● Entretien exclusif avec Gaye TRAORE, président de Ganbanaxu fedde (OndeInfo Nouakchott)

Dans cette interview, ondeinfo a donné
l’opportunité à M. Gaye TRAORE, président de Ganbanaxu fedde, de passage à Nouakchott,  d’édifier « les communautés Soninké »  du monde et même au-delà,  sur le combat que mène son mouvement depuis maintenant 5 ans, dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, principalement, – Mauritanie, Mali, Sénégal, Gambie –  à travers la diaspora et les réseaux sociaux.
Ce mouvement réformateur que d’aucuns appellent révolutionnaire s’attaque aux idées iconoclastes et fait de la lutte contre  l’esclavage par ascendance, sous toutes ses manifestations en milieu Soninké, l’une de ses priorités.
Pour Gaye TRAORE, le combat de Ganbanaxu est aussi  une question de défense de droit humain, en harmonie avec les lois de la république Islamique de Mauritanie où l’esclavage est criminalisé.
Ainsi, c’est avec beaucoup de sérénité, de conviction et  d’éloquence que M. TRAORE s’est prêté à nos questions.

Ondeinfo : Qu’est-ce que Ganbanaxu fedde ? Présentez-nous brièvement, votre mouvement.

M. Gaye Tene Traoré : Bonjour !  Ganbanaaxu Fedde sous le format forum initié par mes soins étant à l’époque secrétaire général d’Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Eradication de la Pratique de l’Esclavage et ses Séquelles) créée en 2010, a été lancé le 5 octobre 2016 comme un espace d’échanges et de sensibilisation sur l’application WhatsApp. Aujourd’hui, c’est une mouvance anti-esclavagiste transnationale à travers l’ensemble communautaire sooninké et au-delà. Il y a plusieurs entités associatives qui la composent sous différentes dénominations d’un pays à l’autre. Côté mauritanien, l’alliance structurelle Ganbanaaxu est composée d’Amees, d’Uvds, d’Armepes-France et de l’association Ganbanaaxu Fedde RIM. Par ailleurs, sous le vocable Ganbanaaxu, il faut y compter une assise ingénieuse d’une composante sociale naissante qui prend corps peu à peu, dont le credo est l’effectivité d’une Fraternité Réelle et d’une Égalité Sociale et citoyenne. 

Le mouvement Ganbanaxu est souvent accusé à tort ou à raison, d’être extrémiste, d’avoir mal posé la question de la lutte contre l’esclavage coutumier. Que répondez-vous ? 

Je dirais, c’est un mauvais procès dégainé par certains détracteurs de notre Cause humaniste qui font de la fuite en avant. La perfection est de l’ordre du Divin, nous ne sommes extrémistes en rien du tout. Nous avons posé un débat autour d’une problématique très taboue jusque-là ; et les tensions ont surgi par les réactions acerbes venant des milieux réactionnaires dans le déni.

Certains de leurs extrémistes ont constitué de groupes WhatsApp comme « Démocratia-Islamique», « Tunkalenmu mbafade Daxa », « fans donald trump » et d’autres pour se soutenir et en faisant de l’apologie de cet esclavage par ascendance et des contre-campagnes anti-reformes dans la société sooninké. Nous avons toujours articulé nos mobilisations militantes autour du droit et des textes constitutionnels dans nos pays. Nous demandons une égalité sociale et citoyenne et refusons les discriminations liées aux coutumes féodalo-esclavagistes. Un projet pareil va heurter les mentalités moyenâgeuses qui n’admettent pas une communauté sans les hiérarchies sociales humiliantes.

Quel bilan faites-vous de la lutte contre l’esclavage coutumier, que d’aucuns appellent féodalité en milieu Soninké ? 

L’esclavage par ascendance serait le terme adéquat pour ressortir le fond de la réalité. Le caractère tabou a été dégoupillé à jamais et la prise de conscience massive est irréversible aujourd’hui. Le langage apologétique de l’esclavage n’est plus normalisé comme avant. Et toute la communauté sooninké dans son ensemble est interpellée sur la problématique et il nous faut ensemble définir un cap d’un nouveau Vivre-ensemble selon l’ordre citoyen et l’égale dignité entre tous ses membres. Un défi à toutes les voix progressistes, je rappelle que des réformes sont nécessaires pour un nouveau pacte social en phase avec notre époque.

L’esclavage est un crime en Mauritanie, quels rapports entretenez-vous avec les autorités Mauritaniennes ? Le mouvement Ganbanaxu est-il consulté ou associé à la lutte contre ce fléau ? 

La Mauritanie est bien dotée d’un arsenal juridique concernant cette problématique d’esclavage, je dirais que l’esclavage par ascendance n’est pas bien pris en compte dans sa spécificité. Il en faut davantage à ce niveau pour couvrir avec pertinence les manifestations sociétales de l’esclavage par ascendance ancré socialement dans nos différentes communautés.

Nos contacts restent timides avec les pouvoirs publics et nous continuons notre plaidoyer pour expliciter et exposer le fond sérieux de notre engagement dans le sillage global de la société civile droit-de-lhommiste en Mauritanie.

Au cours de cette année, le discours de Ouadane du président de la République son excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et celui du président de l’Assemblée Nationale Cheikh Ould Baya indexant les préjugés ou autres stigmatisations liés à une certaine hiérarchisation sociale, nous y avons trouvé de données similaires aux objectifs de notre engagement.

A l’heure actuelle, n’est-il pas temps que les Soninkés se réconcilient entre eux ?

La paix a un prix, le mouvement Ganbanaxu est-il prêt à négocier, auquel cas à faire des concessions et des compromis ? 

La paix, la vraie ne se refuse jamais. Nous ne réclamons rien de miraculeux d’ailleurs, il suffit que l’ordre régalien étatique à différents niveaux retrouve sa plénitude et sa rigueur dans nos localités pour tout mettre à l’endroit. Tout ce qui est du domaine public (foncier, l’imamat ou la gestion des mosquées par exemple), c’est à la force publique d’arbitrer fermement avec justice là où il y a litiges. Ce qui est de l’ordre de l’organisation coutumière, la qualité de Citoyen va prévaloir pour nos familles et nos composantes sociales. Ainsi l’autorité publique doit s’appliquer sur nous comme d’autres sans filtres ni intermédiaires d’un régime féodal. Tous égaux en droits, en devoirs et en dignité. 

En tant que président du mouvement Ganbanaxu, vous jouissez d’une grande aura en Mauritanie, au Mali, au Sénégal, en Gambie et ailleurs. Vous êtes souvent en Mauritanie, pour les vacances, mais vous êtes quasi absent sur les médias publics et privés. 

Est-ce un choix de votre part ? 

 Non, ce n’est pas un choix de notre part, je dirai une censure ourdie quelque part peut-être. Mon chargé de communication Koundou Soumaré avait écrit une contribution sur cet élément de constat il y a quelques années. Cet effacement sur l’espace médiatique public serait du fait d’un lobbying anti-Ganbanaxu qui ne dit pas son nom en coulisses. Nous portons un discours d’appel à l’égalité citoyenne et à la dignité humaine, et certains milieux soninkés introduits et influents pro statu quo intra-communautaire, dans certains services ne veulent pas d’une diffusion large d’un pareil discours.

Du coup, nous nous contentons de nos propres canaux médiatiques accessibles (Réseaux sociaux, sites internet et blogs) pour communiquer avec efficacité d’ailleurs. La présente interview avec OndeInfo en est une preuve notable. 

Si le mouvement Ganbanaxu était invité à participer au FISO, festival International Soninké, qui se tiendra à Nouakchott, en février 2023, répondra-t- il favorablement à l’invitation ? 

Notre mouvement ne rejette pas une invitation qui se ferait dans des règles claires et correspondantes aux principes de notre engagement. Ainsi si cette invitation arrivait à l’occasion du FISO annoncé en février prochain à Nouakchott, en toute transparence nous allons apprécier les contours et les conditions, et décider au final la pertinence d’y répondre favorablement ou pas. Pour l’instant donnons le temps au temps, on verra bien le moment venu. 

Si une perspective de réconciliation et de sortie de crise s’offrait aux Soninkos, le mouvement Ganbanaxu a-t-il des points sur lesquels, il reste intransigeant ?

Au risque de me répéter, je dirais encore si l’autorité publique s’implique sérieusement, nous sommes disposés à discuter et à trouver des solutions de paix et d’entente sociale. Et notre mouvement ne démoderait rien de particulier qui serait contraire aux droits garantis à tout (e) citoyen(ne) par la Constitution de notre pays. Par ailleurs nous n’accepterions jamais une quelconque soumission sociale à un ordre féodalo-esclavagiste. Notre référence suprême sera la loi qui ne reconnaît que le Citoyen comme unité régalienne par essence avant tout autre considération d’ordre coutumier ou autre.

Peut-on considérer Ganbanaaxu Fedde comme une organisation de droits humains ?

Oui, la mouvance Ganbanaaxu Fedde évolue dans le champ de la défense des droits humains. Du côté mauritanien, l’entité associative Ganbanaaxu Fedde Mauritanie dispose de sa reconnaissance officielle il y’a quelques mois et ses objectifs sont clairement énoncés pour le droit. Notre ambition est de l’intégrer dans la société civile droit-de-l’hommiste avec efficience.

Propos recueillis par Seyré SIDIBE  

©️ Repris via ondeinfo https://ondeinfo.com/entretien-avec-gaye-traorepresident-de-ganbanaxu-feddeentretien-avec-gaye-traore/

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● Fiso – Mauritanie 2023 | Questionnements sur les attentes ! Par Souleymane SIDIBÉ

L’universitaire feu Ousmane Moussa Diagana a écrit un Dictionnaire soninké- français (Mauritanie). L’ouvrage comprend près de 5800 entrées. Un travail incroyable ! Il avait aussi, en tant que linguiste et « puits de savoir », écrit La langue soninké, morphosyntaxe et sens. Cet ouvrage -que j’aimerai lire- est sans doute un legs pour notre génération et celles du futur.

Deux questions nécessitent l’attention : Est-ce que les sooninké et amoureux de la langue ont valorisé ce travail colossal et tant d’autres ?

Y’a t-il eu une suite pour prendre le flambeau ?

On voit l’organisation du Fiso (Festival International Soninké) depuis des années.
Des personnes de tous bords en pays sooninké se retrouvent pour « fêter » la culture sooninké : soonikaxu. D’ailleurs, comme toutes les cultures de la civilisation Ouest-africaines, la culture sooninké a ses hauts et ses bas. Ses tares et ses manques. Cette culture regorge aussi dans ses vestiges des principes pour la consolidation de la fierté et de la dignité.

Le festival transnational prend-t-il en compte le travail scientifique de Feu Ousmane Moussa Diagana et d’autres personnes ? Bis repetita !

La rencontre rappelle l’organisation étriquée de la société sooninké ; sans aucun doute. Certains se chargent des procédures administratives, les « biens nés », les autres « pseudos-humains » se chargent des tam-tams et de la cuisine. Les dits griots trouvent leur compte. L’ego est conforté. Les exigences de la modernité sont oubliées. Le folklore à son apogée. La culture se limitera aux chants et danses. A la présentation d’objets qui n’ont de sens que dans le subconscient. Jamais utilisés au quotidien. C’est aussi le lieu de la promotion des « grands maîtres » de cérémonies. Les docteurs de tous bords. Les professeurs. Ce que les « diables » aux marmites dans le cadre des festivités ordinaires ne peuvent comprendre.

Espérons que la publication du Glossaire Français- Soninké préfacé par Barbara Cassin, membre de l’Académie française, connaîtra un franc succès cette saison, oups cette année lors de la rencontre du «peuple sooninké«. Un peuple ou un groupe sociolinguistique attaché à Wagadu, l’allégorie de léclatement social. Le groupe de « Sooni remu », les enfants de Sooni, se sont dispersés et ont hérité de l’appellation « Soonikara », l’éclatement de Sooni. Un Soninké : « soni nké » est alors un individu parlant la langue et partageant cette culture. Étant donné que cette dernière, c’est ce qui dans la nature est l’œuvre de l’humain : elle doit évoluer et prendre en compte les exigences de la modernité à savoir le principe de justice et d’égalité… Pourquoi pas d’équité face aux institutions?

Cette année, le Fiso se fera de nouveau à Nouakchott-Mauritanie en février, le thème aurait pu porté sur l’apport des recherches scientifiques sur la langue sooninké pour la revalorisation de l’être sooninké… On aurait pu pousser loin en brossant un état des lieux, en étudiant la place de la culture, de la langue ; même l’épineuse question des pratiques attentatoires à la dignité humaine : l’excision des femmes encore courantes, les conséquences du lévirat, le soroat, l’esclavage par ascendance, etc. Surtout le phénomène de caste qui est un véritable cancer social. Mais non ! Le thème portera sur l’agroalimentaire. L’agro

L’APS (Association pour la promotion de la langue soninké) prendra comme à l’accoutumée les devants de la scène. Les cadres, dit-on, qui n’assistent à aucune manifestation ou rassemblement pour les langues s’érigeant en défenseur de la langue seront les messagers des autorités… Quelle finalité ?

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● Education : le ministre interdit le port de la darâa dans les classes (Circulaire)

Future Afrique – Le ministre de l’Education nationale et de la réforme du système éducatif a remarqué au cours de ses visites dans les établissements d’enseignement public que certains fonctionnaires surtout les enseignants ne respectent pas la tenue correcte, selon une circulaire N° 029 rendue publique, aujourd’hui, lundi 31 octobre 2022.

Par conséquent, il a exhorté les autorités administratives et éducatives à veiller strictement au respect du port de la tenue correcte pendant les heures de travail.

Il a précisé selon le document, que le port du boubou (Darâa) est interdit dans les classes et pendant les heures de travail.

Pour rappel, depuis l’ouverture des classes, le 3 octobre dernier, le ministre M. Brahim Vall Mohamed Lemine effectue des visites inopinées et prévues dans les établissements au niveau des trois wilayas de la capitale.

Synthèse A.SIDI

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=760612

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● La composition de la CENI | La réaction du président du parti RAG Oumar Ould Yali

La Présidence de la République vient de publier, ce jour, lundi 31/10/2022, le décret portant nomination des onze membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante, suite à une série de réunions illégales tenues sur invitation de partis politiques par le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.
Les débats autour du choix de ces membres ont buté sur la divergence relative à l’indépendance des membres vis à vis des formations politiques ou à leur provenance de celles-ci. L’analyse des conclusions auxquelles est parvenu le conclave entre Ministère de l’Interieur et partis politiques fait ressortir que l’option retenue a été de choisir l’ensemble des membres de l’Institution parmi ceux des formations politiques ayant pris part aux réunions, excluant ainsi délibérément, certaines forces politiques de poids telles AJD/mr représentée au Parlement et les partis FPC et RAG bénéficiant de la légitimité du peuple mauritanien mais dont la légalité est toujours injustement confisquée par le Ministère de l’Intérieur pour des raisons qui ne disent pas leur nom.
Plus grave, la reproduction du partage du gâteau par les formations politiques parties prenantes dénature complètement l’esprit et l’objectif de la CENI qui se veut indépendante comme son nom l’indique, indépendante du pouvoir exécutif représenté par le Ministère de l’Interieur et Indépendante des formations politiques.
Ainsi, le conclave dont il est question ci-dessus n’a été en fin de compte que la montagne qui accouche d’une souris. En effet, en tordant le cou à la loi instituant la CENI, en se substituant au pouvoir législatif du pays, en sabordant les acquis démocratiques enregistrés par l’opposition et excluant des forces incontournables s’agissant d’une question de la vie nationale, le Ministère de l’Interieur de même que les partis politiques ayant participé aux travaux du conclave ont créé une situation dont eux et seulement eux assument l’entière responsabilité des conséquences.

Nouakchott le, 31/10/2022.
Oumar Yali , président du Parti RAG

● La Présidence de la République annonce la désignation des membres de la CENI Nouakchott

La Présidence de la République annonce

– En couronnement de l’accord politique issu de la concertation entre le gouvernement et les partis politiques en date du 26 septembre 2022 ;

– Après avoir pris connaissance du communiqué de la Commission électorale nationale indépendante rendu le 3 octobre 2022,

– Sur la base des propositions de la majorité et de l’opposition en date du 31 octobre 2022,

– En application des dispositions de la loi n° 027 – 2012 du 12 avril 2012 modifiée portant création de la Commission électorale nationale indépendante, notamment en son article six (nouveau).

– Et en application des dispositions de l’article 4 du décret n° 055-2018 du 28 mars 2018, précisant les modalités de nomination des membres de la Commission électorale nationale indépendante :

Les personnes dont les noms suivent ont été nommées membres de la Commission électorale nationale indépendante :

1) Ebbe Ould Mbari

2) Dah Ould Abdel Jelil

3) Babocar Souley

4) Baba Ould Boumeiss

5) Bilal Ould Werzeg

6) Djeinaba Tandia

7) Koumba Sy

8) Lamina Mohamed Bouya Momme

9) Mohamed Lemine Ould Dahi

10) Mohamed Mokhtar Melil

11) Moulaye Ould Brahim

©️ via ami.mr https://ami.mr/fr/index.php/2022/10/31/la-presidence-de-la-republique-annonce-la-designation-des-membres-de-la-ceni/

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● APPEL du 28 octobre 2022

Mohamed BABA – La Mauritanie traverse une crise profonde et multidimensionnelle. La période électorale qui s’annonce revêt un aspect crucial pour l’avenir de notre pays. Elle opposera deux principaux pôles qui marquent aujourd’hui la scène politique :

-le pôle du changement comprenant de nombreux courants et initiatives politiques, émergeant sous l’impulsion d’une élite jeune et prenant en charge les revendications de larges couches sociales, conscientes du besoin impérieux de changement.

Ce pôle du changement a aussi l’ambition de consolider les acquis démocratiques en s’appuyant sur les expériences accumulées par la très longue et tortueuse lutte de l’opposition ces dernières décennies ;

-le pôle du statu quo, organisé autour d’une majorité présidentielle éclatée, tiraillé et englué dans ses contradictions, sans cap clairement défini ni leadership affirmé. Ce pôle du statu quo est de plus discrédité par le bilan désastreux du pouvoir en place. Son principal ferment de pensée puise sa force dans ce qui est le plus rétrograde à savoir le clientélisme, le tribalisme, le régionalisme et le communautarisme. À ces références persistantes sont venus s’ajouter, la corruption généralisée, la gabegie, le détournement des biens publics, le trafic d’influence et le blanchiment de l’argent sale.

Pour mener le pays vers une démocratie réelle et apaisée, le Pôle du Changement a besoin de garantie quant à la sincérité du scrutin et à la liberté de concourir. Cela passe par la mise en échec et la dénonciation des velléités, clairement affichées, du Pôle du Statu quo, aidé en cela par une Administration domestiquée, de torpiller le processus, le calendrier comme les opérations électorales en vue du contrôle effectif des résultats.

Nous PATRIOTES REFONDATEURS, lançons un appel à l’ensemble des acteurs politiques (partis, organisations de la Société Civile, leader d’opinion…) qui se reconnaissent dans les valeurs et objectifs du Pôle du Changement, ici décrits, pour agir ensemble afin de :

– se dresser, dans le cadre d’un front organisé et uni, autour d’une plateforme commune, contre les velléités du Pouvoir à instrumentaliser l’Administration au profit du Pôle du Statu quo ;

-exiger un Recensement Administratif à Vocation Electorale (RAVEL) large conduisant à l’établissement d’une nouvelle liste électorale pour assurer la participation de tous ;

-faciliter l’accès à la candidature : agrément pour les partis l’ayant demandé et autorisation donnée aux candidatures indépendantes ;

-mettre en place une institution chargée de l’organisation de l’élection, réellement indépendante et dotée des moyens juridiques et financiers lui permettant d’accomplir sa mission.

Nouakchott le 28 octobre 2022

Les signataires :

Outouma SOUMARÉ

Cheikh SIDI HANENA

Ahmed HAROUN CHEIKH SIDIYA

Lebat MAAYOUF

Maalouma BILAL

Abdallahi EL MOUNIR

Mohamed BABA SAÏD

Seydi Moussa CAMARA

Dame Yaré FALL

Khadijetou SIDINA

Isselmou MAALOUM

Alou Idrissa Yero SOW

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=760582

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● Ophtalmologie : Moussa Khairy tape dans l’œil d’une expertise mondiale

La Dépêche – Notre compatriote, Moussa Khairy, patron du salon ophtalmologique qui porte son nom, tape dans l’œil d’une expertise mondiale.

Celle du premier fabricant mondial de verres optiques Essilor qui lui a dédié une attestation d’expert ; une reconnaissance qui vaut son pesant de crédibilité quand on sait qu’Essilor International est spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de verres correcteurs et d’équipements d’optique ophtalmique.

Essilor est mondialement connu pour être à l’origine de la fabrication du premier verre progressif Varilux.

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=760568

● Présidentielle au Brésil : Lula élu président d’une courte tête face à Jair Bolsonaro

L’ex-sidérurgiste de 77 ans, qui avait connu la prison pour corruption (2018-2019) avant de voir ses condamnations annulées par la justice, effectue un spctaculaire retour au sommet de l’Etat.

Au terme d’une campagne d’une tension extrême, les Brésiliens vont connaître le verdict du second tour de l’élection présidentielle. Le président sortant d’extrême droite, Jair Bolsonaro, est opposé à Lula, déjà élu deux fois à la tête du pays et icone de la gauche brésilienne. Les sondages en font le favori, mais pas le vainqueur certain. Les bureaux de vote, qui avaient ouvert à 8 heures, ont fermé à 17 heures (heure locale, soit 21 heures à Paris). Le dépouillement, qui a débuté, devrait durer deux à trois heures. Suivez l’attente des résultats dans notre direct.

Le camp Lula accuse la police de perturber le vote. La présidente du parti de Lula a demandé l’arrestation du chef de la police routière fédérale, partisant revendiqué de Jair Bolsonaro, qu’elle accuse d’avoir mis en place des contrôles routiers en violation d’une décision de justice, en vue de compliquer l’accès aux urnes d’électeurs de gauche. Le Tribunal supérieur électoral a ordonné, à quelques heures de la fin du vote, la levée de barrages filtrants, qui ont « retardé l’arrivée des électeurs » dans les bureaux. Les témoignages proviennent notamment du Nord-Est, fief de la gauche : « C’est inadmissible ce qui se passe en ce moment dans le Nord-est », a déploré Lula sur le réseau social Telegram.

L’écart s’est resserré ces dernières semaines. Si les sondages prédisent depuis des mois un troisième mandat de quatre ans à Luiz Inacio Lula da Silva, après ceux de 2003-2010, Jair Bolsonaro, 67 ans, peut encore y croire. Selon l’ultime enquête Datafolha samedi soir, l’écart s’est resserré, avec une victoire de Lula à 52%-48%. La marge d’erreur est de +/- 2 points et les sondages avaient lourdement sous-estimé le score de Bolsonaro au 1er tour.

 Une campagne de « fake news » et de désinformation. S’accusant mutuellement de mentir, Bolsonaro et, dans une moindre mesure Lula, ont alimenté la machine à désinformation, qui a fonctionné comme jamais au Brésil. Les réseaux sociaux, unique source d’information de la majorité des 170 millions d’utilisateurs brésiliens, ont véhiculé une masse inédite de fausses informations.

©️ via https://mobile.francetvinfo.fr/monde/bresil/direct-presidentielle-au-bresil-suivez-la-journee-de-second-tour-avec-un-duel-qui-s-annonce-serre-entre-bolsonaro-et-lula_5448595.html#xtref=acc_dir

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● Mot du Blog | Après le visionnage d’un épisode du film en pré-montage de Michael Hoare sur une phase tumultueuse de la vie politique mauritanienne.



Un événement organisé à Paris ce samedi 29 octobre 2022, par l’association Avenir vivable http://www.avenirvivable.ouvaton.org/. Au sein de la Halle Saint Pierre dans le 18ème arrondissement à quelques pas du touristique Sacré Cœur.

Avant la projection, un fils de monsieur Hoare nous a servis une brève présentation de 3 artistes peintres mauritaniens . Il s’agit d’Amy Sow, d’Oumar Ball et de Saleh Lo. Il a annoncé un chiffrage donnant que la Mauritanie compterait autour de 100 artistes peintres et que le domaine n’est pas assez valorisé.



L’épisode du film retrace une partie tumultueuse de l’histoire politique mauritanienne. Le réalisateur précise que d’autres épisodes ont été diffusés et en accès libre via sa plateforme YouTube https://youtube.com/user/HoareMichael. Et d’autres vont suivre prochainement.

Le titre de l’épisode du jour est « Des années 70 à la rédaction du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé » devant le public d’une vingtaine de spectateurs, il retrace un pan de l’historique politique mauritanien. Archives télévisuelles et des témoignages d’acteurs de l’époque, le film est très instructif et donne un aperçu fouillé sur cette période politique tumultueuse dont les répercussions restent marquantes dans les enjeux tendus d’aujourd’hui. Notamment ceux qui sont liés à la problématique de la cohabitation entre communautés ethno-raciales en Mauritanie. La question sur l’identité du pays a surgi dès sa naissance, et j’ose remarquer qu’il n’a pas eu de baptême consensuel pour la jeune personnalité « Mauritanie ». Son premier président feu Moktar Ould Daddah opta pour un forcing unilatéral vers l’arabité au profit de son ensemble ethno-racial d’origine (arabo-berbère). En face l’ensemble negro-africain (hors haratines) se sentant piégé par un processus d’arabisation de la personnalité politique et culturelle « Mauritanie », a réagi avec de groupes contestataires qui émergent contre l’ordre étatique en déséquilibre progressif entre les 2 ensembles. Ainsi on notera l’affaire des dix-neuf du Manifeste de 1966, par la suite la composition clandestine des Flam (Forces de libération africaines de Mauritanie) en 1983. En 1986, le Manifeste du Négro-mauritanien opprimé est sorti et non signé selon les propos de monsieur Ibrahima Abou Sall (co-rédacteur du Manifeste). Intervenant principal dans le film, monsieur Sall était présent physiquement dans la salle et ses réponses et explications ont été édifiantes avec quelques détails poussés. D’ailleurs j’ai des regrets de n’avoir pas filmé son intervention après le visionnage du film. Dans le documentaire, j’ai observé une analyse clinicienne dans certains propos du Chercheur mauritanien Abdel Wedoud Ould Cheikh. En substance dans un propros, il laissait entendre qu’à la genèse de cette Mauritanie au départ, il y’a eu affrontement pour le pouvoir (sources de richesses et de puissance) entre les milieux élitistes et lettrés issus des aristocraties ethno-raciales de deux ensembles (arabo-berbère et negro-africain).

À titre informatif, on apprend que le Manifeste d’avril 1986 est composé de 46 pages et a été traduit en arabe et en langue pulaar. Monsieur Sall, secrétaire des Flam au premier congrès (13-14 mars 1983) assure qu’ils ne trouvaient pas de traducteurs sooninké et Olof en qui ils ont confiance vu la situation de clandestinité de la mission.

✍️🏿KS pour le BLOG

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● Ces Africains, étrangers chez eux | Par Tierno Monénembo

Dans le discours controversé qu’il a prononcé du haut de la tribune des Nations-Unies le 24 Septembre dernier, le Premier Ministre Malien par intérim, Monsieur Abdoulaye Maïga, a qualifié d’étranger, le président du Niger, Monsieur Bazoum, faisant sans doute allusion aux origines arabes de celui-ci. Cette malheureuse sortie nous pousse à émettre deux remarques. De même qu’un ministre français-surtout celui des affaires étrangères- n’a pas à décerner un certificat de légitimité à un gouvernement malien, un Premier Ministre malien n’a pas à décréter qui est Nigérien et qui ne l’est pas (il a autre chose à faire surtout par les temps qui courent !). D’autre part, en ce moment crucial où, accablée de misère et de crises de toutes sortes, l’Afrique cherche confusément l’union salvatrice, ce propos xénophobe sonnent comme une hérésie dans la bouche d’un homme d’Etat de cette envergure, surtout dans cet espace soudano-sahélien, où depuis toujours, le brassage a été la règle.

Les puissants empires et royaumes qui s’y sont succédé et le génie assimilateur de l’Islam y ont largement favorisé le mélange des langues, des ethnies et des races. En tout état de cause, les Peuls, les Mandingues, les Songhaïs et les Arabes ne sont étrangers nulle part dans cette portion du continent : pas un recoin qu’ils n’aient foulé ; pas une ethnie à laquelle ils n’aient mêlé leur sang !

C’est le moment ou jamais de tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle il existerait une Afrique Noire et une Afrique Blanche. Le Sahara n’a jamais été une frontière, une barrière infranchissable. C’est un placenta civilisationnel. Noirs et Sémitiques ont toujours vécu ensemble que ce soit au bord du Nil ou au cœur du Sahara. Ils ont peuplé l’Egypte Ancienne où leur brassage a donné ce que les contemporains des pharaons ont appelé la race intermédiaire. Entendez, les Ethiopiens, les Somaliens, les Soudanais, les Toubous, les Peuls, les Touaregs et même une bonne partie des Mandingues.

Le Premier Ministre Maïga sait qu’il y a des Arabes dans son pays, le Mali, surtout à Tombouctou, ville dont il est probablement originaire. Il en existe en Mauritanie, au Niger, au Tchad, même au nord du Cameroun. Si on y ajoute les diasporas libanaises, l’Arabe devient aussi commun que la plus autochtone de nos ethnies. Quant au Maghreb, cette fausse Afrique Blanche, que l’on me montre donc un seul bled qui n’a pas ses Noirs ! Les Noirs et les Arabo-berbères ne sont pas étrangers les uns aux autres en dépit des vicissitudes de l’Histoire.

Le panafricanisme doit commencer à la maison. Si nous cultivons la tolérance ethnique, raciale et religieuse dans nos familles et dans nos villages, l’unité africaine se fera d’elle-même. Regardons autour de nous : le maire d’Amsterdam est un Marocain d’origine, celui de Londres, un Pakistanais. Le nouveau Premier Ministre britannique est un Indien. Il y a quelques jours, le ministre des Finances du roi Charles III était un Ghanéen. Et nous, nous en sommes encore à nous demander si le Dioula de Côte d’Ivoire est ivoirien, si le Peul de Guinée est Guinéen, si l’Arabe du Niger est Nigérien, si le Bamiléké du Cameroun est camerounais, si le Soninké de Mauritanie est mauritanien, si le Noir de Tunisie est tunisien…

Triste Afrique !

Tierno Monénembo

Source : Le Point

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