Dans l’élément vidéo https://www.facebook.com/share/r/15dQYbU4Yo/ qui circule, ce compatriote ne semble pas apprécier les sorties en Europe du jeune député Khally Diallo. D’un ton visiblement compulsif et coléreux, le monsieur lâche quelques « perles » significatives à propos de ce que représente l’affaire du patronyme et des origines statutaires dans nos communautés respectives. Il indexe le député de n’être pas d’une haute (ou bonne) classe patronymique (Ba ou Kane) et qu’on ignorerait d’où il pouvait venir. En français facile, la chose la plus pesante dans nos relations sociales intra-communautaires et inter-communautaires, qui est le féodalisme et ses imbrications sociétales, apparait en arrière-fond dans la réplique Khattrienne. Ainsi dire, cette fixation par/sur les statuts des origines ou supposés statuts des origines, est une problématique qui peut nuire les uns et les autres dans le temps et dans l’espace. Elle tient ses racines du cœur institutionnel de nos communautés ou groupes sociolinguistiques et « s’entretient » malheureusement par nos divers complexes et sourdes fuites en avant. Un construit social qui ne peut pas se déconstruire par les silences bruyants et les évitements stratégiques qu’on tente de cultiver socialement et politiquement dans de nouvelles structures de socialité en milieux urbains loin dit-on de sphères villageoises…hein. Non… l’affaire est voyageuse et s’alimente en coulisses tout près. Elle peut surgir à tout moment pour stigmatiser les personnes à cause de leur appartenance supposée à une case statutaire donnée. Donc… il est d’un intérêt citoyen et militant pour déconstruire réellement ces univers mentaux qui végètent parmi nous et en nous, que les porteurs d’opinions et voix officielles s’en saisissent publiquement sans filtres, ni gants en dénonçant les torts et ceux qui en sont les auteurs dans nos communautés d’abord et surtout. Comme le système étatique est indexé pour ses manquements et ses procédés iniques, nos systèmes intra-communautaires ne sont pas innocents dans la perpétuation d’un monde des clichés sociaux tenus et largués ici et là contre X ou Y. Les rouages politico-militaires à l’échelle étatiques ont leurs équivalents dans nos villages et communautés, il faut s’y intéresser courageusement en osant affronter son propre complexe d’abord et faire face aux ressentiments voire à la désaffection des tenants réactionnaires du makhzen féodalo-esclavagiste qu’on sait tenir un certain ordre coutumier de gouvernance intrinsèquement inégalitaire. D’ailleurs… comme un député peut interpeller le gouvernement sur les actes anormaux d’un préfet ou d’un gouverneur, il devrait pouvoir le faire concernant un chef coutumier aux pratiques injustes et fascistes dans son giron communautaire.
Du boulot, il y en a beaucoup…pour l’avènement d’un ordre citoyen et juste dans notre pays. Ce fond langagier khattrien n’affiche qu’une facette de nous-mêmes…malheureusement !
Alors que la journée nationale de lutte contre l’esclavage, le 06 Mars, de chaque année vient de passer inaperçue en Mauritanie, tant du côté des autorités que du côté de la société civile, la dernière réunion hebdomadaire du Gouvernement vient d’instituer, une autre journée nationale, commémorant cette fois-ci la diversité culturelle et de la cohésion nationale. C’est en soi une bonne initiative dans un contexte marqué par la montée de propos racistes proférés ou soutenus, sans gêne par les partisans d’une Mauritanie exclusivement Arabe ou blanche.
La reconnaissance d’une journée, consacrée à la diversité culturelle et de la cohésion nationale sonne comme revers pour ce camp, qui fait semblant d’oublier que la Constitution nationale reconnaît, quatre langues nationales représentatives de quatre communautés nationales (Arabe ou Hassaniya, le Pulaar), le Soninké et le Wolof). Le caractère multiethnique, multiracial et culturel de la Mauritanie, n’est pas une invention et n’est pas tombé du ciel. C’est cela son identité : une identité plurielle reflet de sa géographie, de sa genèse et de son histoire. Une journée de plus ! En effet, l’agenda national est déjà trop saturé de journées nationales sans impact.
Pourquoi alors instituer une journée nationale contre l’esclavage ?
Si l’esclavage est vécu comme un mal qui ronge d’abord les victimes, parce que source de stigmatisation, d’exploitation et de déshumanisation, il l’est aussi pour les États où sévit encore cette pratique d’un autre âge. En effet, pendant longtemps la Mauritanie avait opté pour le déni à chaque fois qu’elle avait été interpellée par les partenaires au développement (les instances internationales).
La réponse officielle était : il n’y a point d’esclaves en Mauritanie.
Acculée pendant des années, en plus des preuves qui ne cessent de s’amonceler contre Nouakchott, grâce au travail titanesque et courageux de certaines Organisations de la société civile (ONGs), (le plus souvent combattues et mal vues en Mauritanie mais bien appréciées à l’étranger), les autorités mauritaniennes ont été contraintes d’évoluer dans leur position. Ainsi, elles passent du déni à la reconnaissance non pas de l’esclavage en tant que fléau, elles arrivent à inventer une formule ingénieuse, qui admet la persistance des séquelles du mal. Une manière sans doute de minorer, d’atténuer : une reconnaissance au bout des lèvres. C’est déjà bien !
Comme toujours au Sud du Sahara pour justifier l’injustifiable, l’ignominie, le déshonneur, toutes choses abjectes, on peut compter sur des « intellectuels » ripoux et malhonnêtes » brillants dans la voie satanique et diabolique.
Ces derniers ne manquent jamais de mots, d’arguments, de thèses pour enfumer, manipuler mais surtout impressionner et endormir la société pour faire prévaloir leurs théories, même lorsqu’ elles sont loin de la vérité. Les exemples ne manquent : le tripatouillage des Constitutions, la légitimation des coups d’États, la défense des dictatures et autres régimes corrompus etc.
La journée du 06 mars ?
Loin des joutes politiques et politiciennes, instituer une journée nationale contre l’esclavage, est sans doute une manière de reconnaitre de l’existence de l’esclavage dans notre société. Les sociétés humaines étant dynamiques, nécessairement la pratique de l’esclavage s’adapte aux nouvelles réalités, en changeant de formes et de manifestations. Mais en réalité, la substance même de la pratique basée par l’exploitation psychologique, sociale, communautaire, mentale, culturelle, religieuse, économique, politique est toujours présente ; même si la stratégie du maître change de formes et d’enjeux. Et en face, la victime aussi n’est plus la même, sa mentalité, ses intérêts et rapports avec le maître ou l’ancien maître, le contexte etc. ont évolué.
Mauvaise lecture de l’esclavage en Mauritanie : la société maure stigmatisée
Jusqu’à une époque récente, parler de l’esclavage en Mauritanie revenait à pointer du doigt la situation des haratins, et à incriminer les bidhanes (maures blancs). Or, la société maure n’est pas la seule esclavagiste en Mauritanie. Les Noirs aussi pratiquent l’esclavage sous une forme plus subtile, mêlée à la culture : un mélange de féodalisme et esclavagisme. Pour s’en défendre, ils sont prompts à brandir l’argumentaire du respect des us et coutumes.
Dans une république démocratique, de surcroît un État de droit, la promotion culturelle doit impérativement être en harmonie avec les valeurs et principes de la république. Certains débats dans l’espace public ou sur la toile montrent jusqu’où la lutte contre l’esclavage manque de sincérité en Mauritanie. En effet, au lieu d’une tolérance zéro à l’encontre des apologistes esclavagistes, beaucoup préfèrent se contenter de nier ou de comparer les formes de pratiques observées chez les différentes communautés nationales.
On se rend compte d’une contradiction fragrante entre le caractère coercitif dans sa formulation contre l’esclavage et pratiques assimilées d’une part et l’impunité dont se vante les esclavagistes. Les victimes n’ont jamais compris, la mollesse et l’indifférence avec lesquelles les autorités judiciaires, policières et administratives traitent, les dossiers sur l’esclavage, une pratique criminalisée par la loi.
Ce qui est ahurissant, c’est de voir de grands responsables ou des soi-disant intellectuels s’adonner à cœur joie, sans état d’âme à comparer l’esclavage dans nos différentes communautés nationales ; en cherchant à minimiser les pratiques en vigueur chez les Noirs, comparées à ce qui se passent entre bidhanes et haratins. On ne compare pas deux maux. On les combat. Ma mère m’a appris que deux grains de sel ont la même saveur, (goût) : la seule différence possible entre eux, c’est à la pesée (le poids).
A l’occasion de cette journée commémorative, de lutte contre ce fléau, il est essentiel de rappeler qu’un combat sérieux contre l’esclavage nécessite un traitement plus pointu, prenant en charge les différentes formes de manifestations du fléau dans nos différentes communautés nationales.
Où trouve-t-on l’esclavage dans ses différentes manifestations ?
Il est dans les rapports sociaux, il est exprimé dans les mots, dans la façon de nommer, de désigner, d’interpeller etc. Il se nourrit des manifestations populaires et culturelles où il prend la forme de l’expression d’une identité culturelle. Il est présent dans la division sociale du travail, dans la gouvernance des lieux de culte (mosquées), dans les mariages entre les différentes familles. Sur le champ politique, l’esclavage se manifeste aussi dans les nominations, la désignation aux postes politiques ou électifs.
Bien évidemment, la forme visible saute aux yeux du fait qu’elle est pratiquée à ciel ouvert. La loi n’a de sens que lorsqu’elle protège les victimes ; et lorsque toute une administration est chargée d’accompagner les victimes, les protéger, les rassurer, les sensibiliser pour vaincre la peur, les intimidations et autres entraves de nature à compromettre l’accès à une justice.
Légiférer sur l’esclavage par ascendance
Il est temps que les Autorités mauritaniennes légifèrent sur l’esclavage par ascendance, une particularité des communautés négro-mauritaniennes et négro-africaines. Une loi n’a de sens que lorsqu’elle est appliquée, où quand elle prend les stratégies utilisées par les contrevenants pour la contourner. En effet, l’esclavage par ascendance reste une forme insidieuse qui échappe à la vigilance du législateur et des Autorités, qui ne font pas assez pour en finir avec cette abomination.
« La principale fonction de l’homme n’est pas de manger, mais de penser. Sans doute, qui ne mange pas meurt, mais qui ne pense pas rampe ; et c’est pire. » — Victor Hugo
Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, se situe cette année dans un contexte particulièrement significatif. Deux jours plus tôt, le 6 mars, la Mauritanie commémorait la Journée de lutte contre l’esclavage et ses séquelles. Dans deux mois, le monde marquera la Journée internationale du Noir, un rappel des souffrances liées à l’esclavage et un appel à plus de justice sociale et d’égalité citoyenne.
Ces dates ne sont pas de simples commémorations : elles nous rappellent combien l’histoire de l’oppression, qu’elle soit fondée sur la « race » ou le genre, continue de façonner nos sociétés. En Mauritanie, comme ailleurs, les séquelles de l’esclavage restent une réalité tangible, ancrée dans les structures sociales, économiques et culturelles.
L’héritage persistant de l’esclavage
L’esclavage, qu’il soit transatlantique, transsaharien ou coutumier, a laissé des marques profondes, souvent invisibles mais omniprésentes. Officiellement aboli, il survit sous d’autres formes : discriminations systémiques, précarisation économique, exclusion sociale et stéréotypes raciaux persistants.
La déshumanisation des Noirs, alimentée par des siècles d’exploitation, ne s’est pas arrêtée avec l’abolition légale de l’esclavage. Dans de nombreuses sociétés, la hiérarchisation raciale se perpétue à travers le langage, les institutions et les mentalités.
Prenons un exemple frappant : le philosophe et historien Ibn Khaldoun (1332-1406), dans ses écrits, affirmait :
« لا تشتري العبد إلا معه العصى » (« N’achète pas l’esclave [le Noir dans son entendement] à moins qu’il n’y ait un bâton avec. »)
Cette citation, profondément ancrée dans les mentalités du monde arabe, a contribué à justifier la perception du Noir comme un « sous-homme », un individu intrinsèquement soumis, nécessitant coercition et contrôle. Aujourd’hui encore, ces stéréotypes trouvent un écho dans certaines pratiques et représentations sociales.
L’oppression des femmes esclaves : une double peine
Si l’homme esclave souffre de privation de liberté et d’exploitation économique, la femme esclave subit une oppression supplémentaire liée à son genre.
Non seulement elle est contrainte au travail forcé, mais elle est aussi souvent victime d’abus sexuels, de violences psychologiques et de la négation de son autonomie reproductive. Dans cette logique, elle devient une « matrice », à la fois productrice et perpétuatrice involontaire d’un système qui l’opprime.
L’histoire regorge d’exemples de cette instrumentalisation du corps féminin. Le cas de James Marion Sims (1813-1883), considéré comme le « père de la gynécologie moderne », illustre cette brutalité. Sims a mené des expérimentations chirurgicales sur des femmes esclaves afro-américaines, sans anesthésie, sous prétexte que les Noirs ressentaient moins la douleur que les Blancs. Cette vision raciste, justifiant la souffrance au nom du progrès médical, trouve encore des échos dans certaines pratiques discriminatoires contemporaines.
Le poids du langage et des hiérarchies raciales
L’empreinte de l’esclavage ne réside pas seulement dans les faits historiques, mais aussi dans le langage et les représentations culturelles.
Certains mots, utilisés sans réflexion, perpétuent les hiérarchies raciales, discriminatoires et iniques. En Mauritanie, des termes comme « Abd » (esclave), « Koome », « Maccudo », ou encore « Jam » sont des vestiges d’une époque où la couleur de peau déterminait la place sociale d’un individu, et le rang social intracommunautaire chez les Noirs s’y rajoute.
Un détail linguistique révélateur illustre cette réalité : un ami marocain m’a expliqué que dans son pays, le mot « lekhdem » signifie simplement « employé », alors qu’en Mauritanie, il est chargé de connotations esclavagistes et désigne un individu subordonné, socialement inférieur. Ce simple mot montre à quel point le langage véhicule encore des conceptions héritées de la domination.
L’esclavage et ses diverses formes : une réalité mondiale
L’histoire de l’esclavage ne peut se réduire à la traite transatlantique. La traite arabo-musulmane, qui a duré plus de treize siècles, a déporté des millions d’Africains, souvent castrés et destinés à des formes de servitude domestique ou militaire.
L’anthropologue et économiste sénégalais Tidiane N’Diaye, dans Le génocide voilé, affirme :
« Alors que la traite transatlantique a duré quatre siècles, c’est pendant treize siècles sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne. La plupart des millions d’hommes qu’ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains et de la castration généralisée. »
Cette citation illustre bien l’ampleur du phénomène, mais aussi sa continuité et ses horreurs systématiques, souvent oubliées ou ignorées dans le discours historique dominant. En effet, la traite transsaharienne a précédé la traite transatlantique et a causé des souffrances infinies à des millions de personnes, souvent réduites à des conditions de vie pires que celles des esclaves dans les colonies.
En votant et en appelant à voter pour une personne issue d’une communauté culturelle ayant subi l’esclavage, je me focalisais sur l’idée d’un leader visionnaire capable de libérer le pays des corsets de la tradition esclavagiste.
Du côté de la Vallée et des configurations noires, l’esclavage demeure une réalité cachée, sournoisement entretenue. Avec les transformations sociales, les forces du mal ont instauré un nouveau système de domination semblable à celui des castes en Inde, à travers des mécanismes culturels. Cette stratification sociale repose sur la croyance en la pureté généalogique du sang et sur une subdivision du travail historiquement ancrée. Or, certains ont mis en place des mécanismes de reproduction de ce système à travers le terme « laada », un mot arabe signifiant « tradition ». Ce phénomène fait référence à une forme d’assistance qui rappelle les contre-valeurs entre « nobles » et « anciens esclaves ».
La lutte contre l’héritage de l’esclavage
Dans ce contexte, en plus des subtilités culturelles, l’abolition officielle de l’esclavage, on constate que les femmes peinent à trouver leur place dans un monde où les inégalités persistent sous d’autres formes : inégalités salariales, violences sexistes, assignation aux rôles traditionnels. Ce tiraillement entre modernité et tradition est particulièrement visible dans les sociétés où les attentes culturelles restent ancrées dans des schémas patriarcaux.
Par ailleurs, le pouvoir et la politique apportent leur lot d’imprévus. Il n’est pas rare que ceux qui prétendent vouloir briser les chaînes de l’esclavage se retrouvent eux-mêmes piégés par les mêmes logiques de pouvoir et de domination.
Cela démontre que la lutte contre l’héritage de l’esclavage n’est pas simplement une question de pouvoir politique, mais également un combat pour changer les mentalités et les structures sociales profondément ancrées.
L’esclavage transatlantique, qui a été béni par l’Église catholique dans ses débuts, a causé des ravages. Des mémoires ont été écrites à ce sujet, mais les ouvrages de Ndiaye et de Malek Chebel apportent une autre dimension cachée de la barbarie humaine, cette fois au nom de l’islam.
Enfin, il y a l’esclavage coutumier, ou l’esclavage par ascendance, dans les contrées, dans les villages, et même dans certaines villes, où les noirs se considèrent propriétaires d’autres noirs. Les supercheries des « laada » perpétuent la domination et la bassesse.
Ce dernier phénomène, bien qu’oublié dans les grandes narrations historiques, persiste encore dans certaines sociétés, où les héritiers des esclaves continuent à vivre sous des formes d’exploitation sociale. Il est crucial de ne pas ignorer cette réalité et de continuer à la combattre au nom de la dignité humaine et de l’égalité entre tous.
La réflexion sur l’esclavage, sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, nous pousse à une prise de conscience collective. Il est impératif de déconstruire les stéréotypes et les structures héritées de cette époque, qui continuent de façonner nos rapports sociaux, politiques et économiques, et surtout la condition des femmes.
Le combat pour l’égalité et la dignité de tous les êtres humains ne peut se faire sans une confrontation honnête avec cette histoire, mais aussi sans un engagement concret pour réparer les injustices qui en découlent. Ce n’est qu’en nous attaquant aux racines de l’esclavage et en honorant la mémoire des victimes que nous pourrons espérer éradiquer les formes modernes de servitude et construire une société véritablement juste et égalitaire en droits, devoirs et dignité.
Hypergamie féminine et reproduction des structures sociales
L’hypergamie féminine, souvent définie comme la tendance des femmes à rechercher un partenaire d’un statut supérieur, a joué un rôle dans la perpétuation des hiérarchies sociales.
Dans un monde marqué par des inégalités structurelles, l’hypergamie a parfois servi de stratégie de survie. Mais dans une société en quête d’égalité, ce paramétrage mental peut devenir un frein à l’émancipation réelle.
Repenser notre héritage pour bâtir l’avenir
L’histoire de l’esclavage et ses séquelles ne doivent pas être un tabou, mais un sujet de réflexion profonde.
Le combat contre l’héritage de l’esclavage n’est pas simplement politique ou juridique, c’est aussi un combat pour changer les mentalités et les structures sociales profondément ancrées.
Ce n’est qu’en confrontant notre passé avec honnêteté que nous pourrons construire une société véritablement juste et égalitaire, où chaque être humain, quelle que soit son origine, puisse jouir des mêmes droits et opportunités.
1 – Je tiens à dénoncer les pratiques brutales et le caractère différencié (étrangers afros subsahariens uniquement visés) qui ont été relevés par plusieurs sources crédibles. Encore soupçons de réflexe d’un « péril Noir » envahissant venant du flanc Sud du pays, souvent exploités par certains milieux xénophobes particulièrement anti Noirs.
2 – Pourquoi maintenant? Récemment les autorités régionales des Canaries espagnoles étaient en visite remarquée à Nouakchott lire https://fr.apanews.net/diplomacy/mauritanie-espagne-le-president-des-canaries-a-nouakchott/. Aux contacts du pouvoir de Nouakchott, quel a été le menu à propos de la gestion des flux migratoires ? Il faut rappeler que courant 2024, l’UE avec l’Espagne en tête menait des démarches avec les autorités mauritaniennes sur le contrôle de réseaux clandestins vers l’Europe et une assiette contractuelle de 210 millions d’euros était annoncée, lire https://www.courrierinternational.com/article/diplomatie-accord-migratoire-ue-mauritanie-des-contours-flous-et-une-efficacite-a-demontrer. Et peut-on en déduire que les mouvements policiers en cours contre certains étrangers dit-on illégaux, est de nature à montrer à la partie européenne que « des choses » se font substantiellement pour honorer les termes du contrat…?
3 – Il faut que les autorités s’interrogent sur les entrées illégales en masse pour éviter la gestion brutale d’une présence des illégaux… Quelles sont les failles et leurs causes qui permettent ces entrées à travers de postes de police et de gendarmerie qui ne manquent pas sur les axes routiers vers Nouakchott ?
Et j’ai été témoin il y a quelques semaines venant du Sénégal, au poste frontalier de Djama, 2 voyageurs (un guinéen et une sénégalaise) parmi nous, ont été enregistrés et dotés d’attestations déclaratives donc admis légalement sur le territoire national à mon sens. Et si des illégaux dit-on se retrouvent en masse dans la Capitale, il faut pister du côté d’un trafic multiforme dans lequel le système des contrôles aux frontières ne peut être d’innocence. Un mot clé, la corruptibilité. La culture de la corruption rapporte beaucoup sur nos routes, et donc comme dans d’autres sphères de service, quand on paie, tout devient possible. Pas de zèle dans les règles et leur application une fois l’échange numéraire est fait entre les mains.
Par le visionnage d’un documentaire succinctement bien fourni de la chaîne TV Arte https://www.arte.tv/fr/videos/120874-001-A/bangladesh-la-naissance-dans-le-sang-1-2/?utm_source=android&utm_medium=share&utm_campaign=120874-001-A, on y apprend comment la commune religion partagée majoritairement entre les 2 peuples n’a pas pu éviter une terrible guerre civile suivie d’une douloureuse séparation. Cet affrontement que d’aucuns qualifient d’une guerre génocidaire en 1971 aurait provoqué plusieurs millions de morts et de déplacés. Le pays en 1947 est établi à la base d’une division de l’ancienne possession britannique du sous continent indien. Ainsi, l’ensemble majoritaire hindou est devenu l’Inde et l’ensemble majoritaire musulman fait le Pakistan. Ce dernier est territorialement séparé par l’Inde (d’environ 1600 km), donnant le Pakistan occidental et le Pakistan oriental (le futur Bangladesh en 1971). Dès la création du Pakistan, la partie occidentale tenait l’ascendant politique sur la partie orientale. À travers de relents ethno-raciaux, Mohammad Ali Jinnah (le top dirigeant du pays naissant) et ses idéologues cultivaient ouvertement un hégémonisme social et politique contre la partie orientale. En avril 1948, il s’exprimait ainsi : « l’ourdou et seulement l’ourdou restera la langue officielle du Pakistan ». L’ourdou, la langue du côté occidental, est imposé comme la langue officielle en ignorant le Bengali majoritairement parlé du côté oriental. Dans son propos du documentaire, M. Ali Jinnah menaçait en substance que celui qui est contre cette officialité linguistique exclusive de l’ourdou, est l’ennemi du Pakistan. Le ton véhément et méprisant est ainsi lancé pour un écrasement politique, social et culturel accablant la partie orientale par le côté occidental. Ce dernier concentrant l’essentiel du pouvoir par la suite sous une dictature militaire de Yahya Khan. Lors des élections tenues dans le pays debut décembre 1970, le parti d’un leader bengali M. Mujibur Rahman, rafle la majorité absolue du côté oriental et les suprémacistes du côté occidental n’entendaient pas lui laisser l’éventualité de devenir premier ministre. Les bengalis ont engagé et amplifié des protestations populaires contre la décision du dirigeant militaire Yahya Khan qui a suspendu le processus parlementaire. La cassure devenant fatalement inévitable, l’armée et ses suppletifs à la solde de la politique répressive du côté occidental, ont choisi la violence brute contre les bengalis déterminés à recouvrer leur liberté et obtenir l’indépendance de leur pays pour de bon. La machine répressive s’est affolée terriblement contre les indépendantistes devenus combattants déterminés à se libérer du joug méprisant du pouvoir occidental. Certaines pratiques de l’armée sont d’ailleurs logées schématiquement dans les critères génocidaires. Tueries de masse, disparitions forcées, traques et éliminations systémiques visant l’élite politique et intellectuelle bengale. À noter que les forces indépendantistes ont bénéficié durant le conflit devenu une guerre de libération, de l’aide humanitaire, logistique et militaire de l’Inde voisine. Le pays devient indépendant le 16 décembre 1971 sous le nom Bangladesh se détachant du Pakistan occidental contraint d’accepter la séparation.
Les idéologies suprémacistes qu’elles soient de colorations raciales, ethno-raciales, communautaires ou statutaires ne feront jamais un socle valablement structurant d’où peut émaner une Nation ou une Communauté stable et forte ni socialement, ni politiquement, ni économiquement, encore moins intellectuellement. Seule la commune dignité humaine par la prise en compte rigoureuse de nos diversités peut constituer une anse ferme de l’unité et du vivre-ensemble. Et ce n’est pas une option bancale par du verbal mais une nécessité absolue par des actes louables pour Construire et Sauvegarder une Nation ou une Communauté sur de solides et pérennes piliers civilisationnels.
27 février 2025
KS pour le BLOG
📸 le leader indépendantiste bengali Mujibur Rahman.
Nous avions souvent abordé, la question de l’esclavage en milieu Soninké, avec beaucoup de sérieux et de passion. On ne pouvait faire autrement ! C’est un impératif moral, et une compassion pour les victimes, tant le sujet est loin d’être léger ou drôle. Cependant, trop de sérieux, n’est pas sérieux. Et si l’on y mettait un peu d’humour.
La noblesse « horaxo » devrait être un idéal Soninké, soit une personnalité Soninké achevée et parfaite, l’incarnation de la sagesse de « l’homme Soninké » : un idéal à éteindre.
La Noblesse, sous ce rapport, est une attitude, un comportement, une exemplarité morale et éthique, spirituelle voire existentielle.
Tous les membres de la communauté peuvent, en théorie, accéder à la Noblesse, mais à condition d’être éligible. Ainsi, elle cessera d’être héréditaire, transmise par la naissance, une classe fermée et cloisonnée, qui croient être supérieure aux autres; en faisant de la noblesse sa » propriété privée » . Un titre donc contestable par son mode d’acquisition, de transmission ; tel un seigneur sans honneur, arrivé au trône par usurpation et sans en avoir le charisme et la prestance.
Ainsi, la Noblesse devient le combat de chaque Soninké (hommes, femmes, jeunes et vieux ) pour y accéder. La recherche d’une échelle sociale, jamais acquise définitivement et à vie, conduira certainement à la promotion d’une société plus saine, plus juste où l’excellence est une valeur, un défi de tous les jours.
Dans cette nouvelle architecture, la noblesse sera ouverte à tous. Mais attention, on peut la perdre comme un permis à points . En effet, on y prévoit, la déchéance du titre de la Noblesse pour ceux qui poseront des actes répréhensibles et blâmables : elle repose sur l’exemplarité, la probité, mais surtout votre apport à la communauté, à la société.
Dans cette vision, l’Esclave n’est pas un nom de famille, un statut social, un héritage social, soit une étiquette à vie et pour toujours. L’esclave est celui qui est nuisible, celui qui est ignorant et fait montre de bassesse par son comportement etc. On est donc loin du déterminisme social. Rien n’est acquis d’avance et rien n’est perdu d’avance.
Les belles âmes et vertueuses seront les gardiennes du temple de cette nouvelle noblesse ; une espèce de Panthéon. Si bien qu’on sera loin du schéma actuel, où certains sont » déclarés » appartenir à la noblesse, alors même qu’ ils ne savent même pas comment s’y prendre. D’autres sont classés « esclaves » pendant qu’ils excellent en toute chose, et n’ont jamais compris pourquoi la société leur réserve une place aussi déshonorante et abjecte.
Le meilleur modèle social, c’est celui qui accorde une place de choix à l’humain. Or, l’humain est indissociable de la dignité. Ainsi, la dignité est un trait intrinsèquement humain, par delà les origines sociales, géographiques, raciales, tribales, ethniques et linguistiques etc., elle ne peut être la propriété de quelques « privilégiés ».
Un travail de déconstruction est nécessaire pour expliquer que l’honneur revient à cet homme qui a été abusé, déshonoré, déshumanisé, vendu et traité comme un bien meuble par son semblable. Quel honneur, quelle royauté, quelle éminence pour celui qui a esclavagisé son propre « frère » ? Même les puissances impérialistes, ont aujourd’hui honte des actes barbares qu’elles ont posés autrefois en Afrique et ailleurs.
Si la grandeur d’une puissance colonisatrice se mesurait au nombre de colonies dont elle disposait, donc de populations indigènes et de territoires; de nos jours la puissance est avant tout économique, culturelle, démocratique, politique, militaire et diplomatique etc.
La grille de lecture a bien changé. La noblesse est du côté de la victime, qui n’a rien fait de mal si ce n’est être faible, pauvre ou vulnérable. Une situation qui peut arriver à chacun; si l’on admet que la vie est faite de haut et de bas.
Or, l’indignité caractérise bien les agissements de celui qui profite de la faiblesse de son » frère » pour l’exploiter psychologiquement, culturellement, économiquement, politiquement, socialement etc. Et plus grave encore, sans aucun remords, il entend perpétuer sa domination par la transmission des « codes » à sa « lignée » pour que le mal perdure. Comment s’enorgueillir d’un passé où ses aieux avaient des esclaves ? Quandon sait que l’esclavage, même pratiqué sous le manteau de la culture (tradition) n’est pas sans rappeler: abomination, crime. En effet, il rime avec criauté, brutalité, violence, viol et toutes sortes de tragédies humaines.
Lui, c’est l’actuel premier ministre mauritanien, M. Moctar O. Diay. Visiblement l’élan d’un sentiment de changement interne de l’état profond avec sa nomination, s’est relativement amolli. Il subit comme ses prédécesseurs un régime de pouvoirs, de sous-pouvoirs et de contre-pouvoirs qui s’imbriquent et s’inhibitent d’une échelle à une autre. Nous faisons semblant d’ignorer que la substance organique de nos services étatiques est une émanation organisée de ce qui est composé et généré de régalien dans nos différentes communautés. Ainsi dire, nos suprémacismes (ethno-racial et statutaire) collectivement entretenus consciemment et-ou inconsciemment à divers degrés, ne peuvent pas être extirpés du corps social et sociétal par une entreprise politique de basse intensité. Les carences en terme de d’Égalité politique et de Justice sociale sont vécues dans nos intra-communautaires d’abord et la structure étatique centralisée est en gestion perpétuelle d’un statu quo bien pesant. Après 64 ans d’indépendance et quelques décennies d’ouverture dite démocratique, un chef coutumier ou religieux habituellement encarté client et support politique du parti – Etat pèse par ses relations plus qu’un préfet, un magistrat voire même plus qu’un gouverneur dans un territoire administratif donné. L’ordre électoraliste est un amusement pour marquer le temps politique avec la même substance essentielle. La véritable alternance politique adviendra quand on ose défaire et criminaliser les immixtions intégristes et fascistes de nos ordres anciens dans l’arène politique moderne. Une affaire qui n’est pas à l’ordre du jour dans le spectre politique d’une manière générale. Le mutant clientélisme politique est tellement intrusif chez tous les acteurs publics d’une couverture à une autre… une demande de justice sociale et citoyenne vivement revendiquée politiquement à Nouakchott par Sidi ou Amadou, sera combattue et torpillée par ce dernier quand il s’agit d’asseoir la même exigence militante dans sa propre communauté à l’intérieur du pays.
Les volontés existent mais les leviers sont d’une grande faiblesse structurelle…face aux pesanteurs qui freinent.
Les exclu.e.s, victimes du racisme et des discriminations raciales, ont toujours rendu compte avec acuité de leurs expériences vécues. Malgré la détermination dont ils ont toujours fait preuve dans le dévoilement des formes visibles et souterraines de leur exclusion, ils sont restés inaudibles. Accusés d’affabuler, de se complaire dans un statut de victime radicalisée, d’en « faire toujours trop », leurs nombreux témoignages ont été invisibilisés par une ignorance volontairement produite et entretenue par les dominants avec la complicité passive ou active d’une communauté qui sait et pourtant ne parle pas. Nous sommes bien ici dans ce que le philosophe Charles Mills a appelé l’ « ignorance blanche », autrement dit un « système politique non nommé en tant que tel, régi par un contrat racial implicite ». Shannon Sullivan et Nancy Tuana ont expliqué dans un ouvrage essentiel que l’ignorance n’est pas uniquement une lacune dans les connaissances.. Dans le cas de l’oppression raciale, le manque de connaissances ou le fait de désapprendre une chose connue est souvent activement produit à des fins de domination et d’exploitation ».
En Mauritanie, c’est à cette ignorance que se heurtent les exclus. Comment comprendre autrement l’indifférence voire le déni de la grande majorité de la composante maure et du pouvoir face aux situations évidentes de racisme et de discriminations? S’il y a bien quelques objecteurs de conscience, il n’en demeure pas moins qu’ils restent peu nombreux, celles et ceux qui, aujourd’hui, exposent au grand jour le racisme, les discriminations raciales et leurs cortèges de monstruosités.
Pour nettement identifier l’architecture des rejets et des exclusions, il faut s’en remettre aux expériences et points de vue des exclus. Une « épistémologie des points de vue » cette fois-ci, qui, sans rien essentialiser, fait de la vie des Noirs et leurs expériences quotidiennes, le commencement de toute compréhension de ce qu’ils vivent, la possibilité de toute production de connaissances sur leur condition. En ce sens, il faut entièrement souscrire à l’analyse de Sandra Harding qui expliquait l’importance de prendre au sérieux les subjectivités pour arriver à une objectivité forte, l’objectivité clinique n’étant que pure illusion. La subjectivité du sujet-témoin est la condition de possibilité d’une connaissance de la vie des gens.
L’Appel est une voie de recours ordinance comme les autres voies de recours ordinaires et extraordinaires permettant de critiquer une décision judiciaire. Hier, la Cour d’appel de kiffa ( CAF) a rendu sa sentence après une longue plaidoirie des avocats et le procureur sur une affaire qui n’a pas toujours fini de surprendre l’opinion publique et les magistrats eux mêmes. La Cour a cassé la décision rendue par la première instance. Par la suite elle a abrogé la peine de mort et condamné les 4 mis en cause à 10 ans de reclusion criminelle avec de dommages et intérêts…
A- Pourquoi la CAF a supprimé la peine capitale prise par la première instance ?
Les éléments constitutifs :
Pour rappel la cour criminelle a condamné un des mis en cause à la peine capitale en avril 2024 après 2 jrs d’audience sans que l’accusation n’arrive à apporter les preuves matérielles et morales. A l’issue de ces 2 jrs d’audience la cour a fait recours au serment en demandant aux frères de la victime de venir prêter 50 serments sur le Coran.
Les frères de la victime se sont portés comme les héritiers masculins potentiels pour prêter serment à la place des héritiers majeurs potentiels de la victime en induisant la Cour en erreur et en disant à celle-ci que la victime n’a pas des fils ou encore ses fils ne sont pas majeurs pour prêter serment. Or, c’est faux ! Ce qui relève de la manipulation et du parjure. C’est à travers ces manoeuvres dolosives des frères et l’entourage de Balla G que la cour a proclamé la peine capitale.
En effet, la victime a deux garçons qui étaient majeurs et saints d’esprit au moment du verdict de la Cour criminelle. L’un est né le 12 sept 1998 à Ghabou et l’autre le 12 mars 2000 à Ghabou. Sauf que ces deux garçons sur leur etat civil (acte de naissance) apparait un faux père immigré résidant en Espagne (demi frère de la victime) prenommé Fousseynou dit Tidjani G. Ce qui constitue un crime à l’etat civil biometrique mauritanien punit par les textes en vigueur. On trouve sur l’acte de naissance de ces garçons le faux père Fousseynou et leur mère Meima S (l’epouse et veuve de la victime ). Seul le faux père le sait pourquoi cette fraude à l’état civil ? Et à quelle fin ? Et pour quel dessein ?
Après l’enquête menée par les avocats depuis l’Espagne, Nouakchott jusqu’à Diogountouro, ils ont constitué un dossier avec tous les actes de naissance des enfants de la victime et actes de mariage mais aussi ceux du faux père et sa famille pour demontrer à la CAF que la peine capitale a été obtenue sur la base des manipulations et des manoeuvres frauduleuses alléguées par les frères de la victime. C’est en ce sens que la Cour d’appel a annulé la peine capitale. Elle a par la suite condamné les mis en cause à 10 ans de reclusion avec un dommage et intérêt de 2millions MRU.
Sur ce point les avocats ont déposé une plainte contre les frères de la victime et tous ceux qui ont contribué à manipuler la cour criminelle de près ou de loin pour fraude à l etat civil et faux et usage de faux. Ils comptent aussi saisir les autorités espagnoles sur les agissements du faux père des enfants biologiques de la victime car cela revele de leur profession de foi.
B- Sur la condamnation de 10 ans de reclusion
Faisons un syllogisme judiciaire: majeur, mineur et conclusion.
Si le majeur tombe, il n y peut avoir pas lieu de condamnation du mineur. Par conclusion le verdict est la relaxe ou l’acquittement…Mais hélas !
A mon sens cette décision est une décision politique qui n’engage que la CAF rendue sur la base d’aucun élément de preuve probante. La Cour a tout simplement partagé la poire en deux entre les parties à l’instance. En l’absence d’aucune preuve materielle et morale elle rend quand même sa propre décision ; et dire que si vous n’êtes pas contents vous vous rendez devant l’instance suprême (la cour suprême de Nouakchott) pour qu’elle vous departage. La Cour suprême est le dernier recours qui constitue le juge de droit et non des faits. Les parties disposent un delai de 15 jours pour former leur pourvoi en cassation et 30 jours à partir de la notification de l’arrêt pour déposer leur memoire selon les dispositions de l’article 460 et suivants du code de procédure penale mauritanien.
En espérant que le droit sera respecté et dit par la Cour suprême ( la plus haute instance judiciaire du pays)
L’actuel premier sénégalais âgé de 50 ans, est un porteur iconique « game changeur » dans la vie politique de son pays au cours de la décennie 2014 – 2024. Sans cet humble inspecteur des impôts, libre d’esprit, pieux patriote et déterminé panafricain, un certain système étatique se serait recyclé dans une continuité menée par le camp idéologique dit libéral (Wade – Sall 2000 – 2024). Fondateur et inspirateur disruptif du parti « Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité » (PASTEF), l’homme de confiance de l’actuel président Diomaye Diakhar Faye (élu le 24 mars 2024) est un cas de matière pour les études politiques. En observateur « simpliste », j’ose l’encarter comme suit : néo afro musulmanité assumée au parfum révolutionnaire, panafricanisme réfléchi et pragmatique, anticonformisme politique et visionnaire, anti impérialisme idéologique, souverainisme économique et anti intrusif, diplomatie d’ouverture, de non ingérence et d’intérêts stratégiques…
Dans quelle assiette idéologique en matière politique peut-on correspondre relativement ces données chez nous?
Ces dernières années, avant l’arrivée au pouvoir de son camp politique par un grand succès électoral avec 54,28% contre 35,79% pour un ancien Premier ministre du régime finissant, l’acharnement répressif sur lui et ses partisans n’a pas fait cas d’un écho mémorable en terme de dénonciation par l’arène politique en Mauritanie. Oppositions comme les gens du pouvoir, il y a eu une étonnante indifférence chez les uns et les autres, on dirait une suspecte neutralité de complaisance pour le régime de Macky Sall. Et évidemment, les uns et les autres ont de profondes motivations dans leurs diverses postures. Ainsi, la politique de gouvernance mauritanienne dispose d’un État profond structurellement systémique qui ne peut que se méfier de toute dynamique « subversive » et anti systémique à l’extérieur chez un pays voisin si proche. Aussi, cet État profond préférerait avoir affaire à un personnel politique prévisible issu d’un certain héritage élitiste de l’ancienne école relativement docile et françafricaniste (De Senghor à Macky). Côté des oppositions, ça peut se décliner diversement, certains vont suivre la posture très lisible citée pour le cas de l’Etat profond. D’autres opposants encartés antisystèmes à la « sauce mauritanienne » vont privilégier un agenda de l’intérieur bien circonstanciel pour contenir leurs contrastes et contradictions. Ainsi, lors de la dernière présidentielle (29 juin 2024), la coalition antisystème qui a porté la candidature du leader abolitionniste Biram Dah Abeid, se serait difficilement entendue d’une voix politique s’il fallait communiquer sur les agissements d’atteinte aux droits humains du régime de Macky Sall. Pour cause, un antisystèmisme Pastefien outre fleuve Sénégal gênerait probablement certains coalisés antisystème côté mauritanien. Comme le cas du doyen M. Samba Thiam (FPC) qui a exprimé récemment dans un post Facebook « je suis généralement en désaccord avec Ousmane Sonko » https://www.facebook.com/share/p/gfxHetMeNz4xiMgC/. Est-il en désaccord avec l’homme Sonko ou avec ce qu’il a incarné d’antisystèmique contre le régime de Macky Sall ? Une clarification est bien nécessaire pour l’opinion publique militante. Un certain ethno-communautarisme est une facette de la mosaïque de l’identité politique dans nos sables mouvants, notre engagement antisystèmique aura ses lourdes limites si on ose schématiser réellement les contours sociaux et politiques d’un système quelconque. Il y a lieu de savoir de quoi il s’agit, vouloir changer le système ou bien compter remplacer ceux qui tiennent le système ?
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.