Exclusif Kassataya Double nationalité en Mauritanie : le Conseil des ministres adopte enfin !

La délivrance ! De sources généralement bien informées, KASSATAYA a appris que le conseil des ministres a adopté ce jour un décret simplifiant l’acquisition de la double nationalité aux citoyens mauritaniens.

Si l’information se confirme, ce serait une avancée notoire attendue depuis l’indépendance. Selon notre source, la prochaine étape sera le vote par l’Assemblée Nationale.

Pour rappel, la double nationalité était régie par la loi 61 – 112 du 12 juin 1961 portant code de la Nationalité mauritanienne (notamment en ses articles 31 et 37 nouveaux) revue par la Loi n°2010 – 023 du 11 février 2010 ouvrant la possibilité au Mauritanien s’étant prévalu d’une autre nationalité de conserver sa nationalité mauritanienne suite à une demande adressée au président de la République.



Nous y reviendrons.

©️ Crédit source : https://kassataya.com/2021/06/16/double-nationalite-en-mauritanie-le-conseil-des-ministres-adopte-enfin/

Informer Vrai, c’est Secourir : les dits accords contre l’esclavage par ascendance à Hassi-Chaggar (Guidimagha)

Crédit photo : Post FB du député.



Renseignements pris auprès de membres antiesclavagistes et abolitionnistes affiliés à Ganbanaaxu , le vieux présenté dans l’une de photos illustratives du post FB du député de Tawassoul Idrissa camara, ne serait aucunement un représentant de la communauté Ganbanaaxu de Hassi Chaggar. Ainsi les propos diffusés par ce Député Idrissa Bilaly Camara n’engagent que certaines personnes d’ascendance esclave qui sont toujours sous domination coutumière et féodale de l’ancien ordre villageois. Dans sa publication https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=5685743744800097&id=100000935832977, le député semble nous vendre que Ganbanaaxu est antagoniste avec un autre groupe (democrati islamic) WhatsApp d’apologistes soninkés de l’esclavage dans la communauté. Alors qu’il le sait très bien que ce sont les milieux féodaux communautaristes autour de la chefferie coutumière qui s’affairent depuis 4 ans pour contrer l’expression citoyenne et humaniste du Message Ganbanaaxu dans les villages. Enfin il croit dire ou faire découvrir que des accords locaux seraient signés à son initiative pour interdire les appellations connotées esclavagistes dans ce village chef-lieu de la commune du même nom Hassi Chaggar. Pour rappel la Loi 031 – 2015 en Mauritanie dans son ✓ article 19 dit : Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave ou affilié à des esclaves, est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende de vingt milles (20.000) à deux cent cinquante milles (250.000) ouguiyas. Normalement il suffisait à un parlementaire averti de rappeler les dispositions prévues dans les Lois de la République sur l’ensemble du territoire national. Une précision, notre BLOG a sollicité une interview expresse auprès du député dans la journée d’hier (14/06/21) après les premiers échos remontés sur les manœuvres du terrain avec son nom évoqué, mais il a déclaré de ne pas vouloir s’exprimer à cause des tensions en cours. Subitement il s’est manifesté aujourd’hui avec son post dont le contenu et les contours sont sujet au doute car d’autres sons de cloche émergent depuis sur la même affaire. Vouloir réconcilier des gens , c’est plus que recommandable mais aujourd’hui concernant la crise dans soninkara à cause des coutumes esclavagistes et féodales, on ne peut pas et on ne doit pas se servir des sources de problèmes pour en faire des solutions supposées sérieuses. Il faut nécessairement l’implication d’un acteur régalien tant attendu qui est l’État. L’opinion publique se rappelle d’une sortie médiatique à raison du député qui protestait concernant un traitement inapproprié dont il a été victime de la part d’éléments de la police de transport à Nouakchott… Lire https://www.essadafr.info/archives/1672 . Logiquement un citoyen averti comme lui de ses droits et devoirs en milieu urbain, ne devrait pas entreprendre d’autres mécanismes ne visant pas la consolidation de l’État de Droit ailleurs en milieux ruraux.

✓NB : Le mouvement Ganbanaaxu Fedde est un collectif d’associations militant pour abolition des coutumes esclavagistes et féodales dans les communautés Soninké. Il est porteur d’un éveil citoyen et humaniste pour une réforme sociale et contre les inégalités.

• À découvrir Ganbanaaxu https://www.ganbanaaxufedde.com/

– KS pour le BLOG

TRIBUNE: La société soninké peut-elle s’affranchir des pesanteurs féodales pour réaliser une communauté de destin ? | Par Seyré Sidibé

Crédit Photo illustrative FA

Les mutations et remous que connait la société Soninké, de nos jours est une situation naturelle et normale. Il n’y a pas à se lamenter : c’est dans l’ordre normal des choses. Dans son fondement, la société soninké traditionnelle a longtemps séduit par son mode d’organisation et sa stratification sociale. Ces valeurs vertueuses dans leur esprit étaient perceptibles à travers le comportement de l’individu au sein du groupe et au-delà. Le consensus y était presque acquis notamment autour de la charte qui régissait le vivre-ensemble. Les LAADA (la charte) en cause aujourd‘hui étaient l’expression de la volonté populaire caractéristique d’une société dont le moteur était la solidarité et la complémentarité à travers des rôles sociaux stratifiés, comme des maillons d’une même chaîne où chaque élément est essentiel pour l’harmonie du groupe.

Ces valeurs témoignent du génie d’une société traditionnelle, celui des hommes et des femmes d’une époque et d’un contexte sociopolitique et historique bien déterminé.

Ces éléments historiques ne sont ni reproductibles ni transférables. Dès lors la crise que traverse la société soninké contemporaine exprime l’incapacité des Soninkés à s’adapter, à prendre la mesure du temps pour créer des lois en adéquation avec les nouvelles réalités.

C’est en cela que les ancêtres étaient des références, du fait de leur capacité à avoir réalisé un cadre et des conditions socio-culturel, juridico-institutionnel leur permettant de vivre en s’affranchissant des menaces d’alors dans une société viable.

A l’inverse, les contemporains pêchent par leur manque de lucidité, par ce que obnubilés par la nostalgie et le culte d’un passé glorieux mais dépassé et démodé.

La crise actuelle est le résultat d’un refus et/ou d’une inaptitude à inventer une nouvelle échelle des valeurs consensuelles en conformité avec les réalités du présent.

En effet, la recomposition et la nouvelle reconfiguration qu’impose désormais notre époque se moque parfois de l’ancien ordre dont certains aspects doivent inspirer pour servir de référentiels. Cependant les composantes sources de discorde et de division sont à bannir.

Il reste que les intérêts égoïstes empêchent certains à placer l’intérêt du groupe et de la communauté au-dessus de celui de la famille.

Quel sens peut-on donner à un contenu culturel, religieux ou cultuel qui ne permet pas de mieux-vivre et changer qualitativement le niveau de vie de la communauté ?

Pour quoi doit-on s’accrocher obstinément à des traditions qui fragmentent, délitent notre cohésion et compromettent, notre passé jusque-là glorieux ?

Quelle est la grandeur et la pertinence d’une tradition dès lors qu’elle cesse d’être valorisante, en passant par anachronisme de valeur à anti valeur ?

Autant de questions que doivent se poser les Soninkés pour connaître leur situation dans ce monde et avancer résolument.

Qu’on soit nostalgique, progressiste ou révolutionnaire, une chose est certaine : l’humanité avance dans le sens de l’histoire.

Rien ne sera plus comme avant. On continuera toujours à regretter un certain passé et à fustiger un présent qui nous déclasse et donc peu valorisant.

Telle est la nature humaine.

Mais l’histoire nous enseigne que les grands peuples sont ceux-là qui ont réussi à transformer leur guerre, leur adversité et leur haine en amitié, en acceptant de coopérer avec l’ennemi d’hier pour faire face aux nouveaux défis.

C’est la résilience.

La France et l’Allemagne, les Tutsi et les Hutu au Rwanda sont des exemples patents. Dans ces deux cas, il s’agit de peuples différents alors que chez les soninkés, la brouille concerne la même entité. Ici, la famille se désunit, incapable de s’entendre sur l’essentiel par ce que traversée par des intérêts divergents.

Au finish qu’est-ce que l’esclavage coutumier ou par ascendance objet de la discorde au sein de wagadu remu ?

Qu’en est-il de la noblesse ?

Le contexte sociohistorique d’antan qui légitime et explique la genèse de ces deux composantes de la société féodale étant non reproductible, il ne peut dès lors avoir d’esclaves aujourd’hui dans la société soninké.

Là encore, pour quel intérêt doit-on continuer à stigmatiser un groupe pour un passé dont il n’est pas responsable ? Ce serait injuste.

Chez les Soninkés la noblesse est dans les patronymes et dit-on dans le sang : une référence à la naissance.

Or expliqué de manière scientifique, on peut observer que les membres d’une même famille déplacés dans des territoires différents n’ont plus le même statut. Le changement d’espace de vie a-t-il affecté leur d’ADN ou leur paternité ?

Allez savoir !

Il s’agit d’une déchéance pour certains et une ascension sociale pour d’autres au gré des pérégrinations tant qu’on a la chance de ne pas rencontrer un « vassal » aux ambitions impérialistes.

Ainsi les mêmes noms de familles sont assimilés ici à la noblesse alors que là-bas, sous d’autres cieux, ils sont dits esclaves.

Ce caractère mouvant, versatile voire impertinent est suffisant pour montrer que ces étiquettes ont quelque chose d’arbitraire et sont d’une absurdité insondable. C’est donc une échelle des valeurs caduque, inappropriée et controversée dans une nouvelle société qui redistribue les rôles et les chances.

De nos jours, la société soninké est menacée de déflagration : ses fondements se désagrègent de son corps meurtri alors que sa tête est déchirée, fragmentée par un manque de réalisme qui l’empêche de concilier philosophiquement son passé et son présent dans une approche dialectique et non conflictuelle.

Si gouverner c’est prévoir, c’est également anticiper.

La chefferie traditionnelle n’est-elle pas dépassée ?

S’est-elle posée la question de savoir pourquoi sa parole ne fait plus autorité ?

N’a-t-elle pas entendu ces désirs de changement et de déconnexion d’un passé emprunt de manichéisme et devenu dès lors déshumanisant ?

Le pouvoir temporel a intérêt à comprendre que les relations de servilité ont fait leur temps. Sans vouloir faire le procès de l’histoire. Force est de reconnaître que la féodalité n’a plus de place dans le monde capitaliste où « le chacun pour soi » reste la règle d’or et un leitmotiv pour trouver une place au soleil.

Dès lors l’héritage n’est plus perçu comme un viatique inépuisable et vénérable à tous égard. La valeur a connu une dynamique et un changement de sémantique.

Elle a cessé d’être un legs, transmissible de manière héréditaire : elle signifie désormais rendement et ce que vaut l’individu dans la société.

Ces réalités sont aux antipodes de la société féodale basée sur le « communautarisme » avec le primat du groupe sur l’individu porteur d’une valeur synonyme de rang social acquis souvent de manière contingente.

Chers Messieurs, l’esclave d’hier, c’était un contenu culturel correspondant à un rôle social. Un homme façonné pour servir, se soumettre, incapable de raisonner mais prompt à faire des bouffonneries.

L’esclave, c’était plus qu’un nom de famille. C’était un statut, une « éducation » et des valeurs inculquées par le biais de la société féodale.

Avec le temps, les vents de démocraties et des droits humains ces stratifications sociales sont perçues, à juste titre, comme des inégalités.

En effet, elles relèguent certaines catégories humaines au second plan en les stigmatisant et les confinant dans des rôles mineurs peu enviables, en faisant fi de leurs compétences imposées par le nouvel ordre social auquel, le monde féodal reste sourd.

Ce qui se déroule sous nos yeux aujourd’hui n’est pas une spécificité de la société Soninké. C’est un mouvement inhérent à toutes les sociétés inégalitaires.

Les conséquences de ces remous sociaux vont dépendre de la capacité de l’ordre traditionnel à entendre la volonté de changements exprimée par des composantes issues historiquement, d’entités placées au bas de l’échelle de la pyramide sociale.

Comme des damnés, la société ne prévoit pour elles aucune perspective heureuse : tout les ramène à l’histoire de leur famille.

Cette guéguerre risque d’emporter la société soninké déjà assaillie, fragilisée par l’émigration, l’ignorance et les interactions culturelles multiples parmi lesquelles la mondialisation.

Au regard de ce drame soninké qui est en train de se jouer, un message apparait : l’appartenance à une même langue et à une même communauté n’est plus une raison suffisante pour former un groupe culturellement homogène.

Désormais, la condition sociale est un référentiel et un élément fédérateur de revendications qui crée des passerelles entre des groupes historiquement, géographiquement et linguistiquement différents : la guerre des classes a peut-être commencé.

Sous ce rapport, avec la fragilisation des pays du sahel ayant pour corollaire la négation de certains Etats, nous assisterons à un terrorisme d’un autre paradigme qui plongera nos communautés dans une débandade, un chaos qui profitera à d’autres entités déjà à l’affût.

S. Sidibé

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/tribune-la-societe-soninke-peut-elle-saffranchir-des-pesanteurs-feodales-pour-realiser-une-communaute-de-destin/

Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le mathématicien Sy Mouhamadou

La rubrique Le Grand Entretien du Blog est honorée par la disponibilité d’une grande pointure mathématicienne et intellectuelle, en la personne de Monsieur Sy Mouhamadou . Chercheur natif de Bélinabé dans le Gorgol (Sud mauritanien) , Monsieur Sy vient être recruté auprès d’une figure célèbre dans les milieux de Mathématiques, le professeur Martin Hairer à Imperial College de Londres en Grande-Bretagne.

✓Nos vifs remerciements amicaux et fraternels à lui pour cette disponibilité avec l’interview qui suit :





• Question 1 : Bonjour Monsieur Sy, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

MS : Je suis Mouhamadou Sy, né à Bélinabé dans le Fuuta Mauritanien. Je suis chercheur en mathématiques, travaillant à Imperial College London dans le domaine des équations aux dérivées partielles stochastiques. Je consacre une partie de mon temps libre aux langues africaines qui, je pense, doivent prendre une place prépondérante dans les systèmes éducatifs en Afrique. Rares sont, en effet, les pays africains qui intègrent leurs langues dans leur éducation au moment où celles-ci devraient être le socle de l’ensemble du système, y compris et surtout, l’apprentissage des sciences.


Question 2 : Vous êtes chercheur reconnu en mathématiques, que pouvez-vous nous dire sur votre parcours écolier et étudiant depuis votre village dans le Gorgol jusqu’à votre position actuelle ? Et quels conseils pour notre jeunesse concernant les études ?

MS : J’ai suivi le parcours qui était proposé à l’époque par l’école publique mauritanienne jusqu’en terminale. J’ai fait un bac C (Mathématiques). J’ai toutefois toujours été intéressé par les matières littéraires aussi. À l’école primaire du village de Bélinabé, nous étions à une époque où nous manquions de salle de classe ; il y avait des années où on était une classe itinérante passant d’un endroit du village à un autre pour trouver un toit pour abriter nos cours. Nous avions fini par nous stabiliser sous un grand arbre non loin de l’école. Ce sont des moments inoubliables. L’école pour moi c’est donc tout cela ; c’est le contexte particulier dans lequel je l’ai pratiquée. Le collège-lycée a été le prolongement de cet univers. C’était naturel que je m’inscrive en Mathématiques à l’université ; ce qui l’était moins était le fait que cette université soit française. Je n’avais en effet aucune justification financière évidente. C’est grâce au dévouement d’un ami de ma famille que j’ai pu m’inscrire et m’envoler pour la France. Une fois sur place, on fait face à plus d’une difficulté ; mais sachant le sacrifice derrière, l’échec était non envisageable, il fallait réussir et le faire le mieux possible. Mais je suis bien placé pour savoir que ce n’est pas la motivation seule qui permet d’y arriver ; cela nécessite un ensemble d’ingrédients impossible à faire une liste exhaustive mais dans lesquels les circonstances jouent beaucoup. Mes études en France ont pu bénéficier de beaucoup de bourses françaises (Bourse RATP, Bourse d’excellence du master Recherche de Cergy-Pontoise, Bourse Domaine d’Intérêt majeur, Prix au mérite en sciences de l’Académie de Paris). J’ai aussi eu la chance de faire un master recherche à Cergy où la taille humaine des groupes facilitait l’accès des étudiants aux chercheurs de premier plan dans leurs domaines respectifs. Je me souviens de mes multiples interactions avec Pr. Vladimir Georgescu, Directeur de recherche CNRS qui m’a enseigné la topologie et la théorie spectrale, et avec qui j’ai approfondi ma découverte de l’univers de la recherche en Mathématiques. Pr. Georgescu est un grand nom de la physique mathématique et passer autant de temps dans son bureau à discuter des maths et de la culture mathématique a été une chance inestimable pour moi. C’est d’ailleurs Vladimir qui m’a présenté mes futurs directeurs de thèse qui deviendront mes parents scientifiques et m’ouvriront la porte d’entrée dans la communauté. Après ma thèse, je fus recruté à University of Virginia (UVA) où j’ai fait plus ample connaissance avec le système américain. UVA a été une étape importante ; on sort de son université mère (Cergy-Pontoise pour mon cas) et on met à l’épreuve ses capacités d’indépendance scientifique déjà développées lors du doctorat ; d’un autre côté on se lance dans des collaborations. UVA a été, en plus de sa valeur intrinsèque, un avantage considérable de par sa proximité avec les autres universités de la côte est ; j’ai pu ainsi séjourner notamment au MIT et à Brown University, invité par des collègues. Imperial College London est la toute nouvelle étape que je viens d’entamer, elle s’inscrit dans la continuité des autres avec de nouveaux défis scientifiques à relever.
Je conseille aux jeunes africains de ne pas se décourager dans la poursuite de leurs rêves, et de s’investir en sciences. Cela pourrait significativement améliorer la condition de leurs sociétés et de désenclaver scientifiquement et technologiquement le continent. Beaucoup de jeunes issus de pays, sous-développés il y a quelques décennies, que cela soit d’Amérique du Sud ou d’Asie sont impliqués aujourd’hui dans beaucoup de découvertes scientifiques. Le chemin le plus court vers le développement auquel nous aspirons tant est certainement celui de la pratique scientifique.

• Question 3 : Il y a quelques années vous aviez publié un ouvrage de maths traduit en langue Peul, quelle a été sa portée académique par la suite ?

MS : L’ouvrage de Mathématiques écrit en Pulaar s’incrit dans une démarche que j’ai mentionnée ci-haut. Il s’agissait de faire avancer, sur le plan scientifique, la question de l’utilisation des langues africaines à l’école en Afrique. Je pense en effet que l’acquisition des connaissances scientifiques, que cela soit en nombre d’individus qu’en profondeur, sera bien améliorée avec un système basé sur les langues usitées par les populations dans toutes leurs affaires quotidiennes et sur lesquelles reposent leurs cultures.


• Question 4 : Récemment une communication médiatique annonçait votre recrutement auprès du Pr Sir Martin Hairer (médaille Fields 2014) à Londres, nos vives félicitations, pouvez-vous nous présenter brièvement vos nouvelles activités de recherches ?

MS : Merci pour les félicitations. C’est vrai qu’il y a eu cette communication dans certains de nos médias nationaux (vous en faites partie). Dans notre contexte national, cela prend une dimension de plus et je suis ravi que celui ait pu générer tant d’enthousiasme notamment auprès des jeunes. Pr. Hairer est un mathématicien de renom qui a réussi un tour de force monumental quand il a développé sa théorie des structures de régularité permettant de donner un sens à une classe d’équations de la physique mathématique. Mes travaux, en collaboration avec lui, porteront précisément sur cette théorie et sur quelques unes des équations en question. Il y a, en physique, des hypothèses que les mathématiciens appellent conjectures qui formulent des intuitions non encore prouvées ou qui ne le « sont » seulement que de façon formelle. Une de nos missions est de fournir des résultats mathématiquement rigoureux concernant ces conjectures.


Question 5 : Souvent vos publications sur les réseaux sociaux notamment Facebook , sont marquées d’une grande pertinence , par exemple sur les affaires politiques et sociales en Mauritanie, que faudrait-il faire aujourd’hui pour régler définitivement certaines problématiques liées au racisme et aux différentes manifestations de l’esclavage chez nous ?

MS : Merci pour le compliment ! La Mauritanie, à l’image de beaucoup de pays de la sous-région, connait des problèmes sociaux qui ne peuvent qu’interpeller quiconque intéressé par son bien-être : la condition de la femme, la condition des descendants d’esclavagisés ou dans certains cas celle de personnes encore esclavigisées, la phobie liée à la préférence sexuelle, l’extrêmisme religieux. Pour ce qui est de la Mauritanie, le système de gouvernance basé sur une préférence ethnique, et aussi le génocide militaire et civile non encore réglé qu’a subi sa population noire, peule notamment, sont autant d’urgences nationales. Il y a donc là un concours de plusieurs facteurs qui contribuent à enliser et à miner le pays sur bien de plans. La diversité de ces injustices fait que les coupables sont un peu partout : parmi les militants contre le système de gouvernance, il y a de profonds féodaux qui n’ont aucune volonté à faire changer le système social injuste qui permet l’esclavage actif ou passif. Parmi eux et aussi les militants anti-esclavagistes, on trouve des individus qui ont acté et intégré une prétendue infériorité de la femme. Et au milieu de tous ceux-là, on trouve une flopée d’homophobes. Certains militants éclairés sur ces questions sont encore timides et réticents à l’idée d’exprimer clairement leur position, par peur de la réaction de la masse. Au final peu sont résolument clairs et prêts à mettre, avec sincérité et pratique, tous ces combats sur le même pied d’égalité. Je crois qu’une des clés du problème mauritanien est qu’il y ait un front capable d’incorporer, sans hiérarchie, les luttes contre les injustices citées. Les tâches peuvent cependant être partagées, mais ce dont on ne peut pas se permettre, si toutefois l’on décidait de lutter contre l’injustice en tant que telle, c’est la sensibilité sélective face à la diversité de nos souffrances. Il est urgent que les leaders politiques et d’opinion clarifient leurs positions et qu’ils dénoncent, avec la même énergie, toute atteinte à la dignité de la femme, tout manquement à l’égalité des droits, tout acte homophobe, tout acte teinté d’esclavagisme. L’autre clé que je crois fondamentale est le passage à la laïcité. C’est, à mon sens, la seule capable de supporter de telles réformes sociales.

• Question 6 : le système éducatif est indexé pour une baisse généralisée de niveau, quels conseils pouvez-vous donner pouvant enrayer cet échec systémique qui affecte d’innombrables jeunes gens et leurs familles dans nos terroirs ruraux surtout ?

MS : Le problème de l’échec scolaire est un problème mondial. En Afrique, toutefois, il y a des facteurs propres qui y participent. Cela nous ramène à la question des langues africaines et à leur utilisation à l’école. Il est quand même inimaginable pour la France, par exemple, de placer désormais les enfants français de 5 ans, n’ayant acquis que les bases de la langue française, dans une école basée désormais sur le chinois, par exemple. Et tout cela avec interdiction d’utiliser le français. Ces enfants recommenceront donc leur apprentissage de l’environnement (dont les prémices sont déjà acquises) pendant quelques années dans une nouvelle langue ; le peu qui a pu survivre pourra apprendre les sciences et l’histoire dans cette langue ; et la sélection continue. À la fin du processus, la France perdrait énormément, son système deviendrait vite comparable à tous ces systèmes qui sévissent en Afrique. Le fait que nos systèmes utilisent le Français, l’Anglais, le Portugais ou l’Espagnol ne vient que du fait qu’ils ont été mis en place durant la colonisation. À l’époque, il fallait former surtout des interprètes ! Et donc c’était bien justifié, vu les objectifs. Aujourd’hui, les objectifs ne sont absolument pas les mêmes. Il faut former des générations pour relever des défis, beaucoup de fois, techniques. Un système qui est entièrement bâti sur une langue étrangère ne fait qu’imposer une sélection rude et inutile aux enfants en bas âge, et affecter ainsi négativement la réussite globale. L’effet sur une période longue est celui que nous constatons aujourd’hui. Donc, déjà en reconsidérant cette question des langues, ne serait-ce qu’à l’école primaire et au collège, on pourrait améliorer nettement l’efficacité de l’école. Ensuite, des mesures plus techniques viendront s’adresser aux facteurs d’échec que l’on partage avec le reste du monde.

13 juin 2021

• Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓Communiqué de presse Ganbanaaxu Fedde | Au Guidimagha en Mauritanie , certains responsables du corps administratif et judiciaire toujours inféodés au régime féodal et esclavagiste soninké.



Nous avons appris avec un grand étonnement ces derniers jours, le déroulé scandaleux d’une rencontre entre le préfet du département de Ghabou et un paisible citoyen Mr Diarra Saje accompagné par le responsable régional du mouvement IRA-Mauritanie Mr Ahmed Jiddou. Dans la journée du 10 juin 2021, Mr Diarra Saje issu de couches sociales des descendants d’esclaves Soninkés du village de Coumbadaw , voulait faire sécuriser administrativement sa parcelle de terrain exploitée depuis toujours en se rendant auprès du préfet. Monsieur Diarra Saje comme d’innombrables citoyens descendants d’esclaves Soninkés font face depuis 4 à 5 ans à diverses pressions et tentatives d’expropriation foncière parce qu’ils refusent les coutumes esclavagistes et féodales érigées en mode de vie sociale par le pernicieux régime de Ladalenmaxu Soninké dans les villages.

Dans sa démarche citoyenne et paisible, il comptait passer par les officiels étatiques locaux représentés par le préfet répondant au nom de Mohamed Lemine Ould Khadre. Mais sa grande surprise était de voir ce dernier le traiter comme indésirable avec au passage des comportements inappropriés vis à vis du représentant du mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie.

Comme dans une note d’alerte datant de 2018, nous avions voulu interpeller les différentes autorités sur les problématiques pendantes liées à l’esclavage par ascendance dans les localités villageoises de la région du Guidimagha, lire https://adrar-info.net/?p=51023 .

Aujourd’hui au moment où le principal parti soutien du président de la République Mohamed Ould El-Ghazouani, déclare organiser différentes activités sans tabous auprès du public sur des thématiques notamment l’esclavage et ses séquelles, au Guidimagha, principalement chez les villages soninkés, les coutumes esclavagistes et féodales font la loi contre des paisibles citoyens. Ainsi les représentants issus du Guidimagha dans le parti UPR qui se réunit à Kaédi ces temps ci , doivent être concernés et interpelés sur ces affaires liées aux vestiges de l’esclavage qui sévissent durement dans la communauté soninké.

Par cet élément médiatique, nous apportons notre soutien ferme aux militants anti-esclavagistes du Guidimagha.

Nous dénonçons les comportements agressifs du préfet de Ghabou à l’endroit du citoyen Diarra Saje et du représentant d’IRA Mr Ahmed Jiddou .

Nous alertons solennellement les hautes autorités nationales sur ces tensions liées à l’esclavage par ascendance dans nos villages autour du foncier et dans diverses atteintes aux droits légitimes des descendants d’esclaves Soninkés.

Les coutumes discriminatoires, esclavagistes et féodales ayant comme seule référence rétrograde, le moyen-âge, ne peuvent se substituer à l’ordre étatique moderne dans nos terroirs. À l’État, d’engager sérieusement des initiatives fortes afin d’assurer la quiétude sociale pour tous les citoyens sans aucune forme de discrimination.

Selibaby, 12 juin 2021

Le collectif Ganbanaaxu Fedde et partenaires (Amees, Uvds, Armepes et alliés)

NOUVELLE FACETTE DU COMPLOT CONTRE LES ESCLAVES D’ASCENDANCE. | IRA-M / Le parti RAG

Les Faits

Au Guidimakha, dans la commune de Ghabou, Mr DIARRA Saje Fodié exploite depuis plusieurs décennies et un lopin de terre pour survivre. descendant d’esclaves, il a décidé de prendre ses distances, sa liberté avec ses anciens maîtres. Ainsi, il s’inscrit dans la dynamique des Hautes Autorités nationales à en finir avec l’esclavage sous toutes ses formes et manifestations.
Cette volonté de rupture pour recouvrer sa dignité d’homme n’a pas plu aux féodaux de la communauté de Coumba daw. Cest ainsi que
Mr DIARRA Saje Fodié est constamment harcele et sommé de quitter le lopin de terre qu’il exploite depuis plusieurs générations.
L’affaire a été portée à la connaissance de l’ autorité administrative locale pour arbitrage.
Mr DIARRA Saje Fodié étant analphabète a sollicité l’aide de Mohamed Jiddou, Coordinateur Régional d’IRA Section Guidimakha pour l’accompagner et l’orienter dans ses démarches.
C’est ainsi qu’hier, 10 juin 2021, les deux hommes se sont rendus à Ghabou pour rencontrer le Hakem, Mr Mohamed Lemine Ould Khadre.
La rencontre a été un fiasco à tous égards. En effet, le représentant de la légalité a été discourtois en chargeant les deux plaignants de manière péremptoire.
Mohamed Lemine Ould Khadre, le hakem de Ghabou n’a pas hésité à proliférer des insultes et insanités dans son bureau à l’endroit des deux plaignants. Et comme si cela ne suffisait pas, il a refusé catégoriquement de recevoir leur demande.
La présence du militant d’IRA dans son bureau venu accompagner Mr DIARRA victime d’un réglement de compte a irrité le préfet. Il a fustigé notre ONG, comme si elle était une organisation criminelle.
Le hakem de Ghabou s’est comporté de manière ridicule en banalisant la fonction honorable de préfet, par son refus de recevoir notre demande et en s’attaquant vertement et non sans haine à l’ONG IRA toujours pas reconnue par l’Etat.

✓Déclarations

Au regard de ce qui précède, des faits avérés et vérifiables, rapportés par manière circonstanciée, IRA ne peut rester spectatrice des injustices et surtout lorsqu’elles sont commises dans le cadre de la féodalité ou de l’esclavage par ascendance.

AUSSI IRA,


1) en appelle au respect de la législation nationale criminalisant les pratiques esclavagistes et aux textes internationaux ratifiés par notre pays dans ce cadre.

2) a le regret de noter que par ce comportement vénal et partial, le hakem de Ghabou a foulé au sol la proximité de l’administration de ses usagers, au cœur de la réforme administrative promise par le Président de la république, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

3) exige des explications de la part de l’administration territoriale de Khabou comme elle en appelle au Ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, la tutelle pour que la demande de Mr DIARRA Saje Fodié soit de nouveau introduite et étudiée de manière objective.

4) dénonce le manque d’impartialité et de professionnalisme de l’administration territoriale et sa volonté de soutenir la classe féodale au mépris de la loi.

5) ne comprend pas cette arrogance par le comportement d’un commis de l’Etat vis-à-vis de ses concitoyens venus juste introduire une demande, et ne peut plus accepter son instrumentalisation et sa diabolisation , pratiques dignes d’un autre régime.

6) demande aux autorités de confier la gestion de l’administration territoriale à des hommes compétents, clairvoyants, justes, neutre, désintéressés et dotés de capacités de discernements et d’écoute.

7) dénonce la complaisance ou complicité de l’administration territoriale au Guidimakha avec la classe féodale qui continue de déposséder sans aucun procès les descendants d’esclaves du foncier.
8)attend des autorités que des décisions courageuses soient prises incessamment au Guidimakha sur le foncier en faveur des descendants d’esclaves : en effet, la terre est devenue un moyen de pression pour la classe féodale.
Nouakchott le 11 juin 2021

Cellule communication
Ira-M /RAG

©️ Crédit source : Réseaux IRA-Mauritanie/RAG

Birame lance un appel pour mettre fin à l’apartheid et à l’esclavage en Afrique

A Bamako où il séjourne actuellement, le député et leader du mouvement IRA et de la lutte anti-esclavagiste, Birame Dah Abeid a lancé aujourd’hui 12 juin un appel pressant à l’endroit des hommes et femmes du monde épris de paix et de liberté pour se lever afin de mettre fin à l’apartheid, à l’esclavage et à toutes les formes d’exploitation de l’homme par l’homme.

Birame qui a tenu une conférence de presse en compagnie de représentants de plusieurs ONG africaines pour dénoncer le phénomène de l’esclavage au Mali et ailleurs sur le continent.

Cette rencontre s’est tenue à « la Cité des Enfants », un bâtiment public scolaire où dit-il se sont réfugiées des populations esclaves (plus de 400 personnes) ou traitées comme telles par les groupes dominants des régions de Kayes et de Koulikoro au Mali.

Il a ajouté que depuis que l’éveil anti-esclavagiste a gagné les populations serviles du Mali, dans ces régions et dans d’autres, les groupes esclavagistes qui ont bâti leur vie sur l’esclavage, ont entamé des vendettas, de répressions et de punitions contre ces populations pacifiques.

Dans son argumentaire le député mauritanien a déploré la mort de 4 personnes tuées dans lesdites régions par ceux qui souhaitent maintenir les chaînes de l’esclavage. Et parmi les bourreaux révèle-t-il il y a des députés et des membres du Conseil National de la Transition (CNT).

C’est dit-il des africains rendus esclaves par des africains ce qui donne une image de ce que nous vivons en Afrique.

Il s’agit poursuit Birame d’un esclavagisme ancestral qui sévit dans toutes la sous-région Ouest-Africaine et du Sahel-Sahara. Dans ces régions, la stratification sociale remonte aux empires du Mali, du Ghana et du Tekrour et des périodes avant l’indépendance, des périodes allant de Soumaoro Kanté, de Soundjata Keita à Modibo Keita, Mok tar Ould Daddah et les périodes qui s’en ont suivies. Toutes ces périodes ont été marquées par la possession d’africains par d’autres et par la chosification des individus, a noté le président du mouvement IRA.

Les pères de l’indépendance n’ont pas balayé devant leurs portes

Selon Birame, les intellectuels africains se sont battus contre la traite atlantique et le commerce triangulaire, le colonialisme, l’apartheid, et contre les travaux forcés orchestrés par l’homme blanc mais ironie du sort aujourd’hui, en juin 2021 s’insurge-t-il, les grands leaders africains ont leurs statues qui côtoient les victimes de l’esclavage, les émigrés de l’esclavage.

Pour lui ces leaders africains qui ont mené des guerres d’indépendance, des révolutions, n’ont pas balayé devant leurs portes et ce qui se passe actuellement sur le continent n’est que la face visible de l’iceberg.

Aujourd’hui dit Birame avec ce qui se passe Mandela, N’Nkrumah… vont se retourner dans leurs tombes.

Pourquoi s’interroge le leader de IRA, ces pères de l’indépendance n’ont pas combattu cette monstruosité qu’est l’esclavage noir, l’apartheid noir que nous continuons à vivre encore aujourd’hui ?

Et de poursuivre qu’il s’agit ainsi d’une véritable déclaration de guerre de tous ces mots au sein des sociétés africaines.

Il faut dit-il que les africains de cette région du Sahel-Sahara commencent à démystifier l’esclavage qui est ancré dans nos sociétés et qui est légitimé par l’histoire, par l’idéologie et par l’instrumentalisation de la religion.

Cet esclavage intra-africain dit-il sévit à grande échelle.

Création prochaine d’une ligue internationale pour la lutte contre l’esclavage

Le chef de file du mouvement IRA a annoncé la création prochaine d’une ligue internationale pour la lutte contre l’esclavage e qui sera constituée des organisations des Droits de l’homme qui travaillent dans ce domaine.

Cette ligue aura pour principal objectif de traquer les dirigeants comme ceux du Mali (juges, députés, hommes politiques, militaires…) qui ont soutenu le génocide contre des populations réduites en esclavage, à Kayes et à Koulikoro.

Au moment où on a les effigies des grands révolutionnaires comme Modibo Keita Sékou Touré, N’Kwamé N’Nkrumah qui ont créé l’OUA, sous leurs yeux et à titre posthume il y a des enfants africains réduits en esclavage par leurs frères parce qu’ils n’ont pas accepté de travailler comme esclaves et d’accepter cette condition inhumaine et dégradante. Quel grand paradoxe quand on sait que l’Afrique a passé des décennies à crier contre le colonialisme et la domination de l’homme blanc. Alors que voilà qu’aujourd’hui on assiste à l’apartheid des noirs contre des noirs, des maliens contre des maliens, des mauritaniens contre des mauritaniens. Et cela se passe aussi au Niger, au Tchad, au Soudan, au Burkina Faso, au Sud de l’Algérie, en Libye et un peu partout en Afrique.

Les auteurs de génocide seront ainsi poursuivis par les tribunaux internationaux.

Birame assure que dorénavant la guerre sera totale contre les esclavagistes au sein des sociétés africaines.

L’Afrique est très malade d’elle même, dit-il, de ses coutumes, de ses idéologies de ses mentalités. Elle est malade de son élite qui a toujours été esclavagiste ou complice de l’esclavage.

Enfin prévient-il, les esclaves sont les plus nombreux, les gens castés sont les plus nombreux, ils vont se réveiller et nous les réveillerons.

Avec la naissance programmée de la ligue internationale pour la lutte contre l’esclavage, le député et leader de la lutte contre l’esclavage Birame Dah Abeid qui a posé des actes indélébiles, a secoué l’establishment et est parvenu à déstructurer le système traditionnel et féodal dans son pays entend dorénavant mettre à contribution son expérience, sa marche à pas forcés et son aura internationale au service du continent.

Bakari Gueye

©️ Source crédit : https://initiativesnews.com/birame-lance-un-appel-pour-mettre-fin-a-lapartheid-et-a-lesclavage-en-afrique/

• Lien youtube sur intervention du président des réseaux IRA-Mauritanie : https://youtu.be/qwkg1wW7SeE

Regardez « Sketch de sensibilisation contre les violations graves liées à l’esclavage par ascendance au Mali. » sur YouTube | Par EMiFo*

La version française d’un élément audiovisuel de sensibilisation contre l’esclavage par ascendance dans certaines communautés au Mali , comme le cas de soninkés. Une campagne d’alerte mise en place dans le programme EMiFo à l’endroit de l’opinion publique.

✓Lien utile : https://www.slaveryforcedmigration.org/

* Esclavage et Migration Forcée.

Guidimagha | Les hautes autorités nationales saisies sur le cas du préfet du département de Ghabou

Guidimakha le 11 juin 2021  
 
 
-A son Excellence le premier ministre Mohamed Ould Bilal;
-Son excellence le ministre de l’intérieur, Mohamed Salem Ould Merzoug;
– Le commissaire aux droits de l’homme et à l’action humanitaire;
 -Le président de la commission nationale des droits de l’homme (C.N.D.H),
 
Objet : Plainte contre le préfet du département de Ghabou Guidimakha.
 
Très chers responsables de l’administration territoriale et des droits de l’homme;
 
Je m’appelle Mohamed Jiddou, Coordinateur régional d’IRA- section Guidimakha.
Par cette présente, je vous informe que hier 10 juin 2021, le préfet (Hakem) du département de Ghabou, M. Mohamed Lemine Ould Khadre nous a traités de tous les mots sales d’impolitesse caractérisée dans son bureau. J’étais  accompagné  d’un compatriote Soninké, ressortissant du village de Coumbandao, répondant au nom de DIARRA Saje Fodie un cultivateur.  Je l’ai accompagné dans ses démarches puisque ne sachant ni lire, ni écrire dans sa demande d’autorisation d’exploitation d’une terre agricole qu’il cultive depuis plusieurs générations selon le décret no 2010-080 du 31 mars 2010. Cette demande devrait commencer dans le bureau  du préfet pour remonter sa hiérarchie administrative. Le préfet refusa catégoriquement de prendre en charge la demande sans raison.
 
 
Lorsque je me suis présenté comme coordinateur d’IRA qui a fait 65 km, rien que pour  assister un compatriote dans ses démarches administratives, le préfet tape une crise, une colère profonde indescriptible l’enveloppe en rétorquant qu’il ne travaille pas avec IRA, comme si notre ONG lui a soumis une pareille demande en aparté. Ainsi, il n’a pas hésité à piéter la loi suprême de notre pays qui garantit à chaque citoyen d’adhérer dans le : parti, syndicat ou association qu’il voudra. Nous avons compris qu’il a des clients féodaux esclavagistes dans la région, politico-associatifs, des élus locaux avec lesquels, il s’associé pour exproprier des terres appartenant à ceux qui refusent l’esclavage coutumier par ascendance dans le milieu Soininké en toute illégalité.
 
Nous demandons votre intervention rapide pour stopper les abus de pouvoir qu’exercent : gouverneur, préfet et forces de l’ordre sur les populations pauvres dans la région du Guidimakha, des abus qui portent atteinte à la cohésion sociale et à l’unité nationale depuis plusieurs décennies.
 
Dans l’attente d’actions concrètes de votre part, chers Messieurs, veuillez recevoir nos salutations distinguées.
 
 
Mohamed Jiddou, Coordinateur IRA- Guidimakha  

©️ Source crédit : réseaux IRA-Mauritanie

Foncier : du nouveau ? | Par Lô Gourmo

Les mesures foncières proposées par le Ministre de l’économie M. Kane Ousmane et annoncées par le Maire de Djéol me paraissent particulièrement intéressantes. Mises en œuvre, elles constitueront une véritable rupture par rapport à la pratique suivie jusqu’ici dans le cadre de l’applicationla de la fameuse loi foncière de 1983 et du code des droits réels de 2017. La porte principale par laquelle s’engouffrait le chauvinisme était la propriété des terres. Le projet en cours, tel qu’exposé par M. Le Maire, en attendant semble t’il son adoption définitive, rompt avec la confusion en la matière, en reconnaissant les formes de preuves les plus diverses que peuvent présenter les populations locales pour attester leurs propriétés. Exactement ce qu’elles ont toujours réclamé. Par ailleurs, ce sont les structures d’organisation locales de ces populations qui joueront le rôle décisif pour dire à qui appartiennent ces terres en fonction de leur enracinement et de leur légitimité populaire. En principe, l’administration ( y compris les domaines) accompagne le processus de cette reconnaissance sans pouvoir unilatéralement substituer ses  » titres » à ceux reconnus sur place , par les représentants de ces populations. Il est à souligner que, d’après le compte rendu de la mission envoyée dans certaines communes dites pilotes du Nord et du Sud, les mesures seront uniformément appliquées sur l’ensemble du territoire.
Mises en œuvre comme annoncées, ces mesures transformeraient considérablement l’ordre foncier tel que faconné par des décennies de confusion juridique et d’accaparement des terres par des spéculateurs peu scrupuleux, en complicité avec certains représentants gabegistes de l’administration. On verra bien.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur en date du 10/06/2021 https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=302900311564847&id=100055346415293