Élément Rétro | ARMEPES (Mauritanie) en france : Conférence sur l’islam, rites et traditions

• La Mauritanie- est-elle aux antipodes de la déclaration des droits de l’homme ?

L’association des ressortissants mauritaniens pour l’Eradication de la pratique de l’Esclavage et ses séquelles (ARMEPES) a organisé le 22 octobre 2011, une conférence sur le thème Islam, rites et traditions en Mauritanie présentée par Oustaz Abdallah. Elle a eu lieu, à 3 rue du château d’eau 75010 (bourse de travail : place de la république (France). L’objectif de la conférence est d’éclairer l’opinion sur l’amalgame qui existe entre Islam et traditions.

Les activités de l’ARMEPES s’inscrivent dans la dynamique de la déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 qui, dans son article premier stipule: « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns vers les autres dans un esprit de fraternité ».
Dans la même perspective, la Mauritanie a aboli en 1981 la pratique de l’esclavage avec le comité militaire de salut national sous la présidence du M. Mohamed Ould Khouna Ould haidallah. L’ordonnance n°81-234 du 9 novembre portant sur l’abolition de l’esclave interdit « l’esclavage sous toutes ses formes » en Mauritanie. La même ordonnance stipule dans son article 3 que les ayants « droits auront droits à une compensation ».
Malgré ces lois et la ratification de la déclaration universelle de droits de l’homme par le pays, l’esclavage continue d’exister en mauritanie.

Depuis 1981, les idéologies qui se succèdent se ressemblent à l’égard de cette question (esclavage), de cette « honte » qu’aujourd’hui, l’on refuse de traiter convenablement. La politique comme un pouvoir de domination n’épargne guère des innocents, elle est devenue en mauritanie comme une suite logique selon les conventions sociales traditionnelles.


Les traditions, l’islam et les pactes servant les intérêts personnels se mêlent sans apporter une véritable paix durable dans le pays.


En 2007, sous la présidence du premier président civil de l’histoire de la Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, alors les autorités niaient cette pratique, une loi portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes a été voté par le sénat et l’assemblée générale.


Depuis des mesures de suivie n’ont jamais été mises en place et les organisations de droits de l’homme continuent de dénoncer les pratiques esclavagistes présentées sous d’autres formes et cieux.


Les méthodes utilisées pour maintenir cette « culture » esclavagiste installée et légalisée sous certaines formes et prétextes sont l’objet des nombreuses critiques.


Les militants des droits de l’homme dont l’IRA (initiative des résurgences du mouvement abolitionnisme) présidé par Biram Ould Abeid, ARMEPES, ACF, sos ESCLAVE ont été l’objet de nombreuses attaques ces derniers temps pour avoir dénoncés selon L’IRA des esclavagistes.

A l’occasion de la célébration de la journée internationale de l’esclavage, l’organisation « IRA » estime le nombre des esclaves en Mauritanie à plus de 600.000 personnes.


Que dire si les autorités mauritaniennes continuent de nier l’existence de ce phénomène et de ne vouloir parler que des séquelles de l’esclavage !!! Parler des séquelles suppose que la pratique a disparu. Est-ce vraiment le cas ?



Samba D.Fofana


correspondant de soninkara.com

©️ Source via http://www.soninkara.com/informations/actualites/armepesmauritanieen-france-conference-sur-lislam-rites-et-traditions.html

● Mohamadou Sylla, interdit de séjour en Mauritanie pour avoir soutenu le mouvement Ganbanaxu | Par le Journaliste Baliou Coulibaly

• Mr Sylla à gauche ici avec le président Gaye Traoré (Nioro 25 octobre 2021)



Le nommé Mohamadou Sylla originaire du village de Jaara dans le département de Nioro du Sahel est l’objet de plusieurs menaces de mort depuis 2019 de la part des lobbies féodaux de Modibougou dirigés par le chef du village Hamady Diawara .
Le seul tort de Mahamadou Sylla est d’avoir osé denoncer les pratiques esclavagistes et soutenir ouvertement le mouvement d’émancipation Ganbanaxu alors qu’il n’est pas extraction dite servile.
Mohamadou Sylla a échappé de justesse à l’assassinat de Dianjoume, à 18 km de Modibougou au cours duquel 4 personnes ont été lâchement abattues.
Depuis lors les lobbies féodaux continuent de harceler Monsieur Sylla. Ils ont réussi à influencer les services de la gendarmerie de Modibougou pour l’interdire de séjourner dans la ville de Midobougou où il dispose de plusieures attaches sociales.
La dernière fois M Sylla a été interpelé manu militari sur ordre du chef de village menottés et expulsé de la Mauritanie .
M Sylla lance un appel aux hautes autorités Mauritaniennes pour qu’il puisse jouir librement de son droit fondamental de déplacement et de circulation en Mauritanie.

✓Pétition pour la Restitution des restes du résistant Mouhamadou Lamine Darame | Par Dr Yaya SY

Bonjour chers tous,
Courant 2010 un groupe d’amis a lancé l’idée d’une Pétition Internationale pour la Restitution des Restes de Mouhamadou Lamine Darame, de son fils Mahadi Darame, de sa bibliothèque, de son cachet, de ses armes et ses habits.
De 2012, date de retrait de la Pétition du Net (avec 4320 signatures à l’époque), à 2015, le Mali avait connu une période d’insécurité connue de tous. Nous n’avions alors pas jugé opportun de lancer notre demande.
En janvier 2015, nous avions jugé la situation relativement plus calme et avions déposé notre demande auprès du Président de la République du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).
-De février 2015, où le dossier avait été déposé, jusqu’à la destitution du Président IBK le 18 octobre 2018 nous n’avons pas reçu de réponse à notre requête malgré notre relance du Président en juin 2015.
Depuis 2018, les relations entre le Mali et la France sont devenues plus délicates. Alors que faire ?
Nous avons estimé que rendre les restes humains est prioritaire par rapport à toute restitution d’objets culturels dont nous ne minimisons pas pour autant l’importance. C’est pourquoi vous devez
nous rejoindre afin de poursuivre notre demande et y trouver ensemble une solution adaptée.
Soutenez le Projet de relance de la Pétition Internationale et nous vous fournirons tous les documents avec le détail de toutes les démarches et correspondances auprès des autorités
maliennes et françaises.
Dites : « Je soutiens la Pétition » et je vous enverrai le dossier complet dans quelques jours.
Prenez contact avec Yaya SY Coordinateur de la Pétition Internationale Pour la Restitution (M. Yaya SY).
Encore merci, nous avons besoin de votre soutien pour faire aboutir le Projet.


Le Marin MARTINIQUE le 22 août 2022


Yaya SY Coordinateur.

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● Déclaration de la Coordination des Associations culturelles pulaar, sooninke et wolof : A propos de la loi d’orientation de l’éducation nationale

L’Assemblée Nationale vient d’adopter la loi d’orientation de l’éducation nationale. Sur invitation du ministre de l’Education Nationale et de la Réforme du Système Éducatif, la Coordination des Associations culturelles pulaar, sooninke et wolof (CAC) avait participé activement aux assises régionales et nationales à propos de la concertation sur la réforme de l’enseignement.

Cette participation avait permis d’exhumer les travaux de l’ex Institut des Langues Nationales (ILN) et convaincu la majorité des participants de la nécessité de réintroduire les langues nationales pulaar, sooninke et wolof dans le Système éducatif national.

Par la suite, les différentes rencontres et correspondances échangées avec le ministre et les amendements proposés par la CAC à chaque étape du processus de rédaction de la loi, dont certains ont été retenus (article 7 relatif aux missions de l’école, Article 55 relatif à l’enseignement des adultes, certains alinéas de l’article 65 par exemple) ont permis de contribuer à son amélioration.

Ainsi, la Coordination des trois associations, au-delà des insuffisances et ambiguïtés que renferme cette loi, tout en regrettant la non prise en compte par le Parlement de certains amendements dans le texte final, considère que l’une de ses deux (2) principales revendications a été satisfaite, à savoir la réintroduction des langues nationales pulaar, sooninke et wolof dans le Système éducatif national, en tant que langues d’enseignement et de communication en plus de la création d’une « structure chargée de piloter la promotion et la mise en œuvre de l’enseignement de ces langues nationales ».

La CAC, tout en réaffirmant sa disponibilité à accompagner le processus selon ses moyens, invite le pouvoir à engager les moyens humains, matériels et financiers nécessaires, et l’ensemble des acteurs à apporter leur appui pour la réussite de cette orientation.

La CAC demande à l’ensemble des acteurs concernés par ce Projet, les Associations culturelles en premier, à poursuivre avec détermination leurs luttes afin de faire aboutir les autres revendications, en particulier l’officialisation des langues pulaar, sooninke et wolof.

Nouakchott, le 8 août 2022

La Coordination des associations culturelles

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🟣Tournoi Foot Ganbanaaxu France Édition 2️⃣ 2022 | L’équipe de Tuabou remporte le titre



Débutée mi-juillet, cette compétition conviviale et fraternelle organisée par Armepes-France et ses partenaires du mouvement droit-de-lhommiste Ganbanaaxu Fedde, a été clôturée ce dimanche 7 août 2022.
L’événement sportif est à sa deuxième édition après celle de 2021, avec 20 villages participants.
La finale a opposé l’équipe de Tuabou (Sénégal) à l’équipe de Diogountouro (Mauritanie). Ainsi à l’issue d’une belle rencontre, le village de Tuabou est sacré champion 2022 avec un score de 1 – 0. Il succède à l’équipe de Diaguily-Memouké qui avait remporté la première édition du Tournoi Ganbanaaxu Fedde France.

Les différents rendez-vous ont été un grand succès en matière de promotion de valeurs que porte l’engagement Ganbanaaxu Fedde. Faire vivre la Fraternité Réelle dans l’entente et la convivialité. L’occasion d’une grande sensibilisation contre l’esclavage par ascendance et le système féodal et discriminatoire des castes qui sévissent affreusement au sein du corps communautaire soninké.

Tout au long de la journée, un vibrant et émotionnel hommage a été clamé à la Digne Mémoire de nombreuses victimes de cet esclavage coutumier dans les localités Soninkés dans nos pays d’origine en Afrique de l’ouest notamment (Mali, Mauritanie, Sénégal et Gambie). La dernière victime en date est notre tante et mère Diogou Sidibe du village de Lany Mody au Mali sauvagement assassinée (29-30 juillet). Elle défendait sa parcelle de terre cultivable que les clans féodalo-esclavagistes sur place voulaient l’en exproprier depuis quelques années parce que sa famille ne voulait plus se soumettre aux coutumes esclavagistes (laadalemaxu). Une brave femme de 71 ans qui est partie Libre et Digne.

Un grand MERCI à l’équipe organisatrice et à l’ensemble de villages participants.

Le Grand Vainqueur a été l’Idéal Humaniste porté par cet évènement sportif et citoyen.

Merci à TOUS.

✍️🏿KS pour le BLOG

🟥-Mali, à Lany | l’esclavage par ascendance tue!


J’ai échangé avec elle par téléphone il y’a à peine un mois accompagné de son fils à Kayes , le frère et camarade Lassine Konate . Elle prenait des soins suite à son agression par une dame issue de milieux féodalo-esclavagistes de son village Lany. De la tante martyre Diogou Sibibe portée disparue dans la journée d’hier 29 juillet 2022, aujourd’hui il ne reste que son corps mutilé, brûlé mis dans un sac et jeté dans les eaux en pleine brousse.

Elle a rejeté les coutumes esclavagistes dans son village, ils voulaient l’exproprier de sa parcelle de terre cultivable et aujourd’hui ils l’ont fait assassiner méthodiquement avec une lâcheté innommable. Elle quitte ce monde surtout ce monde #soninké dont les silences sont complices avec les extrémistes qui se croient encouragés à éradiquer celles et ceux qui refusent les pesanteurs malsaines d’un ordre sociétal inégalitaire et inique devenu criminel de plus en plus…

Une dame d’une soixantaine d’années sans défense, quelle lâcheté haineuse !

Mes condoléances fraternelles et militantes à toute sa famille à Lany et ailleurs. Au frère Lassana Konaté et ses frères, patience et retenue dans cette douleureuse épreuve.

Le président A. Lincoln disait « si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais »

✍🏾 KS pour le BLOG

✓Dafort hors réseaux | des questions aux opérateurs téléphoniques et à nous aussi !

D’abord je crois que nous ne faisons pas assez de lobbying utile pour promouvoir cette ville oui, Dafort est une ville aujourd’hui. Notre Commune dont Dafort est le chef-lieu mérite un statut administratif de département ou au moins d’arrondissement. Non, cette localité dans un espace géographique densément peuplé, est oubliée où se fait isoler administrativement par certains de ses fils qui ne veulent pas voir l’administration étatique (préfecture, brigade de gendarmerie ou arrondissement) s’installer pour tenir et servir les populations. Les motifs sont clairs, d’aucuns préfèrent la pérennité de la boiteuse et obscure gouvernance des relais traditionnels. Ainsi les services de premières nécessités (l’eau, l’électricité et téléphonie) font défaut avec acuité. Prenons notre zone à 35 kms à la ronde, on peut regrouper plusieurs localités (Sooninkés, Haratines et Peuls) comptant en tout plusieurs milliers d’âmes. Tel poids démographique doit attirer l’attention des pouvoirs publics si un vrai plaidoyer citoyen et sincère est mené par des personnes ressources compétentes choisies librement par les populations concernées.

Par les temps qui courent, les choses se font en rangs dispersés par intermittence avec beaucoup d’approximations. Les cris d’alarme sortent quand le Dur du vécu quotidien passe au stade du très Dur avec la détresse des populations très résilientes, à noter au passage. Si on avait une préfecture et son personnel administratif et sécuritaire en poste à Dafort, ces manquements multidimensionnels et notre détresse dans la situation actuelle ne dureraient pas longtemps sans véritables solutions. On dirait comme la substance imagée d’un adage soninké « Bagané na mini do selné baté » (le margouillat boirait avec la poule).

Par ce mot à l’occasion, je réitère ma modeste voix de plaidoyer à l’endroit des hautes autorités de notre pays en particulier vers le président de la République son excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, pour ériger Dafort en département pour une gestion administrative efficiente de proximité et fournir des infrastructures (château d’eau, puits, Groupes électrogènes, téléphonie) de qualité au bénéfice des populations.

Et la téléphonie, les trois opérateurs Mauritel, Mattel et Chinguitel sont censés fonctionnels mais c’est le Dur de chez Dur. Réseau quasiment inerte tout temps surtout quand il y a des précipitations en temps d’hivernage comme actuellement. Les antennes pointent dans le ciel mais en bas les téléphones ne répondent pas. On dirait un enclos désertique « volontairement » organisé pour faire galérer les populations. Les recharges de crédit d’appel et de connexion internet mobile vont fondre régulièrement en pure perte sans services rendus aux clients.

Aux hauts responsables de ces compagnies de téléphonie depuis Nouakchott, les populations de Dafort et d’ailleurs dans notre zone vous interpellent solennellement sur cette situation catastrophique. Nous voulons surtout comprendre où se situent les dysfonctionnements récurents liés au manque de réseau, matériels défaillants ou pratiques suspectes d’une forme de racket en coulisses en pigeonnant les populations…!?

Sous d’autres cieux dans le monde, le réseau mobile est supersonique au fond des mers et sous tunnel, à l’extérieur chez nous, ça brouille sans cesse et sans motifs explicatifs à mettre sous la plume.

Trop c’est trop !

✍🏾KS pour le BLOG.

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● OLAN | Communiqué sur l’Avant-projet de loi d’orientation de l’Éducation Nationale



Un document titré «Avant-projet de loi de l’Éducation Nationale» circule depuis quelques jours à travers les cercles sociaux mauritaniens. Il ferait état d’une première forme de la loi d’orientation qui, après amendements éventuels de la part du HCE (Haut Conseil de l’Éducation) et du conseil des ministres, sera prochainement soumis au vote à l’assemblée nationale.

Ce document établit donc, dans une forme détaillée, les dispositions de la loi en vue. La section 1 du chapitre 2 formule les articles traduisant la politique linguistique qui serait à l’œuvre dans le nouveau système éducatif. Citons l’article 65 :
« Pour offrir l’accès le plus facile, le plus efficace et le plus équitable au savoir, chaque enfant mauritanien sera enseigné dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale.
L’enseignement est dispensé en langue arabe à tous les niveaux d’éducation et de formation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés.
Les langues nationales Poular, Soninké et Wolof sont introduites, promues et développées à tous les niveaux d’éducation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés d’éducation et de formation, à la fois comme langues de communication et comme langues d’enseignement ; selon la langue maternelle et la demande exprimée pour chacune de ces langues.
Au niveau du fondamental, chaque enfant mauritanien effectue l’apprentissage des disciplines scientifiques dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale.
Tout enfant de langue maternelle arabe doit apprendre au moins l’une des trois langues nationales (Poular, Soninké et wolof). Le choix de cette langue est guidé par le contexte sociodémographique régional.
L’arabe est enseigné à tous les enfants dont elle n’est pas la langue maternelle comme langue de communication et comme langue d’enseignement.
Les modalités d’application de cet article seront fixées par voie réglementaire, dans le cadre d’une politique linguistique nationale. »

L’ambiguïté de cet article est frappante et son caractère équivoque appelle à la vigilance. Tout d’abord, comment serait-ce possible que « l’enseignement soit dispensé en langue arabe […] » de façon aussi absolue que l’article le présente et, en même temps, soit prétendu que « […] chaque enfant effectue l’apprentissage des disciplines scientifiques dans sa langue maternelle » ? Ces deux affirmations affichent, sinon une contradiction, au moins un conflit profond. En effet, de celles-ci, ne peut être conduite qu’une, et nous craignons de savoir laquelle.
De plus, comment se fait-il que le rôle attribué à la langue arabe soit si clairement et précisément énoncé, de façon à ce que celui-ci soit exempt de toute discordance interprétative, alors que le flou entoure la place réservée aux langues pulaar, sooninke et wolof ? Au passage, que veut dire la mention `promues, développées’ attribuée aux langues non arabes ?
Cet article est si fondamental et est censé encoder la part la plus sensible de la loi compte tenu de ses ressorts touchant la question de justice sociale, d’égalité citoyenne et du vivre ensemble. Il doit ainsi être clairement décliné sans ambiguïté aucune. Sa forme actuelle est tout simplement inadmissible ; techniquement indigne d’une loi, et fondamentalement inappropriée pour faire office d’un traitement égalitaire de la question des langues.

Ensuite, et ce point est un des plus urgents, il est mentionné dans l’annexe que les dispositions de l’articles 65, discuté ci-dessus, concernant le traitement des langues pulaar, sooninke et wolof sont conditionnées aux résultats d’une évaluation à l’issue d’une nouvelle expérimentation. Voici le passage concerné :
«La généralisation de l’enseignement des langues nationales interviendrait suite à une expérimentation conduite par la structure chargée de la promotion des langues nationales et sur la base d’une évaluation scientifique probante conduite par une expertise qualifiée»

Ainsi, le droit fondamental des enfants issus des communautés pulaar, sooninke et wolof d’apprendre dans leurs langues maternelles est conditionnel. Cette condition est problématique à bien des égards :
Comment peut-on conditionner un droit que l’on décide de reconnaître à un test technique ? Si un principe mis en avant dans la loi est que chaque enfant puisse apprendre dans sa langue maternelle, il n’y a alors aucune raison d’ajouter des motifs de refus et de retardement.
Si la procédure est, pour une raison cachée, de valider les langues sur la base des résultats qu’« elles obtiennent » à l’école, alors devra-t-on soumettre la langue arabe au même test car, étant un pied primordial de notre système éducatif actuel, elle serait impliquée, et ce suivant la logique déployée dans l’annexe, dans l’état critique de celui-ci, compte tenu des résultats catastrophiques observés année après année. Ces tests annuels du système actuel seraient-ils des raisons d’exclure l’arabe compte tenu des échecs permanents qui en ressortent ?
Ce test, comme condition de généralisation de l’enseignement dans les langues concernées, est par conséquent injustifié et inacceptable. D’autant plus qu’un tel test a déjà été accompli par les 20 ans d’expérimentation conduite par le défunt institut des langues nationales. Les résultats probants voulus ont été acquis selon des évaluations sérieuses, en particulier celle de l’UNESCO. Cela n’avait pas empêché l’institut de fermer et la généralisation n’a jamais eu lieu. Si l’on est réduit à évaluer des langues pour leur accorder un droit, il n’est donc pas besoin d’en refaire. Il suffirait juste de reprendre ces résultats déjà obtenus.

Pour toutes ces raisons, OLAN appelle aux mesures que voici :

1– Le chapitre des langues doit être revu et corrigé. Les mentions concernant les langues pulaar, sooninke et wolof doivent être aussi explicites que celles qui se rapportent à l’arabe. Plus important, elles ne doivent pas entrer dans des conflits logiques qui feraient que leurs applications respectives ne pourraient pas être possibles simultanément. De plus, l’égalité des langues doit clairement figurer dans le texte ; ce qui le purgera des mentions qui souhaitent coûte que coûte que la séparation des rôles soit claire entre, d’une part, la langue arabe et, d’autre part, les langues pulaar, sooninke et wolof. Ce traitement inégalitaire doit être corrigé sur le fond comme sur la forme. Les droits accordés doivent être les mêmes pour toutes les langues du pays et dans tous leurs aspects.


2– L’annexe n’a aucunement sa place dans le corps de cette loi. Les dispositions relatives à l’installation du nouveau système éducatif, relevant d’une question technique et du niveau d’investissement de l’État dans ce projet multidimensionnel, ne doivent en aucune manière constituer un baromètre éliminatoire du droit fondamental d’enseignement dans les langues dont doivent jouir leurs locuteurs. Dans un texte approprié à traiter cette question, les mentions de l’annexe concernant une nouvelle expérimentation doivent être corrigées. Aucune nouvelle expérimentation n’est à envisager. L’État doit se charger de l’installation de cet enseignement sur l’ensemble du territoire en même temps pour toutes les langues et sans aucune condition discriminatoire.


3– Enfin, Olan déplore l’absence totale de la question relative à l’officialisation des langues et exige que celle-ci soit intégrée dans les prochaines versions du projet de loi.

Nouakchott, le 12 juillet 2022

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✓Ganbanaaxu ou l’émergence d’une assise sociale ingénieuse, gage de solidité fraternelle et communautaire à long terme | O FISO RIM 2023 O Ganbana !



Aujourd’hui dans une certaine opinion publique, le label communicationnel via divers supports que véhicule le concept Ganbanaaxu Fedde, s’inscrit et s’accroche à l’engagement contre l’esclavage par ascendance chez les Soninkés. C’est ainsi l’élan initial enclenché par une dynamique de prise de parole subversive et décomplexée face à un statu quo sociétal et traditionnel intrinsèquement inégalitaire. Une charpente sociale tissée de diverses hiérarchies qui assignent les uns et les autres par un étiquetage statutaire inné. Les honneurs s’héritent en vase clos et les indignités sont aussi attribuées dans le même régime coutumier hermétique. Le tout se structure et se perpétue à travers clans alliés et identités nominales. Les noms de familles en fonction des zones et des milieux, sont l’expression d’une réalité clanico-politique à vocation hégémonique. Une configuration politique aux facettes primitives en total déphasage avec l’ordre étatique républicain supra qui fait du Citoyen la référence cardinale de la chose politique moderne. Ces mini entités clanico-politiques (villages ou groupes de villages trans-territoriaux) assoient leur légitimité régalienne à diverses emprises sur des figures ancestrales (patriarches légendaires). À coup de fables et de forcing historique quasiment mariné à la même sauce apologétique, chaque clan construit et perpétue son roman d’identité sociale et politique. Ainsi un schéma organique de fiertés exclusives se met en place globalement d’une manière diffuse dans l’élément « communauté soninké ». Ces fiertés exclusives se confrontent autour d’un aléatoire patronage originel voire « original » de la personnalité-type soninké. Un imaginaire foncièrement ancré dans des consciences très sensibles à l’idée du Pur en légitimité des uns sur les autres. Frictions, égards pernicieux et arrogances ridicules, l’homogénéité sociale et communautaire n’arrive pas à s’instaurer valablement, gage d’une véritable dynamique pour une société en phase avec son époque.

Et l’éveil Ganbanaaxu surgit !

Un idéal et aussi une visionnaire philosophie sociale, ce concept mérite une grande attention de la part de tous les éveillés en pays soninké. Une sorte de wokisme intra-communautaire permettrait un toilettage culturel et idéologique. Au cœur de l’éveil Ganbanaaxu, on y consacre consciencieusement des notions suivantes : La Dignité, La Liberté, L’Humanisme, L’Égalité et La Fraternité. Par une approche déterminée, cet engagement enclenché en masse depuis fin 2016, interpelle et parle à la conscience collective de la communauté soninké voire au-delà même africaine. Ganbanaaxu, comprendre autrement en vocable soninké « O Ganbana » que j’ose transposer comme « Une Digne et mutuelle acceptation de notre Humanité commune » . Une identité sociale ouverte qui sanctifie la Dignité Humaine. Ainsi une véritable ingénierie sociale et communautaire serait gage d’une révolution profonde de nos mentalités liées aux fiertés exclusives. Et une nécessité intellectuelle et culturelle permettra une saine articulation entre l’imaginaire et le réel. Par Ganbanaaxu, l’élément social soninké sera débloqué et gagnera en efficacité dans tous les domaines. Les compétences feraient la légitimité et on sortirait du hasard de la naissance. Ce hasard dont les conséquences bloquent, freinent et causent d’innombrables situations schizophréniques sapant le vivre-ensemble. Une certitude m’assaillit profondément les idéaux Ganbanaaxu portés par la dynamique militante en cours peuvent donner matière réelle à « O Ganbana ». Une prise de conscience qui cadre pertinemment avec la résurgence panafricaniste très active au cœur de notre continent. Les détracteurs qui rechignent avec diverses manœuvres et violences à la proposition « O Ganbana« , doivent réactualiser leur logiciel culturel et sociologique. Il suffit d’imaginer que l’appellation « esclaves ou descendants d’esclaves » puisse exister et nommer un certain contenu sociétal réel dans un même groupe sociolinguistique, pour se faire une idée du retard en cours. Ainsi l’intelligentsia soninké devrait se questionner enfin, l’irruption de cet éveil Ganbanaaxu est un défi intellectuel posé et une aubaine inestimable à saisir plus que jamais. En perspective du FISO (Festival international Soninké), événement biennal prévu courant 2023 en Mauritanie, j’ose espérer que Monsieur Abdoulaye Bathily, soninké, universitaire et homme politique sénégalais qui a publié un ouvrage récemment titré « Passion de liberté« , sera parmi les guest-stars intellectuels. Il pourrait nous clamer l’assertion exprimée ces derniers jours lors de la présentation de son livre à Dakar en disant « Cette jeunesse que je vois, doit se battre avec les moyens de son époque. Partout où je vais, ce bouillonnement, même jusque dans les excès qui sont produits par ceux qui sont en face. La passion de la liberté habite en chacun d’entre nous. La passion de liberté je la vois en chacun des jeunes » . Et il dira en résumé ce jour « La passion de liberté a pris chacun d’entre nous » .

Plus que jamais nous lui dirons justement c’est cette ferveur pour la liberté qui surfe aujourd’hui en pays soninké. Les tares liées à l’esclavage par ascendance sont à éradiquer nécessairement au sein de nos milieux. Vœu d’espoir, au (O) FISO Mauritanie 2023, nous pouvons magnifier et promouvoir O Ganbana. Et en finir avec l’habituel folklore exhibitionniste qui prend la centralité de l’événement.

✍️🏿KS pour le BLOG

✓Le problème foncier dans la vallée : quand se mêlent colère et incohérence | Par Gaye Tene TRAORÉ



Ce sont ces mêmes coutumes qui perpétuent une discrimination endogamique face à l’accès aux terres par endroits dans nos villages, des terres communautaires aménagées collectivement depuis des siècles pour certaines . A mon entendement c’est cette discrimination interne face à l’accès à la terre dans nos entités villageoises respectives qui explique la réaction tiède au niveau de la population concernée face à cette expropriation abusive et opaque que mène les autorités mauritaniennes dans la vallée . Et toute injustice est à dénoncer sans ambiguité , toute injustice me répugne au plus haut point à titre personnel , pas de graduation dans la défense des droits , des devoirs et de la dignité humaine ! Je suis prêt à y laisser ma vie même pour défendre ce qui ne m’apprécie ou n’apprécie pas mon combat pour la fin l’esclavage par ascendance .
Mais l’élément évident est ce manque de réaction digne de ce nom face aux retraits de terres dans la région de la vallée , cette faible réaction ou absence de réaction mérite une analyse sincère dépouillée de toute passion et inquisition . Des fois il est bon de comprendre ce qui nous arrive avec objectivité pour la bonne plaidoirie .Au sein de nos villages l’accès à la terre a été conflictuel entre membres de même communauté villageoise et l’enjeu que je souhaite mettre en exergue se situe au niveau de ce paradigme-là : l’absence de ce sentiment que les terres de nos entités villageoises et communautaires nous appartiennent tous , qui se justifie hélas dans les faits d’ailleurs .Pour ceux de la région du Guidimakha , on a en mémoire le litige de Kholle Mukke qui a fait objet de beaucoup d’articles de presse ainsi que de Niordel où on a frôlé la tragédie : lire article parue Cridem.org en date du 02-01-2014 19:15 – qui a pour titre :Agression à Kollé Mukké de Diaguily et échanges de coups de feu à Niorodel.
Depuis 2016 avec l’avènement du mouvement de Ganbanaaxu qui milite pour l’égalité pour tous en dignité , droits et devoirs le problème d’accès à la terre est devenu de plus en plus conflictuel et tragique .Nous avons tous vu la vidéo d’un des membres de la communauté de Ganbanaaxu de DAFORT en la personne de Samba Moussa Koné tabassée et ligotée le 31 Juillet 2021 comme une bête de somme suite à un fait d’esclavage foncier : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569 ; des exemples ne manquent dans d’autres villages du Gorgol , de TRARZA … En ce qui concerne l’agression de Samba Moussa Koné , une manifestation a été organisée devant la présidence le 28 Juillet 2021 pour alerter les autorités des risques d’affrontements imminents à l’approche de l’hivernage mais en vain et c’est ce qui nous amène à dire que l’administration est pro-féodale au Guidimakha. Tous ces exemples cités ne justifient en rien cette opération coup de poing de la part de l’Etat et ses complices pour faire main basse sur les terres de la vallée , ces terres sont à la fois notre racine et notre identité . Cette réalité interne des communautés de la vallée dont le Guidimakha qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres met cependant la loupe sur notre handicap à faire fasse à des enjeux extérieurs de nos communautés ici l’expropriation des terres de la vallée pour être précis .
Puisque déjà d’injustice et discriminée face à l’accès à la terre en temps ordinaire et de façon humiliante comment expliquer à la couche d’extraction servile qu’elle est concernée par cette expropriation ? Puisqu’on lui répète et prouve qu’il n’a pas droit d’accès à cette terre sensée être la chose commune ? Comment être concernée par la défense commune de ces terres de la vallée si on retire des terres des personnes justes pour leurs opinions et militantisme .Dans les villages du Guidimakha beaucoup familles de la communauté Ganbanaaxu ont été victimes de retraits de terres ; il arrive quand j’utilise le mot expropriation certains de mes détracteurs avancent que ces terres étaient juste en prêt .Soit ! Mais ces terres sont retirés à ces personnes juste pour avoir afficher leur volonté d’émancipation , pour leur refus des assignations coutumières qui les violentent psychologiquement et physiquement.
Il arrive qu’au grès d’un différend vous êtes frappés d’une privation de jouissance de ces terres de la part de la féodalité locale avec l’appui de son bras administratif surtout si vous êtes d’extraction servile là c’est une autre paire de manche. Ainsi comment se sentir concerné par cet enjeu de retrait et recel de terres dans la vallée ,encore une fois ? Combien de millions d’Ouguiya ont été dépensés dans la région du Guidimakha par des personnes d’extraction servile pour garder leurs terres ? Et comment dire à ces personnes que défendre ces terres est une affaire commune au-delà de nos clivages , de nos différends ? Voilà des faits qui parasitent notre plaidoirie à l’unisson et nous affaiblissent là où nous devrions être forts et sans concession face à l’Etat!
On dissimule les titres collectif de ces terres communautaires pour en faire des trophées familiales ou claniques , pourtant ces terres ont été mise en valeur collectivement des fois exclusivement par cette même couche d’extraction servile au risque de me répéter .
Et aujourd’hui c’est une aberration de constater que des descendants de ces mêmes familles ayant aménagées des hectares de bas-fonds et des terres en hauteur sont privés de périmètres exploitables jusque parce que refusant leur assignation d’extraction servile .
Et cette couche d’extraction servile n’a pas droit à la terre selon la coutume-surement il y a des nuances dans le schéma présenté en fonction des aires géographiques car toute extraction nobiliaire n’est propriétaire terrien -surtout si ces derniers refusent cette dite assignation , ils sont alors considérés comme des parias . Ma réflexion ne tente pas de justifier l’arbitraire des retraits des terres de la vallée car arbitraire il y en a même au niveau de l’application des lois de la dernière réforme foncière : « ordonnance nº 83-127 portant réorganisation foncière et domaniale » car la tenure traditionnelle de la terre est en vigueur dans l’ensemble hassanophone si ça pourrait faire plaisir à certains mais mon propos est une volonté d’expliquer en partie la réaction froide face à l’expropriation des terres qui se passe sous nos yeux comme tétanisés .Là où se mélangent la colère , le ridicule et notre incohérence c’est qu’on est prompt et puissant à priver un de notre parce que de caste inférieure ou d’extraction servile des terres du village ou de la communauté qu’il a toujours exploité , de lui faire un chantage foncier , de lui faire subir un esclavage foncier alors que face à l’Etat on est tous impuissants et nos cris inaudibles , il y a nécessité de nous réformer pour faire face aux enjeux extérieurs et c’est le vœux pieux de Ganbanaaxu .Nos communautés tant qu’elles ne cultivent pas en leur sein de la justice sociale nous manquerons beaucoup de rendez-vous qui impliqueraient notre survie et notre avenir dans nos provinces de la vallée car sans terre , c’est l’exode .Et à travers l’exode un peuple perd une partie de son âme, de son tréfonds , de sa vitalité ! Vous avons tous vu que là nous devrions crier à l’unisson notre indignation face au problème foncier dans la vallée , il y a une quasi absence de réactions et ayons le courage de dire que nous sommes en partie vecteurs de cette indignation sélective . Si les terres de la communauté villageoise appartiennent à quelques familles de la féodalité locale , devenant un trophée familial et un outil de domination ben l’instinct grégaire d’antan se dissipe en fonction des conflits et querelles voire des humiliations liés au litige foncier local , et la paix sociale dans tout ça ? .Je vous prie de m’excuser de cette fausse note ou de cet anachronisme mais accepter sa propre réalité amère nous aide à faire la bonne plaidoirie .


GAYE TENE, Président de Armepes-France