✓Point de presse : L’alliance Ganbanaaxu dénonce les menaces de mort sur la personne du leader abolitionniste Biram Dah Abeid.

تحالف غنباناخو

🔴Point de presse : L’alliance Ganbanaaxu dénonce les menaces de mort sur la personne du leader abolitionniste Biram Dah Abeid.

Les associations regroupées au sein de l’alliance Ganbanaaxu (AMEES, UVDS, ARMEPES-France et Ganbanaaxu Fedde) viennent de recevoir avec une grande inquiétude quelques audios WhatsApp d’incitation à attenter à la vie du président d’IRA Mauritanie, le député Biram Dah Abeid. L’auteur de vocaux haineux se nomme Foussenou Camara alias Donald Trump, un soninké originaire du village de Dafor dans la région du Guidimakha et vivant en France. Un personnage virulent qui fait partie des groupuscules extrémistes qui défendent les coutumes de l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké. Mis en examen en fin d’année 2019 et condamné pour propos de l’apologie d’esclavage, il s’était échappé de la Mauritanie au mois de mars 2020, bénéficiant des complicités administratives et judiciaires évidentes, alors qu’il était sous contrôle judiciaire. À Lire https://cridem.org/C_Info.php?article=734160

Arrivé en France, il continue les mêmes provocations haineuses par des insultes et des diffamations caractérisées à l’encontre de nos membres et nos familles qui refusent les assignations féodalo-esclavagistes dans les milieux soninkés.

Ces dernières heures, il s’en est pris violemment au président d’IRA Mauritanie, l’honorable député Biram Dah Abeid qui entame une visite de terrain dans la région du Guidimakha à partir de ce 11 avril 2022. Cet individu se servant d’allégations mensongères, a appelé clairement dans ses propos à l’élimination physique de Monsieur Biram Dah Abeid.

Face à cette situation gravissime d’appel ouvert à tuer l’honorable député lors de son voyage, nous tirons la sonnette d’alarme à l’endroit des hautes autorités mauritaniennes pour sécuriser le député et sa délégation dans leur parcours.

Nous exprimons notre soutien résolu au président d’IRA et à ses proches. Nous précisons que ce Monsieur qui profère pareilles menaces gravissimes depuis Paris est actif dans un réseau nébuleux large issu de la féodalité soninké de la Mauritanie avec des soutiens tacites de personnalités politiques originaires du Guidimakha. Leurs principaux groupes WhatsApp et relais de communication sont entre autres Tunka lenmou koffo, democratie islamique, Fans Donald Trump, UASSDG et Tunkan Lenmu Fabandi Taxa. Ces groupes se sont donnés comme mission principale, l’appel à la haine envers les engagés anti-esclavagistes soninkés et tous militants de la défense des droits humains.

Par la présente communication, nous réitérons notre alerte à l’endroit des pouvoirs publics en Mauritanie pour que les problématiques liées à l’esclavage par ascendance chez les Soninkés soient prises en compte sérieusement en vue d’une résolution définitive par l’arsenal juridique en rigueur.

Nouakchott, le 11 avril 2022

Alliance Ganbanaaxu Mauritanie.

✓Lalya Camara, Ministre de l’Emploi, une nomination mal vue par la gérontocratie au Guidimagha | Par Cheikh Aidara

La nouvelle ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Mme Lalya Camara, n’est pas n’importe qui. Elle est la fille de l’ancien ministre et actuel député à l’Assemblée Nationale, Camara Aly Guéladio. Mais c’est une « petite fille » que le Président Ghazouani et son Premier ministre Ould Bilal ont coopté sans leur assentiment, aux yeux de la féodalité masochiste et gérontocratique du Guidimagha, encore arc-boutée sur le pouvoir des anciens.

La nomination de cette Soninké bien née, ne répondrait pas seulement au dosage tribalo et ethno régionaliste, comme il est courant dans la formation de tous les gouvernements mauritaniens, mais résulte d’une compétence avérée. Diplômée de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales avec un master en Finance d’Entreprises en poche, Lalya Camara est aussi une experte dans le domaine de l’Audit, de l’investissement et de l’entreprenariat au niveau national, international et régional, notamment dans la région du Sahel. Elle a mené des études pour le compte de la Banque Mondiale et de l’Union européenne, et a travaillé au siège de l’ASECNA à Dakar comme chargée de mission et analyste financière. Elle a aussi une bonne expérience de la société civile en tant que présidente du Réseau Femmes Actives en Mauritanie (FAM).

Des échos provenant de son Darfor natal et de son Guidimagha ancestral parlent d’une nomination bien saluée par les populations locales qui y voient un mérite renouvelé à la gent feminine et un encouragement à sa participation aux postes clés de décision. Une nomination qui tend à résorber des survivances d’us et de coutumes rétrogrades et désuètes, en total déphasage avec l’évolution du monde et les exigences de développement.

Beaucoup d’observateurs voient dans la nomination de Lalya Camara et de toutes ces femmes qui font leur entrée dans le gouvernement, un acte symbolique de la part du président Ghazounani et de son Premier ministre, Mohamed Ould Bilal, qui tend à gommer les considérations de classe et de genre, ainsi qu’une certaine stratification figée par les siècles dans une région comme le Guidimagha. Les premières manifestation d’allégresse qui ont accompagné la nomination de Lalya Camara dans sa région natale, par plusieurs villages dans la diversité de leurs communautés, sonnent comme une marque de reconnaissance à cette décision. Les populations y voient enfin l’amorce d’un changement substantiel et un espoir réel pour les jeunes et les femmes de la région.

La nouvelle ministre de l’Emploi est décrite comme proche des populations, équidistante de toutes les communautés, par-delà les clivages ethniques et politiques, des dissensions desquelles se nourrissaient les caciques locaux.

Pour beaucoup de cadres et intellectuels du Guidimagha, une certaine gérontocratie politique au Guidimagha serait sans doute la seule frange à percevoir à travers cette nomination, une menace réelle à sa suprématie séculaire en proie à l’usure du temps.

Cheikh Aidara

©️ Crédit source : https://aidara.mondoblog.org/2022/04/07/lalya-camara-ministre-de-lemploi-une-nomination-mal-vue-par-la-gerontocratie-au-guidimagha/

✓Réforme de l’éducation : le projet de la loi d’orientation inquiète les associations Pulaar, Ouolof et Soninké

Le Calame – Dans une conférence de presse qu’elles ont tenue le jeudi 24 mars 22 à la Socogim PS, les associations pour la promotion des langues Pulaar, Soninké et Ouolof expriment leur préoccupation par rapport à la loi d’orientation consécutive à des journées de concertations nationales, elles ont marqué leur désaccord avec le libellé de plusieurs titres, chapitres et articles de celle-ci.

En effet, après avoir pris connaissance de son contenu, les représentants de ces associations considérèrent même qu’elle signe un net recul, voire même une contraction avec les recommandations des journées de concertations sur le système éducatif mauritanien.

En effet, ces organisations qui se battent depuis des années pour l’officialisation et l’introduction des langues nationales Pulaar, Soninké et Ouolof dans le système éducatif mauritanien relèvent beaucoup d’anomalies dans ce projet expliqué, il y a quelques semaines aux partenaires techniques et financiers par le ministre.

Ainsi au niveau des finalités liées à l’instruction, les associations estiment que la diversité culturelle et linguistique du pays n’est pas respectée, l’équité des langues nationales est foulée au pied par des formulations pernicieuses.

Comme au tire II et tire III et V. Dans ce dernier, on peut lire au chapitre 2 – « Des langues, il est écrit: « instaure une nouvelle politique linguistique nationale instituant l’enseignement du Pulaar, du Soninké et du Wolof, en tant que langues nationales renforçant l’enseignement de l’arabe en tant que langue nationale et officielle ».

Or, selon le rapport général, « toutes nos langues nationales s’équivalent au regard de notre devise nationale : honneur, fraternité, justice ».

Autre contradiction relevée, la section I du tire V : de l’enseignement des langues nationales », stipule que « l’enseignement est dispensé en langue arabe à tous les niveaux d’éducation aussi bien dans les établissements publics que privés d’éducation et d’enseignement » et que « l’enseignement des autres langues nationales, (Pulaar, Soninké et Ouolof) est introduit, promu et développé dans le système éducatif en fonction de la demande exprimée pour chacune de ces langues, le cas échéant ».

Les représentants des associations culturelles nationales ont observé que l’arabe a la primauté même au niveau de l’enseignement des adultes et du préscolaire ; une chose inadmissible dans la mesure où cela consacre la supériorité de cette langue sur les autres, faisant fit de l’importance pour l’enfant de commencer l’enseignement par sa langue maternelle et oubliant -à dessein peut-être – que pour consolider l’unité nationale, tous les enfants mauritaniens doivent apprendre au moins une autre langue nationale en plus de leur langue maternelle. Les journées de concertations ne devraient-elles éveiller nos décideurs ?

Face à une loi qui apparait comme discriminatoire, les associations ont rapidement saisi le ministre de l’éducation pour attirer son attention sur les contractions flagrantes contenues dans la loi d’orientation et leurs conséquences fâcheuses sur l’avenir des langues nationales Pulaar, Soninké et Ouolof et sur l’unité nationale.

Elles ont formulé plusieurs amendements à introduire dans la loi d’orientation pour redresser les insuffisances qu’elle porte. Pourtant beaucoup de spécialistes avaient exprimé leur scepticisme à la lecture des recommandations des journées de concertations.

Le président des Forces Progressistes du Changement (FPC), M. Samba Thiam avait trop tôt exprimé ses craintes. « Les journées de concertations se sont déroulées dans un flou complet et leurs recommandations sont loin d’être consensuelles », avait-il dit.

Parole d’un inspecteur de l’enseignement. L’école Républicaine, un des engagements du président de la République passera-t-elle par perte et profit pour ces 3 autres « langues nationales ».

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=755150

✓Colloque sous-régional G5 Sahel des ONG et entités associatives de lutte contre l’esclavage. | La déclaration contributive de l’alliance Ganbanaaxu Fedde MAURITANIE

La déclaration contributive de l’alliance Ganbanaaxu Fedde MAURITANIE

Présentation :

L’alliance Ganbanaaxu Fedde RIM est composée des associations suivantes : AMEES (Association Mauritanienne pour l’Éradication de l’Esclavage et ses Séquelles), UVDS (Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara), ARMEPES-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication de la Pratique de l’Esclavage et ses Séquelles) et Ganbanaaxu Fedde. Notre mouvement abolitionniste émane et évolue dans le groupe sociolinguistique soninké. Notre engagement pacifique s’inscrit dans le sillage droit-de-l’hommiste et universaliste pour la promotion des valeurs humanistes et citoyennes selon les principes généraux légaux en vigueur dans notre pays à savoir la Loi n° 2015-031 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes :
Article premier : Fort des valeurs de l’islam et de leurs objectifs destinés à libérer l’homme et lui garantir sa dignité, et conformément aux principes constitutionnels et aux conventions internationales y afférentes et, en vue d’incarner la liberté de l’homme de sa naissance à sa mort, la présente loi a pour objet de définir, incriminer et réprimer les pratiques esclavagistes.
Article 2 : L’esclavage constitue un crime contre l’humanité. Il est imprescriptible.
Est interdite toute discrimination, sous quelque forme que ce soit, à l’encontre d’une personne considérée comme esclave.
Une journée nationale est consacrée à la lutte contre les pratiques esclavagistes.
La détermination de la journée et les modalités de sa célébration seront définies par décret.
Ainsi que dans la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1948 qui stipule dans ses articles 1 et 3 à 5.
Article1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 3 : Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4 : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

La problématique :

L’esclavage par ascendance et sa pratique chez nous :
Comme dans d’autres communautés, la société soninké est basée sur un système des hiérarchies sociales au sein duquel une composante sociale est assignée statutairement comme esclave. Cette composante sociale subit d’innombrables problématiques sociétales par des discriminations et des privations de jouissance aux biens publics matériels et immatériels. Se faisant nos membres et nos familles sont relégués comme des citoyens de seconde zone notamment dans nos contrées villageoises au Guidimakha et au Gorgol. Les militants et sympathisants de notre engagement sont intimidés, harcelés, agressés, expropriés de leur foncier et mis en quarantaine socialement par endroits, parce qu’ils refusent le système de domination sociale du « lada » esclavagiste soninké. Ce système coutumier interdit aux descendants d’esclaves diverses positions honorifiques dans la communauté (imamats, droit d’aînesse, propriété foncière…). Les complicités administratives et judiciaires dans nos zones sont souvent signalées à l’encontre de nos familles engagées pour se libérer de ce joug sociétal. Des plaintes et des accusations fallacieuses sont portées injustement contre nos militants. À titre d’exemple, 2 militants de nos familles du village de Diogountouro sont en prison en Sélibaby depuis quelques semaines à cause d’une plainte mystérieuse suite à un Monsieur agressé dans des circonstances toujours floues au sein du village et une autre famille a été victime d’incendie volontaire à Diaguily.

Notre engagement et nos objectifs :

Nos associations qui composent l’Alliance Ganbanaaxu Fedde qui datent de nombreuses années pour certaines, visent l’éradication de l’esclavage par ascendance et la promotion des valeurs citoyennes et humanistes dans notre communauté. Nous menons une sensibilisation militante au sein de la communauté à l’endroit de toutes les voix progressistes. Nos doléances sont adressées aux hautes autorités de notre pays pour que l’ordre régalien s’impose réellement dans nos localités où les défenseurs des coutumes ségrégationnistes et féodales narguent les lois. Nous voulons que les autorités prennent sérieusement les dispositions nécessaires pour assurer la paix sociale et la dignité de chacun. Le discours du président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani de Ouadane et la communication du président de l’Assemblée Nationale Cheikh Ould Baya, qui ont suscité un réel espoir pour nos membres et familles relégués comme couches inférieures, doivent être suivis d’une véritable dynamique d’action sur le terrain pour enrayer le régime discriminatoire et ségrégationniste de coutumes moyenâgeuses dans nos communautés.
Ainsi les initiatives de développement multidimensionnel pourraient être entreprises avec efficience. Nous voulons vivre en citoyens consciencieux et avertis avec l’ensemble de nos concitoyens.



Nouakchott, le 15 mars 2022
La commission de communication

✓La Finale du Tournoi UVDS-Ganbanaaxu | Les Images fortes en photos et [Élément Vidéo]

✓Lors de la Finale du Tournoi ⚽ citoyenneté et solidarité inter-villages organisé par UVDS GANBANAAXU à Nouakchott. Un grand rendez-vous sportif et festif au sein du stade olympique en présence de plusieurs personnalités de la communauté Ganbanaaxu, du milieu militant abolitonniste, du doyen Ladji Traoré et du président d’IRA Mauritanie, le député Biram Dah Abeid.

Cette deuxième édition de la compétition a été remportée par le village de Hassi chaggar face à l’équipe du village de Ndiéo à l’issue de tirs au but (7 – 6) après le temps réglementaire à 1 – 1. L’équipe de Hassi chaggar conserve son titre déjà victorieuse de l’édition 1 l’année dernière.

Félicitations à l’équipe gagnante et Bravo à la finaliste.

Mention spéciale à la direction d’organisation Uvds Ganbanaaxu et aux partenaires mobilisés.

GANBANAAXU

Ci-dessous quelques images fortes :

©️ Sources Éléments médias : RS

✍🏾KS pour le BLOG

✓Texte de Salihina Moussa | Zeste d’humanité, et si les Soninkés se remettaient en question

Nous nous devons de laver nos esprits offusquants dans le fleuve de la lucidité. Face à ces évènements funestes qui se sont produits au cours de ces dernières années, il est indéniable que la divine douceur manque à notre ciel.
Je me demande, en quoi notre raison nous est utile quand nous ne sommes même pas capables de l’interroger pour trouver des solutions à nos problèmes. Surtout dans une certaine mesure où des semblables êtres humains ne se voient plus en peinture. Parce que d’aucuns prétendent être plus humains que d’autres. Il est nécessaire de se demander sincèrement en quoi, j’ai beaucoup plus de mérite que l’autre et en quoi il a moins de mérite que moi. Parbleu ! Se mettre en question n’est pas l’apanage des soninkés.

Qu’est-ce qui justifie la préséance d’un Noir sur un autre Noir ? Ou d’un Blanc sur un Noir ou vice versa ?
Je crois qu’il n’y a rien qui puisse justifier de cette bêtise de se croire supérieure à son congénère.
Certains mettent l’islam sur la sellette, même si je crois profondément que pour maintenir un Noir dans la servilité, il faut inventer une religion, ayant appris cette religion, je ne peux affirmer que cela est dû à l’islamisation de nos sociétés. Mais plutôt aux interprétations de ces pseudo gourous qui se livrent à des cogitations d’enculage de mouche pour interpréter les textes scripturaires. Ou souvent animés de mauvaise foi essayant tout simplement d’endoctriner des bénis oui oui, des ignares qui ne peuvent pas se passer des herméneutiques.

Il nous convient de lire ces textes dont leurs compréhensions peuvent sembler ésotérique pour beaucoup à la lisière de la raison et en tenant compte de leurs contextes de révélations.
Dans le « Comment philosopher en islam » de Souleymane Béchir Diagne, il montre que l’islam n’interdit pas une interrogation critique rationnelle sur le Coran. Mieux, il démontre que cette critique est nécessaire pour lutter contre toutes les formes d’obscurantisme. Donc, c’est à nous de nous recueillir et de lire les textes avec discernement.

Il est dit sans aucune ambiguïté dans Al-hujurat (les appartements), chapitre 49 verset 13, que le meilleur d’entre nous les humains est celui ou celle qui est le plus pieux ou pieuse.
La piété non pas seulement dans le sens de s’attacher aux croyances, aux devoirs et aux pratiques de la religion mais également de tenir à certains autres sentiments humains de vénération à l’endroit de l’autre qui n’est autre qu’un autre soi-même c’est-à-dire sans quoi on n’existe pas. Car comme nous fait comprendre Jean Paul Sartre, dans l’Être et le Néant, c’est le regard de l’autre qui nous définit. J’en déduis dans cette formule « Je est un autre » de l’homme aux semelles de vent que nous n’existons pas en tant qu’individu mais comme un individu pluriel puisque l’organisme du moi a tout autant la même complexité que celui de l’autre. Nous pouvons quelquefois avoir des sensibilités différentes toutefois, nous resterons des êtres qui n’ont d’altérités qu’au niveau superficiel mais intrinsèquement ce qui m’offense en tant qu’entité vivante fait le même effet à l’autre puisque nous sommes tous deux animés par le même moteur. Sachant cela il nous incombe de faire humanité ensemble. Nier l’humanité de l’autre revient au déni de la nôtre ; cependant, seuls les doués d’intelligence en ont conscience.

L’existence de l’esclavage par ascendance n’est autre que la dissonance voire l’incohérence du Noir africain s’indignant contre le sobriquet de negraille que d’antan les caucasiens négriers lui plaquèrent à la peau et n’ayant pas assez de poils aux yeux pour se débarrasser d’un complexe qu’il reprochait aux Blancs.
Hélas, nous n’avons de grande gueule que pour qualifier la traite transatlantique et la traite arabo-musulmane comme étant des crimes contre l’humanité alors que nous nous déshumanisons sans cesse dans nos patelins de Trifouilly-les-Oies.

Maintes sociétés africaines nagent en plein paradoxe. En particulier la société soninké dont les féodaux se sont déjà livrés à un déchaînement sans pareille pour ôter la vie à quelques composants ayant refusé de se soumettre aux exigences féodales. Le premier septembre 2020, quatre individus ont été assassinés à Diandioumé au Mali. Mais cela n’a point servi de leçon pour les autres membres de cette société pour capituler et renoncer à leur barbarisme afin de chercher à cette question de l’esclavage statuaire qui est la pomme de discorde faisant couler du sang.

Ce 14 mars 2022, la concession d’une femme a été mise en feu à Diaguily, un bourg se situant à l’ouest de la Mauritanie, dans la région de Guidimakha parce qu’elle a également refusé de s’accommoder des diktats du système féodal de la société soninké et s’est indignée contre les pratiques traditionnelles néfastes voire inadmissibles qui n’ont cessé de créer des crispations au sein de ladite société. Donc suite à cela les villageois appartenant à la caste soit disant supérieure ont de prime abord décidé de la bannir de ce village avant de se livrer à pareille furie pour détruire sa demeure.

Suite à ces œuvres méphistophéliques voire obscènes, force est de constater que la fraternité que nous avons tant exhibée devant les autres ethnies n’est autre qu’une tartufferie déguisée en vertu.

Je pense qu’il est temps que cette société se ressaisisse avant de brûler ses vaisseaux, l’animosité n’a jamais résolu un problème.
Nous devons également comprendre que l’acceptation de soi passe par celui d’autrui peu importe sa carnation. Puisque l’humain seul, compte, enfin.
La valeur d’un homme ou d’une femme se mesure à sa manière de se comporter vis-à-vis des autres.

Salihina Moussa

✓DÉCLARATION DE PRESSE DES FPC

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » dit le premier article de la déclaration des droits de l’homme. Cette assertion véridiquée tant proclamée est une conviction profonde des FPC et réaffirmée dans notre déclaration de politique générale.
L’attaque honteuse et injustifiée perpetrée contre le domicile de la dame Maimouna Cissokho à Diaguili par certains cercles conservatrices et réactionnaires du Guidimakha est une atteinte grave non seulement à l’intégrité physique et morale de cette courageuse femme mais une atteinte à la dignité humaine et à nos valeurs humanistes.

Les FPC dénoncent avec vigueur cette attaque et condamnent fermement toute idéologie de domination et esprit de supériorité par ascendance et naissance. Apportent leur soutien militant à la femme et à sa famille dans cette épreuve.

La lutte continue!

Nouakchott le 19 mars 2022.

Le département de la communication.

✓Existe-t-il encore de l’esclavage en milieu Soninké ? | Par Ismail TRAORE

Si certains disent non, d’autres, ayant des convictions et des objectifs concrets, affirment que l’esclavage existe bel et bien. Dès lors, ces derniers renoncent à toute pratique complaisante.
Ce qui se passe au Mali, en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie et dans d’autres pays du Sahel est abject. Pendant que les autres ethnies sont en train de tourner le dos à l’histoire de l’esclavage, ces peuples, à l’instar des peuls, des wolofs, des maures, des khassonkés… continuent de valoriser l’esclavage par ascendance ne reposant que sur des supposés accords verbaux. Parmi ceux-ci, il y a notamment le laadalemaxu, c’est-à-dire le pacte ou le contrat social qui, comme le souligne Soumaré Zakaria dans son «Traditions sociales et politiques en milieu soninké : soubresauts actuels et perspectives » : « met […] chaque individu, chaque famille, chaque groupe social dans une place bien déterminée où l’évolution vers une autre structure semble relever de l’utopie ».
Pour le camp adverse, l’esclavage est fini. Il ne reste que les séquelles. Ce serait donc vain de déclencher la guerre ou d’inciter les gens à la haine, encore moins mener une lutte de libération physique et morale. Les membres de ce clan, conformistes et à l’esprit peu régalien, en raisonnant de cette manière, donnent le sentiment d’être indifférents à l’égard des risques matériels et humains qu’encourent leurs consœurs et leurs confrères. Il n’est pas sans rappeler que de nos jours, des biens continuent d’être pillés, incendiés, des villages continuent d’être détruits des champs d’arachide et de mil continuent d’être débroussaillés, des hommes et des femmes continuent d’être exhibés, lynchés et assassinés, parce qu’ils refusent d’être esclaves. Ces actes socialement et moralement répréhensibles représentent une injure pour la société soninké. Ainsi, dans son « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes », le philosophe des Lumières Jean-Jacques Rousseau ne disait-il pas : « Tous les hommes sont libres et égaux par nature » ? Ailleurs, n’écrivait-il pas que « L’inégalité n’est pas naturelle mais dépend en fait de la culture humaine et de la sociabilité » ?
Au XXIe siècle, il est incongru voire absurde de penser qu’on est supérieur aux autres. De même, il est insensé de prendre pour cible, un individu, une « sœur » ou un « frère » avec lesquels on a grandi et avec qui on a construit un village. N’est-il pas venu le moment, au-delà de toute initiative, de toute mobilisation et de tout effort individuel ou collectif, de se mettre autour de la table afin de discuter ouvertement de nos problèmes tant sociaux que politiques ? Les insultes et les imprécations proférées contre les uns et les autres doivent être bannies. Le recours aux armes, blanches ou à feu n’est aussi guère une solution. On doit davantage prôner le dialogue en collaborant avec les gouvernements, les acteurs des droits de l’homme, les élus municipaux, ceux du conseil régional et départemental, les intellectuels de tous bords… une résolution amorcée par les membres du mouvement Ganbanaaxu depuis quelque temps.

Ismail TRAORE
Doctorant en Langues, Littératures et Sciences Humaines
Université Stendhal-Grenoble
ismael172017@yahoo.com

✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec l’ingénieur informatique Sidi Camara, le concepteur de l’outil numérique Khrankompé.

La rubrique du GEB (Grand Entretien du BLOG) vous revient avec l’interview qu’un jeune pépite ingénieur visionnaire nous a gentiment accordée. Il s’appelle Sidi Camara, jeune mauritanien du Guidimagha (Tachott) qui est le concepteur d’un support numérique facilement exploitable et accessible dédié aux contenus pédagogiques et d’enseignement en langue maternelle. Son dispositif numérique est appelé Khrankompé (en vocable soninké) qui veut dire « salle des cours », vient d’être promu parmi les 10 finalistes de la sixième édition du Challenge App Afrique sponsorisé par l’influent duo organe médiatique français à l’international RFI et France 24 . À nos questions, l’ancien boursier mathématicien diplômé en Algérie et par la suite en France à l’université de la Sorbonne Université Paris 6, explique succinctement les objectifs de son outil innovant porteur d’espoirs en matière d’accès aux contenus d’enseignement. Et il nous distille quelques prompts conseils pour l’intérêt que doit avoir la promotion de l’éducation dans notre communauté.

À Lire ci-après :

Question 1 : Bonjour Monsieur Camara Sidi Moussa, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Parcours éducatif et professionnel…

SC :Je suis Sidi CAMARA, je suis de Tachott, Mauritanie. J’ai eu le bac Mathématique en 2013 suite à quoi l’État m’a offert une bourse en Algérie pour une licence en Mathématique Informatique que j’ai obtenue en 2016. De 2016 à 2018 j’ai fait mon master en informatique à l’université Paris 6 (Sorbonne université, ex UPMC)

Depuis 2018 j’ai travaillé pour plusieurs entreprises de la région Lyonnaise et Parisienne en tant que Data engineer (ingénieur de données) et ingénieur machine learning.



Question 2 : Selon des sources médiatiques, vous êtes finaliste au Challenge App Afrique avec votre projet Khrankompé, nos vives félicitations à vous. Pouvez-vous présenter la nature de ce dispositif Challenge et votre projet Khrankompé ?

SC : L’objectif de Challenge App Afrique est d’imaginer le service numérique qui contribuera à l’éducation des enfants. L’objectif du concours est de prendre un lauréat parmi les entrepreneurs (en Afrique) dont les projets contribuent à l’éducation des enfants. Le lauréat bénéficiera d’un prix de 15 000 € et un accompagnement personnalisé.

Khrankompé: L’objectif de Khrankompé est de produire tous les cours du primaire expliqués en langue locale et accessibles en offline sur smartphone et support USB tout en conservant la langue d’écriture de l’enseignement.

~L’élément média : Facebook Challenge App Afrique




Question 3 : En quoi les contenus pédagogiques sur supports numériques peuvent convenir avec pertinence aux besoins en matière de politique globale d’instruction dans nos pays, en particulier en Mauritanie dans les zones rurales ?

SC : En Mauritanie le système éducatif est en français et arabe ce qui pose beaucoup de problèmes aux enfants dont la langue maternelle est autre que ces deux langues.
Les contenus pédagogiques sur support numérique permettent de déployer la solution à large échelle et à moindre coût tout en permettant à chaque enfant des cours de qualité et dans sa langue natale.


Question 4 : Quels conseils pouvez-vous donner pour l’émergence d’une grande mobilisation autour de l’école en milieux soninkés ?


SC : Que ceux qui ont eu un parcours scolaire exemplaire soient des exemples pour les plus jeunes en leur parlant :


~ de leurs parcours,

~ des opportunités offertes par l’éducation,

~ la différence entre un ingénieur et un manœuvre.

• Que l’éducation devienne prioritaire sur l’emigration.

• La mise en place des événements mettant en avant le succès scolaire


Question 5 : Votre avis sur le régime éducatif hybride (semi privé et madrassas) qui existe en parallèle des écoles publiques dans nos localités villageoises ? Inconvénients et avantages pour l’avenir de nos enfants ?


SC : Pour moi ces madrassas ne devront jamais se substituer à l’école nationale et qu’elles devront plutôt être mises en place sous forme de soutien scolaire. Car ces madrassas n’assurent pas un parcours scolaire pérenne (pas de bac, pas de collège, ..etc). En général, les enfants deviennent déscolarisés après un certain temps et en sortent sans profession et aucun bagage scientifique.

12 mars 2022

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓MON ADHESION A L’ASSEP GANBANAAXUN FEDDE (Association des Soninkés du Sénégal pour l’Egalité et le Progrès). Par Prof Yaya SY

Aujourd’hui 6 mars 2022, je rends officielle mon adhésion à la section sénégalaise de l’Association «Ganbaanaxun Fedde» (Association des Soninkés du Sénégal pour l’Egalité et le Progrès : ASSEP). Inutile de préciser que la lutte contre les inégalités sociales est, et a toujours été la pierre angulaire ma pensée et de mon action militantes en particulier contre la plus ignoble et la plus criminelle des oppressions sociales qu’est la mise en esclavage d’un être humain par un autre être humain.
Dès lors, bien avant ce jour, ma collaboration en tant que sympathisant avec l’Association Ganbanaaxun Fedde et avec les membres de toutes ses sections nationales sans aucune distinction de pays ni de village, me paraissait tout à fait naturel.
Aussi, je rappelle à mes amis de l’Association Ganbaanaxun Fedde que je suis fier d’apporter ma modeste contribution à l’édifice collectif dont ils ont commencé à ériger les fondements.
A ma famille et à mes amis, qui n’en font pas partie, je les exhorte à se joindre à nous dans ce noble combat pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la solidarité et la citoyenneté pour tous et toutes dans tout le Soninkara (les régions soninkées) et dans toute l’Afrique.
Nous n’avons ni rancune, ni amertume envers tous ceux dont les parents dominaient les nôtres sur les bases d’un esclavage domestique africain se transmettant de la mère à l’enfant. Au contraire, il faut s’unir pour tourner les pages sombres de notre histoire et préparer sereinement l’avenir de nos enfants dans un monde de plus en plus dur et injuste.
Les vestiges de la société féodale (soninkée en ce qui nous concerne) et de l’histoire tourmentée du continent, constituent encore dans nos villages, des obstacles sérieux à la mise en place de l’égalité citoyenne malgré les défis qui frappent à nos portes.
Alors sans préjugé aucun, mettons « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».
Je reste confiant en l’avenir de la société soninkée que je crois capable d’unir tous ses enfants et de bannir les inégalités liées à la naissance et à toutes les traditions rétrogrades.
Il faut élaguer nos cultures et nos langues de leurs branches sèches qui rappellent les temps révolus.
Paix, respect, égalité, unité et solidarité entre tous les hommes, les femmes et les enfants du Soninkara, de l’Afrique et du monde.

Le Marin, dimanche 6 mars 2022.
Docteur Yaya SY Anthropologue et Professeur d’histoire à la retraite.

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