Conservatisme, féodalité, système des castes : pour un regard lucide. (Partie 1) Par BA Bocar Oumar.


« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente ».

« Une civilisation qui choisit de fermer les yeux sur ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation éteinte ».

Aimé CESAIRE, « Discours sur le colonialisme ».

Le récurent débat sur la notion de « féodalité » dans notre société mauritanienne impose aux gens honnêtes d’en faire le leur. Il ne s’agit pas ici de questionner son actualité, ni sa pertinence, mais les moyens de son intelligence et de sa compréhension. L’enjeu pour moi ici, est de tenter modestement de replacer la question au centre d’un débat serein et dépassionné, loin de l’invective facile et du sauve-qui-peut archaïque et réactionnaire qui caractérisent bien souvent certaines postures sur la défensive. L’ensemble rendant les échanges sur les réseaux sociaux parfois inaudibles en raison du dialogue parallèle ainsi instauré. Il me semble que l’avenir de nos enfants, car c’est de lui qu’il est question au final, mérite mieux. Essayons donc de comprendre dans quoi nous sommes pris dans ce débat.

Je n’ai évidemment pas la prétention de commettre une réflexion anthropologique exhaustive sur la féodalité en société mauritanienne. Un regard qui se veut lucide sur cette question dans le groupe sociolinguistique Peul auquel j’appartiens suffirait déjà à sa peine…Il n’empêche cependant qu’un propos préliminaire sur la nature conservatrice du pays qui est le nôtre, et par conséquent sur le détournement de l’Etat moderne qu’elle occasionne, autoriserait des ouvertures de fenêtres sur ce qui se passe chez les voisins.
Il se trouve effectivement, que notre pays se caractérise par le fait que très tôt, les pôles de décision traditionnels (chefferies, tribus, castes dites nobles, etc.), ont investi les structures de l’état, figeant ainsi dans une forme de conservatisme cette institution qui était peut-être la seule à avoir vocation à impulser efficacement les politiques nécessaires à la transformation sociale et à la lutte contre les archaïsmes de nos sociétés rurales. Et c’est à ce niveau que la féodalité, au sens où on pouvait l’entendre dans le moyen-âge européen (pouvoir territorialisé de seigneurs contrôlant des fiefs), peut s’entendre en République Islamique de Mauritanie. Non pas que nous aurions en Mauritanie des seigneurs et des fiefs, mais bien davantage dans la tension permanente entre état moderne et pouvoirs traditionnels. La persistance d’une forme d’aristocratie au sein même de la gouvernance étatique a forcément pour conséquence d’affaiblir celle-ci et de retarder l’émergence d’une citoyenneté unique pourtant seul gage de l’égalité. Car l’émergence du citoyen fait renaître la loi face à la coutume. Et la loi est en principe seule garante de l’égalité citoyenne qui n’établit en définitive de verticalité que vis-à-vis de l’Etat. Mais tout cela fut hélas jusque-là un enjeu insuffisamment porté.

Ni les discours aux relents « progressistes » de nos dirigeants, encore moins les incantations de certains de nos théoriciens du grand soir, n’ont suffi à bousculer sérieusement les déterminismes sociaux, les réflexes de stigmatisation et les crispations culturelles et mentales qui nous habitent tous. Et cela, parce qu’entre le discours de tribune bien souvent produit par mimétisme et fidélité à des idéologies (voire à des « idoles ») occidentales, et l’attitude à tenir en toutes circonstances en société, il y a un gouffre que l’on se pardonne assez facilement en Mauritanie par schizophrénie.

Et ce conservatisme banalisé par tous, quand il n’est pas sciemment entretenu par tous, n’aide naturellement pas à l’émergence d’un vrai débat autocritique sur nos sociétés et leurs archaïsmes. Il n’y a guère que les coups de boutoir des victimes de ces archaïsmes pour obliger nombre d’entre nous à ouvrir les yeux aujourd’hui. La société Peul de Mauritanie n’échappera pas à un nécessaire examen de conscience ; car son histoire cache bien des cadavres dans le placard. Sa stratification actuelle qui est le produit de cette histoire, se retrouve dans la centralité même du débat.

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Mauritanie | le premier ministre préside une réunion du comité ministériel chargé des droits de l’homme

Le comité ministériel chargé des droits de l’homme a tenu une réunion, aujourd’hui lundi, sous la présidence du Premier ministre M. Mohamed Bilal Messaoud.
Au cours de la réunion, le commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Mohamed El Hacene Ould Boukhreiss, a présenté au comité un rapport détaillé sur l’avancement de la mise en application des traités et engagements internationaux signés par la Mauritanie, des mesures qui ont été effectivement prises et celles qui doivent être prises pour compléter le l’arsenal nécessaire pour assurer le respect des droits des individus, en particulier, les enfants et les femmes, pour les protéger contre l’exploitation et le travail forcé; ainsi que le soutien aux tribunaux spécialisés dans les affaires d’esclavage, par le renforcement de leurs capacités humaines et la spécialisation de leurs membres.
Le comité a félicité la commission pour le travail qu’elle a accompli au cours de l’année écoulée, en vue d’assurer la mise à jour des textes, l’application des traités et le suivi des rapports périodiques afin qu’ils restent cohérents avec les engagements pris dans ce domaine, étant donné que près de 96% de ces traités ont été mis en application et que le plan national de lutte contre le travail forcé a été mis en route.

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Dr Boubou Camara : «La situation des malades de la COVID qui nécessitent des soins critiques est délicate»

Initiatives News – Dr Camara Boubou est Mauritanien, né à Ould Yengé dans la région du Guidimagha. Il a fait ses études primaires et secondaires à Sélibabi ou il a obtenu le baccalauréat.

Après ses études de médecine générale, il s’est spécialisé à Toulouse en France en médecine interne avec orientation pneumologique. Dr Camara Boubou est aussi titulaire d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires en maladies infectieuses et tropicales. Depuis 2011, il occupe le poste de responsable médical du centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose du CHU de Grenoble-Alpes.

Dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en partenariat avec l’Union Européenne et l’OMS, avec d’autres collègues, il est revenu en Mauritanie pour prendre part à la riposte nationale contre la COVID-19.

Horizons : Après la première vague, la Mauritanie, comme beaucoup de pays, fait face à la seconde vague du Corona virus. Quelles appréciations portez-vous sur la riposte nationale face à cette pandémie?

Dr Camara : Je suis revenu dans le cadre de la riposte nationale contre la COVID-19 pour prêter main forte à mes collègues, échanger avec eux et lutter avec eux contre cette pandémie.

C’est le programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en collaboration avec l’UE et l’OMS qui nous a permis de revenir travailler dans des conditions décentes en lien avec le ministère de la santé.

Nous sommes progressivement arrivés à partir du mois de juin 2020 avec les autres collègues de la diaspora Mauritanienne que je voudrais citer. Il s’agit du Dr Mohamed Salem Ould Zeine, réanimateur en France, Dr Ba Oumar, gériatre en France, Dr Hady Louly Klein, gastroentérologue, monsieur Hadiatou Ndiaye, directeur d’établissement de santé en France et Madame Aminata Soumaré, infirmière en Ile-de-France.

A notre arrivée, nous avons visité les structures hospitalières et réalisé plusieurs visioconférences avec les collègues de l’intérieur du pays. Nous avons visité toutes les structures dites « Covid », notamment celles accueillant les patients nécessitant des soins lourds, c’est-à-dire nécessitant de la médecine intensive. Nous avons remarqué qu’il y avait un problème de disponibilité en termes d’équipements. Cependant pour cette deuxième vague, il y a un effort important de la part du ministère de la santé avec la disponibilité de respirateurs, même à l’intérieur du pays. Malheureusement, au niveau de la population en général, même au sein de l’élite, les mesures barrières ont été très vite abandonnées, la communication n’a pas suivie. Je pense que cette faute collective est l’un des éléments qui explique l’ampleur de la deuxième vague que nous vivons actuellement.

Horizons : Dans une interview à l’Agence Mauritanienne d’information, le représentant de l’OMS en Mauritanie, Dr Abdou Salam Gueye, a déclaré que la prise en charge des cas graves de COVID n’est pas “parfaite”. Quelles sont les points forts de cette prise en charge, quelles sont ses faiblesses?

Dr Camara : La Mauritanie a la chance d’avoir comme représentant de l’OMS, Dr Gueye, expert en situation médicale d’urgence. Il est reconnu par ses pairs, notamment par rapport à sa gestion de l’épidémie Ebola. Cela dit, il est vrai que la situation des patients qui nécessitent des soins critiques est particulièrement délicate dans notre pays. Ces patients nécessitent la médecine intensive qui connait des problèmes dans nos établissements de santé. Nous manquons de ressources humaines soignantes de façon globale sur tout le territoire. Quelles que soient la spécialité, il y a déficit. Et, dans la spécialité de la médecine intensive, on compte au bout des doigts les professionnels capables de faire ce métier. Ensuite, l’environnement ne se prête pas forcément à la pratique de cette médecine intensive car, en plus des ressources humaines qui manquent, il y a des problèmes de consommables et de médicaments. Même si le gouvernement a fait d’énormes efforts qu’il convient de citer, il reste encore beaucoup à faire en matière d’équipements, de consommables, de logistique, de biomédicale et surtout d’organisation globale des soins… Il s’agit là, à mon avis, des principaux défis de la médecine intensive dans notre pays. Il est capital d’améliorer et d’entretenir l’existant.

C’est en connaissance de cause que l’OMS a recruté des consultants internationaux intensivistes et réanimateurs. Il y a eu l’arrivé, d’abord, d’une première équipe de professionnels (5 espagnols) sur une courte durée, ensuite huit autres consultants espagnols dont trois réanimateurs qui ont séjourné deux mois dans notre pays et les derniers vont retourner le 18 décembre 2020 en Espagne. Ils nous ont été d’un apport majeur. Je voudrais les remercier au nom de tout le peuple Mauritanien.

Horizons : vous avez aussi visité de structures de santé à l’intérieur du pays, comment s’y passe la lutte contre la COVID notamment en matière de prise en charge ?

Dr Camara : Effectivement, j’ai eu à visiter avec d’autres collègues les hôpitaux de l’intérieur de la Mauritanie. J’ai visité personnellement les hôpitaux de Nouadhibou, Kaédi, Boghé, Aleg, Sélibabi ainsi que ceux de Nouakchott. Globalement lorsqu’il s’agit de prendre en charge les patients sans atteintes sévères, nécessitant une adjonction d’un faible débit d’oxygène, il existe un protocole national bien établi par un comité scientifique et ça se passe bien. Il s’agit souvent de patient jeunes ou sans comorbidités et qui ne posent pas de problèmes. La difficulté se situe au niveau des patients nécessitant des soins critiques qui peuvent évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire (lorsque l’atteinte de la maladie fait que les poumons n’arrivent plus à assurer leurs fonctions d’hématose qui consiste à oxygéner les organes vitaux). C’est malheureusement, ce syndrome de détresse respiratoire qui entraine des décès de patients. Même à Nouakchott, la prise en charge de ces patients au stade de détresse respiratoire reste problématique. A l’intérieur du pays, elle l’est encore plus. Cependant les centres comme Nouadhibou, Kaédi et Kiffa sont maintenant équipés d’appareils, de ventilation non invasive et de respirateurs. Mais, encore une fois, il se pose des problèmes de ressources humaines, de sous effectifs compétentes pour le maniement et l’entretien au long court de ces équipements de réanimation.

Horizons : Apres 20 ans d’exercice de la médecine en France, vous êtes revenu dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora ». Vous êtes revenus, vous avez une expérience du terrain dans votre pays. Avez-vous un message à l’endroit de vos collègues mauritaniens exerçant la médecine en France ou ailleurs dans le monde et à l’endroit aussi du gouvernement mauritanien pour un éventuel encouragement d’un retour des compétences ?

Dr Camara : Il est de la responsabilité du gouvernement de notre pays, notre chère patrie, de mettre en place des dispositifs pour faciliter le retour de sa diaspora qui a certainement un rôle à jouer. Je ne parle pas de discours politique ou d’une 100ème réunion sur le sujet, je fais allusion à un vrai dispositif, quelque chose de concret et palpable. Cette diaspora, d’ailleurs, ne demande qu’à revenir pour servir et se mettre à la disposition de la nation.

A tous les membres de la diaspora, la Mauritanie a besoin de vous en cette période critique, quel que soit vos compétences, soignants, logisticiens, organisation des soins et j’en passe. La diaspora a su monter sa solidarité pendant la première vague de la Covid, via le CCME (Collectif des cadres mauritaniens expatriés), le dispositif des médecins et bien d’autres oragnes. Le besoin est pressant, nous avons tous un rôle à jouer.

Propos recueillis par Khalilou Diagana

Source/Le Quotidien National Horizons

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Contribution française à la riposte sanitaire et socio-économique mauritanienne à la pandémie de la COVID-19

Ambassade de France – La France a apporté sa contribution aux mesures économiques, sociales et sanitaires prises par les autorités mauritaniennes pour faire face à la pandémie de la COVID-19 :

1. Contribution au Plan National Multisectoriel de Riposte

En mars 2020, le président Ghazouani a présenté un plan d’urgence comportant une série de mesures sociales d’un montant total de 65 millions d’euros. La France s’est mobilisée pour accompagner la Mauritanie dans la mise en œuvre de ces mesures.

L’Agence Française de Développement (AFD) a mobilisé dans un premier temps une enveloppe de 2,5 millions d’euros en don, pour soutenir très rapidement les actions d’urgence et les actions structurantes du ministère mauritanien de la Santé.

Cette enveloppe est destinée à soutenir le pays dans sa gestion de l’épidémie à travers d’une part le renforcement des capacités de surveillance épidémiologique, de diagnostic et d’examens virologiques et de prise en charge des patients, et d’autre part à travers l’acquisition d’équipements et de matériel médical. L’ensemble des marchés sont en cours d’exécution.

2. Financements visant à atténuer l’impact économique et social de la pandémie

Un financement additionnel d’un montant de 10 millions d’euros a été accordé à l’Agence Taazour. Cette aide répartie en deux volets permettra d’ici à la fin de l’année 2020 de mettre en place un dispositif de filets sociaux et de transferts monétaires destiné à compenser l’absence de revenus d’un grand nombre de mauritaniens (210.000 ménages bénéficiaires).

Par ailleurs, à la demande des autorités, les activités du projet PECOBAT ont été adaptées pour se porter sur la formation de jeunes dans la fabrication de masques en tissus et de dispositifs de lavage des mains à Nouakchott. A ce jour, 50.000 masques et une soixantaine de dispositifs de lavage de main ont été produits localement par les 50 jeunes ayant bénéficié de formations en couture et en soudure à Nouakchott.

3. Suspension du service de la dette

Dans le cadre de l’initiative du G20 approuvée par le Club de Paris et à la demande du gouvernement mauritanien à tous ses créanciers, la Mauritanie a signé avec le club de Paris un accord portant suspension du service de la dette pour la période allant de mai 2020 à décembre 2020. Pour la France, l’accord bilatéral signé le 11 décembre 2020 porte sur un montant de 5,3 millions d’euros.

4. Accès aux vaccins

La France et l’Union européenne soutiennent politiquement et financièrement une initiative multilatérale, la facilité Covax, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui vise à garantir l’accès équitable dans tous les pays en 2021 à une quantité de vaccins couvrant au maximum 20 % de leur population, comme recommandé par l’OMS. La Mauritanie sera éligible à ce programme. Il est encore trop tôt pour donner une information fiable plus complète à ce sujet.

©️ Crédit source: http://www.cridem.org/C_Info.php?article=743863

À quand la fin du cumul des mandats ou la démocratie véritable en Afrique ? Par Ismaël Traoré

Initiatives News – Les départs contraints ou « volontaires » de nombreux chefs d’États africains tels, entre autres, Robert Mugabe, Blaise Compaoré, Yahya Jammeh, Josoph Kabila, le renoncement au troisième mandat du général Mohamed Ould Abdel Aziz, la démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika et la chute du dirigeant soudanais Omar El-Béchir me font espérer que tôt ou tard le cumul des mandats cessera et que la vraie démocratie arrivera en Afrique, même s’il reste encore un long chemin à parcourir.

Accordons-nous le temps et patientons tout simplement ! Car comme le dit ce proverbe africain : « C’est en supportant les piqûres des abeilles qu’on récolte le miel ». Le recours à la violence, notamment par l’utilisation forcenée des armes n’est plus une solution.

Tout doit se jouer dans les urnes tant pour les scrutins présidentiels, municipaux que législatifs, et ce quelles que soient les erreurs ou les fraudes : absence de représentants de bureaux des camps adverses, suppression de certains noms et numéros sur les listes de votants, ou encore suspension du vote pour les électeurs en faveur des candidats d’opposition.

Les considérations ethniques, claniques et statutaires quant à elles, doivent être non seulement révolues, mais aussi bannies, surtout au XXIe siècle. De même, il est temps de tourner le dos au « hold-up électoral ».

Le vainqueur doit être indubitablement celui qui a remporté plus des voix. Peu importe son origine ! Je suis écœuré par l’accaparement du pouvoir par certains dirigeants d’Afrique francophone, anglophone et arabophone.

Ces soi-disant démocrates, rédempteurs, gentilshommes et vénérables maîtres, en majorité militaires, se targuent davantage de leurs pouvoirs autocratiques, s’autorisant à briguer plusieurs mandats électifs bien que la Constitution de leurs pays ne le leur permette pas.

Après les pays tels que le Zimbabwe, le Burkina Faso, le Gabon, le Tchad, le Cameroun, une nouvelle retouche constitutionnelle est entrain d’être amorcée sur le territoire africain.

Les idées le plus couramment avancées pour justifier cette mesure sont immuables : le besoin de stabilité, la nécessité de poursuivre une œuvre inachevée, la réalisation d’un projet délaissé, la protection d’intérêt public et la réponse à une sollicitation populaire.

C’est le cas en Guinée, en Côte d’Ivoire… Car pendant que l’opposition proteste, les chefs suprêmes de ces pays continuent à briser les verrous constitutionnels.

Ismail Traoré

Étudiant-chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges / France

ismael172017@yahoo.com

Mauritanie : le comité ministériel reconduit les mesures de lutte contre le coronavirus

Le comité ministériel chargé de la lutte contre le covid-19 a décidé, à l’issue de sa réunion tenue vendredi la reconduction de toutes les mesures arrêtées la semaine dernière pour lutter contre le coronavirus.

Le comité a par ailleurs décidé de renforcer les capacités en matière de tests et de soins intensifs et d’acquérir les équipements nécessaires pour lutter contre la pandémie.

Le comité a examiné au cours de sa réunion les résultats de la semaine et le niveau d’application des mesures prises lors du suivi quotidien de la situation épidémiologique dans le pays.

Il a invité les populations à respecter scrupuleusement les mesures préventives arrêtées, réaffirmant qu’elles sont l’unique voie qui a fait ses preuves dans la lutte contre la maladie.

● saharamedias – https://fr.saharamedias.net/mauritanie-le-comite-ministeriel-reconduit-les-mesures-de-lutte-contre-le-coronavirus/

« De la partition de Ciré Kane. » Par Baba Jiddou

Mon compagnon de lutte Ciré KANE, ancien responsable de la Communication du parti Alliance Populaire Progressiste- Coordination Europe, a publié le 16 novembre un demi -manifeste qui fera date :
https://m.facebook.com/Mauritanie28111960/photos/a.297528047042621/3266642310131165/?type=3


Il a eu le mérite de traiter les souffrances des populations noires en Mauritanie et a fait feu à volonté sur l’oppresseur commun: l’État dirigé par une minorité dont la majorité est d’origine arabo-berbère. Cela rappelle le moule initial de l’auteur: Action pour le Changement (AC) dont les dirigeants étaient messieurs : Messaoud Ould Boulkheir, Ibrahima Mokhtar Sarr, Ladji Traoré, Diawara Gagny, etc…, ses modèles politiques.

Ses aînés, précités,ont pris de l’âge , mais ont semé beaucoup de bonnes graines et Ciré en est une.

Ceux qui ont lu son document savent que sa motivation est d’ÉVITER d’enflammer les esprits malveillants, les va-t-en guerre…. et il fait des propositions de formes d’organisation politique (Autonomie, fédération ). C’est uniquement en cas d’échec de la fédération qu’il évoque la solution à deux États séparés, sans effusion de sang.

Sans me prononcer sur la partition graduelle, dont la finalité évidente est le partage du pouvoir et des richesses du pays, je pense que la situation actuelle est très préoccupante et demande un sursaut en urgence d’une JUSTICE SOCIALE, TOUT DE SUITE. Sinon aucun plan de paix ou de prévention de conflits n’empêchera la vague déferlante des discriminés et des exclus d’emporter au loin ce système endémique d’exploitation…

L’écrit de Ciré a eu le mérite de relancer le débat sur l’existence même de ce pays menacé par tous les fléaux de la mal gouvernance, des disparités territoriales , du racisme, et de l’exclusion de populations laborieuses, dont les Haratine…

Et, certains n’ont retenu « que la séparation du Nord et du Sud… »
« ou des référendums à l’issue incertaine… »

A mon humble avis, je ne pense pas que les Haratine aient l’autodétermination comme revendication.
Il est utile de rappeler que les Haratine sont installés sur tout le territoire de la Mauritanie. Ils constituent l’immense majorités de ce pays, soit plus de 50 % de ses citoyens, et sont localisés dans les zones s’étendant de Fassala Néré au Hodh el Gharbi à N’Diago ( Trarza) au bord de l’Océan Atlantique et, du Tiris Zemmour à l’Adrar, au Tagant, du Brakna, au Guidimakha et à l’Assaba.
Les Haratine demandent avec une insistante fermeté une citoyenneté à part entière avec une participation effective à la gestion et à la gouvernance du pays , sans les promus, les pistonnés, ceux qui ne représentent qu’eux-mêmes et autres béni oui oui …

Le débat, d’aujourd’hui, est pour le projet du vivre ensemble de touTEs les MauritanienNEs. Il ne doit être défini par des partitions, des scissions, des exclusions… , mais par son devenir, qu’il faut, ensemble, reconstruire pour ancrer notre pays dans un espace apaisé géostratégique Africain.

Baba JIDDOU


Paris le, 18/12/2020

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur

Hommage au camarade Ladji Yatera par l’Union des Forces de Progrès (UFP)

UFP – L’Union des Forces de Progrès (UFP) a appris, ce mercredi 16 décembre, le décès à Tunis du camarade Ladji Yatera. En cette douloureuse circonstance, le parti présente ses condoléances les plus attristées à sa famille et à l’ensemble de ses proches.

Ainsi, Le camarade Ladji Yatera s’en est allé après une vie entière consacrée à la lutte pour l’indépendance véritable de son pays, pour la justice sociale et pour l’émancipation des couches sociales opprimées.

Son engagement politique remonte au début des années 70 dans le mouvement scolaire mauritanien en pleine ébullition où sa détermination et son courage avaient été vite remarqués.

Fervent militant du Mouvement National Démocratique (MND), Ladji Yatera, comme beaucoup de jeunes nouakchottois de l’époque, était membre de l’Association Démocratique de la Jeunesse de Nouakchott (ADJN), une organisation du MND et menait dans ce cadre des activités sur le front culturel pour, entre autres, propager les idées progressistes et alphabétiser les masses en langues nationales… Après la liquidation du MND en 1975, le camarade Ladji fit partie de ceux qui ne baissèrent pas les bras. Il participa avec d’autres militants à la grande « aventure » pour la reconstruction de ce mouvement qui a marqué et marque encore l’histoire politique de notre pays.

Depuis cette date, le camarade Ladji était de toutes les batailles pour faire triompher la démocratie et favoriser le progrès de notre pays. L’UFP témoigne de son apport à la lutte de notre peuple et rend un hommage vibrant à ce compagnon de lutte pour les sacrifices qu’il a consentis.

La commission de communication

Nouakchott, le 16 décembre 2020

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=743783

Hommage Diawara Soulé à son frère Gagny

● Gagny Diawara

Né en 1939 à Boully en Mauritanie

Décédé le 10 décembre 2020 à Nouakchott

Carrière : Enseignant, diplomate, élu et leader politique et d’opinion.

Mon frère aîné Gagny DIAWARA s’en est parti hier à l’âge de 81 ans à Nouakchott en Mauritanie, emporté par ce satané virus qui est le Covid-19.

Sa vie fût exceptionnelle à travers par son cœur, ses combats pour des causes justes et son parcours.

Instituteur à 17 ans, directeur d’école à Boully (son village natal) à 20 ans, 1958 instituteur à Tékane dans la région du Gorgol, directeur d’école et secrétaire général adjoint de l’UTM (Union des Travailleurs Mauritaniens) à Nouakchott à 25 ans ; consul général de Mauritanie à Paris à 30 ans pendant 10 ans ; ambassadeur de la Mauritanie auprès du Zaïre aujourd’hui (République Démocratique du Congo) à 40 ans ; secrétaire général au ministère des affaires étrangères de Mauritanie ; Ambassadeur auprès de l’URSS ; 1991 – 1994 maire Sélibaby (capitale régionale du Guidimakha) ; 2001 député de la même circonscription ; membre fondateur de l’Union des forces démocratiques-Ere nouvelle (UFD/EN), un parti politique mauritanien créé le 2 octobre 1991 ;  Après les élections municipales de 1994, un groupe de réflexion se constitue sous son leadership avec Tidiane Koïta, sénateur maire de Kaedi, les travaux de réflexions de ce groupe sont présentés en février 1995 « Projet de société pour la Mauritanie – Diagnostic et propositions » une vision de la Mauritanie de demain autour des fondamentaux d’une nation comme l’éducation et les institutions par exemple, le manque de compris sur cette nouvelle ligne avec une frange de l’UEF/EN, conduit leur groupe avec Messaoud Ould Boulkheir avec d’autres mouvements politiques et citoyens, à fonder en août 1995 le parti politique mauritanien, l’Action pour le Changement (AC), dont il devient le deuxième vice-président ; président du REG, l’association d’un groupe de cadres Soninkés relative à la restructuration des Soninkés pour peser sur la politique nationale mauritanienne et j’en passe.

Oui, sa vie fût exceptionnelle sur le plan professionnel et à travers ses combats, comme, à la lumière de ce qui précède. Mais moi, son jeune frère, C’est sur le plan humain et affectif que je le trouve, Gagny encore plus extraordinaire. Il était l’expression de la bonté humaine. Je l’appelais Gagny le généreux. La souffrance humaine le taraudait. Tous ces combats politiques-et Dieu sait qu’il en a fait- avaient pour but d’améliorer la justice sociale, d’instaurer un vrai système démocratique, de combattre les inégalités entre les différentes composantes de la Mauritanie, de dénoncer les conditions d’inégalités inacceptables des negro-mauritaniens. Il me disait toujours, “je suis inquiet pour l’avenir de ce pays, car, il y a trop d’injustices et celles-ci engendrent inéluctablement de la frustration, creuset des conflits futurs”. La Mauritanie a perdu hier un vrai homme d’État, moi, j’ai perdu le meilleur frère du monde, pardon, j’ai perdu le meilleur des pères, j’ai perdu mon confident, mon conseiller, c’est lui qui m’a tout appris tout donné.

Qu’Allah SWT lui accorde une place de choix dans son royaume céleste.

Boully.net

©️ Crédit source: https://www.boully.net/hommage-de-soule-diawara-a-son-frere-gagny/

Le député Biram Dah Abeid, Président d’Ira-M, député et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2014 et 2019

● Avertissement citoyen

Tout observateur des inconstances et aléas de la politique en Mauritanie, finit par constater le triomphe, sans gloire du nomadisme, cet instinct de survie sur une terre, où les pouvoirs connaissent des mutations comparables aux fluctuations du climat. Le même spectateur discernera que l’opportunité a été offerte, au président de la République Mohamed Mohamd Cheikh Alghazouani et son gouvernement, de franchir des pas décisifs vers une voie de salut, autre que les errements, hasardeux, en vigueur depuis des décennies.

Pourtant, plusieurs facteurs d’insécurité – dont les moindres ne sont la résistance des forces du changement, ni leur popularité, encore moins le délitement des équilibres vitaux, sous le coup de la médiocratie, du népotisme et de l’impunité ethno-tribale – contribuent à l’urgence d’une révision des politiques publiques. La gravité de la situation globale en Mauritanie affecte presque la totalité des chapitres de la gouvernance et, de ce fait même, dicte des mesures de riposte à l’équivalent d’une catastrophe naturelle. Les principaux obstacles à surmonter relèvent du faible niveau de réflexion stratégique des dirigeants mais aussi de leur degré d’enfermement dans les logiques de clientélisme, que caractérise, en premier, l’aversion aux idéaux d’égalité. Evoluant dans un vase clos de repli sur soi et de ruses d’au jour le jour, la caste des gouvernements par déçoit autant qu’elle tâtonne, en quête de légitimités mensuelles ou de bricolages d’une stabilité sans projet ni rêve.

Ce sentiment partagé à grande échelle parmi les protagonistes de la crise, en dépit de leurs différences d’appréciation, a nourri l’ambition d’un consensus en vue d’entamer une délibération collective, selon les critères de l’inclusion, de la bonne volonté et de l’imagination au service de l’audace. Or, il semble – compte-tenu des informations en provenance des cercles mitoyens du centre de décision – que le bloc de la conservation, de la fraude, du déni et du fait accompli, manœuvre, manifestement, à contre-courant des intentions du Président de la république. Ainsi, ces éminences de l’ombre s’emploient-elles à polluer l’atmosphère de quiétude héritée de l’alternance au sommet de l’Etat et de l’esprit d’ouverture du nouveau président de la République, car elles estiment celle-ci acquise, en vertu d’une lecture infantile du rapport des forces. Les officines réactionnaires, à mi-chemin de la dissimulation et de l’obscurantisme, privilégient des représentations et des modes d’action à visée chauvines, afin de retarder les réformes, du moins les vider de leur substance. L’étroitesse de tels calculs tient de leur connexion, sur mesure, à des intérêts égoïstes et de terme très court. L’erreur consiste, ici, à diriger un pays suivant la dictée d’arrangements triviaux, avec, chacun, sa part de confusion, d’ambiguïté, voire d’indifférence à la critique. L’ouverture et les consultations revendiquées dans le discours officiel restent du domaine de l’affichage, pour ne pas dire de la duplicité.

Aussi, nous, agissant au nom du courant national, social et populaire, représenté par le Parti de la Réforme et de l’Action Globale (Rag- aile politique de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)) – et au sein de cette dernière :

  1. tenons à informer, l’opinion, des indices de régression que nous percevons et d’où jaillit notre inquiétude quant au devenir de la paix civile ;
  2. disons notre indisponibilité à verser dans l’amateurisme des tentatives d’ententes artisanales auxquelles préside la volonté d’exclure certains acteurs et de flatter la vanité d’autres ;
  3. rappelons combien la cohésion sociale, dans n’importe quelle société, demeure tributaire d’un contrat assurant, à ses membres, la liberté, la dignité et l’équité, sous l’égide du droit et non au titre de faveurs;
  4. réitérons notre engagement à servir l’émergence de l’autre Mauritanie, celle jusqu’ici maintenue aux marges ; grâce à la pratique du dialogue, de la franchise et des résolutions écrites, nous aspirons à un consensus autour de la vérité et de la justice.
  5. ne participerions à la mise en œuvre des formules habituelles d’occultation et de vernis qu’impose le souci de perpétuer la domination, au lieu de la déconstruire.
  6. renouvelons le vœu de voir l’année 2021, constituer le rendez-vous de la rupture salutaire, après le temps perdu à couvrir le crime, blanchir ses auteurs et consacrer l’oubli.
  7. reformulons notre impatience de participer, sans contrepartie, au relèvement national, sous le signe de l’intégrité, de la compétence et du mérite, loin du ménagement des anciennes préséances, notamment de langue, de naissance et de notoriété religieuse.
  8. Adressons le présent message, à l’ensemble de nos compatriotes, avec une attention insigne, au Président de la république.

Nouakchott, le 16 Décembre 2020
Biram Dah Abeid

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE/RAG