Une mission est envoyée depuis Nouakchott il y a quelques jours par l’initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste IRA dirigée par le responsable de la commission des droits de l’homme de l’organisation, Abdellahi Abou Diop , accompagné d’un membre du Comité de Paix LaghdafNeemeu , et a été rejointe depuis Tintan et Aioun par les représentants locaux du mouvement abolitionniste. A l’aube , ce lundi, tous se sont rendus à Ain Varba accompagnés de la victime de la servitude domestique héréditaire, Mariem Mint Cheibani, propriété du nommé Cheikhna Ould Al ChehalawiAtenwajiwi. La victime, Mariem, s’est rebellée contre son maître, qui l’avait soumise à une obéissance cruelle et vexée depuis sa naissance, et a fini par contacter certains militants de IRA dans la localité, qui l’ont mise en contact par téléphone avec Abdelahi Abou Diop , le responsable de la commission des droits de l’homme de Ira Mauritanie . Dès l’arrivée de la mission dans la localité , elle leur confirma que ses deux enfants son victimes d’esclavages Salka et Cheikhna , des mineurs toujours sous le joug de l’esclavage de Cheikhna Chehalawi et ses filles . Il est interdit à la mère esclave de rendre visite à ses filles après avoir échappée du domicile de son maître pour être sous la protection de son miséricordieux mari . Aujourd’hui, la mission IRA soutient la victime, Mariem, devant la Brigade de Gendarmerie de Aîn Varba et Mariem , la victime a déposé une plainte au regard de la loi criminalisant l’esclavage et l’asservissement contre le maître esclavagiste Cheikhna ould Chehalawi et sa famille . La victime demande le recouvrement du droit de ses enfants et exige la fin de la captivité esclavagiste dont ils sont victimes et leurs retour auprès d’elle.
C’est dans le cadre du programme de recherche-action Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo sous la direction de la chercheuse-historienne Dr Marie Rodet de SOAS Université de Londres via un consortium universitaire et d’ONGs, que s’inscrivent ces activités impliquant différents intervenants. Militants anti-esclavagistes locaux et ceux de la diaspora, société civile, journalistes, blogueurs, représentants traditionnels et corps administratifs. L’esclavage par ascendance historiquement sous le sceau d’un tabou, est aujourd’hui un phénomène touché à vif publiquement.
Une prise de conscience d’une certaine ampleur grace à la mobilisation militante courageuse enclenchée depuis 5 ans par le mouvement GAMBANA notamment dans les milieux soninkés en Afrique de l’ouest et les diasporas. Ainsi cette action de formation au plaidoyer organisée du 18 au 22 octobre 2021 à l’USJPB (Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako) de Bamako, visait une mise à jour en techniques de plaidoyer pour les différents acteurs-cibles afin de permettre plus d’efficacité et de réussite dans l’engagement militant contre l’esclavage par ascendance. Après la riche et instructive semaine bamakoise, un Forum de 2 jours (26 et 27 octobre 2021) à Kayes sous le patronage administratif du gouvernorat a permis de produire un document-synthèse des 16 recommandations…Lire https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/10/30/%e2%9c%93forum-de-kayes-du-26-et-27-octobre-2021-les-principales-recommandations-remises-aux-autorites-regionales/ .
La délégation GAMBANA de la diaspora est composée du président d’Armepes-France Mr Gaye TRAORÉ, l’initiateur du forum Ganbanaaxu Fedde (le 5 octobre 2016) et 2 membres de son bureau exécutif Aboulaye TRAORÉ et Koundou SOUMARÉ, de Madame HassaKONATE (RMFP Gambana-Mali) et de cheikh Adama BATHILY, un lettré Juste militant contre les coutumes esclavagistes dans la communauté soninké.
Veillez retrouver différents éléments médias photos et vidéos sur ce périple droit-de-lhommiste et visites auprès de victimes et rescapés (Bamako, Kayes, Diema et Nioro) :
—Nous vous proposons l’entretien avec Monsieur Boubacar N’djim du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits Humains. Le coordinateur national de ce mouvement dans le paysage droit-de-lhommiste malien, est une voix vive par son activisme agissant transversal pour la défense des droits humains.
À suivre :
✓Question 1 : Bonjour Mr Ndjim, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Boubacar N’djim : je me nomme N’Djim Boubacar. Je suis de nationalité malienne, originaire de la région de Mopti et je réside au Mali plus précisément à Bamako. je suis le Coordinateur National du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H)
✓Question 2 : Vous êtes actif pour la défense des droits à travers l’organisation MSDH, pouvez-vous la présenter succintement (genèse de sa création et principaux objectifs) ?
BN : Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une jeune organisation qui fait de la lutte contre toutes les formes d’injustice son credo. Au MSDH, nous n’avons pas la prétention de tout connaitre, mais nous relaterons certains faits dont nous avons été témoins ou même souvent victimes indirectes avec justesse et objectivité.
Son siège social est situé à : Hamdallaye, près de d’ANAM MALI Elle dispose des coordinations dans les localités suivantes ;Kayes, Diéma, Kita, Kati, Mopti, Ségou, Bougouni, Sikasso, Koutiala, Tombouctou. Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une organisation indépendante à but non lucratif créée officiellement en janvier 2019. Le MSDH intervient partout où les droits de l’homme sont bafoués, assure la veille citoyenne et n’hésite pas à prendre position quand il s’agit de restaurer la dignité humaine.
• Les objectifs du MSDH sont les suivants :
Réduire au minimum la violation des droits de l’Homme sur toute l’étendue du territoire Malien ;
Contribuer à la promotion et au respect des droits de l’Homme ;
Examiner toutes les situations d’atteintes au droit de l’Homme constatées ou portées à notre connaissance ;
Entreprendre des actions appropriées en la matière auprès des autorités compétentes ;
Formuler des recommandations sur toutes les questions relatives aux droits de l’homme dans le cadre réglementaire, législatif et judiciaire ;
Collaborer avec tous les organismes nationaux et internationaux de défense des droits de l’homme ;
Veuillez avec attention sur toutes décisions ou actions du gouvernement susceptibles de porter atteinte au respect des droits de l’Homme ;
Informer et dénoncer tout acte d’injustice en mobilisant l’opinion publique ;
Mener des activités d’information, de communication, d’éducation et surtout de sensibilisation sur la promotion et le respect des droits de l’homme ;
Lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes;
Lutter contre l’excision, les violences domestiques contre femmes et enfants.
Avec le président Gaye Traoré et Mr N’Djim dans les locaux de son ONG à Bamako.
✓Question 3 : Quelles sont vos réalisations (activités) phares depuis sa création ?
BN : Depuis la création de notre mouvement nous avons mené plusieurs activités de sensibilisation, de communication, d’information, et d’éducation sur le domaine des violations des droits humains. Mais l’activité phare qu’on a eu à réaliser en partenariat avec le Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès est l’organisation de la Conférence débat de Bamako sur le phénomène de l’esclavagisme qui a regroupé plus 500 participants avec les toutes les composantes de la société civile malienne qui s’est tenue le 22 Mai 2021 à Bamako.
✓Question 4 : Quelles difficultés rencontrez-vous dans le cadre de votre engagement droit-de-lhommiste sur le terrain ?
BN : Il faut reconnaitre que le métier de défenseur des droits humains est un métier à risque car au mali l’Etat tarde à mettre en place une carte des défenseurs des droits humains mais la loi existe néanmoins. Concernant ma lutte contre l’esclavage par ascendance surtout dans la région de Kayes j’ai rencontré pas mal difficultés, j’ai échappé à plusieurs tentatives d’enlèvement, j’ai répondu à plusieurs plaintes de la part des féodaux pour diffamation ou encore incitation à la haine ou encore trouble à l’ordre public. Les risques sont inhérents à la vie humaine donc sans risques et difficultés pas de résultats
✓Question 5 : Sur la problématique de l’esclavage par ascendance au Mali, selon vous pourquoi il n’y a toujours pas une loi spécifique criminalisant cette tare honteuse d’un autre âge ?
BN : Je suis consterné et surpris de voir dans un pays comme le Mali signataire des traités internationaux et sous régionaux sur les droits fondamentaux de l’homme qui considèrent l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Partout où on est allé les populations victimes fustigent le manque d’équité, le manque d’impartialité ou le manque d’intégrité de l’appareil judiciaire dans la région de Kayes et soutiennent que ces pratiques sont entretenues et soutenues par le Gouvernement. Le droit de tous les individus de ne pas être soumis à l’esclavage est un droit de l’homme fondamental ; or l’absence de procédures adéquates de mise en œuvre n’est pas faite pour encourager les Etats à mettre en place un système de garantie, contre toutes les formes contemporaines d’esclavage. L’efficacité réelle d’un instrument international peut être évaluée en fonction de la mesure dans laquelle les Etats parties appliquent ses dispositions au niveau national. Le mot application dans le cas des instruments juridiques internationaux, désigne à la fois les mesures nationales adoptées par les Etats et les procédures internationales mises en œuvre en vue d’en surveiller la mise en œuvre. Il n’existe pas de mécanisme chargé de veiller au respect par les Etats de l’obligation d’abolir l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage. Le manque d’arsenal juridique relève juste d’un manque de volonté politique de la part de nos dirigeants.
À lire un entretien succint avec le secrétaire général de l’association Donkosira, monsieur Mamadou SèneCISSÉ. Un archiviste en numérisation de métier rencontré lors de notre quinzaine au Mali à l’occasion de l’évènement-programme EMifo Atelier de formation au plaidoyer à l’université USJPB (Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako) dont sa structure associative a été partenaire activement.
✓Question 1 : Bonjour monsieur Cissé, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Mamadou Sène CISSÉ : Je suis archiviste en numérisation , secrétaire général de l’association Donkosira , partenaire du projet EMiFo (esclavage et migrations forcées dans l’Ouest du Mali) , je suis membre du réseau AKN (antislavery knowledge network) et assistant de recherche du Docteur MarieRodet.
✓Question 2 : Vous êtes le secrétaire général de l’association Dokonsira, vous pouvez la présenter succintement (genèse de sa création et principaux objectifs) ?
MSC : l’association Donkosira : C’est la recherche et la diffusion des savoirs locaux par la nouvelle technologie de l’information et de la communication pour sensibiliser les générations futures contre toutes formes d’exploitations y compris l’esclavage par ascendance.
✓Question 3 : Quelles sont vos réalisations phares depuis sa création ?
MSC : 1- Demarginaliser les frontières Ouest africaine des communautés descendants d’esclaves , le projet s’étendait , du Mali , le Sénégal et la Guinée.
2- Visualising liberté : la visibilité de liberté et des luttes historiques liées à l’esclavage.3-Enfin SlaFMig/EMiFo , programme de recherche action esclavage et migrations forcées.
3- Enfin SlaFMig/EMiFo , programme de recherche action esclavage et migrations forcées.
✓Question 4 : Quelles difficultés avez vous rencontrées dans le cadre de votre engagement associatif sur le terrain ?
MSC : – Absence des autorités pour soutenir nos actions. – Dificultés d’accès à certaines personnes ressources pour mener nos recherches. – Manque de fonds pour financer plus largement nos activités.
Ci-après les recommandations remises aux autorités régionales de Kayes à l’issue du forum du 26 – 27 octobre 2021. La suite pratique d’un atelier de formation au plaidoyer de la semaine du 18 au 22 octobre à Bamako à USJPB, organisé par un consortium ONGs et un partenariat universitaire via le programme « Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo » dirigé par Dr Marie RODET. Ainsi d’une synthèse de différentes recommandations émises par la société civile Kayesienne (milieux associatifs, représentants traditionnels, milieux de médias et la jeunesse) et les représentants Gambana (Diaspora et Locaux), un document a été arrêté et remis au chef de cabinet du gouverneur, Mr Amadou DICKO.
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✓Recommandations du Forum de lutte contre l’esclavage, pour le vivre ensemble et la paix au Mali.
Les participants recommandent :
Adoption d’une Loi criminalisant l’esclavage par ascendance (sous toutes ses manifestations sociales et coutumières notamment l’apologie)
Application immédiate de la charte de cohabitation issue du Forum Régional d’entente sociale du 18 août 2021 à Kayes par des arrêtés municipaux, préfectoraux et ministériels.
Plus de synergie d’action entre les acteurs de la société civile et les représentants du Gambana.
Mise en place d’un cadre de concertation et d’alerte au niveau local et régional.
Rédaction d’un rapport semestriel et annuel au niveau régional et national.
Démarches auprès de leaders religieux (Haut conseil islamique et les représentants des chrétiens) pour une prise de position publique contre l’esclavage par ascendance au Mali.
Libre accès aux biens communs (eau, champs..) et la fin des privations de jouissances (embargo social à cause du refus d’esclavage par ascendance)
Prise en charge par les autorités des personnes déplacées victimes du phénomène de l’esclavage par ascendance.
Campagne de sensibilisation en accord avec l’État sur le territoire national.
Nouer un partenariat avec le ministère de l’éducation nationale afin de sensibiliser et d’informer le monde éducatif sur l’esclavage par ascendance.
Intensifier la communication et la sensibilisation à travers les médias à tous les niveaux (par exemple les lieux de cultes)
Forte implication du ministère des maliens établis à l’extérieur dans la sensibilisation de la diaspora pour l’arrêt du financement des conflits intercommunautaires et intracommunautaires.
Appui des autorités (communales, coutumières, religieuses et administratives) à la vulgarisation de la charte de cohabitation pacifique issue du Forum régional signée le 18 août 2021 à Kayes.
Information et sensibilisation de la jeunesse sur le phénomène de l’esclavage par ascendance (causeries, débats, médias, milieux scolaires…).
Implication des jeunes et des femmes dans tous les processus de lutte contre l’esclavage par ascendance.
Organisation des foras sur les conséquences de l’esclavage par ascendance.
L’association Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication de Pratiques de l’Esclavage et ses Séquelles) a tenu son assemblée générale ce jour à la Bourse du travail de Saint-Denis en région parisienne. Depuis de nombreux mois à cause de la situation sanitaire liée à la covid-19, cette rencontre tant attendue ne pouvait pas se tenir aisément. Le bureau exécutif (BE) dont le mandat de 4 ans avait pris fin il y a quelques mois, gérait la continuité militante de l’association provisoirement. Aujourd’hui c’est chose faite avec la reconduction par vote d’acclamatation de Monsieur GayeTRAORÉ pour un deuxième mandat de président par l’assemblée générale.
L’association Armepes est fondée en 2010 et milite pour des réformes sociales au sein de la communauté soninké où sévissent certaines tares coutumières et sociales liées à l’esclavage par ascendance. Une grande mobilisation militante transnationale en milieux Soninkés est en cours depuis octobre 2016, date de la création du forum WhatsApp Ganbanaaxu Fedde par GayeTRAORÉ (SG d’Armepes-France à l’époque). Forum d’échanges et de sensibilisation pacifique à succès qui a donné naissance au mouvement international Ganbanaaxu Fedde anti-esclavagiste et contre les discriminations criantes dans les milieux Soninké en Afrique et dans la diaspora.
Heureux mandat au président Gaye et son équipe collaboratrice. Plus de Paix et de Concorde autour de valeurs d’Égalité, de Citoyenneté et de RéelleFraternité au sein de nos communautés et de nos pays.
Par un accès de délire obsessionnel, Mohamed El Mounir se lance dans une violente diatribe contre Biram DahAbeid. Mohamed El Mounir promettant de traiter de la situation des hratines et de l’esclavage décide, dès le début de son long pamphlet, de mettre en œuvre une vaine entreprise de calomnie du leader charismatique des citoyens hratines, laissés en rade par tous les régimes successifs de la République.
Son texte d’une longueur excessive, 21 paragraphes, aboutit à un vide sidéral. Aucune innovation, ni idée créatrice, ni amorce de paradigme, pouvant servir d’amélioration de la condition sociale de ces citoyens qu’une honteuse exploitation par des esclavagistes sans foi a réduit à des citoyens de seconde zone. Une cruelle réalité historique incontournable. Mohamed ne dit aucun mot sur l’esclavage, ses crimes et ses conséquences dramatiques. Il en parle au présent en occultant le rôle criminel des esclavagistes. On a l’impression à le lire que ces derniers sont des extraterrestres. Or leurs rejetons, dont il pourrait faire partie lui-même, sont justement là pour continuer l’œuvre de déni, en cherchant par tous les moyens à mettre en cause le seul leader qui s’est dressé courageusement contre les esclavagistes responsables du génocide des hratines.
Mais observons plus en détail ce qu’écrit Mohamed. Il est, à mon avis, ridicule quand il parle de brassage et de métissage des populations. A le voir en tout cas, on ne perçoit aucun signe de métissage chez lui. Je pourrais cent fois lui donner des leçons sur ce registre qu’il méconnaît entièrement. Étant moi-même partagé, et c’est une réalité, entre les communautés bidhan, hratine et même negroafricaine. Père hartani, mère bidhaniya, épouse negroafricaine. Un mauritanien arc-en- ciel qui hait l’injustice sous toutes ses formes. Autre point de discorde. L’insistance inacceptable de Mohamed « sur les radicaux hratines et extrémistes negroafricains qui constituent les soutiens de Biram » le discrédite davantage. C’est cela stigmatiser gratuitement des citoyens et ne pas admettre qu’ils puissent avoir une opinion contraire à la sienne. Il s’arroge le pouvoir de distribuer des bons et mauvais points aux Noirs de notre pays. À quel titre et sous quel dessein ? C’est rien moins qu’une attitude discriminatoire et de profond mépris de ses compatriotes.
Sa déclaration sur les jeunes negroafricains qui seraient, selon lui, non solidaires de Biram est une flagrante contre-vérité. C’est justement le contraire. Les vieux sont restés fidèles à CVE alors que les jeunes ont déserté ce parti en masse. Il faut revoir les meetings de Kaedi et Selibaby pour s’en convaincre et la colère à peine dissimulée de Coumba Ba de l’UPR lors de la campagne présidentielle. Le comble est atteint dans son texte quand il pérore avec emphase qu »il faudrait coopter des dirigeants pour….. les hratines ». Quelle absence de tact, quelle suffisance ! Il met directement en cause le scrutin électoral qui légitime Biram. Ainsi que la forme démocratique des institutions. Il recommande une forme de dictature pour changer les dirigeants hratines actuels. Mohamed perd franchement les pédales et reste aveuglé par sa haine féroce contre Biram. J’en suis déçu et peiné. Dans sa vision politique de ce que doit être la cohabitation, somme toute très pacifique, de nos populations. N’aggravons pas toute cette belle cohésion par d’inutiles et insignifiantes dissensions.
Paris, Sorbonne, présentation par Tania Tinoco de la version française de son livre, relatif aux combats du leader du mouvement Abolitionniste en Mauritanie, sous le titre «Biram Dah Abeid et le Pacte de la Renaissance», Paris, le 7 octobre 2021
• Allocution du député Biram Dah Abeid :
Bonsoir, mes frères en conviction !
Je salue, d’emblée, la France des mythes intellectuels et de la morale au service de l’espèce humaine, le refuge des persécutés et des suppliciés de provenance diverse ; oui, elle commence à nous manquer, la France des lumières, du droit, épicentre des révolutions contre l’obscurantisme, la France, terre de réparation pour les femmes et les hommes menacés dans leur intégrité, en quête d’asile et de réconfort, enfin la France de la liberté de conscience, des engagements féministes et de l’abolition de la peine de mort. Cette grande nation, représente, aujourd’hui, l’un des rares et derniers lieux de la terre où l’on rêve encore d’un humanisme universel. Sans nier la face sombre de la traite esclavagiste et de la colonisation, nous respectons ce pays dont, hélas, la belle image tire vers le déclin.
Nous mauritaniens, peuple en lutte contre l’arbitraire, l’esclavage et le racisme, grande était notre déception quand le ministre des affaires étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian, lors d’un débat à l’Assemblée nationale de son pays, en 2018, insinua que le député Biram Dah Abeid, alors incarcéré à Nouakchott, serait un « détenu de droit commun ». Ce positionnement de la France et par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, constitue un parti-pris anachronique, dans la compétition, perpétuelle, entre les justes et les fauteurs de supériorité raciale; le propos explique les difficultés actuelles et grandissantes du rapport de l’ancienne puissance coloniale avec l’Afrique. Néanmoins, nous saluons et louons le soutien et l’engagement, à nos côtés, de nombreux amis en France. Je tiens à citer, ici, l’organisation de défense de droits de l’Homme « IRA-France-Mauritanie », une association de droit européen, à l’abri de la censure et de l’intimidation caractéristiques des gouvernances réfractaires au droit et à la transparence sur notre continent, ô combien pillé et meurtri, par ses propres enfants. Je rends hommage aux individualités qui, avec désintéressement et abnégation, ont voulu et pu perpétuer chez nous, l’idée, généreuse et créatrice de sens, celle des aspirations de l’individu à se libérer de l’aliénation, que résume l’article premier de la déclaration de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Ces mots si justes ne sont pas le produit de ma culture, même s’ils y trouvent un écho rétrospectif. Ils résultent d’une expérience historique, loin de chez moi et, pourtant, j’y ai cru, spontanément, dès après les avoir lus et relus ; ce message, nous nous efforçons de le relayer, partout où nous mène l’interaction avec nos semblables, y compris de latitudes lointaines. C’est notre mission et l’horizon de notre devenir de mauritaniens.
Je m’incline, en particulier, en face de nos compagnons de route – Tania, Antonio, Ignacio, Juan, Mathieu – qui ont traduit leur affection à l’endroit d’IRA-Mauritanie, en écrits, visant à répandre et faire connaître notre abnégation, nos modèles d’engagement et repères de non-violence, dans beaucoup de langues et sur la totalité de la mappemonde. Par ailleurs, je me sens dans l’obligation de solliciter, en ce jour symbolique, l’esprit et le souvenir des personnes chères qui nous ont quittés, sans faillir aux réquisitions du combat. Qu’il me soit permis de complimenter celles et ceux, toujours vivants qui, sans tergiverser, gardent, intacts, l’enthousiasme, la détermination et refusent de céder à la corruption et au découragement.
J’évoque et évoquerai, sans répit, le legs de l’éducation et des valeurs que mon père Dah Abeid et ma mère Mata Ahmedou Salem m’ont transmis aux primes heures de l’enfance, en perspective de l’âge adulte, dans une société de caste, foncièrement irrespectueuse de la dignité de la personne. Feu Dah Abeid m’a enseigné le refus, et l’opposition – instantanés – sans calcul ni détours, de l’injustice d’où qu’elle vienne ; feue Mata Ahmedou Salem m’a dispensé une exigeante inclination à partager, avec les humbles, tout le matériel terrestre, les biens d’ici-bas, à donner jusqu’au dernier sous, loin de la peur du dénuement et des lendemains de gêne. Ces principes guident mon action à la tête du mouvement abolitionniste et orientent ma vie, dans la sphère du privé.
Je m’adresse à toutes ces personnes – de mon pays et d’ailleurs, dont les cœurs gorgés de fraternité et d’empathie, battent à l’unisson, afin de servir et vulgariser l’entendement des humanistes, amoureux de la diversité, de la découverte mutuelle, loin des sectes, des millénarismes et des délires des extrémismes métaphysiques en guerre contre la rationalité ; parmi eux, je loue les défenseurs de la loi, de l’écologie et de la paix dans le respect des différences. En vérité, nous sommes pressés d’achever notre bataille de Mauritanie, avant de nous consacrer, avec vous, à la mère des solidarités : nous rêvons d’une répartition équitable des ressources de la terre et de leur renouvellement, en vue d’améliorer l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins de santé et à un niveau d’éducation qui valorise, par la distinction et l’excellence, les sciences, les arts, la philosophie et la littérature, envers et contre la censure et les dérives inquisitoriales. Ainsi, nous participerions au recul de la xénophobie, de la faim, du populisme outrancier, des désirs hégémoniques, en particulier les plus meurtriers, en l’occurrence les extrémismes confessionnels violents.
Pour notre cas, la République Islamique de Mauritanie, nous avons décidé, dès 2008, d’engager une réflexion, au titre de l’Initiative de Résurgence Abolitionniste (Ira), dont l’objectif demeure la subversion des idées, des mots et des actes porteurs de déconstruction et de remise en cause de la domination. Nous avions exclu d’atteindre la violence corporelle et nous cantonnons aux ressources de la psychologue de masse, en vue d’introduire le doute et la confusion au centre des cercles névralgiques, secondaires et de base, du système; nous demeurons loyaux à la méthode parce que nous en avons étayé et vérifié le succès. Les rapporteurs spéciaux des Nations unies en témoignent assez.
Le programme global d’Ira, visait, dès le début, la démolition de l’ascendant mental des hommes possesseurs d’esclaves, sur leur bétail humain. Il fallait saper l’outil et le ciment de la subordination des populations serviles envers la minorité hégémonique. La guerre imposée à nous par le pouvoir central, sur délégation des tenants de l’esclavagisme, du racisme et de la suprématie linguistique, nous aura accablés d’infortune et de frustration, en termes de liberté, de bien-être, d’intégrité physique et morale. Les prisons, les diabolisations, les privations de travail, ainsi que les sévices, blessures et maltraitances polymorphes, étaient notre lot quotidien, pendant plus de dix ans. Les deux quinquennats de l’ancien Président Ould Abdel Aziz nous ont valu trop d’affliction mais ils raffermissaient notre résolution. Aujourd’hui, qu’emprisonné, la justice le poursuit pour des crimes économiques, nous répugnons à l’accabler.
A la dernière confrontation de cet épilogue décennal, les élections législative et présidentielle de 2018 et 2019 démontraient le potentiel de notre audience. Nous sortîmes victorieux dans les urnes, en dépit des fraudes, de la privation et de l’interdiction de nos structures de participation démocratique. A l’inverse du calcul de nos détracteurs, malgré les intimidations et le peu de moyens, nous parvînmes à élire des députés et des conseillers de commune. J’arrivai, à en croire l’instance d’organisation du vote, en position de second après l’actuel Président de la République. Aujourd’hui, je prétends incarner l’unique offre d’alternance au pouvoir de l’axe de l’alliance aristocraties bureaucratiques, tribale et clanique, tel qu’instauré, sous des formes plus ou moins vernies, depuis le 10 juillet 1978.
Maintenant, chers amis, nous vivons une deuxième phase de réalisation de notre projet pour la Mauritanie et les Mauritaniens. L’Etat, pendant les deux premières années du mandat de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, renonce à l’option de nous éradiquer, bien à rebours de son prédécesseur. Les appels aux meurtres, les campagnes de dénigrement, les excommunications, la prison en plein désert sous un toit de zinc à plus de 50 degrés, les châtiments physiques, ne ponctuent plus la ligne officielle, à nos dépens. Cependant, le danger de la régression persiste car des personnalités influentes du gouvernement, de la haute administration, de la finance et de l’entourage du Président Ghazouani, essaient d’attiser le feu afin de rompre l’apaisement en cours. Ils représentent les intérêts de la conservation, des tribus, des clans et du fanatisme, toutes factions que notre ambition d’égalité et de citoyenneté effraye.
Oui, chers amis, comme partout durant notre passage d’humains sur la terre, l’histoire, les arts et l’ensemble des supports de la mémoire nous apprennent que la quiétude, l’épanouissement et la sérénité s’achètent, au prix de l’équité, de la bienveillance, je dirais de l’amitié et du dialogue franc. Le tarif n’est exorbitant ni le produit surfait. Vivre sans guerre, loin de la crainte, vaut bien des précautions et une dépense immodérée de scrupule. C’est à ce pacte de transition par les réformes, que nous invitons nos compatriotes et le pouvoir du moment. Nous voulons instaurer la normalité au profit de mes frères noirs subsaharienne, autochtones, bâtisseurs du pays et patriotes enthousiastes de pères en fils; et les enfants de la laborieuse communauté Hratin, pourvoyeurs de barrages, de récoltes, de puits, de gardiennage du bétail, depuis toujours confinés aux tâches multiséculaires du muscle et de la sueur. Nous nous engageons à traquer l’esclavage et toutes pratiques similaires jusqu’à ses derniers recoins. Nous souhaitons que les negro-mauritaniens ne fussent plus tués, torturés, déportés, impunément. Nous tenons – objectif non-négociable – à abroger les lois qui protègent le tortionnaire et imposent, aux victimes, le devoir de se taire, leur dit-on, pour préserver la cohésion de la communauté de destin. A l’épreuve des frustrations et du déni de justice, la ruse ne prend plus. Cependant, que personne ne conçoive de l’effroi, à cause de nos emportements légitimes : nous n’avons jamais tué au cours de notre marche vers l’égalité et ne détenons aucune arme létale, à l’inverse de beaucoup de nos compatriotes et détracteurs, des civils détenteurs quasi-exclusifs de fusils d’assauts et de munitions de guerre. Combien de fois, n’avons-nous pas demandé, au pouvoir, de mettre un terme à ce déséquilibre de la terreur dont chacun, ici, pressent la volatilité tragique, à la moindre bavure. Qu’il me soit permis de réitérer l’appel, à l’intention du président de la République Mohamed ould Cheikh El Ghazouani. Le désarmement de la société nous semble relever de l’urgence, si l’on accepte de regarder, sans fard, la détérioration du contexte sécuritaire au Sahel.
Nous avons misé sur une cohabitation détendue avec le pouvoir du Président Ghazouani et la recherche – collaborative – des règles d’une compétition qui ne lèse la vérité du suffrage universel, en vertu du principe « un homme, une voix ». Or, l’objectif requiert bien des préalables : les législateurs ne sont pas élus avec le même nombre de votants, laissant ainsi croire que certains détiendraient une légitimité ou une valeur supérieure, le découpage des circonscriptions favorise nettement un groupe sur citoyens sur d’autres. Mais, il n’y a pas de drame à accepter les arrêts implacables du nombre et de l’évolution sociale. Seule la réhabilitation, je dirais l’assainissement de l’Etat de droit et des libertés démocratiques, du Conseil constitutionnel, des forces de sécurité et de la magistrature permettront de nous économiser, à tous, la rançon de l’insurrection et du ressentiment. Nous chérissons la paix, certes…mais un article si précieux ne saurait se conquérir par la négligence, l’autisme ni la cécité.
L’interview du député Biram DahAbeid accordée à la plateforme TV Tooba depuis Paris. Au micro d’Ibrahim Diallo, le leader abolitionniste mauritanien revient sur plusieurs points sur la vie sociale et politique du pays.
Paris, la ville-lumière s’apprête à accueillir une cérémonie de présentation du livre biographique sur l’homme politique et défenseur des droits humains mauritanien, président d’Ira-Mauritanie, Biram Dah Abeid. La journaliste Équatorienne TaniaTinoco, engagée universelle pour les droits de l’Homme, avait rencontré et interviewé le député à Mexico-City (début 2019). Le député activiste a été fraîchement élu à l’assemblée nationale de son pays du fin fond d’une prison insalubre. Impressionnée par le parcours et la trajectoire de l’homme, Tani Tinoco vînt en Mauritanie, suivre le candidat Biram Dah Abeid au cours sa campagne vigoureuse pendant les élections présidentielles de juin 2019. Depuis lors, la journaliste et adepte des droits des personnes, a planché sur une biographie du prisonnier politique le plus incarcéré en Mauritanie. Le leader abolitionniste est un inamovible challenger des militaires aux deux dernières élections présidentielles (2014 et 2019) . Madame Tinoco a déjà publié la version de son œuvre en Espagnol et en Anglais et, le 7 octobre 2021 à Paris, c’est la version française du livre qui a pour titre « Biram Dah Abeid et le Pacte de la Renaissance » qui est à l’honneur.
✓La cérémonie aura lieu à partir de 19H30 de Paris à l’adresse suivante :
• Amphithéâtre Pierre Henri Titgen Université de Paris 1 – Panthéon Sorbonne
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