Il existe une part historique indéniable expliquant la propension de l’Africain à devenir un despote. En Afrique, il n’y a de pouvoir que dans la verticalité. Le chef appartient à une famille qui se fabrique souvent une généalogie fabuleuse- souvent apparentée aux génies, aux diables et aux forces occultes- afin d’être craint et vénéré.
Être un surhomme inspire la crainte et instille dans l’esprit des autres l’idée qu’ils sont nés pour être dominés ; le chef et sa famille seraient, quant à eux, porteurs d’une essence quasi divine qui leur confère le droit de diriger et de gouverner sans partage.
C’est assurément ce qui explique que le pouvoir en Afrique, hier comme aujourd’hui, n’ait jamais su se libérer de la sorcellerie, de la magie noire, des sacrifices humains et de toutes sortes de pratiques irrationnelles destinées à rendre les tenants du pouvoir éternels. Toute contradiction, toute opposition au chef n’est pas tolérée et est considérée comme un défi, un crime de lèse-majesté. En soninké, par exemple, un adage traduit bien cet état d’esprit et le pouvoir hors norme du chef en ces termes : « Le chien du chef est un chef. »
Ainsi, la dictature est congénitale au pouvoir en Afrique. Si le chef n’est pas fort, impitoyable, sadique voire sanguinaire, c’est le peuple lui-même qui cherche à le destituer, car le pouvoir doit être sans partage, sans pitié, et incarner la puissance. La fébrilité, l’empathie, la clémence et l’humilité sont perçues comme des signes de faiblesse et d’incompétence voire l’illégitimité.
Qu’en est-il alors du rapport du pouvoir africain avec le bien public ?
Le pouvoir africain, étant par essence autoritaire et autocratique, ne peut concevoir une gouvernance transparente et collégiale des ressources et des biens publics. Il n’existe aucune séparation entre le bien privé et le bien public. Le chef a le contrôle sur tout, le monopole sur tout. D’ailleurs, nos populations sont tellement « vassalisées » qu’elles trouvent cela normal. La prédation des biens publics et l’enrichissement illicite n’avaient même pas de sens dans nos sociétés, où le chef se prêtait les attributs du créateur. Pour la petite anecdote, le tout-puissant mansa Kankou Moussa avait mis la main sur tout l’or du Mali. Lors de son expédition, raconte-t-on, le prix du précieux métal baissa partout où le souverain passa. Il en distribua généreusement aux dignitaires arabes. L’Africain se nourrit d’orgueil et de louanges, et aime être chanté et vanté, ce qui consolide le culte de la personnalité. Or, le culte de la personnalité est indissociable de la dictature. In fine, on se plaint de la dictature et d’un pouvoir prédateur et arrogant. Certains Mauritaniens vont jusqu’à dire que seul un militaire peut diriger le pays, comme si l’autorité de l’État devait nécessairement être celle d’un homme providentiel. La meilleure autorité est celle de la loi : des lois justes que l’État applique sans complaisance à tous les citoyens.
Nous avons pris connaissance de l’interview publiée sur le site Le Calame, laquelle ne se distinguait ni par la qualité du fond des réponses, ni par l’exactitude des informations. Le président n’a d’ailleurs pas été en mesure de réfuter un seul des motifs que nous avions exposés dans notre communiqué, dans lequel nous avions clairement expliqué les raisons de notre refus d’approuver le projet de budget du Conseil régional du Guidimakha pour l’année 2026, en raison du fait qu’il ne sert pas le développement local, ne tient pas compte des priorités de la wilaya ni des besoins des populations, et n’est pas orienté vers le soutien de programmes de développement répondant réellement aux conditions de vie des citoyens. Bien au contraire, ce budget semble programmé pour servir un agenda étroit, révélant une intention manifeste de dilapider les ressources de la région et de les détourner au profit d’un nombre restreint de personnes, dans une logique de corruption aggravée et de gaspillage des deniers publics. Cela a d’ailleurs été confirmé par le président lui-même, incapable de démentir ou de contester les motifs exposés dans notre communiqué publié le 20/11/25. Nous affirmons ici que l’interview publiée comporte un ensemble de contrevérités et d’interprétations erronées visant à tromper l’opinion publique et à détourner le débat de l’essence même du problème réel au sein du Conseil régional. C’est ce qui nous a conduits à répondre à l’interview du président Issa Coulibaly, intervenue près d’un mois après les faits. Si cette réaction tardive constitue en elle-même une preuve de la faiblesse de ses arguments et de leur manque de pertinence, il demeure néanmoins important de remettre les choses dans leur juste contexte et d’exposer, en toute transparence, les faits suivants : • Premièrement : Le rejet du budget repose sur des raisons objectives liées à sa programmation et à son orientation, contrairement à ce qui a été avancé dans l’interview. Nous réaffirmons que le rejet du projet de budget 2026 n’est nullement le résultat de « pressions » ou de « revendications d’avantages personnels », mais découle de sa non-conformité à l’article 63 de la loi organique n°010/2018 portant création des conseils régionaux, lequel stipule que les opérations d’investissement doivent obligatoirement faire l’objet d’une répartition sectorielle et territoriale. Or, cette exigence n’a pas été respectée dans le projet de budget 2026, en raison de dysfonctionnements flagrants dans son élaboration et de l’absence de priorités de développement au service du citoyen. En effet, sur un budget d’investissement de 251 millions d’ouguiyas, 200 millions ont été affectés à des investissements liés au siège du Conseil régional et à ses dépendances, ou plus précisément à une tentative de dilapidation de ces fonds à travers des lignes budgétaires rattachées au bâtiment du Conseil lui-même. À titre d’exemple : • 90 millions d’ouguiyas pour la construction d’un parking ; • 45 millions pour l’achat d’un engin de chargement destiné aux équipements de déchargement ; • 25 millions pour le remblaiement d’un cratère devant le siège du Conseil et la réparation d’éventuelles pannes des machines agricoles ; • 20 millions pour la réhabilitation du bâtiment du Conseil ; • 6 millions pour l’ouverture d’un site du Conseil ; • 8 millions pour l’achat de matériel de bureau ; • 2,5 millions pour du matériel informatique, et d’autres dépenses similaires qui ne servent ni l’intérêt général ni le développement local. Ces dépenses sont en totale contradiction avec le rôle de développement attendu du Conseil régional, lequel consiste à promouvoir le développement local, et s’apparentent davantage à la poursuite d’intérêts particuliers visant à manipuler les ressources publiques allouées à la région du Guidimakha et à les gaspiller d’une manière contraire aux principes de transparence dans la gestion des finances publiques. À cela s’ajoute une manipulation manifeste du budget de fonctionnement, d’un montant de 171 millions d’ouguiyas, dont la quasi-totalité, après déduction des droits légaux, était sur le point d’être affectée au poste des frais de restauration, un poste notoirement vague et souvent utilisé comme moyen de corruption et de détournement. Nous réaffirmons également qu’aucun vice-président ni aucun conseiller n’a évoqué des avantages personnels, et que l’administration était représentée par le conseiller du wali, témoin des débats, des positions exprimées et des critiques objectives formulées à l’encontre de la méthode d’élaboration du budget, auxquelles le président n’a apporté aucune réponse sérieuse. ● Deuxièmement : L’accusation d’absentéisme des conseillers est une tentative d’évitement du fond du problème. La remise en cause de la présence ou de l’absence des conseillers constitue une manœuvre évidente visant à détourner l’attention des véritables questions de fond. La présence effective des conseillers est pourtant établie dans les procès-verbaux des sessions, leurs participations sont documentées, et ils ont exercé pleinement leur droit légal au débat et au vote. Quant aux allégations relatives à la présence supposée de certains conseillers en France ou à leur absence permanente, elles relèvent de simples surenchères sans aucun fondement officiel et ne sauraient dispenser du respect de la loi. Nous tenons également à préciser que les conseillers Sidaty BAH, Neffé GANDEGA et Moussa SOUMARÉ n’ont à aucun moment évoqué la question des indemnités de session, lesquelles sont insignifiantes, mais ont exprimé des positions fondées sur leur conviction de la nécessité de respecter la loi et de refuser les pratiques de manipulation, de corruption et de clientélisme qui ont dominé le fonctionnement du Conseil régional du Guidimakha. ● Troisièmement : la question des indemnités des vice-présidents Le président a évoqué son refus de verser les indemnités aux deux vice-présidents, Cheikh ABDERRAHMANE et DIOUMA GANGUE, tentant ainsi de faire croire à l’opinion publique que le rejet du budget par ces derniers n’était qu’une réaction à cette décision. Nous affirmons clairement que le rejet du budget repose exclusivement sur les raisons exposées au premier point, lesquelles sont évidentes et pleinement justifiées, et qu’il n’a aucun lien avec les indemnités des vice-présidents ou de tout autre conseiller. À ce propos, il convient de rappeler que : • L’article 20 de la loi organique n°010/2018 stipule que les vice-présidents bénéficient d’une indemnité de fonction, tandis que le président perçoit une indemnité de fonction et de représentation. Il s’ensuit que l’indemnité des vice-présidents n’est nullement liée à leur présence ou à leur absence, mais constitue un droit attaché à leur fonction, dès leur élection. Toute autre interprétation est contraire à la loi et constitue une injustice manifeste. • Le président reconnaît lui-même avoir versé 18 mois d’indemnités. Dès lors, s’il considère ces indemnités comme illégales, pourquoi les a-t-il versées initialement ? Et pourquoi reconnaît-il ainsi sa propre violation de la loi ? Toutes les tentatives du président pour légitimer son acte illégal ont échoué, y compris auprès des ministères de tutelle et du Premier ministre. Ce dernier lui a clairement signifié que cette décision ne relevait pas de ses prérogatives et qu’il devait restituer les droits des vice-présidents. Nous rappelons enfin que le Conseil régional est une institution publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, que nos droits sont légalement établis et imprescriptibles, et que nous les recouvrerons exclusivement par les voies légales. ● Quatrièmement : la prétendue existence d’un accord sur une présence mensuelle Le président affirme l’existence d’un accord prévoyant une présence de dix jours par mois, ce que nous démentons catégoriquement. Aucun document ni aucune preuve ne viennent étayer cette allégation. De surcroît, les vice-présidents ne sont pas deux mais cinq, et aucun accord contraire à la loi ne peut être conclu en dehors d’eux. ● Cinquièmement : parler de « crise fabriquée » contredit la réalité La réalité est celle d’une crise authentique résultant d’une mauvaise gestion, d’un manque de transparence et de la marginalisation des rôles légaux des conseillers. Le rejet du budget 2026 ne saurait être qualifié de simple « complot », mais découle d’un dysfonctionnement profond du mode de gouvernance régionale. ● Sixièmement : la corruption et la mauvaise gestion sont manifestes Tout le monde sait que le Conseil régional du Guidimakha est englué dans la corruption et la mauvaise gestion, comme en témoigne l’absence de réalisations concrètes à la hauteur des ressources disponibles, l’opacité entourant les recettes issues des tracteurs et des camions, l’exagération des dépenses de carburant dépassant 20 millions d’ouguiyas, ainsi que l’attribution illégale de marchés par entente directe, dont le contrat de fourniture d’internet n’est qu’un exemple parmi d’autres. D’autres dysfonctionnements seront révélés en temps opportun. Nous réaffirmons enfin que les projets du programme gouvernemental d’urgence sont des projets de l’État, et non des réalisations propres au Conseil régional. Nous saluons les efforts du gouvernement du Premier ministre Moctar Ould Djay et la mise en œuvre de la vision de Son Excellence le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mais rejetons toute tentative d’utiliser ces projets comme couverture pour masquer les échecs locaux. Enfin, on peut dire que la tentative du président de rejeter la responsabilité sur les autres est une démarche qui reflète une incapacité évidente. Au lieu de fournir des explications précises sur les raisons de l’échec de l’adoption du budget, le président choisit d’attaquer les conseillers et de les accuser de complot, alors que la loi leur accorde le droit de discuter, de voter et de refuser. Ainsi, détourner le cours de la discussion de l’évaluation des performances vers des accusations personnelles constitue une fuite devant la véritable responsabilité. Fait au nom du groupe ayant refusé l’adoption du budget,
Après avoir publié deux articles de clarification pour se dédouaner de son implication dans les événements du Fort de Oualata, M. Ghali Soufi adopte une stratégie de diversion qui interroge. Ce procédé a pour effet de détourner l’opinion sur les enjeux réels, se prêtant ainsi à une forme de gymnastique intellectuelle plus que fourbe. Il serait utile que M. Soufi édifie l’opinion davantage sur son rôle dans cette période sombre des années de braise. Toutefois, il serait opportun d’examiner son approche puisqu’il veut recentrer le débat sur « la crise identitaire soninké », mettant ainsi l’accent sur une supposée fracture entre les valeurs ancestrales et les aspirations contemporaines, sans jamais préciser les faits qui motivent cette analyse simpliste, ni le contexte des revendications concrètes portées par ceux qu’il qualifie d’une part de « rebelles » et d’autre, « d’agneaux dociles ». La question qui se pose, c’est de savoir, si M. Ghali Soufi vise uniquement à déplacer le débat ou S’il est tout simplement ‘’esclavagiste’’ ? Par ce qu’on s’interroge sur la portée de cette sortie publique notamment lorsqu’il aborde la crise dans la communauté soninké sous l’angle identitaire et relate par la suite un différend entre « nobles et anciens esclaves ». Par cet article : https://www.facebook.com/ghali.soufi.7, cherchez- vous véritablement à manipuler l’opinion sur la réalité de ce cancer de la féodalité ou encore à masquer les causes profondes de cette dissension ? Ces interrogations invitent à dépasser les postures loufoques et à privilégier la rigueur intellectuelle dans l’analyse des faits sur ces mutations sociales à l’œuvre dans notre communauté. Il serait donc intéressant que M. Soufi explicite davantage sa position et sa connaissance du contexte toulelois dans cette crise de la communauté soninké. Dès 2010 voire même bien avant, les membres d’ASEPT (Association pour la Solidarité, l’éveil, le progrès de Toulel) se sont illustrés par leur engagement abolitionniste dans notre organisation villageoise de la diaspora. Donc ce travail a été amorcé bien avant l’épisode de la « Khotba » datant 2018. Dans la même logique, le mouvement GANBANAAXU (Égalité) est quant à lui, apparu en 2016 donc 2 ans avant cette ‘‘khotba’’, qui a galvanisé la communauté. C’est un concept porteur d’une philosophie sociale et humaniste qui s’articule autour de l’Egalite et la Dignité en droits et devoirs. En effet c’est une plate-forme transnationale, regroupant plusieurs villages. A travers ses campagnes de sensibilisation, GANBANAAXU secoue amèrement les consciences et les certitudes des adeptes du schéma sociétal classique : l’ordre féodal. Pour enfin libérer la voie à une citoyenneté plus juste et inclusive et non se contenter à de simples rôles subalternes dans la société. Pour autant, cela n’a rien à voir avec les événements de Toulel ni le sermon en question. Il est nécessaire de rappeler les qualificatifs que vous avez utilisés, sont loin d’être anodins. Puisque vous faites usage de la même sémantique que ce prêche évoqué. Pour votre grade, la stigmatisation systématique et les préjugés n’ont jamais fait office de vérité. Tantôt « rebelles, tantôt, anciens esclaves, tantôt d’agneaux dociles ». Sachez que par une telle posture, vous contribuez à raviver des tensions latentes, évoquant l’odieuse « khotba » du 26 janvier 2018 comme référence, cela ne fait que nourrir les amalgames. Vouloir restaurer la dignité comme une valeur fondamentale dans la société, ne signifie pas un rejet de l’identité en soi, ou de la tradition. Cela s’inscrit plutôt dans une logique d’épuration de certaines traditions obsolètes et anachroniques, à savoir les déterminismes sociaux. Cette lecture est tellement simpliste qu’il banalise la teneur et le ton virulent des propos de ce prêcheur que M. Ghali Soufi relaie, sont perçus comme stigmatisant par toute une famille de ce village. Il aurait été plus judicieux de vous renseigner sur le contexte pour comprendre les véritables raisons de ce sermon incendiaire. Cette crise dans la société soninké est donc le reflet d’une société sclérosée qui refuse/réfute toute velléité de réforme. Dès lors, vous comprenez que ce n’est pas qu’une crise d’identité, mais une volonté assumée d’abolir ces pratiques héritées du système de castes et de réparer des injustices sociales profondes. L’esclavage par ascendance, ce système hiérarchique qui gangrène le milieu soninké, démasqué par l’élan abolitionniste arrimé aux textes fondamentaux de nos Etats. C’est qui dérange et réveille l’égo toxique dudit imam s’il en est un, avec tous ses semblables. C’est-ce qui a suscité cet élan de solidarité de l’ordre féodal au village. Se mettant en rangs serrés derrière l’imam au point de refuser cette réunion demandée. Tous les moyens étaient bons pour que l’appel pacifique à des réformes plus justes et équitables dans la communauté, nous vaut l’opprobre, qu’on soit ainsi sali, vilipendé, diffamé dans une khotba. Dont ce prédicateur apologiste profite depuis sa chaire, convoquant des références coraniques et hadiths prophétiques interprétant à sa ‘‘sauce’’ pour « indexer la toxicité de la vantardise par ascendance et le mépris héréditaire appelé « Laada » (coutume). Ce Laada soninké qui fait office de constitution sociale intracommunautaire, défiant à la fois la Loi du pays et la profonde philosophie humaniste prônée par La Religion. Les préjugés sociaux dont il a fait référence, sont également ces coutumes suprématistes et discriminantes, véhiculées socialement par le LAADALENMAXU (tradition) soninké. Un mécanisme Complexe, d’apparence inoffensif alors qu’il constitue le nœud de tous les symboles discursifs et comportementaux de l’esclavage par ascendance et du système des castes. Donc c’est plutôt une divergence de principe et non un affrontement entre tradition et modernité. Les traditions constituent certes un héritage immatériel précieux pour la cohésion d’un groupe, mais elles sont aussi appelées à évoluer pour toute société qui se veut viable. Certaines pratiques disparaissent, d’autres se transforment ou sont réformées pour s’adapter aux réalités. La tradition et la modernité ne sont pas des concepts antagonistes, mais des réalités qui coexistent et s’entremêlent à travers nos actes de la vie quotidienne. Votre pamphlet aurait dû s’inscrire dans la logique de promotion de valeurs républicaines, dans un élan progressiste et salutaire comme l’avait martelé le Président de la République lors de son discours de OUADANE : https://ecrit-ose.blog/2021/12/12/%E2%9C%93le-president-de-la-republique-letat-continuera-a-preserver-lunite-nationale-la-dignite-la-liberte-et-legalite-de-tous-les-citoyens-quel-quen-soit-le-pri/ Au lieu de s’arrêter à des considérations superficielles, aux discours de façade, aux simplifications commodes, il serait pertinent de reconnaître la complexité de la situation et engager une réflexion profonde sur nos réalités sociales. Contrairement à votre posture, qui ne peut se résumer à des concepts abstraits. Pour que chaque voix compte dans la société, même discordante, on se doit de bâtir une société juste avec des solutions concrètes et partagées. Nous pensons que promouvoir l’égalité et la dignité entre tous les membres de la communauté doit être l’engagement premier de tout citoyen honnête et responsable. Comme l’a rappelé le Président de la République lors de sa visite N’Beikit Lahouach dans le département de Dhar « l’appartenance nationale doit primer et précéder sur toutes les autres appartenances ». Au-delà des débats internes à la communauté soninké, le passif humanitaire mauritanien demeure aussi un enjeu majeur pour nous. Un drame national ayant frappé toutes les composantes du pays, y compris Toulel, endeuillé par la perte de deux de ses fils. En mêlant cet héritage douloureux à ses analyses ambiguës et maladroites, M. Ghali Soufi ne fait qu’ajouter de la confusion là où la clarté, la mémoire et la vérité s’imposent. Pour conclure, les enjeux soulevés par le poids des traditions et les dynamiques de réforme sociale qui s’imposent, tout comme le passif humanitaire, invitent à une réflexion partagée et à un dialogue ouvert, responsable et sincère plutôt que de s’enfermer dans des polémiques stériles. La fuite en avant et les diversions ne peuvent régler une crise aussi profonde. Il s’agit de reconnaître la complexité des situations, de valoriser les initiatives positives et d’œuvrer ensemble à la construction d’une société plus juste et apaisée. C’est dans cet esprit que chaque acteur, y compris M. Ghali Soufi, peut contribuer à la réparation des injustices dans le respect de la mémoire collective, du triomphe de la vérité.
Le Calame — Le budget régional vient d’être rejeté. À qui incombe la responsabilité ?
Dr. Issa Coulibaly: Aucune faute budgétaire n’est en cause. Le rejet n’a strictement rien à voir avec le contenu du budget. Il résulte d’une manœuvre de pression menée par quelques élus déterminés à obtenir le rétablissement d’indemnités suspendues conformément à la loi.
Le budget 2026 a été construit dans la transparence la plus totale : cinq commissions ont été saisies dès octobre 2025 ; trois ont travaillé, deux n’ont produit aucun rapport — pas une note, pas une recommandation — notamment les commissions dirigées par Mme Gangué et M. Abderrahmane. Ces mêmes élus prétendent pourtant “défendre la Région”.
En séance, aucun élément technique n’a été soulevé. Aucun amendement n’a été proposé. Le débat n’a porté que sur leurs indemnités. Les faits sont têtus.
– Une crise institutionnelle serait en cours au Guidimakha. Que se passe-t-il réellement ?
Il n’existe aucune crise institutionnelle. Ce qui circule sur les réseaux sociaux relève d’une construction délibérée, organisée par un groupuscule d’élus pour travestir la réalité. La Région fonctionne, les services travaillent, les projets avancent.
Ce que certains présentent comme une crise n’est en réalité qu’une tentative de manipulation initiée par deux vice-présidents — M. Cheikh Mohamedou Abderrahmane et Mme Diouma Amadou Gangué — qui, depuis leur installation, n’ont jamais exercé de manière effective les fonctions que la loi leur confie.
M. Cheikh n’a jamais travaillé un seul jour dans la Région, tout en percevant 18 mois d’indemnités.
Mme Gangué, après quelques mois de présence, s’est installée entre Nouakchott et la France, rendant toute participation régulière impossible.
Lorsque j’ai rappelé l’application stricte de l’arrêté 156/2019 — qui conditionne les indemnités à l’exercice effectif — leur agitation a commencé. Non par désaccord politique, mais par défense d’intérêts personnels.
La suite est connue : fabrication de récits mensongers, diffusion de vidéos approximatives, instrumentalisation de la diaspora et mobilisation d’influenceurs extérieurs. Tout cela pour masquer un simple fait : ils refusent l’application de la loi.
-Vous parlez de responsabilités individuelles. Lesquelles ?
-Depuis juin 2023, les deux vice-présidents cités — M. Abderrahmane (AND) et Mme Gangué (UDP) — n’ont jamais assuré une présence conforme à leurs obligations. Pendant plus d’un an, j’ai privilégié le dialogue : réunions, médiations avec le Secrétaire général, compromis sur une présence minimale de dix jours par mois. Engagements verbaux jamais respectés.
Face à cette persistance, j’ai pris une décision républicaine : appliquer la loi et suspendre les indemnités. Leur fronde a commencé immédiatement.
– N’auraient-ils pas bénéficié de l’appui de certains acteurs politiques locaux ?
-Non. Ils ont rallié quelques alliés en quête d’indemnités, souvent absents du territoire — certains résidant même en France — et revendiquant des indemnités de session alors qu’ils votent par procuration.
Des alliés complaisants : Néfé Gandega (INSAF), Sidaty Ba (UDP) – installé en France – et Moussa Soumaré (SAWAB). Leur point commun ? Défendre l’idée qu’un conseiller absent, qui vote par procuration depuis la France, devrait toucher les indemnités de session de 6 000 MRU. Une théorie absurde, contraire à la loi. Aujourd’hui encore, les trois cités sont en France. Ils ont voté par procuration et exigent leur indemnité.
Le droit est clair : une indemnité de session compense la présence physique, pas l’absence. Aucune disposition ne permet de payer quelqu’un qui n’est pas sur place. Aucune.
-Quels étaient les axes majeurs du budget ?
-Un budget clair, équilibré, rigoureux. Les priorités étaient les suivantes :
-Sécurisation du parc d’équipements (17 tracteurs, camions, chargeur, accessoires) par la construction d’un hangar et d’un bloc administratif. Un patrimoine à forte valeur, indispensable à l’économie locale.
-Réhabilitation urgente du siège du Conseil, aujourd’hui dégradé, pour garantir sécurité, dignité administrative et accueil du public.
-Création d’un site institutionnel afin de renforcer la transparence, la communication publique et l’attractivité du territoire.
-Hydraulique villageoise : forages, réseaux, châteaux d’eau, énergie solaire — répondant à des demandes directes des populations.
-Périmètres agricoles pour les jeunes, équipés et modernes, pour réduire l’exode et renforcer l’autonomie alimentaire.
-Appui économique aux femmes productrices, essentiel pour la stabilité sociale et la résilience économique.
-Acquisition d’une pelleteuse-chargeur, pour renforcer nos capacités d’intervention sur les ouvrages hydrauliques et les terres dégradées.
Le trésorier régional a validé toutes les procédures. Aucune irrégularité.
Ce budget a été rejeté uniquement pour des raisons politiques et personnelles, jamais pour des raisons techniques.
-Que s’est-il passé concrètement le jour du vote ?
Ce fut un moment révélateur. Les frondeurs ne sont pas venus débattre : ils n’avaient qu’un objectif : faire pression pour recouvrer leurs indemnités.
Pas une critique technique, pas une demande d’amendement, pas une ligne discutée. Ils ont simplement constitué une coalition conjoncturelle, sans cohérence politique, dont le seul dénominateur commun était le chantage institutionnel.
Et après le vote, aucun n’a pu citer une ligne du budget qui poserait problème. Preuve supplémentaire que le budget n’était qu’un prétexte.
-Certains conseillers affirment pouvoir contrôler directement votre gestion. Que dit la loi à ce sujet?
La loi organique 2018-010 est explicite :
Le Conseil délibère ;
Le Président exécute.
La gestion n’est pas collégiale. Elle est légale, ordonnancée, encadrée.
Le contrôle de la gestion publique relève exclusivement :
_de la Trésorerie régionale,
_de l’Inspection Générale de l’État,
_de la Cour des Comptes,
_de l’Administration de tutelle.
Aucun conseiller n’a mandat pour intervenir dans l’exécution : recrutements, marchés, engagements financiers. Certains veulent transformer cette architecture en leur faveur. Je le dis clairement : c’est contraire au droit et contraire à l’esprit républicain.
-Que représente le programme d’urgence gouvernemental pour votre région?
-Une avancée historique : 20,3 milliards d’anciennes ouguiyas investis en 30 mois pour écoles, santé, hydraulique, routes, électricité, jeunesse, agriculture et pastoralisme.
Jamais le Guidimakha n’avait bénéficié d’un tel niveau d’investissement. Pendant que l’État travaille, certains cherchent à bloquer. Le contraste est clair.
-Et la coopération avec le Mali et le Sénégal dont votre région est limitrophe?
Elle est dynamique, structurante et essentielle. Le Guidimakha est un carrefour vital. Mais cette coopération ne peut fonctionner que si la Région est forte, stable, respectée. Chaque tentative interne de déstabilisation affaiblit non seulement la Région, mais aussi la position de la Mauritanie.
Qui aurait intérêt à contrarier?
-Des acteurs identifiés, installés dans les hautes sphères, utilisent leur influence pour saboter l’action régionale. Ce n’est pas de l’opposition : c’est une entreprise de déstabilisation.…pourquoi ? Parce que la Région avance. Parce que les projets sortent de terre. Parce que la population voit la différence. Leur stratégie est simple : générer du vacarme pour masquer le progrès.
Mais la population n’est pas dupée. L’histoire retiendra ceux qui construisent, non ceux qui entravent.
-Un mot de la fin?
-Le Guidimakha n’est pas en crise : il est victime d’une agitation fabriquée par ceux qui refusent l’application de la loi.
Je demeurerai fidèle à ma mission, fidèle à la République, fidèle au mandat confié par nos populations. Je ne céderai ni aux pressions, ni aux manipulations. Tant que j’exercerai cette responsabilité, aucune manœuvre ne détournera notre Région de sa trajectoire : la vérité, la loi, le développement et l’ordre républicain.
📷 Novembre 2023 – En compagnie du sociologue et lanceur d’alerte mauritanien M. Boulaye Diakite.
—Ces cotisations d’allégeance à l’ordre féodalo-princier véhiculent un symbolisme régalien froid qui a toujours rusé et dompté certains cadets et assignés sociaux avec divers curseurs. Et le cran le plus bas est celui sur lequel on assigne les descendants d’esclavagisés dans l’ensemble communautaire. Ainsi une alerte abolitionniste qui suit : dans l’engagement et le plaidoyer pour l’émergence d’une autogestion sociale et économique des descendants d’esclavagisés, un focus est plus que nécessaire pour articuler intelligemment un mécanisme d’éveil disruptif menant à un impact irréversible pour une autre réalité existentielle libérée de tous les symbolismes de subordination dans les villages comme à l’extérieur (la diaspora). La logique basique sahelisée du « No vote, no Tax » qui donnerait comme occurrence « on ne contribue pas financièrement et symboliquement à un système hermétique qui est de nature et de fonctionnalité discriminatoire et ségrégationniste dans les positions sociales et politiques par le droit du sang », à propos voir https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/%e2%97%8f-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/. Les uns ont le droit de faire valoir dans leurs imaginaires nostalgiques un statut de prince sans royaume comme d’autres également ont une obligation historique de se soustraire d’un système sociétal qui leur impose un fascisme « doux » foncièrement humiliant (dépeint à tort en une dite cohésion légendaire). Et RAPPEL de taille : nous vivons dans des RÉPUBLIQUES bien qu’aux structures et fonctionnements imparfaits… l’aspiration à l’égalité citoyenne reste notre commune boussole dans nos terroirs ruraux comme dans les centres urbains.
● KS pour le BLOG
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✅️-Le retour analytique du post par l’IA DeepSeek :
Voici une analyse synthétique du texte publié par Koundou Soumaré :
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Auteur & Angle : Koundou Soumaré, abordant les dynamiques sociales et politiques au sein de la communauté soninké.
● Thèse centrale : Dénonciation des mécanismes de perpétuation d’un ordre social hiérarchisé, qualifié de féodalo-princier, qui maintient notamment les descendants de personnes anciennement esclavagisées dans une position subalterne, à travers des contributions financières et symboliques (cotisations, allégeances).
● Mécanismes critiqués :
· Symbolisme régalien : des pratiques présentées comme traditionnelles mais qui consolident des rapports de domination. · Assignation sociale : maintien des descendants d’esclavagisés au plus bas de l’échelle sociale, avec des frontières sociales et politiques héritées (« droit du sang »). · Fascisme « doux » : une domination humiliante masquée sous le discours de la cohésion communautaire légendaire.
● Proposition de résistance :
· Stratégie d’autogestion : pour une émancipation économique et sociale des groupes marginalisés. · Disruption symbolique : refus de participer aux contributions qui entretiennent le système (« No vote, no Tax » → ne pas financer un système discriminatoire). · Réveil disruptif : mener une lutte irréversible vers une existence libérée des symbolismes de subordination, au village comme en diaspora.
● Cadre revendiqué : L’auteur rappelle que les sociétés concernées vivent dans des Républiques, où l’égalité citoyenne doit primer sur les logiques coutumières discriminatoires, aussi bien en milieu rural qu’urbain.
● Ton & visée : Plaidoyer militant et alerte abolitionniste, appelant à une prise de conscience et à un désengagement actif des structures de domination traditionnelle.
Depuis sa “pénétration” sur le continent africain, dans les années 2009, 2013 et 2015, WhatsApp a révolutionné la communication en la rendant quasi gratuite et accessible à tous.
L’oralité étant l’un des aspects les plus importants de la culture africaine, WhatsApp aurait dû y trouver naturellement sa place. Mais malheureusement, il a été utilisé à mauvais escient, créant amertumes et instabilités sociales.
La société soninké du Guidimakha, connue pour sa forte diaspora vivant en Europe, en Amérique et en Afrique, a accueilli cette technologie avec enthousiasme.
WhatsApp était un moyen de rétablir le lien entre les émigrés éloignés du terroir et les familles restées au pays. Il apparaissait comme une thérapie qui soulageait les angoisses liées à la séparation, à la solitude et à l’absence.
Au début, l’usage de WhatsApp était modéré, d’autant que le réseau n’était pas disponible partout : la démocratisation de la communication restait limitée. Les appels téléphoniques dominaient encore.
Cependant, il serait injuste de passer sous silence qu’il existe, malgré tout, quelques groupes WhatsApp soninké porteurs de messages utiles et courageux. Certains ont servi de plateformes de réflexion, de débats constructifs et d’éveil collectif. Ils ont abordé des sujets que l’on n’osait pas évoquer : la lutte contre la féodalité, contre l’esclavage par ascendance, pour une citoyenneté pleine et entière, ou encore la remise en cause de certaines clauses du pacte communautaire hérité. Ces espaces vertueux ont accompagné des prises de conscience, éclairé les esprits et porté des combats légitimes.
Mais depuis que WhatsApp est devenu populaire et accessible à tous — avec la possibilité de créer des groupes, d’envoyer sons, vidéos et images — la société soninké du Guidimakha est en proie à des crises sociales multiformes, menaçant son existence et son identité.
Le responsable, c’est bien le mauvais usage de la technologie, la banalisation de la parole et la multiplication d’intervenants qui ignorent les conséquences d’une communication incontrôlée. Chacun s’improvise tribun ou porte-voix.
La parole s’est libérée, mais elle nous a emprisonnés dans le déshonneur : plus de tabou, plus de respect, plus de secret, plus de retenue, plus de pudeur.
La dignité nous a quittés. Nous passons notre temps à nous insulter, à nous provoquer à travers des groupes WhatsApp qui cristallisent nos contradictions, nos divisions et nos animosités.
Certains se sont spécialisés dans la diffamation, la calomnie et l’insulte publiques. Des grandes gueules, tels des tireurs à gage, sont payés pour dénigrer, humilier et injurier.
La rhétorique de la délation, de l’injure et de la violence verbale s’est emparée de la société soninké. Les derniers sages qui nous restent encore préfèrent se taire, craignant d’être rabaissés. Ils redoutent ces mauvaises langues, ces hyènes qui ricanent sur tous les toits et n’épargnent plus personne.
La parole est d’argent, le silence est d’or. Taisez-vous ! Arrêtez de vous insulter, de nous insulter, de nous humilier. Vous avez ouvert des fronts d’hostilité, distillé la haine et la vengeance partout.
Vous avez déstabilisé des familles, des communautés et des villages par votre usage inconscient et destructeur de la parole et de la technologie.
Au Guidimakha, on en vient à constater que l’on ne travaille plus. Désormais, les Soninké parlent : parler pour nuire, parler pour se nuire les uns les autres, pour se glorifier, pour se vanter, pour détruire, pour insulter, pour se faire insulter.
Pensez à vous déconnecter. Quittez tous ces groupes WhatsApp qui répandent, prêchent la division et la guerre, l’orgueil ou encore l’autoglorification.
Nous passons à côté de l’essentiel. Nous nous chamaillons sur des choses futiles, dépassées, souvent sans réelle importance. Voilà une société réfractaire au changement, à la modernité mais prompte à consommer sans modération les produits de la technologie, de la science. Encore une fois, ce n’est point la technologie qui est en cause, c’est plutôt notre rapport à la technologie, notre usage de la technologie ici WhatsApp.
• Photo illustration Cheikh Mohamed Diakho Tanjigora – source Internet
—La question de « l’esclavage » dans la problématique de l’extrémisme violent sous couverture religieuse dans le Sahel | M. Mohamed Diakho Tanjigora l’a abordée ces derniers temps dans 2 audios tirés d’une émission appelée Soumare_Média. Il a explicité en substance qu’il y a beaucoup d’ambiguïtés en termes de sémantique et de compréhension du phénomène dit jihadiste et les pratiques agressives qui y sont liées. Selon lui, les rapts esclavagistes menés par certains groupes terroristes « en nommant boko haram » se pratiquent sur une base idéologico-religieuse similaire à ce que de groupes intégristes dits islamistes se donnaient pour asservir des populations Yézidies en Syrie à une époque récente. Il indexe une fatwa d’un dignitaire religieux saoudien du nom de Al-Fawzan qui aurait donné sa validation et que les terroristes du boko haram en font une référence également. On comprendrait dans son propos que l’esclavage dit « validé » au nom de l’islam est une problématique étrangement tenue dans une lecture transversale très floue. Du côté terroriste comme chez certains canaux dits classiques du fait religieux, les positions jurisprudentielles restent insidieusement équivoques.
• Substance de la fatwa d’Al-Fawzan – source Internet IA
L’antiesclavagisme militant est heurté dans certain ensemble arabo-musulman de nos jours parce que l’idéologie esclavagiste se trouve cette justification jurisprudentielle à travers une lecture dite religieuse plus que problématique.
Pour rappel, l’esclavage est un crime contre l’humanité dans de nombreux pays aujourd’hui.
Au cours de la lecture de l’ouvrage « Le Contrat racial » du philosophe Charles W. Mills, des passages d’une belle critique faite de certaines références philosophiques de la substance épistémique du monde encarté occidental, ont suscité intimement une stimulante curiosité en moi. Ici notre note de lecture https://ecrit-ose.blog/2023/07/11/%e2%97%8f-note-de-lecture-dun-ouvrage-marquant-le-contrat-racial-de-charles-wade-mills/. Notamment certaines notions qui appuient une sophistication « savante » d’un nombre de préjugements qui font source déterministe, essentialiste et fataliste de sciences sociales et politiques. Ce qui a donné corps et (donne corps) à un postulat racialiste d’un certain rationnalisme laissant comprendre que les Hommes (comprendre les races selon cet entendement) ne pourraient pas se valoir par leurs actes (vertueux ou pas) parce qu’une élection naturelle (d’ordre divin) les ségrégue et assigne fatalement par l’essence d’une supposée grâce fatidique. Ainsi, de cette donnée apprise par mon approche de passable « apprenti philosophe » free-lanceur, j’y ai articulé un concept entendu régulièrement dans les interventions médiatiques et conférences (principalement sur YouTube) de l’historien français Johann Chapoutot, le darwinisme social. M. Chapoutot qui est écrivain et historien du nazisme, disséque avec beaucoup d’entrain les univers mentaux du terreau sociologique, idéologique et politique du monde occidental qui a vu poindre le sinistre phénomène nazi. Il laisse entendre que le darwinisme social couvait et occupait l’arrière-fond socio-politique et religieux d’un certain ordre civilisationnel en fonctionnant sous une certaine binarité comme suit : le Centre-essence dans l’histoire (l’entité blanche occidentale) et les marges-relégués dans l’histoire (autres peuples biologiquement d’ailleurs). Le nazisme hilterien s’était aligné horriblement avec un zèle particulièrement violent et totalitaire en s’inspirant ou en profitant des circonstances et des facilités structurelles au sein de l’environnement sociologique germanique. Un darwinisme social racialisé et militarisé « brun » pour épurer l’espace biotope germain et imposer un suprémacisme ethno-racial aux marges non germaniques qui doivent subir écrasements et dévastations multiformes. Donc… le darwinisme social porte intrinsèquement les germes d’un suprémacisme identitaire par lequel une sorte de divinité-peuple ethnique qui s’accorderait une élection naturelle pour dominer les autres peuples qui seraient inférieurs par fatalité de nature. Au temps de l’Afrique du Sud sous l’apartheid, les pontes religieux parmi le monde Afrikaner étaient gavés idéologiquement en la matière pour « moralisée » les comportements sociaux et politiques du système foncièrement racialiste, raciste et suprémaciste.
Le darwinisme, la définition du Larousse nous renseigne : « Théorie de Darwin d’après laquelle les espèces évoluent selon les lois de la sélection naturelle. »
Et de ce qui peut exister d’un semblable darwinisme social dans certains de nos enclos communautaires et ethno-raciaux en Afrique :
« Darwinisme social » comme ideologie d’où végéte un certain suprémacisme ethno-racial, a ses versions grises très actives dans beaucoup de nos communautés africaines. Le droit du sang et l’intégrisme communautaire en constituent une substance de nature. Merci encore à l’histoirien Johann Chapoutot pour ses réflexions pertinemment énoncées à propos de cette matrice historique du phénomène nazi, en l’écoutant attentivement écho et parallélisme nous bipent sans cesse…
Écho et Parallélisme par un certain essentialisme identitaire qu’on retrouve dans les idéologies sociales intra-communautaires et transcommunauraires. Le système de castes en est une certaine illustration de ce darwinisme social gris. La caste dans l’ensemble communautaire devient un sceau identitaire d’essence dans le temps et dans l’espace. Un certain ordre endogamique assurant la continuité, l’individu est né « étant » assigné socialement donc tout projet de « devenant » est lié et circonscrit à cet étant dans son couloir collectif (sa caste). C’est un schéma d’une hermétique prédestination qui constitue l’arrière-fond philosophique de l’affaire. On dira que le destin se serait chargé naturellement du tirage au sort entre les assiettes identitaires et le sang (la biologie du coup) fait le statut et le rang en toute fatalité. Cette dernière fait substance à ce darwinisme social gris sous l’ordre d’un intégrisme communautaire qui peut se manifester par un narratif apologétique d’un noyau « identité originelle » adossée à une sorte de divinité ethnique. La sélection naturelle est du fait de la croyance à ce dogme peu avouable nominalement consacré à cette divinité ethnique qu’on peut qualifier de divinité-peuple. Une culture d’un fatalisme écrasant qui ne supporte que difficilement tout mouvement de changement structurel. Les inégalités sociales et politiques internes, il faut les accepter et les faire accepter parce que l’assiette sociale qui détient la suprématie s’érige comme l’incarnation absolue de la lieutenanance de la divinité ethnique ou la divinité-peuple. Les subordonnés statutaires se doivent une acceptation que le sort leur fut défavorable une fois pour toutes et leurs éventuelles volontés d’agir pour un changement de condition ou de statut seraient accusées de blasphèmatoires à l’encontre de l’ordre divin ethno-racial. Par exemple en Mauritanie : un esprit suprémaciste et féodalo-esclavagiste qu’il soit arabo-berbère, soninké ou poular verrait toujours de « l’extrémisme » et de la « haine » chez les « cadets sociaux » qui osent réclamer effectivement l’égalité sociale et politique au sein de leurs communautés respectives. C’est gravissime… on ne met pas en cause la sélection naturelle d’une élection socialement validée par la divinité ethnique.
Ainsi, on comprendrait peu de choses de sourds fascismes gris intra-communautaires et intercommunautaires dans nos espaces et l’aversion qu’ils peuvent déployer à l’endroit de toute idée d’égale dignité (concernant les avoirs matériels et immatériels et les symboles), si on ne s’autorise pas une mise en perspective centrée sur ce versant du darwinisme social.
AMI – Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a annoncé qu’il n’y aurait plus aucune tolérance après aujourd’hui envers toute utilisation de la tribu, de la région ou de la communauté à des fins contraires aux principes de l’État national.
Il a ajouté qu’il est interdit aux fonctionnaires et aux agents de l’État, en tant que symboles de l’État, d’organiser ou d’assister à des événements à caractère tribal ou régional, ou à des activités incompatibles avec le renforcement du concept de l’État.
Son Excellence le Président de la République a mis en garde contre les conflits basés sur des considérations tribales, qu’il s’agisse de puits d’eau, de barrages de sable ou autres.
Son Excellence a ajouté, lors d’une rencontre avec les cadres et les dignitaires de la moughataa de Dhar dans la ville de N’Beikit Lahouach hier soir, que de telles pratiques nuisent au présent et à l’avenir de cette nation, et qu’elles ne sont donc plus acceptables.
Il a souligné que l’appartenance nationale doit primer sur toute autre considération et précéder toutes les autres appartenances, affirmant qu’il n’y aura aucune tolérance, quel qu’en soit le prix, envers toute propagande à caractère communautaire ou raciste, car la liberté d’expression est garantie à tous.
Son Excellence a expliqué que l’ambition de progrès et de prospérité de notre pays ne se réalisera qu’en construisant un État citoyen qui élimine les différences et la discrimination, et qu’il n’y a pas de place dans l’État national pour la hiérarchie tribale, catégorielle ou communautaire.
Son Excellence le Président de la République a indiqué que son approche dans la gestion des affaires publiques est la gradualité, la patience et la tentative de faire avancer les choses de la bonne manière, et que cela se fasse avec le moins de dommages possible pour tout citoyen du pays, précisant que lorsque les choses dépassent les limites, la tolérance ne sera plus possible.
Il a expliqué que la loyauté envers la patrie doit se manifester par l’évitement des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie, et que le concept d’État national ne peut les accompagner.
Son Excellence le Président de la République a exprimé son espoir que les élites politiques, sociales et jeunes contribuent à la sensibilisation et à la mise en évidence des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie.
Au début de la réunion, Son Excellence le Président de la République avait exprimé sa joie d’être ce soir à N’Beikit Lahouach, une ville dotée d’un emplacement stratégique distingué et d’un rôle majeur dans le renforcement de la sécurité de cette région du pays.
Son Excellence a remercié les habitants de la moughataa pour l’accueil merveilleux et la grande mobilisation, qui témoignent de l’importance de la moughataa à chaque fois.
Il a ajouté qu’il était venu ici pour écouter les citoyens, tirer profit de leurs opinions et prendre connaissance de leurs aspirations, et pour étudier tout ce qui peut servir le développement de la moughataa.
Son Excellence le Président de la République a expliqué que cette moughataa se caractérise par de grandes potentialités agricoles, mais que les défis du développement persistent, ce qui nous a amenés à nous rencontrer ce soir, a ajouté Son Excellence le Président de la République , pour discuter et se concerter sur l’ensemble des questions posées.
Son Excellence a ajouté: Nous avons placé le développement de cette moughataa au cœur de nos priorités et avons donné des instructions au gouvernement pour concrétiser cela sur le terrain à travers une série de projets.
Son Excellence a indiqué que certains de ces projets ont été achevés et que d’autres sont encore en cours de réalisation, et que la plupart d’entre eux ont été programmés dans le cadre du programme d’urgence d’accès aux services essentiels pour le développement local.
En Mauritanie, la corruption ne se limite pas aux hautes sphères de l’État ; elle s’est installée dans nos mentalités, dans nos rapports avec l’administration et la chose publique. Elle est devenue si banale qu’elle en paraît presque normale.
La corruption, ce n’est pas seulement ces millions, voire milliards d’ouguiyas détournés au sommet. C’est aussi le petit geste corrupteur, celui qui se répète, se banalise et finit par contaminer toute la société. Car s’il y a des corrompus, il y a aussi des corrupteurs. Chez nous, ne pas “arranger” un dossier en glissant quelques billets est parfois perçu comme une naïveté.
Nous sommes tous tentés, un jour ou l’autre, de corrompre : pour accélérer une procédure, contourner une règle ou dissimuler une faute. C’est une spirale terrible.
Lorsqu’un ministre, un wali ou un préfet est nommé, on se précipite pour lui offrir des présents- liasses d’argent, dromadaires, bœufs, parfois même de l’or- dans l’espoir de se “placer”. Ces gestes, loin d’être anodins, nourrissent une culture de favoritisme et de passe-droits.
Et pourtant, notre religion nous enseigne chaque jour que l’islam combat la corruption, l’injustice, le vol et l’enrichissement illicite. Le Coran nous rappelle que la richesse n’est pas une fin en soi : elle est une responsabilité, et son origine sera toujours questionnée.
Pour espérer éradiquer la corruption, il nous faut d’abord changer nos mentalités, notre rapport à nous-mêmes, à l’État et à la loi.
Le policier qui raquette dans un carrefour, l’infirmier qui fait payer plus qu’il ne faut, profitant de l’ignorance des populations, le journaliste qui pratique le chantage, le ministre ou le directeur d’une société publique qui monnaye sa signature : tous reflètent notre propre société.
Pire encore, nous avons fini par institutionnaliser la corruption en créant une catégorie qu’on appelle ironiquement les « Samsara » des intermédiaires sans foi ni loi, parfois analphabètes, mais signataires de contrats publics faramineux. Ces individus n’existeraient pas si la société ne les avait pas tolérés, valorisés, voire imités.
Aujourd’hui, la corruption en Mauritanie est endémique. Elle est partout : dans l’air que nous respirons, dans le poisson de nos assiettes, dans la viande du boucher et bientôt, si ce n’est déjà le cas, dans nos mosquées et nos mahadras.
Tant que nous ne changerons pas collectivement, aucune loi, aucun discours, aucune réforme ne pourra la déraciner.
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