APPEL CONTRE LA CRIMINALISATION DES LANCEURS D’ALERTE ET LA NORMALISATION DE L’IMPUNITÉ EN MAURITANIE .
En Mauritanie, l’arbitraire et l’impunité ne se cachent plus : ils s’affichent s’assument et s’inscrivent dans l’institutionnel. Alors que les prisonniers d’hier portent toujours, à l’échine et sur les muqueuses, les traces de la torture du Jaguar et les sévices du piment, ultimes outils de l’humiliation d’État, leurs camarades et enfants, héritiers de la lutte ou passeurs, se retrouvent devant les tribunaux, au grief d’avoir dénoncé la brutalité et le mépris, reçus, en héritage. Ainsi, à titre d’illustration, nous citons l’emprisonnement récent de Dieynaba N’diom, Baalal Sall, Moctar Keita, Mariame Bocar Sy, Moctar Diaw, Abdallah Ould Mohamed Mahmoud, Moussa Thiam, Kaaw Lô, Jemila Ahmed, Hawa Diallo, Moussa Soumaré, Moctar Gourmo N’diaye (Bayal), Boudalaye Diouma Sy…Arrêtés puis relâchés, certains d’entre eux sont mis sous contrôle judiciaire et d’autres à la disposition des magistrats. Pour leur part, Demba Sall et Docteur Ba furent placés en détention préventive et expédiés, sans forme procès, à la prison d´Aleg. Les activistes passionnés de la dignité de la personne, Youssouph Kamara et Mohamed Lemine Seck, dont retenus, depuis des mois, à Nouakchott. Tous expient, ainsi, le triple « crime » de donner une voix à la vérité, refuser l’effacement de la mémoire et rappeler que les droits universels de l’individu ne relèvent pas du champ de la faveur. A ce titre, ils ne sauraient se prêter à une transaction ponctuelle où les victimes s’en tiennent aux réquisitions du statu quo, qui devient, alors, l’expression figée de l’injustice.
Hier et aujourd’hui, les tortionnaires profitent de la liberté que confère le sentiment de la toute-puissance, bien au-dessus des usages tolérables. Par-delà le principe de l’équivalence des vies dont la dignité de l’espèce humaine tire sa substance au fil des siècles, eux bénéficient d’une exception et d’une immunité en totale rupture d’avec l’attachement affiché à la République islamique. D’aucuns vont à la retraite, sous les honneurs de la patrie reconnaissante. D’autres occupent encore des postes dans les forces de défense et de sécurité, l’administration, s’ils ne parviennent à se faire élire députés. Nombreux envahissent les cérémonies officielles et prisent les insignes. Ils sont décorés, protégés, célébrés, comme si l’affliction par eux advenue mérite la récompense d’un service rendu à la communauté de destin.
Cette logique d’impunité s’étend également à l’immense misère, faites aux femmes, de siècle en siècle. A défaut de lois pertinentes, les auteurs de viols, d’agressions sexuelles et de violences liée au genre échappent majoritairement à la sanction d’une société très patriarcale et plutôt viriliste. Le silence imposé à leurs ardentes revendications d’autonomie établit, de facto, comme norme tacite, le silence sur les souffrances infligées à la moitié de la population. Nous rejetons la logique perverse de l’inversion des valeurs et n’admettons que l’Etat mauritanien transforme les victimes en suspects. Oui, une société qui soustrait ses tortionnaires au devoir de rendre des comptes, se condamne elle-même à répéter l’horreur. Nous l’affirmons, haut et fort, la quête de vérité n’est pas une infraction, mais davantage un impératif moral. En revanche, sa pénalisation expose, l’ensemble des Mauritaniens, au risque mortel d’un asservissement générateur d’acrimonie puis carburant inflammable de la révolte.
Aussi, soutenons-nous pleinement les militants persécutés et exigeons leur libération, sans délai ni condition. Nous adressons, à l’opinion publique, y compris ses segments communautaires, une exhortation à ne pas céder au découragement ni entériner la lassitude. Nous appelons toutes les forces démocratiques, les organisations de promotion des droits humains, les rescapés, les familles endeuillées et les citoyens épris de justice à se mobiliser et congédier la peur, documenter, témoigner, publier, manifester, dire leur indignation, en public, aussi bien sur le plan national qu’international et tendre la main à la solidarité de l’Étranger.
Un pays qui protège ses tortionnaires se condamne à revivre l´horreur. Un pays qui écoute ses lanceurs d´alerte, ses fils et filles dignes et justes, ouvre enfin la voie à la vérité et à la réconciliation. La Mauritanie ne pourra jamais se reconstruire selon le pari de l’oubli et la spéculation sur l’épuisement des Justes. À défaut d’équité et de transparence, sa réconciliation ne dépasserait, dès lors, le stade du faux-semblant, exutoire à la culpabilité honteuse, derrière quoi prospère le ressentiment et bout l’impatience légitime. Rebâtir une Mauritanie réconciliée, sûre et confiante en son avenir exige du courage moral, de la vigilance citoyenne et beaucoup de participation à l’entreprise du relèvement. Il n’y aura d’unité durable et de paix solide, sans vérité, égalité et engagement à consacrer l’inviolabilité du corps et la sacralité de la vie.
8- Ibrahima Mifo Sow-Professeur et homme politique -Cincinnati-USA.
9- Kaaw Touré -Ingénieur en planification économique et homme politique-Stockholm-Suède.
10- Mamadou Sidi Ba -Technicien supérieur en Santé et homme politique -Jackssonville-FLorida-USA.
11-Pr Oumar Moussa Ba-Professeur -Rouen-France.
12- Fara Ba-Professeur et président du collectif des rescapés, amnistiés, détenus politiques civils torturés (Cradpocit)
13- Bakary Tandia- Co-Founder, The Abolition Institute- New York city- USA.
14- Djeynaba N’diom -Sociologue et féministe- Nouakchott-Mauritanie.
15- Ousmane Abdoul Sarr -Président de l’Avomm -Militant des droits de l´homme, Mantes la ville, France.
16- Dr Alassane Dia-professeur d’université et président de Tpmn- Nouakchott-Mauritanie.
17- Dr Mamadou Kalidou Ba-professeur d’université -Essayiste, Écrivain-Nouakchott-Mauritanie.
18- Dr Cheikhna Wagué-Maitre de Conférence Titulaire en Histoire Moderne et Contemporaine et Coordinateur du Master en Sciences Historiques à l’Université Assane de Ziguinchor-Sénégal.
19- Aissata Niang dite Thilo- Collectif des veuves -New York city- USA.
20- Dr Mamadou Moussa Diaw -Médecin et Écrivain-Activiste des droits de l´homme -Thiès-Sénégal.
21- BABE Moulaye El Hassene- Activiste pour les droits de l´homme-Bordeaux-France.
22- Abdel Nasser Ould Beibe -Doctorant, activiste opposant et blogueur.
23- Adama Amadou Sow -Lead financial crimes investigator, MBA en finances, activiste des droits de l´homme -Pickerington- Ohio-USA.
24- Ibrahima Diallo dit Babayel- Enseignant, Rambouillet, France.
25- Mariame Kane- Activiste des droits humains- Paris-France.
26- Sy Boubacar – Mediateur social-Médiathèque- Paris-France.
27- Koundou Soumaré -Blogueur et militant des droits humains- Paris-France.
28- Boulaye Diakité – Socioanthropologue- Sartrouville- France.
29- Abass Diagana- Militant des droits humains- Nouakchott-Mauritanie.
30- Salka Hmeida- Activiste des droits de l´homme- Nouakchott-Mauritanie.
31- Houraye Boye dite Souzy– Activiste des droits humains- Paris-France..
32- Houleye Thiam-Activiste des droits humains- Columbus-Ohio- USA
33- Aissata Sidiki Ba- Activiste des droits humains- La Courneuve, France.
34- Cheikh Ahmadou Tidiane Dieng- Militant des FPC- Villeneuve le roi- France.
35- Ibrahima Wélé- Activiste des droits humains- Paris-France.
36- Sy Mamadou – Activiste des droits humains et blogueur- Paris-France.
37-Dr Hamdou Rabbi Sy-Philosophe- Paris-France.
38- Macky Ball- Activiste des droits humains- Nouakchott-Mauritanie.
39- Abou Hamidou Sy- Militant politique- Tampa-Florida- USA
40- Mohamed Abdoul Sow- Militant politique- Paris- France.
41- Dr Karim Gueye-Docteur en recherche et exploitation minière, spécialisé dans la levée géologique, recherche et exploitation- Département de l´insertion des migrants dans la région de Basse Normandie- Caen- France.
42- Amadou Ba- Militant des droits humains- Nouakchott-Mauritanie.
43- Mamoudou Baidy Gaye-Journaliste- militant des droits de l´homme, membre de l’association de la maison des journalistes, Paris- France.
44- Abdoul Aziz Dem- Journaliste- Observateur politique engagé pour la transparence et l’inclusion- Rouen-France.
45- Seidou Deme-Militant des droits de l’homme- Childress Lane Charlotte NC-USA.
46- Hamada Ould Cheikh -Activiste des droits de l’homme- Nouakchott- Mauritanie.
48- Bocar Oumar BA – Anthropologue Sociologue et homme politique- Strasbourg- France.
49- Mahamadou Sy-Écrivain (l´auteur de l’Enfer d’Inal) – Paris- France.
50- Colonel Sidi Bilal Sidi -Militant des droits humains et abolitionniste-Nouakchott-Mauritanie.
51- Abou Sarr collectif Inal- Militant des droits humains- Paris-France.
52- Kane Alhousseinou-Activiste des droits de l’homme- La Courneuve-France.
53- Saidou Abdoulaye Ba -Écrivain – Nouakchott- Mauritanie.
54- Amadou Seck -Homme de médias- Nouakchott- Mauritanie.
55- Abdoul Aziz Kane- Activiste des droits de l´homme- Nouakchott-Mauritanie.
56- Hashim Diacko- Activiste des droits de l´homme- Nouakchott-Mauritanie.
—Le député mauritanien M. Biram Dah Abeid, leader abolitionniste du mouvement IRA-Mauritanie et ex candidat aux 3 dernières élections présidentielles en Mauritanie (arrivé deuxième en 2014, 2019 et 2024) a écrit un post sur sa page Facebook ce mardi 9 décembre 2025. La substance de son propos tient lieu à la fois d’une réaction-commentaire et d’une prise d’acte concernant la plateforme de dialogue proposée par l’opposition qui a été publiée récemment sur les réseaux digitaux. Ainsi, il a écrit : « J’ai lu avec attention la plateforme de dialogue proposée par mes collègues des partis et mouvements d’opposition de Mauritanie. La force, la pertinence, la justesse et la représentativité du document est sans appel. À ce stade, tout dépend de la sincérité du chef de l’Etat; s’il répond favorablement et de manière pratique à leurs demandes, l’opposition sceptique sera acquise. »https://www.facebook.com/share/p/1AD1m47jxF/
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Ci-après la copie de la publication de la plateforme lue sur Facebook :
« Plateforme de l’Opposition
DIALOGUE NATIONAL 2025 Sommaire
I. Unité nationale et cohésion sociale A. L’esclavage et ses séquelles B. L’exclusion et les discriminations C. Le passif humanitaire D. L’enrôlement biométrique des populations E. Les problèmes des Terres
II. Etat de droit et démocratie pluraliste A. L’état de droit B. La démocratie pluraliste 1. Les partis politiques 2. Le système électoral C. Les principales institutions de la République
III. Gouvernance A. Corruption et Népotisme B. Contrôle et Transparence C. Redistribution et partage équitable des richesses D. Efficacité économique et transformation structurelle E. Décentralisation et Développement local F. Politique environnementale
IV. Diaspora et Emigration A. Une diaspora dynamique B. Une émigration accélérée
V. Autres axes A. Secteur judiciaire B. Secteur Education C. Secteur Santé D. Secteur Economie E. Secteur Défense et sécurité F. Secteur des médias
I- Unité nationale et Cohésion sociale La question centrale du vivre ensemble ou de l’unité nationale que sous-tendent la question de l’esclavage et de ses séquelles, l’exclusion de certaines composantes nationales, les innombrables injustices vécues au quotidien, les inégalités et discriminations en tous genres constituent le défi le plus important auquel notre pays est confronté, engendrant des crises récurrentes de 1966 à 1990, avec comme point culminant la tragédie appelée par euphémisme « Passif humanitaire ».
A- L’esclavage et ses séquelles
a- diagnostic La composante haratine, victime d’un asservissement multiséculaire, reste confrontée à la misère et maintenue dans des conditions serviles avilissantes. L’indigence dans laquelle végètent les adwabas notamment illustre le désintérêt de l’Etat à leur endroit. Il en est de même pour certains groupes dits serviles à l’intérieur des autres communautés.
b- Propositions de solution – procéder à une évaluation des dispositifs institutionnels et législatifs sur la question – mener une enquête indépendante de portée nationale sur la question – appliquer rigoureusement les textes et lois en vigueur criminalisant l’esclavage, – affaiblir et endiguer l’influence des chefs traditionnels et du tribalisme. – réparer les injustices historiques (victimes d’esclavage) en instituant des politiques hardies de discrimination positive et d’autonomisation sociale et économique qui pourraient se traduire par une sorte de plan Marshal, à durée déterminée, à l’endroit des haratines.
B- L’exclusion et les discriminations
a- diagnostic Les communautés nationales wolof, soninké et pulaar vivent une exclusion croissante en raison du refus persistant du pouvoir de respecter et d’acter la diversité culturelle, linguistique et ethnique du pays qui se traduit, par leur effacement au plan politique, économique, médiatique, culturel, linguistique, scolaire et social ; des inégalités également dans l’éducation particulièrement à travers les examens et les concours à l’emploi, les grandes écoles et les écoles spéciales, dans le recrutement des forces armées et de sécurité. Enfin, s’y ajoutent, l’épineuse question des terres agricoles et la blessure profonde du Passif humanitaire.
b- Propositions de solution – Reconnaître et acter les droits de toutes les composantes nationales à travers leur présence effective dans l’espace public et notamment dans les grandes institutions de la république (Présidence, Primature, Présidence de l’assemblée, Cour Suprême, Cour constitutionnelle, Cour des comptes, Conseil économique et social), et dans les directions des établissements publics, des médias et lors des évènements officiels de manière à garantir que les institutions de l’Etat reflètent la diversité – Reconnaître les droits culturels de toutes les composantes nationales – Officialiser les langues Wolof, Pulaar et Soninké – Donner à la langue arabe toute la place qu’elle mérite dans tous les domaines – Remettre dans leurs droits les citoyens mauritaniens francophones de formation de plus en plus marginalisés actuellement – Eliminer les politiques discriminatoires, l’exclusion de communautés et de groupes sociaux par plus d’ouverture et d’équité et au besoin par des sanctions
L’égalité des chances dans l’équité constitue un facteur cardinal de la cohésion sociale nationale, en même temps que le plurilinguisme officiel assure une plus grande cohésion nationale
C- Le Passif humanitaire
a- diagnostic Il s’agit d’évènements graves et tragiques survenus par le passé résultant de crises identitaires récurrentes, ayant affecté particulièrement la communauté Pulaar du pays. Ces événements se sont traduits par des déportations de populations, des spoliations de biens, des radiations et des exécutions extra-judiciaires massives.
b- propositions de solution – Solder le Passif humanitaire en mettant en place une commission nationale consensuelle indépendante « Vérité/Réconciliation » conforme à nos valeurs, dotée de pouvoirs réels (enquêtes, sanctions, pardon et réparations) qui devra jouer un rôle de catharsis. – Application des devoirs de Vérité, de Justice, de Mémoire – procéder à l’indemnisation et aux réparations au profit des victimes du Passif humanitaire – Instituer une journée nationale de commémoration des martyrs et ériger un monument dédié. En dernier ressort on ne saurait faire l’économie de la Vérité si l’on vise la réconciliation nationale sur ce dossier. – Ramener les réfugiés identifiés, installés au Mali et au Sénégal désireux de rentrer – Solder tous les cas de victimes avérées d’injustices créées par l’arbitraire de l’Administration (spoliations, radiations administratives, licenciements abusifs, blocage de plan de carrière) pour créer un climat d’apaisement général.
D- L’enrôlement biométrique des populations a- Diagnostic Depuis 2009, l’enrôlement de certaines composantes nationales se passe difficilement. Il y a le constat d’une absence de volonté politique, une obstruction persistante à résoudre définitivement ce problème. Des milliers de mauritaniens et notamment des enfants en âge de scolarité demeurent les victimes, particulièrement dans la vallée du fleuve et dans d’autres zones reculées du territoire national. Des enfants scolarisés sur attestation provisoire finissent par abandonner l’école à cause de ces tracasseries et blocages.
b- Propositions de solution – affirmer la volonté politique ferme sans concession d’enrôler tous les citoyens – Alléger et simplifier les conditions de l’enrôlement – Multiplier et diversifier les commissions techniques et de supervision – Accroître le matériel nécessaire (groupe électrogène, ordinateurs, internet) – Sanctionner et relever de leur fonction les agents responsables de blocage – Envisager des unités mobiles pour clore enfin le processus d’enrôlement.
E- Problèmes des Terres a- diagnostic La gestion du foncier agricole en particulier est source de conflits récurrents, soit entre propriétaires légitimes et ceux qui travaillent la terre, soit en raison des politiques de spoliation des paysans par l’Etat
b- Propositions de solution : – Restituer les terres spoliées des résidents et des déportés de retour – Mettre en œuvre une réforme foncière participative, uniforme sur toute l’étendue du territoire qui établit un équilibre entre droit de propriété et droits légitimes de ceux qui l’exploitent – Lutter contre la spéculation foncière et réformer le secteur des domaines pour limiter les attributions à double ou triple emplois de parcelles en milieu urbain.
II- ETAT DE DROIT ET DEMOCRATIE PLURALISTE
La crise de notre système politique est patente depuis le lancement officiel du « processus démocratique » en 1991 et ce malgré les efforts déployés notamment par l’opposition pour corriger ses dysfonctionnements et permettre d’édifier un véritable Etat de droit et une démocratie pluraliste solide.
A. L’Etat de droit
a. Diagnostic Les faiblesses structurelles de l’Etat de droit dans notre pays se traduisent notamment par : – une administration publique totalement inféodée et instrumentalisée par le régime politique en place notamment le parti présidentiel (nominations, avantages matériels et financiers, impunité, règlements de compte ciblés) – La permanence de pratiques abusives (détournement et abus de pouvoir, corruption) – L’intrusion de l’Armée dans le champ politique – La confusion des pouvoirs et la mise sous tutelle de la justice – La dévalorisation des principes fondamentaux et la disqualification des voies de recours indépendants et efficients face à l’arbitraire et aux injustices – La violation systématique des libertés fondamentales (liberté d’opinion, de presse, d’association, de réunion, de manifestations)
b. Propositions de solution – Instaurer un système de gestion et de redistribution des ressources (attributions foncières, licences de pêche, permis miniers) sur la base de la systématisation de la numérisation et l’anonymisation dans leur accès – Généraliser le système obligatoire de déclaration et de publication de patrimoine pour tout membre de la haute fonction publique et pour tout candidat à une élection démocratique, ainsi que leurs conjoints, parents directs et enfants. – Réviser les principales lois sur les libertés publiques et du code de procédure pénale notamment en matière de presse, de réunion, de voyage, de manifestations publiques, de cyber libertés, de protection des biens et des personnes ; et élaborer un code des libertés publiques avec des mécanismes juridictionnels de protection des libertés fondamentales comme les référés libertés et des structures spécifiques de protection de certaines libertés particulières (médiateurs et lanceurs d’alerte en matière de presse, de lutte contre les discriminations, d’esclavage, de tribalisme) – Mettre en œuvre un projet de réforme de la justice en cours spécialement les aspects concernant le conseil de la Magistrature, l’accès à la justice, l’exigence de traduction dans les langues nationales, l’amélioration des conditions de vie des membres du corps judiciaire, l’humanisation des établissements pénitenciers – imposer le respect du principe de la diversité dans toutes les administrations publiques en instaurant le principe suivant lequel toute haute fonction, tout département ministériel, toute administration et collectivité territoriale doit nécessairement être constituée par une équipe dirigée par un responsable principal issue d’une communauté et assisté par des adjoints appartenant à d’autres ensembles identitaires (sexe, ethnies, régions) – Retrait total des forces armées de la vie politique du pays
B. La démocratie pluraliste
1. Les Partis politiques
a. Diagnostic Le statut des partis, dès le départ, présentait de nombreuses défaillances. La plus importante était celle de leurs rapports avec le ministère de l’intérieur. Après bien des ajustements le statut avait pu permettre la constitution de nombreux partis sur la base d’une conception relativement libérale proche d’un régime déclaratif mais formulé d’une manière ambiguë. Aussi, l’opposition a toujours réclamé la levée de cette ambiguïté et la confirmation pure et simple du régime déclaratif. Mais récemment, le pouvoir s’est engagé dans une direction opposée en adoptant de manière unilatérale un régime liberticide des partis A cela s’ajoute le fait que le régime de financement des partis ne permet pas réellement une vie décente pour l’immense majorité d’entre eux, condamnés à végéter et finalement à disparaître sous l’emprise de la loi des quotas notamment. Il y a une véritable crise statutaire des partis.
b. Propositions de solution – Révision en profondeur de la nouvelle loi sur les partis politiques – Adoption d’un régime déclaratif pour la création des partis politiques – Amélioration substantielle des conditions du financement des partis politiques – interdiction formelle du nomadisme politique
2. Le système électoral
a- Diagnostic Le système électoral est la grande faiblesse de notre démocratie pluraliste. Ce système constitue une véritable machine destinée à rendre impossible toute alternance par les urnes. – Absence d’un véritable code électoral à la place des textes actuels épars, contradictoires les uns par rapport aux autres et peu fiables. – Découpage territorial déséquilibré et inégalitaire entre les régions, les électeurs – Mode de scrutin fortement majoritaire et favorable aux partis au pouvoir – Liste électorale non fiable occasionnant toutes sortes de tripatouillages – Système aberrant et anti démocratique de « parrainage » des candidatures – Dispositif de contrôle du matériel électoral en particulier informatique impossible – Marginalisation de l’opposition dans l’administration des bureaux de vote – Persistance des bureaux de vote fictifs – Exclusion de la plus grande partie de la diaspora du processus de vote (absence de bureaux de vote dans de nombreux pays) – Refus de la systématisation de la délivrance des PV des bureaux de vote – Persistance du vote militaire – Faiblesse du dispositif de participation des observateurs nationaux et internationaux – système de dépouillement des bulletins opaque – Institutions de contrôle électoral sous tutelle politico-administrative du pouvoir et de ses démembrements (CENI, Conseil Constitutionnel, Cour Suprême)
b. Propositions de solution – Élaboration d’un véritable code électoral consensuel comprenant tous les aspects et dimensions des processus électoraux standards – Audit de l’ensemble du système électoral (textes, fichier, découpage, vote) – Révision du statut de toutes les institutions et de tous les mécanismes de régulation et de contrôle électoral – Interdiction de l’enregistrement des électeurs à distance pour les non-résidents dans le cadre des élections locales (municipales, régionales, députation de circonscription) tout en permettant le vote pour les listes nationales des députés à toute personne inscrite sur la liste électorale quel que soit le lieu de résidence. – Suppression de la gestion du processus électoral par le ministère de l’intérieur dont les larges prérogatives actuelles sur le plan technique (programmes, systèmes informatiques, établissement des listes, gestion du matériel électoral) lui permettent d’avoir la maîtrise stratégique du processus électoral – Révision de la composition et du fonctionnement de la CENI pour lui accorder une réelle indépendance, en la dotant des moyens nécessaires pour gérer le processus électoral y compris la désignation de l’ensemble de son personnel central et local chargé de l’inscription des électeurs, de la distribution des cartes, de la sensibilisation et de la communication. – Révision du découpage des circonscriptions électorales – Révision et suppression de l’observatoire national actuel des élections – Découplage des élections municipales, régionales et élections législatives. – Retour du mode de scrutin de l’élection municipale à deux tours – Admission de la presse indépendante pendant le dépouillement afin de relayer en temps réel les résultats des votes
C. Les principales institutions de la République
a. Diagnostic L’une des sources majeures des faiblesses de la démocratie pluraliste et de l’Etat de droit est constituée par la configuration même des institutions de la république telle qu’établie par la constitution : – Concentration des pouvoirs en faveur de l’exécutif au détriment de l’assemblée nationale et du pouvoir judiciaire affaiblis et aux moyens dérisoires face à l’exécutif – Concentration des pouvoirs au sein de l’exécutif en faveur d’un président de la république omnipotent – Administration publique déresponsabilisée et instrumentalisée comme un simple levier aux mains du président de la république – Système institutionnel non représentatif de la diversité socio-culturelle du pays – Secteur judiciaire monocolore et monolinguistique inféodé à l’exécutif – Hiérarchie militaire et sécuritaire composée d’une seule communauté ethnique.
b. Propositions de solution – Rééquilibrer les rapports entre le président de la république et le premier ministre qui doit apparaître comme un vrai chef de gouvernement et non comme un simple commis du président – Soumettre toutes les nominations de la Haute fonction publique au débat parlementaire – Compléter et verrouiller la disposition d’interdiction de 3ème mandat par l’interdiction de candidature immédiate d’un proche direct du président sortant – Interdire que les titulaires des fonctions de Président de la république, premier ministre, président de l’assemblée nationale, président de la cour suprême et président du conseil constitutionnel appartiennent à la même communauté ethnolinguistique. La représentativité de toutes les communautés doit y être la règle – Marquer l’indépendance de la Justice – Réformer le secteur judiciaire de manière à refléter la diversité communautaire – Installer une hiérarchie sécuritaire et militaire qui reflète la diversité communautaire du pays. III- La gouvernance La gouvernance est le cœur de l’action d’un Etat qui veut assumer pleinement ses fonctions structurantes en tant qu’architecte du vivre-ensemble et du bien commun de sa population.
A. Corruption et népotisme a- Diagnostic :
La corruption, le népotisme et les détournements de fonds publics sont devenus des pratiques structurelles au sein de l’administration. Ils traduisent une logique d’appropriation privée de l’appareil d’État et ancrent une culture de prédation incompatible avec les exigences de transparence, de justice et d’intérêt général. Facteurs explicatifs : – Absence de critères objectifs et transparents dans le recrutement. – Système budgétaire opaque, déconnecté des résultats concrets. – Mécanismes de contrôle inefficaces et non indépendants. – Impunité persistante affaiblissant la crédibilité des institutions. – Marginalisation de l’éducation civique dans le système scolaire. – Emprise des tribus sur l’Etat
b- Propositions : – Codification de l’administration publique. – Promulgation d’une loi instituant un Code de l’administration publique. – Définition claire des profils de hauts postes. – Approbation parlementaire obligatoire pour certaines nominations. – Interdiction du recyclage des fonctionnaires sanctionnés. – Création d’une commission permanente d’évaluation des profils. – Réforme de la gestion budgétaire. – Adoption d’un budget-programme fondé sur des objectifs mesurables et des indicateurs de performance (inspiration : Maroc 2015, Sénégal 2020). – Renforcement de la culture civique. – Réintégration de l’éducation civique avec un coefficient significatif. – Pédagogie active : jeux de rôle, mini-projets citoyens. – Implication accrue de la société civile dans le contrôle social. – Limitation de l’hégémonie des tribus sur l’Etat par la suppression des rentes attribuées
B. Contrôle et transparence a- Diagnostic : Les dispositifs actuels de contrôle souffrent d’un manque d’indépendance, de moyens, et de portée réelle. Leur action reste symbolique. Constats – Commission anticorruption non indépendante – Cour des comptes sans autonomie et sous-dotée – Inspection générale d’État dépendante, sans mission préventive
b- Propositions : – Autonomiser les organes de contrôle – Doter la commission anticorruption d’un budget propre, d’un pouvoir de saisine directe de la justice et d’une autonomie fonctionnelle – Réformer la Cour des comptes – Rendre les modalités de nomination plus transparentes – Renforcer des effectifs et des prérogatives – Refonder l’Inspection générale d’État en lui donnant une indépendance d’action – Effectuer des missions régulières et préventives, produire des rapports publics consultables par le Parlement et les citoyens.
C. Redistribution et partage équitable des richesses a- Diagnostic : La redistribution reste ponctuelle, assistancielle et peu structurante. Les inégalités sociales et territoriales perdurent et se creusent encore plus.
b- Propositions : – Instaurer une redistribution fondée sur l’équité territoriale et sociale qui tient de la démographie et de la justice sociale – Investir dans les infrastructures de base (éducation, santé, logement, routes, énergie, barrages) – Réduire les disparités régionales – Instaurer une fiscalité progressive et solidaire.
D. Efficacité économique et transformation structurelle a- Diagnostic – L’économie reste extravertie, dépendante de l’exportation de matières premières – La création de valeur ajoutée et d’emplois durables est faible.
b- Propositions de solution – Élaborer une stratégie nationale de transformation industrielle. – Développer des chaînes de valeur. – Créer de filières industrielles porteuses et génératrices d’emplois
E. Décentralisation et développement local a- Diagnostic La décentralisation, amorcée depuis 1987, reste largement inachevée. Les collectivités locales souffrent de nombreuses faiblesses : – Faibles capacités institutionnelles et administratives. – Incompétence généralisée liée au manque de formation des élus et à l’absence de métiers territoriaux structurés. – Insuffisance des ressources financières. – Forte dépendance vis-à-vis du budget de l’État. – Faible autonomie fiscale et déséquilibres territoriaux marqués. – Nécessité de revoir le découpage administratif pour une meilleure cohérence économique. – Centralisation excessive du pouvoir. – Double tutelle des collectivités ralentissant leur action. – Problèmes de gouvernance locale : politisation, manque de transparence, clientélisme. – Inégalités régionales et sociales, marginalisation des zones rurales. – Enjeux sociopolitiques et sécuritaires : faibles capacités locales de prévention des conflits.
b- Propositions : – Réforme des textes de la décentralisation – Création de filières spécialisées pour les métiers territoriaux – Transfert effectif des compétences avec budgets correspondants – Élaboration d’une stratégie nationale de réduction des inégalités territoriales – Renforcement des capacités des élus et du personnel local – Instauration de mécanismes de redevabilité et de participation citoyenne
La réussite de la décentralisation est une condition essentielle de la cohésion nationale, de la stabilité démocratique et du développement équilibré du pays
F. Politique environnementale a- Diagnostic : La dégradation environnementale affecte la sécurité alimentaire, la santé publique et la stabilité sociale. Enjeux critiques : – Avancée du désert – Dégradation des ressources en eau – Surexploitation et pollution marines – Urbanisation sauvage, déforestation – Faiblesse des mécanismes de contrôle
b- Propositions : – Gouvernance environnementale renforcée – Création d’une Autorité nationale indépendante pour l’environnement et le climat – Mise en place d’une plateforme de coordination intersectorielle – Formation et professionnalisation – Création d’une École nationale de l’environnement et de la transition écologique – Renforcement des capacités de contrôle – Recrutement et équipement d’une police de l’environnement professionnelle -Décentralisation de l’action environnementale via les conseils régionaux de l’environnement
IV- Diaspora et Emigration
A. Une diaspora dynamique
a- Diagnostic Une diaspora très importante et dynamique mais ignorée. En 2023, les transferts de fonds ont représenté près de 70 millions USD, soit 0,57 % du PIB, selon la Banque mondiale. Pourtant, la diaspora ne bénéficie d’aucune représentation politique directe ni de mécanisme structuré d’influence sur les décisions nationales. Elle est souvent sollicitée uniquement pour les collectes de fonds.
b- Propositions de solution – Participation politique de la diaspora : Accorder le droit de vote à distance (électronique ou consulaire) et Réserver 02 à 04 sièges à la diaspora à l’Assemblée nationale – Création d’un Haut Conseil de la diaspora : Organe élu par les Mauritaniens de l’extérieur. Statut autonome avec droit de proposition législative consultative. – Volet Diplomatique pour les Mauritaniens à l’étranger : Garantir aux Mauritaniens vivant à l’étranger une présence diplomatique de proximité, protectrice et efficace. Création et multiplication de consulats mauritaniens dans les grandes villes où vivent des milliers de Mauritaniens souvent éloignés de toute représentation officielle – Mise en place d’un fonds d’urgence pour les Mauritaniens à l’étranger – Accompagnement des étudiants et travailleurs à l’étranger – Valorisation des compétences et des talents de la diaspora – Lancement d’un programme « Mauritaniens d’excellence à l’étranger » – Création de Banque de la diaspora
B. Une émigration accélérée
a- Diagnostic – Une jeunesse abandonnée : 23,7 % des jeunes de 15 à 24 ans sont au chômage, dont près d’un tiers de jeunes femmes (ONS, 2023). Les politiques de l’emploi sont inopérantes : pistons et clientélisme remplacent la compétence. – Un enseignement déconnecté des réalités économiques : les filières professionnelles sont dévalorisées. – La jeunesse est exclue du jeu politique par un verrouillage institutionnel, et les jeunes rapatriés font face à un accueil inexistant.
b- Propositions de solution – Lutte contre l’émigration clandestine : création de milliers d’emplois sur 5 ans – Déploiement de formations techniques dans les zones marginalisées – Création d’un Fonds national pour la jeunesse marginalisée, piloté par le Ministère de l’Emploi, l’ANAPEJ, les collectivités locales et cofinancé par des bailleurs
V. Autres axes
Concomitamment à l’approfondissement des grands thèmes les axes ci-après feront l’objet d’ateliers
A. Secteur judiciaire B. Secteur Education C. Secteur Santé D. Secteur Economie E. Secteur Défense et sécurité
MEMO DIRECTIF
Les thèmes devant faire l’objet de commissions spécialisées (composées d’experts mis à disposition par les membres signataires de la feuille de route de l’opposition) devant approfondir le sujet pour être bien armé lors du dialogue national :
1. La forme constitutionnelle de la république et séparation de pouvoirs 2. Le clivage politique et asymétrie de la dichotomie opposition-majorité 3. L’esclavage et ses séquelles 4. L’exclusion et les discriminations 5. Le passif humanitaire 6. Le problème des terres 7. Le statut des partis politiques 8. Le système électoral 9. La corruption et le népotisme 10. La redistribution et le partage équitable des richesses 11. La décentralisation et le développement local 12. La diaspora et l’émigration
Modèle de plan de présentation du thème par la commission spécialisée :
1. Rappel de l’importance politique du thème 2. Présentation des lois et des règlements régissant le thème 3. Une présentation détaillée de nos propositions sur la base de celles avancées dans la plateforme validée par les signataires
NB : faire des propositions simples, claires et applicables immédiatement Chaque commission sera présidée par un ou deux signataires de la plateforme »
Le Calame — Le Forum des Organisations Nationales de Droits Humains en Mauritanie (FONADH) a rendu publique une déclaration dans laquelle il dit suivre, avec attention, les démarches engagées par l’État mauritanien visant à résoudre la question du passif humanitaire, issue des graves violations des droits humains ayant marqué l’histoire récente du pays.
Tout en reconnaissant les efforts entrepris par les autorités pour indemniser les victimes, le FONADH estime que ces mesures ne sauraient être efficaces ni durables, sans l’inscription de ce processus dans un cadre global de justice transitionnelle.
Une démarche qui, selon le Forum, doit garantir la vérité, la reconnaissance officielle des souffrances, le devoir de mémoire et des réparations justes, en vue d’une réconciliation nationale authentique.
Dans sa déclaration, le FONADH relève que la société mauritanienne demeure divisée sur la question : si certaines victimes souhaitent une indemnisation immédiate, d’autres rejettent toute compensation en l’absence d’un processus préalable de vérité et de justice permettant d’établir les responsabilités.
Le Forum souligne qu’« il est impossible de bâtir une Mauritanie solide, juste et durable sur la base du silence, du mensonge ou de l’oubli ». Il insiste sur le fait que la vérité constitue la première étape indispensable à toute réconciliation réelle et définitive, et que la cohésion nationale ne peut se construire sans la reconnaissance de la dignité des victimes.
Le FONADH appelle ainsi l’État à engager un dialogue inclusif, impliquant toutes les parties concernées, notamment les victimes ; à assurer une communication transparente sur le processus en cours et à mettre en place un mécanisme indépendant, crédible et clairement défini de justice transitionnelle, avant toute décision finale liée aux indemnisations.
La déclaration fait également référence au drame d’Inal, où vingt-huit soldats mauritaniens avaient été pendus en 1991 ; rappelant ainsi que la célébration de l’Indépendance ne saurait s’accompagner de l’oubli de ces événements tragiques. Pour le Forum, seule une confrontation courageuse avec le passé permettra à la Mauritanie de se réconcilier avec elle-même.
Enfin, le FONADH invite les autorités à s’inspirer des expériences du Maroc et de l’Afrique du Sud en matière de justice transitionnelle. Il réaffirme sa disponibilité à contribuer activement à tout processus visant la vérité, la réparation et la réconciliation nationale, pour une Mauritanie unie, respectueuse des droits humains et tournée vers un avenir apaisé.
SENALIOUNE – La commission technique de l’Assemblée générale des mouvements et partis démocratiques d’opposition s’est réunie, ce samedi 06 décembre au siège du parti mauritanien en avant, afin de valider la plateforme politique qui servira de base à sa participation au dialogue national annoncé en Mauritanie.
Cette réunion marque une étape décisive dans la préparation de l’opposition, qui entend présenter une vision cohérente et unifiée face aux enjeux nationaux.
Selon des sources au sein de l’Assemblée générale, la commission a passé en revue les propositions soumises par les différents partis et mouvements, avant de dégager un document final intégrant les priorités communes.
Parmi les thèmes abordés figurent la gouvernance démocratique, la lutte contre la corruption, l’indépendance de la justice, le renforcement des libertés publiques, ainsi que les questions économiques, sociales et territoriales.
La plateforme validée par la commission sera prochainement présentée aux dirigeants des partis concernés, avant d’être officiellement soumise au président Mohamed Ould Ghazouani qui a réaffirmé, lors de son discours du 28 novembre, sa volonté d’organiser un dialogue national « qui n’exclut ni personne ni aucun sujet ».
L’opposition estime que ce dialogue, s’il est correctement encadré, peut constituer une opportunité pour répondre aux attentes citoyennes et consolider la stabilité politique du pays. Elle insiste toutefois sur la nécessité de garantir des conditions transparentes et équitables pour assurer la réussite du processus.
Rim Sport — Le président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), Ahmed Ould Yahya, a publié ce week-end un long communiqué sur sa page Facebook pour répondre à une série de publications diffusées récemment sur les réseaux sociaux et attribuées à un blogueur mauritanien vivant aux États-Unis. Des contenus qu’il qualifie de « mensongers » et d’« attaques ciblées contre [sa] dignité et [sa] vie privée ».
Dans son texte, Ould Yahya affirme que, par principe, il ne commente jamais ce qui circule à son sujet, qu’il s’agisse d’informations exactes ou erronées, estimant que « le respect des opinions des citoyens et leur liberté de critiquer une personnalité publique » fait partie du jeu démocratique.
Cependant, dit-il, « la multiplication récente des inventions et des accusations fabriquées » l’a obligé à sortir de son silence.
« Des allégations totalement infondées »
Le président de la FFRIM réfute catégoriquement les affirmations visant à porter atteinte à son image.
« Tous ceux qui me connaissent savent que je suis très éloigné de ce que certains cherchent à me coller », écrit-il, évoquant une vie personnelle fondée sur « l’engagement religieux, social et moral, la stabilité et la droiture ».
Il met au défi les auteurs de ces publications :
« J’appelle quiconque propage ces mensonges à apporter la moindre preuve à l’appui de ce qu’il avance. »
Pressions extérieures et respect pour sa famille
Ahmed Ould Yahya évoque par ailleurs « l’implication de certaines parties » qu’il accuse d’instrumentaliser des individus établis à l’étranger pour l’attaquer « de manière ignoble » et pour des « objectifs malveillants ».
Il souligne qu’il n’aurait accordé aucune attention à ces contenus « n’eût été le respect que je dois aux sentiments de ma famille et de mes enfants ».
Annonce de poursuites judiciaires
Dans la dernière partie de son communiqué, le dirigeant sportif annonce son intention d’engager des actions en justice :
« Je m’engage à poursuivre rigoureusement devant les tribunaux ceux qui sont derrière la diffusion de ces allégations, ainsi que ceux qui les encouragent depuis l’ombre, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. »
Avec ce démenti public, Ahmed Ould Yahya entend clore la polémique et réaffirme sa volonté de se concentrer sur ses responsabilités à la tête de la Fédération mauritanienne de football.
📷 Novembre 2023 – En compagnie du sociologue et lanceur d’alerte mauritanien M. Boulaye Diakite.
—Ces cotisations d’allégeance à l’ordre féodalo-princier véhiculent un symbolisme régalien froid qui a toujours rusé et dompté certains cadets et assignés sociaux avec divers curseurs. Et le cran le plus bas est celui sur lequel on assigne les descendants d’esclavagisés dans l’ensemble communautaire. Ainsi une alerte abolitionniste qui suit : dans l’engagement et le plaidoyer pour l’émergence d’une autogestion sociale et économique des descendants d’esclavagisés, un focus est plus que nécessaire pour articuler intelligemment un mécanisme d’éveil disruptif menant à un impact irréversible pour une autre réalité existentielle libérée de tous les symbolismes de subordination dans les villages comme à l’extérieur (la diaspora). La logique basique sahelisée du « No vote, no Tax » qui donnerait comme occurrence « on ne contribue pas financièrement et symboliquement à un système hermétique qui est de nature et de fonctionnalité discriminatoire et ségrégationniste dans les positions sociales et politiques par le droit du sang », à propos voir https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/%e2%97%8f-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/. Les uns ont le droit de faire valoir dans leurs imaginaires nostalgiques un statut de prince sans royaume comme d’autres également ont une obligation historique de se soustraire d’un système sociétal qui leur impose un fascisme « doux » foncièrement humiliant (dépeint à tort en une dite cohésion légendaire). Et RAPPEL de taille : nous vivons dans des RÉPUBLIQUES bien qu’aux structures et fonctionnements imparfaits… l’aspiration à l’égalité citoyenne reste notre commune boussole dans nos terroirs ruraux comme dans les centres urbains.
● KS pour le BLOG
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✅️-Le retour analytique du post par l’IA DeepSeek :
Voici une analyse synthétique du texte publié par Koundou Soumaré :
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Auteur & Angle : Koundou Soumaré, abordant les dynamiques sociales et politiques au sein de la communauté soninké.
● Thèse centrale : Dénonciation des mécanismes de perpétuation d’un ordre social hiérarchisé, qualifié de féodalo-princier, qui maintient notamment les descendants de personnes anciennement esclavagisées dans une position subalterne, à travers des contributions financières et symboliques (cotisations, allégeances).
● Mécanismes critiqués :
· Symbolisme régalien : des pratiques présentées comme traditionnelles mais qui consolident des rapports de domination. · Assignation sociale : maintien des descendants d’esclavagisés au plus bas de l’échelle sociale, avec des frontières sociales et politiques héritées (« droit du sang »). · Fascisme « doux » : une domination humiliante masquée sous le discours de la cohésion communautaire légendaire.
● Proposition de résistance :
· Stratégie d’autogestion : pour une émancipation économique et sociale des groupes marginalisés. · Disruption symbolique : refus de participer aux contributions qui entretiennent le système (« No vote, no Tax » → ne pas financer un système discriminatoire). · Réveil disruptif : mener une lutte irréversible vers une existence libérée des symbolismes de subordination, au village comme en diaspora.
● Cadre revendiqué : L’auteur rappelle que les sociétés concernées vivent dans des Républiques, où l’égalité citoyenne doit primer sur les logiques coutumières discriminatoires, aussi bien en milieu rural qu’urbain.
● Ton & visée : Plaidoyer militant et alerte abolitionniste, appelant à une prise de conscience et à un désengagement actif des structures de domination traditionnelle.
Depuis sa “pénétration” sur le continent africain, dans les années 2009, 2013 et 2015, WhatsApp a révolutionné la communication en la rendant quasi gratuite et accessible à tous.
L’oralité étant l’un des aspects les plus importants de la culture africaine, WhatsApp aurait dû y trouver naturellement sa place. Mais malheureusement, il a été utilisé à mauvais escient, créant amertumes et instabilités sociales.
La société soninké du Guidimakha, connue pour sa forte diaspora vivant en Europe, en Amérique et en Afrique, a accueilli cette technologie avec enthousiasme.
WhatsApp était un moyen de rétablir le lien entre les émigrés éloignés du terroir et les familles restées au pays. Il apparaissait comme une thérapie qui soulageait les angoisses liées à la séparation, à la solitude et à l’absence.
Au début, l’usage de WhatsApp était modéré, d’autant que le réseau n’était pas disponible partout : la démocratisation de la communication restait limitée. Les appels téléphoniques dominaient encore.
Cependant, il serait injuste de passer sous silence qu’il existe, malgré tout, quelques groupes WhatsApp soninké porteurs de messages utiles et courageux. Certains ont servi de plateformes de réflexion, de débats constructifs et d’éveil collectif. Ils ont abordé des sujets que l’on n’osait pas évoquer : la lutte contre la féodalité, contre l’esclavage par ascendance, pour une citoyenneté pleine et entière, ou encore la remise en cause de certaines clauses du pacte communautaire hérité. Ces espaces vertueux ont accompagné des prises de conscience, éclairé les esprits et porté des combats légitimes.
Mais depuis que WhatsApp est devenu populaire et accessible à tous — avec la possibilité de créer des groupes, d’envoyer sons, vidéos et images — la société soninké du Guidimakha est en proie à des crises sociales multiformes, menaçant son existence et son identité.
Le responsable, c’est bien le mauvais usage de la technologie, la banalisation de la parole et la multiplication d’intervenants qui ignorent les conséquences d’une communication incontrôlée. Chacun s’improvise tribun ou porte-voix.
La parole s’est libérée, mais elle nous a emprisonnés dans le déshonneur : plus de tabou, plus de respect, plus de secret, plus de retenue, plus de pudeur.
La dignité nous a quittés. Nous passons notre temps à nous insulter, à nous provoquer à travers des groupes WhatsApp qui cristallisent nos contradictions, nos divisions et nos animosités.
Certains se sont spécialisés dans la diffamation, la calomnie et l’insulte publiques. Des grandes gueules, tels des tireurs à gage, sont payés pour dénigrer, humilier et injurier.
La rhétorique de la délation, de l’injure et de la violence verbale s’est emparée de la société soninké. Les derniers sages qui nous restent encore préfèrent se taire, craignant d’être rabaissés. Ils redoutent ces mauvaises langues, ces hyènes qui ricanent sur tous les toits et n’épargnent plus personne.
La parole est d’argent, le silence est d’or. Taisez-vous ! Arrêtez de vous insulter, de nous insulter, de nous humilier. Vous avez ouvert des fronts d’hostilité, distillé la haine et la vengeance partout.
Vous avez déstabilisé des familles, des communautés et des villages par votre usage inconscient et destructeur de la parole et de la technologie.
Au Guidimakha, on en vient à constater que l’on ne travaille plus. Désormais, les Soninké parlent : parler pour nuire, parler pour se nuire les uns les autres, pour se glorifier, pour se vanter, pour détruire, pour insulter, pour se faire insulter.
Pensez à vous déconnecter. Quittez tous ces groupes WhatsApp qui répandent, prêchent la division et la guerre, l’orgueil ou encore l’autoglorification.
Nous passons à côté de l’essentiel. Nous nous chamaillons sur des choses futiles, dépassées, souvent sans réelle importance. Voilà une société réfractaire au changement, à la modernité mais prompte à consommer sans modération les produits de la technologie, de la science. Encore une fois, ce n’est point la technologie qui est en cause, c’est plutôt notre rapport à la technologie, notre usage de la technologie ici WhatsApp.
• Photo illustration Cheikh Mohamed Diakho Tanjigora – source Internet
—La question de « l’esclavage » dans la problématique de l’extrémisme violent sous couverture religieuse dans le Sahel | M. Mohamed Diakho Tanjigora l’a abordée ces derniers temps dans 2 audios tirés d’une émission appelée Soumare_Média. Il a explicité en substance qu’il y a beaucoup d’ambiguïtés en termes de sémantique et de compréhension du phénomène dit jihadiste et les pratiques agressives qui y sont liées. Selon lui, les rapts esclavagistes menés par certains groupes terroristes « en nommant boko haram » se pratiquent sur une base idéologico-religieuse similaire à ce que de groupes intégristes dits islamistes se donnaient pour asservir des populations Yézidies en Syrie à une époque récente. Il indexe une fatwa d’un dignitaire religieux saoudien du nom de Al-Fawzan qui aurait donné sa validation et que les terroristes du boko haram en font une référence également. On comprendrait dans son propos que l’esclavage dit « validé » au nom de l’islam est une problématique étrangement tenue dans une lecture transversale très floue. Du côté terroriste comme chez certains canaux dits classiques du fait religieux, les positions jurisprudentielles restent insidieusement équivoques.
• Substance de la fatwa d’Al-Fawzan – source Internet IA
L’antiesclavagisme militant est heurté dans certain ensemble arabo-musulman de nos jours parce que l’idéologie esclavagiste se trouve cette justification jurisprudentielle à travers une lecture dite religieuse plus que problématique.
Pour rappel, l’esclavage est un crime contre l’humanité dans de nombreux pays aujourd’hui.
—Mauritanie du foncier | Très souvent s’il y a frictions et violences intra-communautaires ou inter-communautaires, nos « ismes » ne sont pas innocents dans l’équation problématique : ethnicisme, tribalisme, communautarisme, ethno-racialisme, suprémacisme, féodalo-esclavagisme…
L’état de droit à vocation universaliste est systématiquement torpillé par les structures ethno-politiques dans nos terroirs. La tenure coutumière et tribale du foncier est un nœud conflictogène dans différents endroits… qu’on soit dans le Tiris zemmour au Nord ou au bord du fleuve à l’extrême Sud. La force publique trempée dans ses sourdes ambiguïtés a raté de dompter les régimes féodalo-traditionalistes qui sont anti-républicains et par nature intrinsèquement contre l’effectivité d’un ordre citoyen transcendant nos étroites appartenances. Ces appartenances que d’aucuns activistes y mettent « boiteusement » une substance fourre-tout de « nationalité ». Nationalité ethnique ou ethno-raciale voulant s’accorder un statut de propriétaire terrien exclusif dans des espaces comparés selon certain imaginaire collectif comme des principautés hors du régalien républicain.
Les autorités étatiques doivent donner force à la LOI avec clarté et Justice.
Prompt rétablissement aux blessés du côté de Hayrre Goleré (Brakna).
📰Lire l’élément médias Mauritanie : des blessés dans un conflit sur une zone agricole relevant de la moughataa de Bababéhttps://share.google/ViSXElrO1oiEuV5Wo
Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a tenu, ce jeudi après-midi, une longue réunion avec les walis des différentes régions du pays. Cette réunion était consacrée au suivi des décisions des réunions précédentes, à l’évaluation de la performance de l’administration régionale et locale, et à la mesure de la qualité des services fournis aux citoyens. Elle a également permis de faire le point sur l’avancement de la mise en œuvre des politiques publiques au niveau local dans le cadre du programme présidentiel “Mon ambition pour la patrie”, en particulier le programme d’urgence pour la généralisation de l’accès aux services de base, lancé récemment par Son Excellence le Président de la République depuis la wilaya du Hodh Chargui.
Au début de la réunion, Son Excellence le Président de la République a rappelé l’importance des sujets abordés lors des différentes étapes de sa récente visite dans la wilaya du Hodh Chargui, notant que même si les discours portaient sur les affaires régionales et locales, ils étaient, dans de nombreuses de leurs dimensions, adressés aux citoyens de toutes les wilayas du pays et aux responsables publics en tant que principaux concernés par l’instauration d’un État de citoyenneté et de droit.
Il s’agit en particulier de la citoyenneté, car il est impératif, dans un État de droit, d’accorder une priorité absolue à l’enracinement de l’esprit de citoyenneté et au renforcement de l’appartenance à la nation au détriment des appartenances étroites et secondaires, qu’elles soient tribales, régionales, stratifiées ou catégorielles, ce qui exige de traiter les populations comme des citoyens égaux en droits et en devoirs, et ce, indépendamment de toute autre considération ou arrière-plan.
Son Excellence le Président a souligné la nécessité pour les walis et les autres responsables de l’administration régionale d’assumer pleinement leurs responsabilités pour gagner de manière décisive la bataille de l’instauration de la citoyenneté et de s’opposer fermement aux comportements contraires à cette orientation, quelle qu’en soit la source, et en particulier ce qui pourrait émaner des agents de l’État. Il ne s’agit naturellement pas de combattre les entités sociales traditionnelles, mais de s’opposer à leurs manifestations négatives, en particulier celles qui contredisent l’appartenance à la nation unie, ou qui défient l’entité de l’État, son autorité ou sa souveraineté, ou qui entravent les programmes de développement et de promotion de la société, y compris la tentative de monopoliser les terres agricoles, les points d’eau ou les puits, ou qui empêchent l’exploitation des ressources naturelles en général.
Les interventions de tous les walis ont été écoutées concernant la mise en œuvre des directives issues de la dernière réunion, notamment en ce qui concerne les sujets suivants : l’école républicaine, la protection des pâturages, l’immigration et la résidence des étrangers, et l’agriculture (en particulier l’utilisation optimale des équipements mis à la disposition des wilaya).
Son Excellence le Président de la République a appelé les walis, en leur qualité de représentants du Président et du Gouvernement, et en plus de leurs missions traditionnelles, à contribuer à la sensibilisation aux priorités, orientations, politiques et programmes de l’État, car l’administration est le mécanisme essentiel pour la mise en œuvre des politiques publiques sur le terrain au service du citoyen et du développement, conformément à l’approche de développement participative actuellement adoptée, qui exige d’intensifier les efforts déployés dans le domaine de la communication directe avec les citoyens et des visites de terrain dans les différentes circonscriptions administratives.
Son Excellence a demandé au Gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour traiter positivement les questions et les demandes urgentes soulevées par les walis, en fonction du domaine de compétence de chaque département ministériel concerné, et d’intensifier la coordination à l’avenir entre les autorités centrales et régionales.
Cette réunion s’inscrit dans le cadre du projet sociétal que Son Excellence le Président de la République s’est engagé à mettre en place au service du peuple mauritanien et de l’État mauritanien, à travers l’édification d’une administration publique efficace, professionnelle, crédible et dévouée au service de tous, contribuant à renforcer la stabilité, à consolider la justice et à accélérer le rythme de mise en œuvre des programmes gouvernementaux, afin qu’elle soit capable de servir le citoyen et le développement avec toute la dignité requise.
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