● L’irruption athéiste d’un militantisme dit kamite | Quel répondant efficace chez les sooninkés ?

*Le livre

La menace et l’agressivité à l’encontre d’une pensée subversive ne peuvent être des solutions idoines pour mettre les choses à « l’endroit ». L’endroit selon mon entendement, c’est le maintien d’un stabilisateur métaphysique et social comme une religion pour l’expression d’une certaine humanité communautaire. Il est d’un refrain commun qu’on clame que le sooninké serait musulman partout. On dirait plutôt la communauté sooninké est à l’écrasante majorité de confession islamique. Peuple ouest-africain descendant de l’empire du Ghana (connu Wagadu) s’était islamisé il y a plusieurs siècles. Ainsi l’élément « musulman » fait partie de la personnalité-type sooninké sur le plan sociologique, politique et identitaire. La cité sooninké dans sa territorialité pas seulement, a son clergé communautaire ou féodalo-communautaire qui porte les affaires du culte… islamique, à noter avec ses versions adaptées en fonction de la structuration sociale en vigueur dans temps et dans l’espace.

L’islam sooninké ou dire humblement, le musulmanisme* sooninké est une des facettes définissant sooninkaxu (Vivre sooninké). Un mimétisme sensiblement superficiel assurant une certaine socialité faisait l’affaire globalement dans une bonne stabilité dit-on. Seulement ces derniers temps, un phénomène inédit brusque l’opinion communautaire. C’est ce que je nomme l’exhibitionnisme athéiste décomplexé, des gens disant épouser des thèses kamites en les opposant d’une manière révolutionnaire à la religion islamique. Dynamiques et « enragés » particulièrement dans le réseau social TikTok, ils racialisent et géopolitisent maladroitement certains débats sérieux, stigmatisent et vilipendent injustement la religion islamique. Leur sève idéologique est un mélange diffus d’un anti-impérialisme peu irréfléchi et d’un racisme coincé au complotisme. Pour eux l’homme afro était (est) la plénitude de l’humanité « originelle » et « originale », et par conséquent d’autres « naturellement subordonnés historiques » se seraient complotés à coups de falsifications et d’agressions pour le désaxer de sa trajectoire spirituelle, scientifique et philosophique tant enviée. Nous sommes en temps du Big open espace communicationnel, nos apprentis athées seraient liés à un réseautage large parmi les bouillonnants milieux panafricanistes fourre-tout. Ils ont leur narratif « bateau » qui ne sonne pas forcément pas « bête », et en face il faudrait plus de sagesse agissante, de piété tenue, de patience vigilante et d’aération intellectuelle cohérente pour les confondre, les contrarier et les raisonner avec finesse.

Ils usent de ressentiments légitimes pour en faire du carburant militant athéiste…, et nos prêcheurs lettrés religieux doivent réactualiser la substance discursive en termes de mise en garde du peuple croyant.
L’exploitation coutumière du religieux à des fins d’hégémonie clanico-féodale, fait partie d’un magma d’incohérences qu’on pourrait relever et reprocher à l’organisation et l’entretien du culte intra-communautaire. Dans notre Saint Livre, le Coran , il nous est intimés par un célèbre signe « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, » S96 V1. Lis de Lire, connoté Apprendre, Enseigner, Raisonner, Découvrir, Expliquer…, ici c’est loin d’un principe mimétique. Nous avons un Message profondément philosophique qui peut contrer et tenir une disputation décisive face à toute irruption areligieuse de nature subversive.
Ainsi dire il faut plus d’intelligibilité et de transversalité du discours instructif et du prêche pour les masses. L’actuel régime de type d’un maraboutisme casté et templier est à revoir nécessairement. Il est restreint et pas à jour des enjeux de notre époque.

Par ailleurs, il faut gagner la bataille de la cohérence, il en va même du sérieux de notre piété et de nos réflexes d’empathie face aux réalités troublantes dans la vie.
Certains agents kamites indexent les petites hypocrisies sonnantes qui ne manquent pas dans certaine sphère prédicatrice. Un prêcheur qui se soumet silencieusement aux coutumes ou restes des coutumes du temps animiste (certains ladani) à un point A et se montre loquace à un point B pour se faire voir en saint, il y a problème.

Également, il faut réfléchir à contenir l’engrenage takfiriste présent dans certains discours dits anti-kamites. L’anathème dégainé hâtivement par d’apprentis excommunicateurs haineux booste l’ambiance de la conflictualité dans l’affaire. Aujourd’hui cette affaire kamite athéiste qui concerne une infime minorité activiste via les réseaux sociaux (principalement TikTok), est une épreuve pas anodine dans la communauté sooninké. Nous disposons potentiellement de ressorts sociaux et intellectuels nécessaires pour garder relativement les choses à l’endroit, ainsi il faut beaucoup de CERVEAU et de SOLLICITUDE et moins d’invectives, de menaces et d’arrogance.

*Conseil de lecture en photo cet ouvrage d’Ibn Taymiyya, introduit, traduit et annoté par professeur Muhammad Diakho Tandjigora connu Abu Alyas. Un livre lu plusieurs fois, très inspirant pour comprendre certaines notions liées à la croyance.

*terme lu (entendu) chez O Timera, ici j’y accorde la définition suivante : « musulman fait du sooninkaxu »

✍️🏿KS pour le BLOG

● Mauritanie | une lycéenne poursuivie pour blasphème lors du baccalauréat [RFI]

Une candidate à l’examen du baccalauréat en Mauritanie a été inculpée et écrouée, mercredi 26 juillet, pour avoir rendu une copie jugée blasphématoire contre le prophète Mahomet, selon le parquet de Nouakchott. Une copie rédigée au mois de juin lors de l’épreuve en éducation religieuse. La jeune fille est également accusée d’avoir utilisé ses réseaux sociaux pour véhiculer ses idées.

La jeune lycéenne de 19 ans, étudiante à Atar, a été écrouée mercredi 28 juillet dans la soirée à la prison des femmes de Nouakchott. Selon le dernier communiqué publié par le parquet de Nouakchott, elle a été inculpée pour « offense et médisance envers le prophète » mais aussi pour « usage des réseaux sociaux pour nuire aux principes fondamentaux et sacrés de l’islam ».

Le parquet ne précise pas les écrits en arabe de la lycéenne, mais le dernier communiqué du ministère de l’Éducation nationale dénonce « une insulte à la sacralité du prophète ».

L’affaire avait été rendue publique début juillet lorsqu’un correcteur du baccalauréat avait publié sur les réseaux sociaux la copie de la jeune fille, à l’époque encore anonyme. La copie était devenue virale sur les réseaux sociaux et de nombreux oulémas, érudits et imams avaient alors organisé des manifestations et des sit-in pour exiger la révélation de l’identité de l’auteur et que des poursuites soient immédiatement lancées à son encontre.

Selon la loi, le blasphème envers le prophète est puni de la peine de mort sans recours possible, mais cette sentence n’est plus appliquée depuis 1987 en République islamique de Mauritanie.

En attendant l’enquête et la décision du juge d’instruction, la jeune lycéenne a été placée en détention provisoire. Selon la déclaration de son frère, elle souffrirait de problèmes psychologiques. Si elle est reconnue coupable, elle encourt la prison à vie.

©️ Source en lien https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230728-mauritanie-une-lyc%C3%A9enne-poursuivie-pour-blasph%C3%A8me-lors-du-baccalaur%C3%A9at

● Controverse autour de la suppression d’une intervention parlementaire pour insulte présumée à l’égard du Prophète Mahomed

Le Quotidien de Nouakchott – « L’autorité suprême de la presse et de l’audiovisuel « Hapa » ordonne la suppression du discours d’un député parlementaire qui a suscité une large controverse depuis hier soir.

Dans le même contexte, la chaîne parlementaire, détentrice des droits exclusifs de diffusion des séances parlementaires, a interrompu la diffusion en direct de la session de débat sur le programme gouvernemental, au cours de laquelle le député a pris la parole.

La chaîne parlementaire a interrompu sa diffusion en direct samedi soir, quelques heures avant la publication de la décision de l’autorité, datée du 23 juillet 2023, qui l’obligeait à supprimer « le passage offensant ».

Le député Mohamed Bouy Ould Cheikh Mohamed Fadel a déclaré dans un post sur son compte Facebook que l’autorité suprême l’a obligé, par sa décision numéro 040/2023, à supprimer son intervention et à présenter ses excuses à ses abonnés pour avoir « partagé du contenu offensant envers le Prophète Mahomet, que la paix soit sur lui ».

De son côté, la chaîne parlementaire s’est contentée de publier une image de la décision de la commission sur son compte Facebook, jusqu’à six heures du soir aujourd’hui, dimanche.

Dans son discours, ce samedi, le député parlementaire Mohamed Bouy Ould Cheikh Mohamed Fadel a évoqué une insulte proférée par une candidate au baccalauréat, en remplaçant les noms dans l’insulte par des termes donnant l’impression qu’elle était dirigée contre le régime et son président Mohamed Ould Ghazouani.

Ould Cheikh Mohamed Fadel a considéré que son intervention était une « dénonciation » dont le but était de mettre en évidence le niveau de l’insulte et le danger du silence à son égard, ainsi que la complaisance à punir l’élève concernée. »

• Lien source https://cridem.org/C_Info.php?article=766985

● Une fille suspectée d’être à l’origine de l’offense du Saint Prophète PSL au Bac 2023

Senalioune – Les données obtenues par les autorités officielles sur la réponse à l’examen d’éducation islamique aux épreuves du baccalauréat 2023 se rapportant à une offense au Saint Prophète Paix et Salut sur Lui (PSL) auraient mené vers une fille candidate au Bac Technique, toujours libre en dépit de son identification formelle, indiquent des sources généralement bien informées.

Les autorités officielles se concertent, à des niveaux élevés, sur les mécanismes et les moyens de traiter la question source de vive polémique.

Le ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel Dah Ould Sidi Amar Taleb a été instruit par le gouvernement de mettre la lumière sur le sujet le lundi soir 17 juillet courant, au studio de la chaine TV El Mouritaniya, quelques heures après le refus du ministre de la Justice, Mohamed Mahmoud Cheikh Abdallahi de s’appesantir sur l’identité de l’auteur de l’article incriminé.

Les services de sécurité n’ont pas arrêté jusqu’à présent l’auteure de l’insulte précitée, qui avait été pourtant identifiée depuis plusieurs jours, indiquent les sources précitées, selon lesquelles les autorités judiciaires n’ont pas non plus annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’affaire, qui a suscité un vaste élan de colère.

Le président du Conseil suprême des fatwas et des recours gracieux, le professeur Isselmou Ould Sidi El Moustaph aurait présenté son avis aux autorités officielles sur l’affaire, disant que son caractère judiciaire fait qu’elle ne relevé pas des compétence dudit Conseils, dés lors où il s’agit d’une affaire pénale, demandant à transférer le sujet à la justice et à appliquer la loi d’Allah le Tout-Puissant sur son auteur.

L’affaire a commencé le 3 juillet courant, après la découverte des correcteurs du baccalauréat d’une feuille d’examen contenant des insultes au Prophète PSL,

De nombreux Oulémas, érudits et imams ont organisé des manifestations et des sit-in au cours des derniers jours pour exiger la révélation de l’identité de l’auteur de l’offense faite au Prophète PSL et de lui infliger des peines maximales.

Des marches et des manifestations ont été également organisées à Nouakchott et Nouadhibou ainsi que dans plusieurs villes de l’intérieur

LA loi sur l’apostasie modifiée et adoptée

L’Assemblée nationale mauritanienne avait adopté en avril 2018 un projet de loi abrogeant et remplaçant certaines dispositions du code pénal.

Selon les nouvelles dispositions, est considéré comme apostat celui qui commet un outrage contre Allah, ses anges, ses Prophètes et ses livres.

Ce dernier sera puni de la peine de mort et, même s’il se repent, il écopera d’une amende allant de 50.000 à 600.000 ouguiyas.

Le texte abrogé stipule : » tout musulman coupable de crime d’apostasie, soit par parole soit par action de façon apparente ou évidente, sera invité à se repentir dans un délai de trois jours.

S’il ne se repent pas dans ce délai, il est condamné à mort en tant qu’apostat et ses biens seront confisqués au profit du trésor public. S’il se repent avant l’exécution de cette sentence, le Parquet saisira la Cour suprême, à l’effet de sa réhabilitation dans tous ses droits ».

Les autorités mauritaniennes expliquent cette révision par le fait que les anciennes dispositions se sont avérées en contradiction avec »la doctrine malikite » qui est celle de l’Etat mauritanien.

Oumoulbenina Mint Bamba

©️ Crédit source – https://cridem.org/C_Info.php?article=766895

● Note de lecture d’un ouvrage éducatif | « Concepts religieux et sociaux » de l’écrivain monsieur Malle Ibrahim Soukouna

Ce livre paru (sa version française) en fin d’année 2022 chez l’éditeur Albouraq, est un joyau intellectuel très accessible par son exposé succint et l’agencement intelligible des concepts développés. L’auteur s’appelle Malle Ibrahim Soukouna, natif du Mali et issu de la communauté sooninké. Ayant effectué ses études primaires et secondaires à Bamako, il a obtenu un diplôme universitaire en France (faculté de Jean Monnet à Paris Sud) et y travaille comme guide religieux. Influent intervenant sur diverses thématiques d’intérêt public pour la communauté africaine, et particulièrement pour son groupe sociolinguistique, les sooninkés, il anime régulièrement ses plateformes numériques (Facebook, TikTok…) avec beaucoup de pédagogie. Ainsi dans ce présent ouvrage que j’ai eu la chance de lire, il nous propose avec aisance un concentré valeureux qui englobe divers volets de notre vie contemporaine (la religion, la politique, la famille, l’école, l’immigration, le travail, l’économie, la vie communautaire, l’utilisation des réseaux sociaux…).

Un livre-Message qui appelle à une certaine élévation sociale et intellectuelle pour la jeunesse de notre temps afin de porter le flambeau de la renaissance civilisationnelle parmi les nations. Ce travail instructif de monsieur Soukouna (auteur d’autres ouvrages) est une preuve idoine du potentiel intellectuel existant dans nos milieux dans divers domaines. J’ose croire que « Concepts religieux et sociaux » peut être classé comme un manuel initiatique pour l’éveil social et intellectuel nécessaire à nos cursus d’enseignements (au lycée par exemple) en Afrique et surtout dans nos communautés afro-musulmanes. Et également un imam qui serait à jour de son environnement contemporain peut en tirer facilement 52 sermons (prêches éducatifs) de vendredis durant une année pour éveiller et former les fidèles.

En définitive, l’ouvrage est un stimulant social et pédagogique qui sert et servira tout lecteur attentif .
Ici je réitère mes fraternelles félicitations au frère Malle et recommande vivement ce livre. Lui souhaitant une bonne continuation dans ses projets.

Avec l’auteur , le 13 mars 2023 à Paris

28 juin 2023

✍️🏿KS pour le BLOG

● Hommage à Yero Malal Sarr, disparu il y’a quatre ans jour pour jour. | Par Tidiane Diarra

Vers toi Yéro Malal Sarr, mon héros que vont mes pensées. Cela fait deux ans que tu as fermé les yeux à la lumière de ce monde, en répondant l’appel du Seigneur des mondes.
Tu as été retiré de notre affection 05/06/2019, jour de la fête de Aid El fitr (korite), une journée de joie qui s’est conclue par la tristesse.
Tu es une motte dotée d’une belle âme et d’une ineffable grâce. Si la bonté, la croyance et la disponibilité étaient des remparts contre la grande faucheuse, affable Yero Sarr, tu ne t’endormiras point du sommeil de la mort. En effet, tu avais coutume de répéter sans cesse ce passage du Livre Sacré :  » كُلُّ نَفْسٍ ذَآئِقَةُ ٱلْمَوْتِ » qui signifie  » Toute âme goûtera la mort. » Aucune âme n’y échappera.
Le deuxième jour de cette fête, jour de ton inhumation, restera gravé de manière sempiternelle en tous ceux qui t’ont connu ou assisté à la levée de ton corps, cela montre la nécessité de travailler ardemment dans la foi, la consolidation des liens familiaux et la cohésion sociale.
Dévastée de tristesse certes, et avec une vague d’empathie exprimée par le peuple mauritanien de tout bord confondu, ta famille s’est préoccupée plus de la sécurité des visiteurs que le deuil.
Ton absence physique nous a laissé un vide sidéral. Un vide que seul la croyance en Allah peut combler. Physique ! Puisque tu demeureras gravé à jamais dans nos cœurs. Ceux et celles qui t’ont connu et t’ont côtoyé regrettent et regretteront fort ton absence. Allah, Seul, sait à quel point ta présence fut d’une grande utilité pour beaucoup. Tu étais cet arbre fruitier dont on mangeait les fruits. Tu étais cet arbre à l’ombre drue sous lequel on s’y réfugiait contre le soleil ardent. Partir à la rescousse de tes semblables, tu en faisais un sacerdoce.
Tu étais cet homme qui a préféré Dieu et son prophète Mohamed (spl) au délice d’ici-bas. Tu as préféré la sagesse, la science à la gloire mondaine et à la possession des biens matériels. Car tu fus un fervent défenseur de la justice et pourfendeur de toutes les formes d’injustices. En ce sens, tu disais : « Dieu est juste, alors nous les humains, nous ne devrions pas commettre de l’injustice les uns envers les autres. »
En plus de ton combat pour la justice et l’égalité, tu consacras ta vie durant à l’apprentissage, à la lutte contre l’obscurantisme et à la construction du pays (la Mauritanie).
Patriote ! C’est avec un cœur chiffonné, une mémoire cabossée et un refus catégorique que tu avais revendiqué ta “ mauritanité” lorsque le colon t’a imposé la nationalité sénégalaise.
Tu as eu à sillonner des villages pour acquérir de la science ; tu avais compris que la facilité est synonyme de fatalité. Raison pour laquelle, tu as pris la résolution de marcher sur des braises pour faire tes humanités.
Tu es un bel exemple pour la jeunesse mauritanienne qui se cherche dans les méandres ; si elle en prend la moindre graine de ton histoire.
Yéro, l’héros, ton vécu mérite d’être marqué pour que les générations futures puissent s’en souvenir jusqu’à la fin des temps.
Aujourd’hui, il est plus qu’urgent que ton héritage soit instauré et vulgarisé.
À mon sens, il est du devoir de cette jeunesse d’apprendre qui tu étais, comment tu t’es construit et dans quel milieu social ; afin qu’elle puisse t’emboîter le pas.

Tidiane Diarra / Facebook

©️ Crédit source : reçu de l’auteur.

● Quelques éléments biographiques de feu Professeur Abdoulaye Bâ de Diawara (Sénégal)

• Né en 1941 – décédé le mercredi 19 avril 2023 à Paris

• Son père : El-haj Bouna Bâ

• Sa mère : Lagane Bonco Dramé originaire du village de Galadé

• Parcours d’apprentissages, d’études et professionnel :

– Cercles d’initiation aux enseignements et de fiqh (jurisprudence) au sein de sa famille (Xaran yimbé et Moissi Ngalé). Cet enseignement lui avait été dispensé par son grand-frère Mohamed Bâ Malado. Ce dernier, aîné de la famille avait pris le relais du cercle traditionnel d’études (Moissi Ngalé) de leur père qui décéda quand le professeur Abdoulaye Bâ était âgé de 12 ans. Dans l’élément vidéo YouTube https://youtu.be/ly_b0MVTHGc datant de 2018 que nous avons exploité comme source, cheikh Abdoulaye Bâ assure que son grand-frère lui avait inculqué de valeurs liées aux études et au respect des enseignants.

Arrivé en France en 1962, il la quitta pour l’Égypte en 1964 pour poursuivre ses études. Il assure n’avoir aucune connaissance ni contacts dans ce pays auparavant. Une fois sur place après diverses prises de contact auprès des services de la représentation diplomatique de son pays, il avait pu intégrer un cursus d’études du système scolaire et universitaire sanctionnant avec un diplôme.

De retour au Sénégal, il intègre l’école normale supérieure pour une formation pédagogique après avoir suivi des cours accélérés en langue française. En sortant il a été affecté comme professeur au lycée Blaise Diagne de Dakar (sur une durée approximative de 20 ans). En parallèle il a assuré des cours d’arabe à l’école normale supérieure comme professeur vacataire. Auprès du cercle traditionnel d’études dans son environnement familial, son statut de lettré diplômé à l’étranger n’avait pas causé de frictions. Il s’est senti soutenu et encouragé notamment par son premier maître-enseignant, son grand-frère Mohamed Bâ Malado.

Dans la communauté sooninké à l’international, il a été une voix respectable et pertinente dans la prédication et le prêche du juste milieu. Conférencier et éducateur, celui qu’on appelle communément Cheikh Abdoulaye Bâ, a rempli sa mission et sa responsabilité à la hauteur de ses compétences et de ses efforts vis à vis de la oumma et en particulier pour le monde sooninké. Qu’Allah l’accueille parmi les âmes vertueuses pour l’éternité, Ameen.

Notre Blog adresse nos fraternelles condoléances à sa famille, au peuple sénégalais et à l’ensemble de la communauté musulmane et sooninke.

©️ Source : éléments tirés d’une interview en date d’avril 2018 par messieurs Bouba Magassa et Abderrahmane Korera, voir l’intégralité via ce lien YouTube https://youtu.be/ly_b0MVTHGc

✍️🏿KS pour le BLOG

● La noblesse selon l’école du Ramadan | Par Seyré SIDIBE [OndeInfo]

Et si l’on s’inspirait de l’école du Ramadan.
Le ramadan est une école. C’est également, une opportunité pour absoudre nos péchés, une perche tendue aux croyants, un rattrapage spirituel.
Ainsi le ramadan, permet de consolider notre foi par la dévotion et le recueillement.

Ce sont là les fonctions classiques que partagent tous les musulmans, par ce que peut-être, les prêcheurs ont voulu qu’elles soient connues de tous.

A côté de ces fondamentaux, si l’on observe le profil de ceux qui dirigent les prières dans nos mosquées pendant le mois béni, propulsés pour certains à la faveur du ramadan pour leur érudition, leurs aptitudes à réciter, mémoriser, le coran, en plus de la clarté et la justesse de leur diction et phonétique, on constate aisément qu’on est loin de l’échelle des valeurs hégémoniques, établies par les hommes qui a pour référence l’ascendance familiale, tribale ou raciale.

Finalement, le seul paramètre de classification des hommes reste la foi, le niveau d’instruction, de culture et d’éducation.

Tout le reste n’est que fantaisie, arnaque et supercherie.

« Le plus noble d’entre vous, pour Allah, est le plus pieux » dit le Coran. Dixit le hadith du prophète, Mohamed Paix et Salut sur lui : « O hommes ! Votre créateur est unique et votre aïeul est un. L’Arabe et le non-arabe; le Rouge et le Noir, n’ont de suprématie l’un par rapport à l’autre, que par la piété ».

Les musulmans seraient-ils dans un dérèglement de moeurs pour s’écarter de ces paroles divines qui appellent à la fraternité et à l’unité. L’esprit raciste , féodal, esclavagiste sont donc contraires aux préceptes de l’islam.

Nous nous mettons, à la place du créateur, en cherchant à classer les hommes en nobles et esclaves. Cela n’est pas de notre prérogative. Et nous nous éloignons de l’islam à chaque fois qu’on blâme un homme pour la couleur de sa peau ou de ses origines.

Allah, le tout-puissant, le très miséricordieux est le seul capable de nous « classer » sur la base de critères immuables, justes et impartiaux, ayant pour référence foi et la piété.

Mais malheureusement, l’ignorance, l’arrogance, et l’orgueil conduisent les hommes vers l’égarement. Ainsi, ils n’hésitent pas à s’écarter volontairement du référentiel coranique pour dresser eux-mêmes leurs propres critères de noblesses qui se fondent sur l’origine sociale ou la couleur de la peau.
Des idées préconçues et sans fondement sérieux : du genre le Noir est un nigaud, l’Arabe est méchant…

Revenons à notre école du Ramadan

Pendant ce mois béni, dans plusieurs de nos mosquées, ce sont des hommes de conditions sociales modestes , parfois issus de « Khaima Skhayir » qui officient.

Ceux-là ont réussi à s’imposer par leur savoir, par ce qu’ils valent. Une valeur acquise voire conquise au bout de l’effort aux antipodes d’un titre généalogique encombrant par sa passivité et souvent trop honorable pour ceux qui s’y identifient.
Un hiatus, une dysharmonie voire un divorce entre le titre et celui qui l’incarne. On dirait une médaille usurpée.

En revanche, pas de doute sur la noblesse de l’imam de la mosquée de mon quartier, celui qui ne veut même pas être appelé marabout, force respect et estime pour sa maîtrise du coran et son comportement vertueux.

Il n’est pourtant pas issu de la grande « Khaima » mais pourtant, chaque soir, c’est lui la vedette , le martyr.
Chacun d’entre nous, journaliste, officier de l’armée, de police, ingénieur, ancien ministre, cadre supérieur et de gens sans qualification se placent respectueusement derrière lui, en reconnaissance de son savoir.

Dans nos discussions en aparté, chacun exprime sa fascination, jusqu’à vouloir ressembler à ce jeune homme pourtant d’une »petite naissance » comme le diraient certains.

Ailleurs, on nourrit la haine, on s’entre-déchirent pour l’imamat. Une fonction prestigieuse dévoyée, devenue un legs, une propriété privée est désormais source de conflits.

Or, la force de toute religion est la foi, qui a pour vocation de rassembler, de fraterniser les croyants autour des mêmes valeurs. Et en cela l’islam est une religion qui prêche la paix, l’altruisme et l’humilité.

Elle ne peut être source de différend entre les croyants au point de faire de la mosquée un espace de confrontation et de guéguerre.
Et paradoxalement, les deux camps, les frères ennemis citent et se réfèrent au même livre Saint. Ils prononcent les paroles d’Allah sans les entendre et les comprendre.

En effet, un musulman ne peut-être sourd jusqu’à ce point à la parole divine au point de justifier le crime de son frère par la même religion.

Le Ramadan est une belle occasion pour les musulmans de refaire une « santé spirituelle ».
A ceux qui sont en conflit, à ceux qui se détestent et à ceux qui sont au bord de la rupture, profitez-en pour solder vos comptes.

Le jeûne ne saurait se réduire en une épreuve physique: la privation du corps.
Le Ramadan est multidimensionnelle et multifonctionnelle. S’inscrire dans cette école, c’est accepter tous les compromis au nom de la foi. C’est accepter de pardonner, de partager, de fraterniser…

C’est reconnaitre ses fautes pour aller de l’avant.
C’est penser à l’intérêt de la collectivité d’abord avant de penser à ses propres intérêts.

Dès que la mosquée devient un lieu de contradiction et de confrontation, pas de doute, la foi, va mal. On a laissé la voie d’Allah. C’est le début du déraillement, le recul de la foi.

Seyré SIDIBÉ

©️ via https://ondeinfo.com/la-noblesse-selon-lecole-du-ramadan/

● Y’a ça chez nous ? | Hors-série #2 : Le cas mauritanien | Ausha | Avec l’interview audio de Dr Sidi NDIAYE

Un élément audio descriptif de près d’une heure, très instructif sur les réalités socio-politiques mauritaniennes.

Le Lien du Podcast : https://podcast.ausha.co/y-a-ca-chez-nous-1/hors-serie-2-le-cas-mauritanien

DESCRIPTION

Dans cet épisode, on sort du triptyque Algérie-Maroc-Tunisie pour se rendre légèrement plus au sud. Direction la Mauritanie, un pays situé au entre le Sahara Occidental revendiqué par le royaume du Maroc, l’Algérie, le Sénégal et le Mali. Pour en parler, Sidi N’Diaye, politiste spécialisé dans les violences politiques, ethnopolitiques et les politiques de réconciliation nationale en Mauritanie.

©️ Source initiale : https://podcast.ausha.co/y-a-ca-chez-nous-1/hors-serie-2-le-cas-mauritanien

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● Éléments biographiques de cheikh Madiakho Tandjigora

• Nom complet : El-haj Mohamed ibn el-haj Aboubekr ibn mohamed khalil Tandjigora connu également sous le teknonyme (kunya) Abu Elyas

Il est ressortissant du village sooninké de Kounghany au Sénégal, d’une famille des lettrés religieux et prédicateurs originaire du Mali. Une famille issue de l’ensemble clanique des Cissé. Né en 1953, le professeur communément appelé cheikh Madiakho, est une voix intellectuelle, spirituelle et sociale qui a une certaine aura auprès des communautés sooninkés à travers le monde. Un lettré traducteur, prêcheur consciencieux et penseur très dynamique en réflexions sur l’héritage intellectuel et savant de la voie classique sunnite. Ouvert et témoin de son temps, on peut l’encarter également comme fin éducateur, philosophe, psychologue et observateur attentionné des relations internationales.

L’auteur du livre du Saint Coran traduit (sens des versets) intégralement en langue sooninké paru en avril 2021, voir ce lien https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/04/28/la-parution-dun-ouvrage-dune-portee-intellectuelle-monumentale-en-milieux-soninkes-le-saint-coran-traduit-en-langue-soninke-par-le-professeur-muhammad-diakho-tandjigora/ , est l’objet de notre modeste contribution retraçant quelques éléments biographiques de sa vie. Ici nos sources sont tirées d’une vidéo YouTube https://youtu.be/doMWQg2JVws de la rencontre publique en date 22 février 2016 entre le cheikh et des étudiants sooninkés à l’université de Médine en Arabie Saoudite.

Ci-dessous notre transcription réalisée après une soumission au professeur pour vérification et corrections.

Parcours d’études et enseignants fréquentés :

– Initiation Étude du Coran auprès de cheikh Sikhou Mama Diakho 1957-1961

– Mémorisation d’une partie du Coran auprès d’un lettré religieux Peul cheikh Ahmed Ba 1961 – 1962

– Mahadra de cheikh Hamidou Sita Tandjigora

– Mahadra (10 ans d’études) de cheikh Fodie Makha Dramé de Moudery (décédé 1988)

– Auprès de Kandioura Lamina Dramé

– Auprès de cheikh Al-housseinou ibn Assoura Dramé

– Auprès de cheikh El-haj Bouna Diakhité de Bakel.

– Auprès de cheikh El-haj Fodie Makha Touré

Les efforts et réalisations dans la prédication et l’enseignement :

– Postes d’imam en France :

À Rouen, Miramas, Toulouse, Paris 19ème Foyer Commanderie

– Ses cercles d’études et d’enseignement fondés :

Séances de Tafsir dans Paris 14ème arrondissement (à partir de 1994…)

• Établissements fondés au Sénégal et en Gambie :

– Création avec d’autres partenaires d’une Madrassa (Ibn Massaoud en 1998) à Dakar

– Création avec 2 autres partenaires d’une Madrassa (Ibn Massaoud en 2000) en Gambie

– Création d’une Madrassa dédiée aux filles et femmes (Ibn Massaoud en 2000) à Dakar

– En 2006, fondation d’un collège franco-arabe et de Mémorisation du Saint Coran

• Ses ouvrages et livres en projet :

39 recensés publiés ou manuscrits en projet.

Je peux citer certains de ses livres en français que j’ai eu la chance de lire :

Servitude à Dieu d’Ibn Taymiyya (Introduit, traduit et annoté) paru en 2014

Le mariage forcé en Islam : Des origines coutumières et ancestrales paru en 2006

L’esclavage en Islam (Entre les traditions arabes et les principes de l’Islam) paru en 2004

Déontologie de l’exégèse coranique dans l’enseignement d’Ibn Taymiyya (Introduit, traduit et annoté) paru en 2013




©️ Crédit : premières sources et ressources tirées d’un audio de présentation (Par Ibrahim Korera) ayant comme source initiale la vidéo YouTube citée plus haut.

Longue vie et santé à lui. Ameen

✍️🏿 KS pour le BLOG