✓Mauritanie : lancement par le ministère de l’intérieur d’une plateforme numérique pour les associations

~ Le lien d’accès à la plateforme : http://www.feddam.com/index.php?lang=fr

Saharamedias – Le ministère mauritanien de l’intérieur et de la décentralisation a annoncé vendredi le lancement d’une plateforme numérique pour l’enregistrement de déclarations d’associations, de réseaux et organismes, conformément aux dispositions d’une loi approuvée par le Parlement en février dernier.

Dans un communiqué de presse qu’il a publié sur sa page Facebook, le ministère a dit que cette plateforme vient en application des promesses faites par le président de la république Mohamed O. Cheikh Ghazouani pour la consécration de l’état de droit et des institutions et la mise en place de réformes structurelles au service d’un régime démocratique et le processus du développement du pays.

Le ministère a ajouté que cette plateforme numérique feddam.com intervient conformément à un arrêté qui détermine la nature des communiqués spécifiques à l’enregistrement des déclarations pour la constitution d’associations, d’institutions et de réseaux.

Le ministère a encore dit que l’objectif visé par la création de cette plateforme numérique est de consacrer une vision nouvelle conforme à la constitution, en termes de liberté, d’association ou des organisations, dans le but de créer un mouvement associatif efficace et partenaire du développement national.

Selon le ministère cette nouvelle plateforme sera un outil pour la gestion des associations en application de l’article 12 de la nouvelle loi qui constitue un plus sur la voie de la consécration de l’état de droit et de la justice.

Le ministère a enfin réaffirmé que la loi relative aux associations, institutions et aux réseaux, promulguée en février dernier a constitué une évolution radicale de notre système juridique, en posant les bases d’une approche participative destinée à garantir la présence effective de la société civile et son implication.

L’un des points les plus importants dans la nouvelle loi est le passage du système de récépissé préalable à celui de la déclaration.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=752813

✓Éducatif – Partage médias : Appel solidaire pour la construction d’une madrassa à Nouakchott en Mauritanie



✓Ci-joints le descriptif et le lien de la cagnotte :

https://www.cotizup.com/madrasanouakchott

« Que diriez-vous d’une cagnotte qui augmenterait votre richesse, qui apporterait une bénédiction à vos biens et qui vous assurerait une récompense éternelle ?

Cela correspond à la sadaqa jariya, une récompense dans la vie d’ici bas et dans l’au-delà.

“Lorsqu’une personne meurt, toutes ses œuvres sont interrompues sauf 3 : une aumône continue (sadaqa jariya), une science bénéfique propagée, ou un enfant pieux qui fait des invocations en faveur de ses parents” Muslim.

La Mauritanie est réputée pour l’apprentissage du Coran et des sciences islamiques.

FHC a étudié auprès de oulémas dans le désert mauritanien et est hafidh du coran depuis l’âge de 14 ans. Il dispense des cours de tajwid, Coran, fiqh et ahadiths depuis 11 ans. Il mène les prières de tarawih depuis plusieurs années dans une des mosquées de Nouakchott.

Véritable passionné et personne très humble, il a lancé la construction d’un noble projet, la construction de deux bâtiments de 120m2 chacun :

La madrasa / l’école dans laquelle les enfants / adultes étudient.

Le lieu de vie du professeur et des enfants / adultes qui étudient (chambres, salon, cuisine, salle de bain…)

…mais les moyens financiers manquent ! Nous avons besoin de vous.

A savoir que les enfants / adultes peuvent venir :

en internat à ce moment ils sont logés, nourris et ils étudient avec le moualim.

En externat à ce moment ils sont présents pour les cours puis s’en vont chez eux.

Actuellement dans un logement provisoire chez de la famille, le professeur a 9 enfants en internat et 30 en externat.

Ci dessus les plans architecturaux ainsi que des photos de l’état de construction actuel. Nous en sommes aux fondations pour la madrasa, concernant le lieu de vie les pièces sont juste tracées au sol.

Le but principal de cette cagnotte est finir la construction des 2 bâtiments pour un montant de 23 000 euros. Ce prix comprend l’achat des briques, du fer, du ciment, du sable, du gravier et les heures de travail des maçons.

A travers ce noble projet, Allah ﷻ nous donne la possibilité de contribuer. Quelque soit le montant tout pèse dans la balance de l’au-delà et sera récompense bi idhnillah.

Si vous ne pouvez pas participer financièrement partager cette cagnotte autour de vous.

Fraternellement

Une sœur fisabillilah »

https://www.cotizup.com/madrasanouakchott

✓Pout Dagne – L’enterrement refusé à une personne, à cause de ses origines : La Société civile dénonce un acte illégal | Sénégal

L’info révulse tout le monde. Elle révolte la Raddho, la Lsdh, Afrika jom center et Amnesty international Sénégal, qui dénoncent le refus du chef de village de Pout Dagné, situé dans la commune de Notto Diobass, d’autoriser l’inhumation de Khady Faye dans le cimetière du village, décédée le 25 décembre 2021. Le motif invoqué pour lui refuser une sépulture ? Elle appartiendrait à la caste des griots. «Ce même village avait défrayé la chronique en 2019, avec un fait similaire, resté sans conséquences de la part des autorités étatiques», rappellent les quatre organisations, qui ont signé un communiqué conjoint pour condamner «fermement cet acte illégal du chef de village de Pout Dagné». Elles «appellent les autorités étatiques compétentes à trouver, sans délais, une solution définitive à la situation qui prévaut dans ce village». «Nos organisations rappellent que la Constitution du Sénégal et les traités internationaux de droits humains dont l’Etat du Sénégal est partie, posent le principe de l’égalité des cito­yens en dignité et en droits, et interdisent la discrimination sous toutes ses formes», poursuivent Alioune Tine et Cie, qui «exhortent les autorités religieuses du pays, musulmanes et chrétiennes, à continuer la sensibilisation en vue de l’éradication de la discrimination basée sur les castes et l’ascendance, qui est contraire aux préceptes prônés par ces religions et les lois de la Répu­blique»

©️ Crédit source : https://lequotidien.sn/pout-dagne-lenterrement-refuse-a-une-personne-a-cause-de-ses-origines-la-societe-civile-denonce-un-acte-illegal/

✓Le mouvement IRA bientôt officiellement reconnu | L’annonce du leader abolitionniste BDA (28/12/2021) à Nouakchott

Le mouvement abolitionniste Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA) dirigé par le député Birame Dah Abeid sera officiellement reconnu dans les tout prochains jours, en principe avant la fin de l’année en cours.

C’est ce qu’a déclaré le président du mouvement au cours d’une conférence de presse tenue ce matin à Nouakchott.

« Ce sera le plus grand événement d l’année 2021. Il y aura une remise solennelle du récépissé de IRA par le gouvernement mauritanien. » a déclaré Birame qui a ajouté que cette reconnaissance a été rendu possible par la loi sur les associations avec son régime déclaratif. Une loi qu’il a vivement salué au passage affirmant qu’il s’agit d’une loi révolutionnaire. « C’est la plus grande réalisation depuis 1978 » a-t-il souligné.

Le député a rappellé le parcourt agité du mouvement IRA, ses heurts et ses malheurs au cours de la décennie écoulé, ses luttes, son approche pacifique, ses victoires et sa reconnaissance sur le plan international qui s’est traduite par l’octroi de prix, l’édition de livres sur le mouvement et son chef et l’intervention de ce dernier devant tous les parlements du « monde libre ».

Et Birame d’ajouter que : « Le mouvement IRA a pu donner un modèle au monde entier. »

L’heure est donc à la reconnaissance sur le plan national grâce à cette loi promulgué par le régime du président Ghazouani. « Et, grâce à cette loi, IRA avec ses dizaines de milliers de militants convaincus s’est réconcilié avec tous les mauritaniens. A cette occasion je lance un appel à tous les militants et à tous les mauritaniens afin de fêter cet événement. C’est un grand pas franchi par la Mauritanie qui met fin à la situation de confrontation », se félicite Birame qui salue au passage les efforts fournis dans ce cadre par le ministre de l’intérieur et le Commissaire aux Droits de l’Homme.

Autre point abordé par le président du mouvement IRA, le discours de Ouadane où le président de la République a vivement condamné les maux et autres anachronismes de la société mauritanienne à savoir le tribalisme, l’esclavage, le système des castes, le sectarisme, le suprématisme…

« Nous nous félicitons de ce paragraphe du discours qui a toujours été le nôtre. Mais nous étions diabolisés et voués aux gémonies et taxés de tous les maux. Aujourd’hui quand le président a parlé des mêmes maux tout le monde a applaudi. » Et Birame d’inviter le président de la République à allier la parole avec les actes.

Le 3ème point soulevé au cours de cette conférence de presse concerne la hausse des prix et du coût de la vie.

Là, le député a pointé du doigt le recul des services techniques de l’Etat qui ne répondent plus depuis 1978 aux attentes des citoyens.

Il a parlé des problèmes de gouvernance, de conscience professionnelle et patriotique, du recul sur le plan moral. Donc une situation délicate note le député que Ghazouani ne saurait régler d’un coup de baguette magique même au cas où lui et tous ses collaborateurs avaient toute la volonté, ce qui n’est pas le cas.

Malgré tout, selon Birame, Ghazouani a fait bouger les lignes. Il a apporté du neuf et « même si beaucoup le négligent nous, nous l’apprécions. »

Le président du mouvement IRA a souligné la nécessité d’accorder des circonstances atténuantes au président Ghazouani et de l’épauler durant son mandat qui ne dure que 5 ans dit-il.

Il a balayé d’un revers de la main les accusations selon lesquelles il serait de mèche avec le pouvoir. « Nous avons été les premiers à accepter la main tendue et le dialogue avec le pouvoir. Pour cela nous avions été sévérement attaqués par les autres qui finalement nous ont tous suivis sur cette voie, un à un. Et ils sont même allés plus loin que nous. Pour beaucoup, opposition rime avec confrontation. Nous avons une compréhension différente. »

Ainsi, pour Birame ce n’est pas logique de chercher la confrontation avec un régime aussi fréquentable.



Bakari Guèye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/le-mouvement-ira-bientot-officiellement-reconnu/

« Je ne dis pas Éric Zemmour président, mais tout individu portant ses idées conduira la France à sa perte » | Par Souleymane Sidibé (Bordeaux)

Le général Bertrand de La Chesnais est le directeur de campagne d’Eric Zemmour. Cet ancien haut gradé, quatre étoiles de l’armée de terre, est officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du mérite.
Aujourd’hui conseiller municipal, il rejoint en homme politique l’ex polémiste. Mais « quelque chose ne va pas au Royaume de France » dixit Jeanne d’Arc.

Et bien ! Sous la bénédiction de personnes augustes, Éric Zemmour passe de polémiste à la télé à candidat aux élections présidentielles françaises. -Je m’abstiens très souvent à faire des commentaires sur l’actualité politique française, car j’ai celle de mon pays qu’est la Mauritanie à traiter.

Pour nous autres qui avons appris l’histoire de France, les grands noms et dates, la littérature, la poésie française, la culture, etc., on ne peut signifier à la France que chantait Joachim Du Bellay qu’elle risque de tomber si bas :

« France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Si tu m’as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.
Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine
D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
Las, tes autres agneaux n’ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau. »

Ces mots écrits au 16 ème siècle ne s’écorchent-ils pas quand un individu qui n’a pour programme électoral que l’immigration et une religion se présente aux élections ? Particulièrement, l’islam.
– Je ne dis pas Éric Zemmour président, mais tout individu portant ses idées conduira la France à sa perte. La géopolitique actuelle montre les limites des actions des président.e.s.

L’économie, la puissance et la superpuissance reposent sur plusieurs facteurs : inconnus du grand public mais pas des politiques.
Que serait la France sans l’Afrique ? Sans vagues migratoires ? Celles-là mêmes qui sont la conséquence d’une politique qui entérine tout espoir chez des milliers de gens en Afrique.

©️ Crédit source : reçu de l’auteur via post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=5047765505243095&id=100000290871124

✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec Mr Mahamadou Marega (Étudiant à L’UCAD)

– Nous vous présentons l’interview accordée par un frère soninké de Golmy au Sénégal. Âgé de 33 ans, Monsieur Mahamadou Marega, étudiant à L’UCAD – Dakar, est déjà titulaire d’une licence en Études Arabes (option Pensée Islamique). Il s’exprime souvent à travers de posts FB pleins de sagesse et d’inspiration intellectuelle. Nous lui souhaitons une paisible continuation dans l’ensemble de ses projets. Nos vifs remerciements pour sa disponibilité en répondant à notre sollicitation.

Lire ci-dessous ses éléments de réponse à nos questions.

Question 1 : Bonjour Monsieur Muhammad Marega , pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mahamadou Marega :
Je m’appelle Mahamadou Marega.
Je suis étudiant, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Et je suis titulaire d’une licence en études arabes (option pensée islamique).


Question 2 : En tant que jeune africain universitaire , êtes-vous engagé dans une Cause (politique, associative, culturelle ou sociale) d’intérêt général ? Si oui dans quel cadre et avec quels moyens pour atteindre vos objectifs ?

• MM : Pour le moment, je ne suis membre de façon active dans aucune association à caractère politique, social, culturel ou humanitaire. Même s’il y a des associations avec qui, je suis en phase sur le plan idéologique et que je défend de façon sympathique.

Question 3 : Ces dernières années la communauté soninké connaît des soubresauts sociaux autour de la problématique de l’esclavage par ascendance, quelle analyse faites-vous de la situation ? Vos commentaires sur la dynamique abolitionniste transnationale en cours portée par le mouvement Gambanaaxu Fedde..?

MM : effectivement, la société sooninké traverse des grands problèmes d’ordre sociétal, politique et économique. Et la problématique de l’esclavage par ascendance fait partie de ces problèmes-là, il faut le reconnaître. Par ce que pour résoudre un problème ça commence d’abord par reconnaître son existence. Le nier, c’est le condamner à se développer et à se complexifier. Bref, notre société est conservatrice et inégalitaire, et il y a beaucoup de paradigmes qui ne conviennent plus à notre époque. L’esclavage par ascendance est l’une des tares congénitales de notre société. Nous devons y faire face pour l’éradiquer par tous les moyens possibles. En ce qui concerne le mouvement Gambanaaxu Fedde, je pense que franchement parler, c’est un mouvement avant-gardiste et humaniste de par sa philosophie qui prône l’égalité et la justice sociale. Cela dit, un tel mouvement doit être soutenu, parce qu’il y va de l’avancée de notre société.

Question 4 : Quelles pistes de solutions pensez-vous nécessaires pour débloquer les régimes d’organisation coutumière dans certaines sociétés ouest-africaines figées dans des hiérarchies sociales datant d’une époque lointaine (par exemple le cas soninké) ?

MM : comme je l’ai dit plus haut, la société conservatrice qui obéit à une stratification socioprofessionnelle qui, répondait autrefois à des besoins sociétaux, mais force est de reconnaître que le système d’organisation sociale et coutumière n’a plus sa raison d’être. Car, il constitue un véritable obstacle au développement du Soninkara. D’où la nécessité de mener un combat aussi intellectuel que pratique en vue de le changer.


Question 5 : Votre pays, le Sénégal a connu certains mouvements contestataires et d’autres qui y couvent liés à la vie politique, qu’est-ce qui perturbe réellement la démocratie sénégalaise connue comme relativement sereine en comparaison à d’autres pays voisins historiquement ?

MM : Il y a deux points, à mon humble avis, qui perturbent et empêchent la démocratie sénégalaise de jouer pleinement son rôle : le fait que la justice n’est pas indépendante, puisque sans une justice indépendante devant laquelle tous les citoyens sont égaux et justiciables, et d’autre part, le manque d’équité social en matière de redistribution de richesses. Ce qui crée une frustration chez beaucoup de gens, notamment, les jeunes qui n’ont plus des perspectives d’avenir et les événements du 23 Mars en ce sens sont une preuve éclatante.


Question 6 : Le fait culturel, politique et social autour de la Religion dans nos communautés et nos pays, constitue une donnée importante, complexe et à la fois sensible, quelle lecture globale faites-vous de cette situation ?

MM : Mon avis, le fait culturel et le fait religieux sont indissociables puisque la culture est le réceptacle de la religion, mais cela ne veut pas dire que la religion doit être complètement moulée dans le fait culturel. Seulement, avoir l’intelligence de lire le corpus religieux sous la lumière de nos réalités socioculturelles, faute de quoi il y aura toujours des tensions ou des incompréhensions qui peuvent empêcher la religion de jouer pleinement son rôle à la fois éducatif et spirituel.

-Fin

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓Mauritanie | Quand les idéaux Ganbanaaxun Fedde se retrouvent dans le sermon « national » du vendredi 17 décembre 2021.

Ainsi j’introduis mon propos par : «Toute vérité passe par trois étapes, d’abord elle est ridiculisée, ensuite elle est violemment combattue et enfin elle est acceptée comme une évidence.» .
Cette assertion qui est douteusement attribuée au philosophe allemand du pessimisme Arthur Schopenhauer, résume relativement le parcours du dynamique éveil abolitionniste et anti-esclavagiste en cours en pays soninké, sous le vocable GAMBANAXUN FEDDE. GAMBANAXU , concept porteur d’une profonde philosophie sociale et humaniste s’articule autour de l’Egalité et la Dignité en droits et en devoirs. En gros l’idéal d’une norme civilisationnelle où l’Humanité Première de l’Homme devient sacrée et inviolable face aux égos toxiques émergés et entretenus culturellement et socialement par les violences. Les humains s’organisent souvent par l’intelligence de la violence contre la NATURE et rarement par l’intelligence de la MORALE pour le SENS.

Oui l’éveil Gambana secoue amèrement les consciences et les certitudes des adeptes du fatalisme religieux et coutumier dans la communauté soninké. Ceux qui considèrent que tout est déjà acté et fini dans le schéma sociétal où les subalternes s’acceptent et les privilégiés veillent résolument. Ainsi en fin 2016, justement il y a 5 ans, au cœur du Guidimagha mais pas seulement, l’ordre féodal soninké se mettait en rangs serrés par tous les moyens pour que l’appel pacifique Gambanaaxu soit sali, saboté, diffamé et détourné.

L’esclavage par ascendance faisant partie du système hiérarchique de la société, est démasqué à vif par l’élan militant antiesclavagiste par un discours efficace arrimé aux textes fondamentaux de nos États. C’est-à-dire le Citoyen s’est exprimé ouvertement et son vernissage coutumier du casté ou du relégué social , a fondu irréversiblement. Menaces, diffamations, harcèlements administratifs et judiciaires, emprisonnements, expropriations, agressions, embargo social…la liste est longue, ont été mis en branle farouchement contre les militants et les familles qui ont osé s’extirper du régime de Ladalenmaxu. Ce Lada soninké qui fait office de constitution sociale intracommunautaire, défie à la fois La Loi du pays et la profonde philosophie humaniste prônée par La Religion. Certains milieux réactionnaires foncièrement esclavagistes qui vouent une haine viscérale à l’endroit de l’éveil Gambana, vont tomber dans la rengaine apologétique de l’esclavage avec un grand zèle. En Mauritanie, la Loi 2015 – 031 portant sur la criminalisation de l’esclavage et ses séquelles, est même defiée ouvertement parce que les apologistes comptent bénéficier des largesses administratives et judiciaires venant de leurs soutiens silencieux dans les rouages étatiques. Finalement la justice a commencé à sévir mollement, et l’atmosphère de l’apologie prend un coup de semonce psychologiquement significatif parmi les cas extrémistes. Et ces derniers jours le discours présidentiel de Ouadane est sans équivoque. Les préjugés sociaux dont il a fait référence, sont également ces coutumes ségrégationnistes et discriminatoires véhiculées socialement par le Ladalenmaxu soninké. Un mécanisme complexe d’apparence inoffensif alors qu’il constitue le nœud de tous les symboles discursifs et comportementaux de l’esclavage par ascendance et du système des castes.

Après Ouadane, l’injonction ministérielle pour un sermon unifié du vendredi 17 décembre 2021 sur le plan national, avec la thématique principale censée être abordée, la problématique liée aux mépris sociaux et culturels de l’ascendance. Des références coraniques et des données rapportées de la Tradition Prophétique, sont convoquées dans les prêches pour indexer la toxicité de la vantardise par ascendance et le mépris héréditaire attribué parmi les Hommes, et de surcroît appartenant à une même communauté de fidèles. Une séquence en terme de portée symbolique qui abonde clairement dans le sens de l’argumentaire du militantisme Gambanaaxu. Concernant la lutte contre l’esclavage et ses diverses manifestations sociales en Mauritanie, au cours de cette décennie après le big-bang du 27 avril 2012 (autodafé des livres fiqhis esclavagistes) du leader d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid, il est important de retenir les mots du président El Ghazouani à Ouadane et le Khotba unifié de ce vendredi dernier.

Ainsi, ce sont la Mauritanie et la Dignité humaine qui engrangent des points valeureux.



– KS

✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec la sociologue et militante Dieynaba NDIOM

À la fin de cette année 2021, la rubrique Le Grand Entretien du Blog (le GEB) reçoit l’interview d’une dynamique militante mauritanienne, Madame Dieynaba NDIOM. Engagée féministe et membre active du parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de Samba Thiam, la sociologue a répondu favorablement à notre sollicitation d’entretien. Nos vifs remerciements à son endroit. Retrouvez ci-dessous le contenu de cet entretien.

✓Question 1 : Bonjour Madame Dieynaba N’diom, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dieynaba NDIOM : Je m’appelle Dieynaba NDIOM, Féministe, Femme politique et Sociologue de formation.


✓Question 2 : Quels sont vos engagements militants (associatifs et politiques) en Mauritanie ?

• DN : Je suis engagée dans deux associations mauritaniennes :
Voix des Femmes, qui est un collectif de jeunes féministes mauritaniennes
Initiative pour la Santé de le Reproduction, qui est une association qui travaille sur toutes les questions liées à la santé de la reproduction, comme son nom l’indique.
Sur le plan politique, je suis engagée au sein du parti FPC (Forces Progressistes du Changement), dont je dirige la fédération de Nouakchott.

✓Question 3 : En étant une femme engagée publiquement, rencontrez-vous des écueils sociaux et discriminants liés au genre? Et également quelle analyse faites-vous autour de la condition féminine en Mauritanie aujourd’hui en 2021 ?

DN : Pas spécialement dans les organisations où j’évolue, cependant les organisations associatives comme politiques sont à l’image de notre société, toutes les pesanteurs socioculturelles y sont palpables. Les conditions des femmes en Mauritanie sont de plus en plus difficiles sur quasiment tous les plans : Niveau juridique, toujours pas de loi sur les violences que subissent les femmes, dans le milieu familial, professionnel, dans l’espace public etc. Niveau politique, avec l’actuel régime ; c’est plutôt la régression sur le nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Niveau social, nous sommes restés cette société très conservatrice avec un système social très hiérarchisant et discriminatoire, d’où les relations de pouvoirs sont omniprésentes.

✓Question 4 : Ce 28 novembre 2021, jour du 61ème anniversaire de l’indépendance nationale, une manifestation a été réprimée dans la ville de Bababé, pouvez-vous nous donner quelques éclaircissements sur ces événements en tant que militante politique ?


• DN : Comme chaque 28 novembre, depuis 30 ans actuellement, une partie de la Mauritanie demande justice sur les crimes commis, c’est également l’occasion de revenir sur tous les épisodes sombres de la Mauritanie à l’égard de sa composante noire, qui continue d’ailleurs de plus belle sous d’autres formes. Ainsi, différents événements (sit-in ; marche ; conférence de presse…) se font chaque 28 novembre à Nouakchott et/ou à l’intérieur du pays. Cette année à Bababé s’est tenue une manifestation, comme les années précédentes, mais violemment réprimée. Plusieurs jeunes blessés, ce qui a valu leur évacuation sur Dakar pour des soins. La lecture que j’en fais, connaissant bien ces jeunes, le pouvoir n’a fait que renforcer leur détermination. La répression atteint rarement les esprits déjà éclairés.

✓Question 5 : En Mauritanie, les problématiques liées à l’esclavage font partie de l’actualité d’une manière sporadique, selon vous pourquoi arrive-t-on pas à éradiquer ce phénomène pour de bon ?

DN : Comme je disais plus haut, notre société est conservatrice et surtout très discriminatoire. Nous avons beaucoup de tares, beaucoup de soi-disant valeurs qui ne sied plus à notre époque. L’esclavage est l’une des pires pratiques qui existe dans notre société. Nous devons faire face à cette réalité et la combattre avec toutes nos forces, même si nous savons que des murs se dresseront, car entre les privilégiés de cette pratique et notre Etat si frêle, le chemin est encore très long.

✓Question 6 : Autour de ce même phénomène (l’esclavage ou ses conséquences sociétales) , historiquement un certain tabou couve en milieux negro-mauritaniens (hors haratines), réellement qu’en est-il dans la société Peul? Le construit culturel qui tient à une certaine hiérarchisation sociale ne constitue-t-il pas un écueil pour l’émergence d’une mobilisation militante d’envergure cohérente et transversale dans le champ revendicatif à l’échelle nationale?

DN : La société peul, comme les autres communautés est définie par une hiérarchisation sociale, qui même si jadis répondait à des métiers socio-professionnels, aujourd’hui n’a plus sa raison d’être et elle constitue un frein à ce que nous pouvons construire ensemble. L’intersectionnalité entre nos différents combats est notre seule issue vers une Mauritanie juste et fière de sa diversité.

Fin

~ 18 décembre 2021

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓ Sermon « national » du Vendredi sur les discriminations liées aux castes en Mauritanie | La réaction d’une personnalité de la société civile Mr B.M Coulibaly

La décision du gouvernement Mauritanien d’axer les Quotbas de ce Vendredi 17 décembre sur la question des discriminations basées sur l’esclavage et les assignations qui se perpétuent par ascendance et ce suite au discours du président de la république prononcé à Wadane constitue un signal fort vers la déconstruction des tares jusque la considérées comme des tabous. Cela rappelle aux partisans de l’immobilisme qu’on ne peut dissocier notre patrimoine culturel de l’islam qui constitue notre première source d’inspiration spirituelle et morale. Si on veut combattre ces discriminations et ce mépris on doit s’attaquer aux pratiques quotidiennes par lesquelles cela se manifeste. Chez les negro africains par exemple l’assignation se traduit dans les mosquées qui sont des citadelles uniquement réservées à certaines personnes sur la base de leurs origines sociales. Par conséquent le législateur a besoin de rappeler dans une loi forte et claire que les mosquées conformément à l’islam sont des lieux qui appartiennent à Allah SWT et non à des familles sur une base héréditaires. Une telle mesure parmi d’autres aiderait à déconstruire les mentalités et à jeter les bases dune véritable cohésion sociale. Sinon comment peut on expliquer à un enfant qu’il a les meme droits et les mêmes devoirs que son prochain si certaines fonctions lui sont interdites à vie .
Nous saisissons encore une fois cette tribune pour saluer le courage et la sérénité du President de la république en nommant une question jusque-là banalisée par les lobbies féodaux et qui est à la base de toutes les discriminations inutiles et insensées qui retardent notre marche vers le développement.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=5001553506521646&id=100000011376178

✓MON HUMBLE AVIS SUR LES LANGUES NATIONALES EN MAURITANIE | Par Cissé Ibrahima DIALLO


Selon mon humble remarque et ma position de la même nature que la remarque en terme de langues nationales, je me dois de dire que toute chose a une première . Les langues scientifiques qui servent de véhicules entre les habitants de la planète aujourd’hui ne se sont pas transformées en un seul jour par un coup de baguette magique en langues scientifiques . Elles ont certainement transité par plusieurs mutations évolutives avant d’atteindre le degré de performance et d’efficiences qu’elles ont atteint jusqu’ici. Aussi, pour éviter des erreurs fatales, je pense qu’il faut étudier en profondeur les buts que l’on veut s’assigner pour la mise en place de ces langues : Est-ce par la volonté de mettre en valeur chaque langue afin que les citoyens du pays ne soient pas lésés de l’ignorance d’une de ces langues ? Est-ce uniquement par chauvinisme égocentrique ? Est-ce pour servir de véhicules communicatifs pour l’administration? De véhicules de développement économique et, ceci dès leur éventuelle adoption technique par l’Etat etc…? Donc impérativement scientifiques, dans ce dernier cas!
En effet, quel que soit le but, elles doivent emboîter progressivement le pas scientifique impératif pour être opérationnelles et répondre totalement à l’exigence de la cohésion sociale absolument nécessaire en terme de relation économique internationale. C’est pour quoi selon une certaine vision, vouloir à tout prix se séparer de la langue scientifique en l’occurrence le français pour la faire remplacer par nos langues loin d’être prêtes à un usage technique et scientifique conséquent, équivaut à se hasarder dans une approche difficilement fructueuse à court et même à long terme.

Par ailleurs, OUI, il faut les conserver et préserver, nos langues mais cette volonté passe nécessairement par une programmation ambitieuse bien réfléchie. La chance nous sourirait en cela puisque des caractères graphologiques latino arabe existent déjà chez nous. Mais compte tenu de la ferme volonté de certaine couches de notre société à vouloir bannir la langue française scientifique de nos institutions, ce serait plus logique de créer nos propres caractères graphologiques à l’instar de certains peuples de la planète qui sont en la matière totalement indépendants. Une telle décision épouserait mieux cette volonté farouche de chercher à bannir une langue scientifique aussi opérationnelle la balayant d’un revers de la main. Langue que l’on utilise partiellement en interne et, à un haut degré de pourcentage en mode relation internationale.

Il serait à retenir que le premier outil de développement est bien la langue; de ce fait, il est plus que nécessaire qu’une langue qui a vocation d’être outil sur la scène internationale s’arme d’être scientifique, ce qui est très loin d’être le cas de nos langues aujourd’hui. Il serait judicieux de conserver la langue scientifique de communication comme didacticiel pour transcrire ses progrès dans nos langues chemin faisant. Le processus sera très long mais moins compliqué que celui qu’ont connu ces langues usage scientifiques opérationnelles qui n’ont profité d’aucunes précédentes mais tout de même ont pu atteindre aujourd’hui le degré performance que l’on connaît tous. C’est pourquoi, il y’a grand espoir que le processus de l’indépendance linguistique que prônent une frange des citoyens est légitime et réalisable. Cependant, si l’on veut labourer son champ l’on ne met pas la charrue avant les bœufs! Alors, il serait plus sage de commencer par le commencement : bien enseigner nos langues, OUI, mais parallèlement à l’enseignement de la langue scientifique de communication quasi-internationale qu’est le français en guise de didacticiel.
Donnons un petit exemple comme réflexion : avec le progrès scientifique, l’arrivée de l’informatique et la téléphonie beaucoup de nouveaux mots sont venus enrichir notre espace linguistique des mots qui n’existaient pas car nous n’avons jamais été ou très peu inventifs, nous devrions d’ores et déjà savoir transcrire dans nos langues ces mêmes mots au lieu de les altérer quant à leur prononciation originelle par exemple : coura pour courant; telfo pour téléphone; resso pour réseaux etc…pour être plus sage au lieu de déformer il faut tenter de créer les équivalents linguistiques quand bien même ces langues également ont des emprunts étrangers parfois. Tel serait l’indépendance totale dans l’avenir. Le chemin sera certes très loin mais l’altruisme voudrait que l’on omette pas de semer le grain d’une plante de nature grande parce que l’on ne serait pas là pour profiter de son ombrage, mais plutôt le faire en pensant que les générations suivantes pourront en profiter de la même manière que l’on profite actuellement des investissements des générations précédentes. Après tout, si l’on veut aller loin, il faut ménager sa monture; autrement dit garder la langue scientifique de communication que l’on dispose en l’occurrence le français, en tirer plus de bénéfice en terme de didacticiel pour au moins transcrire le langage de ses inventions en attendant que l’on puisse peut-être un jour savoir créer nous aussi. Vouloir aller plus vite que nos facultés cognitives et pratiques en l’occurrence c’est quelque part accepter des gros risques de fourvoiement répétitif et de perte de temps; Dieu sait que je ne suis pas défaitiste ni déraisonnablement fataliste mais tout simplement réaliste.
Merci

Nouakchott, le 17 décembre 2021

Cissé Ibrahima DIALLO