L’origine de la relation « esclave-maître » ne s’est rarement tissée par un accord volontaire et équilibré en termes de position politique et d’habillage social dans le temps et dans l’espace. Ainsi, pour corriger valablement et moralement une société à relation esclavagiste, il faut savoir bien séparer le destin organisationnel (Honneurs et Avoirs) de 2 univers (réalité maîtresse et réalité esclavagisée) au moins sur 2 à 3 générations. Et qu’une autre entité régalienne exogène notamment l’État moderne devienne la référence impartiale à tous coûte que coûte à coup de plaidoyer visionnaire et patient et d’activisme résolument réfléchi. À chaud du présent et du court terme, toute tentative de réconciliation de 2 univers en frictions, se heurtera sèchement à la résurgence inévitable des velléités de subordination sociale et politique liée à l’origine. Dans les annales de l’histoire, même les prophètes et les grands sages n’ont pas réussi à « soigner » effectivement sur un temps court les âmes évoluant collectivement dans ces 2 univers interdépendants mais foncièrement déséquilibrés. Par exemple le cas historique du grand Prophète Moussa (psl) et les enfants d’Israël sous l’asservissement en Égypte pharaonique. La Mission de libération que Dieu lui a assignée fut justement une séparation organique nettement actée entre les 2 univers (l’ordre dominant et les dominés). La grande épreuve pour un ordre social ou politique suprémaciste serait d’accepter de faire corps social égalitaire dans le matériel et l’immatériel avec les éléments subalternisés historiquement dans son environnement. Et également, les éléments dominés et relégués statutairement dans l’environnement doivent se libérer de tous les complexes d’infériorité développés et « socialisés » en eux tout au long du processus de domination dont ils furent victimes. Par ailleurs, une nécessité de reconstruction existentielle doit s’amorcer pour eux dans une nouvelle trajectoire dans le temps et dans l’espace avec une vision réfléchie et une structuration sociale innovante. Surtout ne pas reproduire les marqueurs problématiques et conflictogènes subis ailleurs dans l’ancien univers.
Il est tentant, face à la violence symbolique ou physique, de désigner des coupables, de tracer des lignes, de dire : ceux-là ne sont pas nous. Ceux qui ont déterré un corps parce qu’il ne partageait pas notre foi, ceux qui refusent qu’un ancien esclave repose aux côtés de leurs ancêtres, on aimerait les mettre à distance, les tenir à l’écart. Mais ils sont des nôtres. Ils sont nés du même sol, parlent nos langues, prient dans nos mosquées. Ils sont le produit d’un imaginaire que nous partageons, partiellement ou totalement, que nous partageons quand même.
C’est là que commence le malaise. Car si nous refusons de les regarder en face, nous refusons aussi de nous interroger sur ce que notre société accepte, transmet, tolère en silence. Une société ne se construit pas uniquement par ses lois ou ses institutions. Elle se tisse, jour après jour, dans le tissu vivant des relations. Or quand la relation à l’autre est fondée sur la peur, le mépris ou la hiérarchie, elle prépare le terrain à toutes les exclusions.
Ce qui est inquiétant aujourd’hui, ce n’est pas seulement le rejet de l’autre. C’est la manière dont ce rejet devient la norme, et la nuance, une faiblesse. On ne veut plus comprendre, on veut trancher. Il faut que tout soit pur, net, sans mélange. Cette exigence de pureté n’est pas spirituelle, elle est sociale, idéologique. Elle ouvre la voie à tous les fanatismes.
Mais une société vivante est une société qui accepte la complexité. Elle reconnaît que l’autre, par sa différence, m’enseigne quelque chose de moi. Elle comprend que la relation — qu’elle soit de filiation, de voisinage, d’humanité tout simplement — est ce qui nous fonde. Lorsque nous la brisons, lorsque nous décidons que certains ne méritent pas la terre commune, c’est le lien même de notre communauté humaine que nous affaiblissons.
Alors peut-être faut-il cesser de chercher qui est à blâmer, et commencer à regarder comment nous éduquons, comment nous transmettons, comment nous choisissons — ou pas — de dialoguer. Car le fanatique ne naît pas tout seul. Il est souvent le fruit d’un silence, d’une peur, d’une indifférence partagée, d’une compréhension erronée des textes, d’une éducation…
Ceux qui déterrent, ceux qui refusent une sépulture commune, sont des nôtres. Et c’est justement pour cela que notre responsabilité est engagée. Non pas pour les condamner, mais pour ne pas leur ressembler.
Il serait adepte du christianisme selon diverses sources diffusées sur les réseaux sociaux. Ce jour 7 avril 2025, la capitale régionale du Guidimagha a été l’endroit d’un spectacle odieux et scandaleux humainement. L’élément vidéo https://www.facebook.com/share/v/1BPcyWgE4b/ comme d’autres, circule en boucle sur les plateformes RS notamment whatsapp montrant la destruction d’une tombe et l’exhumation expresse d’un corps enveloppé dans un sac et traîné comme simple bois mort.
D’après différentes sources, le monsieur d’origine malienne dit-on et coiffeur de métier, porterait le prénom « Souleymane » et aurait été victime d’un accident de moto ces derniers temps. Décédé, lors de son enterrement, un proche à lui aurait déclaré qu’il n’était pas musulman et la grogne polémiste prenait de l’intensité populaire dans la ville sur la présence de sa tombe dans un cimetière musulman. Et les appels pour manifester contre cette présence ont mené à cette exhibition macabre et inhumaine par une foule hystérique visiblement enragée.
Les autorités régionales auraient dû prendre les choses sous contrôle et régler avec dignité et responsabilité cette affaire d’une certaine sensibilité.
📸 Paris courant 2014… sit-in de soutien à nos camarades militants abolitionnistes IRA incarcérés en Mauritanie.
Après un bref et intime feedback sur une décennie de modeste observateur- acteur de l’écosystème militantiste mauritanien, je me convaincs à croire que nos compatriotes haratines engagés dans diverses initiatives militantes et lobbyistes à l’intérieur ou- et à l’extérieur du système étatique, peuvent constituer une grande source d’inspiration. Ils disposent d’une élite sociale, politique et militante qui n’est pas d’accord à 100% sur TOUT en termes de méthodologie, de tempo, de priorités phasiques, d’adaptation et de champs à investir quand, comment, par qui et avec qui….mais travaille intelligemment et sûrement pour une dynamique d’élévation sociale et politique qui force le respect. Et le collectif communautaire va en bénéficier directement ou indirectement…parce que l’Etat profond dans sa gestion de la chose publique veille par un commerce politique et une sorte de cooptation finement stratégique pour calmer et contrôler.
Du chemin a été parcouru depuis la fondation pionnière du mouvement El-Hor il y a plus de 40 ans, et ils sont partis de très très loin avec beaucoup d’écueils multidimensionnels et complexes. Le temps passant avec visions, résilience et patience sur différentes palettes de la vie publique nationale, aujourd’hui ils représentent une force politique incontournable (démographie, militantisme, lobbies, intellectuels, administrations…) dans sa diversité partisane, à toute INITIATIVE liée à la question nationale. Nous sommes très loin de la période d’Aleg 1958, lors du conclave entre élites de 2 ensembles (arabo-berbère et négro-africain) pour parler de l’avenir du « gâteau » (le pouvoir et ses privilèges) qui sera légué par l’administration coloniale. À l’époque, les cadets sociaux pour ne pas dire les esclaves et autres subordonnés statutaires de 2 bords, ne comptaient pas dans les débats, ni leur sort également. Et sans leurre d’ordre cutané et d’habillage culturel bien superficiel à disséquer de près, d’autres composantes encartées cadets sociaux en milieu négro-africain (soninké, peul..), se doivent un travail d’éveil profond et visionnaire sur les données sociales et politiques et s’inspirer de la communauté haratine. Ainsi aux uns et aux autres, nos chapelles associatives pour la défense des droits humains et nos revendications peuvent être différentes en ceci ou en cela, mais n’oublions pas la nature de nos réalités particulières et ce qu’on y aspire fermement avec réalisme progressif en se débarrassant de tout idéalisme brumeux et stérile.
Ce Monsieur peut être qualifié comme un ex vrai « faux » martyr d’une certaine pratique politique xénophobe et chauvine dans ce pays ouest-africain. À une époque troublée de l’après Félix Houphouët-Boigny (premier président mort en 1993), l’ancien économiste international (FMI) a été terriblement visé par le belliciste concept de « l’ivoirité » dégainé par le successeur du vieux, M. Henri KonanBédié. Ainsi, un clivage profond s’est glissé dans le corps social et politique du pays le divisant entre ensemble nordiste et ensemble sudiste sur la nationalité. Une politisation à outrance autour de l’identité ivoirienne dont l’épicentre est arrimé à la carrière politique de l’actuel président issu de l’ensemble nordiste. M. Alassane Dramane Ouattara siglé ADO avait bénéficié d’une large sympathie à travers le monde à juste titre, il était considéré comme une personnalité politique (ancien Premier ministre du pays) victime injustement d’une cabale xénophobe et discriminatoire orchestrée par une certaine élite politique du sud. À travers sa personne, c’est tout l’environnement socio-politique des gens du Nord (à majorité musulmane) qui subissait un certain étiquetage suspicieux concernant leur ivoirité. Le pays a connu diverses tensions politiques (tentatives de coup d’État, coup d’État…) jusqu’à l’éclatement d’une rébellion nordiste et sa division géographique sur une période. Au milieu des années 2000, après plusieus phases de négociations-réconciliation, le régime (contraint) de M. Laurent Gbagbo l’avait rétabli dans ses droits civiques. Lors des élections présidentielles de 2010 (31 octobre et 28 novembre), il était donné gagnant au second tour avec 54,10% face à M. Gbagbo qui conteste et s’en est suivie une grave crise post-électorale causant plusieus milliers de morts et blessés. Le système international (l’ONU et ses initiatives) sous l’égide très intéressée et douteuse de la France (l’ancienne puissance coloniale du pays), mettait fin au pouvoir sortant. Laurent Gbagbo arrêté avec plusieurs cadres de son régime, a été déporté à la CPI à La Haye en compagnie de M. Charles Blé Goudé. Ils y passent presque une décennie avant d’être acquittés et libérés en janvier 2019.
Au pouvoir depuis 2011, M. Ouattara et ses alliés dominent largement l’espace politique du pays et d’aucuns l’indexent qu’il pratique une sorte de rattrapage ethno-racial et confessionnel au cœur de l’Etat au profit d’un noyau substantiel de son camp. Il a eu droit sans peine à un second mandat et s’est permis un forcing constitutionnel pour en faire un 3ème en cours. Et le doute plane encore s’il ne compte pas y aller de nouveau pour l’échéance de cette année 2025. Ce qui est d’actualité vive concerne l’affaire de la liste électorale provisoire affichée par la Commission électorale indépendante (CEI) dirigée par un certain Ibrahime Coulibaly-Kuibiert. Faits problématiques ; 3 grandes figures politiques sont bannies de cette liste, en plus de l’ancien président L. Gbagbo, M. Soro Guillaume (ancien Premier ministre allié de Ouattara) et M. Charles BléGoudé (ancien ministre sous Gbagbo). Il reste la suite d’éventuels recours pour ces personnalités qui disposent chacune d’une certaine base sociale et politique dans le pays.
Espérons que le camp de M. Ouattara en haut lieu veille débloquer cette situation qui peut mener à d’autres frictions politiques d’ici l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Après 15 ans de règne et âgé de 83 ans aujourd’hui, c’est peut-être enfin l’âge et les dispositions morales à la sagesse pour qu’il sorte de ça. Il faut PACIFIER le champ politique et social en laissant tous les candidats aller à la compétition sans micmacs déloyaux et injustes à l’encontre de certains opposants. Les méthodes iniques et discriminatoires utilisées contre lui par le passé, il n’en devrait pas être instigateur similairement pour écarter et écraser d’autres auteurs sociaux politiquement aujourd’hui. L’arène politique ivoirienne ne peut être qu’enrichie et palpitante avec un Gbagbo en quête de remontada politique, un Blé Goudé assagi et visionnaire et un Guillaume Soro retrouvant sa substance familière (la politique) depuis sa jeunesse.
Que la Paix Gagne Force et Pérennité en Afrique et dans le Monde !
Nous avons suivi avec un grand intérêt 2 interviews accordées par l’homme politique mauritanien M. Samba Thiam, à 2 plateforme Web TV. La dernière c’était chez Info Plus (https://www.facebook.com/share/p/12FnbciRBqz/) lors de laquelle il est revenu succinctement sur la genèse, l’évolution et l’actualité de son activisme politique. Une personnalité que d’aucuns qualifient de « controversée », dégage une teneur intellectuelle certaine et est dotée d’un parcours militant bien respectable et inspirant par sa constance et sa résilience. Le natif de Sélibaby dans le Guidimagha mauritanien, instituteur de formation, activiste téméraire, ancien prisonnier politique, ex président du mouvement des Flam et actuel président des Fpc (parti non reconnu par les autorités mauritaniennes), a su tenir vaillamment à ses convictions politiques sur une si longue durée. Sa parole publique retrace un pan historique de la marmite politique plus ou moins bouillante de notre pays. J’ai retrouvé divers éléments de comparaison dans ses récentes sorties médiatiques avec une certaine substance du livre « J’étais à Oualata » de l’ancien militaire M. Boye Alassane Harouna. L’ouvrage dont la préface porte la signature de M. Samba Thiam, ils ont connu la sinistre prison de Oualata et celle d’Aïoum. J’ai appris dans son interview, la durée de sa peine d’emprisonnement (5 ans) et qu’il fut gracié après 4 ans de prison. Une rude expérience humaine j’ose croire, et certains de leurs camarades de destin carcéral y ont péri affreusement. Les conditions de cette détention rapportées avec détails par M. Boye Alassane Harouna dans son ouvrage, sont inhumaines et infernales. C’était sous le régime répressif du colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya qui s’est muté président élu dans une démocratie boiteuse (déposé par un coup d’état en août 2005 et en exil doré au Qatar depuis).
Également dans son livre, le militaire laisse comprendre son implication dans le putsch avorté du 22 octobre 1987 et n’admet pas de quelconques liens organisationnels avec les civils arrêtés (en 1986 suite à la publication du Manifeste politique) dont M. Samba Thiam faisait partie. Le coup d’État capoté était préparé par des éléments militaires appartenant tous au groupe sociolinguistique poularophone. L’auteur confesse que dans la grande muette, il ne manquait pas de ressentiments et petites tensions entre les éléments arabo-berbères et négro-africains. Et ce, surtout après l’introduction en 1987 de l’arabe dans les épreuves du brevet de capitaine. Il nous informe aussi qu’une organisation militaire clandestine fut créée déjà en 1985, sous la direction de feu le lieutenant Sarr Amadou.
Ce livre et celui de M. Mahamadou SY (ancien militaire également) « L’enfer d’Inal » constituent des données conséquentes de référence dans la littérature politico-militaire très lourde de notre pays. On espère un travail similaire en production livresque dédiée venant d’acteurs civils ayant participé, vécu ou subi cette phase troublante et conflictuelle dans l’arène politique mauritanienne d’antan. Un jour, les mémoires de la riche vie militante de tonton Samba Thiam, attendues sûrement…!
Aujourd’hui l’ancien exilé aux États-Unis, est toujours investi dans le champ politique et membre remarqué de la Coalition antisystème qui avait comme candidat aux présidentielles de 2024, le député M. BiramDah Abeid (arrivé 2ème avec 22,10% selon la CENI). Lors de ses interviews, M. Thiam a abordé quelques traits programmatiques de son parti politique, comme l’idée d’une décentralisation poussée dit-il du pays pour changer la nature de la gouvernance actuelle en vigueur depuis de nombreuses décennies. Selon lui, si le pays est subdivisé en 4 grands ensembles à la base des critères socio-économiques et culturels relativement homogènes, gérés directement (hors régalien) par les acteurs sociaux locaux, une dynamique en termes de développement multidimensionnel pourrait émerger.
Quelques questionnements de ma modeste position de citoyen observateur :
Dans un pays qui regroupe différentes communautés bâties intrinsèquement sur de piliers coutumiers et tribaux inégalitaires et discriminatoires par la naissance, les patronymes et les statuts, on voudrait bien savoir la nature substantielle de ce pouvoir local avec une gouvernance élue, héritée ou cooptée sur place… Ne va-t-on pas répliquer avec acuité à une échelle régionale tous les dysfonctionnements et carences en termes d’égalité sociale et citoyenne? Peut-être une promotion des systèmes intra-communautaires qui carburent au parfum féodalo-esclavagiste… d’autres petites bagarres intestines… type sud soudanais peuvent s’allumer… que Dieu nous en garde !
Et concernant le régalien, l’État central actuel sur la sensible question liée à l’éducation et aux langues et leur place politique (vue à l’international), ose t-il laisser une libre gestion de la politique linguistique aux institutions locales ?
Et les implications ou les imbrications imprévisibles à terme avec les environnements frontaliers avec nos voisins sénégalais, maliens, algériens, marocains et sahraouis…, un gros risque de séparatisme et conflits entre représentations démographiques…dans l’occupation des espaces (terres et eaux), sans parler de la problématique migratoire et les immixtions difficilement contrôlables de la parentèle transfrontalière…
Et la ville Capitale, Nouakchott région, aura quel corps électoral pour quelles institutions…? Va-t-elle nous imposer un visa d’entrée et d’actes de résidence…. hein..?
L’actualité politique respire d’un temps dialoguiste en perspective…. nous espérons un sans tabous pour l’avènement d’un véritable état de droit autour la qualité de LA CITOYENNETÉ PLEINE ET SANS SÉLECTIVITÉ en fonction de notre terroir originel de naissance.
Faites attention à ceux qui vous entourent, vous flattent, vous portent aux nues, puis vous abandonnent à la première secousse. Dans nos configurations politiques, le terrain est souvent un champ de bataille féroce et impitoyable, où les rapports de force dictent la loi. C’est un espace miné, cruel et sans pitié, où la naïveté se paie au prix fort. Trop souvent, lorsque l’orage gronde, il n’y a personne pour vous défendre ni pour vous aider à tenir tête aux vents contraires.
Le pouvoir n’est pas une simple affaire de gestion technique ; c’est avant tout un jeu de stratégies, d’anticipation et d’affrontements. Administrer ne suffit pas : il faut savoir manœuvrer, frapper -décidément- quand il le faut et se retirer avant qu’il ne soit trop tard. Ceux qui oublient cette règle sont broyés, ceux qui idéalisent le pouvoir finissent trahis. Dans cette arène, avoir raison ne suffit pas : il faut savoir imposer sa raison.
Mais au-delà des intrigues, des trahisons et des luttes intestines, demeure un espoir : la génération à venir. Elle sauvera la Mauritanie de tous les -ismes, sauf du patriotisme. Du moins, je l’espère ! Cette génération ne doit pas voir la politique comme un tremplin, ni comme un moyen d’ascension sociale. Elle ne doit pas bâtir son avenir sur la politique, mais plutôt faire du devenir du pays un moteur puissant à travers les études et la formation.
Elle doit s’investir dans tous les domaines essentiels : les secteurs techniques, l’agriculture, l’industrie, la finance, la médecine, le social… bref, dans toutes les sphères vitales qui structurent un État fort et autonome. C’est en bâtissant un projet de société inclusif, débarrassé de toute forme d’idéologie aliénante et de domination de l’humain par son semblable, que la Mauritanie pourra réellement avancer. Il faut que les institutions remplissent enfin leur rôle et servent l’ensemble des citoyennes et citoyens, sans distinction.
Je ne suis pas utopiste, je crois -simplement- que nous devons y parvenir ensemble. Et je crois fermement que la génération future fera ses preuves. Elle est en train de se construire, d’apprendre, de comprendre, et elle fera le nécessaire pour transformer notre pays. Pas en une « Suisse de l’Afrique de l’Ouest », comme l’avait rêvé le premier président mauritanien, mais en un pays profondément inspirant, où la prospective, la justice et l’innovation régneront.
La stratégie utilisée est piteuse. C’est simplement l’autre revers du racisme et de la discrimination, élevé au rang de critères qui commandent : choix, cooptation, sélection, recrutement, amour et désamour et même la respectabilité dans nos différentes communautés nationales, au sein de ses différentes sphères qu’elles soient publiques, privées ou étatiques.
La grandeur est ailleurs.
Elle réside dans le choix des mots, dans la manière de répondre, de répliquer, d’exprimer une opinion, même opposée. Elle est aussi, parfois, dans le silence : savoir se taire quand on n’a rien à dire. La grandeur, c’est aussi éviter en toute circonstance de tomber dans la déloyauté et l’indignité. Ce sont des comportements, une disposition d’esprit, une attitude, une manière d’être et de penser.
Quand on ne trouve rien à reprocher à quelqu’un, on fouille dans son classement social. On cherche par tous les moyens à le cribler, le salir, en un mot : le crucifier.
Il se trouve que « le mis en cause » est sans complexe. Il a fait de bonnes études. Il est propre. Il a gravi les échelons socialement et politiquement. Il est jeune, éloquent. Son carnet d’adresses est bien fourni. Il parle plusieurs langues nationales. Il est courageux, voire belliqueux. En vérité, il dérange par ses prises de position, sa posture, ses interventions souvent percutantes. Ses prises de parole sont redoutées : il appuie là où ça fait mal. Il est clean et décomplexé. Il s’est construit seul, sans héritage, sans trafic d’influence.
Comment le rabaisser dans ces conditions ?
On cherche alors à exploiter son classement social. On invente quelque chose, on le compare à d’autres catégories sur la base d’une échelle décadente. Le député Khaly Mamadou DIALLO est une cible. Un homme à abattre pour son engagement en faveur d’une Mauritanie plus juste pour tous, une Mauritanie où le racisme et les racistes de tous bords n’auront plus ni place ni audience.
Les anachronismes sociaux, j’y consacre toute mon énergie et mon modeste génie. Pas besoin d’être particulièrement intelligent ou futé pour comprendre que c’est une absurdité. Un classement social imposé sans mon avis, une catégorisation unilatérale et implacable.
Expliquez-moi, s’il vous plaît : le bien et le mal sont-ils héréditaires ?
Poussez votre logique dogmatique jusqu’au bout : le paradis et l’enfer seraient-ils aussi une affaire de lignée, de sang ? On irait au paradis parce que son père est… ? Parce que son sang est de telle couleur ? Et l’enfer, alors, réservé à ceux descendant de telle ou telle lignée ?
Le bien suprême, c’est le paradis. Qui y entre ? Une tribu élue ? Une race ? Non. Ce sont des hommes, tout simplement. Mais des hommes vertueux, pieux, nobles par leur foi, leur dévotion et leur crainte d’Allah. C’est le mérite et l’effort qui sont récompensés.
Je crois davantage en l’éducation, qui façonne et stimule. L’éducation peut élever ou abaisser l’individu. La naissance, la couleur de peau, le genre (être homme ou femme) ne sont que des contingences, un pur hasard.
Les noms de famille ne sont que des références sociales. Ils valent ce qu’ils valent, selon le lieu où l’on se trouve et le sens qu’on leur attribue en fonction du contexte, de la situation, du narrateur et du récit. Mon nom de famille a été écorché mille fois à l’état civil ou par un étranger, et pourtant, cela n’a jamais affecté ma valeur en tant qu’homme ni mon intégrité. Le jugement fondé sur le classement social ne vaut que ce qu’il vaut. Ce classement vous attribue une note, un rang, sans évaluation, sans concours, sans effort.
Quelle niaiserie ! Quelle sottise !
Parce que dit-on, ton père a eu une mauvaise ou une bonne note en mathématiques. Des années plus tard, tous ses descendants seraient condamnés à recevoir la même note.
Parce que ton père a été autrefois condamné pour vol, et ses descendants doivent purger durant toute la vie à payer pour la forfaiture qu’ils n’ont pas commise.
Parce que le père de quelqu’un était un voleur, qu’on peut se permettre des années et des générations durant de les appeler drôlement et irrespectueusement « les fils du voleur ». Quelle étrange manière d’évaluer ! Quelle société !
À quoi sert alors l’éducation ? Quelle place accorder à l’ascenseur social, au travail et au mérite ?
Dans l’élément vidéo https://www.facebook.com/share/r/15dQYbU4Yo/ qui circule, ce compatriote ne semble pas apprécier les sorties en Europe du jeune député Khally Diallo. D’un ton visiblement compulsif et coléreux, le monsieur lâche quelques « perles » significatives à propos de ce que représente l’affaire du patronyme et des origines statutaires dans nos communautés respectives. Il indexe le député de n’être pas d’une haute (ou bonne) classe patronymique (Ba ou Kane) et qu’on ignorerait d’où il pouvait venir. En français facile, la chose la plus pesante dans nos relations sociales intra-communautaires et inter-communautaires, qui est le féodalisme et ses imbrications sociétales, apparait en arrière-fond dans la réplique Khattrienne. Ainsi dire, cette fixation par/sur les statuts des origines ou supposés statuts des origines, est une problématique qui peut nuire les uns et les autres dans le temps et dans l’espace. Elle tient ses racines du cœur institutionnel de nos communautés ou groupes sociolinguistiques et « s’entretient » malheureusement par nos divers complexes et sourdes fuites en avant. Un construit social qui ne peut pas se déconstruire par les silences bruyants et les évitements stratégiques qu’on tente de cultiver socialement et politiquement dans de nouvelles structures de socialité en milieux urbains loin dit-on de sphères villageoises…hein. Non… l’affaire est voyageuse et s’alimente en coulisses tout près. Elle peut surgir à tout moment pour stigmatiser les personnes à cause de leur appartenance supposée à une case statutaire donnée. Donc… il est d’un intérêt citoyen et militant pour déconstruire réellement ces univers mentaux qui végètent parmi nous et en nous, que les porteurs d’opinions et voix officielles s’en saisissent publiquement sans filtres, ni gants en dénonçant les torts et ceux qui en sont les auteurs dans nos communautés d’abord et surtout. Comme le système étatique est indexé pour ses manquements et ses procédés iniques, nos systèmes intra-communautaires ne sont pas innocents dans la perpétuation d’un monde des clichés sociaux tenus et largués ici et là contre X ou Y. Les rouages politico-militaires à l’échelle étatiques ont leurs équivalents dans nos villages et communautés, il faut s’y intéresser courageusement en osant affronter son propre complexe d’abord et faire face aux ressentiments voire à la désaffection des tenants réactionnaires du makhzen féodalo-esclavagiste qu’on sait tenir un certain ordre coutumier de gouvernance intrinsèquement inégalitaire. D’ailleurs… comme un député peut interpeller le gouvernement sur les actes anormaux d’un préfet ou d’un gouverneur, il devrait pouvoir le faire concernant un chef coutumier aux pratiques injustes et fascistes dans son giron communautaire.
Du boulot, il y en a beaucoup…pour l’avènement d’un ordre citoyen et juste dans notre pays. Ce fond langagier khattrien n’affiche qu’une facette de nous-mêmes…malheureusement !
Alors que la journée nationale de lutte contre l’esclavage, le 06 Mars, de chaque année vient de passer inaperçue en Mauritanie, tant du côté des autorités que du côté de la société civile, la dernière réunion hebdomadaire du Gouvernement vient d’instituer, une autre journée nationale, commémorant cette fois-ci la diversité culturelle et de la cohésion nationale. C’est en soi une bonne initiative dans un contexte marqué par la montée de propos racistes proférés ou soutenus, sans gêne par les partisans d’une Mauritanie exclusivement Arabe ou blanche.
La reconnaissance d’une journée, consacrée à la diversité culturelle et de la cohésion nationale sonne comme revers pour ce camp, qui fait semblant d’oublier que la Constitution nationale reconnaît, quatre langues nationales représentatives de quatre communautés nationales (Arabe ou Hassaniya, le Pulaar), le Soninké et le Wolof). Le caractère multiethnique, multiracial et culturel de la Mauritanie, n’est pas une invention et n’est pas tombé du ciel. C’est cela son identité : une identité plurielle reflet de sa géographie, de sa genèse et de son histoire. Une journée de plus ! En effet, l’agenda national est déjà trop saturé de journées nationales sans impact.
Pourquoi alors instituer une journée nationale contre l’esclavage ?
Si l’esclavage est vécu comme un mal qui ronge d’abord les victimes, parce que source de stigmatisation, d’exploitation et de déshumanisation, il l’est aussi pour les États où sévit encore cette pratique d’un autre âge. En effet, pendant longtemps la Mauritanie avait opté pour le déni à chaque fois qu’elle avait été interpellée par les partenaires au développement (les instances internationales).
La réponse officielle était : il n’y a point d’esclaves en Mauritanie.
Acculée pendant des années, en plus des preuves qui ne cessent de s’amonceler contre Nouakchott, grâce au travail titanesque et courageux de certaines Organisations de la société civile (ONGs), (le plus souvent combattues et mal vues en Mauritanie mais bien appréciées à l’étranger), les autorités mauritaniennes ont été contraintes d’évoluer dans leur position. Ainsi, elles passent du déni à la reconnaissance non pas de l’esclavage en tant que fléau, elles arrivent à inventer une formule ingénieuse, qui admet la persistance des séquelles du mal. Une manière sans doute de minorer, d’atténuer : une reconnaissance au bout des lèvres. C’est déjà bien !
Comme toujours au Sud du Sahara pour justifier l’injustifiable, l’ignominie, le déshonneur, toutes choses abjectes, on peut compter sur des « intellectuels » ripoux et malhonnêtes » brillants dans la voie satanique et diabolique.
Ces derniers ne manquent jamais de mots, d’arguments, de thèses pour enfumer, manipuler mais surtout impressionner et endormir la société pour faire prévaloir leurs théories, même lorsqu’ elles sont loin de la vérité. Les exemples ne manquent : le tripatouillage des Constitutions, la légitimation des coups d’États, la défense des dictatures et autres régimes corrompus etc.
La journée du 06 mars ?
Loin des joutes politiques et politiciennes, instituer une journée nationale contre l’esclavage, est sans doute une manière de reconnaitre de l’existence de l’esclavage dans notre société. Les sociétés humaines étant dynamiques, nécessairement la pratique de l’esclavage s’adapte aux nouvelles réalités, en changeant de formes et de manifestations. Mais en réalité, la substance même de la pratique basée par l’exploitation psychologique, sociale, communautaire, mentale, culturelle, religieuse, économique, politique est toujours présente ; même si la stratégie du maître change de formes et d’enjeux. Et en face, la victime aussi n’est plus la même, sa mentalité, ses intérêts et rapports avec le maître ou l’ancien maître, le contexte etc. ont évolué.
Mauvaise lecture de l’esclavage en Mauritanie : la société maure stigmatisée
Jusqu’à une époque récente, parler de l’esclavage en Mauritanie revenait à pointer du doigt la situation des haratins, et à incriminer les bidhanes (maures blancs). Or, la société maure n’est pas la seule esclavagiste en Mauritanie. Les Noirs aussi pratiquent l’esclavage sous une forme plus subtile, mêlée à la culture : un mélange de féodalisme et esclavagisme. Pour s’en défendre, ils sont prompts à brandir l’argumentaire du respect des us et coutumes.
Dans une république démocratique, de surcroît un État de droit, la promotion culturelle doit impérativement être en harmonie avec les valeurs et principes de la république. Certains débats dans l’espace public ou sur la toile montrent jusqu’où la lutte contre l’esclavage manque de sincérité en Mauritanie. En effet, au lieu d’une tolérance zéro à l’encontre des apologistes esclavagistes, beaucoup préfèrent se contenter de nier ou de comparer les formes de pratiques observées chez les différentes communautés nationales.
On se rend compte d’une contradiction fragrante entre le caractère coercitif dans sa formulation contre l’esclavage et pratiques assimilées d’une part et l’impunité dont se vante les esclavagistes. Les victimes n’ont jamais compris, la mollesse et l’indifférence avec lesquelles les autorités judiciaires, policières et administratives traitent, les dossiers sur l’esclavage, une pratique criminalisée par la loi.
Ce qui est ahurissant, c’est de voir de grands responsables ou des soi-disant intellectuels s’adonner à cœur joie, sans état d’âme à comparer l’esclavage dans nos différentes communautés nationales ; en cherchant à minimiser les pratiques en vigueur chez les Noirs, comparées à ce qui se passent entre bidhanes et haratins. On ne compare pas deux maux. On les combat. Ma mère m’a appris que deux grains de sel ont la même saveur, (goût) : la seule différence possible entre eux, c’est à la pesée (le poids).
A l’occasion de cette journée commémorative, de lutte contre ce fléau, il est essentiel de rappeler qu’un combat sérieux contre l’esclavage nécessite un traitement plus pointu, prenant en charge les différentes formes de manifestations du fléau dans nos différentes communautés nationales.
Où trouve-t-on l’esclavage dans ses différentes manifestations ?
Il est dans les rapports sociaux, il est exprimé dans les mots, dans la façon de nommer, de désigner, d’interpeller etc. Il se nourrit des manifestations populaires et culturelles où il prend la forme de l’expression d’une identité culturelle. Il est présent dans la division sociale du travail, dans la gouvernance des lieux de culte (mosquées), dans les mariages entre les différentes familles. Sur le champ politique, l’esclavage se manifeste aussi dans les nominations, la désignation aux postes politiques ou électifs.
Bien évidemment, la forme visible saute aux yeux du fait qu’elle est pratiquée à ciel ouvert. La loi n’a de sens que lorsqu’elle protège les victimes ; et lorsque toute une administration est chargée d’accompagner les victimes, les protéger, les rassurer, les sensibiliser pour vaincre la peur, les intimidations et autres entraves de nature à compromettre l’accès à une justice.
Légiférer sur l’esclavage par ascendance
Il est temps que les Autorités mauritaniennes légifèrent sur l’esclavage par ascendance, une particularité des communautés négro-mauritaniennes et négro-africaines. Une loi n’a de sens que lorsqu’elle est appliquée, où quand elle prend les stratégies utilisées par les contrevenants pour la contourner. En effet, l’esclavage par ascendance reste une forme insidieuse qui échappe à la vigilance du législateur et des Autorités, qui ne font pas assez pour en finir avec cette abomination.
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