● Déclaration à la presse : L’avertissement | Par l’honorable député BDA

Le 04 décembre, à Nouakchott, le Tribunal (ad hoc) de répression des crimes économiques, rend son verdict de première instance, au terme de 11 mois de procès contradictoire et public. L’ex-président, le général Mohamed ould Abdel Aziz écope de 5 années de réclusion ferme, de la perte des droits civiques, d’une amende de 50 millions d’ouguiyas nouvelles (1 250 000 euros) et de la confiscation de ses biens mal acquis, selon les infractions retenues, à savoir « blanchiment » et « enrichissement illicite ». La Cour s’est abstenue de suivre les réquisitions de 20 années d’emprisonnement, telles que formulées par le ministère public, avant les plaidoiries ultimes de la défense. Ould Abdel Aziz est lavé de 8 motifs d’inculpation, tous relevant de la délinquance de droit commun, notamment les malversations financières et l’impéritie.

A l’exception de son gendre Mohamed Ould Msaboue qui subit le même registre de sanction, les autres coaccusés – 2 anciens chefs de gouvernement, des hauts fonctionnaires et une poignée de comparses, commerçants et trafiquants d’influence – recouvrent la liberté. De l’acquittement au sursis, ils sortent indemnes de la dynamique de réparation. Dieu merci, nulle peine d’affliction ou d’infamie ne fut prononcée, malgré les prescriptions de la Charia en matière d’infraction relatives à la violation de la propriété.

Comme s’y attendait l’opinion avisée, les magistrats privilégient, ici, une décision politique, pour ravaler la façade du bloc dominant, à la veille de l’élection de 2024. Le jugement met, hors-compétition, Mohamed Ould Abdel Aziz, le fameux « président des pauvres », hier adulé comme un messie, aujourd’hui renié, maudit et en proie à l’accablement. Il tient de l’évidence que les députés à l’initiative de la Commission d’enquête parlementaire sous la précédente législature, encourageaient la dépendance prévisible du juge envers l’Exécutif. A titre d’exemple guère exhaustif, ils exceptèrent, du champ de l’investigation, les marchés forts douteux de l’instance en charge de l’état-civil, un potentiel d’escroquerie qui remonte à 2012. A équidistance de l’impunité et des apparences de la vertu, le tribunal vient de conforter la raison du plus fort.

Depuis 1978, les régimes militaires et leurs avatars civils prospèrent et se reproduisent sur le mode de l’inceste, grâce à cet équilibre artificiel où les faux semblants se substituent à l’Etat de droit. La structure ethno-tribale du pouvoir consacre la conjugaison de la fraude, de l’affichage indu et de l’occultation. Un pillard n’y craint que le revers de fortune inhérent à l’instabilité des alliances et aux accès de délire putschiste. En revanche, les milliers de concitoyens d’ascendance subsaharienne, surtout des descendants d’esclaves, hantent l’univers carcéral, souvent oubliés de la loi. Anonymes, privés de la protection des clans détenteurs d’influence, certains enfantent et meurent, là, sans avoir comparu. La justice de la République islamique de Mauritanie dysfonctionne ainsi, entre préférences subjectives, cécité et habitude du fait accompli. Sa main lourde frappe inégalement.
Les rescapés de l’épuration ethnique de 1986 à 1991 et les et ayant-droit des victimes l’expérimentent, chaque jour, à leurs dépens.

Cependant, il y a lieu de le souligner et de s’en féliciter, nos dirigeant ne se sentiront plus jamais au-dessus de l’obligation morale de rendre. Oui, rendre des comptes devient, à présent, un impératif au centre de la dynamique de l’alternance. Maintenant, l’immunité cesse quand le prince du moment n’exerce plus l’autorité que lui confère le suffrage universel, certes sous réserve des baïonnettes. En comparaison de l’espace afro-arabe, la Mauritanie s’offre, en dépit des insuffisances précitées, une avancée de taille sur la voie de la transparence et de l’équité. Nous nous en félicitons. L’occasion impose, au Président de la République, d’agir avec davantage de vigueur, contre la poursuite du recyclage des prédateurs nationaux. Ils continuent de sévir, au cœur de l’appareil d’Etat et à l’étranger, tant et si bien que le pays traîne, désormais, une réputation de laboratoire de la criminalité en col blanc.

Dans l’attente de l’évolution du dossier vers une décision d’ultime ressort puis de cassation éventuelle, les militants et élus que je représente s’en tiennent à un commentaire de prudence et de retenue. Par sens de l’honneur et devoir d’empathie à l’endroit de puissants soudain évincés, aucun d’entre nous ne souhaite accabler le prévenu, dont la hargne, faut-il le rappeler, nous aura valu tant de souffrances, de tortures, de mépris et d’humiliation.

Député Biram Dah Abeid
Paris, le 05 décembre 2023

● En Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz condamné à 5 ans de prison

Jeune Afrique – Le verdict dans « l’affaire Aziz » était très attendu en Mauritanie depuis plusieurs jours. Le 4 décembre, le juge de la Cour criminelle chargée des crimes de corruption a finalement condamné l’ancien président Mohamed Ould Abdelaziz, 66 ans, à 5 ans de prison, ainsi qu’à la confiscation de ses biens et à une peine d’inéligibilité pour enrichissement illicite et blanchiment.

Ses deux anciens Premiers ministres Mohamed Salem Ould Béchir et Yahya Ould Hademine, ainsi que son ancien ministre du Pétrole Taleb Ould Abdi Vall, ont quant à eux été relaxés. Ses huit co-accusés dont son gendre, Mohamed Ould Msabou, ont écopé de peines avec sursis, ainsi que de la confiscation de leurs biens et de leurs droits civiques.

Contre toute attente, le magistrat n’a donc pas suivi les réquisitions du procureur qui, le 24 octobre, avait réclamé une peine de 20 ans de réclusion contre celui qui est devenu, au fil des mois, l’accusé numéro un. Ses anciens ministres risquaient quant à eux dix ans de détention.

Actuellement gardé dans un appartement de Nouakchott, Mohamed Ould Abdelaziz a déjà été incarcéré près de dix-huit mois. Ses avocats vont faire appel de cette décision.

Le va-tout de Aziz

Le « procès de la décennie » s’est ouvert le 25 janvier à Nouakchott contre Mohamed Ould Abdelaziz (au pouvoir de 2009 à 2019) pour, entre autres, corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics, octroi d’avantages indus et obstruction au déroulement de la justice. Il est en effet accusé d’avoir amassé une fortune considérable estimée, d’après les conclusions de l’enquête, à 90 millions de dollars.

L’ancien chef de l’État a toujours dit que ce chiffre avait été exagéré, assurant avoir déclaré son patrimoine lors de son arrivée et de son départ de la présidence. Il a d’ailleurs nié jusqu’au bout les accusations portées contre lui et dénoncé un complot visant à l’empêcher de continuer à faire de la politique. De son côté, la partie adverse n’a cessé de marteler que toutes les preuves de sa culpabilité sont réunies et qu’il ne pouvait se prévaloir de l’article 93 de la Constitution lui garantissant l’immunité présidentielle – un argument qui a longtemps concentré les débats.

Le 27 novembre, lors de sa dernière intervention à la barre, il a joué son va-tout en mettant directement en cause le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Aziz a en effet assuré que l’argent qu’il est suspecté d’avoir détourné provient en réalité de deux dons en espèces d’un total de 11 millions d’euros que lui aurait fait son successeur, et qui constituerait un reliquat du financement de la campagne présidentielle de 2019.

Il a ajouté que l’actuel dirigeant lui aurait également donné 50 voitures, faisant partie d’un lot de 100, commandé durant la même période mais arrivé trop tard. « Le président n’a eu aucun rapport, ni de près ni de loin, avec l’argent pendant la campagne, laquelle a été gérée par Ould Abdelaziz et un groupe autour de lui, balaie catégoriquement un proche de Ghazouani. D’ailleurs à la fin, elle était déficitaire, et cela avait été officiellement dit. »

Pression sur la présidentielle

Ses soutiens à l’étranger ont tenté de faire monter la pression ces derniers jours. Le capitaine de frégate Ahmed Hassena et le colonel Sidi Ely Ahmedou ont annoncé le 1er décembre depuis Las Palmas, en Espagne, la création d’un Front national pour le changement, ayant pour but de renverser l’actuel président s’il brigue un second mandat et n’accède pas à plusieurs de leurs revendications, comme la dissolution de l’Assemblée nationale. Ils ont également dénoncé « l’injustice » dont serait victime Mohamed Ould Abdelaziz.

Tous deux espèrent pouvoir transformer ce mouvement en parti et ainsi, peser sur la présidentielle de 2024. D’ici au scrutin, ils comptent mener, depuis la France cette fois, des campagnes de désobéissance civile. Mais à Nouakchott, leur initiative n’a pas rencontré beaucoup d’écho, aucun membre de l’actuel pouvoir n’ayant réagi.

Justine Spiegel

● Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=770437

● Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage: le Secrétaire général appelle à réparer les erreurs de l’histoire et à bâtir un monde débarrassé de cette « abomination »

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, à l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, célébrée le 2 décembre:

L’esclavage est à la fois une horreur historique et un scandale contemporain.

À l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, nous nous souvenons des victimes du passé, en particulier des millions d’Africaines et d’Africains qui ont été arrachés à leur terre, exploités, brutalisés ou tués pendant la traite transatlantique des esclaves. Nos pensées vont également aux 50 millions de personnes qui sont aujourd’hui prises au piège de l’esclavage moderne.

Les appels lancés pour s’attaquer aux effets persistants de l’esclavage et du colonialisme s’amplifient. Le monde doit y répondre. Quand il y a lieu, les pays doivent reconnaître la vérité, éduquer, présenter des excuses, verser des réparations. Les entreprises et autres acteurs devraient faire de même, en interrogeant leurs propres liens avec l’esclavage et en envisageant des réparations.

Il nous faut également agir beaucoup plus rapidement pour mettre fin à ce terrible crime aujourd’hui. Les pays doivent légiférer, protéger les droits des victimes, éliminer les pratiques et les conditions qui permettent à l’esclavage moderne de prospérer, qu’il s’agisse de la traite, de la servitude pour dettes ou de la marginalisation économique. Les entreprises doivent là aussi jouer leur rôle, en veillant à ce que leurs pratiques commerciales respectent les droits humains de toutes et tous.

Ensemble, réparons les erreurs de l’histoire et bâtissons un monde débarrassé de cette abomination qu’est l’esclavage.

●Lien média https://press.un.org/fr/2023/sgsm22059.doc.htm

● Communiqué de remerciement de l’ARDJE

Paris le 27 novembre 2023

L’association des ressortissants de diogountouro pour la justice et l’égalité (ARDJE), domiciliée à Epinay-sur-Seine en France, remercie les militantes et militants des droits de l’Homme d’être venus massivement ce dimanche 26 novembre 2023 à la Place de République pour dénoncer l’immixtion du député mauritanien Sidiney Sokhana (le féodal et l’esclavagiste soninké) dans l’arrestation et la détention arbitraire de nos frères et amis à la maison d’arrêt de Selibaby. Monsieur le député Sidiney Sokhana, a été cité nommément par Issa Komé Dramé de Diogountouro dans un audio accidentel ; le contenu de cet audio est entre les mains de la justice.
Nous remercions également le député français de la Seine-Saint-Denis, Eric COQUEREL et sa coordinatrice d’être venus joindre à nous à ce sit-in à la place de la République. L’ARDJE a exposé le cas de Sidiney Sokhana aux députés français de l’opposition. Comme en témoigne la présence de Monsieur COQUEREL, député de la France-insoumise lors de notre sit-in du 26 novembre 2023.
Par ailleurs, l’ARDJE réaffirme son attachement au principe de la séparation des pouvoirs en République islamique de Mauritanie et au respect de l’indépendance de la justice, à l’impartialité des magistrats et à la présomption d’innocence. La présomption d’innocence est un principe directeur de la procédure pénale en droit mauritanien. Enfin, l’ARDJE remercie tous les militants et sympathisants de GAMBANAXU d’être venus massivement à ce sit-in du 26 novembre 2023. Le combat pour la justice et l’égalité continue pour toujours.

Bureau exécutif de l’ARDJE

● Mauritanie : 2 anciens officiers militaires veulent « renverser » le président Ghazouani [Alakhbar]

ALAKHBAR (Nouakchott) – Un ancien commandant de la marine mauritanienne du nom de Ahmed Ould Hasna, a annoncé, jeudi, dans un communique filmé, la création d’un Front pour le Changement, avec comme objectif de « renverser le régime du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. »

Le communiqué a été signé par le médecin colonel à la retraite Sidi Ali Ould Bakar et lu par Ould Hasna.

La vidéo présente également deux autres individus en uniforme des forces armées mauritaniennes, portant des cagoules.

● Lien média https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0ADdT5bKdwM7vYkn9JHMBCrxSmCfWNBtm76JRsAvDDRVZ6jiuewrznLz8X9vov9rcl&id=100084897216595

● Mauritanie : arrestation de présumés convertis au christianisme

Alakhbar – La police de la République Islamique de Mauritanie a arrêté trois individus à Sélibabi (Guidimakha -Sud), soupçonnés de s’être convertis au christianisme et de propager cette foi, a appris Alakhbar, jeudi, de source locale.

La source a ajouté que la Police est à la recherche d’autres personnes impliquées. Les arrestations font suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des personnes participant à un baptême selon les rites chrétiens.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=770357

● Allocution du député Biram Dah Abeid, président d’IRA, à la commémoration des martyrs de l’armée mauritanienne, le 27-28 novembre à Bruxelles.



27,28 : Deuil et faillite économique et morale

Hier, le 27 novembre 2023, lors d’une audience de son procès, l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, fait usage du droit à la contradiction. A sa propre initiative, devant l’assistance, il reconnaît avoir reçu, de son successeur, en août 2019, des millions de dollars et d’euros en liquide et 50 véhicules neufs soulignant qu’il s’agit d’une partie du reliquat de la campagne électorale de la même année, au terme de laquelle Mohamed Ould Cheikh Ghazouani accédait à la magistrature suprême.
D’emblée, les déclarations du susdit comportent quelques enseignements et suscitent des observations, à la fois d’ordre empirique et moral :
1. L’opacité du financement du parti Upr, devenu Insaf est désormais établie, hors de la moindre ambiguïté.
2. Les faits allégués relèvent du crime économique et appellent une enquête, distincte de la procédure en cours. Après 45 ans de règne de la concussion et de la prévarication, l’occasion s’offre ainsi, à la justice, de redorer son blason, ô combien terni.
3. Le caractère tardif des révélations laisse transparaître une volonté manifeste de règlement de comptes, dans le cadre de la lutte de préséance entre l’ex-Chef de l’Etat et l’actuel.
4. Longuement, à la faveur d’un monologue interminable, l’ex-chef de l’Etat Mauritanien s’est livré au décompte de ses « réalisations » avec une insistance sur la réorganisation et la modernisation des forces armées, comme s’il cherchait à stimuler-entretenir la tentation d’un nouveau putsch.
5. La gouvernance militaire de la République islamique de Mauritanie correspond, loin de l’exagération et de la surenchère, à une entreprise de prédation, relevant du modèle classique de privatisation du profit et de socialisation des pertes. Les tribus et les clans restent les acteurs et bénéficiaires exclusifs du pillage.
6. A la veille de la commémoration de la fête de l’Indépendance, au demeurant endeuillée par la tuerie raciste d’Inal (27 novembre 1990), il ressort que la restauration de la concorde entre nos compatriotes requiert un débat ouvert et inclusif quant à l’urgence de refonder le vivre-ensemble, sur des bases de transparence de la gestion publique, de vérité et de réparation. Derrière les violations massives de la dignité de la personne, prospère, en réalité, une industrie du détournement et de la fraude ; les Mauritaniens en ont été constamment distraits.
7. Les Mauritaniens vont devoir donner raison à une certaine opposition et lui demander pardon, elle qui dénonce de tels agissements, depuis des décennies, sans parvenir à en produire la preuve. L’aveu de Mohamed Ould Abdel Aziz vient combler la faille, enfin. Il appartient, à l’opinion, de se livrer à l’examen rétrospectif : qui a volé, torturé, déporté, tué et s’en trouve toujours récompensé ?
8. La corruption au sein de l’appareil d’Etat constitue un pilier structurant de l’exercice du pouvoir politique en Mauritanie. La pratique atteint un niveau de banalisation tel qu’une épuration s’impose, sous peine de voir le pays se disloquer, à l’image de la Somalie de Siad Barre.
9. Compte tenu de ce qui précède, il serait extrêmement préjudiciable, à l’avenir de l’Etat de droit, que les actes délictuels de l’ancien Président et ses complices inclus ou en dehors de la procédure judiciaire actuelle, ainsi que de grands escrocs, habillés en hommes d’affaire, arnaquants l’Etat et corrompants les hauts fonctionnaires, soient couverts, un jour, par leurs soustraction à la loi, l’impunité ou autre mesure d’amnistie ou de grâce. Le moment d’en finir avec l’impunité multidimensionnelle n’a que trop tardé.

Biram Dah Abeid
Bruxelles, 28 novembre 2023.

● Jemal Ould Yessa « Boubacar Messaoud, La réhabilitation tardive d’un symbole »

Crédit photo Radio Mauritanie

Le 28 novembre 2023, la cérémonie de remise des décorations par le Président de la République vient clore un long cycle de mépris et de violence à l’endroit des militants de la lutte contre l’impunité et les discriminations en Mauritanie.

Boubacar Ould Messaoud, longtemps persécuté, condamné en 1998 à 16 mois de prison, affamé, marginalisé et désigné à la vindicte publique durant les années de dictature de Ould Taya, est enfin reconnu, distingué, honoré et ce n’est pas trop tôt. Même vieux et malade, Boubacar sort aujourd’hui de l’épreuve, la tête haute, en digne précurseur de l’autre Mauritanie, celle de demain, définitivement émancipée des inégalités de naissance. SOS Esclaves, son associations pionnière mène désormais ses activités, en collaboration avec le Commissariat aux droits de l’Homme, une évolution que nul n’aurait pressentie, quelques années avant.

Hier accusé de servir l’agenda d’un imaginaire complot des juifs et des chrétiens, le voici savourant, non sans dignité, sa douce et tranquille revanche sur les cuistres et les tartuffes de l’ère Prds. D’autres compatriotes, injustement marginalisés, méritent un traitement similaire, en hommage à leur courage, quand il fallait applaudir et ramper pour manger et grapiller les menues faveurs du tyran.

Tout le mérite revient au Chef de l’Etat, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Aucun de ses prédécesseurs ne s’était risqué, jusqu’ici, à admettre l’évidence de la faute ni l’urgence de la devoir corriger. A présent, c’est fait et tant mieux, n’en déplaise aux chauvins !

Jemal Ould Yessa

● Lien média https://www.chezvlane.com/Jemal-Ould-Yessa-Boubacar-Messaoud-La-rehabilitation-tardive-d-un-symbole_a32524.html

● Des députés mauritaniens refusent de se lever pour la prière des soldats tués le 28 novembre 1990

Senalioune – Dans une scène chargée d’émotion à l’Assemblée nationale de Mauritanie ce 25 novembre 2023, le député Ibrahim Moctar Sarr a pris la parole pour évoquer les années sombres passé de la nation et en particulier la date du 28 novembre.

Cette date rappelle un événement tragique où 28 soldats negro-mauritaniens ont été pendus sous le régime de l’ancien président Maouiya Ould Sid Ahmed Taya. Le discours du député Sarr a été marqué par un appel à la prière et au respect envers les défunts, mais malheureusement, les députés de la majorité ont refusé de se lever, suscitant ainsi une vive controverse dans un pays qui se revendique musulman.

Cette scène à l’Assemblée nationale a rapidement fait le tour des médias et des réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation parmi les citoyens mauritaniens.

De nombreux internautes ont exprimé leur déception et leur colère face à cette attitude des députés de la majorité. Certains ont souligné que cet événement mettait en évidence l’importance de l’éducation et de la sensibilisation pour construire une société plus juste et respectueuse de tous.

Les réactions à l’intervention du député Sarr et au refus des députés de la majorité de se lever ont ouvert un débat crucial sur la nécessité de faire face au passé douloureux de la Mauritanie et d’œuvrer pour la réconciliation et la justice.

Beaucoup estiment que reconnaître les erreurs commises par le passé et rendre hommage aux victimes est essentiel pour guérir les plaies encore ouvertes de la nation.

Par Moudo Dieng

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=770209&fbclid=IwAR0sP6UiwMfFdqnQhsdZDpFgsO9JTWEQAWc60R5nROGMP_o139133DZpQY4

● Découvrez les 5 finalistes africains des 175 candidatures, issues d’une vingtaine de pays, du concours Med’Innovant Africa 2023

En choisissant comme thématique phare la lutte contre le changement climatique, la 4e édition de MED’INNOVANT AFRICA a suscité l’intérêt des entrepreneurs et innovateurs africains : entre le 1er juillet et le 31 août 2023, ce sont au total 175 candidatures de startups et PME installées dans une vingtaine de pays africains, qui ont été réceptionnées par les responsables du concours de l’Etablissement Public d’Aménagement Euroméditerranée (EPAEM), à Marseille (France).

L’objectif ? Repérer et accompagner les développeurs de solutions innovantes qui rendront, demain, les villes méditerranéennes et africaines plus durables. Cette année, la majorité des projets concerne le développement durable et l’économie sociale et solidaire.

MED’INNOVANT AFRICA,
le concours pour les villes de demain

Particulièrement dynamique, la scène de la tech africaine poursuit son développement et attire de plus en plus l’attention des acteurs internationaux de l’innovation. Parmi les secteurs qui voient naître et croître de nombreuses startups africaines ces dernières années, celui de la ville fait partie des plus dynamiques. Engagé dans une démarche d’innovation et d’ouverture vers le continent africain,∫

Pour cette IVe édition, les projets présentés devaient s’inscrire prioritairement dans l’un des domaines suivants :
● Innover en matière d’énergie face au changement climatique
● Optimiser la gestion de la ressource en eau
● Favoriser le réemploi de matériaux
● Encourager les mobilités douces.
Ainsi, l’aménageur poursuit son sourcing de porteurs de projets capables de développer des solutions adaptées aux territoires africains et méditerranéens.

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Les finalistes auditionnés à l’occasion
d’Emerging Valley, les 27 et 28 novembre 2023

Pour cette IVe édition, 5 talentueuses entreprises africaines ont retenu l’attention du jury, composé de plusieurs partenaires d’Euroméditerranée :

BIOHEAT : cette startup tunisienne transforme les grignons d’olives en un combustible écologique, produisant moins de CO2 que le bois tout en offrant une haute performance calorifique. Dirigeant : Yassine KHELIFI

ECOPLAST INNOV : présente en Côte d’Ivoire, la startup Ecoplast Innov transforme les déchets plastiques et les pneus usagés en matériaux de construction et de revêtements pour l’intérieur et l’extérieur. Les pavés et les plaques décoratives sont 100 % recyclables.
Elle s’occupe également de la sensibilisation, de l’enlèvement, du tri, du recyclage et réalise des services d’accompagnement aux entreprises. Fondatrice : N’da Amenan Edith KOUASSI

HABIDEM : entreprise mauritanienne, Habidem valorise des ressources locales en créant un isolant thermique biosourcé à partir du Typha, une plante nuisible. Dirigeant : Oumar WELE.

SASA PLAST : l’entreprise Sasa Plast, fondée en Mauritanie, transforme les déchets plastiques en pavés de rue, parpaings et bordures pour la construction. En plus de contribuer à la protection de l’environnement, l’entreprise soutient l’indépendance économique des femmes grâce à l’emploi. Fondateur : Cheikhna COULIBALY.

VIABLE WAYS CORP : fondée au Maroc, cette startup a mis au point une solution technologique pour améliorer la gestion des exploitations agricoles. Grâce à une application web et mobile, l’utilisateur peut gérer en temps réel les ressources ainsi que l’irrigation. Elle offre également des prévisions météorologiques et des actions préventives permettant d’optimiser la gestion de la ressource en eau. Fondateur : Yahya LOUGAGHI.

Les 5 finalistes sont invités à pitcher les 27 et 28 novembre 2023, durant le Sommet Emerging Valley à The Camp à Aix-en-Provence, près de Marseille. Ce rendez-vous, qui réunit les leaders de la Tech Afrique-Europe, sera une occasion unique pour ces porteurs de projets de renforcer leur visibilité et tisser des partenariats internationaux.

Le jury désignera ensuite deux lauréats lors de la cérémonie de remise des prix : « Le prix du jury » et « Le prix coup de cœur ». Tous deux bénéficieront d’un soutien financier pouvant aller jusqu’à 7 000 euros, et d’un accompagnement personnalisé de l’écosystème entrepreneurial local, afin de les aider à trouver des investisseurs et partenaires industriels en Europe et en Afrique.

● CHIFFRES CLÉS DE MED’INNOVANT 2023

> 175 dossiers déposés sur la plateforme

> 32 % de candidatures d’entrepreneures féminines

> Une vingtaine de pays africains représentés, avec une nette augmentation des candidatures en provenance d’Afrique de l’Est.

À propos d’Euroméditerranée – Depuis 1995, l’Établissement Public d’Aménagement Euroméditerranée (EPAEM) conçoit, développe et construit la ville méditerranéenne durable au cœur de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Labellisé ÉcoCité » depuis 2009, le périmètre d’intervention d’Euroméditerranée de 480 ha à Marseille constitue un véritable laboratoire d’expérimentation pour tester les solutions, services et dispositifs innovants qui feront partie intégrante de la ville de demain.

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● Lien média https://www.africapresse.paris/Decouvrez-les-5-finalistes-africains-des-175-candidatures-issues-d-une