🔴Remous frontaliers Mauritanie 🇲🇷/Mali 🇲🇱 | Sur TikTok, arrogance et haine mal placées de certains utilisateurs !

Il faut le rappeler d’emblée, un voisinage paisible entre 2 pays partageant un tracé frontalier de plus de 2 mille kilomètres est une louable situation à sauvegarder et consolider impérativement par/pour les 2 parties. Les rivages de cette frontière sont habités par quasiment les mêmes groupes sociolinguistiques (par exemple pour les soninkés dans la région de kayes accolée au Guidimagha mauritanien…). Lors de l’embargo Cédéao contre le pouvoir malien, la Mauritanie s’est clairement positionnée en gardant intacts ses liens politiques et commerciaux sans aucune influence extérieure, à lire davantage https://futureafrique.net/node/17113. Les données politiques et sécuritaires du Mali sont marquées par d’innombrables turbulences (rébellions, terrorisme, coups d’État…) depuis plus d’une décennie, et un pays qui y est très proche territorialement comme le nôtre ne peut aucunement se réjouir d’une telle instabilité étatique tout près. Ainsi dire, les derniers remous frontaliers du flanc Est doivent être traités avec responsabilité  et retenue de part et d’autre par les autorités respectives. Ce qui semble être le cas ces derniers temps avec une navette croisée des hauts représentants étatiques mauritaniens et maliens pour discuter et clarifier selon les bonnes pratiques diplomatiques entre peuples frères.
Notre modeste plaidoyer par ce billet s’inscrit dans cette donne . Par conséquent, toutes les provocations belliqueuses porteuses d’une sinistre dose haineuse qui est distillée par certains hâbleurs dans les réseaux sociaux, sont à dénoncer vigoureusement. Ces dernières heures, j’ai été brièvement témoin d’un Live TikTok autour d’un débat titré sous ces mots « Mauritanie, dernier bastion de l’esclavage », et en voulant contribuer avec mes réserves sur l’hystérie discursive à sens unique de certains intervenants (maliens principalement selon la teneur de leurs dires..  et soninkés pour certains), la mission m’a été rude. Certains propos fourre-tout indexant la Mauritanie sur la problématique de l’esclavage ont été d’une orientation malhonnêtement exagérée et gravement biaisée. Sans relativisme aucun, ils entendent racialiser la problématique de l’esclavage, en substance pour certains « des arabes seraient (ultra-minoritaire) les méchants esclavagistes sur la majorité composée des populations noires ». Et que les pouvoirs publics ne feraient rien pour changer cette situation, et en essayant de leur expliquer que la problématique est trans-communautaire comme au Mali (en citant des affaires liées à la question dans la région de Kayes, notamment dans la communauté soninké), j’ai été assailli par leurs excitations acerbes. Pour eux, le débat concerne la Mauritanie, et je serais hors sujet par mon angle d’intervention. J’ai pu répondre dans un brouhaha que la Mauritanie a des lois contre l’esclavage et que la pratique du phénomène est relevée comme un crime contre l’humanité. En précisant que l’application de l’arsenal juridique en vigueur n’est pas encore effective. J’espérais continuer en vain pour notifier qu’au Mali une loi anti-esclavagiste proprement dite est en souffrance depuis de nombreuses années.
En sourdine, il est évident qu’ils sont motivés par une vision raciale voire raciste par rapport aux événements frontaliers entre les 2 pays. À mon sens, Il s’y prennent abusivement par ce biais bien manipulable et manipulé. Notre pays traîne des problématiques politiques liées à la gouvernance et à la cohabitation entre les composantes nationales, mais en faire une exploitation simpliste par un mélange haineux de ce genre, est inacceptable. Toutes proportions gardées, les chroniques secousses politico sécuritaires du Nord Mali ne peuvent être mis au crédit d’une nuisibilité qui viendrait du territoire mauritanien. Toute la Mauritanie politique et sociale n’a pas à être stigmatisée par une fâcheuse et bouffonne imposture analytique.

Que nos hautes autorités (maliennes et mauritaniennes) retrouvent la voi(e)x de la sagesse et de la sérénité afin d’éviter tout débordement conflictuel qui ne ferait que des perdants à coup sûr.

Vive LA PAIX!

KS pour le BLOG


📷 photo 2 avec un militant abolitionniste malien de l’ONG Temedt rencontré à Bamako en octobre 2021.

● L’éditorial OndeInfo |  Mauritanie, présidentielle de juin : les dessous de la flopée de candidatures

La fonction présidentielle a été tellement banalisée sous nos tropiques, à l’image de nos institutions qui sont devenues pour l’essentiel des coquilles vides. Si bien que n’importe qui peut prétendre briguer la magistrature suprême. Nous sommes certes en démocratie, le jeu est en théorie ouvert mais il y a des critères qui doivent prévaloir pour le profil et le casting des candidats.

Il suffit d’observer la flopée des candidatures en Mauritanie pour en avoir le coeur net. Cette mauvaise pratique démocratique est largement en vogue sur le continent. Cette banalisation de la fonction suprême est loin d’être un signe de bonne santé démocratique. C’est plutôt, une espèce de désordre créée pour divertir et profiter de la stratégie bien connue : diviser pour mieux régner par une fraude souvent intelligemment et savamment orchestrée.

Cette pléthore de candidatures n’est qu’ une extravagance démocratique notamment lorsque vous comparez le nombre d’habitants du pays, au nombre d’éleveurs inscrits sur la liste électorale, nombre de partis politiques d’une part et le nombre de candidats en compétition pour la présidentielle, d’autre part. Résultat : cette configuration est incohérente, déséquilibrée disproportionnée et asymétrique.

Il s’agit d’un indicateur, parmi d’autres qui montrent que notre démocratie est mal en point ; des signes qui présagent d’une volonté de manipuler les résultats. Une manière de programmer la fraude surtout de la faire accepter dans les esprits.

En effet, cette déferlante de compétiteurs n’est pas forcément suivie par l’organe en charge de la préparation des élections. En d’autres notre CENI, qui n’est pas lavée de tout soupçon de fraude, d’incompétence et de manque d’indépendance – allégations et craintes exprimées par des politiques et la société civiles sur sa gestion des élections législatives, régionales et communales de mai 2023-, est-elle sérieusement préparée à une présidentielle avec autant de candidatures ?

Ce foisonnement de candidature contribue sans doute à l’émiettement des voix et des votes. Ce qui peut fausser la vérité des urnes à travers l’augmentation exponentielle du taux de votes nuls notamment chez les électeurs analphabètes, soit la majorité des électeurs mauritanien.
Si la démocratie est le pouvoir de la majorité par les urnes, on est alors loin du compte.
La majorité sera alors lésée, et aura tout simplement manqué ce rendez-vous citoyen plus que déterminant.

Dans le contexte qui est le nôtre, cette avalanche de candidatures met au grand jour le talon d’Achille de notre démocratie, de la démocratie africaine le vote tribal, identitaire, racial etc.
Finalement, peu importe les projets des candidats. Or, pour vaincre les inégalités et pour ériger un État mauritanien juste pour tous, il faut choisir la candidature de celui dont le combat et les valeurs qu’il porte expriment les préoccupations existentielles des Mauritaniens, soit l’écrasante majorité.

Candidatures identitaires : les trouble-fêtes de la présidentielle

Comme l’affirme le dicton français : « Une hirondelle ne fait pas le printemps ».
Ce raz-de-marée de candidatures est une volonté de créer la discorde entre les citoyens, devant en principe défendre les mêmes intérêts afin qu’ils ne puissent pas s’entendre sur l’essentiel et accorder les violons.
C’est somme toute la crainte du pouvoir qui soutient et facilite la candidature des outsiders au détriment de véritables challengers .
Cette fibre identitaire semble marcher à tous les coups face à une opposition dont le trait de caractère le plus prononcé reste l’orgueil et le narcissisme.
Ces candidatures de la désunion font éclater l’élan patriotique des citoyens mus par le désir ardent de changement en faisant fi de pêchés de notre république : l’origine sociale, la race, la tribu, la langue et même la région.
Ce type de candidats entend affirmer par leur participation à la présidentielle, leur appartenance et celle des siens contestée en d’autres circonstances à la république, l’authenticité de leur nationalité.
Comme si le simple fait de participer à une élection présidentielle perdue d’avance était suffisant pour solder la question de la citoyenneté effective pour une partie des Mauritaniens.
Ce profil est celui d’une candidature de prestige, portée un opposant au régime obnubilé par le vote et l’électorat ethniques qui fait cavalier seul contre vents et marées. Ses rapports avec le pouvoir peuvent être distants ou douteux.

Candidatures satellites : les subordonnées du pouvoir

C’est une identité politique peu recommandable peu soucieuse de l’éthique devenue la caractéristique principale de certaines formations politiques pour freiner l’éclosion démocratique, une réalité de notre microcosme politique depuis plusieurs décennies.
Ces partis satellites sont une duplication, une duplicité du pouvoir pour jouer les infiltrés au sein de l’opposition.

En effet, le pouvoir a besoin de « l’information politique » pour mieux diviser, conditionner, réprimer ou récompenser afin d’arriver à ses fins.
Tapis au sein de l’opposition, ces candidats issus des partis satellites jouent et cachent jusqu’à la perfection leur double appartenance.
Ils ne cherchent pas le pouvoir. Ils ont pour mandat de rapporter, de créer la diversion pour retarder pour tuer l’élan d’émancipation du peuple à travers l’opposition véritable.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Cela doit être le rôle des intellectuels, la société civile, l’opposition, la famille, les leaders d’opinions désireux d’un changement en profondeur de la gouvernance en Mauritanie.
Les Mauritaniens de tous bords doivent à l’unisson se départir de leurs divergences ou complexes pour soutenir une candidature unique, celle du peuple, du prolétariat et non de la bourgeoisie et de l’oligarchie.
Pour montrer que les autres mauritaniens aussi ont droit au chapitre, à la fonction présidentielle.

Il s’agit de voter utile pour sanctionner les candidatures satellites et de subordination dont se sert le pouvoir pour fragiliser les véritables adversaires politiques et ainsi se positionner ou repositionner selon les éventuels cas de figures.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/mauritanie-presidentielle-de-juin-les-dessous-de-la-flopee-de-candidature/

● Une pertinente note de lecture de notre dernier ouvrage | Par Dr Diallo Djibril dit Hadya.

Je viens de terminer la lecture de l’ouvrage de mon neveu Koundou Soumaré, qu’il a intitulé « Brève initiation à la géopolitique pour un jeune soninké : repères et événements historiques« .
J’ai été subjugué par la qualité de l’œuvre malgré son caractère synthétique,  moins d’une centaine de pages. Pour tout dire, j’ai été agréablement surpris, enfin….pas tellement,  compte tenu de l’esprit brillant qui l’a produit.
La lecture de cet ouvrage est une aubaine pour les amoureux de la géopolitique. La finesse de l’analyse, le choix judicieux des dates clés et des événements historiques majeurs, tout est minutieusement imbriqués.
Du 02 février 1885, moment crucial pour le continent noir, car consacrant son morcellement,  en passant par le 03 mars 1924, moment charnière pour la umma islamique avec la disparition du califat, symbole d’unité, à la fin de la seconde guerre mondiale et la création de l’organisation des nations unies en 1945, structure censée assurer la paix et la sécurité mondiale,  tous ces événements sont structurés,   organisés et commentés avec la rigueur et l’esprit de synthèse qu’on lui connaît et qui le caractérise indubitablement.
En faisant focus sur certains leviers propres à la sphère géopolitique à l’instar de la déclaration Balfour du 02 novembre 1917 pour l’établissement en Palestine d’un foyer national du peuple juif, l’organisation du traité de l’atlantique Nord du 04 avril 1949, bras militaire d’influence d’un occident offensif, sans oublier la montée soudaine des BRICS quii veulent finir avec un monde unipolaire sous la houlette de l’oncle Sam pour renouer avec une forme de multipolarité sur la scène internationale, l’auteur avec son style assez particulier à dressé les foyers de tension et les enjeux globaux de notre monde contemporain agité.
En concluant son envol rapide de la géopolitique par son pays natal, l’auteur a su comme à l’accoutumé avec brio mettre en exergue les points névralgiques de cette Mauritanie moderne, notamment la problématique des langues, la gouvernance politique,  économique et institutionnelle plus ou moins chaotiques.
Aussi, il a su placer le curseur sur certaines dates et évenements saillants comme le congrès d’Aleg, tenu du 02 au 05 mai 1958 avec l’objectif de définir la nature et les contours du futur Etat naissant et surtout le 28 novembre 1960 qui consacre l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie,  qui quittait définitivement son statut de territoire d’outre-mer mais également de République autonome au sein de la communauté française.
En définitive,  cet ouvrage de mon neveu,  le blogueur, le militant des droits humains, est une mine d’or d’informations et d’événements historiques qui éclaire la lanterne du novice et lui offre les outils pour mieux lire et comprendre l’univers de la géopolitique.

À mettre entre toutes les mains.

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Mes chaleureux remerciements renouvelés à lui pour sa disponibilité et ses suggestions correctives de toujours.

• Lien Amazon de l’ouvrage https://www.amazon.fr/dp/B0D1NF32CZ

● Les conditions d’une véritable alternance politique en Mauritanie

Les Mauritaniens votent régulièrement depuis les années 90, avec l’avènement du multipartisme : élections présidentielles, communales, législatives et même régionales.

Vu de l’étranger la démocratie est en marche, les institutions sont en place et fonctionnent comme dans les grandes démocraties de ce monde.
Un écran de fumée !

Le rendez-vous avec les urnes n’est pas plus qu’une gymnastique, une  » théâtralisation démocratique », une supercherie qui coûte trop chère au contribuable, et qui met à rude épreuve
les éléments éparses de ce qui reste de l’unité nationale.

Le 29 juin prochain, les Mauritaniens retournent aux urnes pour élir le président de la république.
Mais d’ores et déjà la réélection du président sortant, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouna est assurée. On a même pas besoin de faire recours à l’art divinatoire.

Dans notre démocratie unique au monde, l’issue d’une élection présidentielle n’est un secret pour personne. Il n’y a point de suspense, tout est joué d’avance . Autre particularité de notre démocratie, comme en 2008 après le coup d’État contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi, Ould Abdel Aziz est arrivé au pouvoir ; avant même qu’il ne termine son premier quinquennat, son successeur était tout désigné et son élection assurée d’avance.
L’histoire va-t-elle se répéter ?
Alors que le président Ould Ghazouani est dans l’assurance de succéder à lui-même pour son dernier quinquennat, le nom de son successeur circule depuis longtemps dans les bureaux, les marchés, les mosquées, les salons et dans la rue.

Le charme de la démocratie, d’une élection reste incontestablement le suspense, qui se manifeste par l’attente anxieuse des résultats, comme dans un examen sérieux où les candidats sont suspendus jusqu’au bout, non sans angoisse à la délibération.

Où est donc passée l’opposition ?

Finalement, en toute logique , on en vient à se poser la question de savoir s’il existe dans ce pays une opposition ? Et à quoi sert-elle ?

L’opposition, elle existe cependant, elle est l’ombre d’elle-même par ce qu’ elle est traversée par des divergences frivoles et capricieuses : problème d’égo, origine sociale, langue etc.

Des contradictions insensées qui la condamnent à ne jamais s’entendre autour d’une personnalité consensuelle en dépit des injustices qu’elle subit, qu’ elle dénonce inlassablement.

Tant que l’opposition ne réussira pas à s’affranchir des pesanteurs de plusieurs ordres, qui inhibent sa progression et sa cohésion, elle donne à l’autre les moyens de l’abattre.

Ce qui reste de l’opposition n’est plus que l’ombre d’elle-même puisqu’ elle est désormais ambivalente, difficile à cerner, à situer tant elle oscille dans tous les sens et dans toutes les directions : elle crie à hue et à dia.

Au-delà des élections : la réalité du pouvoir politique en Mauritanie

En vérité depuis l’indépendance, en Mauritanie on assiste au même pouvoir qui se meut en plusieurs régimes.
Ce sont les mêmes personnes à travers les mêmes familles, les mêmes tribus, les mêmes noms qui nous dirigent et s’invitent autour de la mangeoire. Un jeu de passe-passe sans fin.

Cette triste réalité est moins médiatisée que la question raciale, elle s’appuie encore sur des considérations sociales rétrogrades hiérarchisant les  » familles en grandes et petites ».
Celles qui doivent diriger et celles qui doivent garder le troupeau ou astreintes aux travaux domestiques et champêtres.

Des logiques qui sont en contradiction avec la république et ses valeurs. Ainsi une majorité qui se présente dans sa mosaïque de couleurs et de cultures ( Arabe, Hartani, Pulaar, Soninké et Wolof) prend en otage le peuple mauritanien, soit la majorité. Cette dernière est exclue, et subit la dictature et l’injustice d’une oligarchie manipulatrice réfractaire à tout changement au nom de ses intérêts venus héréditaires.

Le peuple est la source de toute légitimité : l’exemple sénégalais

Il est grand temps que le peuple souverain, cette majorité silencieuse marginalisée prenne conscience, comme au Sénégal pour s’imposer, faire prévaloir son poids électoral et démographique afin de faire basculer la balance du bon côté, celui de l’intérêt général.

En effet, c’est au peuple de dicter sa volonté par les urnes et garantir la transparence de l’élection présidentielle du 29 juin prochain.
Au Sénégal, c’est bien la pression du peuple uni et engagé pour le changement qui a fini par payer, et porter au pouvoir des jeunes gens issus pour la plupart d’origines modestes.
Le pouvoir a tout tenté, tout essayé pour empêcher cette ascension mais c’était sans compter sur la détermination du PASTEF.

Chez nous aussi, cette prise de conscience doit naître, cet exemple doit nous inspirer pour mettre en termes à cet exercice du pouvoir politique basé sur l’origine sociale et tribale .

Il faut que l’école soit un vecteur d’ascension et de promotion sociales, la méritocratie comme critère principal de sélection : de sortes que le fils du charbonnier, du paysan, du berger, de l’éboueur, et celui du général, du colonel, du magistrat, du ministre et de l’homme d’affaires aient les mêmes chances lorsqu’ ils ont les mêmes diplômes.

Seule la vigilance citoyenne peut faire peur à l’Etat malgré les gros moyens dont il dispose : moyens de répression, de dissuasion, de corruption, de manipulation etc.

Partout sur le continent où l’alternance a été possible, elle est l’oeuvre des masses déterminées résolument à éradiquer l’injustice, les inégalités, la dictature, la mal gouvernance, et les « privilèges des clans ».

Face à l’entêtement, l’opiniâtreté du peuple, les institutions et les hommes qui les dirigent, soit les gardiens des intérêts du pouvoir finissent toujours par céder pour dire le droit, la Vérité…

Cela n’est possible que lorsque le pouvoir est bousculé, acculé non pas par une opposition politique réunie sous la bannière d’une formation politique, mais un peuple uni, solidaire et convaincu qu’ il est le vrai visage du pouvoir, sa raison d’être, son émanation, sa légitimité et sa puissance.

Fort de cette volonté revigorée de son unité, le peuple décide alors de soutenir un homme, soit le plus en vue, le plus pesant, le plus proche du bas peuple et le plus charismatique, le profil idéal et véritable épouvantail capable de battre le pouvoir.

Voilà dans quelle perspective, l’alternance politique est envisageable en Mauritanie.
Une vraie alternance celle des hommes, celles des institutions et des pratiques.
C’est seulement à ce moment qu’on verra arriver au pouvoir des jeunes et des femmes venus de milieux modestes.

Des gens nouveaux, propres et immaculés issus de la masse laborieuse, porteurs de valeurs de travail, de justice et d’égalité dont ils sont l’émanation et l’incarnation.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/les-conditions-dune-veritable-alternance-politique-en-mauritanie/

● Kodda Sall au-delà des frontières| Par M. Souleymane Kidé

Aujourd’hui,  personne ne peut ignorer dans son fil d’actualité sur les réseaux sociaux de voir les séquences vidéos de ce jeune Tiktokeur pétri de talent.

D’un parfait inconnu jusqu’à la célérité, Kodda Sall est en ce moment le comédien le plus suivi dépassant de loin Adama Niakhaté et Grand P,  l’enfant de Nouakchott est convoité par tout un harem défilant autour espérant décrocher un « live » et échanger avec le jeune artiste sur des sujets à visée humoristiques et comiques.

Depuis sa baraque au fin fond de PK12, l’Afrique et le monde entier découvre une pépite qui étale ses compétences dans la plus grande humilité et loin de tout luxe et du somptueux .

Le premier sur la barre de recherche, Kodda emmène son pays la mauritanie dans des horizons nouveaux faisant connaître notre géographie et son histoire.
Avec une équipe solide et culottée en matière de management, Kodda pourrait d’ici peu de temps toucher le sommet de sa célébrité,  gagner la première place des Awards de jeune « révélation », valser partout dans le monde et profiter de son aura pour l’unité de la jeunesse africaine.

Souleymane Kidé

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Liens réseaux sociaux Kodda Saml :

TikTok : koddasall7

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● Bien LIRE* notre univers multidimensionnel passe par une capacité à l’observer, le penser et le nommer distinctement.

À propos du terme Géopolitique , j’avais consulté ce riche et volumineux travail « Le Grand Dictionnaire » de notre oncle Mody Bathily (paix à son âme 🤲🏾), il n’y figure pas. Ce dictionnaire mixte français-soninké paru courant 2017 est une des références disponibles pour faciliter la traduction de notre langue soninké. Le mot Politique y est traduit et défini. Ainsi dire, pour le terme Géopolitique (élément de titre de notre dernier ouvrage), nous espérons qu’il soit un concept familier et ouvert à notre bagage discursif et littéraire. Une définition sommaire est donnée en substance comme « Étude géographique des relations entre les États… » . Il a trait à la vie des relations internationales sous diverses dimensions et exerce des influences plus ou moins lointaines sur chaque habitant de notre globe 🌎 politique. Et sûrement ceux qui cultivent suffisamment les narratifs sur les réalités vivaces et les données conceptuelles du Monde tiennent par conséquent un certain avantage prégnant sur d’autres qui ne peuvent que subir. Il faut y remédier par une urgente et large émulation/stimulation intellectuelle de masse et pas seulement élitiste. Un citoyen averti en relations internationales et conscient des dynamiques extérieures entre les pays ou les ensembles géopolitiques (alliances, organisations…), peut être moins manipulable politiquement.  Il aura une vision moins restreinte sur les tenants et les aboutissants sur l’intentionalité profonde de ses gouvernants dans leurs décisions intérieures et extérieures. Dans notre dernier livre https://amzn.eu/d/cfKLmI0, nous avons abordé le cas de notre pays, la Mauritanie qui a quitté la Cédéao en 2000 et qui reste membre de l’atone Uma (Union du maghreb Arabe). Cette décision est porteuse d’une charge géopolitique loin d’être banale en matière de politique intérieure.

Je reviens à la nécessité pour nous, d’enrichir nos langues… les politiser suffisamment par des mises à jour conceptuelles de notre temps géopolitique…
Le gros travail revient prioritairement aux braves lettrés dans nos langues autochtones-maternelles, je pense à xaranmoxo M. Jaagu Renme Laasana Kamara .

*SAVOIR SUFFISAMMENT ET NOMMER DISTINCTEMENT.

Paisible vendredi à TOUS 🤲🏾.

🖋KS pour le BLOG

● L’Éditorial OndeInfo | Les Lumières étaient tout sauf des Complexés.

J’entends parfois autour de moi, et souvent sur les réseaux sociaux, notamment lorsque je fustige certains aspects de nos traditions, certaines personnes, me traiter de complexé ou de ne pas être fier d’être Soninke.

Dans quelle mesure, critiquer l’esclavage par ascendance, basé sur le système de castes qui catégorise des individus dès leur naissance, en leur conférant des étiquettes qu’ils n’ont pas choisies; lesquelles déterminent et conditionnent positivement ou négativement tout leur vécu dans l’espace public communautaire et privé peut être considéré comme source d’un complexe ?

Une tradition qui insulte la citoyenneté et la république, et qui empêche la fraternité véritable entre les hommes d’une même communauté ne mériterait respect que pour ce qu’elle fut, et assurément dans un livre d’histoire ou dans un musée pour traduire, exprimer une certaine manière de penser, une certaine organisation sociale à une époque qui est derrière nous.

En revanche, cette tradition à laquelle d’aucuns restent fermement attachés devient problématique dès lors qu’elle n’entend plus mourir bien qu’elle soit devenue caduque, rétrograde et même source de discorde et de conflits.

Le complexé, c’est ce malheureux qui ne peut exister, et être homme véritablement sans « l’autre » qu’il exploite, dont la présence lui confère, une identité faite de vanité.

Refuser l’infériorité au nom du principe que tous les « hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit » peut être source d’un complexe ?
Et cela ne veut point dire qu’on veuille devenir Blanc ou Occidental. La dignité est le propre du genre humain.
Le complexé c’est bien celui qui pense être supérieur aux autres, à « son frère » par ce qu’ il est soi-disant bien né, issu d’une « Khaima kbir ».

Le complexé, c’est également, ce pauvre homme ou femme chosifié par la tradition jusqu’à la déshumanisation, décérébré au point d’accepter qu’ il est né pour servir par ce qu’ il est différent des autres.

Comment être fier et se vanter d’une tradition déshumanisante et dégradante ?

Ceux qui défendent ad vitam æternam l’esclavage par ascendance en le diluant dans la tradition pour cacher ses grossièretés et absurdités chantent à longueur de journée :  « je suis fier d’être… « .

Mais curieusement, ceux-là se permettent de marier des femmes issues d’autres communautés parfois au mépris de la logique des castes. N’est-ce pas de l’hypocrisie.
Une telle fierté doit d’abord être orientée vers ses propres frères de la même communauté culturelle et linguistique.

Elle s’exprimera en termes d’amour, empathie et de respect et non d’une folie de grandeur qui consiste à traiter une partie de « soi-même » comme des êtres tarés de naissance.

La même stratégie est utilisée chez nous au nom de l’arabité. On vante la langue et la culture arabes et on nous les impose comme identité. Et paradoxalement, les mêmes personnes envoient leurs enfants au Lycée Français ou dans les meilleures écoles françaises du monde.

Le complexé, c’est bien toi qui veut enfermer les autres dans une tradition à laquelle tu tiens seulement par orgueil et dont la musique est jouée par un troubadour qui chante les exploits de ton grand-père, occultant avec malhonnêteté les frasques de celui-ci.

En effet, dans la Grande Histoire, il y a toujours la petite histoire. Cette dernière est souvent trop gênante, par pudeur le griot ou le conteur préfère ne pas donner cette version. Et les sages astreints à l’obligation de discrétion de la parole donnée ne vendaient jamais la mèche. C’est dire que tout n’est pas mauvais dans la tradition.Tout n’y est pas rose aussi.
Seul un esprit décomplexé et impartial peut saisir cette assertion.

Complexés !

Ceux dont les idéaux ont permis de libérer la Bastille en 1789 en mettant fin aux privilégies et à cette espèce « d’apartheid des castes » étaient aussi des complexés ?
En tout cas, ils ont réussi à décomplexer plus d’un. Et depuis la république est née, l’égalité et la justice ont été promulguées pour asseoir les fondements de l’Etat-nation.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/les-lumieres-etaient-tout-sauf-des-complexes/

● Vous avez dit enjeu ? Une présidentielle courue d’avance [Lecalame.info]

Les Mauritaniens retourneront aux urnes, le 29 juin prochain pour (ré)élire leur président de la République. C’est le sens même de tous les États démocratiques, avec chacun, ses spécificités et ses desideratas constitutionnellement codifiés et règlementés. Ici, on joue la transparence, avec, au bout, l’alternance par les urnes ; ailleurs, on organise les élections pour gagner et satisfaire les partenaires techniques et financiers. La Mauritanie, comme tous les autres pays du continent noir, s’y plie. Celui-ci a vécu plusieurs de ces élections en 2023… avec très peu d’alternance (Liberia et Sénégal). Ces deux peuples ont su prouver leur capacité à dégager un régime par leur vote. Maturité politique, diront certains.

En Mauritanie, on vote depuis 1992… avec zéro alternance et un seul second tour (2007). Si les vicissitudes des régimes organisateurs des scrutins en sont la plus lourde cause, le peuple n’en est pas pour autant dénué de toute responsabilité. Le peuple ? Quel peuple ? « En existe-t-il même un en Mauritanie ? », se demandent nombre d’intellectuels et de politiques. Mais qu’ont-fait ceux-ci pour changer les choses ? Un fatalisme propre à pousser les citoyens à la résignation : « rien ne sert de voter », entend-on trop souvent dire, « les résultats sont connus d’avance ». Cela dit et quelle que soit la pertinence de cet avis, la Mauritanie est bel et bien considérée comme un pays démocratique, elle en joue le jeu, en en respectant ou non les règles…

Une présidentielle y est ainsi fixée pour le 29 Juin prochain. Les acteurs politiques s’y préparent, le pays s’apprête à entrer dans un semblant d’ébullition : quelques candidats se sont déclarés, diverses chapelles ont déjà investi le leur mais les uns et les autres semblent aller à la manœuvre sans aucune illusion, conscients de ce que les dés sont déjà jetés. Nul n’aurait ainsi la moindre chance de battre le président du Makhzen, en l’occurrence, Mohamed Cheikh Ghazwani dont la candidature ne fait l’ombre d’aucun doute. Toute la République se prépare au déplacement à Nouadhibou pour assister à l’annonce officielle de sa candidature. Aucun laudateur, voleur ou opportuniste ne saurait rater ces retrouvailles. Ainsi va la Mauritanie nouvelle ! Hélas…

Dernier quinquennat, peut-être…

Le président Mohamed Cheikh Ghazwani sera donc réélu au soir du 29 Juin. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute. Ceux qui s’agitent depuis quelque temps pour lui demander de briguer un second mandat jouent dans l’hypocrisie. Tandis que ceux qui rêvent de la leçon du Sénégal se trompent lourdement : la Mauritanie est loin de réaliser une alternance au sommet. Car les Mauritaniens ne choisissent ni n’élisent leurs dirigeants, on les leur impose depuis 1992, c’est la règle de la démocratie mauritanienne. On n’y vote pas en son âme et conscience mais appâté par divers intérêts. Affinités tribales ou régionales, ici ; suivant, là, les instructions de généraux, colonels ou commandants ; ailleurs encore, au gré des attaches à quelque nouvelle notabilité, ministre ou autre haut fonctionnaire devenu très riche en trempant dans la soupe. Tout ce beau monde vote naturellement pour le président en place.

Avec des moyens ordinairement tirés de l’État dont il faut nécessairement user pour la victoire du chef suprême. Intimidation, chantage, corruption, tout est bon à cette fin. Rares sont les cadres qui vendent correctement le bilan de leur mentor. Le parti INSAF s’y est essayé à travers des séminaires et ateliers mais tandis que ses responsables et cadres y peignent un tableau des plus magnifiques, le peuple ne cesse de grogner et bon nombre de ceux-là avouent, en privé, que la situation n’est pas des plus belles. L’hypocrisie mauritanienne dans toute sa laideur…

Des cadres de la Vallée descendent sur le terrain pour « sensibiliser » les citoyens : « Vous devez voter pour le pouvoir, sinon vous n’aurez rien ». Tiens donc… Le devoir de l’État n’est-il pas de protéger le peuple, tout le peuple dans son intégralité ? Pas exactement, susurrent ces stratèges : dans cette partie du territoire, il faut tabler sur un score supérieur à 70% pour espérer un retour substantiel d’ascenseur. Bref, tous influent sur l’Administration, les démembrements de la CENI et, au terme du voyage, le résultat du vote.  Le cas de la circonscription d’Arafat, lors des dernières élections locales, fut plus que révélateur de la détermination du pouvoir à écraser toute opposition, quoiqu’il en coûte. Il a arraché, sans gêne, la seule marie dont disposait celle-ci. On a déplacé des milliers de personnes apparemment aux frais de l’État et de ses responsables ; c’est-à-dire au final : sur le dos du citoyen lambda.

Face à cette armada, quel candidat de l’opposition peut-il rivaliser avec celui du pouvoir ? Aucun, dans la mesure où le peuple ne veut ou n’ose pas changer, divisé qu’il est en tribus, couleurs et castes. On vit à l’ordinaire côte-à-côte mais sans conscience d’appartenir à une seule nation. On n’hésite pas à dire que la République appartient à quelques-uns et qu’il n’y a donc rien de mieux à faire qu’à vendre sa carte au plus offrant. Ignorance et pauvreté conjuguées au défaitisme et à la résignation ! Avec, au final, un vivre ensemble de plus en plus moribond…

Des préjugés électoraux sont aussi tangibles. On ne vote pas pour le programme d’un candidat mais trop souvent à cause de sa couleur de peau. Les acteurs politiques ne font rien pour démystifier ces tares et ancrer les valeurs citoyennes et démocratiques. Les recommandations de l’islam ne sont pas plus convoquées ; les acteurs politiques, de la majorité comme de l’opposition, ne vont à la rencontre des citoyens qu’en périodes d’élections ou d’implantation de leur chapelle respective. Combien de partis entretiennent-ils de lieux d’instruction citoyenne ? Dans ces conditions, comment ancrer une culture politique ?


L’alternance attendra Godot

C’est dans un tel indigent contexte que l’opposition démocratique va à la présidentielle, face à un candidat doté pour sa part de tous les moyens. Elle en porte une grande part de responsabilité. Les leçons de la présidentielle de 2019 n’ont apparemment pas été tirées. On aura attendu les tout derniers mois avant que les acteurs de l’opposition ne commencent à se chercher une candidature unique et le pari est évidemment loin d’être gagné : les candidats se multiplient, conduisant inéluctablement à un énième échec de l’opposition. Le pouvoir ne peut que s’en réjouir, certain de trouver, comme toujours, un ou deux candidats qui « crédibiliseront » un tant soit peu le scrutin.

Certains acteurs de l’opposition croient pouvoir s’accrocher à l’éventualité d’un second tour pour se rassembler. Autre illusion ! On est loin de 2007 : comment peut-on même imaginer contraindre l’actuelle puissance du Makhzen à une telle conjecture ? C’est tout simplement impensable : le peuple n’y est pas prêt, il peut bien grogner comme un chameau mais il finira toujours par transporter sa charge. Certains diront que l’opposition avait réussi un bon coup lors des élections locales. Ce fut tout au plus un succès très relatif : si quelques partis y avaient pu tirer leur épingle du jeu – on se demande d’ailleurs comment, en divers cas – ce fut surtout au détriment de ses plus vieux partis pourtant pourvus de bases ancrées. La dernière initiative de la CVE tente de mettre en place quelque chose pour donner une nouvelle chance à l’opposition. Celle peut-être de sauver la face ?

Mais tout semble cependant converger vers un inéluctable verdict. Les Mauritaniens vont se rendre aux urnes le 29 Juin pour remplir une simple formalité : conduire Ould Ghazwani à son second quinquennat. Les observateurs de la Communauté internationale applaudiront avec leur verbiage habituel et l’on se réveillera comme si de rien n’était. Reste une seule inconnue : que fera de nous le président réélu ?

Dalay Lam

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● Objection : des faits historiques sur les années de braise et « le printemps » des lettres ouvertes en Mauritanie ( 1986- 1991)

Sans esprit polémique, je veux juste apporter quelques éclaircissements sur des faits historiques irréfutables sur les premières dénonciations des exactions du régime de terreur de Ould Taya.

Certains veulent apparemment réécrire l´histoire récente de notre résistance et nous faire croire que les dénonciations des crimes du régime militaire ont commencé avec la période des lettres ouvertes d´avril 1990 ou de la « démocratisation » bridée du colonel despote ould Bothaya. Que nenni !

A la vérité historique ces lettres ouvertes de quelques personnalités mauritaniennes au CMSN n’ont pas été les premières à dénoncer les exactions commises contre les Négro-mauritaniens pendant ces années de braise.

En tant qu’un des membres et principaux responsables du département de la presse et à l’information des FLAM à l´époque avec mon ami et camarade Ciré Ba qui dirigeait le département, je peux dire, des archives de presse à l’appui, que les FLAM, principale force d’opposition ouverte au Système pendant ces années de braise, furent les premières à dénoncer l’épuration ethnique au sein de l’armée, la terreur dans la vallée du fleuve et les violations des droits humains en Mauritanie.

C´est suite à notre déclaration reprise par la presse internationale que le ministre mauritanien de l’information de l’époque feu Mohamed Lemine Ould Ahmed (ancien militant du mouvement ablitionniste d’El Horr) fut obligé de reconnaitre les faits et d´annoncer la découverte d’un soit-disant « complot » fomenté par des militaires et des civils noirs dont des anciens prisonniers Flamistes et rescapés la prison mouroir de Oualata.

Nous avons été les premiers à saisir Amnesty International par son responsable de la zone Afrique de l’Ouest de l’époque notre frère Tiébilé Dramé devenu ministre des affaires étrangère du Mali avec le régime de ATT et Rakia OMAR de Human Rights watch.

C’est d’ailleurs l’annonce, à partir de Londres, par Amnesty International de la mort de plus de 200 militaires négro-africains et la confirmation de ces atrocités par différents témoignages qui ont provoqué un véritable choc dans l’opinion publique. Comme sonnés par la révélation de ces horreurs, différentes personnalités et organisations ont tenu à exprimer leur stupeur et leur indignation.

L´UTM, syndicat proche du pouvoir, parlait d’un véritable génocide et estime que « les traitements inhumains et dégradants infligés à la majorité des citoyens arrêtés constituent une menace pour tous et pour chacun et peuvent conduire le pays à la dérive ».

Le groupe des « 50 » et qui avait comme porte-parole sur RFI le cinéaste feu Med Hondo, réclamait la constitution d´une commission d’enquête sur ces massacres dans leur déclaration signée le 10 avril 1991. Sans oublier la lettre ouverte des 125 du 17 mai, la lettre ouverte des femmes des disparus. Jeune Afrique, la voix de Taya, sous la plume de François Soudan, qualifiera ces lettres ouvertes « d’excessives et diffamatoires » voire malsaines dans son numero du 19 au 25 juin 1991.

En France, même le P.S s’est vigoureusement élevé contre ces exactions. Cependant les citoyens mauritaniens se mobilisaient pour dire leur dégoût, comme en témoigne l’historique manifestation organisée à Paris le 13 avril 1991 par les FLAM, le FRUIDEM, Le CSMD entre autres.

Pour la petite histoire nous avons été derrière la courageuse déclaration de notre frère « déserteur » Cheikh Fall dans les colonnes de Libération et sur les ondes de RFI et cette sortie avait sauvé plus d’un prisonnier dans les geôles d’horreur de Ould Taya. Mon ami et frère Mahamadou Sy rescapé et l’auteur de « L’Enfer d´Inal » peut le confirmer aussi.

Ce sont nos camarades de la section FLAM-Europe qui ont accompagné Cheikh Fall dans les différentes rédactions de la presse hexagone pour alerter l’opinion internationale sur les crimes contre l’humanité qui s’opéraient dans les geôles du régime sanguinaire du colonel Ould Taya.

Les lecteurs de BILAL (devenu le Flambeau), notre organe d´information de l´époque, ont certainement toujours en mémoire son émouvante interview avec les détails de tous les massacres, les circonstances d´exécution de nombreux détenus, impliqués arbitrairement dans la prétendue tentative de coup d´état de décembre 1990.

Dans toutes nos déclarations et notamment dans celle du 8 mai 1989 consécutive à ce qu´on appelle pudiquement « les évènements », nous n´avons eu de cesse dénoncer le racisme d´Etat et de réclamer l´avènement d´une réelle démocratie en Mauritanie.

En 1986 déjà, nous avions dénoncé, dans « Le manifeste du négro-mauritankien opprimé », l´existence d´une discrimination raciale dont la poursuite et l´aggravation ne pouvaient qu´hypothéquer l´existence de notre pays. A l´époque cependant, il ne s´était pas trouvé suffisamment de bonnes volontés dans les mouvements politiques concurrents pour formuler avec autant d´exigence que nous, la revendication d´une réelle égalité entre tous les citoyens mauritaniens.

Le livre Blanc que nous avions publié en octobre 1989- sous le titre  » Radioscopie d’un Apartheïd méconnu  » et qui a été largement repris par la presse internationale revenait sur la terreur dans la vallée et les assassinats de nos camarades dans les geôles de Oualata. Nous étions seuls dans la dénonciation. C´est encore sous notre pression et de certaines ONG que Ould TAYA fut contraint de transférer nos camarades de la prison mouroir de Walata à celle d’Aïoun avant de les libérer.

Que les évènements, plus douloureux, les uns que les autres, qui se sont succédés dans notre pays depuis cette date, aient cruellement confirmés nos analyses, ne saurait être pour nous l’occasion d´une quelconque délectation. L´important est ailleurs : il est dans la reconnaissance par tous de la nature raciste de la politique conduite par l´ETAT mauritanien.

Pendant ces années de braise ( 1986- 1991) les FLAM qui étaient relativement au début seules sur ce terrain de la dénociation du régime raciste et militaire, avec l´arrestation et la détention de nos camarades à Oualata et l´exil forcé des autres, n´ont pas manqué d´apprécier à sa juste valeur le document des jeunes Maures mauritaniens appelés « Mouvement des démocrates indépendants » d´avril 1989, sous le titre « Plus jamais ça » qui dénoncait les tueries en Mauritanie et au Sénégal et rappelait le processus de répression ethnique en vigueur dans notre pays depuis 1986.

Pour la petite histoire le tract a été rédigé Rue des Écoles à Paris puis expédié, à Nouakchott, sous pli fermé, avec mention « dossier d´inscription Sorbonne ». A l´époque nous avions loué le courage de ces jeunes compatriotes maures, comme nos amis Jemal Ould El Yessa, Béchir El Hacen et Abdallah Ould Kebd qui, émergeant du troupeau ont eu l´audace de reconnaitre et les posant, les graves problèmes de cohabitation que connait toujours notre pays et nous avions exprimé notre disponibilité à travailler avec eux pour le triomphe de nos justes positions.

Cette preuve palpable de disponibilité à travailler avec ces compatriotes arabo-berbères ne nous a pourtant pas dispensé des critiques malveillantes des vieux chevaux chauvins du Système.

Notre lutte a été détérminante pour acculer le pouvoir à des concessions, force nous est de reconnaitre que celui-ci, cruellement isolé au plan diplomatique avec la défaite de leur mentor Sadolf Hussein de l’Irak, a subi de fortes pressions internationales qui l´ont amené à lâcher du lest.

Les observateurs n´avaient pas manqué de faire le rapprochement entre les visites á Nouakchott du ministre francais des affaires étrangères Mr Roland Dumas et de Mr Michel Vauzelle, président de la commission des affaires étrangères de l´assemblée nationale française et sur le discours du 15 avril 1991 du colonel Ould Taya dans lequel il annoncait une série de mesures visant entre autres, à l´instauration d´un multipartisme et l´adoption d´une constitution qui serait soumise au peuple par un référendum dont la date avait été fixée au 12 juillet 1991.

Rappelons que Mr Vauzelle a été saisi directement par des Flamistes lors d´une rencontre à Paris le 27 mars 1991 où il nous avouait avoir mis en garde la Mauritanie et lié l´aide de la France à certaines conditions. Il nous avait aussi exprimé son émotion devant les exactions et humiliations dont les Noirs de Mauritanie sont victimes.

Face à notre pression permanente et celle des ONG des droits humains (Amnesty International, Human Right Watch, FIDH, entre autres..), de personnalités, de partis politiques, de l’engagement à notre côté de certains grands décideurs politiques, le régime ethnogénocidaire, totalement discrédité, et parfois privé de financements d’institutions internationales, fut contraint et ne pouvait que céder. C´est alors que dans l´affolement, « le syndrome malien », aidant, il se mit à annoncer des mesures vite interprétées à l´époque comme un tournant démocratique en Mauritanie.

Heureusement que chaque jour qui se lève apporte son lot d´éclairage au drame mauritanien, permettant ainsi le recentrage des débats autour des vrais problèmes que les mentors du régime, leurs porte-faix et autres chauvins panarabistes ont essayé de brouiller tant bien que mal. La vérité par delà les passions, les errements et aveuglements qui peuvent la brouiller momentanément, finit toujours par s’imposer en se frayant son chemin.

Demain il fera jour et la lutte continue!

Kaaw Touré.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=774045

● Lettre interpellative à l’adresse du président de la république, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouni

A son excellence Mohamed Ould Ghazaouni, Président de la République islamique de Mauritanie en votre qualité de garant de l’indépendance de la justice.

Rendre la justice est une fonction cardinale et essentielle dans un Etat de droit et dans une démocratie libérale. Les magistrats ont entre leurs mains la vie, la liberté, l’honneur et les intérêts moraux, financiers et matériels de ceux qui vivent sur le territoire de la République. Le rôle de la justice est de préserver la tranquillité, la paix et la vie en société. A ce titre, elle protège les plus vulnérables, juge les litiges et sanctionne les comportements prohibés.

Cependant, la session de la Cour criminelle de Selibaby s’ouvrira le 22 avril 2024 pour juger les affaires criminelles y compris celle que j’appelle «affaire du siècle de Diogountouro» sous le n° 46/RP/2022 pour de faits de «coups et blessures volontaire ayant entraîné la mort» autrement dit meurtre dans le jargon pénal commis dans mon village natal (Diogountouro).

Monsieur le Président de la République, en votre qualité de « garant de l’indépendance de la justice » (article 89 de la Constitution), je voudrais attirer votre attention sur cette affaire judiciaire truffée des irrégularités procédurales, des violations graves de droits de la défense et des dispositions du code de procédure pénale et de la détention abusive.

Monsieur le Président de la République, j’en appelle à votre sagesse et à votre sens de responsabilités au sens des articles 23 et 24 de la constitution afin que vous agissiez le plus vite possible pour que la justice fasse son travail dans l’art du respect d’un procès équitable.
A défaut d’annulation des actes de procédure, des actes d’enquête et instruction du début de cette affaire jusqu’à le rapport de la commission d’expertise (qui a constaté la disparition du téléphone de la victime après avoir été mis sous scellés par le juge d’instruction de Selibaby). Ledit téléphone constitue bien évidement un élément capital pour la manifestation de la vérité judiciaire pour toutes les parties au procès. Il est extrement important dans un procès pénal que les droits de la défense soient respectés. Enfin, que la justice soit rendue au nom de la mémoire de la victime et au nom des présumés innocents détenus arbitrairement.

Ce faisant, tout mauritanien a droit à ce que sa cause soit entendue devant un tribunal impartial et indépendant. L’indépendance de la justice est un droit constitutionnel, reconnu aux citoyens, qui garantit l’égalité de tous devant la loi par l’accès à une magistrature impartiale. Elle est la condition première d’un procès équitable pour une société civilisée et moderne.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma haute considération.

Dr Boubou BA
Membre associé au centre de recherche (CHAD), Université Paris10-Nanterre
Juriste au Palais de justice de Pontoise-France

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