Nouakchott Times – Les usagers mauritaniens sont privés des données mobiles d’Internet depuis près de 3 semaines, dans la foulée de la crise post électorale liée au déroulement du scrutin présidentiel du 29 juin 2024. Une mesure dont les conséquences économiques et sociales catastrophiques.
Ainsi, la démarche sécuritaire des autorités pèse de plus en plus sur l’activité économique. Notre République serait elle aussi fragile au point de courir des risques d’effondrement avec le rétablissement des données mobiles d’Internet ?
Difficile de croire à une telle hypothèse, dans un pays du Sahel, région confrontée à une violence terroriste récurrente, dont le territoire échappe aux attentats des barbus depuis le 11 décembre 2011, grâce à la vigilance des services spéciaux.
Pourquoi alors nos autorités craignent-t-elle le retour des données mobiles de l’Internet, envoyant ainsi un mauvais signal aux investisseurs potentiels et même aux simples visiteurs ?
Il est temps que le gouvernement donne des explications face à cette situation qui perdure fait descendre le moral des usagers dans les chaussettes.
J’ai eu écho de son cas récemment lors d’un visionnage d’une émission de la chaîne YouTube OuiHustle, consacrée à sa fille, la talentueuse actrice AïssaMaïga. Lors de cet entretien fleuve et riche, la réalisatrice du film documentaire « Marcher sur l’eau » a abordé son enfance et la fin tragique de son père il y a 40 ans à Ouagadougou (au Burkina Faso) le 1 janvier 1984. En effet, son papa, à l’époque, jeune journaliste et intellectuel de 34 ans fut empoisonné dans la capitale du pays des hommes intègres aux temps du capitaine révolutionnaire et panafricain résolu Thomas Isidore Noël Sankara. Natif d’Ansongo (Mali) en 1950, MohamedMaïga est issu de l’ensemble communautaire Songhaï. Journaliste à l’esprit vif et militant sur les dynamiques politiques liées à la cause panafricaniste, il avait travaillé au journal « Jeune Afrique » et pour le magazine « Afrique Asie ». Sa fille assure que l’association https://mohamedmaiga.org/mohamed-maiga qu’ils ont créée en janvier dernier, vise à promouvoir l’héritage intellectuel de son père parti si jeune, si tôt. À la fin de l’émission YouTube Oui Hustle, l’actrice française a donné quelques détails pratiques sur l’espace qu’ambitionne d’occuper l’association portant le nom du journaliste engagé.
RFI Afrique – Camil Ould Doua, nageur de 22 ans, va représenter la Mauritanie sur le 50 mètres nage libre. Ce natif du nord de la France, qui a grandi à Talence, près de Bordeaux, sera également le porte-drapeau du pays lors de la cérémonie d’ouverture.
C’est l’histoire d’un apprenti nageur de neuf ans qui griffonne un jour sur un post-it son objectif d’aller aux Jeux olympiques. D’une intention naïve d’enfant, Camil Ould Doua a fait un projet, qui a failli aboutir dès Tokyo, avant la désillusion.
« Tout commence à se faire et, coup de théâtre, ça ne peut pas se faire. La Mauritanie n’acceptait pas la double nationalité. Mon club qui ferme et, en plus de ça, le Covid, se rappelle le nageur, je passe de deux entraînements, des rêves plein les yeux, à plus rien, dans ma chambre, comme ça. »
Le moral à zéro, plus d’entraînement pendant un an, avant de refaire surface et de reprendre l’aventure, motivé par le changement de loi en Mauritanie, mais aussi par l’arrivée à ses côtés d’un grand nom de la natation française : Grégory Mallet, double vice-champion olympique en relais. Il s’est déjà occupé de Camil à l’adolescence et l’a repris sous son aile depuis septembre dernier, séduit par l’idéal et le sérieux de son protégé : « C’est quelqu’un qui est très investi, très travailleur », valorise le champion olympique.
Il poursuit : « [Camil] n’a peut-être pas le bagage qu’ont beaucoup de nageurs en termes de kilométrage, mais il a cette envie qui fait qu’à chaque fois qu’il se met dans l’eau, il améliore ses meilleures perfs. Mentalement, ça met en confiance et je trouve que c’est génial de se dire que tu vas arriver à Paris et que, potentiellement, tu vas battre les records de ton pays. »
Être gentil avec l’eau… pour avancer plus vite
L’ex-Tricolore ne ménage pas Camil, et très vite, ce dernier l’a constaté : « Premier entraînement, j’ai vomi, et ça m’a directement mis dans l’ambiance. Greg, c’est quelqu’un qui me dit la vérité et c’était important pour moi d’avoir un coach, mais aussi un exemple et un mentor. Quelqu’un que j’idéalise un peu. » Et qui le fait travailler à raison de cinq séances par semaine.
L’objectif de Camil Ould Doua : 50 mètres, sa seule épreuve aux JO. Pour lui qui a démarré sur le 400 mètres, il n’est pas simple de performer sur l’aller simple. Camil n’a pas le gabarit et la puissance d’un pur sprinter, mais Grégory Mallet lui a décelé des qualités : « C’est quelqu’un qui a énormément d’endurance, explique le coach, il est quand même très explosif et on essaie de mixer tout ça pour que ça fasse un bon 50. Maintenant, la natation, ce n’est pas un sport où il faut s’énerver dans l’eau. Donc, je lui apprends plus à être gentil avec l’eau pour qu’elle lui rende bien et qu’il soit efficace, plutôt que de venir s’énerver dans l’eau. »
Le 50 mètres, le nageur ne l’a tout de même pas choisi par hasard : « Je veux donner une belle image à la Mauritanie, je vais donner du spectacle. Du coup, directement, je me suis dirigé vers le 50. Eh oui, ça a été une adaptation folle parce qu’il a fallu manger et manger. Pour moi, c’est très dur, alors je me gave, je transpire, c’est dur la musculation, je n’ai pas l’habitude de me sentir lourd. »
Camil Ould Doua veut faire honneur au pays de son père, où la natation n’émerge pas. Le Mauritanien espère bientôt le contraire à travers sa démarche : « Grâce à ce projet, on va construire la première piscine en Mauritanie. Il faut savoir qu’on est au bord d’une côte à Nouakchott et il y a beaucoup de noyés, les gens ne savent pas nager.
Donc, ils auront un exemple, des records à battre, une piscine. » Il résume, motivé : « Donc voilà, moi, mon objectif, c’est de donner mon meilleur, porter fièrement le drapeau, leur montrer que la Mauritanie est là et tout donner. » Et se dire que l’histoire que se racontait le gamin de Talence sur un bout de papier n’avait vraiment rien d’un conte de fées.
International français et coéquipier d’Enzo Fernandez à Chelsea, Wesley Fofana n’a pas apprécié le chant raciste entonné par les Argentins après leur victoire à la Copa America. Et il l’a fait savoir sur les réseaux sociaux.
Les retrouvailles à l’entraînement s’annoncent glaciales… Wesley Fofana, international français et coéquipier d’Enzo Fernandez à Chelsea, a réagi ce mardi au chant polémique – et clairement raciste – des joueurs argentins pendant les célébrations de la Copa America. Une chanson qui cible les joueurs français, notamment ceux de couleur comme Kylian Mbappé.
« Le football en 2024: racisme décomplexé », a écrit le joueur de 23 ans sur le réseau social X, en partageant la vidéo problématique en question. Une vidéo justement diffusée dans la nuit de lundi à mardi par Enzo Fernandez, son partenaire en club.
Plusieurs Français ont arrêté de suivre Fernandez sur Instagram, la FFF va porter plainte
Comme expliqué par RMC Sport, le chant a fortement agacé dans le vestiaire de Chelsea. Notamment chez les Français, présents en nombre chez les Blues, avec donc Fofana, mais aussi Axel Disasi, Benoit Badiashile, Malo Gusto, Lesley Ugochukwu ou Christopher Nkunku. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs cessé de « suivre » Enzo Fernandez sur Instagram ces dernières heures.
La FFF, de son côté, a condamné ce nouveau dérapage de l’Abiceleste, qui s’était déjà tristement illustrée après le Mondial 2022, annonçant son intention de saisir la Fifa, et de déposer une plainte en justice.
En Mauritanie, plus de deux semaines après la présidentielle du 29 juin, le pays est coupé du monde. En effet, les autorités ont trouvé la formule propre aux régimes à poigne ( c’est un euphémisme ) pour isoler le pays du reste du monde.
Une mesure unilatérale qui a un coup économique, un aspect dont se soucient peu les autorités. Plongé le pays dans une telle situation, notamment au-delà d’une semaine devrait être justifié par une situation exceptionnelle : l’état de siège, par exemple.
La première expérience dans cette pratique, consistant à » la déconnexion internet » remonte au régime de Ould Abdel Aziz, c’était encore dans un contexte post-électorale, pour permettre à l’actuel président, Ould Ghazouani d’accéder au fauteuil présidentiel.
Depuis, comme les mauvaises habitudes ressemblent aux mauvaises herbes, elles se ramifient, se développent, se propagent et s’installent vite, cinq ans après on assiste à un remake du contexte post-électorale de 2019, cette fois-ci avec plus de zèle.
Ce « sevrage internet » devient étouffant, absurde, incompréhensible, et relève d’une schizophrénie sécuritaire et autoritaire alors que le contexte national est loin d’être explosif.
Elles ( autorités ) décideront de rétablir la connexion mobile, quand elles voudront, sans explication et sans présenter des excuses au peuple.
Et comme le consommateur n’a aucun droit, comme en 2019, aucune mesure ne sera prise pour dédommager, les usagers d’Internet mobile qui avaient payer à perte des services, à cause de la coupure d’internet imposée par les autorités. Une situation qui va particulièrement affecter les plus indigents, qui végètent pour exiger, à côté d’une minorité richissime, et dont l’origine de la fortune reste un mystère.
Suite aux résultats de la présidentielle, Kaédi a été endeuillé, sévèrement frappé par les foudres de la répression policière. Je renouvelle mes condoléances aux proches des victimes et au peuple mauritanien qui essuie une fois de plus les violences du système odieux qui le gouverne.
Compte tenu de la fréquence de tels crimes, des meurtres récents de 2023 dans un contexte bien différent de celui d’une élection, il est raisonnable d’imputer la responsabilité de ces pertes à un système dans lequel sévit l’impunité qui, d’une certaine façon, sonne comme un mot d’ordre. Il n’y a pas encore eu, à ma connaissance, de mesures sérieuses prises à la suite de Lamine Mangane, ou d’Abass Diallo, ou de Souvi, de Oumar Diop, de Ould Samba, etc. Nous avons été à chaque fois confrontés à des justifications les plus ahurissantes: tir de semonce, conditions respiratoires défaillantes, etc. Il y a lieu ici d’exprimer aussi fortement et résolument que possible notre dénonciation de tous ces actes barbares et d’appeler à la justice.
En deuxième lieu, il convient, si nous voulons être justes, d’aller au-delà du système décrit qui de toute évidence est coupable. Nous devons également situer les circonstances spécifiques.
Il y a quelque chose d’extrêmement contestable qui s’est passé dans le camp de l’opposition, le cercle de la coalition Biram pour nommer directement les choses, tout au long du dépouillement. Mesurant le danger que cela représentait, nous avons eu à appeler à la rigueur dans une « note méthodologique » parce que, précisément, nous craignions que cette dynamique n’aboutisse à une tragédie qui pouvait être évitable.
Dès le soir du 29 juin, des résultats partiels, purement sélectifs, ont commencé à submerger les réseaux sociaux montrant des écarts importants favorables au candidat Biram Dah Abeid. Ce qui a induit chez beaucoup une confiance et un espoir, voire une euphorie, quant à une victoire incontestable. Seulement le biais ici est flagrant, car au même moment d’autres circonscriptions affichaient également, peut-être à l’insu de la bulle pro-biramienne, des écarts tout aussi notables, si ce n’est largement plus, en sa défaveur. Un discours de contestation extrêmement peu documenté, comme si cela était voulu ainsi, commença à s’installer, réconfortant les espoirs des uns, transformant l’euphorie des autres en une conviction quant à un vol caractérisé. Tout cela sans un sérieux travail de documentation et de confrontation des données. Bref, le moins que l’on puisse dire est que la coalition Biram, principale contestataire, n’a pas basé ses revendications sur des données palpables, là où la CENI offrait une possibilité d’être contredite en affichant tous les détails et supports de ses chiffres en accès libre. Quelques PVs semblant entrer en contradiction avec les données de la CENI ont circulé, mais rien de tel à changer significativement les résultats. Au contraire, on retrouve bel et bien sur le site, telles quelles, les quelques données favorables à la coalition Biram qui avaient circulé la veille.
Dans ces conditions, comment peut-on prétendre à une victoire? Comment peut-on appeler à manifester – ou tout au moins y préparer – sachant les risques réels encourus? Soyons clairs: loin de moi l’idée d’accepter que l’on puisse arrêter, torturer et assassiner un manifestant. Cet état des choses est plus que révoltant. Mais, il s’agit d’un fait constaté en Mauritanie, et on doit le prendre en compte pour toute raison pratique. Je ne dis pas non plus qu’il faille être apeuré à tel point que l’on renonce au droit de manifester. Je dis cependant, sachant tout l’historique de la répression, qu’il est irresponsable de mettre des jeunes dans une telle situation sans aucune raison concrète derrière.
La vérité est qu’autant il nous a été difficile de prouver notre victoire, autant il est facile d’expliquer notre défaite.
Pouvons-nous contester par exemple les résultats de Bababé? Pouvons-nous comprendre quelles en sont les raisons? Ne connaissons-nous pas de véritables piliers du pouvoir, bien implantés ici et là, qui, à l’aide d’un clientélisme, raflent la grande part de la population votante? Et nous parlons de lieux qui étaient censés nous être favorables ! Mais, hélas on y perd assez largement. Et dans les quelques lieux où on l’emporte, on le fait avec des écarts facilement remontables. Les mécanismes de notre défaite sont, je le regrette, bien compris. Elle était prédictible et a bien été prédite.
Je pense que la conduite responsable ne consistait pas à crier au vol avec la manière que l’on connaît, qui a participé à disposer certains jeunes, de bonne foi, à s’engager dans la rue pour défendre une prétendue victoire au contact de la violence policière. Alors que l’on n’est même pas prêt à faire la démarche administrative consistant à un simple dépôt d’un recours auprès de l’autorité compétente. Cela relève d’une totale irresponsabilité a priori; et d’une indignité manifeste a posteriori.
Pour les besoins politiques de mobilisation bien compréhensibles, ce camp de l’opposition pouvait bien opter pour la critique des règles du jeu électoral bien critiquables, s’y confiner à défaut de pouvoir démanteler les données de la CENI. Ce sujet serait moins sensible, peu enclin à exposer la population, et serait plus conforme à la réalité.
En conclusion, nous devons dénoncer de toutes nos forces la violence et l’impunité qui régissent ce système. Nous devons aussi appeler les leaders à la responsabilité; à mesurer la portée de leurs postures et discours. Les risques étant si grands, il est nécessaire de s’assurer du bien fondé de la revendication avant de décréter des positions aussi incitatives.
Le gouvernement malien a annoncé mercredi la levée de la suspension des activités des partis politiques décidée par les autorités militaires au Mali le 10 avril dernier. L’opposition demande de faire plus.
Les activités à caractère politique des associations peuvent donc reprendre au Mali, trois mois après leur suspension.
Selon les autorités maliennes, cette décision de suspension avait été motivée par la sauvegarde de l’ordre public au regard des multiples défis auxquels le pays faisait face tant sur le plan sécuritaire que sur le plan du climat politique et social en vue de l’organisation du dialogue intermalien pour la paix et la réconciliation nationale.
Le communiqué du Conseil des ministres qui a levé cette suspension indique que cette mesure dissuasive a pu contenir toutes les menaces de trouble à l’ordre public qui planaient sur cet événement majeur pour la vie de la nation.
Le dialogue intermalien s’est déroulé du 13 avril au 10 mai 2024. Des assises que plusieurs partis de l’opposition avaient boycottées. Ils protestaient contre le maintien des militaires à la tête du pays, alors qu’ils avaient promis rendre le pouvoir aux civils après mars 2024 à l’issue des élections démocratiques.
Le 31 mars, des responsables de partis d’opposition, regroupés dans une coalition, ont publié une déclaration, appelant la junte à rendre le pouvoir aux civils. Mais ils ont été arrêtés et jetés en prison.
L’opposition demande la libération des prisonniers politiques La suspension des activités des partis politiques était une mesure liberticide, pas conforme aux textes du Mali, n’ont cessé de dénoncer les responsables de l’opposition depuis l’annonce de la décision.
Aujourd’hui, pour Moussa Mara, ancien Premier ministre et vice-président du parti Yelema (changement en langue locale), la levée de cette suspension est une bonne nouvelle qu’il reçoit avec satisfaction.
« Nous avons engagé des mesures légales pour obtenir que la session administrative de la Cour suprême abroge le décret. Cette décision du gouvernement va dans le sens de ce que nous avons cherché », indique-t-il à BBC Afrique.
L’ancien Premier Ministre estime que la mesure de suspension allait à l’encontre de l’unité des Maliens que le gouvernement dit rechercher.
Il profite de l’occasion pour « demander aux autorités militaires de libérer tous les acteurs politiques écroués » suite à la prise de cette décision et d’engager un » vrai dialogue avec les acteurs politiques pour arriver à un consensus sur le chronogramme de retour à l’ordre constitutionnel « .
Pour lui, la Charte de la transition exige le retour à l’ordre constitutionnel et la Constitution n’a d’existence que par rapport à cela.
Pourquoi les autorités maliennes avaient suspendu les partis politiques et interdit aux médias la couverture des activités politiques
Les militaires au pouvoir au Mali avaient suspendu toutes les activités politiques dans le pays jusqu’à nouvel ordre.
A la suite du décret de suspension des partis politiques et associations à caractère politique pris le mercredi 10 avril 2024, la Haute autorité de la communication a pris le relais le lendemain, invitant « tous les médias (radios, télés, journaux écrits et en ligne) à arrêter toute diffusion et publication des activités des partis politiques et des activités à caractère politique des associations », dit-elle dans un communiqué.
Un porte-parole de la junte, le colonel Abdoulaye Maiga, a déclaré à la télévision d’Etat dans la soirée de ce mercredi 10 avril que la suspension des activités politiques était motivée par ce qu’il a appelé des « discussions stériles » lors d’une tentative de dialogue national au début de l’année mais aussi pour des raisons de maintien de l’ordre public.
Plus de 80 partis politiques et groupes civils au Mali avaient appelé à la tenue d’élections présidentielles « dans les meilleurs délais » et à la fin du régime militaire.
Tension politique
La mesure de suspension des activités des partis politiques intervenait dans un contexte marqué par le débat politique sur la fin de la Transition.
Les autorités avaient proposé un chronogramme de 24 mois à partir du 26 mars 2022 pour organiser une présidentielle afin de transmettre le pouvoir aux civils.
Dans une déclaration signée le 31 mars, un regroupement de partis politiques et d’acteurs associatifs annonce avoir acté la fin de la Transition conformément au décret présidentiel du 06 juin 2022 et lance un appel pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Ce décret fixait la durée de la Transition à 24 mois, à compter du 26 mars 2022, après des négociations intenses avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Certains acteurs de la vie politique malienne ont proposé une transition civile qui devrait aboutir à une élection présidentielle consensuelle.
D’autres ont demandé à la Cour constitutionnelle de constater cette situation et d’en tirer toutes les conséquences.
Le Premier ministre malien Choguel Maïga a dit lors d’une rencontre du Comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens avec les membres du gouvernement, que la Transition en cours prendra fin avec l’investiture d’un président élu.
Dès lors, certains observateurs de se poser la question de savoir si la mesure de suspension ne viserait pas les partis signataires de la déclaration. « Ce n’est pas un décret qui vise en particulier un parti politique ni une association spécifique, c’est une mesure impersonnelle », affirmait le Colonel Abdoulaye Maïga qui a cité parmi ses motivations « la nécessité de maintenir un climat de sérénité en vue du dialogue direct inter-Maliens »
Réactions L’annonce de cette mesure a suscité de vives réactions au Mali et à l’étranger.
Le Haut-Commissariat des nations unies pour les droits de l’homme demande son abrogation pure et simple : « Elle doit être immédiatement abrogée. Un espace civique ouvert et pluraliste est la clé des droits de l’homme, de la paix, de la sécurité et du développement durable »a-t-il tweeté.
Sur sa page Facebook, Moussa Mara ancien Premier ministre du Mali et un des leaders du parti Yelema (Le Changement) évoquent « une atteinte aux droits constitutionnels des citoyens mais surtout un recul majeur dans la quête de l’unité et de la cohésion de la nation ». Il demande aux autorités « de revenir sur leur décision et de s’engager vers une gestion plus inclusive des prochaines étapes de la transition. »
Dans un tweet, l’ancien Garde des sceaux, Mamadou Ismaïla Konaté, appelle les Maliens à tirer la sonnette d’alerte afin de barrer la route à l’autoritarisme de la junte militaire (en place depuis plus de 44 mois à la tête de l’Etat) et mettre un terme à cette dictature rampante ».
Le Parti malien du travail et de la refondation – PMTR de l’ancien ministre du régime IBK, Baba Moulaye Haidara et le mouvement politique An Biko ont décidé de respecter la mesure et suspendent leurs activités.
A quoi peut-on s’attendre ? Si l’un des arguments brandis par la junte malienne pour justifier cette suspension des partis politiques est adossé à la tenue du dialogue national, aujourd’hui beaucoup d’observateurs attendent des autorités qu’elles annoncent quand il aura lieu.
Les termes de référence du dialogue ont été présentés le 5 mars 2024 au Président de la Transition Assimi Goïta après son adoption par quelque 350 participants, membres du comité de pilotage ou délégués régionaux.
Le dialogue inter-Maliens est prévu pour une durée d’un mois d’abord au niveau communal, régional et dans les ambassades maliennes à l’étranger pour permettre aux Maliens de la diaspora d’y participer.
Ensuite, il est prévu une rencontre nationale de cinq jours pour discuter de paix, de sécurité, d’économie, de réconciliation nationale, entre autres thèmes.
D’ores et déjà, on sait que le CSP-PSD, l’alliance de groupes armés qui avait signé l’accord d’Alger de 2015, avant de reprendre les armes l’an dernier et les mouvements djihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), n’y sont pas conviés.
Le Mali est dirigé par l’armée depuis 2022, à la suite d’un coup d’État.
Depuis, le magistère d’Ould Abdel Aziz et dans la continuité, Ould El Ghazouani, il est évident que l’assassinat de manifestants Noirs dans la vallée est devenu un fait divers, qui ne semble outre mesure offusquer personne (les Autorités), se cachant derrière une prétendue sécurité et maintien de l’ordre, accordent le permis de tuer aux forces de sécurité.
Tuer froidement des manifestants désarmés n’est pas acceptable. Le jeu démocratique ne s’accommode pas avec la violence du pouvoir exercée de manière implacable sur le peuple, et de surcroît les plus vulnérables. Ceux qui n’ont pas encore fini de panser les plaies et les traumatismes des événements des années 90.
Le débat n’est plus de savoir si, le scrutin s’est déroulé dans la transparence, si la CENI a été au rendez-vous de l’indépendance, de la neutralité absolue… Désormais ce que l’histoire retiendra : la réélection de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani est entachée de sang des jeunes de Kaédi.
Or, en Afrique, la répression des manifestants dans le sang, revêt une symbolique dans l’exercice du pouvoir politique, et n’est pas sans rappeler de souvenirs macabres, (sorcellerie, fétichisme, animisme et magie noire), qui s’invitent au cœur du pouvoir, une réalité qui a fini par inspirer de nombreux écrivains.
Cependant, gardez-vous de verser le sang de certaines personnes. Cela ne vous servira point. Au contraire, vous serez frappé de malédiction. J’entends déjà, quelqu’un dire, « nous ne croyons pas à ces pratiques, nous sommes musulmans à cent pour cent ». Je réponds non sans être gêné, qu’un musulman ne peut ôter la vie à son frère, surtout dans une situation où ce dernier ne constitue pas une menace.
Cette banalisation de la mort des jeunes négro-mauritaniens pendant les manifestations est quasi similaire au sort que subissent les jeunes Palestiniens désarmés, lançant des pierres aux soldats Israéliens lourdement armés.
Et s’ensuit, une course-poursuite meurtrière ; une réplique disproportionnée des forces israéliennes. Des méthodes que tous les gouvernements mauritaniens ont condamnées, au point que la question palestinienne est devenue l’une des constantes de la politique étrangère de notre pays. Eux ont droit de manifester, d’exprimer leur ras-le -bol face à la politique de colonisation, et lorsqu’ils trouvent la mort, ce sont des martyrs. L’Etat israélien est accablé et accusé de tous les noms d’oiseaux.
En revanche, les négro-mauritaniens lorsqu’ils battent le pavé, – c’est souvent rare-, tellement, nous sommes terrorisés, et pour les rares fois qu’on occupe la rue, nous sommes accusés de planifier des projets insurrectionnels ou conspiratifs. Un paradoxe n’est-ce pas quand on voit, ces mêmes autorités commettre les mêmes crimes, chez elles contre leurs compatriotes Noirs du Sud.
En vérité, les forces de défense et de sécurité ne sont que des boucs émissaires d’un système raciste, pensé et planifié pour tuer, traumatiser et circonscrire toute velléité de contestation, de révolte des populations, surtout lorsqu’elle a pour cadre le sud du pays.
Cela est d’autant plus vrai, que les mêmes forces de l’ordre agissent d’une autre manière pour disperser des manifestants devant le palais présidentiel à Nouakchott sans jamais qu’il n’y ait mort d’homme. Sans exagérer, il semble qu’il existe des pratiques de maintien de l’ordre pour les uns, plus coercitives et pour les autres, plus « soft » selon qu’on soit au nord ou au sud du pays. Comme les meurtriers et les bouchers d’Inal, de Waalata, de Sorimalé…, les tueurs de Kaédi rendront certainement compte devant Dieu, mais jamais, ils ne seront inquiétés, poursuivis par la justice des hommes.
Contestations post-électorales : quelles en sont les causes ?
Vous remarquerez que dans tous les pays où l’opposition crie à la fraude électorale, avec une déferlante de citoyens dans les rues pour contester, au lendemain de la proclamation des résultats, ce qu’il existe une crise de confiance entre le citoyen et les institutions. Cette crise se manifeste par un manque de confiance, une certaine incrédulité voire une méfiance des citoyens vis-à- vis des institutions et ceux qui les incarnent. Or, dans les pays où la neutralité quasi absolue de l’Etat est une conduite, une règle, les citoyens vont accomplir leur devoir citoyen et attendre sans stress la proclamation des résultats.
Chez nous, l’Etat est défaillant, tribal, militaro-ploutocratique et ceux qui gouvernent sont toujours préoccupés par le souci de se pérenniser au pouvoir. Ils sont disposés à faire usage de toutes sortes de méthodes déloyales pour préserver leurs intérêts.
Nous sommes souvent hypocrites.
Mais le temps reste le meilleur juge. Il y a aujourd’hui, parmi ceux qui contestent les résultats de la CENI (présidentielle du 29 juin 2024), des personnalités qui étaient aux affaires sous le régime du prédécesseur de Ould Ghazouani.
En 2019, ceux-là étaient du « bon côté », et clamaient la transparence de la présidentielle et l’indépendance de la CENI, et condamnaient les manifestations post-électorales des partisans du même Biram Dah Abeid. Tombés en disgrâce, ils s’opposent aujourd’hui au régime de Ould Ghazouani et n’hésitent pas à dénoncer sans retenue la gestion du pays, et les institutions qu’ils ont qualifiées hier dignes d’un Etat de droit.
Pour éviter de telles contestations, il va falloir réinventer un nouveau pacte de confiance entre le citoyen et les institutions, choisir des hommes de grandes probités morales : la moralisation de la politique. Pour cela, l’Etat doit lui-même, changer en profondeur en rompant avec ses méthodes et pratiques qui sapent le projet de construction d’une véritable république. Il doit mettre fin au racisme d’Etat, au favoritisme, au népotisme, au tribalisme, à l’esclavage, la féodalité, le clientélisme, au détournement des deniers publics et à l’impunité, les injustices et les discriminations etc.
La violence de l’opposition vs la violence du pouvoir
Quel que soit le système démocratique, l’opposition ou toutes forces politiques constituées légalement, cherchant à conquérir le pouvoir n’ont d’autres choix que la contestation, les manifestations et même l’usage d’un langage parfois excessif pour discréditer ceux qui gouvernent. C’est souvent un droit reconnu par la Constitution. Dans cette confrontation, les deux parties, deux clivages qui prend la forme – pouvoir vs opposition, et ailleurs Gauche vs Droite- etc. se renvoient des insanités et s’accusent mutuellement.
En Mauritanie aussi, on assiste en apparence à la même configuration, avec une opposition en lambeau minée par des querelles intestines et de personnes, qui profitent au pouvoir. Cependant, depuis plus d’une décennie maintenant, l’opposant Biram Dah Abeid s’est imposé comme le véritable opposant non seulement du pouvoir mais mieux du système. Son discours est jugé virulent, destructeur de l’unité nationale, en plus appelle à l’insurrection etc. Les propos qu’il tient contre les Bydhane, restent quand-même d’une rare violence.
Cependant, la poussée extrémiste en Mauritanie est le résultat des politiques injustes, ségrégationnistes et discriminatoires conduites par les différents régimes pour renforcer l’hégémonie d’une partie des Mauritaniens contre une autre. C’est l’impunité et la supra-citoyenneté accordées aux uns contre la misère, la vassalité et la citoyenneté de seconde zone réservée aux autres qui font les lits des discours haineux.
La violence du discours reste certes, une violence, mais que dire alors de celle qui opprime, qui détruit l’avenir des générations présentes et futures, qui paupérise en mettant sur les routes du Nicaragua des milliers de jeunes mauritaniens, de toutes les communautés nationales ! Que dire de cette violence qui tue, qui endeuille les familles du sud, en arrachant à leur affection un des leurs à la fleur de l’âge, sans aucune forme de procès.
La violence, c’est être considéré comme un moins que rien dans son propre pays ; devenir du jour au lendemain apatride dans son pays, sur la base d’un enrôlement aux critères à géométrie variable. C’est voir l’un de ses parents se faire tabasser, humilier par des forces de sécurité sans pouvoir porter plainte.
Tant que les Autorités ne changent pas de politique et se décident enfin de construire un Etat mauritanien juste et égalitaire pour tous, des extrémistes de tous bords existeront et se nourriront de ce terreau fertile pour créer le chaos. L’Etat est comptable de toutes ces formes de déviance citoyenne qui compromettent l’édification d’un Etat mauritanien viable, qui s’assume sur la base de son histoire, de sa religion (islam) et de sa Constitution.
CAMARA Saloum Mohamed, ancien ministre de la fonction publique, du travail et de la modernisation de l’administration a tiré sa révérence à 66 ans, ce dimanche 07 juillet 2024, à Nouakchott.
Docteur en Sciences Politiques (Université Paris I – Panthéon Sorbonne, France), ce natif de Selibaby fait partie d’une liste de cadres de cette ville, qu’on peut compter sur les doigts d’une seule main, qui ont eu le privilège d’occuper le fauteuil ministériel depuis l’indépendance (1960).
Saloum, était modeste, humble et ouvert d’esprit. Il n’a jamais renié ses amis . Il était fidèle à son « petit monde » en toute circonstances, en temps de vaches maigres comme en temps de prospérité ou de bombonce.
Ses amis sont unanimes, l’homme était brillant et studieux depuis l’école primaire. Il était frêle, fragile, même maladif depuis l’enfance. Cependant, il etait robuste de l’intérieur : toute sa force était dans sa tête.
Très jeune déjà, la lecture était une passion chez lui. Sans doute, une vocation intellectuelle transmise par le bais de son frère aîné, l’ancien ministre de la santé, sous l’ère Ould Taya, Mody Mohamed CAMARA. Un homme de culture exceptionnelle. Professeur de philosophie et pédagogue émérite dans une autre vie professionnelle, où il enseignait l’amour de la sagesse aux lycéens.
Le costume ministériel, il l’a enfilé pendant une courte période, en servant l’Etat avec patriotisme et humilité, jusqu’au jour où, il a été remercié pour des raisons et logiques politiciennes, sans être blâmé.
Sans jamais renier les siens, tomber comme certains dans la condescendance de la fonction ministérielle, de son parcours académique ou de ses origines sociales, Saloum n’a jamais voulu faire des mus, en se mettant dans la peau d’une autre personne, d’un autre personnage. Il est resté lui-même et toujours égal à lui-même.
Une posture difficile, surtout quand on sait que dans notre société mauritaniennes, le paraître d’un jour peut effacer « l’être naissance » pour servir des desseins opportunistes nourrissant d’une mégalomanie empruntée.
Jamais, vous ne trouverez son nom mentionné dans une affaire sulfureuse. Jamais, Saloum n’a pris une position incongrue dans un débat de société, politique etc.
Il a vite su faire la part des choses entre le ministre, l’intellectuel et le natif de Selibaby. Ainsi, il a pu réussir là où beaucoup ont échoué. Ces derniers, une fois promus, par manque d’humilité, ils ont tourné le dos honteusement et ingratement, à tous ceux qui les ont aidés, soutenus et entretenus pendant les moments de galère.
Son passage, si éphémère soit-il au ministère de la fonction publique, restera marquée, entre autres, par la réforme de l’âge de la retraite de 60 à 63 ans.
Nos condoléances à la famille éplorée. Que son âme repose en paix !
Avec l’officialisation des résultats du second tour des élections législatives du dimanche 7 juillet 2024, France Bleu vous propose de découvrir la composition de la nouvelle Assemblée nationale avec la répartition des 577 sièges des députés dans l’hémicycle.
À quoi ressemble la nouvelle Assemblée nationale à l’issue du second tour des élections législatives organisé ce dimanche 7 juillet 2024 ? Avec l’officialisation des résultats, France Bleu vous propose de découvrir la composition de la nouvelle Assemblée nationale avec la répartition par parti et groupe politique des 577 sièges des députés dans l’hémicycle.
La participation s’élève à 66,63% avec 28.870.328 votants, au plus haut niveau depuis 1997. Par conséquent, l’abstention s’élève à 33,37%. Personne n’obtient la majorité absolue qui se situe à 289 sièges.
Retrouvez les forces en présence, siège par siège. • UG Union de la gauche (le Nouveau Front populaire) : 178 sièges • ENS Ensemble! (camp présidentiel) : 150 sièges • RN Rassemblement national et ses alliés : 143 sièges • LR Les Républicains : 39 députés • DVD Divers droite : 27 sièges • DVG Divers gauche : 12 sièges • REG Régionaliste : 9 sièges • HOR Horizons : 6 sièges • DVC Divers centre : 6 sièges • UDI Union des Démocrates et indépendants : 3 sièges • SOC Parti socialiste : 2 sièges • DIV Divers : 1 siège • ECO Écologistes : 1 siège Les députés sont élus pour cinq ans (sauf nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale).
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