A son excellence Mohamed OuldGhazaouni, Président de la République islamique de Mauritanie en votre qualité de garant de l’indépendance de la justice.
Rendre la justice est une fonction cardinale et essentielle dans un Etat de droit et dans une démocratie libérale. Les magistrats ont entre leurs mains la vie, la liberté, l’honneur et les intérêts moraux, financiers et matériels de ceux qui vivent sur le territoire de la République. Le rôle de la justice est de préserver la tranquillité, la paix et la vie en société. A ce titre, elle protège les plus vulnérables, juge les litiges et sanctionne les comportements prohibés.
Cependant, la session de la Cour criminelle de Selibaby s’ouvrira le 22 avril 2024 pour juger les affaires criminelles y compris celle que j’appelle «affaire du siècle de Diogountouro» sous le n° 46/RP/2022 pour de faits de «coups et blessures volontaire ayant entraîné la mort» autrement dit meurtre dans le jargon pénal commis dans mon village natal (Diogountouro).
Monsieur le Président de la République, en votre qualité de « garant de l’indépendance de la justice » (article 89 de la Constitution), je voudrais attirer votre attention sur cette affaire judiciaire truffée des irrégularités procédurales, des violations graves de droits de la défense et des dispositions du code de procédure pénale et de la détention abusive.
Monsieur le Président de la République, j’en appelle à votre sagesse et à votre sens de responsabilités au sens des articles 23 et 24 de la constitution afin que vous agissiez le plus vite possible pour que la justice fasse son travail dans l’art du respect d’un procès équitable. A défaut d’annulation des actes de procédure, des actes d’enquête et instruction du début de cette affaire jusqu’à le rapport de la commission d’expertise (qui a constaté la disparition du téléphone de la victime après avoir été mis sous scellés par le juge d’instruction de Selibaby). Ledit téléphone constitue bien évidement un élément capital pour la manifestation de la vérité judiciaire pour toutes les parties au procès. Il est extrement important dans un procès pénal que les droits de la défense soient respectés. Enfin, que la justice soit rendue au nom de la mémoire de la victime et au nom des présumés innocents détenus arbitrairement.
Ce faisant, tout mauritanien a droit à ce que sa cause soit entendue devant un tribunal impartial et indépendant. L’indépendance de la justice est un droit constitutionnel, reconnu aux citoyens, qui garantit l’égalité de tous devant la loi par l’accès à une magistrature impartiale. Elle est la condition première d’un procès équitable pour une société civilisée et moderne. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma haute considération.
Dr Boubou BA Membre associé au centre de recherche (CHAD), Université Paris10-Nanterre Juriste au Palais de justice de Pontoise-France
J’ai partagé mes réflexions avec certains des collaborateurs proches de Biram Dah Abeid : il n’incarne plus l’opposition radicale. Ce constat est partagé, notamment depuis les élections de 2019. Les quelques postes octroyés ou promis à ses partisans et proches dans des organismes tels que Taazour, ainsi que dans le domaine des droits humains, indiquent un éloignement de l’opposition radicale. En réalité, celle-ci vise généralement des changements rapides et significatifs dans le système ou la société, avec pour objectifs le renversement par les urnes du régime en place, une transformation sociale radicale, la défense des droits et des libertés, ainsi que la dénonciation des systèmes de domination, dans le but de créer une société plus juste et équitable. Toutefois, la récente reconnaissance de Biram Dah Abeid parlant d’une amitié avec le chef de l’État a été perçue comme un coup dur pour lui ; également interprétée comme un manque de culture politique.
Par ailleurs, il est nécessaire d’avoir des moyens financiers pour mener une campagne électorale. Cette année, les soutiens financiers ne semblent pas être en sa faveur. L’idée même d’une insurrection pour renverser le régime en cas de besoin n’est plus d’actualité. Bien que cela n’ait pas été explicitement demandé pendant le mandat de l’ancien chef de l’Etat A. Aziz, la situation politique le laissait entendre. De plus, une confrontation indirecte et disproportionnée, combinée à un manque de transparence, a nui à son image et entache toujours sa crédibilité. Il semblerait que certains propriétaires d’hôtels qui avaient mis gratuitement leurs établissements à disposition, ainsi que des militants associatifs de la diaspora, etc., ont exprimé leur mécontentement. Son manque de reconnaissance et de considération envers certains acteurs risque de limiter ses chances de réussite.
Biram Dah Abeid a parcouru le pays à la tête de l’IRA, mouvement abolitionniste dont il doit maintenant se retirer pour garantir la continuité du financement, une chose qui a été promue mais malheureusement non respectée. Même s’il continue à se présenter comme le candidat du RAG et à mettre en avant son parcours militant malgré la perte de ses principaux collaborateurs, cela ne sera pas suffisant pour remporter des élections.
En analysant les élections législatives précédentes, il est clair que Biram Dah Abeid a perdu de son influence. Sa crédibilité en a souffert. La coalition Espoir a remporté son bastion de Ryad. Les faibles résultats en termes de députés, maires et conseillers municipaux pour une opposition le confirment. Les Mauritaniens ont différents points vue sur le vote. Le vote pour Biram ou pour son candidat n’a pas été au point.
Il est judicieux de lui conseiller, en premier lieu, de comprendre que son absence lors d’une élection n’est pas une insulte personnelle. Ensuite, il devrait annoncer publiquement qu’il ne se présentera pas en 2024, et appeler à une candidature unique. Si cette candidature unique parvient au second tour, il devrait encourager toutes les forces politiques à se rallier à cette cause, en s’y incluant lui-même, non pas en tant que leader mais en tant que membre de la classe politique. Bien que certains puissent penser que cela est improbable étant donné son tempérament et sa personnalité, il est important de noter que cette dernière carte en main n’est pas son atout principal. En effet, s’il échoue, cela ne sera pas uniquement de sa faute. Il pourrait alors passer le relais jusqu’en 2029. Les élections approchent à grands pas, et il n’a plus rien à prouver.
En 2029, après un retrait bénéfique de la course à l’élection présidentielle un retour honorifique sera possible en proposant un programme axé sur l’économie, l’éducation, la santé, l’environnement, la sécurité, le social, la justice, la culture et l’identité plurielle de la Mauritanie, Biram Dah Abeid pourrait envisager une sortie en beauté. Il devrait également tenir compte des spécificités régionales, des défis nationaux et des tendances politiques du moment.
Cet ouvrage est un manuel de vulgarisation destiné prioritairement à un lectorat « observateur » souvent dépassé par des notions géopolitiques brutes. Nous vivons dans un univers informationnel dense et volatile à la fois, un flux d’informations et d’opinions entremêlées qui nécessite des dispositions alertes pour savoir trier, relier, dissocier et associer valablement afin de se faire une juste opinion. Le livre donne une temporalité des références historiques et des évènements marquants sous une forme de frise chronologique allant du 26 février 1885 (Fin de la Conférence de Berlin sur le partage colonial de l’Afrique) à l’émergence d’un ensemble géopolitique mondial à tendance multipolaire de nos jours. Un jeune soninké, sahélien, africain ou afro-européen lettré peut y puiser divers matériaux intellectuels « sourcés » et fiables pouvant l’édifier sur les tendances globales du cheminement de notre univers des relations internationales. Une partie est consacrée à une analyse descriptive condensée d’un pays africain, la Mauritanie dont l’auteur est originaire. En annexe y sont repris quelques Grands Entretiens du Blog https://ecrit-ose.blog/.
Nos contributeurs par leurs entretiens accordés au blog repris dans la partie IV par ordre chronologique : M. MaregaMuhamad , M. Mohamed Boubakar Cissé , M. Boubacar Demba N’Djim , M. Yahaya Soukouna et M. Aleyda Traore . Mes chaleureux remerciements renouvelés à eux.
13 avril 2024
Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains.
Le 7 avril 2024, j’ai écouté le discours émouvant prononcé par Président Paul Kagame lors de la commémoration du 30e anniversaire du génocide au Rwanda. En écoutant, mes pensées ne pouvaient que se tourner que vers les nombreux Mauritaniens qui ont été injustement assassines ainsi que leurs veuves et orphelins qui souffrent actuellement de traumatismes similaires. Nous espérons que l’écho retentissant de ce message se répercutera á la Mauritanie et au-delà.
La présence du Président Mauritanien Mohamed Cheikh Ould Ghazouani à cette cérémonie hautement chargée d’émotions rappelle ostensiblement que « chickens come home to roost, » ce qui veut dire qu’on va toujours être rattrapé par nos erreurs.
Je ne peux m’empêcher de penser à ce qui pouvait se passer dans son esprit lorsque Président Kagame racontait et partageait ces histoires horribles qui mettaient en évidence l’ampleur de cette terreur.
Quelles leçons va-t-il tirées de ce moment propice à l’enseignement ? Voit-il un parallèle entre les deux tragédies ? Son silence doit-il être interprété comme une confirmation d’un déni de justice pour les victimes tout en protégeant les auteurs ?
Croit-il dans son cœur et dans son esprit que les crimes qui ont entrainé la mort de nombreux pères, fils et maris noirs mauritaniens et qui ont endeuillé leurs familles sont différents de ceux du Rwanda ?
Plus important encore, va-t-il appris quelque chose et si oui, comment compte-t-il appliquer ces leçons apprises afin que le pays puisse panser ses blessures ? J’espère sincèrement que cette commémoration du 7 avril incitera Président Ghazouani à répondre à l’appel persistant à la justice des victimes et de leurs familles en appliquant la justice transitionnelle conformément aux normes internationales et bonnes pratiques.
Comme cela a été clairement indiqué, ces crimes aussi odieux ne peuvent rester impunis. Sans aucun doute, ils résisteront à l’érosion du temps jusqu’à ce que la justice soit rendue. Le déni de justice n’est pas une option viable. En fait, la seule issue est de faire preuve de courage moral en s’attaquant véritablement à ce problème qui dure depuis trop longtemps.
La mort et la destruction laissent des cicatrices ouvertes qui ne peuvent être ignorées ou espérer qu’elles vont disparaitre d’elles- mêmes sans justice réparatrice. Comme au Rwanda, les blessures de la Mauritanie doivent être pansées. Nous devons repousser le «Start buttons» pour un nouveau départ.
En conclusion, nous adressons notre sincère expression de solidarité au peuple rwandais pour ce qu’il a enduré, et dénonçons la tragédie humaine en cours qui a coûté la vie à d’innombrables innocents Palestiniens dans leur patrie de Ghaza.
Le génocide, où qu’il soit commis, est une attaque contre notre humanité que nous ne pouvons en aucun cas tolérer. Des crises et des tragédies surviennent lorsque les dirigeants en charge manquent de sens moral. Il est de notre responsabilité collective de nous unir contre un tel mal afin que la paix et l’amour puissent s’épanouir.
Bakary Tandia, Human Rights Advocate New York City, le 8, Avril 2024
Nouakchott Times – Messaoud ould Boulkheir, leader de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), ancien président de l’assemblée nationale et figure historique du mouvement pour l’émancipation des esclaves « El Hor » réfute les arguments de la défection de plusieurs cadres originaires de la vallée du fleuve Sénégal, qui ont touché les rangs de son parti au cours des dernières semaines.
Il rappelle sa participation active au combat de la communauté négro africaine et la défense constante des droits de tous les mauritaniens victimes d’oppression et déplore l’absence de « reconnaissance » des cadres ressortissants de la vallée, contredisant au passage les arguments avancés par Ladji Traoré, ancien Secrétaire Général de l’APP, pour justifier les défections massives ayant touché les rangs du parti.
Parmi les griefs à l’origine de leur démission, les cadres originaires de la vallée dénoncent l’opposition de l’APP au principe de l’officialisation des langues nationales.
Cet ouvrage peu volumineux est un trésor pour ceux qui s’interrogent sur les ressorts profonds de l’extrémisme violent. Ici sur le cas d’un groupe armé politico-religieux connu pour sa cruauté en Afrique subsaharienne (Zones Ouest et Centre), Boko Haram. Le très averti journaliste nigérien Seidik Abba et son co-auteur nous livrent dans ce livre paru en 2019, les témoignages d’anciens partisans du mouvement terroriste. Ces repentis ayant décidé avec gros risques de s’enfuir et se sont portés volontaires pour suivre le programme Repentir contre pardon mis en place par le gouvernement nigérien à partir 2016. Le QG de ce programme se trouve à Goudoumaria, une ville située à plus d’un millier de kilomètres de Niamey (la capitale nigérienne). Ce qui ressort souvent dans les récits reccueillis auprès des repentis aux profils très divers, on y comprend que beaucoup se sont engagés entre autres par désespoir ambiant, par rencontre fortuite, par intérêts matériels…
Des motivations liées à la religion sont assez marginales et à l’intérieur du mouvement, il y a beaucoup d’intérêt au business (partage du butin) et à l’exploitation sexuelle des jeunes filles capturées. Également il y apparaît qu’ils sont organisés comme une véritable entité étatique où divers départements de services la composent (les combattants formés et disposés en groupes d’action, l’ordre judiciaire chariatique, les tenants financiers, agriculteurs-pêcheurs et les relais extérieurs complices pour d’approvisionnement du matériel et de la nourriture). L’ouvrage nous rappelle que Boko Haram a été créé en 2002 et qu’il a basculé dans la violence armée à partir de 2009. Et son aire géographique de planque se situe dans la zone du Lac Tchad. Les repentis interrogés espèrent tous retrouver une vie normale (formés à une activité professionnelle) auprès de leurs proches et oublier cette aventure du mal-Agir terrifiant.
Notre conclusion : Dans ces groupes du genre, ils sont brigands de terreur, violeurs et voleurs sans foi digne ni loi respectable.
Mauriweb – Une fois de plus, les vagues de chaleur étouffantes s’abattent à l’intérieur du pays, exacerbant une crise déjà endémique : la rareté de l’eau.
Ce jeudi 5 avril 2024, la ville d’Amourj, à l’extrême est de la Mauritanie, a été le théâtre de manifestations enflammées alors que les habitants expriment leur frustration face à la médiocrité des services de base, en particulier l’accès à l’eau et à l’électricité. Cette région du pays est coutumière de crises de soif sporadiques, aggravées par la montée des températures à l’approche de l’été.
Cette année ne fait malheureusement pas exception, avec en moyenne 44°C. Les jeunes, se sentant abandonnés par les autorités, ont décidé d’exprimer leur colère dans les rues de la ville. Regroupements spontanés et pneus enflammés telles sont les images qu’ils ont envoyées aux autorités de ce pays.
Face à cette agitation, les autorités locales ont été contraintes de solliciter des renforts de Nema, chef-lieu de la Wilaya du Hodh El Ghargui. La tension monte alors que la population exige des mesures concrètes pour remédier à la crise qui sévit depuis trop longtemps.
Il est important de souligner que cette situation n’est pas isolée. À travers toute l’Afrique, plusieurs régions font face à des records historiques de chaleur. Un exemple flagrant est celui du Mali voisin, où la ville de Kayes, à l’ouest du pays, a récemment enregistré une température frôlant les 50°C. Ces conditions climatiques extrêmes ne font qu’accentuer les difficultés déjà présentes dans des régions déjà éprouvées par la pauvreté et la marginalisation.
Ces manifestations à Amourj ne sont pas simplement des protestations contre la pénurie d’eau, mais aussi un appel désespéré à la justice sociale et à la responsabilité des gouvernements. Les populations locales ont le droit fondamental à des services de base dignes, notamment l’accès à l’eau potable. Il est temps que les autorités prennent des mesures sérieuses pour répondre aux besoins essentiels de leurs citoyens et pour faire face aux défis climatiques qui menacent de plus en plus leur quotidien.
La crise à Amourj n’est que le symptôme d’un problème plus vaste et plus profond qui touche de nombreuses régions africaines. Tant que des mesures concrètes ne seront pas prises pour lutter contre la pénurie d’eau et les effets du changement climatique, ces manifestations ne seront que le prélude à une série de troubles sociaux allant crescendo.
Il est temps que les voix des plus vulnérables soient entendues et que des actions concrètes soient entreprises pour assurer un avenir plus sûr et plus prospère pour tous.
Tout d’abord, à toutes les citoyennes et tous les citoyens du Sénégal, nous vous adressons nos vœux les plus chaleureux à l’occasion de votre fête d’indépendance, célébrée le 04 avril en commémoration de la proclamation de la souveraineté de la République sénégalaise. Que cette journée soit remplie de fierté, de célébration et de réflexion sur les réalisations passées et les aspirations futures de votre nation. Qu’elle soit un point de départ pour le nouveau gouvernement, dirigé par Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, et son Premier Ministre, M. Ousmane Sonko, pour consolider l’unité de la grande nation sénégalaise, ainsi que pour la mise en place du Projet national auquel les sénégalaises et sénégalais ont adhéré.
Par ailleurs, nous souhaitons rappeler qu’en douze ans de pouvoir, l’ancien régime n’a accordé aucune audience à ces « damnés de la terre ». Des Mauritaniens de cœur vivant dans la souffrance depuis plusieurs années sont abandonnés à leur sort. Malgré quelques initiatives prises par de bonnes volontés ab hoc et ab hac , aucune n’a réussi à les aider à apaiser leurs souffrances. Certains pourraient considérer que c’est prématuré, mais nous sollicitons votre diligence, Excellence, pour aider à mettre en place des structures et des moyens permettant de répondre aux besoins primaires de ces personnes, au nom de l’humanisme.
Le Premier Ministre, M. Ousmane SONKO, a déjà tenté de prendre contact par le passé, mais il n’a trouvé personne pour prendre en compte les inquiétudes. Aujourd’hui, il est nécessaire d’affirmer que nous devons converger nos efforts pour venir en aide aux réfugiés mauritaniens au Sénégal.Ils sont confrontés à des défis considérables qui menacent leur sécurité, leur dignité et leur avenir. La communauté internationale est témoin de la crise humanitaire persistante que vivent ces réfugiés. Leur arrivée au Sénégal a été marquée par des conditions précaires, une insécurité alimentaire et un accès limité aux services essentiels tels que l’éducation et les soins de santé. Nous appelons votre Excellence et votre futur gouvernement à agir de toute urgence pour venir en aide à ces réfugiés mauritaniens.
C’est assez inédit de se retrouver avec « deux premières dames ». Le palais présidentiel accueille, pour la première fois de son histoire, « deux maîtresses de maison ». Il s’agit des épouses du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, le nouveau locataire du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor.
À propos de ces deux dames dont il est question, Seneweb en sait un peu plus sur leur profession.
Rappelons que Bassirou Diomaye et Marie Khone Faye, tous deux originaires du même village (Diaganiao) ont officialisé leur union, il y a de cela 15 ans. Mère de quatre enfants (trois garçons et une fille) tous issus de ce mariage, Marie Kh. Faye a marqué sa carrière professionnelle dans le domaine de l’assurance.
La seconde, Absa Faye, dont les souvenirs du mariage sont encore frais, est spécialiste en genre et coordonnatrice de projets au Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).
D’après nos sources, elle est originaire de Diakhar et a vécu un certain temps en Europe. Absa Faye et Bassirou Diomaye se sont dit oui en février 2023, un mois avant l’arrestation du bras droit d’Ousmane Sonko.
Certaines langues disent même que le mariage n’est pas encore consommé.
Et pourtant, les enfants naturels, appelés vulgairement en Soninké « Dianga lèmu » qui veut dire « bâtards » sont nés comme tous les autres enfants du monde, la rencontre d’un spermatozoïde et d’une ovule.
Mais seulement, on leur reproche d’être venus au monde alors que leurs parents n’étaient pas unis selon les usages religieux et traditionnels.
Durant toute leur existence, ces enfants, même devenus adultes sont rappelés constamment à leur naissance quels que soient leurs mérites.
A la moindre occasion, ils sont rabaissés, humiliés tantôt avec des messages voilés tantôt explicites pour leur faire comprendre qu’ils sont «illégitimes» .
Ils sont considérés injustement comme impurs et malpropres par ce qu’ils seraient porteurs de souillure et même de malédiction dans de nombreuses sociétés traditionnelles africaines et en particulier chez les Soninké.
Même les damnés de la société, les esclaves pourtant stigmatisés eux-mêmes et traités comme des sous-hommes se moquent de ces malheureux enfants, condamnés à payer pour la forfaiture de leurs parents.
Dans nos sociétés, ces enfants sont sources de honte pour la famille qui n’hésite pas à s’en débarrasser à la moindre occasion pour préserver son image.
Enfanter en dehors du lien de mariage est un crime imprescriptible. La femme qui a eu le malheur de donner naissance dans ces conditions était frappée d’ostracisme, aujourd’hui encore dans une moindre mesure.
Pendant longtemps, ces pauvres enfants étaient clandestinement assassinés dès la naissance, par ce que nos sociétés redoutent plus la honte que la culpabilité. En d’autres termes la responsabilité qui voudrait que chacun réponde de ses actes est une contre valeur. L’honneur de la famille, de la lignée n’a pas de prix même s’il faut commettre un assassinat.
La religion qu’on prétend défendre et qui interdit toutes relations entre un homme et une femme en dehors du lien sacré du mariage ne peut autoriser le meurtre fut-il celui d’un nouveau-né.
Ceux qui avaient (les nouveaux-nés) la chance d’échapper à une strangulation mortelle devaient apprendre à vivre avec leur malédiction, un handicap qui les rend différents des autres enfants de leur âge.
Une fois devenus adultes, ils sont confrontés à d’autres épreuves : celle du mariage. Les hommes et les femmes «enfants illégitimes» rencontrent souvent des difficultés lorsqu’ils doivent choisir un partenaire ou une partenaire. Leur demande de mariage fait beaucoup jaser du fait que selon les croyances, ils sont nés d’une union maudite.
Cette étape franchie, vient ensuite un autre obstacle, disposer d’un lopin de terre pour construire un toit notamment pour les hommes. Or ne peut hériter du père que les enfants bien nés dit-on.
Si l’enfant n’a pas été reconnu par son géniteur, généralement il porte le nom de famille de sa mère et aura grandi à la charge de ses oncles qui lui auront offert Amour et hospitalité en essayant de combler l’absence du père.
Et puis, un jour c’est le summum de la crise, l’enfant découvrira la vérité. Certains se suicident alors que d’autres sont meurtris à vie et acceptent le sort implacable.
Il y a en a qui choisissent de partir, de disparaître dans la nature surtout lorsqu’ ils sont issus d’une double illégitimité : enfant nés hors mariage et issus de parents de castes différentes (noble et esclave). Au cas où le père a accepté de baptiser l’enfant, il lui confère une paternité et une personnalité sociale.
Cependant dans les deux cas, l’enfant est stigmatisé et souffre d’une manière ou d’une autre de reconnaissance et de légitimité : il ne peut hériter de son père. Alors que les autres enfants issus cette fois-ci d’un mariage peuvent prétendre à l’héritage et à occuper une partie de la concession paternelle.
Esclave et enfant naturel, deux destins quasi identiques
Tous les deux sont stigmatisés chez les Soninké. Cependant, l’esclave jouit d’une reconnaissance sociale, communautaire et familiale liée à son statut précaire, servile et de misère conférée par la société.
En revanche, l’enfant naturel le plus souvent est considéré comme un « enfant sans père », on lui reconnaît juste une mère. L’impureté qu’on lui reproche est différente de celle de l’esclave du fait que le premier est frappé de malédiction, de souillure congénitale, le résultat d’une transgression alors que le second est réduit aux sales besognes qui lui sont réservées dans la société.
En Mauritanie, au plan administratif, l’esclave dispose d’un état civil, ce qui n’est pas forcément le cas de l’enfant naturel à condition de contourner les règles établies en faisant établir un faux certificat de mariage. En effet, le fondement du droit mauritanien étant musulman, il n’ y a point de naissance en dehors du mariage, tel est l’esprit de la loi.
Dans certains cas, l’enfant naturel a un avantage certain sur l’esclave, son statut social est celui de sa mère, dans le cas où le père a refusé de le reconnaître. Ainsi avec le temps, on finira toujours par oublier les conditions de sa naissance. Les enfants issus d’un père «enfant naturel» par exemple peuvent échapper à la stigmatisation sociale. On aura tourné la page, le père fautif aura purgé sa peine, sa progéniture n’en souffrira point le temps aura effacé la souillure.
Cependant pour le pauvre esclave, il est marqué au fer. Il est esclave et le demeurera ad vitam æternam, lui ainsi que ses ascendants et descendants de toutes les générations.
La stigmatisation de naissance hors mariage serait plus cruelle si elle était l’apanage des castes déjà socialement discriminées. C’est une réalité qui concerne toutes les classes sociales même si elle est différemment regardée selon les cas de figures; par exemple l’union hors mariage d’un homme et la femme de caste – « esclave et noble » – donne naissance à un enfant, la sanction sociale est plus grave du fait que le couple aura transgressé la logique des castes en plus du lien en dehors du mariage.
La justice dans nos sociétés africaines à la lumière du procès fait à l’esclave et à l’enfant naturel.
Combien d’enfants dans nos sociétés ont été traumatisés et n’ont pas eu droit à une enfance heureuse à cause de cette perception du monde?
Impossible pour ces enfants d’échapper au regard moqueur, inquisiteur et blâmable de toute une communauté. Ont-ils choisi de venir au monde ? Pour quoi sont-ils victimes d’un procès inique pour une faute qu’ ils n’ont pas commise ? Le crime serait-il héréditaire ? L’enfant a-t-il des droits dans nos sociétés ?
Et pourtant dans la plupart de nos pays, il est officiellement reconnu que l’enfant a des droits et qu’il mérite d’être protégé en raison de sa fragilité. En Mauritanie par exemple, il existe un ministère des Affaires Sociales, de I’Enfance et de la Famille qui a signé toutes les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant. Mais, la tradition, cette loi non écrite qui privilégie toujours les classes dominantes et féodales prime toujours en silence sur la Loi (les textes juridiques, les conventions internationales relatives) produite et signée pour tromper les partenaires extérieurs.
Le viol accepté et l’amour chahuté
Et pourtant, souvent les enfants naturels sont nés d’une union consentie et d’un amour franc entre un homme et une femme. Alors que ceux qu’on appelle très affectueusement, «enfants bien nés» ou « légitimes » sont parfois nés d’un viol : un mariage forcé organisé avec la complicité de la société pour perpétuer une tradition en déphasage avec les nouvelles réalités.
Deux absurdités sur lesquelles, on ferme les yeux : le premier concerne cet enfant qui paie pour être né d’une union hors mariage, et le second, c’est un descendant d’esclave qui doit s’appeler esclave pour toute son existence parce que son père a eu le malheur de croiser le chemin d’hommes plus forts qui l’ont réduit à la servilité.
Quelle est la faute de l’un et de l’autre ? D’être venu au monde, ce qui relève de la puissance de dieu, de la contingence. Notre appréhension de la justice ne manque- t- elle pas de justesse et de bon sens ?
Je suis fasciné par la justice des autres qui protège les enfants et stipule que la responsabilité pénale est individuelle.
Idem en Islam, notre référénce. Dieu n’ a-t-il pas dit que le jour du jugement dernier, chacun répondra de ses actes . Le père ne paiera point pour le fils ou la fille, la mère répondra, elle-même de ses actes…
Dès lors pour être en harmonie avec notre spiritualité (l’islam) ne faut-il pas oser rompre avec certaines de nos pratiques héritées d’un passé paganiste sources d’humiliation pour une partie de la communauté, même si elles ont encore la dent dure.
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