joint le lien YouTube de l’événement :
Le leader de l’opposition Sénégalaise Monsieur Ousmane Sonko vient de boucler au total 55 jours de grève de la faim depuis son arrestation à son domicile, après 55 jours de séquestration par l’Etat du Sénégal sous le silence assourdissant des dignitaires religieux aphones et de la communauté internationale qui a toujours assumé le rôle de garant des droits civils et politiques ainsi que des droits et libertés démocratiques.
Depuis sa reprise de la grève de la faim, là détérioration de son état de santé s’est accélérée et il est à craindre le pire .
Tout laisse croire que l’Etat qui a jeté le masque, dévoilant sa véritable nature réfractaire aux lois qu’il viole avec arrogance et mépris à l’égard des citoyens sans aucun respect à l’endroit de dignes et loyaux magistrats
Tout porte à croire que l’exécutif tente d’affaiblir le pouvoir spirituel auprès des disciples,car les appels et interventions de ce dernier auprès du chef de l’Etat n’ont à ce jour enregistré aucun résultat.
Seul Ousmane Sonko a eu à donner des résultats positifs au pouvoir spirituel, en écoutant et en satisfaisant ses demandes sans rien obtenir en retour.
L’homme politique qui a une alternative de gouvernance a si enduré et souffert d’injustices, a encore foi au peuple Sénégalais qui aspire au changement et continue à subir une violence d’Etat, avec des arrestations arbitraires et des abus de qualifications juridiques qui ôtent au juge gardien des libertés, toute liberté d’appréciation et maîtrise de ses dossiers sur la détention provisoire.
Point n’est besoin de polémiquer sur le comportement hors la loi de l’Eat du Sénégal qui s’est illustré avec son refus d’exécuter les décisions de justice (jugement dé Ziguinchor dont le recours devant la Cour Suprême et les délais de Recours ne sont pas suspensifs , ordonnant la réinscription de Ousmane Sonko sur les listes électorales),refuse d’enrôler à nouveau le dossier Adji Rabi Sarr pour juger Ousmane Sonko en violation avec allégresse la loi.
Face à autant d’épreuves dont la seule et entière responsabilité incombe aux autorités politiques, judiciaires, administratives , des intellectuels dégénérés et ensemble les forces de défense et de sécurité, il est à craindre qu’Ousmane Sonko ne laisse pas les autorités faire porter le chapeau de ce qui semble désormais prévisible aux autorités hospitalières, vu l’état dans lequel il a terminé sa journée du 22 octobre, et qu’il exige d’être ramené en prison.
Le degré profond d’encrage de la démocratie et de l’Etat de droit, ne laissait nullement présager que le machiavélisme et le cynisme d’un groupuscule de personnes pouvaient réussir par la manipulation des textes de lois, le bruit des bottes et la trahison de leur serment de gens de justice , à causer autant de mal et de dégâts qui ont sapés les fondements des institutions devenues moribondes.
Il ne faut jamais avoir la vanité de son intelligence et l’orgueil démesuré du paon, car le réveil brutal ne manquera pas de vous surprendre.
Cire Clédor ly Avocat sans frontières Membre du collectif de défense d’Ousmane Sonko
Senalioune – La Chambre administrative de la Cour suprême a rendu une ordonnance suspendant une décision rendue par le maire de Sebkha, Ba Ismail Issa, annulant les contrats de gestion du marché signés par l’ancien maire, Abou Bakr Soumaré.
Le texte de la décision du maire Ba Ismail Issa adressée aux commerçants du marché central de la commune précise : « Nous vous informons que les contrats signés par le maire expiré sont nuls et non avenus ».
La Chambre administrative de la Cour suprême a annulé la décision du maire de Sebkha suite à une requête des professeurs Ahmed Ould Aly et de son père Ould Embarek, et a ordonné que « l’effet utile de la décision attaquée soit suspendu jusqu’à la reprise de la chambre de concertation ».
La chambre a justifié son ordonnance en disant que la municipalité a été informée de la requête et qu’elle n’a pas répondu dans le délai imparti, que la salle de consultation n’est pas prête à se réunir à l’heure actuelle et que la poursuite de l’application de la décision pourrait créer une situation à laquelle il n’est pas possible de remédier, outre le caractère urgent.
LETTRE OUVERTE, NOTRE LETTRE OUVERTE A TOUTES ET TOUS : Chère compatriote, cher compatriote, voici une lettre ouverte adressée à nos dirigeants, à Monsieur le Président de la République Islamique de Mauritanie en premier chef. Cette lettre est une requête, mais aussi une protestation. C’est une demande, mais aussi l’expression d’un refus d’une horrible injustice, celle qui s’apprête à s’abattre sur la tête de centaines de milliers de nos compatriotes privées, d’enrôlement, privés de pièces d’état-civil. Vous devez vous dire, « mais elle est envoyée par qui? ». Eh bien elle est envoyée à nos dirigeants par « nous », nous, c’est à dire par moi, par toi, par tout mauritanienne ou mauritanien qui souscrit au contenu de cette lettre. Si tu n’y souscris pas, ne l’envoie pas, ni ne la transfére. Mais si tu y souscris, envoie la par tout canal à tous ceux que tu penses devoir l’envoyer, à nos dirigeants: du Président au chef de centre d’état-civil, en passant par le député de ta circonscription, le maire, l’ambassadeur ou tout autre représentant de l’autorité), ainsi bien sûr que tes contacts. Nous serons peut-être des dizaines, des centaines, des milliers ou des dizaines de milliers, cela ne dépend que de chacun de…nous! In cha Allah.
LETTRE OUVERTE
A Monsieur Le Président de la République Islamique de Mauritanie.
A Nos dirigeants politiques, administratifs, religieux et coutumiers.
Objet : Le recensement biométrique et l’arrêté précisant la fin de mission à la date du 31/12/2023, des commissions d’identification national, fermant ainsi définitivement toute possibilité de déclaration auprès du RPTS à tout personne âgée de plus de 6 ans, sauf en vertu d’une décision judiciaire Le 28 Rabî’al awwal 1445 / 13 octobre 2023. Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Que les Grâces, la Paix et le Salut soient sur notre Prophète Mohamed (S.A.W.). Nous profitons de ce mois de Rabî’al awwal, mois de naissance de notre bien-aimé Prophète Mohamed (S.A.W.) pour vous interpeller à propos du grave sujet cité en objet, à savoir « l’enrôlement et sa date de clôture définitive fixée par arrêté, au 31/12/2023.
Puisse Allah nous faire profiter, de tous les bienfaits de ce mois. Amine. « Rappel du contexte »
Depuis maintenant près de douze ans, une large frange de mauritaniens, estimée entre 300.000 et 500.000 personnes, soit près de 10% de la population mauritanienne, sont, eux ainsi que leurs familles, quotidiennement confrontés de façon dramatique, à leur impossibilité d’accéder à leur premier droit administratif élémentaire, à savoir se recenser pour avoir un Numéro National d’identification (NNI) leur permettant d’avoir une pièce d’état-civil. Ce sésame obligatoire pour avoir accès au statut formel de citoyen et à n’importe lequel des droits et/ou devoirs rattachés à la qualité de citoyen mauritanien.
Monsieur le Président, lors de la campagne électorale précédent l’élection présidentielle de 2019 et lors de votre prise de fonction, vous aviez promis aux mauritaniens de les traiter avec justice. L’accent mis sur la Justice est fort pertinent et justifié car, c’est bien elle, la Justice qui nous mènera à la Fraternité réelle et à la préservation de l’Honneur de toutes et tous ; de toutes les communautés nationales, in cha’Allah. Conformément à notre devise Honneur – Fraternité – Justice.
Vous avez à maintes reprises mis l’accent sur l’importance du renforcement de l’unité nationale et de l’engagement citoyen. Or est-il possible de demander aujourd’hui à une personne de se comporter en citoyenne/citoyen tout en la privant de sa reconnaissance en tant que citoyenne/citoyen ?
Vous avez également souligné à maintes reprises l’importance pour vous de lutter contre les séquelles de l’esclavage. Or peut-on lutter d’une part contre les séquelles de l’esclavage et d’autre part enchaîner des personnes de par la privation des actes consacrant leur appartenance en toute liberté à la nation mauritanienne ?
Quel est le lot quotidien possible pour une/un mauritanienne – mauritanien sans-papiers ?
– Ne peut accéder à l’instruction ou plus largement à l’éducation pour soi tout comme pour sa progéniture (scolarité plafonnée au CM2, sauf « dérogation »), à la santé, à la propriété, à l’héritage, à la vie conjugale dans l’acception administrative et judiciaire. – N’est point libre de ses mouvements (voyager) tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. – Ne peut participer à toutes les manifestations de ses droits parmi lesquels s’inscrire sur une liste électorale pour choisir ou se faire choisir parmi les dirigeants locaux ou nationaux du pays.
Vous conviendrez avec nous que ce tableau est fort sombre tant pour celle ou celui qui en pâti que pour le pays. L’annonce de l’arrêt définitif (hors procédure judiciaire), au niveau national du processus d’enrôlement au 31/03/2023, tombe comme couperet anéantissant presque définitivement l’espoir de centaines de milliers de mauritaniens de recouvrer leur statut de citoyen et les condamne à rester des citoyens- fantômes dont la condition sous l’angle des conséquences susmentionnées, rappelle fortement celle de la servitude. Et dans ce cas spécifique, c’est bien l’Etat qui les assigne à cette condition, rien d’autre.
« Rythme des travaux actuels des commissions d’identification national – exemple illustratif : le cas de la commune de Neere Waalo»
Neero Waalo est une petite commune composée de 13 villages, située dans la région du Gorgol. Cette commune compte XXX habitants dont 1827 habitants non encore « recensés » au 31/07/2023. Entre le 01/08/2023 et le 20 septembre, 324 personnes ont été recensées, sur les 1827 restantes à recenser, soit un peu moins de 18%. Parmi ces 324 personnes, seules 37 ont reçu un NNI, soit environ 2% des 1827 personnes. Et sur ces 37 qui ont reçu un NNI, aucune ne s’est encore « photographié », pour pouvoir avoir une pièce d’identité !
Voilà ce qui a été fait en 50 jours environ. Il reste environ 100 jours avant la date butoir fixée par l’Etat. A ce rythme à quoi faudrait-il s’attendre au 31/12/2023 ? Combien de malheureux avec femmes et enfants seront laissés sur le carreau ?
Aux non-recensés à l’intérieur du pays, s’ajoutent ceux forts nombreux à l’extérieur du pays, parmi les déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali ainsi que parmi les émigrés. Soulignons également que les régions du Sud de la Mauritanie sont de loin les plus touchées par ce phénomène des difficultés rencontrées pour se recenser.
« Nos doléances » S’agissant de la question du recensement biométrique qui prive une partie des mauritaniens de l’acte par lequel se matérialise leur citoyenneté mauritanienne, vous avez la haute main pour sortir cette large frange de la population, des inquiétudes quotidiennes qui les taraude dans un monde devenu celui des « pièces », des justificatifs. Pour toutes les raisons évoquées précédemment, nous vous demandons donc avant tout, de bien vouloir s’il vous plaît, annuler ou suspendre dans les plus brefs délais cet arrêté qui fixe au 31/12/2023 la date de fin de mission des commissions d’identification national, car il est à présent évident qu’au rythme où se déroule le recensement, la majorité des personnes non encore recensées, ne le seront pas au 31/12/2023. Maintenir cette date, c’est plonger sciemment des centaines de milliers de nos compatriotes dans le désarroi de l’apatridie. Nous ne pouvons croire que vous puissiez accepter cela sans agir, conformément au Hadith se rapportant à la conduite à tenir face à l’injustice. Nous ne pouvons croire qu’un dirigeant de ce pays, tenant à la Justice, qu’il soit dirigeant politique, religieux, administratif ou coutumier puisse accepter cela sans agir, sans le dénoncer. Nous ne pouvons croire que le Peuple Mauritanien puisse l’accepter. L’Histoire nous apprend que la sédimentation de faits injustes a été à l’origine du chaos dans bien des contrées de par le monde. Elle fut à l’origine de bien de révoltes et de révolutions. En effet dans un pays, le chaos naît le plus souvent du désespoir. Or le désespoir a presque toujours, pour origine l’injustice.
Et en l’occurrence, dans notre pays, ce que l’Etat doit le plus craindre, ce n’est pas un groupe de personnes ou un homme quel qu’il soit, mais bien l’injustice qui étend son emprise maléfique sur un nombre croissant de nos concitoyens.
Cette injustice qui pourrait devenir le levier qui poussera de plus en plus de jeunes ou moins jeunes vers des issues peu souhaitables dont la radicalité, l’extrémisme (qu’il soit religieux ou autres), ou tout simplement la délinquance. Ne tentons pas le diable en nous rapprochant dangereusement du point de rupture. Ce qui n’est nullement le souhait de (toute) la population mauritanienne. Nous vous demandons également de donner des directives fermes pour que les centaines de milliers de nos compatriotes « sans-papiers » dans leur propre pays, puissent tous être recensés rapidement ; et surtout que le processus aille jusqu’au bout, se matérialise par la fourniture à chacune et chacun d’eux, d’un NNI ainsi que la prise de la photo nécessaire à l’établissement d’une pièce d’identité. Que la cadence du recensement soit accélérée…
Si vous vous décidez à régler ce problème qui ne nécessite aucun dialogue politique ou social préalable, mais juste la volonté de le résoudre, vous trouverez parmi nos milliers de diplômés, chômeurs ou non, des ressources humaines capables d’accélérer le recensement de nos compatriotes qui ne le sont pas encore, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur du pays.
Il sera possible à travers une décentralisation des activités et une implication réelle des maires, imams, chefs de villages, ONG, CNDH, … d’atteindre les résultats attendus, probablement en moins d’une année. In cha’Allah.
Pour ceux qui argueraient, pour ralentir le processus, le risque de naturaliser quelques non- mauritaniens, nous disons qu’il est infiniment moins grave pour un pays (surtout avec une densité de population comme la nôtre), de naturaliser quelques non-mauritaniens plutôt que de denier leur citoyenneté à des Mauritaniens. Certes il y’a lieu de déplorer que pour certains comme Aldjouma Cissoko (R.A), c’est malheureusement trop tard. Rompons avec les populistes ou les tenants de thèses ne servant que de gagne-pain, qui veulent dénier à des Mauritaniens ce qu’ils sont. Soixante ans d’indépendance doivent nous permettre de pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie.
Tout citoyen auquel on refuse ce droit fondamental d’avoir des actes délivrés par son pays pour lui reconnaitre son appartenance à la nation, ne peut croire à une promesse quelconque d’amélioration de sa situation par les autorités de son pays.
La résolution de ce problème qui se trouve être parmi les problèmes fondamentaux de notre pays, redonnerait espoir à bon nombre de nos concitoyens et renforcerait votre crédibilité ainsi que celle de l’Etat quant à la tenue des promesses faites notamment lors de la campagne électorale. C’est notamment pour cette raison que nous pensons que la Mauritanie, l’Histoire de la Mauritanie se souviendra de toutes les façons de ses dirigeants actuels, de vous, de ce quinquennat.
Elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment comme ceux, grâce auxquels le pays a enfin redressé la barre, a choisi la bonne « quibla » (direction) politique qui mène à la stabilité, à la prospérité, à l’épanouissement dans l’Honneur, la Fraternité et la Justice, in cha’Allah. Ou alors, au contraire, elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment, pour des raisons à l’opposé de celles que nous venons d’énumérer…
Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre pays, ne le ratons pas. Bien sincèrement, Les signataires : Nous, tout(e) mauritanien(ne) qui est d’accord avec le contenu de cette lettre ouverte
Lire, c’est découvrir divers cieux et personnages, et ainsi affiner nos opinions sur un tel ou un tel sujet. Cet ouvrage de notre frère Malle Soukouna, consacré à cette personnalité de la vie publique contemporaine du Mali, est très informatif pour les lecteurs intéressés. Ici il s’agit de l’imam Mahmoud Dicko. L’auteur le présente comme l’une des personnalités les influentes en 2020 au Mali. L’homme reconnaissable par son accoutrement familièrement sahélien est une figure marquante dans l’environnement socio politique et religieux malien. Natif de la localité de Tonka en 1954 dans la région de la célèbre et ancestrale ville de Toumbouctou, il a été un agent plus ou moins influent dans la sphère publique de son pays depuis les débuts des années 1990 avec la chute du général Moussa Traoré. Particulièrement, il est une voix très écoutée dans la communauté musulmane du pays de Modibo Keita. Son parcours scolaire et estudiantin l’avait mené en Mauritanie et en Arabie Saoudite. Il est reconnu comme ayant beaucoup de connexions sociales cordiales avec nombre de groupes sociolinguistiques du peuple malien. Comme l’auteur l’a relevé à propos de ses relations avec la communauté soninké. Ces dernières années, son aura a beaucoup servi dans l’engagement populaire contre le régime de l’ancien président IBK (feu Ibrahim Boubakar Keita), notamment au sein du mouvement M5 RFP. Actuellement, ses soutiens politiques et partenaires de la société civile forment la CMAS (La Coordination des Mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko). Cette plateforme sociale et politico-religieuse serait en froid avec la junte militaire au pouvoir qui a repoussé récemment l’échéance électorale prévue dans le chronogramme de la transition. Le livre de monsieur Soukouna donne diverses clés de compréhension sur certains mécanismes sociaux, politiques et religieux du Mali d’hier, d’aujourd’hui en phase de « refondation » et de demain pour assoir un ordre étatique correspondant aux réalités très mouvantes. Encore un écrit concis avec plein d’enseignements pour un lecteur curieux. À recommander !
L’honorable député des mauritaniens établis en Europe, Monsieur Issa Mansega DIAWARA, quand est-ce que les commissions dites d’identification arriveront-elles en Europe pour recenser les mauritaniens ?
Je tiens avant tout Monsieur le député à vous souhaiter une excellente rentrée de session parlementaire. Monsieur le député, le 4 juillet 2023 le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a pris un arrêté sous le n°0698 portant création des commissions d’identification. Aussitôt, quelques jours plus tard ces commissions dites d’identification ont été constituées et déployées à l’intérieur du pays avec un bref délai de 6 mois (voir l’article 19 de l’arrêté qui met fin aux missions de ces commissions à la date du 31 décembre 2023), pour aller donner un état civil fiable et sécurisé aux mauritaniens qui n’en ont pas ou qui étaient privés de ce droit fondamental et inaliénable. Jusqu’aujourd’hui (à 2 mois de la fin des opérations) aucune commission d’identification n’a été déployée en Europe pour venir recenser les centaines et milliers de mauritaniens vivant dans cette circonscription dont la plupart d’entre eux sont devenus des apatrides. Ce qui constitue à mon sens une discrimination et une grave violation de l’article premier de la constitution mauritanienne.
Cependant, Monsieur le député, pour rappel le 27 mai 2023 vous avez été élu par les mauritaniens établis en Europe afin de pouvoir trouver des solutions à leur préoccupation et besoin mais aussi de défendre leurs droits les plus fondamentaux particulièrement les questions liées à l’état civil et le recensement. Aussi, pour rappel dans votre lettre du 11 juillet 2023, vous sollicitez les mauritaniens de la diaspora, je cite « …à aller se présenter devant les commissions d’identification de l’intérieur pour leur recensement ». Devrais-je vous dire que votre mission Monsieur le député n’est pas celle d’inciter les mauritaniens de l’Europe à aller se faire enrôler à l’intérieur du pays sans se soucier de leur condition de vie et travail mais plutôt de les aider à les rétablir dans leur droit fondamental… L’honorable député, je dois vous rappeler que l’une des problématiques cruciales que rencontrent nos compatriotes établis en Europe est celle du recensement. Cette question constitue un problème majeur pour nos compatriotes et qui fait que certains d’entre eux sont devenus des apatrides et d’autres des sans-papiers et par voie de conséquence des sans-emploi. Monsieur le député, faites votre travail comme cela se doit en interpellant le ministre de l’intérieur sur ce sujet afin que le principe d’égalité de traitement de tous les mauritaniens devant la loi prévu par le préambule de notre constitution et l’article premier de ladite constitution soit bien respecté. Sans doute l’égalité devant la loi est un principe à valeur constitutionnelle garanti dans toutes les grandes démocraties et par l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Pour rappel Monsieur le député, aux termes de l’article premier de la constitution mauritanienne « La République assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale l’égalité devant la loi ». En d’autres termes, les personnes dans la même situation doivent être traitées de manière identique pas plus ni moins ; la République doit garantir un traitement équitable pour tous les mauritaniens devant la loi car il existe une seule et unique Mauritanie : la République islamique de Mauritanie. Malheureusement, tel n’est pas le cas car on assiste depuis la mise en place de ces commissions d’identification deux mauritaniens : le mauritanien de l’intérieur et celui de la diaspora. Ce qui constitue une rupture flagrante d’égalité de traitement des citoyens devant la loi ; votre silence sur ce sujet inquiète la diaspora et pourrait vous rendre complice de cette violation manifeste de certaines dispositions constitutionnelles.
Monsieur le député, pour conclure j’ai une question principale et toute simple : A quand (donnez-nous une date précise) l’arrivée des commissions d’identification et d’enrôlement en Europe ? L’urgence la plus absolue pour nous, les autres mauritaniens de la diaspora c’est le recensement.
Monsieur le député, de grâce ne venez pas avec des réponses toutes faites comme quoi, la constitution et l’envoi des commissions d’identification en Europe ne relèvent pas de vos compétences mais celles du ministre de l’intérieur. Sachez que je sais faire la distinction entre les compétences d’un ministre et celles d’un député. Monsieur le député, je vous demande de jouer votre rôle de député et d’agir le plus vite avec détermination pour les mauritaniens établis en Europe. Je vous prie de croire Monsieur le député, à l’assurance de ma haute considération.
Dr Boubou BA Membre associé au centre de recherche d’histoire et d’anthropologie du droit (CHAD) Université de Paris10-Nanterre Juriste aux services des urgences familiales et à la chambre du conseil Au palais de justice de Pontoise-France
Le tribunal de Ziguinchor, tribunal du lieu d’inscription de Ousmane Sonko sur les listes électorales, avait été saisi d’un recours en contestation de la Radiation arbitraire du principal opposant du parti politique au pouvoir depuis 12 ans. Et,conformément à la loi, il a rendu sa décision dans des conditions très difficiles ,dans un climat délétère, ponctué de manque de respect et de considération de l’institution judiciaire. Tous ces manquement étant du seul fait du pouvoir exécutif et de ses agents.
En effet, les agents de l’État ont d’abord perturbé l’audience après les premières plaidoiries des Avocats de Monsieur Ousmane Sonko, pour suggérer au juge de se déporter, au seul motif qu’ils venaient de recevoir l’information selon laquelle il aurait un frère qui serait conseillé municipal à la mairie de Ziguinchor, une institution dirigée par Monsieur Ousmane Sonko.
Malgré que le juge leur ait demandé de se conformer à la loi pour engager la procédure s’ils voulaient le récuser, l’agent judiciaire de l’État et les Avocats de Adji Raby Sarr que l’État du Sénégal avait engagé, ont continué à divertir un moment la salle, avant de laisser continuer les plaidoiries.
Après 13 heures de plaidoiries, à 22 heures, l’agent judiciaire de l’État a de nouveau interrompu intempestivement les plaidoiries, pour remettre au juge un papier griffonné de sa main et informer le magistrat, que l’État du Sénégal venait de déposer auprès du Président de la Cour d’Appel de Ziguinchor, une demande de récusation le concernant. Bluff ou vérité ? Le juge le renvoya de nouveau dans les cordes et continua son audience; puisque la procédure n’avait toujours pas été suivie par l’État qui est habitué au forcing et aux violations des règles de procédures.
Et le sommet de la terreur d’État a été franchi lorsque l’électricité a disparu, subitement, du tribunal, plongeant tout le monde dans le noir. C’est à cet instant que le juge a ordonné la clôture des débats et a annoncé qu’il se retirait, pour délibérer, et revenir rendre sa décision. Et c’est à la lumière d’une lampe torche, puisque l’électricité a été coupée, que le juge a été contraint de travailler pour rédiger sa décision qui a mis K.O tous les artisans de la déconstruction de l’État de droit et du système démocratique ; fruits de longues luttes et de conquêtes du peuple sénégalais.
Le tribunal a statué sur sa propre compétence qui est celle du lieu d’inscription sur les listes électorales et le lieu de vote de l’électeur du requérant, Ousmane Sonko. Il a déclaré nulle la radiation de Monsieur Ousmane Sonko des listes électorales et ordonné son rétablissement ce qui devrait avoir effet immédiat. Avec les pratiques déloyales de L’État du Sénégal, l’égalité des chances dans la compétition électorale majeure de février 2024 est déjà violée puisque les parrainages ont démarré depuis le 29 septembre 2023. Avec cette décision, le ministère de l’intérieur devra ordonner la remise immédiate et sans délai, des fiches de parrainage à Monsieur Ousmane Sonko.
Les sénégalais et la communauté internationale, témoins de la décision rendue par un juge qui n’est soumis qu’à l’autorité de la loi et qui a donné un sens et un contenu à l’indépendance et à l’impartialité de la magistrature, attendent de voir le comportement de l’État du Sénégal face à ce verdict. Qu’il est laborieux de vouloir persévérer dans l’illégalité et le banditisme d’État pour tenter d’asservir tous les juges et tout un peuple, désormais, rebelle et allergique à ses dirigeants en fin de règne.
Madame Marième DIOP GUÈYE magistrat à la Cour Suprême et Sibasy Faye juge au tribunal d’instance de ziguinchor sont désormais entrés dans l’histoire du Sénégal.Ils ont pris rang et place à côté des grands hommes qui dans leur vie n’ont servi que la loi et ont bien rempli leur existence.
Ciré Clédor Ly Membre du collectif de La Défense de Monsieur Ousmane Sonko
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