Affaire « esclavage » afro vs afro gêne énormément beaucoup de monde intello Noir. Le narratif habituel charge sans filtres les traites extérieures (transatlantique et timidement trans-saharienne). Un certain antiracisme subit relativement ce même process par lequel les xénophobies ethno-raciales entre Noirs sont mises en sourdine avec beaucoup de mauvaise foi et un focus échappatoire va s’intéresser sur la binarité « Blancs méchants contre Noirs victimes« .
Parfois le cas mauritanien est tellement parlant : l’activisme « Che Guevara » de certains à Nouakchott est très loin de leur ancrage sociologiquement suprémaciste et féodalo-esclavagiste dans leurs communautés et dans leurs villages d’origine. Nos compatriotes et frères arabo-berbères sont très renseignés de ces réalités qui nous traversent. Et également… nos frères haratines engagés le savent bien, un leader haratine de dimension politique nationale qui conteste le système avec véhémence sait très bien la représentation qui est faite insidieusement de « l’individu haratine » dans les imaginaires chez les communautés négro-mauritaniennes (hors haratines). Par opportunisme et petits calculs dans l’arène politique, on essaie de faire abstraction provisoirement de ces prismes et on prêche dans l’intra-communautaire un raidissement de positions identitaires foncièrement communautaristes peu avouables publiquement.
Chaque communauté ou milieu n’accepte une révolution pour des droits socialement universels qu’en dehors de ses frontières ethno-raciales. Dans la problématique en termes de carences d’état de droit et d’égalité sociale en Mauritanie, nous y cachons beaucoup de sous- problèmes qui s’avèrent bloquants pour une cohérence militante transversale et intersectionnelle. Ainsi dire, nos militantismes doivent être évalués entre autres par ce qu’on ose revendiquer et proposer de potablement progressiste et juste à l’échelle nationale et d’en faire pareillement dans notre enclos communautaire d’abord. C’est une Mission essentielle. C’est inacceptable la culture d’une hiérarchisation entre les régimes oppressifs, qu’ils soient du fait étatique ou intra-communautaire.
Le reçu de recensement dont disposent les citoyens atteste de la prise en charge de leur dossier de régularisation par les autorités compétentes. Il certifie que la situation de l’individu a été enregistrée et reconnue, et que, logiquement, la délivrance du document final devrait suivre sans délai. Ce reçu devrait donc suffire comme justificatif sur l’ensemble du territoire national. Il constitue un point de départ légitime pour obtenir le document final, quel que soit le centre de recensement concerné. En d’autres termes, s’il peut être délivré dans n’importe quel centre, il devrait permettre la libre circulation sur tout le territoire avec ce seul document. Et pourtant… Le paradoxe est glaçant : Ma nièce répondant au nom de Hawa Biné DIALLO, de retour du Mali où elle se faisait soigner, se retrouve bloquée à Selibaby le 30 avril 2025. L’autorité locale l’empêche de poursuivre son voyage vers Nouakchott, où elle réside pourtant régulièrement depuis des années. Motif invoqué : son reçu de recensement ne lui permettrait pas de continuer son trajet. Pire encore, aucun transporteur n’accepte de la prendre en charge, par crainte de représailles de la part des autorités aux postes de contrôle. Comme par hasard, cette mésaventure survient à la veille du 1er mai, fête du Travail. Hawa est contrainte de rester chez des inconnues jusqu’au lundi suivant, sans aucune garantie de solution. Cette situation est d’autant plus alarmante que nombre de dossiers de recensement, parfois ouverts depuis plus de deux ans, sont encore au statut « EN COURS ». La seule réponse donnée aux citoyens est : « Il faut patienter. » Mais cette attente interminable a des conséquences humaines graves. Des personnes malades ne peuvent se déplacer pour se faire soigner. Des citoyens sont empêchés de voyager, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. À l’étranger, notamment en France, de nombreux compatriotes perdent leur droit au titre de séjour, faute de pouvoir présenter un passeport valide de leur pays d’origine. Combien de Mauritaniens de la diaspora se sont ainsi vus privés de tous leurs droits, à commencer par celui de rester légalement dans leur pays d’accueil ? Nous interpellons ici les autorités mauritaniennes : prenez conscience de cette souffrance silencieuse.
Personne n’ignore la douleur de celui qui, par nécessité, quitte les siens pendant des années pour subvenir à leurs besoins et pallier les manquements d’un État absent. Le silence du citoyen mauritanien n’est pas un consentement. Il est souvent le cri muet de ceux qui n’ont ni relais, ni protection, ni « bras longs ». Ceux-là subissent en silence un quotidien devenu inhumain à cause de procédures inaccessibles et d’une indifférence institutionnelle. Nous lançons un appel pressant aux pouvoirs publics : prenez conscience des souffrances du peuple. C’est votre devoir, et c’est le droit fondamental de ceux qui, par leur simple existence, justifient les postes que vous occupez et les salaires dont vous bénéficiez. Tous n’ont pas cette chance. PRÉNEZ CONSCIENCE. C’est le minimum pour incarner les valeurs d’équité, de justice et de dignité que prône notre islam républicain.
Le vendredi 25 avril 2025, la France et une certaine opinion internationale sont sidérées par l’attaque meurtrière dans une mosquée (La commune La Grand-Combe – Le Gard). La victime est un jeune malien appartenant au groupe sociolinguistique soninké appelé Aboubakar Cissé. Ce dernier a été affreusement poignardé à mort par un individu censé venu apprendre comment faire la prière. Plutôt un haineux islamophobe qui ne laisse aucune chance au jeune fidèle musulman dont les actes et comportements sont hautement loués parmi les fréquentations de la mosquée. Je tiens à réitérer mes fraternelles condoléances à sa famille et à l’ensemble de la communauté musulmane. Paix éternelle à son âme. Ameen. Que la justice française mette tous les moyens nécessaires pour mener l’enquête et punir l’assaillant (arrêté en Italie).
Ce 1er Mai 2025 correspondant à la Fête du travail, une manifestation a été organisée à Paris pour protester contre cet acte horrible, interpeller les autorités publiques françaises et soutenir les proches de la victime. Une certaine France politique est complice avec un narratif de xénophobie particulièrement islamophobe dans les discours publics notamment dans les médias. La communauté soninké de l’Hexagone s’est jointe valablement à cette sortie publique pour dénoncer cet assassinat et compatir avec la famille du jeune Cissé. Ainsi l’appel dans un élément vidéo lancé par M. Ousmane Diagana de l’APS (Association pour la promotion de la langue soninké), a fait écho parmi l’arène RS 2.0 en milieux soninkés notamment au sein de la diaspora en France. C’est très alerte comme démarche de sa part et à saluer vivement ce réflexe citoyen et humaniste. Quand notre commune humanité est touchée par une telle horreur, l’indifférence devient immorale et basse.
Et… pourtant, j’ose reprocher à M. Diagana et sa suite communautariste sous couvert d’une association, de bruyantes indifférences lorsque l’esclavage par ascendance dans l’intra-communautaire soninké a tué, humilié, déporté, exproprié, affamé et assoiffé dans nos terroirs ouest-africains. Le cadre associatif qu’il dirige est un nébuleux support des activités ambiguës liées aux coutumes intégristes et discriminatoires dans l’ensemble féodalo-esclavagiste soninké.
Parmi leurs indifférences les plus abjectes, on peut citer entre autres ; l’affaire de 4 pères de famille (Mountagha Diarisso, Gossi Cissoko, Youssou Cissoko et Hamet Cissoko) lynchés à mort à Djandioumé (village soninké dans la région de Kayes – Mali) dans la nuit du 1 septembre 2020 https://news.un.org/fr/story/2020/09/1076872 et le cas en juillet 2022 de la vielle dame Diogou Sidibé (70 ans) enlevée, assassinée et mise en sac dans le village de Lany https://www.dw.com/fr/mali-diogou-sidib%C3%A9-esclavage-par-ascendance-kaye/a-62903536 .
À ce jour à propos de ces drames liés au refus de la soumission aux pratiques féodalo-esclavagistes, nous n’avons pas eu écho d’un moindre mot de dénonciation et de soutien émis par le cadre institutionnel de son association. Dans leur giron communautaire, on y promeut malheureusement l’immobilité sociale autour d’un pilier principal : la royauté dans les imaginaires pour les uns et la subordination assignée pour les autres.
En France, dans les milieux associatifs diasporiques, ils portent un habillage culturel avec les facilités matérielles à gratter occasionnellement et politiquement encartés pour beaucoup dans les partis de Gauche. Ces partis politiques qui occupent le spectre idéologique où les valeurs d’ouverture et de tolérance sont très expressives à l’endroit de la diversité en France et aux étrangers résidents.
M. Diagana et ses camarades se classent schématiquement dans l’aile suprémaciste de l’écosystème sociétal soninké. Ils évoluent dans des dispositions mentales qui n’admettent pas l’égalité sociale et citoyenne dans l’enclos communautaire. Douchés et piégés à volonté dans des héritages hiérarchisants par la naissance, leurs ambiguïtés sont d’une certaine acuité à l’occasion de ces événements graves par lesquels ils savent allier opportunisme et commerce social devant les opinions publiques.
Ainsi ma brève lecture sur un magma politico-sociétal composé de l’ordre féodalo-esclavagiste soninké et d’un canal associatif en guise d’écran de fréquentabilité partenariale.
Paix éternelle aux victimes de la barbarie et de la haine, qu’elles soient islamophobes ou féodalo-esclavagistes soninké.
L’actualité du pays ces derniers temps est comme ce temps qui nous rattrape ou cet autre archaïsme qui nous définit. De l’aberration et de l’abjection vis-à-vis de ce qui pourrait et devrait être un pays. Oui un pays avec tous ces attributs. La Mauritanie souffre réellement de nos turpitudes. Ici et là dans ce pays, il était vrai qu’on magnifie le voleur. Le tricheur est applaudi et le menteur héroïsé. Et pour cela rien n’a changé. C’est réellement l’identité qui nous sied encore mieux. Mais nous le savons aussi qu’il est mauritaniennement admis que l’intègre fils de ce pays soit qualifié comme un fou, un bon à rien qui ne veut rien et même considéré comme l’ennemi du « pays, le pays du système ». Il est, coûte que coûte, l’homme à abattre. Voici comment ce pays est pris en otage où les sangsues décident de notre devenir et l’hypocrisie gouverne notre quotidien. Voilà pourquoi, malgré les bonnes intentions d’une certaine élite qui veut se dédouaner et chercher à requinquer un passé récent peu reluisant, nous ne décollons pas. Et nous ne décollerons pas de sitôt sans un réel sursaut, une véritable et profonde rupture, tellement la vermine s’est véritablement incrustée. Alors tout s’explique, comme ces derniers événements qui nous sont jetés en pâture. La bêtise humaine de Sélibabi. Petits, nos parents racontaient que les chiens déterraient les morts. Ainsi, la surveillance des cimetières s’accentue après chaque deuil au village. A Sélibabi, ce n’était pas des chiens mais des personnes qui ont déterré un corps qui, selon eux, est impur et n’est pas au bon endroit… violation de sépulture ne peut être bien, c’est le summum de la cruauté bestiale… humaine je veux dire. Fiodor Dostoeievski disait : « On parle parfois de la cruauté bestiale de l’homme, mais c’est terriblement injuste et offensant pour les bêtes, aucun animal ne pourra jamais être aussi cruel qu’un homme, si habilement, si artistiquement cruel ». A Sélibabi, ce qui s’est passé là-bas, résonnera longtemps dans notre rétroviseur collectif. Sur ce sujet, je ne peux dire plus après lecture de la magnifique plume de Pr Ely Moustapha, qu’Allah swt le garde longtemps. Alors mon propos est, comme annoncé par le titre, s’oriente vers une tentative de décryptage sommaire de l’homme en charge du dialogue. Je me définis comme un méfiant (comme cet aveugle dont les parties intimes avaient été piétinées et qui s’affaire à écouter tout bruit de pas) contrairement à ceux qui me qualifient de polémiste. Voilà pourquoi je suis grandement partisan de questionnements ne se laissant jamais dominer par la curiosité du public mais plutôt par l’intérêt public. Alors, qui est Moussa Fall dans l’histoire politique de ce pays ? Que peut-on attendre de cet homme ? Un personnage énigmatique, profond et trop complexe ? S’il est le premier à s’occuper durant l’époque de feu Président Sidi la résolution d’une partie du passif humanitaire, notamment le retour et l’insertion de certains rapatriés mauritaniens qui étaient au Sénégal, on n’oubliera pas qu’il a été aussi du groupe politique transfuge de l’UFD/Ere Nouvelle pour le PRDS de Maaouya ? Qu’est-il devenu depuis ? Avant mes réponses à ces questions, l’actualité m’autorise à donner mon opinion sur l’histoire du député Khaly Diallo, l’affaire opposant la jeune Warda à Khatri Ould Dié et la demande de pardon de Biram. Je pense que Khaly a été la surprise des laudateurs du système en reprenant dans l’hémicycle ce que les militants d’une Mauritanie juste clament depuis plus de 30 ans. Rien de nouveau qu’une réaction aux faits et gestes continus de ce système de mépris et d’exclusion. Et Rien de nouveau si ce n’est un certain Khatri Ould Dié du journal Maghreb-Hebdo qui vient insulter notre conscience en traitant quasiment le député Khaly de sous-homme et que le même puissant Khatri envoie une jeune dame en prison au prétexte que celle-ci l’aurait humilié. Ainsi, des hommes défilent chez lui pour qu’il retire sa plainte et, parfois, en le suppliant. Voici pourquoi nous ne décollons pas. Un applaudisseur de tous les pouvoirs, un produit du système qui a trituré, nargue ce qu’il y a d’institution de ce pays depuis Maouya à nos jours, en voulant coûte que coûte humilier une jeune dame par la prison. La Mauritanie, quant à elle, humiliée, pillée, saccagée et qui porte plainte contre notre conscience de citoyen de devoir ne fait pas larmoyer. C’est dans cette atmosphère qu’intervient une demande de pardon qui occupe les réseaux sociaux, une demande venue de Biram, patron du mouvement IRA. Une demande de pardon qui s’inscrit dans un registre que seul Biram sait la valeur. Mais comme on le dit, nos hommes politiques ne pensent pas comme nous et n’analysent pas comme nous et surtout ils le font quand nous dormons. Et on ne peut que constater notre méconnaissance de jour en jour de la source de décisions ou positions voire positionnement de nos politiques sur les questions d’actualité et de leur priorisation. Le peuple subit sans comprendre et, tellement ahuri, pense toujours se tromper, voulant garder leurs héros politiques… Alors, le Président Ghazouani, en nommant Moussa Fall Coordinateur du dialogue, veut par cet acte institutionnalisé… le dialogue. Le dialogue est une dimension de maturité politique de nature à ressasser les points de blocage de la vie et de l’existence d’un pays. Il est l’attrait d’une grandeur politique pour que les acteurs de la vie active d’un pays se parlent en vue de résoudre les problèmes du peuple. Par le passé, les Mauritaniens se sont parlés dans le format classique. Des résolutions ont été prises, considérées comme des remèdes à notre situation. Mais comme nos magnifiques textes juridiques et/ou lois n’ont pas connu de terrain d’expression. Et les soutiens du système, sans sourciller, défendent que tout va bien au moment où le patron de l’Exécutif appelle au dialogue. On appelle ça danser plus que le son du tamtam. N’ayant pas pu empêcher le coup d’état contre SIDIOCA, Moussa Fall va-t-il réussir à déjouer ce possible coup contre l’espoir d’un peuple désappointé vu les résultats des dialogues passés ? J’aimerais me tromper si la profondeur et l’expérience de l’homme peuvent le laisser croire mais son parcours politique jette un petit bémol. Pour l’histoire, MF pourrait et devrait surprendre les sceptiques. Le transfuge de la plus grande formation politique de l’histoire de l’opposition a beaucoup à faire pour requinquer son image et celle du pays. Il pourrait être le mieux indiqué car connaissant les détenteurs des leviers qui empêchent ce pays de se repenser pour être admis dans les rangs des nations civilisées et développées. Cela demande courage et détermination pour le bien-être de ce projet de pays jusque-là mal pensé. Le courage de MF nous renvoie à sa posture après le coup d’Etat contre Sidi. Est-ce suffisant pour mener à bien cette mission avec des hommes et des femmes qui disent tout va bien dans ce pays pourtant presque à terre ? Ce sont ces hommes et femmes qui feignent ignorer la souffrance de l’exclu, de l’orphelin des années de braise, du rapatrié mais aussi de l’apatride et qui cautionnent la communautarisation de notre marche commune. Ils disent tout va bien car ils réfléchissent par et pour la tribu. La mission de MF si, elle n’est pas impossible, est incommensurablement immense car la vérité irrite les tenants du pouvoir qui ont transformé une grande partie des opposants en plaisantins et certains d’entre nous autres (la presse) en griots béats… le griot du voleur. Ce sont ces hommes et femmes qui narguent le bien-être commun pour leurs intérêts individuels. La Mauritanie ne les préoccupe pas car elle est pour eux comme une vache laitière qu’il faut traire pour investir ailleurs. Ce sont ceux-là sans vergogne qui mangent dans toute les sauces, l’intérêt pour eux est que le pain soit mouillé. Ils sont aussi experts dans l’amalgame pour retarder le rayonnement de notre devenir. MF le sait. Mais sait-il comment les contraindre pour redorer leurs blasons pour la Mauritanie de nous tous ? Pour l’histoire de la marche du pays et son histoire à lui, Moussa Fall, bien qu’armé, doit davantage s’armer pour l’écriture positive de cette page combien essentielle pour notre devenir. Le devenir d’un pays réellement en faillite.
Dans une société où patrimoine et identité s’entremêlent, une question qui résume les contradictions de la réalité mauritanienne fait surface : Comment se fait-il que des intellectuels appellent à la libération historique des hommes de l’esclavage, tout en refusant de reconnaître sa persistance dans le présent ? Comment se fait-il que le discours anti-esclavagiste devienne un slogan séduisant dans les forums, mais se transforme en tabou lorsqu’il s’agit de le démanteler sur le terrain ? L’esclavage : Non pas un souvenir passé, mais une plaie saignante. L’esclavage en Mauritanie n’est pas un simple chapitre de l’histoire, mais un système social et culturel profondément enraciné qui s’est transmis de génération en génération par des mécanismes insidieux. La hiérarchie des « maîtres » et des « esclaves » est encore pratiquée sous des formes diverses dans les sociétés bezan, soninké et pulaar, même si elle est parfois revêtue d’habits modernes. Empêcher un groupe de construire des mosquées comme les autres ou de prier pour ses morts à la mosquée n’est que la partie émergée de l’iceberg des inégalités justifiées au nom de « coutumes » ou d’interprétations religieuses déformées.
La contradiction est flagrante : Les intellectuels condamnent l’esclavage dans leurs discours et évoquent les tragédies du passé, mais brandissent le glaive de la critique contre quiconque s’élève contre sa persistance aujourd’hui. Le militant antiesclavagiste devient un « traître » accusé de ternir l’image de la société, tandis que ces intellectuels ferment les yeux sur la déformation de la réalité elle-même.
Pourquoi les intellectuels attaquent-ils ceux qui luttent contre l’esclavage ? – La peur de la responsabilité sociale : Reconnaître l’existence de l’esclavage aujourd’hui reviendrait à déstabiliser un ordre social en place depuis des siècles. Beaucoup craignent de perdre les privilèges moraux ou matériels liés à leur position dans cette hiérarchie, même s’ils prétendent être contre l’injustice. – Echapper à la stigmatisation morale : La lutte contre l’esclavage oblige la société à se confronter à elle-même, ce qui soulève des sensibilités profondes. La marginalisation des militants devient un mécanisme de défense de l' »honneur » imaginaire de la communauté, plutôt que de reconnaître sa véritable honte. – Le décalage entre la rhétorique et la pratique : Certains intellectuels adoptent un discours émancipateur pour améliorer leur image, mais refusent de payer le prix de ce discours dans le tissu social.
L’esclavage n’est pas une « particularité culturelle » mais un crime contre l’humanité : tenter de lier l’esclavage à la culture ou à la religion, c’est travestir les faits. L’Islam, qui est la référence principale de la société mauritanienne, interdit l’esclavage, combat la discrimination et fait de l’égalité le fondement de la dignité humaine. La culture n’est pas une prison sacrée, mais une entité évolutive qui doit se débarrasser de tout ce qui viole les droits de l’homme.
L’esclavage n’est pas « mauvais pour les Bezaan et bon pour les Soninke », ni une question étroitement ethnique ou constitutive. Il s’agit d’un crime qui porte atteinte à l’humanité, quelle que soit l’identité de l’auteur ou de la victime. Distinguer ses formes en fonction de l’appartenance à une communauté est une continuation de la culture de justification qui alimente l’esclavage.
L’esclavage ne peut être éradiqué que par une alliance sociétale qui dépasse les frontières ethniques et régionales : Les Haratine, qui ont souffert de siècles de discrimination, ne doivent pas rester seuls dans la bataille. Les Beidhaan, dont beaucoup rejettent aujourd’hui les anciennes hiérarchies, doivent prendre la responsabilité de briser le silence interne. Les Swaninke et les Pulaar, où l’esclavage se cache sous d’autres noms, doivent porter un regard critique sur leur héritage.
Conclusion : Lorsqu’un intellectuel passe du statut de voix de la liberté à celui de gardien des tabous, il perd la légitimité de représenter la conscience collective. La lutte contre l’esclavage n’est pas un luxe intellectuel, mais une responsabilité morale indivisible. Une société qui a peur d’affronter ses contradictions restera prisonnière des illusions du passé, tandis que ceux qui refusent d’enterrer les vivants dans des tombes de la honte écriront une nouvelle histoire digne de survivre.
En conclusion, la liberté n’est pas donnée, elle se mérite. L’esclavage ne disparaîtra que lorsque nous refuserons d’être les partenaires de sa perpétuation, que ce soit par le silence ou la justification.
L’origine de la relation « esclave-maître » ne s’est rarement tissée par un accord volontaire et équilibré en termes de position politique et d’habillage social dans le temps et dans l’espace. Ainsi, pour corriger valablement et moralement une société à relation esclavagiste, il faut savoir bien séparer le destin organisationnel (Honneurs et Avoirs) de 2 univers (réalité maîtresse et réalité esclavagisée) au moins sur 2 à 3 générations. Et qu’une autre entité régalienne exogène notamment l’État moderne devienne la référence impartiale à tous coûte que coûte à coup de plaidoyer visionnaire et patient et d’activisme résolument réfléchi. À chaud du présent et du court terme, toute tentative de réconciliation de 2 univers en frictions, se heurtera sèchement à la résurgence inévitable des velléités de subordination sociale et politique liée à l’origine. Dans les annales de l’histoire, même les prophètes et les grands sages n’ont pas réussi à « soigner » effectivement sur un temps court les âmes évoluant collectivement dans ces 2 univers interdépendants mais foncièrement déséquilibrés. Par exemple le cas historique du grand Prophète Moussa (psl) et les enfants d’Israël sous l’asservissement en Égypte pharaonique. La Mission de libération que Dieu lui a assignée fut justement une séparation organique nettement actée entre les 2 univers (l’ordre dominant et les dominés). La grande épreuve pour un ordre social ou politique suprémaciste serait d’accepter de faire corps social égalitaire dans le matériel et l’immatériel avec les éléments subalternisés historiquement dans son environnement. Et également, les éléments dominés et relégués statutairement dans l’environnement doivent se libérer de tous les complexes d’infériorité développés et « socialisés » en eux tout au long du processus de domination dont ils furent victimes. Par ailleurs, une nécessité de reconstruction existentielle doit s’amorcer pour eux dans une nouvelle trajectoire dans le temps et dans l’espace avec une vision réfléchie et une structuration sociale innovante. Surtout ne pas reproduire les marqueurs problématiques et conflictogènes subis ailleurs dans l’ancien univers.
Il est tentant, face à la violence symbolique ou physique, de désigner des coupables, de tracer des lignes, de dire : ceux-là ne sont pas nous. Ceux qui ont déterré un corps parce qu’il ne partageait pas notre foi, ceux qui refusent qu’un ancien esclave repose aux côtés de leurs ancêtres, on aimerait les mettre à distance, les tenir à l’écart. Mais ils sont des nôtres. Ils sont nés du même sol, parlent nos langues, prient dans nos mosquées. Ils sont le produit d’un imaginaire que nous partageons, partiellement ou totalement, que nous partageons quand même.
C’est là que commence le malaise. Car si nous refusons de les regarder en face, nous refusons aussi de nous interroger sur ce que notre société accepte, transmet, tolère en silence. Une société ne se construit pas uniquement par ses lois ou ses institutions. Elle se tisse, jour après jour, dans le tissu vivant des relations. Or quand la relation à l’autre est fondée sur la peur, le mépris ou la hiérarchie, elle prépare le terrain à toutes les exclusions.
Ce qui est inquiétant aujourd’hui, ce n’est pas seulement le rejet de l’autre. C’est la manière dont ce rejet devient la norme, et la nuance, une faiblesse. On ne veut plus comprendre, on veut trancher. Il faut que tout soit pur, net, sans mélange. Cette exigence de pureté n’est pas spirituelle, elle est sociale, idéologique. Elle ouvre la voie à tous les fanatismes.
Mais une société vivante est une société qui accepte la complexité. Elle reconnaît que l’autre, par sa différence, m’enseigne quelque chose de moi. Elle comprend que la relation — qu’elle soit de filiation, de voisinage, d’humanité tout simplement — est ce qui nous fonde. Lorsque nous la brisons, lorsque nous décidons que certains ne méritent pas la terre commune, c’est le lien même de notre communauté humaine que nous affaiblissons.
Alors peut-être faut-il cesser de chercher qui est à blâmer, et commencer à regarder comment nous éduquons, comment nous transmettons, comment nous choisissons — ou pas — de dialoguer. Car le fanatique ne naît pas tout seul. Il est souvent le fruit d’un silence, d’une peur, d’une indifférence partagée, d’une compréhension erronée des textes, d’une éducation…
Ceux qui déterrent, ceux qui refusent une sépulture commune, sont des nôtres. Et c’est justement pour cela que notre responsabilité est engagée. Non pas pour les condamner, mais pour ne pas leur ressembler.
Il serait adepte du christianisme selon diverses sources diffusées sur les réseaux sociaux. Ce jour 7 avril 2025, la capitale régionale du Guidimagha a été l’endroit d’un spectacle odieux et scandaleux humainement. L’élément vidéo https://www.facebook.com/share/v/1BPcyWgE4b/ comme d’autres, circule en boucle sur les plateformes RS notamment whatsapp montrant la destruction d’une tombe et l’exhumation expresse d’un corps enveloppé dans un sac et traîné comme simple bois mort.
D’après différentes sources, le monsieur d’origine malienne dit-on et coiffeur de métier, porterait le prénom « Souleymane » et aurait été victime d’un accident de moto ces derniers temps. Décédé, lors de son enterrement, un proche à lui aurait déclaré qu’il n’était pas musulman et la grogne polémiste prenait de l’intensité populaire dans la ville sur la présence de sa tombe dans un cimetière musulman. Et les appels pour manifester contre cette présence ont mené à cette exhibition macabre et inhumaine par une foule hystérique visiblement enragée.
Les autorités régionales auraient dû prendre les choses sous contrôle et régler avec dignité et responsabilité cette affaire d’une certaine sensibilité.
📸 Paris courant 2014… sit-in de soutien à nos camarades militants abolitionnistes IRA incarcérés en Mauritanie.
Après un bref et intime feedback sur une décennie de modeste observateur- acteur de l’écosystème militantiste mauritanien, je me convaincs à croire que nos compatriotes haratines engagés dans diverses initiatives militantes et lobbyistes à l’intérieur ou- et à l’extérieur du système étatique, peuvent constituer une grande source d’inspiration. Ils disposent d’une élite sociale, politique et militante qui n’est pas d’accord à 100% sur TOUT en termes de méthodologie, de tempo, de priorités phasiques, d’adaptation et de champs à investir quand, comment, par qui et avec qui….mais travaille intelligemment et sûrement pour une dynamique d’élévation sociale et politique qui force le respect. Et le collectif communautaire va en bénéficier directement ou indirectement…parce que l’Etat profond dans sa gestion de la chose publique veille par un commerce politique et une sorte de cooptation finement stratégique pour calmer et contrôler.
Du chemin a été parcouru depuis la fondation pionnière du mouvement El-Hor il y a plus de 40 ans, et ils sont partis de très très loin avec beaucoup d’écueils multidimensionnels et complexes. Le temps passant avec visions, résilience et patience sur différentes palettes de la vie publique nationale, aujourd’hui ils représentent une force politique incontournable (démographie, militantisme, lobbies, intellectuels, administrations…) dans sa diversité partisane, à toute INITIATIVE liée à la question nationale. Nous sommes très loin de la période d’Aleg 1958, lors du conclave entre élites de 2 ensembles (arabo-berbère et négro-africain) pour parler de l’avenir du « gâteau » (le pouvoir et ses privilèges) qui sera légué par l’administration coloniale. À l’époque, les cadets sociaux pour ne pas dire les esclaves et autres subordonnés statutaires de 2 bords, ne comptaient pas dans les débats, ni leur sort également. Et sans leurre d’ordre cutané et d’habillage culturel bien superficiel à disséquer de près, d’autres composantes encartées cadets sociaux en milieu négro-africain (soninké, peul..), se doivent un travail d’éveil profond et visionnaire sur les données sociales et politiques et s’inspirer de la communauté haratine. Ainsi aux uns et aux autres, nos chapelles associatives pour la défense des droits humains et nos revendications peuvent être différentes en ceci ou en cela, mais n’oublions pas la nature de nos réalités particulières et ce qu’on y aspire fermement avec réalisme progressif en se débarrassant de tout idéalisme brumeux et stérile.
Ce Monsieur peut être qualifié comme un ex vrai « faux » martyr d’une certaine pratique politique xénophobe et chauvine dans ce pays ouest-africain. À une époque troublée de l’après Félix Houphouët-Boigny (premier président mort en 1993), l’ancien économiste international (FMI) a été terriblement visé par le belliciste concept de « l’ivoirité » dégainé par le successeur du vieux, M. Henri KonanBédié. Ainsi, un clivage profond s’est glissé dans le corps social et politique du pays le divisant entre ensemble nordiste et ensemble sudiste sur la nationalité. Une politisation à outrance autour de l’identité ivoirienne dont l’épicentre est arrimé à la carrière politique de l’actuel président issu de l’ensemble nordiste. M. Alassane Dramane Ouattara siglé ADO avait bénéficié d’une large sympathie à travers le monde à juste titre, il était considéré comme une personnalité politique (ancien Premier ministre du pays) victime injustement d’une cabale xénophobe et discriminatoire orchestrée par une certaine élite politique du sud. À travers sa personne, c’est tout l’environnement socio-politique des gens du Nord (à majorité musulmane) qui subissait un certain étiquetage suspicieux concernant leur ivoirité. Le pays a connu diverses tensions politiques (tentatives de coup d’État, coup d’État…) jusqu’à l’éclatement d’une rébellion nordiste et sa division géographique sur une période. Au milieu des années 2000, après plusieus phases de négociations-réconciliation, le régime (contraint) de M. Laurent Gbagbo l’avait rétabli dans ses droits civiques. Lors des élections présidentielles de 2010 (31 octobre et 28 novembre), il était donné gagnant au second tour avec 54,10% face à M. Gbagbo qui conteste et s’en est suivie une grave crise post-électorale causant plusieus milliers de morts et blessés. Le système international (l’ONU et ses initiatives) sous l’égide très intéressée et douteuse de la France (l’ancienne puissance coloniale du pays), mettait fin au pouvoir sortant. Laurent Gbagbo arrêté avec plusieurs cadres de son régime, a été déporté à la CPI à La Haye en compagnie de M. Charles Blé Goudé. Ils y passent presque une décennie avant d’être acquittés et libérés en janvier 2019.
Au pouvoir depuis 2011, M. Ouattara et ses alliés dominent largement l’espace politique du pays et d’aucuns l’indexent qu’il pratique une sorte de rattrapage ethno-racial et confessionnel au cœur de l’Etat au profit d’un noyau substantiel de son camp. Il a eu droit sans peine à un second mandat et s’est permis un forcing constitutionnel pour en faire un 3ème en cours. Et le doute plane encore s’il ne compte pas y aller de nouveau pour l’échéance de cette année 2025. Ce qui est d’actualité vive concerne l’affaire de la liste électorale provisoire affichée par la Commission électorale indépendante (CEI) dirigée par un certain Ibrahime Coulibaly-Kuibiert. Faits problématiques ; 3 grandes figures politiques sont bannies de cette liste, en plus de l’ancien président L. Gbagbo, M. Soro Guillaume (ancien Premier ministre allié de Ouattara) et M. Charles BléGoudé (ancien ministre sous Gbagbo). Il reste la suite d’éventuels recours pour ces personnalités qui disposent chacune d’une certaine base sociale et politique dans le pays.
Espérons que le camp de M. Ouattara en haut lieu veille débloquer cette situation qui peut mener à d’autres frictions politiques d’ici l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Après 15 ans de règne et âgé de 83 ans aujourd’hui, c’est peut-être enfin l’âge et les dispositions morales à la sagesse pour qu’il sorte de ça. Il faut PACIFIER le champ politique et social en laissant tous les candidats aller à la compétition sans micmacs déloyaux et injustes à l’encontre de certains opposants. Les méthodes iniques et discriminatoires utilisées contre lui par le passé, il n’en devrait pas être instigateur similairement pour écarter et écraser d’autres auteurs sociaux politiquement aujourd’hui. L’arène politique ivoirienne ne peut être qu’enrichie et palpitante avec un Gbagbo en quête de remontada politique, un Blé Goudé assagi et visionnaire et un Guillaume Soro retrouvant sa substance familière (la politique) depuis sa jeunesse.
Que la Paix Gagne Force et Pérennité en Afrique et dans le Monde !
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.