📷 Novembre 2023 – En compagnie du sociologue et lanceur d’alerte mauritanien M. Boulaye Diakite.
—Ces cotisations d’allégeance à l’ordre féodalo-princier véhiculent un symbolisme régalien froid qui a toujours rusé et dompté certains cadets et assignés sociaux avec divers curseurs. Et le cran le plus bas est celui sur lequel on assigne les descendants d’esclavagisés dans l’ensemble communautaire. Ainsi une alerte abolitionniste qui suit : dans l’engagement et le plaidoyer pour l’émergence d’une autogestion sociale et économique des descendants d’esclavagisés, un focus est plus que nécessaire pour articuler intelligemment un mécanisme d’éveil disruptif menant à un impact irréversible pour une autre réalité existentielle libérée de tous les symbolismes de subordination dans les villages comme à l’extérieur (la diaspora). La logique basique sahelisée du « No vote, no Tax » qui donnerait comme occurrence « on ne contribue pas financièrement et symboliquement à un système hermétique qui est de nature et de fonctionnalité discriminatoire et ségrégationniste dans les positions sociales et politiques par le droit du sang », à propos voir https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/%e2%97%8f-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/. Les uns ont le droit de faire valoir dans leurs imaginaires nostalgiques un statut de prince sans royaume comme d’autres également ont une obligation historique de se soustraire d’un système sociétal qui leur impose un fascisme « doux » foncièrement humiliant (dépeint à tort en une dite cohésion légendaire). Et RAPPEL de taille : nous vivons dans des RÉPUBLIQUES bien qu’aux structures et fonctionnements imparfaits… l’aspiration à l’égalité citoyenne reste notre commune boussole dans nos terroirs ruraux comme dans les centres urbains.
● KS pour le BLOG
————
✅️-Le retour analytique du post par l’IA DeepSeek :
Voici une analyse synthétique du texte publié par Koundou Soumaré :
—
Auteur & Angle : Koundou Soumaré, abordant les dynamiques sociales et politiques au sein de la communauté soninké.
● Thèse centrale : Dénonciation des mécanismes de perpétuation d’un ordre social hiérarchisé, qualifié de féodalo-princier, qui maintient notamment les descendants de personnes anciennement esclavagisées dans une position subalterne, à travers des contributions financières et symboliques (cotisations, allégeances).
● Mécanismes critiqués :
· Symbolisme régalien : des pratiques présentées comme traditionnelles mais qui consolident des rapports de domination. · Assignation sociale : maintien des descendants d’esclavagisés au plus bas de l’échelle sociale, avec des frontières sociales et politiques héritées (« droit du sang »). · Fascisme « doux » : une domination humiliante masquée sous le discours de la cohésion communautaire légendaire.
● Proposition de résistance :
· Stratégie d’autogestion : pour une émancipation économique et sociale des groupes marginalisés. · Disruption symbolique : refus de participer aux contributions qui entretiennent le système (« No vote, no Tax » → ne pas financer un système discriminatoire). · Réveil disruptif : mener une lutte irréversible vers une existence libérée des symbolismes de subordination, au village comme en diaspora.
● Cadre revendiqué : L’auteur rappelle que les sociétés concernées vivent dans des Républiques, où l’égalité citoyenne doit primer sur les logiques coutumières discriminatoires, aussi bien en milieu rural qu’urbain.
● Ton & visée : Plaidoyer militant et alerte abolitionniste, appelant à une prise de conscience et à un désengagement actif des structures de domination traditionnelle.
Depuis sa “pénétration” sur le continent africain, dans les années 2009, 2013 et 2015, WhatsApp a révolutionné la communication en la rendant quasi gratuite et accessible à tous.
L’oralité étant l’un des aspects les plus importants de la culture africaine, WhatsApp aurait dû y trouver naturellement sa place. Mais malheureusement, il a été utilisé à mauvais escient, créant amertumes et instabilités sociales.
La société soninké du Guidimakha, connue pour sa forte diaspora vivant en Europe, en Amérique et en Afrique, a accueilli cette technologie avec enthousiasme.
WhatsApp était un moyen de rétablir le lien entre les émigrés éloignés du terroir et les familles restées au pays. Il apparaissait comme une thérapie qui soulageait les angoisses liées à la séparation, à la solitude et à l’absence.
Au début, l’usage de WhatsApp était modéré, d’autant que le réseau n’était pas disponible partout : la démocratisation de la communication restait limitée. Les appels téléphoniques dominaient encore.
Cependant, il serait injuste de passer sous silence qu’il existe, malgré tout, quelques groupes WhatsApp soninké porteurs de messages utiles et courageux. Certains ont servi de plateformes de réflexion, de débats constructifs et d’éveil collectif. Ils ont abordé des sujets que l’on n’osait pas évoquer : la lutte contre la féodalité, contre l’esclavage par ascendance, pour une citoyenneté pleine et entière, ou encore la remise en cause de certaines clauses du pacte communautaire hérité. Ces espaces vertueux ont accompagné des prises de conscience, éclairé les esprits et porté des combats légitimes.
Mais depuis que WhatsApp est devenu populaire et accessible à tous — avec la possibilité de créer des groupes, d’envoyer sons, vidéos et images — la société soninké du Guidimakha est en proie à des crises sociales multiformes, menaçant son existence et son identité.
Le responsable, c’est bien le mauvais usage de la technologie, la banalisation de la parole et la multiplication d’intervenants qui ignorent les conséquences d’une communication incontrôlée. Chacun s’improvise tribun ou porte-voix.
La parole s’est libérée, mais elle nous a emprisonnés dans le déshonneur : plus de tabou, plus de respect, plus de secret, plus de retenue, plus de pudeur.
La dignité nous a quittés. Nous passons notre temps à nous insulter, à nous provoquer à travers des groupes WhatsApp qui cristallisent nos contradictions, nos divisions et nos animosités.
Certains se sont spécialisés dans la diffamation, la calomnie et l’insulte publiques. Des grandes gueules, tels des tireurs à gage, sont payés pour dénigrer, humilier et injurier.
La rhétorique de la délation, de l’injure et de la violence verbale s’est emparée de la société soninké. Les derniers sages qui nous restent encore préfèrent se taire, craignant d’être rabaissés. Ils redoutent ces mauvaises langues, ces hyènes qui ricanent sur tous les toits et n’épargnent plus personne.
La parole est d’argent, le silence est d’or. Taisez-vous ! Arrêtez de vous insulter, de nous insulter, de nous humilier. Vous avez ouvert des fronts d’hostilité, distillé la haine et la vengeance partout.
Vous avez déstabilisé des familles, des communautés et des villages par votre usage inconscient et destructeur de la parole et de la technologie.
Au Guidimakha, on en vient à constater que l’on ne travaille plus. Désormais, les Soninké parlent : parler pour nuire, parler pour se nuire les uns les autres, pour se glorifier, pour se vanter, pour détruire, pour insulter, pour se faire insulter.
Pensez à vous déconnecter. Quittez tous ces groupes WhatsApp qui répandent, prêchent la division et la guerre, l’orgueil ou encore l’autoglorification.
Nous passons à côté de l’essentiel. Nous nous chamaillons sur des choses futiles, dépassées, souvent sans réelle importance. Voilà une société réfractaire au changement, à la modernité mais prompte à consommer sans modération les produits de la technologie, de la science. Encore une fois, ce n’est point la technologie qui est en cause, c’est plutôt notre rapport à la technologie, notre usage de la technologie ici WhatsApp.
• Photo illustration Cheikh Mohamed Diakho Tanjigora – source Internet
—La question de « l’esclavage » dans la problématique de l’extrémisme violent sous couverture religieuse dans le Sahel | M. Mohamed Diakho Tanjigora l’a abordée ces derniers temps dans 2 audios tirés d’une émission appelée Soumare_Média. Il a explicité en substance qu’il y a beaucoup d’ambiguïtés en termes de sémantique et de compréhension du phénomène dit jihadiste et les pratiques agressives qui y sont liées. Selon lui, les rapts esclavagistes menés par certains groupes terroristes « en nommant boko haram » se pratiquent sur une base idéologico-religieuse similaire à ce que de groupes intégristes dits islamistes se donnaient pour asservir des populations Yézidies en Syrie à une époque récente. Il indexe une fatwa d’un dignitaire religieux saoudien du nom de Al-Fawzan qui aurait donné sa validation et que les terroristes du boko haram en font une référence également. On comprendrait dans son propos que l’esclavage dit « validé » au nom de l’islam est une problématique étrangement tenue dans une lecture transversale très floue. Du côté terroriste comme chez certains canaux dits classiques du fait religieux, les positions jurisprudentielles restent insidieusement équivoques.
• Substance de la fatwa d’Al-Fawzan – source Internet IA
L’antiesclavagisme militant est heurté dans certain ensemble arabo-musulman de nos jours parce que l’idéologie esclavagiste se trouve cette justification jurisprudentielle à travers une lecture dite religieuse plus que problématique.
Pour rappel, l’esclavage est un crime contre l’humanité dans de nombreux pays aujourd’hui.
Au cours de la lecture de l’ouvrage « Le Contrat racial » du philosophe Charles W. Mills, des passages d’une belle critique faite de certaines références philosophiques de la substance épistémique du monde encarté occidental, ont suscité intimement une stimulante curiosité en moi. Ici notre note de lecture https://ecrit-ose.blog/2023/07/11/%e2%97%8f-note-de-lecture-dun-ouvrage-marquant-le-contrat-racial-de-charles-wade-mills/. Notamment certaines notions qui appuient une sophistication « savante » d’un nombre de préjugements qui font source déterministe, essentialiste et fataliste de sciences sociales et politiques. Ce qui a donné corps et (donne corps) à un postulat racialiste d’un certain rationnalisme laissant comprendre que les Hommes (comprendre les races selon cet entendement) ne pourraient pas se valoir par leurs actes (vertueux ou pas) parce qu’une élection naturelle (d’ordre divin) les ségrégue et assigne fatalement par l’essence d’une supposée grâce fatidique. Ainsi, de cette donnée apprise par mon approche de passable « apprenti philosophe » free-lanceur, j’y ai articulé un concept entendu régulièrement dans les interventions médiatiques et conférences (principalement sur YouTube) de l’historien français Johann Chapoutot, le darwinisme social. M. Chapoutot qui est écrivain et historien du nazisme, disséque avec beaucoup d’entrain les univers mentaux du terreau sociologique, idéologique et politique du monde occidental qui a vu poindre le sinistre phénomène nazi. Il laisse entendre que le darwinisme social couvait et occupait l’arrière-fond socio-politique et religieux d’un certain ordre civilisationnel en fonctionnant sous une certaine binarité comme suit : le Centre-essence dans l’histoire (l’entité blanche occidentale) et les marges-relégués dans l’histoire (autres peuples biologiquement d’ailleurs). Le nazisme hilterien s’était aligné horriblement avec un zèle particulièrement violent et totalitaire en s’inspirant ou en profitant des circonstances et des facilités structurelles au sein de l’environnement sociologique germanique. Un darwinisme social racialisé et militarisé « brun » pour épurer l’espace biotope germain et imposer un suprémacisme ethno-racial aux marges non germaniques qui doivent subir écrasements et dévastations multiformes. Donc… le darwinisme social porte intrinsèquement les germes d’un suprémacisme identitaire par lequel une sorte de divinité-peuple ethnique qui s’accorderait une élection naturelle pour dominer les autres peuples qui seraient inférieurs par fatalité de nature. Au temps de l’Afrique du Sud sous l’apartheid, les pontes religieux parmi le monde Afrikaner étaient gavés idéologiquement en la matière pour « moralisée » les comportements sociaux et politiques du système foncièrement racialiste, raciste et suprémaciste.
Le darwinisme, la définition du Larousse nous renseigne : « Théorie de Darwin d’après laquelle les espèces évoluent selon les lois de la sélection naturelle. »
Et de ce qui peut exister d’un semblable darwinisme social dans certains de nos enclos communautaires et ethno-raciaux en Afrique :
« Darwinisme social » comme ideologie d’où végéte un certain suprémacisme ethno-racial, a ses versions grises très actives dans beaucoup de nos communautés africaines. Le droit du sang et l’intégrisme communautaire en constituent une substance de nature. Merci encore à l’histoirien Johann Chapoutot pour ses réflexions pertinemment énoncées à propos de cette matrice historique du phénomène nazi, en l’écoutant attentivement écho et parallélisme nous bipent sans cesse…
Écho et Parallélisme par un certain essentialisme identitaire qu’on retrouve dans les idéologies sociales intra-communautaires et transcommunauraires. Le système de castes en est une certaine illustration de ce darwinisme social gris. La caste dans l’ensemble communautaire devient un sceau identitaire d’essence dans le temps et dans l’espace. Un certain ordre endogamique assurant la continuité, l’individu est né « étant » assigné socialement donc tout projet de « devenant » est lié et circonscrit à cet étant dans son couloir collectif (sa caste). C’est un schéma d’une hermétique prédestination qui constitue l’arrière-fond philosophique de l’affaire. On dira que le destin se serait chargé naturellement du tirage au sort entre les assiettes identitaires et le sang (la biologie du coup) fait le statut et le rang en toute fatalité. Cette dernière fait substance à ce darwinisme social gris sous l’ordre d’un intégrisme communautaire qui peut se manifester par un narratif apologétique d’un noyau « identité originelle » adossée à une sorte de divinité ethnique. La sélection naturelle est du fait de la croyance à ce dogme peu avouable nominalement consacré à cette divinité ethnique qu’on peut qualifier de divinité-peuple. Une culture d’un fatalisme écrasant qui ne supporte que difficilement tout mouvement de changement structurel. Les inégalités sociales et politiques internes, il faut les accepter et les faire accepter parce que l’assiette sociale qui détient la suprématie s’érige comme l’incarnation absolue de la lieutenanance de la divinité ethnique ou la divinité-peuple. Les subordonnés statutaires se doivent une acceptation que le sort leur fut défavorable une fois pour toutes et leurs éventuelles volontés d’agir pour un changement de condition ou de statut seraient accusées de blasphèmatoires à l’encontre de l’ordre divin ethno-racial. Par exemple en Mauritanie : un esprit suprémaciste et féodalo-esclavagiste qu’il soit arabo-berbère, soninké ou poular verrait toujours de « l’extrémisme » et de la « haine » chez les « cadets sociaux » qui osent réclamer effectivement l’égalité sociale et politique au sein de leurs communautés respectives. C’est gravissime… on ne met pas en cause la sélection naturelle d’une élection socialement validée par la divinité ethnique.
Ainsi, on comprendrait peu de choses de sourds fascismes gris intra-communautaires et intercommunautaires dans nos espaces et l’aversion qu’ils peuvent déployer à l’endroit de toute idée d’égale dignité (concernant les avoirs matériels et immatériels et les symboles), si on ne s’autorise pas une mise en perspective centrée sur ce versant du darwinisme social.
AMI – Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a annoncé qu’il n’y aurait plus aucune tolérance après aujourd’hui envers toute utilisation de la tribu, de la région ou de la communauté à des fins contraires aux principes de l’État national.
Il a ajouté qu’il est interdit aux fonctionnaires et aux agents de l’État, en tant que symboles de l’État, d’organiser ou d’assister à des événements à caractère tribal ou régional, ou à des activités incompatibles avec le renforcement du concept de l’État.
Son Excellence le Président de la République a mis en garde contre les conflits basés sur des considérations tribales, qu’il s’agisse de puits d’eau, de barrages de sable ou autres.
Son Excellence a ajouté, lors d’une rencontre avec les cadres et les dignitaires de la moughataa de Dhar dans la ville de N’Beikit Lahouach hier soir, que de telles pratiques nuisent au présent et à l’avenir de cette nation, et qu’elles ne sont donc plus acceptables.
Il a souligné que l’appartenance nationale doit primer sur toute autre considération et précéder toutes les autres appartenances, affirmant qu’il n’y aura aucune tolérance, quel qu’en soit le prix, envers toute propagande à caractère communautaire ou raciste, car la liberté d’expression est garantie à tous.
Son Excellence a expliqué que l’ambition de progrès et de prospérité de notre pays ne se réalisera qu’en construisant un État citoyen qui élimine les différences et la discrimination, et qu’il n’y a pas de place dans l’État national pour la hiérarchie tribale, catégorielle ou communautaire.
Son Excellence le Président de la République a indiqué que son approche dans la gestion des affaires publiques est la gradualité, la patience et la tentative de faire avancer les choses de la bonne manière, et que cela se fasse avec le moins de dommages possible pour tout citoyen du pays, précisant que lorsque les choses dépassent les limites, la tolérance ne sera plus possible.
Il a expliqué que la loyauté envers la patrie doit se manifester par l’évitement des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie, et que le concept d’État national ne peut les accompagner.
Son Excellence le Président de la République a exprimé son espoir que les élites politiques, sociales et jeunes contribuent à la sensibilisation et à la mise en évidence des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie.
Au début de la réunion, Son Excellence le Président de la République avait exprimé sa joie d’être ce soir à N’Beikit Lahouach, une ville dotée d’un emplacement stratégique distingué et d’un rôle majeur dans le renforcement de la sécurité de cette région du pays.
Son Excellence a remercié les habitants de la moughataa pour l’accueil merveilleux et la grande mobilisation, qui témoignent de l’importance de la moughataa à chaque fois.
Il a ajouté qu’il était venu ici pour écouter les citoyens, tirer profit de leurs opinions et prendre connaissance de leurs aspirations, et pour étudier tout ce qui peut servir le développement de la moughataa.
Son Excellence le Président de la République a expliqué que cette moughataa se caractérise par de grandes potentialités agricoles, mais que les défis du développement persistent, ce qui nous a amenés à nous rencontrer ce soir, a ajouté Son Excellence le Président de la République , pour discuter et se concerter sur l’ensemble des questions posées.
Son Excellence a ajouté: Nous avons placé le développement de cette moughataa au cœur de nos priorités et avons donné des instructions au gouvernement pour concrétiser cela sur le terrain à travers une série de projets.
Son Excellence a indiqué que certains de ces projets ont été achevés et que d’autres sont encore en cours de réalisation, et que la plupart d’entre eux ont été programmés dans le cadre du programme d’urgence d’accès aux services essentiels pour le développement local.
En Mauritanie, la corruption ne se limite pas aux hautes sphères de l’État ; elle s’est installée dans nos mentalités, dans nos rapports avec l’administration et la chose publique. Elle est devenue si banale qu’elle en paraît presque normale.
La corruption, ce n’est pas seulement ces millions, voire milliards d’ouguiyas détournés au sommet. C’est aussi le petit geste corrupteur, celui qui se répète, se banalise et finit par contaminer toute la société. Car s’il y a des corrompus, il y a aussi des corrupteurs. Chez nous, ne pas “arranger” un dossier en glissant quelques billets est parfois perçu comme une naïveté.
Nous sommes tous tentés, un jour ou l’autre, de corrompre : pour accélérer une procédure, contourner une règle ou dissimuler une faute. C’est une spirale terrible.
Lorsqu’un ministre, un wali ou un préfet est nommé, on se précipite pour lui offrir des présents- liasses d’argent, dromadaires, bœufs, parfois même de l’or- dans l’espoir de se “placer”. Ces gestes, loin d’être anodins, nourrissent une culture de favoritisme et de passe-droits.
Et pourtant, notre religion nous enseigne chaque jour que l’islam combat la corruption, l’injustice, le vol et l’enrichissement illicite. Le Coran nous rappelle que la richesse n’est pas une fin en soi : elle est une responsabilité, et son origine sera toujours questionnée.
Pour espérer éradiquer la corruption, il nous faut d’abord changer nos mentalités, notre rapport à nous-mêmes, à l’État et à la loi.
Le policier qui raquette dans un carrefour, l’infirmier qui fait payer plus qu’il ne faut, profitant de l’ignorance des populations, le journaliste qui pratique le chantage, le ministre ou le directeur d’une société publique qui monnaye sa signature : tous reflètent notre propre société.
Pire encore, nous avons fini par institutionnaliser la corruption en créant une catégorie qu’on appelle ironiquement les « Samsara » des intermédiaires sans foi ni loi, parfois analphabètes, mais signataires de contrats publics faramineux. Ces individus n’existeraient pas si la société ne les avait pas tolérés, valorisés, voire imités.
Aujourd’hui, la corruption en Mauritanie est endémique. Elle est partout : dans l’air que nous respirons, dans le poisson de nos assiettes, dans la viande du boucher et bientôt, si ce n’est déjà le cas, dans nos mosquées et nos mahadras.
Tant que nous ne changerons pas collectivement, aucune loi, aucun discours, aucune réforme ne pourra la déraciner.
Ici avec 2 oncles et partenaires dans la militance droit-de-l’hommiste et anti-féodalo-esclavagiste au sein du mouvement abolitionniste GanbanaaxuFedde. Il s’agit de messieurs AbdoulayeTraoré (au centre) et Ibrahima Cissokho originaires respectivement de Testayé et de Coumbadaw (dans le Guidimagha mauritanien). Ils furent parmi les personnalités pionnières qui mirent en place les bases et les premières activités d’éveil abolitionniste de l’association Armepes-France Ganbanaaxu dans les années 2010. Pour rappel, l’association Armepes-France a été à l’initiative de la création du forum whatsapp Ganbanaaxu Fedde en date du 5 octobre 2016 notamment par son secrétaire général à l’époque M. GayeTene Traoré. Je n’avais pas eu la chance d’assister à la première conférence de l’association animée en 2011 par l’enseignant et cheikh Abdoulaye Traoré à Paris, j’étais à celle de 2013 à Aubervilliers. Et, il s’est distingué toujours par un engagement constant de haute facture contre les coutumes féodalo-esclavagistes et autres pratiques et mentalités surannées qui minent foncièrement l’ensemble communautaire soninké. Ce 11 octobre 2025, il a été invité comme conférencier principal par la section Ganbanaaxu Lyon et à l’occasion, lui et ses co-intervenants ont brillamment animé cet événement de sensibilisation à l’endroit de la communauté militante et de soninkara dans son ensemble. Le vivre-ensemble communautaire passe par une égale Dignité d’essence Humaine et une sereine culture citoyenne dans le temps et dans l’espace.
Ainsi, je tiens à leur rendre Hommage à travers ces courtes lignes qui ne sauraient englober la vaillante substance de leur militantisme humaniste. Le Temps-mémoire retiendra qu’ils ont opté pour la VOI(E)X AUDACIEUSE de l’éveil et de la dignité. Et en disant Niet au fatalisme social..!
En Mauritanie, la question haratine demeure un non-dit structurant de l’ordre social et politique, une faille béante dans l’édifice de la citoyenneté et de la cohésion nationale. Depuis l’abolition officielle de l’esclavage, les Haratines sont théoriquement libres et intégrés dans le corps politique de la nation. Pourtant, derrière cette reconnaissance de façade, subsistent des pratiques, des mentalités et des structures qui prolongent de manière insidieuse l’ancien ordre esclavagiste. La dépendance sociale, la sujétion économique, l’aliénation symbolique et la confiscation politique demeurent des réalités vécues au quotidien.
C’est dans ce contexte que se pose aujourd’hui, avec une acuité nouvelle, la nécessité d’une clarification politique majeure : celle de l’autonomie politique, consciente, assumée et stratégique des Haratines vis-à-vis de l’ordre établi par l’héritage néo-esclavagiste. Cette autonomie ne relève ni du repli communautaire, ni de la rupture avec l’idéal d’unité nationale, mais d’un impératif historique et moral visant à restaurer une dignité collective confisquée. Elle est une condition essentielle pour construire une société réellement inclusive, juste et stable.
L’objectif de ce document est de démontrer que cette autonomie politique assumée – est non seulement légitime, mais indispensable. Elle s’impose face à la permanence des conformismes issus de l’ordre esclavagiste, qui enferment les Haratines dans une logique d’exploitation, de dépendance et d’instrumentalisation à tous les niveaux. Par ailleurs, dans un monde en pleine mutation, où les sociétés se redéfinissent à l’aune de la mondialisation, des revendications identitaires et des exigences de justice, les Haratines eux-mêmes connaissent une transformation interne profonde. Une nouvelle génération, plus instruite, connectée, décomplexée, émerge avec des aspirations claires : être acteur de son destin, non plus objet d’un système qui parle en son nom sans la représenter. Ce mouvement intérieur impose de redéfinir la place politique des Haratines au sein de la nation. Dans ce moment charnière, alors que la Mauritanie est confrontée à de multiples tensions sociales et identitaires, la clarification du statut politique des Haratines devient un enjeu national. Loin de constituer un facteur de division, elle doit être positivée en un levier de refondation démocratique, de stabilisation sociale et d’équilibre stratégique.
Ce document développe cette thèse en quatre parties. Il revient d’abord sur l’héritage néo-esclavagiste et ses effets persistants, aborde la dimension identitaire et citoyenne de cette autonomisation, explore les fondements de l’autonomie politique comme impératif, et en conlusion, démystifier la levée de boucliers visant à dénaturer les objectifs et la portée de cette dynamique.
II Héritages pesants — la continuité du néo-esclavagisme
L’abolition formelle de l’esclavage en Mauritanie, proclamée à plusieurs reprises depuis 1981, puis criminalisée en 2007, n’a pas suffi à déraciner les structures profondes de la domination héritée. Si l’esclavage comme système juridique n’a plus cours, ses formes sociales, culturelles et politiques persistent sous des aspects plus diffus, mais tout aussi oppressants. Cette survivance prend la forme d’un néo-esclavagisme, un ordre invisible mais agissant, qui continue à modeler les rapports entre les Haratines et les anciens groupes maîtres et les systèmes politiques tout aussi imbus de la mentalité esclavagiste.
Cette réalité se manifeste d’abord par une proximité sociale non remise en question : nombre de Haratines continuent de vivre dans une forme de dépendance symbolique ou matérielle vis-à-vis des descendants de leurs anciens maîtres. Cette proximité, souvent travestie en “solidarité traditionnelle” ou en “lien communautaire”, n’est en vérité qu’une reconduction des hiérarchies sociales anciennes. Elle maintient les Haratines dans un statut informel de subalternité, limitant leur capacité à se projeter comme sujets politiques autonomes.
À cela s’ajoute une instrumentalisation politique systémique. Les Haratines sont souvent mobilisés comme réservoirs électoraux, encadrés par des notables issus de l’ordre ancien, utilisés pour renforcer des équilibres de pouvoir qui les excluent de toute participation réelle. Cette stratégie d’encadrement repose sur une double logique : d’un côté, la culpabilisation des velléités d’autonomie, perçues comme ingratitude ou division ; de l’autre, la cooptation de figures haratines dociles, chargées de légitimer le statu quo en prétendant parler au nom de tous.
Sur le plan culturel et identitaire, le paternalisme post-esclavagiste continue de dominer les représentations. L’identité haratine est niée, diluée ou ramenée à une simple “composante” subordonnée d’une culture dominante qui ne laisse aucune place à une parole propre, à une mémoire reconnue, à une histoire assumée. Les tentatives de structuration culturelle autonome sont fréquemment disqualifiées comme communautaristes ou subversives.
Enfin, ce néo-esclavagisme se traduit par une précarité socio-économique structurelle. L’accès à l’éducation, à l’emploi, à la terre, aux fonctions publiques reste marqué par des barrières systémiques qui perpétuent l’exclusion des Haratines. L’indigence économique, souvent naturalisée, est en réalité le fruit d’un empêchement politique : l’autonomisation économique réelle est bloquée par le refus de reconnaître aux Haratines une pleine citoyenneté active et équitable.
Ces différents mécanismes convergent vers une seule conclusion : le passé ne passe pas. L’ordre esclavagiste, loin d’avoir été aboli dans les faits, s’est transformé en un système de domination plus subtil, plus difficile à identifier, mais tout aussi efficace. Il constitue un frein fondamental à la dignité et à l’autodétermination des Haratines
En somme, la fracture sociale qui traverse aujourd’hui la Mauritanie — profonde, clivante et structurellement accablante — condense l’ensemble des privations subies, des discriminations systémiques, de la paupérisation organisée, de l’indifférence institutionnelle et des logiques de domination persistantes. Elle témoigne, de manière éclatante, que si une identité commune s’est construite autour du passif esclavagiste, c’est au prix du sacrifice des Haratines, et souvent par une instrumentalisation politique de leur condition. Dès lors, il devient impératif pour ces derniers de se libérer de ce carcan identitaire imposé, pour reconquérir une subjectivité politique propre, affranchie des assignations héritées. C’est ce que propose le concept d’autonomie politique, non pas comme une rupture avec la nation, mais comme un repositionnement lucide des Haratines dans l’espace national.
III Identité haratine et citoyenneté : vers une intégration réelle
La question de l’identité haratine — ou, plus précisément, celle de leur volonté d’autonomie politique — soulève une controverse aussi vive que révélatrice de son enjeu stratégique dans l’équilibre des composantes nationales. L’irruption de cette nouvelle dynamique sur la scène politique nationale, et la sensibilité des réactions qu’elle suscite, semblent à la fois surprendre et inquiéter, tant cette perspective était jusqu’ici inconcevable. Et pour cause : l’édifice national mauritanien s’est historiquement construit sur une assimilation implicite de l’héritage esclavagiste, érigé en norme sociale, politique et identitaire.
Ce conformisme néo-esclavagiste, longtemps tenu pour acquis, se voit aujourd’hui ébranlé par l’éveil progressif de la conscience collective haratine. Une conscience qui, fidèle à la logique même de sa trajectoire de libération, appelle désormais à un parachèvement de l’émancipation : par l’affirmation d’une autonomie politique, par la reconnaissance d’une identité propre, et par une refondation des rapports au sein de la nation. L’identité haratine ne constitue ni une revendication identitaire figée, ni une fin en soi. Elle n’est pas une identité « prête à porter », comme certains le caricaturent pour en faire un facteur de blocage. Elle n’est pas davantage le fondement premier de la volonté de d’autonomie politique ; elle doit en être plutôt, l’aboutissement naturel, l’expression ultime d’un long processus de lutte pour la dignité, l’égalité et la souveraineté.
Loin de signifier un rejet des langues ou des cultures acquises au fil de l’histoire – souvent imposées par la violence de l’esclavage – cette identité vise à les réinterpréter à travers le prisme de la libération. Elle signifie le refus de continuer à assumer un héritage culturel dans les conditions de la servitude ; elle affirme au contraire la volonté de ne l’habiter qu’en homme libre, dans une posture d’autonomie et de réappropriation.
Cette identité se construit autour de repères nouveaux : une lecture spécifique de l’histoire, une mémoire collective longtemps refoulée, une revalorisation du patrimoine linguistique et culturel, et surtout une vision souveraine et consciente de la Mauritanie, portée par une volonté d’inclusion équitable. Car les Haratines ne sont ni Arabes comme l’autre composante hassanophone, ni négro-mauritaniens selon les constructions classiques de l’identité ethnique, malgré une proximité de couleur. Leur histoire ne s’inscrit pas dans la fierté de lignées impériales, royales, féodales ou aristocratiques, mais dans la douleur d’une mémoire servile, qui les distingue profondément de tous les autres groupes. Dès lors, leur singularité ne peut être niée : s’identifier, c’est nécessairement se différencier. Aussi, même si cette identité haratine échappe encore aux classifications formelles de l’anthropologie ou de l’ethnologie, elle existe de fait : à l’image de leur haratinité de fait, de leur arabité de fait, de leur statut de fait, de la fracture sociale qui les clive. En somme, elle existe de fait par leur singularité, leur spécificité en tout. Elle existe comme réalité vécue, comme conscience émergente, comme volonté de se définir librement. C’est cette affirmation identitaire, non excluante mais fondatrice, qui constitue l’un des piliers de leur citoyenneté en devenir. Reconnaître et valoriser cette identité ne signifie pas s’enfermer dans un particularisme excluant, mais au contraire enrichir le tissu national par une diversité assumée. La singularité haratine devient ainsi un vecteur d’intégration dans la mesure où elle permet de dépasser les logiques d’assimilation forcée ou d’effacement culturel. Cette double dynamique — identité affirmée et citoyenneté active — est la clé pour dépasser les fractures et construire une société plus juste et inclusive. Elle suppose un cadre politique qui reconnaisse et garantisse les droits collectifs et individuels, ainsi qu’une participation effective à la vie nationale. Dans ce cadre, l’autonomie politique des Haratines, loin d’être un facteur de division, devient un levier puissant de cohésion nationale, garantissant la pérennité et la stabilité de la Mauritanie.
IV L’autonomie politique comme impératif
Dans le contexte complexe de la société mauritanienne, l’autonomie politique des Haratines ne peut plus être perçue comme une option secondaire ou un simple enjeu communautaire. Elle s’impose aujourd’hui comme un impératif historique, moral et stratégique pour briser définitivement les chaînes invisibles du néo-esclavagisme et restaurer la dignité collective. Mais que recouvre précisément cette autonomie politique, et pourquoi est-elle indispensable ? L’autonomie politique des Haratines peut se définir comme l’expression de l’évolution de leur combat pour faire face à deux impératifs cruciaux que connaît leur communauté : 1– L’impératif d’une nouvelle étape stratégique de leur lutte historique qui s’annonce comme un ressaisissement conscient et assumé de ce combat, porté par la volonté de se constituer autour d’un vécu à la fois commun et singulier, enraciné dans leur propre expérience historique, leur mémoire collective et leurs aspirations spécifiques — dans le but de reprendre en main leur destin. Elle exprime un impératif de rupture, pleinement justifié et légitimé par les leçons de notre courte histoire politique : l’invisibilité des Haratines lors de la fondation de l’État mauritanien, l’occultation de la question de l’esclavage durant les premières décennies de l’indépendance, leur instrumentalisation systémique à travers l’ère démocratique, puis le désespoir et la désillusion face à la consécration d’un néo-esclavage, nourri par les dérives discriminatoires qui minent le pays aujourd’hui. C’est donc, une affirmation positive pour la conquête d’un espace politique propre, qui permet aux Haratines de sortir du rôle passif et assigné qu’on leur impose depuis toujours L’autonomie politique se définit dès lors comme la capacité des Haratines en tant que tels en pleine conscience, à organiser, représenter et décider eux-mêmes de leurs intérêts, de leurs stratégies et de leur avenir collectif, sans dépendre d’aucune tutelle politique ou sociale dictée par le conformisme néo-esclavagiste. 2– La nécessité d’une approche plus politique, plus rationnelle, plus ambitieuse, repondant aux aspirations émergentes d’une nouvelle conscience haratine, portée par une jeunesse de plus en plus réfractaire aux conformismes néo-esclavagistes. Une approche qui incarne aujourd’hui une quête de repères sociaux clairs, de reconnaissance institutionnelle, de visibilité politique, et d’affirmation constitutionnelle. Cette dynamique affirme une singularité socio-économique des Haratines, désormais incontournable, qui s’impose comme un défi existentiel majeur pour la société tout entière. En effet, il est manifeste qu’aujourd’hui, une transformation profonde s’opère au sein de la communauté haratine. Cette évolution, alimentée par plusieurs facteurs convergents, engendre une prise de conscience collective sans précédent et nourrit un désir légitime d’autonomie et de dignité politique.
L’un des moteurs essentiels de ce changement est la jeunesse haratine. Mieux éduquée, plus connectée au monde extérieur, cette génération refuse l’aliénation héritée et les conditionnements anciens. Elle s’insurge contre les injustices répétées, la discrimination, et les barrières invisibles qui continuent de brider son épanouissement. Plus que jamais, elle revendique une place pleine et entière dans la société mauritanienne, non pas comme un supplément d’âme subordonné, mais comme un acteur politique à part entière.
Cette jeunesse est aussi porteuse d’une culture de contestation pacifique et d’une aspiration à des formes de participation politique nouvelles, plus inclusives et égalitaires. Elle utilise les outils modernes – réseaux sociaux, associations, mobilisations citoyennes – pour faire entendre sa voix, sensibiliser l’opinion, et bâtir des solidarités transversales. Parallèlement, une prise de conscience historique s’affirme. Les Haratines revendiquent leur histoire propre, loin du regard paternaliste ou dévalorisant. Cette reconnaissance du passé, avec ses blessures mais aussi ses résistances, permet de forger une identité collective renouvelée, source de fierté et de cohésion. Cette autonomie dépasse la simple revendication d’émancipation, qui évoque une libération encore inachevée et souvent subie. Elle implique, en amont, une refondation profonde de l’État mauritanien, condition sine qua non à toute transformation structurelle durable. En effet, il serait déraisonnable d’espérer voir émerger une véritable autonomie politique dans le cadre figé du système politique actuel, dominé par des logiques de reproduction des hiérarchies sociales, de clientélisme et d’exclusion. La Mauritanie a plus que jamais besoin de renouveler son contrat social, et cela passe nécessairement par l’élaboration d’une nouvelle constitution, inclusive, conséquente, réaliste, prévoyante et authentique.
Cette constitution doit reconnaître la composante haratine comme un pilier à part entière de la nation, en lui garantissant une inclusion politique et institutionnelle claire, afin de les sortir de l’invisibilité historique dans laquelle ils ont été confinés. Elle devra également inscrire explicitement leurs droits à la réparation, à la réhabilitation, à l’émancipation et à l’insertion, comme principes constitutionnels fondamentaux.
L’esprit d’une telle constitution ne doit pas se limiter à rétablir des équilibres juridiques : il doit porter une vocation réparatrice, mémorielle et émancipatrice. Il s’agit d’assumer collectivement le passé, de regretter institutionnellement l’héritage esclavagiste, et de libérer la conscience collective nationale des séquelles morales, culturelles et politiques de ce passé accablant. Car la société mauritanienne dans son ensemble ne saurait dépasser ses tares, ses anachronismes et ses dérives politiques contemporaines tant que le conformisme néo-esclavagiste continue de servir de socle à des mentalités rétrogrades. Suprémacisme, féodalité, népotisme et incivisme de tout genre forment un système de reproduction des inégalités, consolidé par l’absence de rupture politique réelle.
Or, il n’existe pas de levier plus puissant pour déstructurer cet héritage tenace et empêcher sa pérennisation que l’autonomie politique assumée des Haratines. En ce sens, l’autonomie politique ne constitue pas une menace pour l’unité nationale : elle en est, au contraire, une condition de possibilité. Elle doit être comprise comme une transition historique nécessaire vers une citoyenneté effective, non seulement pour les Haratines, mais pour l’ensemble du peuple mauritanien — car en libérant une partie importante de la nation de ses entraves, c’est la nation toute entière qui s’élève vers une forme plus accomplie d’elle-même. Elle a, objectivement, vocation à constituer le socle indispensable d’un avenir partagé — affranchi des hiérarchies héritées — et apte à projeter la Mauritanie vers une modernité inclusive, équitable et souveraine. Pourtant, l’autonomie politique émergente des Haratines, loin de susciter l’adhésion, semble paradoxalement faire l’objet d’une diabolisation persistante, y compris de la part de ceux-là mêmes qui se réclament du progressisme. Un progressisme de rebours, incapable de saisir dans cette dynamique une opportunité historique de relancer la lutte pour la refondation du système et la transformation de l’ordre social établi. Cette levée de boucliers, contre nature et éminemment politicienne, mérite d’être exposée, questionnée, et fermement démystifiée.
V – Une levée de boucliers injustifiée et lâche.
Les Haratines n’ont ni vocation, ni désir de s’identifier à un passé esclavagiste qui les a déshumanisés. Ce passé ne les honore pas. La haratinité qu’ils revendiquent aujourd’hui n’est pas un étendard communautariste, mais le cri d’une douleur sociale persistante. Elle exprime l’abandon, la relégation, l’absence d’horizon — en somme, une détresse. S’ils s’y raccrochent, c’est par un réflexe de solidarité, profondément humain, face à une adversité commune. Il faudrait les plaindre, les comprendre, les soutenir — non les accabler.
Ceux qui les accusent de diviser sont souvent les gardiens d’un ordre injuste. Ils appartiennent, pour beaucoup, à deux catégories : — des conservateurs, des chavins, des suppremacistes irréductibles, des renégats de tous bords, qui s’accommodent très bien du système d’exclusion et de hiérarchie sociale hérité du passé ; — ou des « progressistes de rebours », qui, à court de crédit politique et de popularité, préfèrent s’attaquer à plus vulnérables qu’eux pour plaire au pouvoir, espérant ainsi en tirer quelques miettes de survie politique. Plutôt que d’affronter un pouvoir contesté jusqu’en son propre sein, ils choisissent la voie la plus facile : s’en prendre à ceux qui réclament dignité et justice.
On accuse également ces activistes de tenir des discours de haine. Il est vrai que l’on ne peut que regretter des propos vulgaires et excessifs qui apparaissent de temps en temps dans les réseaux sociaux. Cela doit être reconnu et corrigé. Mais il ne s’agit là que de mots — quand nombre de leurs détracteurs, eux, ont pris les armes, ont pactisé avec des puissances étrangères, ont participé à des conflits armés, avant de se redécouvrir aujourd’hui des vertus de « civisme » et d’« unité nationale ». Quelle hypocrisie. L’histoire politique du pays témoigne du pacifisme des mouvements politiques haratines quel que soit leur discours. Ce pacifisme est d’ailleurs une séquelle de l’esclavage enraciné par la résilience esclavagiste. Enfin, on les traite d’opportunistes, qui exploiteraient la souffrance des leurs pour gravir les échelons. Mais dans un système profondément corrompu, discriminatoire et fondé sur le népotisme, qui peut prétendre à la pureté ? Qui, dans ce champ politique verrouillé, ne cherche pas à survivre ? Ceux qui accusent oublient un peu vite que c’est ce système même qui oblige chacun à composer, à négocier, à parfois se compromettre. En réalité, le danger est ailleurs. Il réside dans ce système verrouillé, qui, d’une main de fer, condamne une partie de la population à subir, dans le silence et la passivité, les dérives d’une gouvernance chaotique, profondément discriminatoire, et totalement imperméable à toute alternative salutaire.
Il est temps d’avoir le courage de le dire, sans complaisance ni faux-semblants. Il est temps de dépasser les procès d’intention faits aux militants haratines, et de voir dans leur volonté d’autonomie non une menace, mais une opportunité : celle d’un sursaut politique, d’une refondation démocratique, inclusive et équitable. Faut-il encore rappeler que ni l’identité haratine, ni la haratinité, ni même la revendication d’une autonomie politique ne constituent en soi des idéaux politiques ? Ce ne sont ni des fins, ni des projets de rupture. Mais il est tout aussi évident qu’ils s’imposent aujourd’hui comme des déterminants essentiels dans la transition, désormais incontournable, vers une citoyenneté pleine et entière.
Tenter d’étouffer cette dynamique de conscience collective — portée notamment par une jeunesse haratine de plus en plus éveillée — serait une erreur grave. Car cette prise de conscience n’est pas un phénomène isolé : elle s’inscrit dans un mouvement mondial de réaffirmation des droits, des identités et des appartenances. Elle renforce ainsi la légitimité de la démarche haratine et la place au cœur des enjeux démocratiques de notre temps. C’est cette jeunesse éveillée, ce peuple en marche vers la justice et la reconnaissance, qui incarne le véritable levier d’une transformation politique durable. La Mauritanie se doit d’accompagner la dynamique des Haratines, non par condescendance, mais comme une condition essentielle à son propre avenir démocratique et à sa cohésion nationale.
La parole est la « chose puissante en soi ». La culture est l’œuvre humaine qui s’adapte aux realités du temps sans s’effriter ; pourvu qu’elle humanise et ne déshumanise pas.
En ce sens, la culture (Culture avec une majuscule si l’on veut) ne doit pas être la présentation d’artefacts, d’objets anciens et qui n’ont plus de sens. Elle crée un espace de polarisation. Or, elle devrait être ce mélange de traditions humanisantes et inclusives liées à des valeurs globales.
À chaque fois que l’on parle de langue et de culture, on nous sort des objets qui ne reflètent en rien notre quotidien. Nos habitus, notre quotidien. C’est la « vénération de l’obsolescence ».
Ce réflexe de s’accrocher à des formes mortes de la culture, à des représentations vidées de leur vitalité, traduit une incapacité à reconnaître que la véritable culture devrait conjuguer tradition et valeurs universelles, mémoire et création, identité et ouverture. La culture doit être nourrie par le quotidien.
Je suis contre les représentations culturelles qui muséifient au lieu de vivifier. Je suis pour une invitation à réinventer une culture qui fait soin, fait lien, fait sens.
Par ailleurs, on observe certain·e·s porter des habits dits traditionnels lors des cérémonies, en guise (-peut-être que je me trompe-) de solidarité avec la culture mise en avant. Mais cela reste de la poudre aux yeux, quand on sait que ces mêmes personnes sont adeptes de la langue de bois, voire du déni des injustices et des inégalités.
Mali 🇲🇱 – Soninké – Évènement | Le nom du célèbre parolier malien issu de la communauté soninké M. Ganda Fadiga (décédé le 19-09-2009 – Paix à son âme) est attribué solennellement à une place du 18 ème arrondissement de Paris #France 🇲🇫. Une icône du gambere (instrument de musique griotte), le natif de maréna (Mali) a vécu durant une période de sa vie dans ce quartier à forte concentration d’immigration d’origine africaine dont des soninkés.
Lors de la constitution des matériaux de notre dernier livre Brève initiation à la géopolitique pour un jeune Soninké: Repères et évènements historiques : SOUMARE, Koundou: Amazon.fr: Livres https://share.google/Hnik0EvRMnrSH5mj , j’avais illustré un constat en le citant concernant un descriptif qu’il donnait aux espaces géographiques : « …faisant référence à la zone de l’océan Pacifique… il disait que l’aéroport de Tokyo (Japon) serait le dernier avant les eaux maritimes et qu’au delà on se ferait dévorer par les poissons. »
Pour dire qu’il abordait dans ses dires au profit de ses mélomanes traditionnels, des bribes de connaissances sur les pays et environnements lointains qu’il a parcourus de nombreuses années durant auprès des diasporas soninké.
~~~~~~ Il disait :
«Un fuyard qui a eu l’esprit de se courber pour prendre ses chaussures avant s’y attendait sûrement »
«si tu as la nostalgie de ton créancier ce que tu as l’argent de son remboursement»
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.