EN BREF | Cridem – Le président Ghazouani a limogé lundi 21 août le directeur général de la SNDE, Mohamed Mahmoud Ould Jaafar, lors du Conseil des Ministres, rapporte Taqadomy. Son adjoint a été également emporté par la crise de l’eau.
Depuis le début du mois d’Aout, l’eau potable est coupée toute la journée et parfois la nuit dans de nombreux grands quartiers de la capitale mauritanienne. En effet, le plus grand réseau d’eau qui alimente une grande partie de la capitale a rencontré des difficultés de traitement des eaux.
Une crise qui ne fait qu’accentuer les difficultés d’approvisionnement en eau potable dans plusieurs localités de Nouakchott.
Le président de la République du Sénégal avait promis de réduire son opposition politique à sa plus simple expression. Le ministre de l’Intérieur, en publiant le 31 juillet 2023 un décret signé par sa main et dissolvant le Pastef ; et le doyen des juges en mettant le leader de cette formation politique en prison, viennent au nom de la République d’accomplir formellement ce dessein. En agissant ainsi, le gouvernement du Sénégal a porté un grand coup à la démocratie sénégalaise. Fille d’une longue et lente construction faite de soubresauts, d’épreuves et de luttes, les beaux jours de la démocratie sénégalaise, dans sa réalité substantielle, auront vécu. Pas qu’elle fut sans défaut ; elle avait ses limites et ses dimensions à parfaire, mais l’essentiel était préservé, c’est-à-dire, le refus de l’arbitraire le plus absolu et la possibilité pour les citoyennes et citoyens de coconstruire le destin collectif de la nation. L’horizon demeurait ouvert avec ses chantiers en perspective. Nous allions aux urnes, votions en paix et choisissions nos représentants. Les dernières interdictions de partis politiques dans notre histoire politique datent des années 1960 ; celle du Parti Africain de l’Indépendance (PAI) en 1960 sous le régime de Senghor ; celles du Bloc des Masses Sénégalaises (BMS) en 1963 et du Front National Sénégalais (FNS) de Cheikh Anta Diop en 1964, dans une époque et un contexte politique différents. Depuis, nous avions fait du chemin pensions-nous ; multipartisme limité à trois courants en 1976, à quatre en 1978, intégral sous l’ère de Abdou Diouf ; environ 339 partis politiques enregistrés au total dont 151 durant cette dernière décennie ; une vie syndicale et associative, une liberté d’expression que l’on nous enviait dans la sous-région.
Le Sénégal a connu sous Senghor, Diouf et Wade des joutes politiques dures. Celles-ci furent verbales et parfois émaillées de violences. Maître Wade fut même accusé du meurtre d’un juge, président du Conseil constitutionnel, Maître Babacar Sèye. Son parti politique ne fut pas pour autant dissous et interdit. Depuis l’ère senghorienne, nous ne connaissions plus cette forme de déni démocratique. Le sentiment qui nous habite est celui d’un retour à contretemps d’une histoire passée et d’une véritable régression démocratique.
Le parti qui vient d’être interdit est celui dont le message recueille l’adhésion de la majorité de la jeunesse sénégalaise (70 % de la population) des classes laborieuses et d’une masse silencieuse qui aspire à un profond changement de mode de gouvernance. C’est un fait simple, visible, indubitable ; une évidence que la bonne foi ne peut nier, que l’on adhère ou pas à la vision politique du Pastef, il suffit d’ouvrir les yeux. Dans quelle démocratie élimine-t-on formellement du jeu le parti le plus représentatif du moment ? Que fait-on de l’aspiration de centaines de milliers de personnes à une expression politique républicaine et à la participation aux décisions qui configurent leur destin ? Lui intime-t-on l’ordre de rentrer chez elle sagement, à cette aspiration ? Si elle ne peut s’exprimer démocratiquement, comment s’exprimera-t-elle ?
Depuis quelques temps, il ne reste de notre démocratie que l’élégance du terme et ses reflets de naguère. Elle est devenue une catégorie que l’on a inexorablement vidée de son sens véritable. La démocratie, plus qu’un régime politique est un état de la communauté politique. Est démocratique, une société fondée sur la Justice. Celle-ci est devenue sous nos cieux l’instrument d’une répression politique dirigée contre les opposants ou tout simplement contre ceux qui ont une position critique. L’appareil judiciaire a ces derniers temps abusé d’une rhétorique autour de la sûreté de l’État, du respect des Institutions, du maintien de l’ordre public, pour organiser la répression systématique des opposants, leur intimidation et leur emprisonnement ; ainsi que la mise sous silence des voix dissidentes et des esprits épris de justice. Il n’est nullement besoin de revenir sur les arguments kafkaïens parfois convoqués et les situations ubuesques créées pour arriver à cette fin. Dans ce pays, un opposant a été séquestré et son quartier barricadé par les forces de police pendant 55 jours sans aucune base légale ; ses partisans traqués, pourchassés et arrêtés sous nos regards médusés. C’est sous ce ciel que nous nous agitons. Les derniers évènements que nous avons vécus, nous ont appris que la vérité des faits et leur massivité, ne suffisaient hélas pas à tous nous édifier sur la texture de notre nouvelle réalité. Encore faut-il vouloir (pouvoir) les regarder en face, ces faits ; avoir le courage de les admettre, leur accorder le poids qui leur sied, être en mesure de dépasser ses propres biais et ses aveuglements ; entendre ce qu’ils nous disent, et pas seulement à l’oreille, mais à nos corps et à nos tripes, lorsqu’ils nous réveillent au milieu de la nuit.
La réalité nue est que nous vivons sous un régime qui piétine allègrement le droit auquel il est censé être soumis ; un régime qui ne respecte pas ceux des citoyens qui s’opposent à lui. Un État qui se dresse contre sa société, la violente et utilise la puissance publique pour préserver les intérêts d’une classe et ceux de ses propres clientèles. Sa Justice politique s’est octroyée un monopole de la qualification des faits, hors de tout contrôle du sens et de leur véracité. Elle peut décider sans avoir à s’en expliquer qu’un emoji, un article d’opinion, ou une phrase sortie de son contexte de performativité, est une menace à la sureté de l’État et déclencher ainsi l’appareil répressif et coercitif. L’État a ainsi créé des citoyens de différentes catégories. Ceux qui peuvent ouvertement et impunément appeler au meurtre sur les plateaux de télé et ceux qui pour un émoticône, un mot de travers, un post Facebook, une opinion critique, se retrouvent en prison ou en exil. Il suffit d’appartenir, ou de se faire identifier comme appartenant au bon ou au mauvais camp, pour que les jugements de cour vous fassent ange ou démon.
La question de fond qui se pose pour nos sociétés est celle d’un désir profond de justice sociale, d’équité, de rupture avec un pacte issu du temps colonial et ratifié par l’État postcolonial africain, qui consiste en une iniquité structurelle dans le partage du bien-être et des possibilités d’une vie décente. Pour cela, une gouvernance véritablement démocratique est le prérequis. Ce n’est pas seulement un désir de changement qui souffle au Sénégal et en Afrique de l’Ouest en général, mais un désir de révolution politique, sociale et économique ; c’est-à-dire de changement radical de paradigme du vivre-ensemble, des termes du contrat social, des conditions du partage de la prospérité et des fondements de notre communauté politique.
C’est cette aspiration que l’État néo-patrimonial et ses clientèles souhaitent briser parce que remettant en cause les privilèges de leur rente de situation. Le postulat d’un État tourné vers le bien-être du plus grand nombre échoue sous nos cieux sur la banquise de ses pratiques. L’État postcolonial est un appareil de commande et de contrôle qui prélève les ressources communes de la nation, les redistribue prioritairement à ses clientèles et laisse des miettes aux citoyens. Pour se préserver, il utilise la puissance publique et les institutions censées garantir la paix et l’équilibre contre les individus et concourt ainsi à produire de l’a-citoyenneté. Sa démarche consiste, durant ces jours pluvieux que nous vivons, à nous habituer à la petite oppression quotidienne, qui petit à petit enfle et devient grande. Des arrestations de militants, de journalistes, de voix critiques et leur emprisonnement. Un processus vertigineux de normalisation d’un État de non-droit et d’iniquité, dont le corollaire est l’accroissement de notre tolérance à l’arbitraire. Une fabrique progressive du consentement à l’oppression en repoussant chaque jour les limites de l’acceptable et en élimant notre capacité d’indignation.
Pour cela, il s’agit de miser sur la capacité d’accommodement naturelle des individus à toute situation, qui est un réflexe de survie ; mais aussi sur la peur, parfois la lâcheté, et surtout chez ceux qui n’adhèrent pas à un tel état de fait, sur un sentiment d’impuissance devant les évènements. Tout ceci nous obligeant à consentir et à nous associer à la ruine morale en cours, en faisant de nous les spectateurs passifs de l’injustice. Silence, on réprime, on emprisonne, on force à l’exil ! Surtout ne dites rien et détournez le regard. Les civilisations pourrissent par le cœur. Aucun combat pour le futur ne saurait faire l’impasse sur l’oppression présente.
C’est à cette nuit qu’il nous faut refuser de consentir. D’abord comprendre ce qui nous arrive. Un monde même affreux, lorsqu’on l’éclaire on le domine. Mener inlassablement la bataille du sens. Refuser les opérations de brouillage de celui-ci. La ruse de l’oppression est de nous amener au déni de sa réalité ; car il ne faut pas s’y méprendre, ce n’est pas seulement une formation politique et ses membres qui sont visés, mais l’idée que collectivement nous nous faisons de la liberté, de la dignité et de la justice ainsi que notre idéal d’une communauté juste qui sont sous assaut. Au préalable, nos corps furent vulnérabilisés afin de les rendre plus facilement capturables pour tenter d’y éteindre la flamme de l’esprit et la conscience de notre inaliénable dignité.
Il nous faut continuer à nommer les choses, leur abjection, et nous dresser lorsqu’apparait leur visage inacceptable. En attendant, garder l’espoir en lieu sûr et raviver la lumière qui nous anime. Cette saison que nous traversons prendra fin. Maintenir allumé le point d’or de notre courage et de notre refus de la nuit. La bataille qu’il faudra mener quand cette saison sèche de la démocratie sera passée, est celle de la refondation de nos institutions. Elle est impérieuse. Repérer ce qui les a rendus corruptibles et y remédier radicalement.
Récemment le traitement particulier d’une région du pays, la Casamance, doit nous alerter. Voici une région qui fut pendant des semaines sous embargo, ses voies de communication obstruées (bateau arrêté, routes nationales fermées à certaines heures, trafic des bus Dakar Dem Dikk réduit) parce qu’elle est acquise au leader du Pastef. Pendant presque 40 ans, une rébellion s’y est faite jour, avec comme revendication, l’indépendance. L’un des ressorts de cette demande fut le manque de reconnaissance ressenti par une frange de sa population, comme pleinement appartenant à la communauté nationale sénégalaise. A cette demande de reconnaissance, nous devons collectivement répondre en consolidant le sentiment et la réalité de l’appartenance symbolique, effective, affective et pratique de la Casamance à la communauté nationale. Ces actes ont pour effet de cisailler à nouveau le pacte national et républicain et de raviver une plaie qui a du mal à cicatriser. Les évènements récents en Casamance de jeunes encore tués par balles, et le tribut particulier que paye cette région du pays à cette crise, sont inacceptables. La responsabilité du régime actuel est de ne pas nous entrainer dans une aventure dont nous mettrons des décennies à nous relever.
La haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) a signé jeudi à Nouakchott le cahier de charges pour les services de la télévision privée Sahara 24.
Le document a été signé pour la HAPA par son président El Houceïn O. Medou et pour Sahara 24 par le directeur exécutif du groupe Sahara Medias Abdallahi Mouhamdi Bah.
Pour rappel la HAPA avait octroyé une licence de diffusion pour la chaîne « Sahara 24 », une télévision commerciale privée, à l’issue d’une réunion du conseil de la HAPA le mois dernier consacrée à l’évaluation des offres présentées pour l’obtention d’une licence.
Le communiqué qui avait été publié par le conseil de la HAPA à l’issue de cette réunion, précisait que l’offre de Sahara 24 était la seule offre présentée puisque remplissant les conditions juridiques et présentant les documents demandés dans le dossier de candidature.
Le dossier ajoute le communiqué avait recueilli 81 points sur 100.
Au début de la réunion, le président de la haute autorité de la presse et de l’audiovisuel, El Houceïn O. Medou avait retracé le processus qui avait conduit à l’appel à concurrence pour l’obtention d’une licence pour une télévision privée, les dispositions qui l’ont régies, le délai appropriés accordés aux candidats et l’ouverture des offres et la nature du travail de la commission technique qui avait été mise sur pied pour étudier les dossiers présentés.
Ould Medou avait considéré que l’obtention d’une licence pour une chaîne de télévision était une précieuse opportunité pour le promotion des libertés de la presse et l’ancrage de la performance et la diversité des entreprises de presse dans le paysage audiovisuel du pays.
Sahara 24 qui appartient au groupe Sahara Medias et qui sera la première chaîne de télévision en Mauritanie spécialisée dans la diffusion de l’actualité, doit lancer ses programmes dans quelques mois.
Fousseynou N’DIAYE est originaire de Artoumou dans le Guidimakha Mauritanien. Il est né en 1956 et est diplômé (1984) de la vénérable université Cheikh Anta DIOP de Dakar d’où il sortira avec le diplôme d’ingénieur technologue, spécialisé en Génie mécanique : Conception et Fabrication.
De retour au pays, Fousseynou a enseigné comme professeur dans plusieurs disciplines au Centre Supérieur de l’Enseignement Technique de Nouakchott où il a vu passer plusieurs générations d’élèves.
A côté de ce portrait d’universitaire et de fonctionnaire, Fousseynou était un défenseur de la première heure de la culture Soninké : toute sa vie durant, il s’est engagé en faveur de la promotion de la langue et la culture Soninké.
Foussenou a participé à la création de la troupe artistique YILLENKARE ( 1975) porte étendard de la culture Soninké au niveau national et hors des frontières Mauritaniennes dans les années 80.
Quelques années plus tard, trouvera un cadre idéal et propice pour apporter sa pierre à l’oeuvre de revitalisation de la culture Soninké. Et pour ce faire, il ne pouvait trouver meilleur cadre que l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la langue et de la culture Soninké, dont il sera membre actif, depuis sa création le 03 Mars 1978. Au sein de cette structure, il occupa le prestigieux poste de trésorier, poste qu’il occupa pendant 20 ans.
Par ailleurs, Fousseynou a été de tous les rendez-vous de Soninkara : il a eu le privilège d’être présent lors de la mise en place du premier bureau de l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la langue et de la culture Soninké, une séance présidée par l’illustre et grand rassembleur, Elhadj waly SOUMARE.
Et plus récemment, Fousseynou avait participé activement aux préparatifs des différents festivals organisés ou parrainés par Wagadou Sané
Fousseynou était également présent dans le champ des droits humains: il a milité au sein de plusieurs associations et ONGs de lutte contre les discriminations sociales, y compris la lutte contre les séquelles de l’esclavage en milieu Soninké du Guidimakha.
L’autre image de Fousseynou N’DIAYE, c’est sans conteste celle d’un homme de dieu. Il était pieux et pêchait la parole d’Allah en toute circonstance avec mesure et humilité. Cette dimension spirituelle de l’homme a fini par s’imposer au point d’être l’élément constitutif et caractéristique principal dans la définition de son portrait: il dégageait l’image d’un guide spirituel. Une spiritualité qui l’a emmené à accomplir le cinquième pilier de l’islam ( le haj) en 1995.
Sa disparition en Tunisie, le samedi 05 août 2023 est une grande perte pour la communauté SONINKÉ et particulièrement l’Association Wagadou Sané.
L’annonce de son décès a tout de suite été relayée par les réseaux sociaux ( Facebook et groupes watshpp ). Pendant plusieurs jours, des témoignages ont fusé de toute part sur fond de prières, implorant Allah le tout-puissant de lui accorder une place à Firdaws.
Dans la nuit du mardi 08 au mercredi 09 août 2023, sa famille, ses amis, ses collègues, des militants et sympathisants des associations des droits de l’homme, en plus du président de Wagadou Sané, Aly Boubou Gandéga accompagné d’une importante délégation étaient à l’Aéroport International Oumtounsi de Nouakchott pour accueillir la dépouille mortelle.
A la mosquée IBN Abass pour la prière mortuaire le Mercredi 09/08/2023, il y avait du monde. Une foule immense représentative de toutes les communautés nationales et de ce qu’aura été l’homme : calme, discret, serviable et pieux jusque dans la voix était venue l’accompagner et lui exprimer sa reconnaissance.
Parmi l’assistance, il y avait ses amis, ses connaissances, sa famille, ses collègues, ses voisins, des anonymes et les Soninké de Nouakchott et d’ailleurs étaient venus lui rendre un dernier hommage et témoigner de ses qualités d’homme exceptionnel.
Qu’Allah l’enveloppe de sa miséricorde et l’accueille en son saint paradis !
Lancée en 2007 par l’Union africaine, le projet de la Grande muraille verte prévoyait de planter des végétaux en masse dans 11 pays du Sahel, du Sénégal jusqu’à Djibouti, pour restaurer 100 millions d’hectares d’ici 2030 et lutter contre la désertification. Une initiative aussi sociale et créatrice d’emplois. Mais plus de 15 ans plus tard, seulement 5 % du projet a été réalisé… Besoins de financement, changement climatique : les freins au projet sont nombreux. Comme en Mauritanie, où le territoire est touché à 80 % par la désertification. Reportage dans la commune de Taguilalet.
À 200 km de la capitale, dans la commune de Taguilalet qui vit principalement de l’élevage, les dunes grignotent du terrain de jour en jour. Pour ralentir leur avancée et reverdir le Sahel, l’initiative de la Grande muraille verte prévoit de planter 20 000 arbres sur un site voisin cet été.
L’occasion pour Sidina Ely, le directeur général de l’Agence nationale de la Grande muraille verte, d’intéresser de nouveaux investisseurs car plus que jamais, il faut mobiliser les financements : « Il est important que le secteur privé s’implique. Il y a beaucoup d’opportunités comme le maraîchage, la production d’arbres fruitiers, la valorisation des produits forestiers non ligneux… On peut faire beaucoup de choses avec ».
• Mettre les populations au cœur du projet Car quinze ans après la mise en place du projet de restauration des terres, l’initiative peine à décoller et les freins sont nombreux. Parmi ces freins : le manque d’eau exacerbé par les périodes de sécheresse et le manque de dispositifs pour irriguer les terres.
Il faut aussi rendre l’initiative attractive pour que les populations se l’approprient, comme avec cette ferme communautaire. Ici, 121 femmes font du maraîchage, de l’arboriculture, élèvent des poules et vivent de leur production tout en s’impliquant en parallèle dans l’activité de reboisement. Ce sont elles qui s’occupent des plants d’arbres qu’elles planteront plus tard.
Une initiative qui a changé la vie de Salmé Sambé, formée sur place : « Nous produisons des pastèques, des carottes, de la gomme arabique ou du pain de singe. On était beaucoup de femmes dans la commune à ne rien faire et maintenant on a ce projet qui nous rapporte beaucoup d’arbres et de légumes ».
Une ferme qui leur permet aussi de générer des revenus grâce à l’épicerie communautaire et les missions temporaires de reboisement. « Tous les gains de la boutique sont pour nous. Et en plus, les gens de la commune bénéficient de produits locaux et frais comme le poulet local », explique Aicha Ambouha.
Mais pour que l’initiative fonctionne, explique Ousmane Abou Niane, le chef d’antenne du projet, il faut aussi dialoguer avec les éleveurs et délimiter les zones d’intervention : « Il y a toujours eu des problèmes entre éleveurs et cultivateurs mais ils comprennent aussi l’objectif, il y a un intérêt pour tout le monde. Donc ils vont à côté. Si on ne dialogue pas avec eux, on ne peut rien faire. S’ils ne sont pas d’accord, ça ne marche pas ».
• Des financements qui tardent à venir Si les fonds publics promis par la communauté internationale tardent à être débloqués, c’est aussi parce que le projet est complexe, justifie Cristina Isabelle Santos, la représentante de la Banque mondiale qui a promis 5,6 milliards de dollars aux pays du Sahel d’ici 2025. Selon elle, il est important de prendre son temps pour financer des projets durables.
« Les fonds sont toujours disponibles si les initiatives avancent. Ça prendra toujours plus que cinq ans parce qu’on sera pas capable de créer la muraille verte en cinq ans mais l’important c’est d’aller au-delà des difficultés du début et d’arriver à un équilibre et un rythme d’exécution qui permet que les activités continuent et que d’autres fonds viennent ensuite aussi au-delà de 2025. »
Pour Bénédicte Brusset, directrice de l’Agence française de développement (Afd), également partenaire du projet et qui a consenti une aide de 8 millions d’euros récemment, il ne faut pas s’arrêter au projet initial. Selon elle, il est également intéressant de prendre en compte les activités non labellisées « muraille verte » qui contribuent à l’initiative.
« On pourrait réfléchir à repenser le tracé et considérer que toutes actions de restauration des terres, de retenue d’avancée du désert, de fixation des dunes puissent avoir lieu hors tracé et contribuent à une agriculture résiliante. »
Objectif affiché d’ici 2030 pour la Mauritanie : restaurer 10 millions d’hectares de terres agricoles. Plus de 85 000 plans d’arbres seront plantés cette année dans la région du Trarza.
Le président ousmane Sonko arrêté le vendredi 28 juillet 2023,est à son 17 ème jour d’abstention volontaire de toute alimentation et 5ème jour de refus de tout soin médical, mettant l’Etat du Sénégal face à ses responsabilités.
Son état se détériore de plus en plus et c’est d’autant plus préoccupant qu’il avait été envisagé de le sortir de l’hôpital la journée du lundi 14 Août, alors que cliniquement il était plus mal portant que lorsqu’il a fallu organiser sa prise en charge par un hôpital de la place.
Le plus inquiétant est le détournement de procédure qui a permis de criminaliser un dossier Correctionnel l’usage de qualifications abusives qui ôte toute sécurité juridique aux citoyens qui peuvent être victimes de cette pratique.
La raison a déserté les esprits, la loyauté, les plumes d’hommes de lois. Les cœurs se sont endurcis et des hommes se prennent et se comportent comme des dieux , oubliant la précarité de tout pouvoir et de toute âme qui vit.
Il est temps de se ressaisir, de décrisper cette situation qui détruit un peuple qui ne le mérite pas. Une situation qui décrédibilise les institutions, cultivent et entretient la haine et le ressentiment.
La prison utilisée comme arme en politique, est une arme non conventionnelle qui fausse le jeu démocratique.
Sortir le président ousmane Sonko de l’hôpital dans l ‘état où je l’ai laissé le 14 Août, c’est endosser la responsabilité d’une non assistance de personne en danger .
Sa détention est perçue comme une injustice et une gangrène dans le système qui achève la mise à mort de l’Etat de droit et de l’Etat démocratique.
Le président Ousmane Sonko est un détenu politique de l’Etat du Sénégal. Sa libération immédiate devrait être une exigence de la communauté internationale qui est garante du respect par les États signataires du Pacte, de leurs obligations internationales.
Tous les détenus politiques au Sénégal doivent être libérés. C’est une exigence sociale. Des innocents emplissent les prisons pour des raisons politiques. Les cabinets des juges d’instructions explosent et manquent de tout en ce mois d’Aout sauf de formulaires de mandats de dépôt. Il est temps de se ressaisir.
Me Cire Clédor ly membre du collectif De La Défense du Président Sonko
La menace et l’agressivité à l’encontre d’une pensée subversive ne peuvent être des solutions idoines pour mettre les choses à « l’endroit ». L’endroit selon mon entendement, c’est le maintien d’un stabilisateur métaphysique et social comme une religion pour l’expression d’une certaine humanité communautaire. Il est d’un refrain commun qu’on clame que le sooninké serait musulman partout. On dirait plutôt la communauté sooninké est à l’écrasante majorité de confession islamique. Peuple ouest-africain descendant de l’empire du Ghana (connu Wagadu) s’était islamisé il y a plusieurs siècles. Ainsi l’élément « musulman » fait partie de la personnalité-type sooninké sur le plan sociologique, politique et identitaire. La cité sooninké dans sa territorialité pas seulement, a son clergé communautaire ou féodalo-communautaire qui porte les affaires du culte… islamique, à noter avec ses versions adaptées en fonction de la structuration sociale en vigueur dans temps et dans l’espace.
L’islam sooninké ou dire humblement, le musulmanisme* sooninké est une des facettes définissant sooninkaxu (Vivre sooninké). Un mimétisme sensiblement superficiel assurant une certaine socialité faisait l’affaire globalement dans une bonne stabilité dit-on. Seulement ces derniers temps, un phénomène inédit brusque l’opinion communautaire. C’est ce que je nomme l’exhibitionnisme athéiste décomplexé, des gens disant épouser des thèses kamites en les opposant d’une manière révolutionnaire à la religion islamique. Dynamiques et « enragés » particulièrement dans le réseau social TikTok, ils racialisent et géopolitisent maladroitement certains débats sérieux, stigmatisent et vilipendent injustement la religion islamique. Leur sève idéologique est un mélange diffus d’un anti-impérialisme peu irréfléchi et d’un racisme coincé au complotisme. Pour eux l’homme afro était (est) la plénitude de l’humanité « originelle » et « originale », et par conséquent d’autres « naturellement subordonnés historiques » se seraient complotés à coups de falsifications et d’agressions pour le désaxer de sa trajectoire spirituelle, scientifique et philosophique tant enviée. Nous sommes en temps du Big open espace communicationnel, nos apprentis athées seraient liés à un réseautage large parmi les bouillonnants milieux panafricanistes fourre-tout. Ils ont leur narratif « bateau » qui ne sonne pas forcément pas « bête », et en face il faudrait plus de sagesse agissante, de piété tenue, de patience vigilante et d’aération intellectuelle cohérente pour les confondre, les contrarier et les raisonner avec finesse.
Ils usent de ressentiments légitimes pour en faire du carburant militant athéiste…, et nos prêcheurs lettrés religieux doivent réactualiser la substance discursive en termes de mise en garde du peuple croyant. L’exploitation coutumière du religieux à des fins d’hégémonie clanico-féodale, fait partie d’un magma d’incohérences qu’on pourrait relever et reprocher à l’organisation et l’entretien du culte intra-communautaire. Dans notre Saint Livre, le Coran , il nous est intimés par un célèbre signe « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, » S96 V1. Lis de Lire, connoté Apprendre, Enseigner, Raisonner, Découvrir, Expliquer…, ici c’est loin d’un principe mimétique. Nous avons un Message profondément philosophique qui peut contrer et tenir une disputation décisive face à toute irruption areligieuse de nature subversive. Ainsi dire il faut plus d’intelligibilité et de transversalité du discours instructif et du prêche pour les masses. L’actuel régime de type d’un maraboutisme casté et templier est à revoir nécessairement. Il est restreint et pas à jour des enjeux de notre époque.
Par ailleurs, il faut gagner la bataille de la cohérence, il en va même du sérieux de notre piété et de nos réflexes d’empathie face aux réalités troublantes dans la vie. Certains agents kamites indexent les petites hypocrisies sonnantes qui ne manquent pas dans certaine sphère prédicatrice. Un prêcheur qui se soumet silencieusement aux coutumes ou restes des coutumes du temps animiste (certains ladani) à un point A et se montre loquace à un point B pour se faire voir en saint, il y a problème.
Également, il faut réfléchir à contenir l’engrenage takfiriste présent dans certains discours dits anti-kamites. L’anathème dégainé hâtivement par d’apprentis excommunicateurs haineux booste l’ambiance de la conflictualité dans l’affaire. Aujourd’hui cette affaire kamite athéiste qui concerne une infime minorité activiste via les réseaux sociaux (principalement TikTok), est une épreuve pas anodine dans la communauté sooninké. Nous disposons potentiellement de ressorts sociaux et intellectuels nécessaires pour garder relativement les choses à l’endroit, ainsi il faut beaucoup de CERVEAU et de SOLLICITUDE et moins d’invectives, de menaces et d’arrogance.
*Conseil de lecture en photo cet ouvrage d’Ibn Taymiyya, introduit, traduit et annoté par professeur Muhammad Diakho Tandjigora connu Abu Alyas. Un livre lu plusieurs fois, très inspirant pour comprendre certaines notions liées à la croyance.
*terme lu (entendu) chez O Timera, ici j’y accorde la définition suivante : « musulman fait du sooninkaxu »
L’affaire récente impliquant une lycéenne inculpée de blasphème en Mauritanie a engendré des discussions passionnées au sein de la société, révélant des opinions contrastées quant à la manière dont l’accusation devrait être traitée.
L’incident a pris racine dans une copie rédigée par la jeune fille lors de l’épreuve d’éducation religieuse du baccalauréat en juin. Le parquet de Nouakchott a confirmé qu’elle aurait produit une rédaction jugée blasphématoire envers le prophète Mohamed (Paix et salut sur lui).
Cette révélation a déclenché un débat complexe et enflammé au sein de la population mauritanienne. Lors d’un micro-trottoir, diverses opinions ont été recueillies, reflétant la diversité des points de vue sur cette affaire délicate.
Une personne interviewée a exprimé une position rigide : « Une personne qui manque de respect au prophète, que ce soit un père, un frère, un fils, on doit l’exécuter. On ne doit pas lui pardonner. En tout cas, c’est mon avis personnel. » Cette perspective souligne l’importance accordée à la protection des valeurs religieuses et appelle à des sanctions sévères envers les actes de blasphème.
En contraste, un autre point de vue exprime des doutes sur la véracité de l’affaire : « Personnellement, je ne crois pas à cette histoire. C’est un complot contre cette fille. Je demande qu’on la libère et qu’on lui pardonne. L’injustice n’est pas acceptable. » Cette opinion met en évidence la méfiance envers les circonstances entourant l’accusation et appelle à un traitement plus équitable et pondéré.
Certains individus estiment que les autorités religieuses devraient jouer un rôle clé dans le processus de décision. « Cette jeune femme qui a nui à elle, moi personnellement je n’ai rien à dire. Ceux qui ont quelque chose à dire sont les Muftis. » Cette opinion met en avant le rôle des leaders religieux dans la résolution de telles affaires délicates.
Cependant, toutes les voix ne sont pas conciliantes. Une personne appelle à une condamnation plus sévère : « Je demande que les autorités la condamnent à mort. Oh mon Dieu, c’est un déni, alors on le nie. Louanges au Messager d’Allah. » Cette position souligne l’extrême gravité avec laquelle certains perçoivent le blasphème et appelle à des conséquences sévères.
L’affaire de blasphème en Mauritanie soulève des questions complexes sur la coexistence de la liberté d’expression et du respect religieux. Alors que certaines personnes insistent sur la nécessité de protéger les croyances religieuses, d’autres soulignent l’importance de préserver les droits fondamentaux et la justice équitable.
Dans une société où la religion occupe une place centrale, cette affaire continue de susciter des débats et de mettre en évidence la tension entre des valeurs apparemment contradictoires.
La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) vous propose l’interview accordée par monsieur Boubacar N’djim. Le coordinateur national du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme est un dynamique activiste dans l’arène droit-de-l’hommiste au Mali notamment l’engagement anti-esclavagiste. Il nous brosse quelques données de son militantisme et aborde l’actualité dans la sous-région ouest-africaine. Monsieur N’Djim, expert en gestion des conflits, est affilié à plusieurs structures dédiées à la défense des droits humains au Mali, comme la Coalition nationale des défenseurs des droits de l’Homme du Mali.
~ Ci-dessous ses réponses à nos questions :
● Question 1 : Bonjour monsieur N’Djim Boubacar, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
BN : Je suis un jeune activiste de la societé civile et militant des droits de l’homme au Mali, je suis très connu dans la lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali surtout dans le milieu soninké.
● Question 2 : Vous êtes une voix publique droit-de-l’hommiste au Mali depuis quelques années à travers le Mouvement pour la sauvegarde des droits humains (MSDH), actuellement quelle est la situation générale en matière de droits humains dans votre pays?
BN : La situation des droits de l’homme au Mali demeure préoccupante malgré la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, qui parle de droits de l’homme parle de justice sociale selon un rapport publié le 06 Janvier 2023 par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). L’accès des personnes déplacées à l’emploi formel peut les empêcher d’être victimes des formes contemporaines d’esclavage. Malgré les efforts déployés pour faire avancer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, de nouvelles difficultés sont apparues après que les mouvements signataires ont décidé de suspendre leur participation au mécanisme de suivi de l’Accord jusqu’à la tenue d’une réunion avec l’équipe de médiation internationale, destinée à discuter de l’avenir du processus de paix. Alors que l’insécurité continue de compromettre le rétablissement de l’autorité de l’État, la mise en œuvre de la stratégie de stabilisation des régions du Centre reste essentielle pour remédier à la situation actuelle. En dépit des défis complexes et multiformes il existe quelques éclaircies dans le domaine du processus de transition, dans le renforcement des capacités des Forces de Défense et de Sécurité Maliennes, la coopération face à la lutte contre le terrorisme. Tout cela semble être dissimulé par les effets d’une fracture géopolitique mondiale dont le Mali semble être l’épicentre en Afrique de l’Ouest, une situation qui génère tensions, polarisation, défiance généralisée et malsaine entre le Mali et une certaine partie de la communauté internationale et notamment la MINUSMA.
● Question 3 : la lutte contre l’esclavage par ascendance fait partie de votre champ d’engagement, quelle analyse-bilan faites-vous sur cette problématique et son traitement par les autorités maliennes ?
BN : Oui effectivement la lutte contre l’esclavage fait partie de nos objectifs, Certaines personnes naissent en esclavage au Mali parce que leurs ancêtres ont été capturés comme esclaves et que leurs familles « appartiennent » aux familles propriétaires d’esclaves – appelées « nobles » – depuis des générations. Les « esclaves » sont contraints de travailler sans rémunération, peuvent être hérités et sont privés des droits humains fondamentaux. De nos jours ce phénomène a engendré plusieurs morts et plusieurs centaines de déplacés dans la seule région de Kayes. On se rappelle attaques à Lani dans le Gadiaga, dans le Guidhimaka, du massacre de Diandjoumé , des attaques répétitives à bafoulabé,Nioro,Diema pour ne citer qu’eux. A la suite de ces différentes violations des droits de l’homme, une fissure s’est installée dans ces communautés qui ont vécu des siècles sans tensions et il faut aussi reconnaitre que ces faits ne sont pas nouveaux ce sont des faits très contemporains. Il existe une couche qui se dit noble la plus part vient des chefferies et entretient ces coutumes et us légués de façon très rigoureuse. Apres toutes ces atrocités toutes les organisations qui lutte contre l’esclavage réunies au sein de la Coalition nationale du lutte contre l’esclavage au Mali dirigé par la commission nationale de droits de l’homme ont mené plusieurs actions de sensibilisation et de plaidoyer en vue d’aider les victimes et d’alerter les autorités de transition pour que justice soit faite. C’est en ce sens que le Ministre de la Justice a instruit aux procureurs généraux du Mali en vue de mettre fin à cette question qui tyrannise notre société. Une session spéciale de La cour d’Assises de Kayes qui avait pour objectif de juger les infractions en lien avec la question de l’esclavage a été faite et le verdict a été sans appel pour le bonheur qui ne réclamait que justice Sur 3 Affaires, 100 accusés, 56 détenus. – 8 personnes condamnées à la peine de mort -1 condamnation par contumace -10 condamnations d’emprisonnement avec sursis -6 condamnations à la réclusion de 5 à 10 ans d’emprisonnement -11 condamnations allant de 2 à 5 ans d’emprisonnent -32 acquittements -2 arrêts civils Ces personnes sont accusées de crimes liées à la pratique de l’esclavage par ascendance dans les régions de Kayes, Kita et Nioro. Ceci est un effort louable de la part des autorités pour les victimes de l’esclavage par ascendance au Mali, nous félicitons également la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Mali (CNDH) à travers son Président Mr Aguibou Bouaré et toutes les organisations de la Coalition Nationale de Lutte contre l’Esclavage au Mali (CONALEM) qui ont œuvré pour que justice soit rendue. Par ailleurs toujours dans le cadre de la protection des victimes nous sollicitons de la part du gouvernement ; Le retour rapide des victimes déplacées internes et de l’esclavage par ascendance ; Et l’adoption d’une loi réprimant l’esclavage et les pratiques assimilées. L’État est le seul garant de l’effectivité de cette justice sociale, et le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Mr Mamadou Kassogué se sont personnellement investis pour une bonne redistribution de la justice.
● Question 4 : Quelle lecture faites-vous de sa situation politico-sécuritaire globale dans notre sous-région, nombreux coups d’État (Guinée Conakry, Burkina Faso, Mali et Niger..) ?
BN : Les coups d’État militaires en Afrique de l’Ouest suscitent des préoccupations majeures en termes de stabilité politique, de démocratie, de droits de l’homme et de développement. En renversant brusquement des gouvernements élus, les coups d’État créent souvent une instabilité politique, perturbent les institutions démocratiques et génèrent un climat d’incertitude. Ces événements contredisent les progrès démocratiques accomplis dans la région. Les principes démocratiques sont violés lorsque l’ordre constitutionnel est renversé par la force. Les impacts économiques sont également notables, avec des investissements et des échanges perturbés, entraînant des répercussions négatives sur le développement économique. En parallèle, les coups d’État peuvent occasionner des violations des droits de l’homme, allant de la répression des libertés civiles à la censure médiatique et à l’usage excessif de la force. Les groupes marginalisés sont souvent davantage vulnérables dans ces périodes de troubles. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et d’autres acteurs internationaux jouent un rôle crucial dans la prévention et la réaction aux coups d’État. Des pressions régionales et internationales sont exercées pour rétablir rapidement l’ordre constitutionnel. Les raisons des coups d’État sont complexes, allant de la corruption à la mauvaise gouvernance, des inégalités sociales aux tensions ethniques. Le contexte politique et social joue un rôle central, tout comme la prolifération des armes dans certaines régions. Chaque coup d’État est unique, mais la stabilité politique, la démocratie et le respect des droits de l’homme restent des défis constants. Des efforts soutenus sont nécessaires pour promouvoir des transitions pacifiques du pouvoir et renforcer la gouvernance démocratique dans la région.
Une partie de la population de ces pays veut de nouveaux alliés en ont marre de partenaires comme la France ou les Etats-Unis » Une partie veut de nouveaux alliés et même les Sénégalais en ont marre de partenaires comme la France ou les Etats-Unis » mais on ne peut ignorer que l’appel à une ‘voie panafricaine’ se fait de plus en plus sentir. Attendons de voir ce que cela va donner. Cependant, les crises politiques ne se résolvent pas par les armes mais par le dialogue. Des organisations comme la Cédéao et l’Union africaine, elles devraient prévenir les conflits, au lieu de cela, ils ont un pouvoir limité, étant dirigés par ces dirigeants contre lesquels les populations protestent ». Comme le président Macky Sall, qui au Sénégal est accusé de vouloir se présenter pour la troisième fois aux prochaines élections, alors même que la Constitution l’interdit. Pour mettre un terme aux coups d’État en Afrique de l’Ouest, il est essentiel d’adopter une approche globale impliquant des actions nationales, régionales et internationales.
Tout d’abord, le renforcement de la démocratie demeure une priorité majeure. Les nations doivent consolider leurs institutions démocratiques, garantir la primauté du droit et assurer des processus électoraux transparents. En promouvant des voies légales pour les changements de leadership, on réduit la tentation de recourir à des méthodes non démocratiques telles que les coups d’État. Les dirigeants politiques jouent un rôle crucial dans la prévention des coups d’État. En adoptant un leadership éthique, en luttant contre la corruption et en protégeant les droits de l’homme, ils renforcent la confiance des citoyens dans le système politique et dissuadent les actions illégales. Réduire les inégalités sociales et économiques est également essentiel. Une société plus inclusive, avec des opportunités équitables, diminue les frustrations qui pourraient conduire à des soulèvements et à des troubles politiques. Une réforme des forces de sécurité est impérative. Les armées doivent être professionnelles, apolitiques et soumises à un contrôle civil rigoureux. Former les forces armées à la responsabilité, aux droits de l’homme et au respect de la constitution renforce leur rôle en tant que gardiennes de la stabilité. Le dialogue politique est une arme puissante pour résoudre les différends politiques. Encourager les négociations et la médiation entre les différentes parties prévient les conflits qui pourraient dégénérer en coups d’État. La médiation régionale et internationale est un pilier essentiel. Les organisations régionales comme la CEDEAO doivent jouer un rôle actif dans la prévention et la résolution des conflits. Les pressions diplomatiques et les sanctions économiques peuvent décourager les acteurs impliqués dans les coups d’État. L’éducation civique est un investissement vital dans la prévention des coups d’État. Sensibiliser la population aux valeurs démocratiques, aux droits de l’homme et aux méthodes pacifiques de résolution des conflits favorise une culture de la paix. Le renforcement économique est un rempart contre l’instabilité politique. Promouvoir un développement durable et la création d’emplois réduit les tensions socio-économiques qui peuvent alimenter les troubles politiques. Le soutien aux médias indépendants est crucial. Les médias libres jouent un rôle crucial en surveillant le pouvoir et en informant les citoyens. Protéger leur liberté est une garantie contre les abus de pouvoir. Enfin, la promotion de la stabilité régionale est essentielle. La coopération entre les pays pour résoudre les conflits transfrontaliers et promouvoir la paix est un élément clé dans la prévention des coups d’État. En somme, mettre un terme aux coups d’État en Afrique de l’Ouest nécessite une approche à long terme, impliquant un engagement résolu en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de la stabilité économique, à la fois aux niveaux national, régional et international.
[SENALIOUNE]-L’hémorragie des coups d’Etat dans les pays du Sahel africain ne s’arrêtera pas avant l’instauration de la démocratie véritable dans ces Etats.
Ces propos ont été tenu ce jeudi 10 aout courant dans la capitale mauritanienne Nouakchott, par le député et président de l’IRA Biram Dah Abeid.
La Mauritanie s’expose à un coup de force identique aux putschs qui se sont produits au Mali, au Niger et au Burkina Faso, a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse.
Ni la France, ni les États-Unis d’Amérique ou l’Europe ne peuvent sauver les pays du Sahel des coups d’État, ni restaurer les présidents destitués, a-t-il lancé à l’adresse des journalistes fortement mobilisés à cette sortie médiatique du parlementaire, selon lequel, peuples du Sahel, assoiffés d’indépendance et insurgés contre les régimes corrompus et manipulés, feront front uni contre toute ingérence étrangère.
Les peuples des pays du Sahel considèrent désormais les putschistes comme des héros en raison de la corruption des régimes et de l’absence de démocratie, a-t-il ajouté, affirmant que la démocratie et la justice sont désormais les conditions sine qua none de la fin des coups d’État militaires.
Biram a vivement critiqué au cours de cette conférence de presse, la performance du pouvoir de l’actuel président Mohamed Ould Ghazouani, s’étonnant du refus du ministère de l’intérieur d’autoriser le parti « RAG » (Refondation pour une Action Globale), qui, dira-t-il, avait rempli toutes les conditions requises pour l’autorisation, sans se voir délivrer de récépissé.
Le député a critiqué par ailleurs, ce qu’il a appelé, une tentative de reconduire l’actuelle Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) afin de superviser les prochaines élections présidentielles.
Je ne briguerai pas les suffrages des électeurs, si jamais la même CENI est maintenue pour la présidentielle de 2024, a catégoriquement déclaré Biram, renouvelant sa fermeté à poursuivre sans relâche son combat sur le terrain et par tous les moyens disponibles contre le pouvoir.
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