● Assez de lois contre l’esclavage ! | Par Seyré SIDIBE

En Mauritanie,  l’esclavage et ses » dérivées », sont des  réalités évidentes, mais peu assumées ou  souvent niées, minimisée ou abordées avec beaucoup de mauvaise volonté. En vérité, sans être juriste, j’estime que la convocation des députés en session extraordinaire, le 04 septembre prochain pour discuter de plusieurs projets de lois, dont la création de tribunaux spécialisés de lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants, n’a pas sa raison d’être. 

Les tribunaux chargés de juger les crimes d’esclavage existent déjà depuis 2016, l’ère Ould Abdel Aziz :  le décret 2016-002 du 1er janvier 2016, fixe le siège et le ressort territorial des cours criminelles spéciales en matière de lutte contre l’esclavage. Les observateurs s’interrogent, sur la pertinence et l’opportunité de  ces juridictions  d’autant plus qu’ elles ont  jusqu’ ici brillé par inaction et inefficacité. 

En effet, la lutte contre les injustices et les discriminations sociales est d’abord une question de volonté politique. Ce qui suppose l’exemplarité, comme dans le combat contre la corruption et autres comportements sulfureux .

Point besoin de nouveaux textes sur la question de l’esclavage, un fléau déjà élevé au rang de crime. C’est déjà le summum. Trop de lois tuent la loi. Il suffit juste  d’appliquer les lois déjà existantes. Nous sommes dans une République, comme modèle politique et de gouvernement, il est évident que ce choix sous-entend :  citoyens et de citoyenneté.

Dès lors, il suffit que nos dirigeants soient sincères pour s’attaquer aux stratifications sociales héritées, qui n’ont pas de place dans une république, et de surcroît islamique :  » Tous les humains sont issus d’Adam qui a été créé d’argile. Il n’y a pas de différence entre un Arabe et un non Arabe, si ce n’est par la piété ».  « Le plus honorable des hommes auprès d’Allah est le plus pieux ».

Faut-il le rappeler que dans  une république, il ne peut y avoir de citoyens et de sous-citoyens. La citoyenneté, c’est d’abord l’égale dignité entre les populations ( les citoyens ), au-delà des origines et appartenances sociales, linguistiques etc., différentes et diverses. Ce qui importe est l’appartenance à une même nation (nationalité ).

L’esclavage se nourrit de l’impunité, de la pauvreté et de l’ignorance.  L’Etat est à la fois garant de la justice, de la protection des personnes et de leurs biens et l’épanouissement de tous et de chacun, il dispose de tous les moyens pour faire respecter la loi. Comme, il sait le  faire  pour disperser les manifestations, et au besoin utiliser la force .

Les députés doivent comprendre que l’esclavage est plus facile à identifier et à  combattre que ses « dérivées » : le féodalisme. Encore une fois, le débat stérile qui consiste à  soutenir que l’esclavage est plus grave que le féodalisme n’a pas sa raison d’être. On ne compare pas deux maux, on les combat.

Le féodalisme est beaucoup plus subtile et perfide, du fait qu’ il s’exprime  sous le manteau de la culture. Ce qui peut rendre complexe sa qualification juridique. Cependant avec la volonté  tout est possible. Des juges professionnels, compétents et indépendants peuvent décoder, décrypter les agissements, comportements et expressions féodales dissimulées. C’est une question de dignité, de droit humain pour redorer l’image de la Mauritanie, et consolider la cohésion sociale. 

Seyré SIDIBE

● Décret présidentiel convoquant l’Assemblée nationale en session extraordinaire, le 4 septembre 2024 [AMI.MR]

La Présidence de la République, communique que, par décret en date du lundi 26 août 2024, le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 4 septembre 2024.

Voici le texte intégral de ce décret :

‘’ LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ,

Sur Rapport du Premier Ministre,

VU, l’Article 53 de la Constitution.

DECRETE :

Article premier : Le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 04 septembre 2024.

Article 2 : L’ordre du jour de cette session comprendra :

1. La Présentation de la Déclaration de la Politique Générale du Gouvernement,

2. Projet de loi portant création du tribunal spécialisé de lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants.

3. Projet de loi modifiant certaines dispositions de la loi numéro 65-046 du 23 février 1965 portant dispositions pénales relatives au régime de l’immigration.

4. Projet de loi portant code de l’hydrogène vert.

Article 3 : le Premier Ministre est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié suivant la procédure d’urgence au journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie’’

Mohamed OULD CHEIKH EL GHAZOUANI

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/252881

● Le portrait d’un dynamique humanitaire | Par Coumba Ndao Info

Boubacar Diakité est appelé Bouba Diakité est l’initiateur et le président de l’association NGC (nouvelle génération de coumbandao).
En dépit de sa quarantaine d’années, il possède déjà plus de 14 ans d’expérience dans le domaine associatif. En 2010, c’est avec les habitants de son village qui vivent en France qu’il a fondé cette association.

Il a également été le créateur de la radio Coumbandao.

L’objectif de cette association est de contribuer au développement de son village dans tous les domaines essentiels à la vie quotidienne.
En 2016, il était membre de l’association L’EED, dont il était l’un des membres principaux. Il a occupé différentes fonctions, notamment en tant que porte-parole et en tant que président du pôle international.

Après 4 ans passés à L’EED, il a démissionné en 2020 et a repris la direction de l’association qu’il a fondée précédemment.
Il a instauré un système d’assistance médicale dans son village natal en Mauritanie en 2022.
Le 3 octobre 2022, il s’est rendu à l’inauguration du système d’assistance médicale au village.
Lors de cette première journée, il a convié les autorités locales, telles que le maire, le préfet, le gouverneur, ainsi que les villages et les membres de l’association.

Depuis le 3 octobre 2022, 103 individus les plus pauvres du village et des environs, au sein des populations locales , bénéficient d’une carte médicale appelée Yonki (la vie), qui leur donne la possibilité de se soigner gratuitement dans les structures de santé.

Selon lui, la santé constitue un droit essentiel, et toute personne, qu’elle soit pauvre ou fortunée, doit se sentir protégée. Lorsqu’elle est malade, elle doit pouvoir se soigner.

Dans son association, il envisage de développer différents aspects tels que l’assainissement, l’agriculture, l’éducation, etc…
Son point de vue est de ne pas attendre davantage de l’État pour développer nos localités, car la diaspora possède une richesse qui, si elle est unie, peut même faire mieux que l’État dans les villages.

Son objectif ultime est que tous les villages adoptent la même approche pour que le développement soit une réalité dans nos régions.
Une nation unie, une nation forte.

En France, il a créé une permanence administrative et sociale avec son équipe pour apporter une aide aux personnes qui rencontrent des difficultés avec la langue française.
La procédure administrative en ligne, etc.
Il est gratuit et disponible pour tous sans frais.

Il considère que sa naissance en Afrique et sa vie en Europe lui permettent de découvrir les deux réalités distinctes.
Vivre en France reste une opportunité pour ceux qui ont déjà vécu en Afrique, plus précisément en Mauritanie, où nous avons pratiquement tout à nos dispositions.
N’est-ce pas que lorsque j’étais scolarisé dans mon village, je n’avais pas de lumière le soir pour faire mes devoirs?

Malgré ce contexte difficile, nous avons réussi à progresser dans nos études grâce à l’assistance de nos parents, notamment ma mère qui a été à la fois ma mère et mon mentor.

Il ne faut pas oublier cela.
Maintenant que nous disposons d’une opportunité et d’une chance d’apporter notre aide à nos familles, il est de ma responsabilité d’apporter mon aide à ma famille et à ma communauté à la hauteur de mes compétences.

D’où mon implication sociale.
Aussi longtemps que je serais en vie et tant qu’il y aura des personnes démunies en Mauritanie, notamment dans mon village, je prodiguerai mon soutien à la hauteur de mes capacités.

Dans le domaine associatif et social, Bouba Diakité est un exemple à suivre, car il a toujours fait preuve de générosité et de dévouement pour les causes justes.

• Par Coumba Ndao Info

● Éducation | À Thale’s Academy, Votre réussite est notre priorité !

Venez profiter de notre service de cours de soutien personnalisé pour les élèves du primaire, du collège et du lycée.
Notre équipe d’enseignants qualifiés  accompagnera votre enfant dans la préparation de ses devoirs, la remise à niveau de ses connaissances et la préparation aux examens.

Nos cours sont adaptés aux besoins de l’enfant et à son niveau, pour lui permettre de progresser rapidement et efficacement. Que votre enfant ait des difficultés en mathématiques, en français, en anglais, en arabe ou dans toute autre matière, nous sommes là pour l’aider.

En plus des cours individuels, nous proposons également des séances de préparation au grand oral pour les lycéens, afin de les aider à se préparer au mieux pour cette épreuve importante.

Chez nous , nous accordons une place importante aux parents en les impliquant dans le processus d’évolution de leurs enfants.

Pour prendre rendez-vous et bénéficier de notre expertise en soutien scolaire, contactez-nous au :
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À Thale’s Academy, Votre réussite est notre priorité !

● Le ministère de la santé confirme qu’aucun cas de variole n’a été enregistré

AMI – Le ministère de la santé a confirmé qu’aucun cas de variole n’a été enregistré dans le pays.

Dans un communiqué dont une copie est parvenue à l’Agence Mauritanienne d’Information, le ministère précise que la personne suspectée d’avoir la variole du singe samedi soir à la clinique Cheikh Zayed à Nouakchott- Nord a été testée négative à la maladie.

Voici le texte du communiqué du ministère de la santé :

« Samedi soir, 17 août 2024, un homme de 38 ans s’est présenté à la clinique Cheikh Zayed se plaignant de fièvre et d’éruption cutanée. Après examen par l’équipe médicale de garde de l’hôpital et évaluation de son état, les services centraux de surveillance et de contrôle ont été informés de sa situation conformément aux recommandations émises en réponse à l’épidémie de variole du singe, afin d’effectuer des prélèvements et de les soumettre aux analyses nécessaires pour déterminer le type d’infection.

Dans un souci de transparence vis-à-vis de l’opinion publique nationale, conformément aux instructions de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, notamment en ce qui concerne l’évolution de la situation épidémiologique, les analyses du ministère ont montré qu’il n’est pas atteint de la variole du singe, suspectée en raison des symptômes évoqués, notamment l’érythème cutané.

A cette occasion, le ministère rassure le public qu’il a pris les précautions nécessaires pour élever le niveau de vigilance, renforcer la surveillance épidémiologique, diffuser les mémorandums et les protocoles relatifs à cette pandémie, augmenter les capacités de diagnostic des laboratoires, et mettre en alerte le Centre national des urgences de santé publique en cas d’urgence éventuelle.

Elle appelle également le personnel médical à être vigilant, à rechercher activement les cas possibles, à les signaler immédiatement et à prendre en charge les cas qui s’avèrent infectés, et invite les citoyens à être plus vigilants et coopératifs et à se conformer aux instructions sanitaires émises dans ce sens ».

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776776

● Le Président de la République reçoit les secrétaires généraux des ministères

AMI – Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, a reçu en audience, vendredi au Palais présidentiel, les secrétaires généraux des ministères.

Au cours de l’audience, le Président de la République a indiqué que l’objectif de la rencontre est axé sur la redynamisation de l’action du gouvernement et d’amélioration de ses performances.

A cette occasion, il a rappelé aux secrétaires généraux que leurs fonctions les rendent directement responsables de la gestion financière et administrative de leurs département et les obligent à prendre les mesures appropriées pour faire face à tous les phénomènes incompatibles avec l’éthique de l’administration, le respect des fonds publics.

A cet égard, le Président de la République a notamment insisté sur la nécessité de rapprocher l’administration des citoyens et d’améliorer leur prise en charge au niveau des différents services administratifs.

L’audience s’est déroulée en présence du Premier ministre, M. Mokhtar Ould Diay, du ministre secrétaire général de la Présidence de la République, M. Moulay Ould Mohamed Laghdaf, du ministre chargé de cabinet du Président de la République, M. Nani Ould Chrougha, des ministres conseillers à la Présidence de la République M. Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane, Mme Ba Aissata Yahya et le ministre chargé du secrétariat général du gouvernement, M. Moctar Al Housseynou LAM.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776761

● Ces Femmes soninkés qui bougent | La Fin d’un PARAÎTRE et Temps d’y ÊTRE !

👇🏿Photo d’illustration 📷 fake ou pas, par les échos diffus dans la communauté soninké du Guidimagha côté mauritanien ces temps-ci , un départ massif d’une ampleur inédite des jeunes gens (avec beaucoup de jeunes mamans, filles et fillettes) se fait vers la zone Europe. Concernant la masse masculine, il n’y a pas de grande nouveauté…

Source photo inconnue

Par contre, l’aspect lié à la gent féminine avec une forte jeunesse voire adolescente mérite un regard particulièrement interrogatif à l’ensemble de la communauté .
Et si finalement, après plus de 60 ans des mouvements migratoires (résidences régulières et irrégulières, aller-retour,…) au monopole des hommes soninkés, cette gent féminine soninké compte faire une remontada dans le phénomène. Ainsi dire, l’actuel match avec un exode conséquent ou même une déportation volontaire d’une jeunesse voire une adolescence très féminine sur les chemins relativement facilités vers l’Europe, risque de bousculer dans l’avenir les équilibres familiaux et sociétaux dans les terroirs d’origine vidés.

Enfin, les ratés cachés, l’exhibitionnisme pompeux, les affichages bouffons, les arrogances mesquines, les inconséquences ridicules, les camouflages mensongers et d’autres travers… sont dévoilés par les masses féminines qui subissaient un narratif faussement enjoliveur et bluffant de très loin des réalités d’ailleurs vécues par les messieurs.

Par expérience, chaque vague de générations d’arrivés par décennie d’écart, ose raconter une partie de réalités peu reluisantes d’ici (aventures d’immigrés). Ainsi, le cycle faisant son chemin et y advenant le temps historique de réseaux sociaux sans frontières, le fruit du vide est mûr.
Et les clichés joliment miroités largués « violemment » sur la face de ceux- celles qui restent aux villages, sont devenus caducs à terme d’une démystification aboutie aujourd’hui. Le rêve tant nourri d’avoir un prétendant francinké (émigré de france) à attendre au village, n’est plus un projet « QG » dans l’environnement socio-évolutif de toute jeune fille. À y ajouter l’écrasement polygamique bien problématique et ses difficiles conséquences dans les familles à long terme dans de nombreux cas, plusieurs digues cèdent peu à peu, les femmes ou bien les filles veulent être là où plusieurs décennies durant les messieurs laissent entendre et paraître avec une certaine cynique superficialité qu’on peut y tirer richesses et facilités. Elles ne partent pas pour fuir une faim ou un dénuement matériel grave, elles quittent ou on (certains parents et proches) les aide à quitter parce que le système qui tenait un certain nombre de mythes, est coincé à force du PARAÎTRE lourdement découvert et de soif de mobilité pour y ÊTRE soi-même pour de bon.

🖊KS pour le BLOG

● Barça: on en sait plus sur l’agression du père de Lamine Yamal, hospitalisé en urgence après avoir été poignardé | [Info RMC]

Mounir Nasraoui, le père de Lamine Yamal, a été sévèrement agressé mercredi en Catalogne. Après s’être battu avec des habitants d’un immeuble devant lequel il promenait son chien, il a été poignardé sur un parking dans la soirée. Transporté à l’hôpital dans un état préoccupant, il serait désormais hors de danger.

Au lendemain de la violente agression dont il a été victime, les médias espagnols donnent des nouvelles rassurantes de Mounir Nasraoui ce jeudi matin. Le père de Lamine Yamal, la jeune star du Barça, serait désormais dans un état stable. Son pronostic vital n’est pas engagé. L’homme de 32 ans a été poignardé mercredi soir sur un parking de Mataro, une commune de Catalogne dans laquelle il réside, à une trentaine de kilomètres à l’est de Barcelone.

Il aurait reçu au moins un coup de couteau, peut-être plusieurs, selon certains médias. Mounir Nasraoui a été transporté dans un état préoccupant à l’hôpital Can Ruti de Badalona (à une vingtaine de kilomètres de Mataro), où il été admis en urgence. Mais son état se serait vite stabilisé après avoir reçu les premiers soins.

Une première rixe aurait éclaté alors qu’il promenait son chien

Selon les témoignages recueillis par la police, qui a rapidement quadrillé la zone avec huit véhicules, l’agression découlerait d’une bagarre qui aurait éclaté quelques heures plus tôt. Alors qu’il promenait son chien, le père de Lamine Yamal, originaire de Larache (au nord du Maroc), aurait été invectivé par des riverains. Ces derniers lui auraient notamment jeté de l’eau depuis un balcon. Le ton serait alors monté et une rixe aurait eu lieu entre Mounir Nasraoui et les habitants de l’immeuble en question.

Quelques heures plus tard, le père de Lamine Yamal, très populaire sur les réseaux depuis que son fils a crevé l’écran lors de l’Euro 2024 remporté par l’Espagne, aurait été pris par surprise sur le parking où il a été poignardé.

Trois hommes ont rapidement été arrêtés par la police locale pour « tentative de meurtre ». D’autres personnes pourraient être impliquées.

• Lien média https://rmcsport.bfmtv.com/football/liga/barca-on-en-sait-plus-sur-l-agression-du-pere-de-lamine-yamal-hospitalise-en-urgence-apres-avoir-ete-poignarde_AV-202408150177.html?fbclid=IwY2xjawEqq95leHRuA2FlbQIxMQABHeyLEG-KXx70klhlPP_d8ZQNY6J_qo_Q3PCvHypSXomxx9diiVFrc03cgA_aem_SodjSetpKUlNDeLygSYEsQ

● Crise des réfugiés au Soudan : « La guerre a détruit tous nos rêves » | [BBC Afrique]

Mariam Hussein est assise sur un tapis de sol dans sa modeste cuisine en paille, fixant la photo de son fils aîné Mohamed, qu’elle n’a ni vu ni entendu depuis sept ans.

Les larmes aux yeux, elle nous raconte la lutte désespérée de Mohamed pour atteindre l’Europe, croyant que cela changerait le destin de sa famille.

Il a quitté leur maison dans l’État du Darfour occidental, au Soudan, pour entreprendre le périlleux voyage à travers le désert du Sahara.

« Lorsqu’il est arrivé en Libye, il a été kidnappé deux fois », raconte Mariam.

En avril 2023, la guerre a éclaté entre les factions rivales de l’armée soudanaise, forçant Mariam à fuir vers l’est du Tchad avec son fils cadet, Ahmed.

Ils vivent désormais dans le vaste camp de Farchana, qui accueille environ 42 000 civils soudanais ayant fui deux époques de guerre – la deuxième guerre du Soudan au début des années 2000 et le conflit civil d’avril 2023.

Les huttes en bâche d’un blanc éclatant, nichées dans le paysage rocheux, ont peut-être permis d’échapper à la brutalité de la guerre, mais les mauvaises conditions de vie, la nourriture insuffisante et le manque d’opportunités désespèrent des jeunes comme Ahmed.

Lassé de vivre dans des conditions aussi horribles, il veut suivre les traces de son frère.

Il prépare un plan pour quitter Farchana avec ses amis et tenter le dangereux voyage vers l’Europe, en passant par la Libye et la Tunisie.

« Lorsque nous étions au Soudan, j’allais à l’université et je pouvais rêver de mon avenir. Mais à cause de la guerre, j’ai tout perdu », raconte-t-il en se remémorant ses années d’études en gestion d’entreprise.

Le pire cauchemar d’une mère
Mariam est maintenant confrontée au pire cauchemar d’une mère – le spectre redoutable de la perte de deux fils dans le désert du Sahara.

« Je lui ai demandé de ne pas partir parce que j’ai vu mon autre fils se perdre dans le processus, alors j’ai peur qu’il lui arrive la même chose », dit Mariam d’un ton pensif.

Mais Ahmed est catégorique, affirmant que ses perspectives d’avenir sont faibles s’il vit au Tchad.

« Oui, ma mère a refusé que je parte, mais je ne peux pas rester au Tchad. Il n’y a pas de programme d’éducation ou quoi que ce soit d’autre », explique Ahmed.

« La guerre a détruit tous nos rêves. Chaque fois que je parle avec mes amis, nous rions et nous jouons, mais lorsque nous regardons des programmes d’éducation à la télévision, sur Facebook et sur Instagram, nous voyons des personnes éduquées à l’université et cela nous fait nous sentir si mal. »

« Nous nous comparons à eux et nous voyons l’énorme différence… Je ne peux pas finir de cette manière. »

Sa déclaration souligne qu’Ahmed et ses amis ne sont pas différents de millions de jeunes à travers le monde, et constitue un rappel brutal de la détresse que la guerre a provoquée chez les civils soudanais.

Tentatives infructueuses
La frustration d’Ahmed trouve un écho profond chez Sidik, 28 ans, un autre réfugié soudanais qui vit à Farchana depuis deux décennies.

Il a tenté à trois reprises, sans succès, de passer en Europe depuis la Libye et la Tunisie.

« La situation ici est très difficile. Il n’y a pas de travail fixe pour moi, c’est la raison pour laquelle j’ai essayé plusieurs fois de passer par la Libye », explique-t-il.

Il a fui au Tchad avec sa famille alors qu’il n’avait que sept ans et a abandonné l’école en raison des ressources limitées. Comme Ahmed et de nombreux autres habitants de Farchana, il pense que cela vaut la peine de risquer sa vie pour que sa fille et son fils puissent avoir une vie meilleure.

« Le plan est en cours et nous ne nous arrêterons pas parce que nous ne pouvons pas continuer à vivre de cette façon », révèle-t-il.

Le désert du Sahara est considéré comme l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indique que 161 migrants sont morts en tentant la traversée vers l’Europe par cet itinéraire pour la seule année 2023.

L’OIM et ses partenaires internationaux ont mis en place des programmes de migration légale pour les réfugiés au Tchad.

Entre 2017 et 2019, ils ont facilité la relocalisation de près de 2 000 réfugiés du Tchad vers la France.

Ying Hu, Associate Reporting Officer au bureau du HCR à Farchana, indique que certains programmes de réinstallation peuvent devenir disponibles pour les réfugiés en fonction de la disponibilité des ressources.

« Nous avons également des programmes réguliers tels que les visas humanitaires, le regroupement familial, les programmes de bourses pour les personnes qui souhaitent poursuivre leurs études universitaires à l’étranger », révèle-t-elle.

Cependant, la plupart des fonds disponibles étant consacrés à l’aide vitale aux personnes déplacées par les combats en cours, les ressources disponibles pour les programmes de réinstallation sont limitées.

L’incertitude quant au temps qu’ils devront attendre pour que ces voies légales s’ouvrent à eux laisse Ahmed et ses amis rivés sur la périlleuse route du Sahara.

« Nous irons », dit-il avec détermination.

• Lien média https://www.bbc.com/afrique/articles/czjy333k90no?fbclid=IwY2xjawEn8n9leHRuA2FlbQIxMQABHWNU1ubiGck3JuzNabk6eBVg6chWLv6v-zPAirvEKzVHQzwLlahomXGcEg_aem_jYKtKhIUb8KRn0S8pyAMAA

● Sebkha souffre (encore) de coupures récurrentes d’eau

Le Calame – La pénurie d’eau qui secoue depuis deux semaines Sebkha et sa banlieue (Basra et Kouva notamment) demeure plus que préoccupante. Les populations continuent de manquer cruellement d’eau et cherchent le précieux liquide à longueur de journée… Ce sésame est encore aux abonnés absents!

A Sebkha, contrairement au reste des départements de Nouakchott notamment Tevragh Zeïna, Ksar ou Arafat, les problèmes d’eau sont cycliques et les habitants de cette moughataa particulièrement de Basra font face à de sévères pénuries depuis de nombreuses années.

En plus d’autres préoccupations, les populations sont confrontées régulièrement à ce problème récurrent de l’accessibilité de l’eau pour les ménages. Bizarre !

Aller à la borne-fontaine est devenu, pour de nombreuses personnes disposant pourtant de robinets et s’acquittant régulièrement de leurs factures d’eau qui tombent en dépit des grosses coupures, le seul moyen d’avoir de l’eau dans certains quartiers de Sebkha. Étrange ?

L’on se demande quel est le critère fixé par la Société Nationale de l’Eau (SNDE) pour la distribution du liquide dans les communes de Nouakchott. Face au mutisme de la SNDE, les populations qui ne savent plus à quand un retour à la normale, sont dans la désillusion.

Phénomène déplorable à Basra et Kouva, d’aucuns passent des nuits blanches pour chasser les précieuses gouttes d’eau du robinet. Les populations pensaient avoir conjuré le mauvais sort avec le retour dans la nuit du mercredi 7 août à 3 heures du matin, de l’eau. Joie de courte durée avant le retour à la triste réalité.

Avec un débit des plus faibles, la précieuse liquide n’a coulé que deux heures d’horloge. Depuis lors, plus rien en attendant un prochain lâchage !

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776638