● Quelle est la pigmentation de la Mauritanie? | Par M. Seyré SIDIBE

Au départ, la Mauritanie était blanche et noire pour devenir noir et blanc. Se référer à l’accord des adjectifs de couleurs pour comprendre la nuance. En vérité, elle est la jonction entre une entité Arabo-berbères devenue Arabe par mutation politique, et une entité négro-africaine qui n’a jamais voulu renoncer à son identité ontologique ou tout simplement la rénier.

L’acte de naissance de la Mauritanie a été signé lors du Congrès d’Aleg (mai 1958). La France était derrière le projet, et jouait le facilitateur entre les deux parties. En effet, ce sont Maures( Arabo-berbères ), qui tenaient vaille que vaille à la création de la Mauritanie sous sa forme actuelle. Ils ont usé de toute la diplomatie, de toute sorte de concession, de compromis, d’accommodement pour que les Noirs acceptent l’union des deux entités.

Les Noirs, selon plusieurs témoins et sources de cette époque, ne se sentaient pas trop ce mariage de raison entre le Nord et le Sud. Ils nourrissaient des réserves et beaucoup de craintes dans ce projet visant à bâtir une nation avec des populations nomades et Arabo-berbères connues pour agressions, pillages et razzias contre les populations de la vallée.

Fins diplomates et très avertis politiquement, les Maures tenaient coûte que coûte à la naissance de cet État mauritanien unitaire, jacobin dans sa composition sociologique et géographique actuelles, soit la fusion de deux nations (une entité Noire et un conglomérat de tribus arabo-berbères).

La Mauritanie n’aurait jamais existé sous sa configuration actuelle, n’eût été là France . En effet, la puissance colonisatrice, a bien voulu pour des raisons stratégiques, impérialistes et économiques créer au forcep, un État trait d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique au Sud du Sahara.

Ce projet, dans sa conception et sa mise en œuvre était à l’avantage des Arabo-berbères du fait qu’il leur permettait d’être porté à la tête d’un État moderne, et partant d’échapper à l’impérialisme, au joug marocain.

Le Maroc n’a jamais cessé de revendiquer le nord mauritanien comme une partie de son territoire, le Grand Maroc. Cependant il ne voulait pas non plus intégrer dans son giron les populations noires du Sud, présentant des réalités socio-culturelles identiques avec celles du Sénégal et Mali.

Si le plan marocain était mis à exécution nos Arabo-berbères seraient aujourd’hui Sahraouis. Ils auraient eu le même sort que les indépendantistes Polisarios, avec lesquels ils présentent des similitudes évidentes.

Le débat raciste qui écume actuellement les réseaux sociaux en Mauritanie sur la pigmentation de notre pays (Blanche ou Noire), est l’expression du déni et du mépris de la Constitution de la République Islamique et de l’histoire de la naissance de l’État Mauritanien. En effet, même par générosité et altruisme, si l’on mettait entre parenthèses, la Grande Histoire de l’Empire du Ghana (Wagadou), force est de constater que le Noir est consubstantiel à l’ADN de la Mauritanie.

Le danger des rafles ciblant les étrangers subsahariens en Mauritanie, se manifeste par la confusion volontaire entre Noir et étranger par certains racistes partisans d’un panarabisme étroit. Cela est d’autant plus vrai que pendant les événements des années 89 – 90, on a profité de l’expulsion des Sénégalais pour régler les comptes de populations négro-africaines de « souche mauritanienne », avant la naissance même la création de l’État mauritanien.
Voilà l’origine des inquiétudes, voire traumatismes des populations noires à chaque fois que les étrangers d’origines subsahariennes sont prises pour cible.

Dans pareille situation, on attend de nos compatriotes » Bidanes » de soutenir leurs frères Noirs contre les abus du pouvoir. Heureusement, ils ne sont pas tous mêlés à cette campagne malsaine, cette cabale nauséabonde sur les réseaux sociaux assimilant tout Noir à un étranger. Je sais une chose, les Maures, vous êtes vous en Mauritanie. Les Noirs aussi, sont chez eux. Nous avions décidé de créer un État biracial, alors respectons les termes du contrat clairement définis dans les engagements pris lors du Congrès d’Aleg.

Seyré SIDIBE

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● La Mongolie, future hôte de la COP17 CNUD, ses similitudes avec la Mauritanie | Par M. Ibrahim Thiaw.

Rarement des pays aussi distants géographiquement et différents sur le plan culturel ont autant de similitudes. Comment donc expliquer que la Mongolie si lointaine de l’Afrique ait pu avoir autant de points communs avec la Mauritanie?

Mettons à part la géopolitique des années soixante qui, curieusement, avait fait admettre les deux pays, le même jour, aux Nations Unies, un 26 octobre 1961.
Le fait est que la Mauritanie s’ouvre grandement vers le Sahara, le plus grand désert chaud au monde, alors que la Mongolie s’adosse sur le Gobi, le plus grand désert d’Asie.

Peuple de pasteurs, les Mongoles disposent de bétail, oui de beaucoup d’animaux. Notez-le bien: leur pays compte plus de chevaux que d’humains. Au total, le cheptel gonfle jusqu’à dépasser de 27 fois le nombre d’habitants. Des années de fortes mortalités font fluctuer ces chiffres mais en moyenne, on dit que pour chaque Mongole, il y a au moins 21 bêtes.

Bon, admettons-le, les sécheresses ont fait leur effet, mais en Mauritanie, l’on murmurait qu’il y a quelques décennies, on comptait plus de bosses de chameaux (d’accord, ce sont des dromadaires) que de têtes d’habitants. Selon certaines estimations, en 2023, il y avait 0.176 Mauritanien pour chaque animal. Disons, pour faire simple, il y avait 5,7 animaux domestiques pour chaque citoyen, bébés et centenaires confondus.

Voilà peut-être une autre similitude: en Mongolie, on honore ses visiteurs en leur offrant une boisson à base de lait fermenté. C’est pas le fameux Zrig ou Tufam mauritanien? 

Signe de leur grande hospitalité, recevoir des visiteurs est une obligation morale. Point besoin d’être officiellement invité: on vient et on partage le repas. Ou plutôt, tout le monde est invité, sans crier gare, on peut s’asseoir et partager le repas. Qui murmure que c’est du déjà-vu? Avec un peu de chance, le repas est fait à base de viande bouillie, suivi d’un thé (au lait).  

Tout cela peut être le fruit d’un hasard. Non moins curieux est le fait que du point de vue de la superficie, les deux pays font chacun un million de kilomètres carrés, avec une population ne dépassant 3.5 millions pour le pays asiatique, alors que la forte poussée démographique tire le pays saharien vers les 5 millions d’âmes.

Même si le pays asiatique est plus vert -avec des saisons plutôt marquées- la M…ie et la M…ie, si dépendantes de l’économie rurale puisque peu ou pas industrialisées, sont menacées par la dégradation des terres et les sécheresses. Ah, j’allais oublier, ces deux pays sont aussi caractérisés par la richesse (en mines) de leur sous-sol.
La grande différence est que le pays saharien dispose de l’une des cotes les plus poissonneuses au monde alors que la Mongolie est enclavée. C’est d’ailleurs le deuxième plus grand pays sans littoral, après le Kazaghstan.

Voilà pourquoi la Mongolie va abriter, l’année prochaine, la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la Désertification. La signature de l’Accord de siège la semaine dernière vaut bien les photos en affiche.

Par M. Ibrahim Thiaw, Le secrétaire exécutif de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification

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• Info + sur la COP17 https://environews-rdc.net/2025/02/26/climat-lutte-contre-la-desertification-la-cop17-de-la-cnulcd-se-tiendra-en-mongolie-en-2026/

● Si Biram Dah Abeid prenait le pouvoir | Par M. Moulaye El Hassene


L’enjeu, d’un changement de régime en Mauritanie, dépasse la seule personne de Biram.
Biram est certes le porteur de la « VISION », le visionnaire, le seul à même de conduire cette vision à bon port, et quelques part l’homme providentiel de cette époque de l’Histoire de ce pays. Mais L’enjeu en lui même, est multidimensionnel, avec des répercussions sociales intergenerationnelles,  transfrontalieres, régionales, voire mondiales.
Le projet politique de Biram, n’est pas seulement local, mais est aussi une philosophie droit-de-l’hommiste et politique qui a vocation à être universelle; une contribution à résoudre des problématiques géopolitiques qui pourrait constituer un modèle réplicable à différentes échelles, dans différents pays, et au sein de communautés de pays.
La centralité de l’Homme dans tout, comme matrice et fil conducteur, est le point fort de cette philosophie « implacable ».
Si les tenants du régime actuel, et ceux du régime précédent, qui sont d’ailleurs presque les mêmes, avaient pris le temps d’analyser en profondeur ce que propose Biram, ils auraient certainement, s’ils sont intelligents, essayé de trouver le moyen de l’intégrer avec eux dans une configuration politique bénéfique à tous et au pays.
Mais ils ne l’ont pas fait, et semblent toujours loin de le faire. Alors ils seront quand même rattrapés par la fatalité du sort: car le peuple aura le dernier mot… et le peuple n’a pas encore dit son dernier mot.
La très prochaine salve d’élections finira d’entamer l’actuel régime, déjà à bout de souffle.

Par M. Moulaye El Hassene, militant droit-de-l’hommiste et acteur politique.

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● Déconstruire le système des castes et la mentalité féodale [TRIBUNE COLLECTIVE]

« Lutter contre les mentalités, ce n’est pas comme lutter contre un mal de tête. » – Abdoulaye Doro Sow

Le système des castes est une organisation totale de la société, profondément ancrée dans l’histoire. Il constitue un frein majeur à la mobilité sociale, enfermant les individus dans des statuts hérités qui définissent leurs droits et opportunités. Il repose sur le mythe de la pureté généalogique et façonne durablement les mentalités à travers des mécanismes d’assignation sociale et de stratification.

Dans un contexte où la culture démocratique peine à s’imposer, ce système devient un outil de pouvoir pour certains. Son maintien leur garantit une position privilégiée qu’ils défendent farouchement, convaincus que leur statut est une question de survie.

Pourtant, il ne s’agit que d’une construction sociale persistante, transmise de génération en génération au point d’apparaître naturelle et immuable. C’est précisément ce qui rend sa remise en question difficile. Derrière cette hiérarchie figée se cache un conditionnement collectif, une mise en scène où chacun joue un rôle prédéfini. Certains justifient cette organisation en la présentant comme une simple division du travail, alors qu’en réalité, elle sert avant tout à préserver des privilèges sociaux.

Un formatage social qui limite l’individu

Dès l’enfance, un conditionnement subtil façonne les comportements et les aspirations. L’éducation met l’accent sur l’obéissance plutôt que sur la réflexion, utilisant la peur et la culpabilisation comme outils de contrôle social. Ce formatage a des conséquences profondes : manque de confiance en soi, dépendance à la validation sociale, difficulté à prendre des initiatives. L’individu apprend à se conformer, à éviter de questionner l’ordre établi, et à confondre respect et soumission.

Ce conditionnement ne se limite pas à l’individu, il structure la société tout entière. En figeant les rôles sociaux, il empêche l’émergence d’une véritable culture citoyenne, où chaque personne serait reconnue pour ses compétences et non pour son ascendance.

Ces hiérarchies, héritées du féodalisme et de la tradition, continuent de peser lourdement sur les individus. Qu’il s’agisse de castes, d’ethnies ou de classes sociales, elles fonctionnent toutes selon la même logique : diviser, figer, assigner et instaurer des barrières invisibles.

Le cas de la société sooninké

Chez les Sooninké, cette stratification est particulièrement marquée. Elle repose sur l’appartenance héréditaire et l’endogamie (mariage au sein du même groupe), renforçant ainsi les distinctions sociales. Cette société est organisée en trois grandes catégories :

      •     Les Hooro (nobles et hommes libres) : Ils comprennent les Tunkalemmu (princes fondateurs de villages), les Mangu (courtisans et guerriers) et les Modylemmu (guides religieux et imams).

      •     Les Naxamala (hommes de caste) : Artisans spécialisés, ils regroupent les Tago (forgerons), Sako (travailleurs du bois), Jaaro (griots) et Garanko (cordonniers).

      •     Les Komo (captifs et esclaves affranchis) : Historiquement, ce groupe était constitué d’esclaves et de leurs descendants. Bien que l’esclavage ait été aboli, des discriminations persistent et ces individus restent marginalisés.

Ce système ne se limite pas à une classification sociale ; il dicte les destins individuels. Comme le disait l’anthropologue Claude Meillassoux : « Une fois esclave, toujours esclave. » L’ordre social paraît si naturel qu’il est rarement remis en question.

Un modèle similaire chez les Halpulaaren (Peuls)

Comme chez les Sooninké, la société Halpulaaren est organisée selon une structure hiérarchique stricte, où chaque caste correspond à un rôle spécifique :

      •     Les castes d’autorité :

      •     Toorobbe (dirigeants religieux et politiques).

      •     Sebbe (anciens guerriers devenus propriétaires terriens).

      •     Jaawambe (conseillers des Toorobbe).

      •     Les travailleurs manuels, spécialisés selon leur matériau de travail :

      •     Maabube (tisserands), Waylibe (orfèvres et forgerons), Sakkeebe (peaussiers), Lawbe (boisseliers), Buurnaabe (céramistes), Awlube (griots), Wambaabe (guitaristes).

      •     Les Maccube (esclaves et serviteurs), au bas de la hiérarchie sociale.

D’autres groupes, comme les Wolof ou les Beidane (Arabo-Berbères), fonctionnent selon des logiques similaires. Ces hiérarchies sont si profondément intégrées qu’elles deviennent invisibles aux yeux de ceux qui les subissent. Pourtant, ce n’est pas parce qu’un système a toujours existé qu’il est légitime.

Un frein au progrès social et à la culture citoyenne

En enfermant les individus dans des statuts prédéfinis, ce système entrave la mobilité sociale et limite l’épanouissement personnel. Il réduit les opportunités, perpétue un climat de résignation, et freine l’éducation, l’initiative et l’engagement citoyen.

Or, aucune société ne peut évoluer sans citoyens libres de penser et d’agir en fonction de leurs talents et aspirations, plutôt que de leur naissance.

Déconstruire ces hiérarchies pour une société plus juste

Remettre en question ces structures hiérarchiques profondément ancrées, c’est permettre l’émergence d’une société plus équitable, où chaque individu pourrait exercer pleinement son rôle de citoyen.

Le parallèle avec la mentalité féodale est évident. Comme le système des castes, cette mentalité repose sur un conditionnement social qui limite l’autonomie et bride l’imaginaire. Elle produit des individus hésitants, en quête de validation, enfermés dans un système invisible qui détermine leur place et leurs ambitions.

Mais qu’est-ce qui justifie réellement cette stratification ? Rien d’objectif. Rien qui ne résiste à l’analyse historique, à la raison et au bon sens. Ce système repose sur des récits hérités du passé, des habitudes profondément enracinées dans l’inconscient collectif. Il ne tient que tant qu’on le considère comme une fatalité.

Or, l’histoire est pleine d’exemples de sociétés qui ont su déconstruire leurs hiérarchies oppressives et s’émanciper.

Alors, pourquoi pas nous ?

Les pistes pour un changement réel

      1.    Prendre conscience des mécanismes invisibles qui perpétuent ces inégalités.

      2.    Refuser de cautionner et de reproduire ces schémas en cessant d’assigner les individus à des catégories arbitraires.

      3.    Miser sur l’éducation et l’esprit critique pour déconstruire les préjugés et briser ces hiérarchies obsolètes.

En définitive, une citoyenneté pleine et entière en Mauritanie et dans la sous-région nécessite de dépasser ces assignations et de reconnaître la valeur intrinsèque de chaque individu.

La liberté ne s’hérite pas, elle se conquiert. Il ne suffit pas d’attendre que le monde change. Il faut œuvrer pour le changement.

Signataires :

Boulaye Diakité, socio-anthropologue

Mamoudou Baidy Gaye dit Alia, journaliste

Souleymane Sidibé, militant associatif

• Lien média https://www.cridem.org/C_Info.php?article=781518&fbclid=IwY2xjawIxte5leHRuA2FlbQIxMQABHWWjYRcQZaeIa-uElZVbRo4xG-GcaCZNBto6JuJLggiWaQ66zVqeSCpJzw_aem_PEr2Je9ltucj7yc7nNgCCg

● Faire véritablement Nation ou Communauté ensemble est une affaire dépassant de laconiques vœux pieux, il faut AGIR en BIEN pour !

~Le cas du Pakistan et du Bangladesh

Par le visionnage d’un documentaire succinctement bien fourni de la chaîne TV Arte https://www.arte.tv/fr/videos/120874-001-A/bangladesh-la-naissance-dans-le-sang-1-2/?utm_source=android&utm_medium=share&utm_campaign=120874-001-A, on y apprend comment la commune religion partagée majoritairement entre les 2 peuples n’a pas pu éviter une terrible guerre civile suivie d’une douloureuse séparation. Cet affrontement que d’aucuns qualifient d’une guerre génocidaire en 1971 aurait provoqué plusieurs millions de morts et de déplacés. Le pays en 1947 est établi à la base d’une division de l’ancienne possession britannique du sous continent indien. Ainsi, l’ensemble majoritaire hindou est devenu l’Inde et l’ensemble majoritaire musulman fait le Pakistan. Ce dernier est territorialement séparé par l’Inde (d’environ 1600 km), donnant le Pakistan occidental et le Pakistan oriental (le futur Bangladesh en 1971). Dès la création du Pakistan, la partie occidentale tenait l’ascendant politique sur la partie orientale. À travers de relents ethno-raciaux, Mohammad Ali Jinnah (le top dirigeant du pays naissant) et ses idéologues cultivaient ouvertement un hégémonisme social et  politique contre la partie orientale. En avril 1948, il s’exprimait ainsi : « l’ourdou et seulement l’ourdou restera la langue officielle du Pakistan ». L’ourdou, la langue du côté occidental, est imposé comme la langue officielle en ignorant le Bengali majoritairement parlé du côté oriental. Dans son propos du documentaire, M. Ali Jinnah menaçait en substance que celui qui est contre cette officialité linguistique exclusive de l’ourdou, est l’ennemi du Pakistan. Le ton véhément et méprisant est ainsi lancé pour un écrasement politique, social et culturel accablant la partie orientale par le côté occidental. Ce dernier concentrant l’essentiel du pouvoir par la suite sous une dictature militaire de Yahya Khan. Lors des élections tenues dans le pays debut décembre 1970, le parti d’un leader bengali M. Mujibur Rahman, rafle la majorité absolue du côté oriental et les suprémacistes du côté occidental n’entendaient pas lui laisser l’éventualité de devenir premier ministre. Les bengalis ont engagé et amplifié des protestations populaires contre la décision du dirigeant militaire Yahya Khan qui a suspendu le processus parlementaire. La cassure devenant fatalement inévitable, l’armée et ses suppletifs à la solde de la politique répressive du côté occidental, ont choisi la violence brute contre les bengalis déterminés à recouvrer leur liberté et obtenir l’indépendance de leur pays pour de bon. La machine répressive s’est affolée terriblement contre les indépendantistes devenus combattants déterminés à se libérer du joug méprisant du pouvoir occidental. Certaines pratiques de l’armée sont d’ailleurs logées schématiquement dans les critères génocidaires. Tueries de masse, disparitions forcées, traques et éliminations systémiques visant l’élite politique et intellectuelle bengale. À noter que les forces indépendantistes ont bénéficié durant le conflit devenu une guerre de libération, de l’aide humanitaire, logistique et militaire de l’Inde voisine. Le pays devient indépendant le 16 décembre 1971 sous le nom Bangladesh se détachant du Pakistan occidental contraint d’accepter la séparation.

Les idéologies suprémacistes qu’elles soient de colorations raciales, ethno-raciales, communautaires ou statutaires ne feront jamais un socle valablement structurant d’où peut émaner une Nation ou une Communauté stable et forte ni socialement, ni politiquement, ni économiquement, encore moins intellectuellement. Seule la commune dignité humaine par la prise en compte rigoureuse de nos diversités peut constituer une anse ferme de l’unité et du vivre-ensemble. Et ce n’est pas une option bancale par du verbal mais une nécessité absolue par des actes louables pour Construire et Sauvegarder une Nation ou une Communauté sur de solides et pérennes piliers civilisationnels.

27 février 2025

KS pour le BLOG

📸 le leader indépendantiste bengali Mujibur Rahman.

● Les FLAM et nous ! | Par M. Souleymane SIDIBÉ

Je vois certains anciens propagandistes évoquer les FLAM, ce mouvement qui, jadis, avait un modus operandi désormais révolu. Ces FLAM, Forces de Libération Africaines de Mauritanie, ne sont plus qu’un spectre du passé. Aujourd’hui, ce mouvement n’a plus d’influence, mais il continue d’être invoqué par ceux qui cherchent à raviver les tensions d’antan. Je ne suis ni partisan ni défenseur de ce mouvement ; je n’adhère ni à son discours, ni à son parcours. Mon intention n’est pas de ranimer des querelles, mais de rappeler quelques vérités souvent ignorées.

Le véritable problème aujourd’hui ne réside pas dans les FLAM. Ce mouvement n’a jamais été assez conséquent pour influer sur le cours de l’histoire mauritanienne de manière durable. Un mouvement politique véritable, pour être efficace, doit d’abord bâtir une base solide et agir dans le cadre des réalités politiques. Or, les FLAM ont disparu, se sont dissoutes, comme du sucre dans l’eau, ou comme une boule de neige qui fond sous le soleil. Aujourd’hui, les FLAM n’existent plus, mais il est étrange de voir certains idéologues du passé tenter de réémerger en leur nom pour attribuer les maux de notre société à ce mouvement disparu. Ces tentatives d’exploiter leur nom pour distraire l’opinion publique, particulièrement de la part de ceux qui, à l’instar de Taya, cherchant à attribuer à ce mouvement les malheurs, les injustices et les atrocités qu’a subis notre pays sont désuètes.

Pour moi, cette manœuvre n’est qu’une diversion. Ce n’est pas le passé qui doit occuper notre attention, mais bien l’avenir. Toute personne véritablement engagée dans la lutte pour un avenir meilleur devrait d’abord se débarrasser de ses préjugés hérités, comme l’a souligné notre premier président, Moktar ould Daddah. Les FLAM, eux, n’ont jamais su se défaire de leurs propres préjugés. Ils n’ont jamais mené de véritable combat contre la féodalité au sein de la communauté négro-mauritanienne. Un mouvement qui refuse de se confronter à ses démons internes, qui ne fait pas son propre examen de conscience, ne mérite aucune compassion ni aucune attention.

Pour ce qui est de l’arabisation, nous ne sommes pas contre l’arabe, mais c’est l’arabe comme gagne-pain pour certains et comme langue sans avenir pour d’autres -pas de pain- qui pose véritablement problème, comme l’a souligné Murtodo Diop. Ce n’est pas la langue arabe en soi qui est en cause, mais la manière dont elle est instrumentalisée pour exclure une partie de la population de l’accès à des opportunités essentielles.

Souleymane Sidibé

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● Réponse à Ely Ould Sneiba  : L’absurdité raciste dans toute sa splendeur | Par le journaliste M. Souleymane Djigo.

Monsieur Sneiba, votre dernier texte publié aujourd’hui et intitulé “ l’immigration a eu une incidence négative sur notre unité nationale “ est une diarrhée intellectuelle où la haine ethnique se mêle à l’ignorance la plus crasse.

À force de vouloir tordre l’histoire pour la plier à vos fantasmes racistes, vous en arrivez à un niveau d’absurdité qui frôle le grotesque.

Vous prétendez que l’immigration a nui à “l’unité nationale”. Une affirmation aussi vague que fausse.

Qui est responsable de la division en Mauritanie ? Qui a institutionnalisé un système où l’ethnie détermine les droits et devoirs des citoyens ? Qui a perpétré des purges ethniques en 1989, déportant des milliers de Mauritaniens noirs sous prétexte qu’ils étaient “Sénégalais” ? Certainement pas les victimes de ces injustices, mais bien un État raciste, façonné par des idéologues comme vous qui ne savent exister que dans l’exclusion et la domination.

Votre obsession maladive pour les Sénégalais est risible. Alors selon vous, toutes les voix qui contestent l’arabisation forcée et l’exclusion raciale seraient manipulées par des étrangers ? C’est une insulte aux milliers de Mauritaniens noirs qui subissent quotidiennement des discriminations et qui n’ont pas besoin de “Sénégalais” pour comprendre qu’ils sont traités comme des citoyens de seconde zone.

Les FLAM, l’UFP, Ne Touche Pas à Ma Nationalité… Tous ces mouvements seraient donc le fruit d’une conspiration étrangère ? Quelle belle façon de nier la réalité ! Une technique bien connue des régimes oppresseurs : réduire toute contestation à une menace extérieure pour mieux justifier la répression.

La Mauritanie, État arabe” : une insulte à la réalité démographique

Votre conclusion est une perle de cynisme. Vous parlez de “multi-nationalisme”, comme si la diversité ethnique du pays était une anomalie à tolérer sous conditions. Puis, avec une arrogance stupéfiante, vous terminez sur cette absurdité : “Et la Mauritanie, État arabe, dans tout cela ?”.

Permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire :
La Mauritanie n’est pas un État arabe, c’est un État afro-arabe où les populations négro-mauritaniennes ont autant de légitimité que les Maures.

Vouloir faire croire que les négro-mauritaniens sont des immigrés est une imposture historique. Ce sont eux qui occupaient ces terres bien avant l’arrivée des conquérants arabes.

La fuite des jeunes Maures vers l’étranger ne relève pas d’un “complot migratoire” mais de l’échec des politiques économiques du pays, qui poussent toute la jeunesse – quelle que soit son ethnie – à chercher une vie meilleure ailleurs.

Votre proposition d’“ethnies séparées avec leur propre langue et leur part du pouvoir” n’est rien d’autre qu’un apartheid déguisé. Vous proposez un système où les citoyens seraient classés selon leur origine, avec des droits attribués au “prorata de leur poids démographique”. Autrement dit, vous voulez instaurer une hiérarchie raciale dans la gestion du pays.

Mais qui vous a dit que la Mauritanie vous appartient plus qu’aux autres ? Qui vous a donné le droit de distribuer des portions de citoyenneté ? L’unité nationale que vous prétendez défendre ne peut exister que dans l’égalité et la justice, et non dans la domination d’un groupe sur un autre.

Votre texte n’est pas une analyse politique, c’est un pamphlet xénophobe destiné à flatter les instincts les plus bas d’une frange de la population qui refuse de voir la Mauritanie telle qu’elle est réellement : un pays multiracial, multiethnique et multilingue.

Votre problème, Monsieur Sneiba, c’est que vous pensez pouvoir arrêter l’histoire avec vos délires identitaires. M

Mais l’histoire vous a déjà dépassé.

Ce pays n’appartient pas aux racistes, et tôt ou tard, il faudra bien que vous l’acceptiez.

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● Sénégal | Île de Gorée : ces vestiges qui nous parlent tant !

Notre visite pleine d’enseignements dans cet endroit qui abrite des reliques « témoins » vivaces d’un passé horrible (la traite transatlantique), a été fructueuse grâce à l’accompagnement ce frère sénégalais M. Abdou Diop. Guide touristique travaillant pour la municipalité de Gorée, il propose également en toute transparence ses services d’accompagnement personnalisé sur différents sites. Un professionnel consciencieux et connaisseur de la substance historique de cette île très chargée en symboles sur la traite esclavagiste ayant saigné nos zones ouest-africaines, M. Diop est d’une correspondance fiable sur place de par mon expérience avec lui lors cette journée du 22 janvier 2025. Il m’a remis ses coordonnées téléphoniques et je lui avais promis de faire écho de son activité très utile aux visites studieuses. À recommander…bien sûr !

L’expérience est un savoir sûr.

Quelques éléments médias vus sus à Gorée et au monument de la Renaissance Africaine:

• KS pour le BLOG

● Ndieo, dans le Guidimakha : un patrimoine culturel à l’abandon. | Par M. Seyré SIDIBE

Jamais un désintérêt pour le patrimoine n’a atteint un tel niveau. Un paradoxe qui mérite d’être souligné. Un deux poids, deux mesures. Autant, les autorités sont engagées pour la réhabilitation du patrimoine historique et culturel des cités anciennes (Chinguitti, Ouadane, Tichitt et Oualata) à travers l’institutionnalisation du festival annuel des Cités du patrimoine, autant elles ne font rien pour la promotion d’autres patrimoines culturels et historiques non moins importants.

Le patrimoine de Ndiéo, concentré autour de la montagne mythique de ce village Soninké, dans la moughtaa de Ould Yengé, est justement victime de cette politique, qui peine à traiter de manière juste et équitable toutes nos cultures. Alors que le caractère multi-ethnique et multi-raciale de la Mauritanie est bien inscrit dans le marbre de la Constitution de la République Islamique de Mauritanie. 

La montagne de Ndiéo et ses peintures rupestres, ces pierres taillées, ses sépultures qui selon certaines sources, sont les témoignages d’un village appelé autrefois, GANGARA. Tous ces vestiges qu’on ne trouve nulle part, sont des trésors qui surprennent et fascinent plus d’un visiteur.

La source de Ndiéo est également un autre miracle. Elle est révélatrice du poème de Beaudelaire,  » *Correspondance*  » où il dit : _ »La Nature est un temple où de vivants piliers. Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L’homme y passe à travers des forêts de symboles_ ». Le site est féerique, extraordinaire : tout y est symbole, ésotérisme et signification.

Des animaux rares dans cette partie du pays, parmi lesquels des primates, une végétation en voie de disparition cohabitent dans ce lieu de grande curiosité patrimoniale.

Lorsque vous êtes sur le site, vous êtes apostrophé, hélé, interpellé de toute part, par des voix profondes et mystérieuses, suscitant curiosité et admiration. Ce sont des cris de détresse d’un pan de notre patrimoine historique et culturel délaissé, assurément se plaignant de sa condition et du sort qu’on lui a réservé. 

Et pourtant, ce site est une mine de secrets, de vérités et d’histoires inépuisables. Il suffit que les autorités s’y intéressent, décident de le promouvoir pour qu’il nous livre tous ses trésors cachés.

Il n’est jamais trop tard. Les autorités peuvent se ressaisir pour faire connaître le patrimoine de Ndiéo et l’inscrire au patrimoine culturel national. Une reconnaissance symbolique, qui constitue une étape importante dans la réconciliation avec une partie de notre histoire. 

Elles doivent également faire de sorte que historiens, archéologues, chercheurs et universitaires nationaux et étrangers s’intéressent à cette partie de patrimoine ; en accordant des facilités de toutes natures à tous ceux qui s’intéressent à la culture, et en particulier à ce site patrimonial.

Le ministère de la Culture, doit encourager la presse à aller à la découverte du site, en y consacrant toutes sortes de productions journalistiques ; à travers (reportages, interviews, émissions etc.), avec des personnes ressources locales et nationales.

A long terme, il s’agira de sortir Ndiéo de son enclavement pour le relier aux capitales régionales Selibaby et Kiffa par une route goudronnée. Ensuite, œuvrer pour que le tourisme y soit développé en raison de son potentiel touristique extraordinaire. Ce qui ne peut se faire qu’avec une volonté politique réelle des autorités : en effet l’industrie touristique exige de moyens énormes, de la planification et de l’investissement notamment pour réaliser des  infrastructures touristiques et hôtelières.

Par M. Seyré SIDIBE

● Contribution | ️Changer de grille de lecture : de quel côté se trouve la dignité ? | Par M. Seyré SIDIBE


Nous avions souvent abordé, la question de l’esclavage en milieu Soninké, avec beaucoup de sérieux et de passion. On ne pouvait faire autrement !  C’est un impératif moral, et une compassion pour les victimes, tant le sujet est loin d’être léger ou drôle. Cependant, trop de sérieux, n’est pas sérieux.  Et si l’on y mettait un peu d’humour. 

La noblesse « horaxo » devrait être un idéal Soninké, soit une personnalité Soninké achevée et parfaite, l’incarnation de la sagesse de « l’homme Soninké » : un idéal à  éteindre.

La Noblesse, sous ce rapport, est une attitude, un comportement, une exemplarité morale et éthique, spirituelle voire existentielle.

Tous les membres de la communauté peuvent, en théorie, accéder à  la Noblesse, mais à condition d’être éligible. Ainsi, elle cessera d’être héréditaire, transmise par la naissance, une classe fermée et cloisonnée, qui croient être supérieure aux autres; en faisant de la noblesse sa  » propriété privée » .
Un titre donc contestable par son mode d’acquisition, de transmission ; tel un seigneur sans honneur, arrivé au trône par usurpation et sans en avoir le charisme et la prestance.

Ainsi, la Noblesse devient le combat de chaque Soninké (hommes, femmes, jeunes et vieux ) pour y accéder.
La recherche d’une  échelle sociale, jamais acquise définitivement et à vie, conduira certainement à la promotion d’une société plus saine, plus juste où l’excellence est une valeur, un défi de tous les jours.

Dans cette nouvelle architecture, la noblesse sera ouverte à  tous. Mais attention, on peut la perdre comme un permis à points .
En effet, on y prévoit, la déchéance du titre de la Noblesse pour ceux qui poseront des actes répréhensibles et blâmables : elle repose sur l’exemplarité, la probité, mais surtout votre apport à la communauté, à la société.

Dans cette vision, l’Esclave n’est pas un nom de famille, un statut social, un héritage social, soit  une étiquette à  vie et pour toujours. L’esclave est celui qui est nuisible, celui qui est ignorant et  fait montre de bassesse par son comportement etc. On est donc loin du déterminisme social. Rien n’est acquis d’avance et rien n’est perdu d’avance.

Les belles âmes et vertueuses seront les gardiennes du temple de cette nouvelle  noblesse ; une espèce de Panthéon.
Si bien qu’on sera loin du schéma actuel, où certains sont  » déclarés  » appartenir  à la noblesse, alors même qu’ ils ne savent même pas comment s’y prendre. D’autres sont classés  « esclaves » pendant qu’ils excellent en toute chose, et n’ont jamais compris pourquoi la société leur réserve une place aussi déshonorante et abjecte. 

Le meilleur modèle social, c’est celui qui accorde une place de choix à  l’humain. Or, l’humain est indissociable de la dignité. Ainsi, la dignité est un trait intrinsèquement humain, par delà  les origines sociales, géographiques, raciales, tribales, ethniques et linguistiques  etc., elle ne peut être la propriété de quelques « privilégiés ».

Un travail de déconstruction est nécessaire pour expliquer que l’honneur revient à  cet homme qui a été abusé, déshonoré, déshumanisé, vendu et traité comme un bien meuble par son semblable.
Quel honneur, quelle royauté, quelle éminence pour celui qui a esclavagisé son propre « frère » ?  Même les puissances impérialistes, ont aujourd’hui honte des actes  barbares qu’elles ont posés autrefois en Afrique et ailleurs. 

Si la grandeur d’une puissance colonisatrice se mesurait au  nombre de colonies dont elle disposait, donc de populations indigènes et de territoires; de nos jours la puissance est avant tout économique, culturelle,  démocratique, politique, militaire et diplomatique etc.

La grille de lecture a bien changé. La noblesse est du côté de la victime, qui n’a rien fait de mal si ce n’est être faible, pauvre ou vulnérable.
Une situation qui peut arriver à  chacun; si l’on admet que la vie est faite de haut et de bas.

Or, l’indignité caractérise bien les agissements de  celui qui profite de la faiblesse de son » frère » pour l’exploiter psychologiquement, culturellement, économiquement, politiquement, socialement etc. Et plus grave encore, sans aucun remords, il entend perpétuer sa domination par la transmission des « codes »  à  sa « lignée  »  pour que le mal perdure.
Comment s’enorgueillir d’un passé où ses aieux  avaient des esclaves ?
Quandon sait que l’esclavage, même pratiqué sous le manteau de la culture (tradition) n’est pas sans rappeler:  abomination, crime. En effet, il rime avec criauté, brutalité, violence, viol et toutes sortes de tragédies humaines.  

Seyré SIDIBE