La jeunesse mauritanienne est au bord du gouffre. En effet, 2023 était considéré comme une année de l’immigration pour elle.
Plus de 10.000 Mauritaniens sont partis aux États-Unis, dans des conditions inimaginables, si l’on en croit certaines sources. C’est vraiment regrettable, car parmi ces jeunes, il y avait des étudiants qui auraient pu être des cadres pour ce pays , malheureusement pour eux et pour la Mauritanie.
Même si aujourd’hui, l’appétit de partir aux États-Unis a considérablement diminué chez nos jeunes, toutefois ils partent quand même au compte gouttes. Pour voyager de manière illégale au pays de l’Oncle Sam, il faut avoir plus de 7000 dollars américains. Et cette somme astronomique n’est pas facile à trouver pour tout le monde.
C’est pourquoi, les jeunes Mauritaniens ont opté aujourd’hui pleinement pour un voyage moins coûteux sur le plan financier ( 60.000 mru) mais très coûteux en vie humaine. Dès 15 décembre 2023 au 02 janvier 2024, beaucoup de jeunes Mauritaniens ont perdu la vie en voulant traverser la mer méditerranée par les pirogues.
Les larmes de leurs mamans ne sont pas encore sèches, cependant ils continuent toujours de prendre tranquillement cette route du cimetière à ciel ouvert. En me basant sur les publications quotidiennes d’une seule semaine: 26/ 12/2023 au 02 /01 / 2024 de Madame Hélèna Maleno Garzôn, une journaliste, chercheuse et spécialiste en immigration, hispano-marocaine, j’ai pu comptabiliser 1571 personnes qui ont pris les pirogues en Mauritanie et elles sont arrivées dans les différentes villes espagnoles.
Parmi ces 1571 personnes, il y a 110 mineurs et 44 femmes. D’une part, je n’ai pas le moyen matériel pour empêcher cette jeunesse d’aller mourir en mer. D’autre part, je demande quand-même respectueusement au Ministre de l’intérieur de chercher des solutions efficaces pour freiner cette jeunesse inconsciente d’aller affronter directement et volontairement la mort. Je demande respectueusement aussi aux imams de sensibiliser les jeunes sur le danger de l’immigration clandestine.
Enfin, pour ceux qui pensent que l’Europe est synonyme de paradis ,détrompez-vous car aujourd’hui, il y a le chômage partout dans le monde. Soyez des hommes, croyez en vous et croyez à votre pays. Certains jeunes justifient l’immigration massive par le mal gouvernance. Ce n’est pas le cas puisque l’immigration est d’abord un phénomène psychologique car comment comprendre une personne qui possède plus de 300 .000 mru dans son compte bancaire prennent des risques inutiles ?
Cet ouvrage est une restitution d’un vaillant cheminement vers la liberté de cette voix historique de l’abolitionnisme aux États-Unis d’Amérique courant 19ème siècle. M. Frédéric Douglass était un mulâtre (né d’une femme esclavisée et son maître) qui vécut les fers de l’esclavage et s’était décidé à s’en débarrasser. Natif de Tuckahoe, près de Hillsborough (comté de Talbot, Maryland) en une date imprécise selon ses dires. Il meurt en 1895.
Il devint une redoutable plume contre un système inhumain et criminel qui broyait impitoyablement du « nègre ». Ici on saura l’ampleur de la catastrophe que vécurent les personnes (et leurs descendants) esclavisées lors de l’abominable traite transatlantique. En roue libre, les planteurs esclavagistes du sud étasunien tenaient un système sans limites pour casser et détruire toute expression d’humanité chez « ces damnés » sans secours. Fouetter, insulter, exploiter, emprisonner, violer, vendre… aux enchères aussi, louer, hériter, séparer (enfants, frères, sœurs et parents vendus ou hérités séparément), tromper, humilier, abrutir, tuer…, c’est ainsi que Frédéric Douglass égrènait les malheurs qui accablèrent ces hommes arrachés de leurs terres lointaines (l’Afrique).
Ici quelques passages illustratifs :
« Il la fouettait pour la faire crier et la fouettait pour la faire taire. «
« On nous mit tous en rang pour nous évaluer. Hommes et femmes, vieux et jeunes, mariés et célibataires furent alignés avec les chevaux, les moutons et les porcs » , lors de l’évaluation de l’héritage d’un maître qui décéda.
Dans sa prolifique narration de cette douloureuse réalité de la servitude, quelques termes-notions ont particulièrement retenu mon attention :
• La plantation principale, surnommée la Ferme de la Grande Maison par les personnes esclavisées, est cet emplacement type QG dont dépendent plusieurs fermes avoisinantes de moindre taille. Il est d’un ultime privilège pour les esclaves « élus » qui y sont affectés comme lieu de labeur. J’ose un rapprochement avec ce qu’on disait en sooninké « Ka xooren Te » voulant dire « le champ de la grande maison ou famille ». Certains esclavagistes sooninkè avaient une possession terrienne principale qui est prioritairement exploitée et travaillée par leurs esclaves.
• Le commandeur d’esclaves, un employé généralement blanc qui s’occupe comme contremaître d’une plantation et les esclaves qui y triment. Dépeint selon le rapport de M. Douglass, comme un horrible traitant au service des propriétaires d’esclaves dans leurs plantations. Il est chargé de faire régner l’ordre, et avec fureur sur certains esclaves qui seraient peu dociles à la corvée intraitable. On pourrait le rapprocher à ce qu’on appelle en soninké « komo baganda » donnant comme substance « un rameuteur des esclaves » dans les champs du maître. Ici d’après mes échanges avec un doyen, ce rôle était souvent tenu par un élément-servile de confiance du maître et craint par ses semblables de condition. Il pouvait infliger de dures corrections corporelles aux esclaves récalcitrants aux ordres délégués par le maître ou par certains membres de sa famille.
• Le mot lynchage et son origine, la loi de Lynch prévoyait la mort pour un nègre qui frappa un Blanc. En bas de page 142, elle est détaillé comme suit : « exécution sommaire de quelqu’un par une foule sans procès. Par référence au capitaine William Lynch (1742-1820) qui établit cette pratique en Virginie. Le mot ‘lynchage’ apparut en français en 1883. » Et ici lynchés à mort, c’était le cas à Djandjoumé (village soninké dans la région de Kayes – Mali) dans la nuit du 1 septembre 2020 pour 4 pères de famille militants anti-esclavagistes (Mountagha Diarriso, Hamet Sissoko, Youssou Sissoko et Gossi Sissoko de 42 à 72 ans), Lire https://www.matininfos.net/des-experts-des-droits-de-lhomme-de-lonu-exhortent-le-mali-a-mettre-fin-a-lesclavage-une-fois-pour-toutes/78759/ .
M. Frédéric Douglass était un Cicéron de l’abolitionnisme en son temps, et son travail intellectuel d’antan est une source (ressource) d’inspiration d’une grande valeur pour toute entreprise de mobilisation humaniste.
Les Noirs américains et d’autres communautés des Antilles « élargies » issus de cette terrible et criminelle réalité de la traite, peuvent réclamer un droit d’explication aux descendants afro restés sur le continent africain. Un sérieux travail se doit d’être mené sans complaisance ni transfert de victimisation malencontreux.
L’association des ressortissants de diogountouro pour la justice et l’égalité (ARDJE), domiciliée à Epinay-sur-Seine en France, remercie les militantes et militants des droits de l’Homme d’être venus massivement ce dimanche 26 novembre 2023 à la Place de République pour dénoncer l’immixtion du député mauritanien Sidiney Sokhana (le féodal et l’esclavagiste soninké) dans l’arrestation et la détention arbitraire de nos frères et amis à la maison d’arrêt de Selibaby. Monsieur le député Sidiney Sokhana, a été cité nommément par Issa Komé Dramé de Diogountouro dans un audio accidentel ; le contenu de cet audio est entre les mains de la justice. Nous remercions également le député français de la Seine-Saint-Denis, Eric COQUEREL et sa coordinatrice d’être venus joindre à nous à ce sit-in à la place de la République. L’ARDJE a exposé le cas de Sidiney Sokhana aux députés français de l’opposition. Comme en témoigne la présence de Monsieur COQUEREL, député de la France-insoumise lors de notre sit-in du 26 novembre 2023. Par ailleurs, l’ARDJE réaffirme son attachement au principe de la séparation des pouvoirs en République islamique de Mauritanie et au respect de l’indépendance de la justice, à l’impartialité des magistrats et à la présomption d’innocence. La présomption d’innocence est un principe directeur de la procédure pénale en droit mauritanien. Enfin, l’ARDJE remercie tous les militants et sympathisants de GAMBANAXU d’être venus massivement à ce sit-in du 26 novembre 2023. Le combat pour la justice et l’égalité continue pour toujours.
S’il y a une copie à revoir en urgence par les autorités mauritaniennes, ce sera l’arrêté ministériel 0698 du 4 juillet 2023 concernant la date limite de l’enrôlement biométrique des populations selon la procédure normale, voir son article 19 . En matière d’état civil, chantages et pratiques illisibles sont de nature à ourdir de graves problématiques du futur liées à la nationalité. Sérieusement le temps urge, et le compte ne semble y être pour recenser toutes nos populations de l’intérieur comme de l’extérieur. En Mauritanie, un territoire de plus 1 million de kilomètres carrés avec une population estimée à 4,614 millions (données 2021), a besoin d’une dynamique démographique plus que jamais. Comparativement à la France qui fait 551 695 kilomètres carrés avec une population estimée (67,75 millions, données 2021) presque 15 fois celle de la nôtre, nous verrons qu’il y a de la marge et surtout aucun risque d’embouteillages à propos de la densité. Ce qui cloche aujourd’hui avec ce processus d’enrôlement biométrique qui s’étire étrangement depuis plus d’une décennie, est lié à de mécanismes nébuleux. Nos terres sont vastes, mais aujourd’hui fatalement très sous peuplées. À ceux qui dirons qu’elles sont inhospitalières à cause des conditions climatiques, et oui justement il nous faut beaucoup de « cerveaux fertiles » qui surgiraient d’une certaine vitalité démographique pour dompter cet environnement. Il est temps que l’état profond de la gouvernance politique réévalue la marche en cours. Le prisme de la donne ethniciste qui sous-entend la politique démographique est une impasse à long terme. Le délai serré vers le 31 décembre prochain de l’arrêté susmentionné est intenable pour enregistrer tous les cas non recensés. Les échos remontés du terrain notamment dans différentes localités du sud (Guidimagha notamment) abondent dans le même sens : les opérations sont lentes et émaillées de divers micmacs opératoires. Alors, que les hautes autorités donnent le temps au temps pour enfin mener judicieusement ce processus d’enrôlement biométrique transformé « volontairement » en serpent de mer multicolore. Aucun et aucune mauritanien.ne de l’intérieur ou de l’extérieur ne doit connaître une injuste apatridie sur le sol de ses ancêtres. Ce serait d’une gravité innommable, notre nationalité n’a pas besoin d’une violence administrative en soustrayant de pans de la population à cause des visées politisées foncièrement chauvines et raciales. La copie de cette échéance décrétée est à revoir nécessairement…!
Le président de la république en personne doit être sérieusement informé sur la situation en cours. Dans nos villages et localités, les populations concernées demandent d’être bien accueillies et voir leurs cas traités normalement par les commissions en charge. L’atmosphère actuelle dans certaines zones comme le cas de la commune de Dafort, est à l’excitation autour du point de l’état civil toujours bondé. Et à moins de 9 semaines de la fin du délai fixé par l’arrêté, le pessimisme règne à propos, tout ce monde peut-il être enrôlé à temps ?
LETTRE OUVERTE, NOTRE LETTRE OUVERTE A TOUTES ET TOUS : Chère compatriote, cher compatriote, voici une lettre ouverte adressée à nos dirigeants, à Monsieur le Président de la République Islamique de Mauritanie en premier chef. Cette lettre est une requête, mais aussi une protestation. C’est une demande, mais aussi l’expression d’un refus d’une horrible injustice, celle qui s’apprête à s’abattre sur la tête de centaines de milliers de nos compatriotes privées, d’enrôlement, privés de pièces d’état-civil. Vous devez vous dire, « mais elle est envoyée par qui? ». Eh bien elle est envoyée à nos dirigeants par « nous », nous, c’est à dire par moi, par toi, par tout mauritanienne ou mauritanien qui souscrit au contenu de cette lettre. Si tu n’y souscris pas, ne l’envoie pas, ni ne la transfére. Mais si tu y souscris, envoie la par tout canal à tous ceux que tu penses devoir l’envoyer, à nos dirigeants: du Président au chef de centre d’état-civil, en passant par le député de ta circonscription, le maire, l’ambassadeur ou tout autre représentant de l’autorité), ainsi bien sûr que tes contacts. Nous serons peut-être des dizaines, des centaines, des milliers ou des dizaines de milliers, cela ne dépend que de chacun de…nous! In cha Allah.
LETTRE OUVERTE
A Monsieur Le Président de la République Islamique de Mauritanie.
A Nos dirigeants politiques, administratifs, religieux et coutumiers.
Objet : Le recensement biométrique et l’arrêté précisant la fin de mission à la date du 31/12/2023, des commissions d’identification national, fermant ainsi définitivement toute possibilité de déclaration auprès du RPTS à tout personne âgée de plus de 6 ans, sauf en vertu d’une décision judiciaire Le 28 Rabî’al awwal 1445 / 13 octobre 2023. Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Que les Grâces, la Paix et le Salut soient sur notre Prophète Mohamed (S.A.W.). Nous profitons de ce mois de Rabî’al awwal, mois de naissance de notre bien-aimé Prophète Mohamed (S.A.W.) pour vous interpeller à propos du grave sujet cité en objet, à savoir « l’enrôlement et sa date de clôture définitive fixée par arrêté, au 31/12/2023.
Puisse Allah nous faire profiter, de tous les bienfaits de ce mois. Amine. « Rappel du contexte »
Depuis maintenant près de douze ans, une large frange de mauritaniens, estimée entre 300.000 et 500.000 personnes, soit près de 10% de la population mauritanienne, sont, eux ainsi que leurs familles, quotidiennement confrontés de façon dramatique, à leur impossibilité d’accéder à leur premier droit administratif élémentaire, à savoir se recenser pour avoir un Numéro National d’identification (NNI) leur permettant d’avoir une pièce d’état-civil. Ce sésame obligatoire pour avoir accès au statut formel de citoyen et à n’importe lequel des droits et/ou devoirs rattachés à la qualité de citoyen mauritanien.
Monsieur le Président, lors de la campagne électorale précédent l’élection présidentielle de 2019 et lors de votre prise de fonction, vous aviez promis aux mauritaniens de les traiter avec justice. L’accent mis sur la Justice est fort pertinent et justifié car, c’est bien elle, la Justice qui nous mènera à la Fraternité réelle et à la préservation de l’Honneur de toutes et tous ; de toutes les communautés nationales, in cha’Allah. Conformément à notre devise Honneur – Fraternité – Justice.
Vous avez à maintes reprises mis l’accent sur l’importance du renforcement de l’unité nationale et de l’engagement citoyen. Or est-il possible de demander aujourd’hui à une personne de se comporter en citoyenne/citoyen tout en la privant de sa reconnaissance en tant que citoyenne/citoyen ?
Vous avez également souligné à maintes reprises l’importance pour vous de lutter contre les séquelles de l’esclavage. Or peut-on lutter d’une part contre les séquelles de l’esclavage et d’autre part enchaîner des personnes de par la privation des actes consacrant leur appartenance en toute liberté à la nation mauritanienne ?
Quel est le lot quotidien possible pour une/un mauritanienne – mauritanien sans-papiers ?
– Ne peut accéder à l’instruction ou plus largement à l’éducation pour soi tout comme pour sa progéniture (scolarité plafonnée au CM2, sauf « dérogation »), à la santé, à la propriété, à l’héritage, à la vie conjugale dans l’acception administrative et judiciaire. – N’est point libre de ses mouvements (voyager) tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. – Ne peut participer à toutes les manifestations de ses droits parmi lesquels s’inscrire sur une liste électorale pour choisir ou se faire choisir parmi les dirigeants locaux ou nationaux du pays.
Vous conviendrez avec nous que ce tableau est fort sombre tant pour celle ou celui qui en pâti que pour le pays. L’annonce de l’arrêt définitif (hors procédure judiciaire), au niveau national du processus d’enrôlement au 31/03/2023, tombe comme couperet anéantissant presque définitivement l’espoir de centaines de milliers de mauritaniens de recouvrer leur statut de citoyen et les condamne à rester des citoyens- fantômes dont la condition sous l’angle des conséquences susmentionnées, rappelle fortement celle de la servitude. Et dans ce cas spécifique, c’est bien l’Etat qui les assigne à cette condition, rien d’autre.
« Rythme des travaux actuels des commissions d’identification national – exemple illustratif : le cas de la commune de Neere Waalo»
Neero Waalo est une petite commune composée de 13 villages, située dans la région du Gorgol. Cette commune compte XXX habitants dont 1827 habitants non encore « recensés » au 31/07/2023. Entre le 01/08/2023 et le 20 septembre, 324 personnes ont été recensées, sur les 1827 restantes à recenser, soit un peu moins de 18%. Parmi ces 324 personnes, seules 37 ont reçu un NNI, soit environ 2% des 1827 personnes. Et sur ces 37 qui ont reçu un NNI, aucune ne s’est encore « photographié », pour pouvoir avoir une pièce d’identité !
Voilà ce qui a été fait en 50 jours environ. Il reste environ 100 jours avant la date butoir fixée par l’Etat. A ce rythme à quoi faudrait-il s’attendre au 31/12/2023 ? Combien de malheureux avec femmes et enfants seront laissés sur le carreau ?
Aux non-recensés à l’intérieur du pays, s’ajoutent ceux forts nombreux à l’extérieur du pays, parmi les déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali ainsi que parmi les émigrés. Soulignons également que les régions du Sud de la Mauritanie sont de loin les plus touchées par ce phénomène des difficultés rencontrées pour se recenser.
« Nos doléances » S’agissant de la question du recensement biométrique qui prive une partie des mauritaniens de l’acte par lequel se matérialise leur citoyenneté mauritanienne, vous avez la haute main pour sortir cette large frange de la population, des inquiétudes quotidiennes qui les taraude dans un monde devenu celui des « pièces », des justificatifs. Pour toutes les raisons évoquées précédemment, nous vous demandons donc avant tout, de bien vouloir s’il vous plaît, annuler ou suspendre dans les plus brefs délais cet arrêté qui fixe au 31/12/2023 la date de fin de mission des commissions d’identification national, car il est à présent évident qu’au rythme où se déroule le recensement, la majorité des personnes non encore recensées, ne le seront pas au 31/12/2023. Maintenir cette date, c’est plonger sciemment des centaines de milliers de nos compatriotes dans le désarroi de l’apatridie. Nous ne pouvons croire que vous puissiez accepter cela sans agir, conformément au Hadith se rapportant à la conduite à tenir face à l’injustice. Nous ne pouvons croire qu’un dirigeant de ce pays, tenant à la Justice, qu’il soit dirigeant politique, religieux, administratif ou coutumier puisse accepter cela sans agir, sans le dénoncer. Nous ne pouvons croire que le Peuple Mauritanien puisse l’accepter. L’Histoire nous apprend que la sédimentation de faits injustes a été à l’origine du chaos dans bien des contrées de par le monde. Elle fut à l’origine de bien de révoltes et de révolutions. En effet dans un pays, le chaos naît le plus souvent du désespoir. Or le désespoir a presque toujours, pour origine l’injustice.
Et en l’occurrence, dans notre pays, ce que l’Etat doit le plus craindre, ce n’est pas un groupe de personnes ou un homme quel qu’il soit, mais bien l’injustice qui étend son emprise maléfique sur un nombre croissant de nos concitoyens.
Cette injustice qui pourrait devenir le levier qui poussera de plus en plus de jeunes ou moins jeunes vers des issues peu souhaitables dont la radicalité, l’extrémisme (qu’il soit religieux ou autres), ou tout simplement la délinquance. Ne tentons pas le diable en nous rapprochant dangereusement du point de rupture. Ce qui n’est nullement le souhait de (toute) la population mauritanienne. Nous vous demandons également de donner des directives fermes pour que les centaines de milliers de nos compatriotes « sans-papiers » dans leur propre pays, puissent tous être recensés rapidement ; et surtout que le processus aille jusqu’au bout, se matérialise par la fourniture à chacune et chacun d’eux, d’un NNI ainsi que la prise de la photo nécessaire à l’établissement d’une pièce d’identité. Que la cadence du recensement soit accélérée…
Si vous vous décidez à régler ce problème qui ne nécessite aucun dialogue politique ou social préalable, mais juste la volonté de le résoudre, vous trouverez parmi nos milliers de diplômés, chômeurs ou non, des ressources humaines capables d’accélérer le recensement de nos compatriotes qui ne le sont pas encore, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur du pays.
Il sera possible à travers une décentralisation des activités et une implication réelle des maires, imams, chefs de villages, ONG, CNDH, … d’atteindre les résultats attendus, probablement en moins d’une année. In cha’Allah.
Pour ceux qui argueraient, pour ralentir le processus, le risque de naturaliser quelques non- mauritaniens, nous disons qu’il est infiniment moins grave pour un pays (surtout avec une densité de population comme la nôtre), de naturaliser quelques non-mauritaniens plutôt que de denier leur citoyenneté à des Mauritaniens. Certes il y’a lieu de déplorer que pour certains comme Aldjouma Cissoko (R.A), c’est malheureusement trop tard. Rompons avec les populistes ou les tenants de thèses ne servant que de gagne-pain, qui veulent dénier à des Mauritaniens ce qu’ils sont. Soixante ans d’indépendance doivent nous permettre de pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie.
Tout citoyen auquel on refuse ce droit fondamental d’avoir des actes délivrés par son pays pour lui reconnaitre son appartenance à la nation, ne peut croire à une promesse quelconque d’amélioration de sa situation par les autorités de son pays.
La résolution de ce problème qui se trouve être parmi les problèmes fondamentaux de notre pays, redonnerait espoir à bon nombre de nos concitoyens et renforcerait votre crédibilité ainsi que celle de l’Etat quant à la tenue des promesses faites notamment lors de la campagne électorale. C’est notamment pour cette raison que nous pensons que la Mauritanie, l’Histoire de la Mauritanie se souviendra de toutes les façons de ses dirigeants actuels, de vous, de ce quinquennat.
Elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment comme ceux, grâce auxquels le pays a enfin redressé la barre, a choisi la bonne « quibla » (direction) politique qui mène à la stabilité, à la prospérité, à l’épanouissement dans l’Honneur, la Fraternité et la Justice, in cha’Allah. Ou alors, au contraire, elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment, pour des raisons à l’opposé de celles que nous venons d’énumérer…
Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre pays, ne le ratons pas. Bien sincèrement, Les signataires : Nous, tout(e) mauritanien(ne) qui est d’accord avec le contenu de cette lettre ouverte
L’honorable député des mauritaniens établis en Europe, Monsieur Issa Mansega DIAWARA, quand est-ce que les commissions dites d’identification arriveront-elles en Europe pour recenser les mauritaniens ?
Je tiens avant tout Monsieur le député à vous souhaiter une excellente rentrée de session parlementaire. Monsieur le député, le 4 juillet 2023 le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a pris un arrêté sous le n°0698 portant création des commissions d’identification. Aussitôt, quelques jours plus tard ces commissions dites d’identification ont été constituées et déployées à l’intérieur du pays avec un bref délai de 6 mois (voir l’article 19 de l’arrêté qui met fin aux missions de ces commissions à la date du 31 décembre 2023), pour aller donner un état civil fiable et sécurisé aux mauritaniens qui n’en ont pas ou qui étaient privés de ce droit fondamental et inaliénable. Jusqu’aujourd’hui (à 2 mois de la fin des opérations) aucune commission d’identification n’a été déployée en Europe pour venir recenser les centaines et milliers de mauritaniens vivant dans cette circonscription dont la plupart d’entre eux sont devenus des apatrides. Ce qui constitue à mon sens une discrimination et une grave violation de l’article premier de la constitution mauritanienne.
Cependant, Monsieur le député, pour rappel le 27 mai 2023 vous avez été élu par les mauritaniens établis en Europe afin de pouvoir trouver des solutions à leur préoccupation et besoin mais aussi de défendre leurs droits les plus fondamentaux particulièrement les questions liées à l’état civil et le recensement. Aussi, pour rappel dans votre lettre du 11 juillet 2023, vous sollicitez les mauritaniens de la diaspora, je cite « …à aller se présenter devant les commissions d’identification de l’intérieur pour leur recensement ». Devrais-je vous dire que votre mission Monsieur le député n’est pas celle d’inciter les mauritaniens de l’Europe à aller se faire enrôler à l’intérieur du pays sans se soucier de leur condition de vie et travail mais plutôt de les aider à les rétablir dans leur droit fondamental… L’honorable député, je dois vous rappeler que l’une des problématiques cruciales que rencontrent nos compatriotes établis en Europe est celle du recensement. Cette question constitue un problème majeur pour nos compatriotes et qui fait que certains d’entre eux sont devenus des apatrides et d’autres des sans-papiers et par voie de conséquence des sans-emploi. Monsieur le député, faites votre travail comme cela se doit en interpellant le ministre de l’intérieur sur ce sujet afin que le principe d’égalité de traitement de tous les mauritaniens devant la loi prévu par le préambule de notre constitution et l’article premier de ladite constitution soit bien respecté. Sans doute l’égalité devant la loi est un principe à valeur constitutionnelle garanti dans toutes les grandes démocraties et par l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Pour rappel Monsieur le député, aux termes de l’article premier de la constitution mauritanienne « La République assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale l’égalité devant la loi ». En d’autres termes, les personnes dans la même situation doivent être traitées de manière identique pas plus ni moins ; la République doit garantir un traitement équitable pour tous les mauritaniens devant la loi car il existe une seule et unique Mauritanie : la République islamique de Mauritanie. Malheureusement, tel n’est pas le cas car on assiste depuis la mise en place de ces commissions d’identification deux mauritaniens : le mauritanien de l’intérieur et celui de la diaspora. Ce qui constitue une rupture flagrante d’égalité de traitement des citoyens devant la loi ; votre silence sur ce sujet inquiète la diaspora et pourrait vous rendre complice de cette violation manifeste de certaines dispositions constitutionnelles.
Monsieur le député, pour conclure j’ai une question principale et toute simple : A quand (donnez-nous une date précise) l’arrivée des commissions d’identification et d’enrôlement en Europe ? L’urgence la plus absolue pour nous, les autres mauritaniens de la diaspora c’est le recensement.
Monsieur le député, de grâce ne venez pas avec des réponses toutes faites comme quoi, la constitution et l’envoi des commissions d’identification en Europe ne relèvent pas de vos compétences mais celles du ministre de l’intérieur. Sachez que je sais faire la distinction entre les compétences d’un ministre et celles d’un député. Monsieur le député, je vous demande de jouer votre rôle de député et d’agir le plus vite avec détermination pour les mauritaniens établis en Europe. Je vous prie de croire Monsieur le député, à l’assurance de ma haute considération.
Dr Boubou BA Membre associé au centre de recherche d’histoire et d’anthropologie du droit (CHAD) Université de Paris10-Nanterre Juriste aux services des urgences familiales et à la chambre du conseil Au palais de justice de Pontoise-France
Lettre au Président de la République : l’école que nous voulons
Monsieur le Président,
Cette lettre particulière vous est adressée comme contribution d’un vieux professeur, à cinq ans de la retraite, à ce vaste chantier de réforme du système éducatif national que vous avez cité parmi vos priorités. Il ne s’agit pas de « leçons » à donner ni même de propositions à considérer mais tout simplement d’une réflexion à partir de faits vécus constituant les vrais problèmes d’une école prise en otage par une poignée de cadres qui l’exploitent (je n’exagère pas) comme le ferait les triades chinoises ou les cartels colombiens ou mexicains.
Monsieur le Président, Il ne sert à rien de penser à la meilleure réforme possible et de désigner le meilleur profil (ministre) pour la mettre en œuvre si vous ne commencez pas par « dégager » (le mot n’est pas fort) cette mafia qui infeste le département depuis des décennies. Imaginez, monsieur le Président, qu’il y a des (ir)responsables en poste depuis 20 ans !. Des « intouchables » qui, grâce à la protection dont ils jouissent – jouissaient- en très haut lieu, agissent selon leur bon vouloir. Ils nomment, dénomment, « vendent » des mutations, « libèrent » certains pour aller exercer d’autres activités parallèles (à Noughta Sakhina ou dans les écoles privées) ou même partir tenter dame fortune à l’étranger !!! Certes, il y a de bons cadres qui accomplissent leurs missions suivant les règles de l’art, qui maintiennent le département en survie, mais ils se comptent sur les doigts d’une seule main. Ils sont l’exception qui confirme la règle, comme on dit. Pensez, Monsieur le Président, que parce que j’ai cette propension à dire et à écrire contre les maux qui gangrènent notre société, on m’avait demandé de retourner enseigner, alors que je n’ai été muté au Cabinet qu’après vingt ans de classe passés à l’intérieur (lycée de Boghé, 7 ans), lycée d’Aleg (3 ans) et Nouakchott (Lycée national 6 ans). Et que, quelques mois plus tard, des nominations de complaisance étaient venues encombrer les administrations du ministère devenant ainsi une sorte « d’asile » pour désœuvrés !
Monsieur le Président, L’éducation est l’un des secteurs sensibles, qui réagit systématiquement à toute injustice. Je vous donne encore un exemple. Au Ministère, il n’est pas étonnant de voir beaucoup de ceux qui ont réussi leur examen de sortie avec toutes les difficultés du monde, occuper les plus grands postes de responsabilité. Dans l’une des filières, le dernier de la promotion a été le premier nommé au poste d’inspecteur, à la manière de la méthode lifo (last in, first on). Le dernier venu, premier servi. Le premier de la même promotion ne montera en grade que beaucoup plus tard. Comprenez, Monsieur le Président, que beaucoup, comme moi, peuvent avoir ce raisonnement : puisqu’on prend par le bas, versons dans la médiocrité !!!
Monsieur le Président, Tout le monde s’accorde à dire que vous avez mis un soin particulier à vous entourer d’une équipe de choc : un Premier ministre et des ministres qui ont de la compétence à revendre, un ministre chargé du cabinet du président de la République dont la qualité première doit être la confiance que vous lui accordez (ce qui est le cas)… Le même soin accordé au choix des ministres doit s’appliquer aux différents niveaux de l’administration, scolaire notamment : chargés de mission, conseillers, directeurs centraux, chefs d’établissements (lycées, collèges, écoles fondamentales), chefs de services, chefs de division, car tout le monde sait que l’entourage d’un ministre de l’éducation joue les premiers rôles dans la mise en œuvre d’une réforme ou…sa mise au placard.
Monsieur le Président, L’administration ne doit pas être sous le joug de la tribu ou de la région. Dans le ministère que je connais le mieux (l’éducation), c’est ce Mal qui ronge notre système éducatif depuis des décennies. Le ministre doit avoir comme priorité des priorités de s’assurer que les directions, les services et autres administrations scolaires ont les ressources humaines capables de leur insuffler une nouvelle vie. Le désencombrement est une opération de « salubrité » qui doit constituer la première mesure à prendre. Mais il faut également penser, Monsieur le Président, à ces milliers de soldats qui sont sur le terrain des opérations. Plusieurs d’entre eux n’ont pas choisi, d’eux-mêmes, la profession ; ils ont été contraints et forcés par le chômage endémique. Pour améliorer le rendement de l’école, il faut que le métier d’enseignant nourrisse son homme. Ce qui a été entrepris au niveau de la Justice, comme bonification des salaires, et qui est également d’usage dans certains départements « privilégiés », comme les Finances, l’Economie et les Affaires étrangères, doit profiter à ces enseignants pour qu’ils puissent se donner à la tâche en se sentant à l’abri du besoin. Si cette condition sine qua non est réalisée, on peut alors penser, en toute logique, à l’application du principe de la récompense et de la sanction.
Monsieur le Président,
Une école à deux vitesses est le fruit de ces injustices que je viens d’énumérer. Parce que la qualité de l’école publique laisse à désirer, les parents d’élèves se voient contraints d’instruire leurs enfants dans ces écoles-boutiques qui foisonnent à Nouakchott mais qui commencent aussi à essaimer dans les grandes villes. Parce que son salaire ne lui permet pas de « tenir » deux semaines, voire une, l’enseignant est obligé de chercher le « complément » dans ce privé qui fonctionne, injustement, avec un personnel formé par et pour l’Etat ! Je reviens pour dire que seule l’amélioration des conditions de vie de l’enseignant et le suivi régulier de son rendement permettront de sauver l’école publique et d’arriver, avec l’engagement pris par vous, monsieur le Président, à cette école républicaine que nous voulons.
PS : Sur cette photo de 1995, je suis avec M. Ba Mohamed Daha, alors DG du lycée de Boghé. J’enseignais alors les classes de TAB et m’inspirais beaucoup des cours qu’il m’a dispensés en classe de terminale lettres, en 84.
En matière de contenu journalistique dans l’arène médiatique francophone en Mauritanie, le Directeur de publication du site Web OndeInfo fait partie de plumes percutantes et portées dans une dynamique généraliste et surtout droit-de-l’hommiste.
Le natif de Selibaby dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien), M. SIDIBÉ est une voix humaniste qui éveille et interpelle l’opinion publique à propos de diverses thématiques sociales et politiques.
Habitué intrépide à un langage juste et futé sur les problématiques liées aux injustices sociales dans le pays et en particulier au sein de son groupe sociolinguistique, les soninké, il est un journaliste engagé qui œuvre résolument pour la promotion des valeurs citoyennes, d’égalité et pour un réel changement des mentalités.
Il dénonce inlassablement l’esclavage chez les Soninké que d’aucuns appellent féodalité ou système de caste, somme toute une légitimation de l’injustice et la discrimination dans un pays où en théorie les pratiques esclavagistes sont criminalisées.
Un tel engagement est mal vu et même combattu par les suprematistes et théoriciens de l’inégalité des hommes à la naissance. On est tenté de dire que ses prises de positions lui ont causé de torts professionnellement.
Nous lui consacrons cette modeste contribution retraçant un portrait sommaire de son poids intellectuel conséquent pour l’avènement d’une cohésion nationale et communautaire sur de références de justice et d’égalité.
Nos vifs encouragements à lui pour cet investissement droit-de-l’hommiste très louable. À lire ici jointes quelques-unes de ses publications :
Je me nomme Lamine KEITA, docteur spécialiste en ORL à l’hôpital de Nema. J’ai été agressé, le 16/09/2023, vers 22 heures par les proches d’un patient de l’hôpital de Néma.
Ce patient était dans le coma à la suite d’un accident de voiture et avait été admis aux urgences. Après l’avoir examiné, j’ai constaté qu’il souffrait d’un œdème crânien, la cause de son coma. Étant donné que ce n’était pas de mon ressort, j’ai informé deux membres de sa famille que le patient devait être transféré en réanimation. Ils ont mal réagi en prétendant que je refusais de le soigner.
Quelques minutes plus tard, j’ai été entouré par les membres de la famille présents sur place, prêts à m’agresser.
Parmi eux, un jeune homme a même attrapé mon tee-shirt dans le but de m’affliger des coups, mais heureusement, un infirmier est intervenu. Le wali et l’inspecteur de police étaient également présents sur les lieux suite à un appel de la famille du patient.
Mon agresseur n’a reçu qu’un avertissement de la part des autorités et a été laissé libre sans que la loi ne soit appliquée. Il s’agit clairement d’une agression contre un fonctionnaire de l’État.
De ce fait, ma vie est potentiellement en danger. Donc j’ai décidé tout simplement de relater les faits qui ce sont déroulés à l’hôpital de Néma à fin d’éclairer l’opinion publique.
Onde Info – Le Panafricanisme, je connaissais déjà le concept que j’ai découvert sur les bancs du lycée – il y a une trentaine d’années -, à travers un cours initiation à la littérature Négro-africaine, et plus exactement sur ce qu’ on appelait une déclinaison littéraire du panafricanisme : la Négritude.
A cette époque-là, la culture n’est pas démocratique. Elle était élitiste soit l’apanage de ceux qui avaient l’audace d’ouvrir un livre pour le lire mais surtout le comprendre et en saisir la substance.
Ainsi, l’on échappait à la déferlante actuelle de la culture des mass-média caractérisée par une surabondance de l’information ayant pour corollaire l’émergence d’une nouvelle » race d’intellectuels » qui s’improvisent en leaders, et qui croient tout savoir sur la base d’une culture de masse acquise sans effort et sans surpassement de soi.
Le Panafricanisme, ces dernières années on en parle tellement que je me suis demandé si le concept ne venait pas de naître. Il inonde aujourd’hui les réseaux sociaux, il est mis en relief dans les discours politiques, si bien que certains vont jusqu’en faire un mode de gouvernance.
Le Panafricanisme ne peut être porté par un féodal ou un esclavagiste
Selon Wikipedia » Le panafricanisme est à la fois une vision sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation des Africains et un mouvement qui vise à unifier les Africains du continent et de la diaspora africaine en une communauté africaine mondiale ».
Cette définition a le mérite d’être claire en ce sens qu’elle met l’accent sur l’UNITE, LA SOLIDARITE et l’ÉMANCIPATION des Africains et de la Diaspora au coeur de son projet sur fond de la recherche de la DIGNITÉ Africaine.
Que dire de ses origines ?
Le Panafricanisme est né dans les Caraïbes au XIXe siècle, dans le contexte du processus d’abolition de l’esclavage.
Dès lors, il est avant tout question de dignité Africaine et Noire du fait que ces derniers ont souffert de toutes les formes d’exploitation et de pratiques abominables : la traite négrière, la colonisation et le néocolonialisme etc.
Partant de ce qui précède, il est illusoire de voir un Africain qui lui-même afflige l’indignité à son semblable adhérer au panafricanisme. Ce serait rien de plus qu’ une trahison de cette cause noble et louable.
Dans quelle mesure peut-on réclamer à cor et à cri la libération du continent Africain et la DIGNITÉ de l’homme Africain alors qu’on pose les mêmes actes que l’impérialiste étranger ?
Ce panafricanisme par hypocrisie ou par manque de consistance et de coherence est le début de l’errance et du dévoiement du Panafricanisme.
Cette nouvelle clientèle qui entend porter la lutte si noble des pères fondateurs du Panafricanisme est fondamentalement nuisible et compromettante voire encombrante pour défendre les idéaux du Panafricanisme.
Elle porte la trahison et la compromission comme étendard en hypothèquant le vrai panafricanisme qui est avant tout basé sur la promotion de la DIGNITÉ de l’homme Noir, la véritable fraternité Africaine qui suppose qu’un Africain ne peut réduire en esclavage un autre ou même le considérer comme tel.
Portrait croisé : féodal et impérialiste étranger
ine fine, le féodal qui prétend être panafricaniste alors qu’ il se glorifie d’être propriétaire d’esclaves parmi ses « frères Noirs » qu’il considère comme des sous hommes, impurs et issus de la mauvaise graine est pire que l’envahisseur étranger.
L’impérialisme porte le même visage qu’il soit étranger, Blanc, Arabe ou Noirs, il est suprématiste , il exploite à merci les dominés réduits au statut de sujets et de « non personne » et perpétue la même culture hégémonique et raciste.
L’impérialiste étranger tout comme l’impérialiste local est attaché à une idée de grandeur et de noblesse qui lui donne le droit d’exploiter, d’humilier en établissant une échelle des valeurs qui le place au sommet : la référence en toute chose.
D’ailleurs, la raison et la justesse se trouvent du côté de l’impérialiste étranger qui vient chasser, prouver sa noblesse et sa grandeur sur d’autres terres pour agrandir son espace vital, son pouvoir et à la recherche de l’exotisme etc.
Comme dit l’adage, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Peu importe la couleur de la main qui m’inflige une gifle sur la joue – Blanche ou Noire – , moi je ressens la même douleur. Et D’ailleurs, la forfaiture fait plus mal lorsqu’ elle vient de l’intérieur, de « nous-mêmes ».
Le Panafricanisme n’est pas la haine de la France ou de l’Occident
A tous les panafricanistes, le vrai panafricanisme n’est pas porteur de haine. Il n’est pas revanchard mais s’évertue à stimuler le décollage et le delic de l’Africain par des valeurs qui le libère lui-même en vue de se libérer de la domination étrangère.
Le Panafricanisme c’est pour moi, une disposition d’esprit à accepter son frère Africain. Ce qui se traduit par le respect mutuel, la considération et la volonté de coopération et de solidarité intra-africain.
Le Panafricanisme ne peut être la négation de l’Africain par l’Africain. L’humiliation du Noir par le Noir.
A contrario, le Noir doit être le remède du Noir et même son rédempteur. Le combat du panafricanisme n’est pas populiste. Il ne peut tomber dans la bassesse : l’injure, les insanités ou encore des slogans du type mort à la France.
Dans cette optique, le panafricanisme tombe dans la facilité en laissant de côté son objet : l’homme Noir ou Africain. Chercher d’abord à assainir la culture Africaine qui a besoin d’être dépoussiérée de plusieurs tares sociales : orgueil, esclavage intra-africain, féodalité, esprit de caste etc.
Que nos panafricanistes eux-mêmes réussissent à s’émanciper de ces fléaux en changeant de cible et d’ennemis. Notre mal, c’est nous-mêmes, c’est notre incapacité à nous entendre, à nous accepter, à nous honorer mais surtout à nous RESPECTER .
En définitive, je suis pour un panafricanisme respectueux des Africains entre eux. Un Panafricanisme qui combat le verbe être « Je suis » trop exubérant, vaniteux et égoïste pour lui substituer le « Nous sommes » plus rassembleur et plus humble capable d’aller défendre la dignité et l’émancipation de l’homme Noir après avoir lui-même balayé devant sa propre cour.
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