Par la présente note, je vous annonce la parution de mon deuxième livre ce 20 octobre 2023. Titré « Les restes féodalo-esclavagistes intra-africains : ce qu’il faut comprendre pour s’en débarrasser ! – Le cas soninké », il est accessible en vente sur la plateforme Amazon https://amzn.eu/d/drrG4Kp . Sous le numéro ISBN 9798861394420.
Une brève présentation
Un essai d’inspiration « woke » qui explore principalement un militantisme antiféodal et antiesclavagiste. Au cœur de nos organisations sociales dans certaines zones sahéliennes, un système de castes y régit les rapports sociaux. Ce système est embelli par certains avec d’étranges refrains nostalgiques, en revanche d’autres l’indexent comme porteur d’injustices et de discriminations sociales. Dans ce livre, j’essaie un décryptage du terme « féodalisme ou féodalité » sous le prisme d’un militant partant de certaines réalités factuelles liées au cas soninké. Disséquer aujourd’hui qu’est-ce qu’il y a de féodal et d’esclavagiste dans nos groupes sociolinguistiques ? Et la nature vaillante d’initiatives militantes (individuelles et collectives) pour le changement. Cet ouvrage comme un manuel de compréhension d’un phénomène diffus et difficilement lisible pour certains milieux extérieurs en Europe notamment (police, justice, assistance sociale, études sociales, administrations, ONG…) ambitionne d’être une substance de référence. Je bénéficie d’une honorable Préface de monsieur Gaye Tene Traoré (initiateur du forum abolitionniste et de sensibilisation Ganbanaaxun Fedde dans la communauté soninké). Également mes espoirs sont exprimés à l’endroit de l’intelligentsia communautaire soninké pour plus d’ouverture et de courage sur cette question de société. J’y reprends quelques contributions et réflexions publiées dans le blog sur divers thèmes. Pour la fin en annexe, 4 interviews du Grand Entretien du Blog sont reprises.
La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) vous propose l’interview avec l’étudiant mauritanien M. SouleymaneSidibé. Notre Blog a publié différentes contributions sous sa plume sur des thématiques variées. Ici, il accepte de répondre à nos questions axées sur son parcours et sur des thèmes plus ou moins divers. Nos remerciements à lui pour cette disponibilité.
Ci-après l’intégralité de l’interview :
● Question 1 : Bonjour monsieur Sidibé, nos remerciements pour votre disponibilité, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
SouleymaneSidibé : Bonjour Koundou Soumaré. C’est un plaisir pour moi de répondre aux questions de votre blog. Je m’appelle Souleymane Sidibé. Je suis né à Nouakchott à Sebkha et j’ai passé mon enfance entre Socogim K (notre maison familiale ), Sixième chez mes grand-parents, Socogim Bagdad, Socogim Ps un peu; Ilok K et Tevragh Zeine avec les amis. Je suis nouakchottois. Après les études primaires à Dioukhamadya (Médina 3) jusqu’en première année collège dans le programme mauritanien, j’ai rejoint le système éducatif français en classe de 5ème (2e année collège) au Petit Centre (Ilot K) ; puis au Lycée Privé du Sahel. J’ai quitté la Mauritanie pour Bordeaux après l’obtention du bac S que j’ai passé au Lycée Français Théodore Monod (LFTM) de Nouakchott en 2016. Cela m’a fait découvrir l’Université de Bordeaux en France, à mes 18 ans, dans un parcours Santé que je n’ai pas pu poursuivre ; ensuite, je me suis inscrit en biologie. J’ai également pris des cours en gestion et maîtrise de l’eau dans une université privée .
● Question 2 : Étudiant mauritanien et africain en France depuis quelques années, quelle expérience en tirez-vous jusqu’à là ? Atouts et pièges éventuels à éviter pour des futurs étudiants…
SS : Vieil étudiant, dirais-je. J’avoue qu’être étudiant en France, c’est d’abord être confronté à une autre réalité, un autre rythme de vie et de travail. Les cours sont une continuité de ce que l’on a étudié, mais les codes culturels ainsi que le sérieux demandé, la rigueur et le statut d’étudiant nous renvoient dans d’autres référentiels. Tout d’abord, être étudiant est un statut dans un pays d’accueil pour le nouvel étudiant que je fus. Il fallait étudier en étant dans l’obligation de moyens afin d’attester de ma situation d’étudiant. Il faut fournir chaque année son évolution. L’obligation de réussite s’impose après un ou deux échecs pour ne pas perdre ce statut. La vie estudiantine est un passage dans lequel on suit un apprentissage. Chaque cours, chaque TD, chaque TP, dans le domaine qui est le mien, même ailleurs, est l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau. Ensuite, on élargit ses perspectives en ayant un projet d’études ou en le construisant tout au long, on devient résilient. On apprend à gérer son temps, faire le ménage -ce que ma mère m’avait habitué les fins de semaines-, faire la cuisine ; on cultive ses relations personnelles tout au long. Enfin, pour me permettre de donner un conseil à un futur étudiant ou une étudiante, c’est de croire en soi en étant réaliste. Les études en France demandent des moyens. Il faut des ressources financières, de l’argent. Si l’on n’a pas beaucoup de moyens, on ne peut pas s’inscrire dans certaines écoles. Même si c’est dans le public. Il faut alors ajuster ses ambitions. Et surtout favoriser actuellement les formations avec des alternances quand on a un peu d’aide parentale, familiale. Il est important de rester focus en étant ouvert au conseil. C’est très difficile de faire certains parcours en travaillant, par exemple, dans la restauration en parallèle. Étant donné qu’il s’agit d’un apprentissage et d’un enrichissement continus, parlant de la vie d’étudiant, c’est alors nécessaire de faire régulièrement un bilan de ses expériences. Quand on est là, comme tout le monde, on se met petit à petit dans le bain sans se faire un sang d’encre ou se mettre la rate au court-bouillon. C’est aussi important de changer d’habitude ainsi que prendre soin de sa santé mentale et physique.
● Question 3 : Vous avez publié un recueil de poèmes intitulé La Poésie démeurt, il y a de cela quelques temps, pouvez-vous nous présenter brièvement cet ouvrage et comment peut-on se le procurer ?
SS : La Poésie démeurt est un recueil que j’ai écrit pour déclarer mon amour à la poésie. J’écris toujours et lis dès que l’occasion s’offre. On lit en prélude l’hommage à ma tante décédée à Paris. C’est un livre à sa mémoire. Un format de 68 pages publié chez Les Editions Universitaires (Muse) que je déconseille et un autre chez Amazon contenant 203 pages. Je remets la présentation du livre sur les sites de vente ou en bibliothèque à partir de ISBN 979-8496349680. La Poésie démeurt rassemble des poèmes que j’ai écrits entre 2016 et 2021. Entre cris nocturnes, mélancoliques et réflexions philosophiques, ce recueil s’imprègne d’une écriture rythmée et lamentée par le quotidien. Le recueil de poèmes parle du continent africain, de la patrie, de mes études, de son auteur, de l’amour-ses contradictions, son dévouement et sa belle cruauté-, également de belles choses de la vie, et son épitaphe : la mort. En poète amateur, je survole le monde par les mots en pansant les maux. Je suis un admirateur des grands noms de la poésie à l’image de Ousmane Moussa Diagana de mon pays comme des auteurs de ce que je qualifie de poésie-merveille (parlant de la poésie française). Je dessine mon monde à dessein des autres calamités.
● Question 4 : Ces dernières années, la communauté sooninké vit beaucoup de frictions sociales liées à l’organisation intra-communautaire (féodalisme, discriminations…) et au phénomène de l’esclavage statutaire, comme jeune sooninké lettré en phase universitaire, quelles sont vos réflexions à propos ?
SS : La communauté sooninké a vécu des conflits bien avant la Seconde Guerre mondiale. Des villages sont nés au fil du temps suite à des discordes, des batailles rudes, des installations de campements… Il y a des survivances idéologiques liées à l’esclavage et à la féodalité. Les rapports ancestraux fossilisés pour parler comme le chercheur Sidi Ndiaye animent les imaginaires collectifs de différentes fractions sociales. Nous avons au sein de cette communauté comme dans d’autres en Mauritanie une organisation étriquée que la culture citoyenne doit balayer. Cela n’est malheureusement pas possible d’un simple revers de main. Il faut l’implication des acteurs sérieux des droits humains et des politiques débarrassés des préjugés sociaux. L’esclavage statutaire est une réalité. On voit même des individus avancer des propos pour justifier qu’ils ne sont pas issus d’une certaine catégorisation sociale en indexant d’autres. Il est urgent de se débarrasser de l’idée de la noblesse. L’idée de la citoyenneté doit naître au profit de tous ses maux. Les laada (accords coutumiers) étaient les verrous du rapport subalterne ou dominé socialement (kome, sakke, tage, etc) au moodi (marabout statutaire) et hoore (noble) dans le milieu sooninké. Il y a eu des familles engagées contre cette supercherie pour plusieurs raisons (éducation moderne, fierté culturelle, etc), mais il faut connaître qu’avec l’arrivé du mouvement Gambanaaxu qui un consortium d’association luttant pour l’égalité citoyenne en milieu sooninké, la donne a considérablement changé. On a vu pulluler des contre-mouvements qui ne font ni le poids électoral ni la force de conviction et de sérieux ; nullement comparable se cachant derrière un fantasme social que le capitalisme ne considère pas. L’Etat changera d’allier inévitablement si l’occasion se présente. Les militants de Gambana (l’éveil citoyen) -pour ceux que je connais- ne font pas du militantisme à la carte comparée à bon nombre de d’associations. Je pense simplement que la vie, c’est quelques fois des rapports de force. Il faut arriver à démystifier le discours des tenants de l’ordre inique qui vivent avec nous et nous sourient à longueur de journée. Après les laada, la démystification des discours puérils dans les oreilles d’un citoyen moderne, il faut se former, se donner les ressources financières et tester son coefficient d’adversité. Il s’agit d’un mépris historique, je ne vois pas d’autres voies à part le terrain de la lutte des idées et la revendication du respect. Sur le terrain scientifique, il y a eu des écrits pertinents. Il ne s’agit plus de «cogito», cogiter (penser), mais de “practise” (pratique). La pratique, c’est ce qui est demandé. L’appellation Jabankaanu est le nom redonné à un quartier dans un village du Guidimakha à la place de komo nkani. Ce montre l’esprit alerte de la nouvelle génération, même de l’ancienne de se débarrasser des tares. Avant, certains vieux disaient «o komon kaani», se traduisant par «chez nous esclaves». Cette appellation était implantée dans leur conscience. Je discutais avec un monsieur il y a de cela quelques années. J’ai voulu à travers lui comprendre l’organisation sociale. Je n’ai été au village qu’une fois et ce, étant très petit. Je lui ai avancé quelques arguments pour la destruction des tares. Il me dit que son village -dont je tairai le nom-, c’est pour « leurs esclaves » et eux. J’analysais son discours et essayais de comprendre les mécanismes qui régissent sa pensée et son être. Je lui ai posé la question de savoir s’il pouvait se marier avec une personne issu du groupe qu’il qualifie de komo. Il me répondit : « Non, pour rien au monde. Pourquoi ont-ils accepté cette dénomination ? ». Cette réponse est parlante. Comment on justifie idéologiquement la perception féodale ? C’est pour montrer là que le discours qui légitiment cela doit être attaqué. En tant que jeune apprenant, j’espère continuer à l’être dans ce monde où le savoir et la bonne information sont importants, Il y a des jeunes qui ne tiennent plus compte du référentiel coutumier. Les choses avancent, tant mieux. Tant pis pour les blessés de l’existence qui sont encore attachés à leur illusion. Nous devons aspirer à une chose : c’est la citoyenneté. C’est difficile avec l’absence des politiques publiques, l’école pour tous et les arguments de militants des droits humains. On remarque que la hiérarchisation de la société sooninké suit son cours jusqu’en France. Les noms des foyers ont des connotations. Certains font appel à des religieux coutumiers pour les festivités. Il y a des tenants du système inique. Ces dernières années sont tout de même l’amorce de l’éveil citoyen en masse. C’est du concret.
● Question 5 : Concernant l’éducation, beaucoup d’initiatives sont prises au sein des communautés villageoises sooninké du Guidimakha (système hybride Mahadra- école) en dehors du cadre de l’enseignement étatique, vous y voyez quoi en termes d’inconvénients et d’avantages ? Et quel regard portez-vous sur l’éducation des jeunes filles dans nos communautés ? Et vos préconisations éventuelles en la matière ?
SS : Je ne suis pas un fin connaisseur du village à proprement parler, puisque je n’y ai pas vécu. Je connais l’organisation et observe les individus issus de ce milieu. En ce sens, il m’arrive d’observer et faire mon analyse à partir des ressortissants qui clament leur fierté. Ces dernières années, l’élément religieux (la conduite de la prière, les prêches du vendredi, le tissage des liens matrimoniaux, les baptêmes en partie…) n’est plus une propriété privée d’une famille qui se dit garante de la religion au sein du village ou des villes. La connaissance prime dans les grandes villes, de nos jours. Quelques émigrés financent l’école coranique de leurs enfants pour ensuite construire des mosquées afin qu’ils y enseignent la parole d’Allah. Cette approche n’a pas pour objectif premier de déconstruire les survivances idéologiques. Tout de même, elle aide à l’émancipation des mentalités en mettant en avant l’idée de croyant. Il jongle dans une vision entre le délaissement de ce qui est proscrit (interdit) et la mise en avant de ce qui lui est prescrit à côté de celle que doit véhiculer une nation. Je parle de l’idée de citoyen. Ce que tu appelles système hybride est une juxtaposition de deux systèmes d’apprentissage. D’un côté, on a les madrassas comme on appelle les mahadras dans les milieux ruraux du Guidimakha qui sont un espace pour l’apprentissage de l’arabe et du coran où l’enfant apprend les lettres originelles. Cet apprentissage suit sa pédagogie. Et, d’un autre, on voit l’école – censée être- républicaine. Elle est délabrée à l’instant où j’écris ces quelques mots. Il faut la refonder et assainir de façon matérielle et immatérielle. Malgré les différents manquements, l’école moderne doit être la priorité pour saisir son environnement, assurer son lendemain par une formation classique ou professionnelle et se perfectionner pour la vie en société. On peut entendre par «système hybride», le renforcement de l’arabe et de l’apprentissage de la religion dans le programme scolaire. A Nouakchott, les enfants arrivent à apprendre les lettres «originelles» à la maison. On doit favoriser l’école à mon sens pour la formation qualitative axée sur l’aspect citoyen et technique. Nos universités doivent accueillir des étudiantes et étudiants ayant des prérequis (savoir et savoir-faire) pour affronter le monde du travail, la recherche scientifique et laisser en place des filières pour les personnes désireuses de continuer dans les sciences sociales et les sciences dites islamiques. Ce n’est pas le rôle des collèges et lycée. Ce système hybride dans le deuxième cas est un échec assuré. Concernant les jeunes filles appelées à devenir des femmes à partir de la maturité, notre société doit comprendre qu’elles sont des citoyennes entières et non pas à part entière. L’hypersexualisation dès le bas âge avec tout un pan culturel doit cesser. Les jeunes femmes doivent assurer les mêmes postes, car elles ont droit aux mêmes qualifications. Je vais de ce principe. Combien de familles ont sacrifié les études de jeunes femmes à cause d’un mariage ? Cette «programmation » au foyer met en danger des vocations. Le manque d’éducation est un danger pour la santé même. Comment comprendre la reproduction féminine et les maladies qui n’épargnent pas à l’image des cancers du col de l’utérus et du sein qui sont fréquents ? C’est à travers l’éducation que l’on agrandit ses horizons, et l’école est le point le plus crucial pour arriver à se construire. Je pense que l’on ne peut pas inventer d’autres combats. Soutenons les combats sur le terrain, partageons et mettons en valeurs les femmes qui se sont émancipées du poids social pour émerger. Elles sont nombreuses. Quand il y a souvent des sorties pour la promotion de l’éducation des jeunes filles, on voit plus d’hommes et peu de femmes. Toute occasion est bonne pour faire la promotion du système patriarcal qui prédomine. Les choses bougent dans les grandes villes. Hélas, on peine encore à recenser des filles parmi les admis au baccalauréat dans les villages. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une sensibilisation au sein des terroirs. La volonté y est, mais les moyens étatiques sont maigres. L’assertion de Cheikh Sadbouh Kamara est comprise dans certains foyers. «De nos jours, le premier mari d’une femme, c’est son salaire », disait-il. Le projet professionnel et la compétence avant le projet matrimonial.
● Question 6 : Vous publiez régulièrement sur les réseaux sociaux (votre page Facebook notamment) sur diverses thématiques, quelle analyse faites-vous de la situation politique et sociale mauritanienne après les élections générales de mai 2023 ?
SS : Effectivement ! Je publie très souvent l’actualité sur ma page personnelle, en me laissant aller vers l’interrogation critique, et comme tout le monde, avancer quelques opinions sur la politique… Les Live de Souleymane est ma page où des invités donnent leurs avis sur diverses thématiques. Les directs sont un moment de militantisme ou de débats, d’échanges. Quant à la situation politique après les élections législatives de mai 2023, on remarque une nouvelle configuration. Cette nouvelle configuration politique est le résultat de tiraillements des dernières décennies. Les grandes figures de l’opposition politique dont on ne voyait pas – à priori- une alternance au sein de leur mouvement se sont retrouvés derrière des partis naissants, nés de compromis ; même sur des bases militantes pour certains. Le pouvoir a tout de même su maintenir sa domination sur le terrain politique. La politique politicienne et le populisme ont également de beaux jours devant eux. C’est le constat. A côté, la situation socio-économique devient alarmante. Des réformes voient le jour. Quelles sont leurs finalités ? On se demande. L’arabisation est un facteur qui contribue à la dégradation de l’école censée être républicaine. Que faire ? Pour être bref, les choses suivent leur cours. La politique qui reste le tremplin pour l’ascension se détourne de vraies questions. Les partis qui posent certaines questions essentielles en passant sous silence d’autres ou dont les dirigeants minimisent le sens des choses ne sont pas reconnus. Il est important de noter que ces dernières élections ont montré que le citoyen et son vote comptent. Les personnes dites d’extractions serviles ou d’ascendance servile ont manifesté leur rapport de force dans la bataille politique au sein du Guidimakha. Si les survivances idéologiques font écho dans le traitement politique au sein de l’appareil étatique, l’opposition n’en est pas indemne. Il y a une conscientisation face aux enjeux et aux défis économiques, le partage des richesses, etc., au sein des communautés mauritaniennes dont celle haratine longtemps délaissée.
● Question 7 : Sur le cas du Sénégal, nos voisins, durent des remous sociaux et politiques autour de l’opposant Ousmane Sonko du Pastef (dissous récemment), en tant qu’observateur que se joue réellement entre l’actuel régime et le camp Sonko ?
SS : Tout d’abord, il faut souligner ma proximité avec certains cadres du parti des patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Disons que la plupart des membres de Pastef sont plus dans le militantisme que dans les calculs politiques. Ils sont dans une logique de construire le Sénégal qui selon la vision de Felwine Sarr ainsi que d’autres intellectuels est entrain de perdre ses acquis démocratiques. Ces «remous» partent de l’expression de la volonté de l’actuel président de réduire l’opposition à sa simple expression». Ce type de pensée est connu des chefs d’Etats dans les démocratures. On remarque l’instrumentalisation de la justice, des arrestations arbitraires, des femmes séparées de leurs nourrissons,des hommes torturés, des personnes qui optent pour le silence dans une atmosphère de tension politique où toute cette brutalité est dirigée vers les Patriotes et leur président arrêté. La question du troisième mandat est écartée, le pouvoir en laissant cette opposition faire campagne risque de se retrouver devant les tribunaux. Quelques personnes de l’administration, juges, etc., refusent de céder à des manœuvres politiques qui ne disent pas leurs noms. Ce qui m’impressionne, au Sénégal, deux membres d’une même famille peuvent être de bords politiques différents, tout en étant dévoués. Cela montre la maturité politique des sénégalais. Tout de même, quel que soit celui qui présidera aux destinées du Sénégal, il aura pour premier objectif politique de décrisper la scène politique.
● Question 8 : En quelques mots, quelle substance en matière de réflexion donnez-vous comme définition au panafricanisme aujourd’hui ?
SS : Le panafricanisme est un mouvement politique et idéologique qui va de l’histoire africaine (esclavages, colonisation…), de la lutte pour l’indépendance, de la philosophie africaine, culture, et tant d’autres choses pour mettre en avant une unité africaine. Cette idéologie s’attaque de prime abord à l’impérialisme économique et au néocolonialisme, de nos jours. Je conseille un enregistrement avec Dr Amzat sur ma page les Live de Souleymane Sidibé intitulé : Le panafricanisme à l’ère du numérique. Il est historien spécialiste du panafricanisme.
À l’occasion de la publication et de la présentation des travaux du Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage au Conseil des droits de l’homme, nous avons pris connaissance avec beaucoup d’attention la teneur du rapport concernant la Mauritanie. Ainsi, la visite effectuée par monsieur TomoyaObokata a été pertinemment détaillée au cours de la Cinquante-quatrième session du Conseil (11 septembre – 6 octobre 2023), point 3 de l’ordre du jour : « Promotion et protection de tous les droits de l’homme, civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, y compris le droit au développement »
Nous saluons la pertinence du diagnostic établi sur la situation générale de notre pays et les recommandations d’une grande importance que nous espérons, seront prises en compte fermement par nos hautes autorités avec beaucoup de célérité.
Dans ce rapport très fourni, les points 29 et 30 nous exposent les réalités de l’esclavage sous toutes ses manifestations assimilées au sein de nos communautés nationales. Lire comme suit leur substance :
« ● 29. L’esclavage existe au sein des communautés arabophones (Maures) et négro-mauritaniennes (Soninké, Wolof et Peuls). La communauté maure se compose de deux groupes, les Beydanes, groupe dominant d’origine arabo-berbère, et les Haratines, descendants d’esclaves originaires des communautés noires du sud de la Mauritanie, qui partagent une culture commune avec les Beydanes. Les Haratines sont soumis à l’esclavage traditionnel depuis toujours, bien que cette pratique soit peut-être moins répandue aujourd’hui que par le passé. Même en l’absence de liens formels de « propriété », de nombreux Haratines restent économiquement, socialement et culturellement dépendants des personnes qui les ont longtemps réduits en esclavage, car ils n’ont pas d’autres solutions économiques viables et sont victimes de discriminations multiples.
● 30. Dans les communautés négro-mauritaniennes, le système de castes maintient les descendants d’esclaves dans une situation de dépendance économique, sociale et culturelle vis-à-vis des membres des castes dominantes, comme on le voit par exemple chez les Soninké. Le Rapporteur spécial a rencontré des membres de castes opprimées qui lui ont dit qu’ils étaient toujours dépendants des castes dominantes pour accéder à la terre et aux infrastructures collectives essentielles, comme les points d’eau et les marchés, se heurtaient à la ségrégation dans les lieux de culte et étaient exclus de toute participation aux décisions d’intérêt collectif. D’après les témoignages reçus par le Rapporteur spécial, cette discrimination est exacerbée lorsque les membres des castes opprimées rejettent l’identité d’esclave que leur imposent les castes dominantes. Lorsqu’ils tentent de dénoncer la discrimination illégale dont ils font l’objet auprès des autorités et des instances locales, au mieux, rien ne se passe, au pire, ils sont victimes de menaces, de harcèlement et de violence. Dans bien des cas, il existe clairement une situation de contrôle, de coercition et de dépendance. »
Le propros est plein de justesse en nommant les violations graves des droits humains liées à l’esclavage par ascendance dans nos communautés, notamment dans la société soninké. Ainsi relevé par l’émissaire onusien lors de sa visite et dans sa présente communication, l’esclavage par ascendance doit être pris sérieusement en compte dans les décisions et initiatives étatiques pour l’abolir définitivement avec l’adaptation de l’arsenal juridique aux réalités en questions. Le système de castes porte le noyau toxique et discriminatoire de ces réalités sociales qui sévissent avec une certaine impunité quasi complice.
Nous réitérons notre appel aux hautes autorités, aux institutions para étatiques (CNDH, Commissariat aux droits de l’homme…) et à l’ensemble de la société civile militante, pour qu’un débat public s’ouvre sur cet esclavage par ascendance et le système discriminatoire de castes. Ces phénomènes nuisent foncièrement aux liens sociaux et communautaires et portent atteinte gravement à la cohésion nationale.
Initiative de Résurgence Abolitionniste(IRA) Communiqué :
Mauritanie : cet esclavage qu’on ne saurait voir https://reliefweb.int/report/mauritania/visite-en-mauritanie-rapport-du-rapporteur-special-sur-les-formes-contemporaines-desclavage-y-compris-leurs-causes-et-leurs-consequences-tomoya-obokata-ahrc5430add2 Nous le dénonçons tous les jours et faisons, de son éradication, le combat de notre vie : l’esclavage en Mauritanie existe, malgré les dénégations des auteurs et de leurs complices. La posture de la fermeté implique notre diabolisation par le pouvoir d’Etat et l’assise conservatrice dont il tire sa force dans la société. L’acharnement sans précédent contre le mouvement abolitionniste et citoyen revêt plusieurs formes et ainsi se renouvelle, non sans adopter, à titre de constance, la mauvaise foi et la diversion. Pourtant, le Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani, avançait avec nous sur le plan du dialogue et de l’apaisement entre le gouvernement et la société civile indépendante et active. Or, brusquement, son camp et lui se braquèrent lorsque l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira) rencontra le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les formes contemporaines d’esclavage ; durant l’entretien, notre association exposa, fidèlement, selon ses habitude et vocation, l’actualité des inégalités de naissance et leur fondement religieux-racialiste. L’audience de mai 2022, portait sur l’esclavage, le système de castes, les formes de dépendance assimilées et l’impunité globale qui vise, d’abord, les descendants d’africains subsahariens. L’aile dure, suprématiste et obscurantiste du pouvoir a convaincu, le Chef de l’Etat, de rompre le dialogue, avec Ira, s’agissant du défi de défense et de promotion des droits humains en Mauritanie. La rupture unilatérale entraîna une régression, qui désormais se présente en retour au point de départ, avec son lot de harcèlement, de soupçon et de brutalité policière. Le ministre de l’Intérieur, représentant de la réaction au sein du régime, porte la responsabilité de la dégradation en cours. Voici quelques conséquences : 1. Nos manifestations, autorisées ou non autorisées – c’est le cas le plus souvent – sont violemment réprimées ; 2. Notre Ong Ira est exclue des activités officielles tant qu’elles traitent de la dignité de la personne ; quand notre vigueur initiale outrepasse le seuil de pensée et d’action arbitrairement défini par les maitres d’hier, ceux-là nous réputent extrémistes, voire racistes. N’est-ce pas ironique ?! 3. Nos militants et sympathisants sont traqués, surveillés, espionnés en Mauritanie et à l’étranger, y compris le député Biram Dah Abeid. Confirmation de la légitimité de notre combat par les instances Onusiennes En dépit d’un tel luxe d’obstruction et de malveillance, le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, lors de sa 54ème session consacrée à la promotion et à la protection de tous les droits de l’homme, civils, politiques, économiques, sociaux et culturels – y compris au développement – a relevé, sans ambigüité, que l’esclavage persiste dans les communautés arabophones (Maures) et négro-mauritaniennes (Soninké, Wolof et Peuls). D’ailleurs, le rapport sacrifie au détail : « La communauté maure se compose de deux groupes, les Beydanes, groupe dominant d’origine arabo-berbère, et les Haratines, descendants d’esclaves originaires des communautés noires de la Mauritanie, qui partagent une culture commune avec les Beydanes. Les Haratines sont soumis à l’esclavage traditionnel depuis toujours, bien que cette pratique soit peut-être moins répandue aujourd’hui que par le passé. Même en l’absence de liens formels de « propriété », de nombreux Haratines restent économiquement, socialement et culturellement dépendants des personnes qui les ont longtemps réduits en esclavage, car ils n’ont pas d’autres solutions économiques viables et sont victimes de discriminations multiples » Parlant de la même réalité à l’intérieur des communautés négro-mauritaniennes, le rapport Onusien souligne : « Le système de castes maintient les descendants d’esclaves dans une situation de dépendance économique, sociale et culturelle vis-à-vis des membres des castes dominantes, comme on le voit par exemple chez les Soninké ». Le document précise, également « qu’on observe de nombreuses formes contemporaines d’esclavage en Mauritanie, notamment le travail forcé, l’exploitation par le travail et la servitude domestique. Ces formes d’esclavage concernent les Mauritaniens, quelle que soit leur origine, ainsi que les migrants ». La teneur du texte Onusien conforte notre lutte car il reconnaît, explicitement, l’existence de l’esclavage en Mauritanie. Hélas, la dénonciation des abus nous a valu la haine, l’humiliation, la prison et même l’exil, pour certains. Il est grand temps que les autorités Mauritaniennes arrêtent d’occulter l’évidence. La supercherie de la lutte contre l’esclavage Tous les régimes qui se sont succédé à la tête du pays jouent l’identique stratagème de l’hypocrisie, face aux organisations internationales. En effet, voilà un Etat qui nie l’existence de la servitude de caste et, dans le même temps, mène un combat inique contre les activistes de l’égalité, tout en votant des stipulations de répression de l’esclavage ! Les autorités poussent le cynisme jusqu’à créer des chambres spéciales en charge d’appliquer les lois en question…. Aux fins de tromper les instances internationales des droits de l’homme, la Mauritanie fabrique une panoplie d’institutions de l’enfumage : commission nationale des droits de l’homme, commissariat aux droits de l’homme, mécanisme national de prévention de la torture, instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants, médiateur de la République et bien d’autres sinécures dont la distraction du public constitue l’unique finalité. L’ensemble des paravents précités tombe aux mains de personnes connues par leur acclimatation biberonnée à l’emploi fictif, source de confort et d’immunité. En contrepartie des privilèges indus, chacune se charge de remplir sa part du faux, du dénigrement et de l’esquive. Il s’agit de coquilles vides à l’adresse de diplomates et de membres d’institutions internationales que leur bonne foi prédispose à la crédulité. Néanmoins, la déclaration du rapporteur onusien, publiée à Genève pendant le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, lors de sa 54ème session, de surcroît en présence d’une délégation officielle de la Mauritanie, est venue, dans ses grandes lignes, tarir la source du mensonge, du moins l’instant d’une sidération, avant le réveil des contrefacteurs. Au scandale soigneusement tu par la presse du système, s’ajoute le constat de procès bien ciblés ou les accusés, certes justiciables de « crimes contre l’humanité », comparaissent libres ou in absentia. Au terme du jugement, instruction est donnée, à toutes les forces de police et de sécurité, de ne jamais arrêter ni même signaler le prévenu. Cependant, la sentence destinée à envoûter la communauté internationale est largement diffusée. Quand l’énoncé de la peine atteint 10 années de réclusion criminelle, le condamné sort de prison, 2 à 3 mois plus tard, après que le gouvernement a exploité la médiatisation de la sentence. L’étranger floué l’ignore, l’opinion locale s’installe dans l’indifférence et le tour est joué ! Le projet de loi karama, autre épisode de la dissimulation Le 6 octobre 2023, un groupe d’expertes de l’ONU critiquait, pendant une conférence de presse à Nouakchott, le «déni» des violences du genre, en Mauritanie. Mme Meskerem Geset Techane, présidente adjointe du groupe de Travail des Nations unies sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles, l’a qualifié de problème le plus grave. Non sans courage, malgré les insultes et les menaces de pseudo-journalistes pro gouvernement et d’inspiration daeshienne, elle trouva les mots justes, sans surenchère ni complaisance. Des parlementaires et des « érudits », souvent proches du pouvoir, montèrent au créneau pour dénoncer le texte qu’ils jugent contraire à la loi islamique et à la Constitution. Avec l’aval d’une aile conservatrice du gouvernement et des affidés de l’Etat profond, des manifestations pullulaient, partout sur le territoire, afin d’intimider les associations des droits de l’homme et d’étouffer la voix de l’émancipation. Nous dénonçons, ici, la très forte probabilité d’un complot visant à dire, aux partenaires onusiens et du monde libre, « exonérez-nous de cette norme encombrante sinon, en l’adoptant, nous nous exposons aux foudres de Daesh et d’Alqaida » ! D’ailleurs, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au cours du dernier conseil des ministres, vint rassurer le bloc historique, en affirmant que «rien ne sera fait qui soit contraire à la charia » ; il évoque la même charia de Mauritanie dont les livres codifient l’esclavage, la minorité de la femme et sa chosification. Dans le domaine des droits humains et de gouvernance vertueuse, la sincérité du gouvernement reste à prouver. Il navigue toujours au fond des eaux troubles de l’ambivalence et de la quête de financements, loin de consentir la moindre contrepartie, en termes de réalisation. Aux amis et alliés stratégiques de la Mauritanie d’en tirer l’amère leçon : dans ce pays, le sérieux est pénurie ; derrière quasiment tout ce qui s’y affiche, sous les oripeaux de la solennité, avance une menterie masquée…
LETTRE OUVERTE, NOTRE LETTRE OUVERTE A TOUTES ET TOUS : Chère compatriote, cher compatriote, voici une lettre ouverte adressée à nos dirigeants, à Monsieur le Président de la République Islamique de Mauritanie en premier chef. Cette lettre est une requête, mais aussi une protestation. C’est une demande, mais aussi l’expression d’un refus d’une horrible injustice, celle qui s’apprête à s’abattre sur la tête de centaines de milliers de nos compatriotes privées, d’enrôlement, privés de pièces d’état-civil. Vous devez vous dire, « mais elle est envoyée par qui? ». Eh bien elle est envoyée à nos dirigeants par « nous », nous, c’est à dire par moi, par toi, par tout mauritanienne ou mauritanien qui souscrit au contenu de cette lettre. Si tu n’y souscris pas, ne l’envoie pas, ni ne la transfére. Mais si tu y souscris, envoie la par tout canal à tous ceux que tu penses devoir l’envoyer, à nos dirigeants: du Président au chef de centre d’état-civil, en passant par le député de ta circonscription, le maire, l’ambassadeur ou tout autre représentant de l’autorité), ainsi bien sûr que tes contacts. Nous serons peut-être des dizaines, des centaines, des milliers ou des dizaines de milliers, cela ne dépend que de chacun de…nous! In cha Allah.
LETTRE OUVERTE
A Monsieur Le Président de la République Islamique de Mauritanie.
A Nos dirigeants politiques, administratifs, religieux et coutumiers.
Objet : Le recensement biométrique et l’arrêté précisant la fin de mission à la date du 31/12/2023, des commissions d’identification national, fermant ainsi définitivement toute possibilité de déclaration auprès du RPTS à tout personne âgée de plus de 6 ans, sauf en vertu d’une décision judiciaire Le 28 Rabî’al awwal 1445 / 13 octobre 2023. Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Que les Grâces, la Paix et le Salut soient sur notre Prophète Mohamed (S.A.W.). Nous profitons de ce mois de Rabî’al awwal, mois de naissance de notre bien-aimé Prophète Mohamed (S.A.W.) pour vous interpeller à propos du grave sujet cité en objet, à savoir « l’enrôlement et sa date de clôture définitive fixée par arrêté, au 31/12/2023.
Puisse Allah nous faire profiter, de tous les bienfaits de ce mois. Amine. « Rappel du contexte »
Depuis maintenant près de douze ans, une large frange de mauritaniens, estimée entre 300.000 et 500.000 personnes, soit près de 10% de la population mauritanienne, sont, eux ainsi que leurs familles, quotidiennement confrontés de façon dramatique, à leur impossibilité d’accéder à leur premier droit administratif élémentaire, à savoir se recenser pour avoir un Numéro National d’identification (NNI) leur permettant d’avoir une pièce d’état-civil. Ce sésame obligatoire pour avoir accès au statut formel de citoyen et à n’importe lequel des droits et/ou devoirs rattachés à la qualité de citoyen mauritanien.
Monsieur le Président, lors de la campagne électorale précédent l’élection présidentielle de 2019 et lors de votre prise de fonction, vous aviez promis aux mauritaniens de les traiter avec justice. L’accent mis sur la Justice est fort pertinent et justifié car, c’est bien elle, la Justice qui nous mènera à la Fraternité réelle et à la préservation de l’Honneur de toutes et tous ; de toutes les communautés nationales, in cha’Allah. Conformément à notre devise Honneur – Fraternité – Justice.
Vous avez à maintes reprises mis l’accent sur l’importance du renforcement de l’unité nationale et de l’engagement citoyen. Or est-il possible de demander aujourd’hui à une personne de se comporter en citoyenne/citoyen tout en la privant de sa reconnaissance en tant que citoyenne/citoyen ?
Vous avez également souligné à maintes reprises l’importance pour vous de lutter contre les séquelles de l’esclavage. Or peut-on lutter d’une part contre les séquelles de l’esclavage et d’autre part enchaîner des personnes de par la privation des actes consacrant leur appartenance en toute liberté à la nation mauritanienne ?
Quel est le lot quotidien possible pour une/un mauritanienne – mauritanien sans-papiers ?
– Ne peut accéder à l’instruction ou plus largement à l’éducation pour soi tout comme pour sa progéniture (scolarité plafonnée au CM2, sauf « dérogation »), à la santé, à la propriété, à l’héritage, à la vie conjugale dans l’acception administrative et judiciaire. – N’est point libre de ses mouvements (voyager) tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. – Ne peut participer à toutes les manifestations de ses droits parmi lesquels s’inscrire sur une liste électorale pour choisir ou se faire choisir parmi les dirigeants locaux ou nationaux du pays.
Vous conviendrez avec nous que ce tableau est fort sombre tant pour celle ou celui qui en pâti que pour le pays. L’annonce de l’arrêt définitif (hors procédure judiciaire), au niveau national du processus d’enrôlement au 31/03/2023, tombe comme couperet anéantissant presque définitivement l’espoir de centaines de milliers de mauritaniens de recouvrer leur statut de citoyen et les condamne à rester des citoyens- fantômes dont la condition sous l’angle des conséquences susmentionnées, rappelle fortement celle de la servitude. Et dans ce cas spécifique, c’est bien l’Etat qui les assigne à cette condition, rien d’autre.
« Rythme des travaux actuels des commissions d’identification national – exemple illustratif : le cas de la commune de Neere Waalo»
Neero Waalo est une petite commune composée de 13 villages, située dans la région du Gorgol. Cette commune compte XXX habitants dont 1827 habitants non encore « recensés » au 31/07/2023. Entre le 01/08/2023 et le 20 septembre, 324 personnes ont été recensées, sur les 1827 restantes à recenser, soit un peu moins de 18%. Parmi ces 324 personnes, seules 37 ont reçu un NNI, soit environ 2% des 1827 personnes. Et sur ces 37 qui ont reçu un NNI, aucune ne s’est encore « photographié », pour pouvoir avoir une pièce d’identité !
Voilà ce qui a été fait en 50 jours environ. Il reste environ 100 jours avant la date butoir fixée par l’Etat. A ce rythme à quoi faudrait-il s’attendre au 31/12/2023 ? Combien de malheureux avec femmes et enfants seront laissés sur le carreau ?
Aux non-recensés à l’intérieur du pays, s’ajoutent ceux forts nombreux à l’extérieur du pays, parmi les déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali ainsi que parmi les émigrés. Soulignons également que les régions du Sud de la Mauritanie sont de loin les plus touchées par ce phénomène des difficultés rencontrées pour se recenser.
« Nos doléances » S’agissant de la question du recensement biométrique qui prive une partie des mauritaniens de l’acte par lequel se matérialise leur citoyenneté mauritanienne, vous avez la haute main pour sortir cette large frange de la population, des inquiétudes quotidiennes qui les taraude dans un monde devenu celui des « pièces », des justificatifs. Pour toutes les raisons évoquées précédemment, nous vous demandons donc avant tout, de bien vouloir s’il vous plaît, annuler ou suspendre dans les plus brefs délais cet arrêté qui fixe au 31/12/2023 la date de fin de mission des commissions d’identification national, car il est à présent évident qu’au rythme où se déroule le recensement, la majorité des personnes non encore recensées, ne le seront pas au 31/12/2023. Maintenir cette date, c’est plonger sciemment des centaines de milliers de nos compatriotes dans le désarroi de l’apatridie. Nous ne pouvons croire que vous puissiez accepter cela sans agir, conformément au Hadith se rapportant à la conduite à tenir face à l’injustice. Nous ne pouvons croire qu’un dirigeant de ce pays, tenant à la Justice, qu’il soit dirigeant politique, religieux, administratif ou coutumier puisse accepter cela sans agir, sans le dénoncer. Nous ne pouvons croire que le Peuple Mauritanien puisse l’accepter. L’Histoire nous apprend que la sédimentation de faits injustes a été à l’origine du chaos dans bien des contrées de par le monde. Elle fut à l’origine de bien de révoltes et de révolutions. En effet dans un pays, le chaos naît le plus souvent du désespoir. Or le désespoir a presque toujours, pour origine l’injustice.
Et en l’occurrence, dans notre pays, ce que l’Etat doit le plus craindre, ce n’est pas un groupe de personnes ou un homme quel qu’il soit, mais bien l’injustice qui étend son emprise maléfique sur un nombre croissant de nos concitoyens.
Cette injustice qui pourrait devenir le levier qui poussera de plus en plus de jeunes ou moins jeunes vers des issues peu souhaitables dont la radicalité, l’extrémisme (qu’il soit religieux ou autres), ou tout simplement la délinquance. Ne tentons pas le diable en nous rapprochant dangereusement du point de rupture. Ce qui n’est nullement le souhait de (toute) la population mauritanienne. Nous vous demandons également de donner des directives fermes pour que les centaines de milliers de nos compatriotes « sans-papiers » dans leur propre pays, puissent tous être recensés rapidement ; et surtout que le processus aille jusqu’au bout, se matérialise par la fourniture à chacune et chacun d’eux, d’un NNI ainsi que la prise de la photo nécessaire à l’établissement d’une pièce d’identité. Que la cadence du recensement soit accélérée…
Si vous vous décidez à régler ce problème qui ne nécessite aucun dialogue politique ou social préalable, mais juste la volonté de le résoudre, vous trouverez parmi nos milliers de diplômés, chômeurs ou non, des ressources humaines capables d’accélérer le recensement de nos compatriotes qui ne le sont pas encore, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur du pays.
Il sera possible à travers une décentralisation des activités et une implication réelle des maires, imams, chefs de villages, ONG, CNDH, … d’atteindre les résultats attendus, probablement en moins d’une année. In cha’Allah.
Pour ceux qui argueraient, pour ralentir le processus, le risque de naturaliser quelques non- mauritaniens, nous disons qu’il est infiniment moins grave pour un pays (surtout avec une densité de population comme la nôtre), de naturaliser quelques non-mauritaniens plutôt que de denier leur citoyenneté à des Mauritaniens. Certes il y’a lieu de déplorer que pour certains comme Aldjouma Cissoko (R.A), c’est malheureusement trop tard. Rompons avec les populistes ou les tenants de thèses ne servant que de gagne-pain, qui veulent dénier à des Mauritaniens ce qu’ils sont. Soixante ans d’indépendance doivent nous permettre de pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie.
Tout citoyen auquel on refuse ce droit fondamental d’avoir des actes délivrés par son pays pour lui reconnaitre son appartenance à la nation, ne peut croire à une promesse quelconque d’amélioration de sa situation par les autorités de son pays.
La résolution de ce problème qui se trouve être parmi les problèmes fondamentaux de notre pays, redonnerait espoir à bon nombre de nos concitoyens et renforcerait votre crédibilité ainsi que celle de l’Etat quant à la tenue des promesses faites notamment lors de la campagne électorale. C’est notamment pour cette raison que nous pensons que la Mauritanie, l’Histoire de la Mauritanie se souviendra de toutes les façons de ses dirigeants actuels, de vous, de ce quinquennat.
Elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment comme ceux, grâce auxquels le pays a enfin redressé la barre, a choisi la bonne « quibla » (direction) politique qui mène à la stabilité, à la prospérité, à l’épanouissement dans l’Honneur, la Fraternité et la Justice, in cha’Allah. Ou alors, au contraire, elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment, pour des raisons à l’opposé de celles que nous venons d’énumérer…
Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre pays, ne le ratons pas. Bien sincèrement, Les signataires : Nous, tout(e) mauritanien(ne) qui est d’accord avec le contenu de cette lettre ouverte
Madar – La Fondation Sahel, en partenariat avec le projet Voice a organisé samedi 14 octobre une formation au profit des ayants droit sur la loi 83-127 portant réforme agraire en Mauritanie.
« Elle a pour but de doter les victimes de l’esclavage foncier spoliées leurs terre des outils de lutte et d’accès à leurs droits », a indiqué le Président de la Fondation Sahel M. Brahim Bilal Ramdhane. Une conférence a été présentée par Dr Ali Ould Douh qui a expliqué le cadre réglementaire, ainsi que le suivi des litiges immobiliers et les procédures procédurales suivies sur le terrain.
Professeur aux universités de Noaukchott et d’Aioune, Dr. Douh a abordé les problèmes les plus importants posés par les litiges fonciers. Il a exposé les moyens pour les résoudre.
Selon lui le rôle du pouvoir judiciaire et de l’administration dans leur résolution de ces litiges ainsi que la sagesse doivent être mis en avant dans la gestion des conflits avec pour but de d’établir les droits et expliquer les décisions rendues concernant les litiges fonciers.
Pour sa part, le Président de la Fondation Sahel, Brahim Bilal Ramdhane, a cité quelques exemples de litiges fonciers et des dossiers pendants devant la justice et les autorités compétentes.
Il a conseillé aux titulaires de droits la nécessité de les doter d’une culture juridique dans le domaine et de solliciter l’assistance de spécialistes. Il a recommandé notamment le recours à des juristes et avocats afin de régler les problèmes liés aux litiges fonciers, en particulier ceux liés à l’exploitation des terres agricoles.
Destinée aux ayants-droits, cette formation a permis à la Fondation Sahel de leur expliquer la loi et de leur faire comprendre les moyens de la faire appliquer. Il a été notamment question de mieux expliciter les procédures d’obtention des terres cultivables.
L’honorable député des mauritaniens établis en Europe, Monsieur Issa Mansega DIAWARA, quand est-ce que les commissions dites d’identification arriveront-elles en Europe pour recenser les mauritaniens ?
Je tiens avant tout Monsieur le député à vous souhaiter une excellente rentrée de session parlementaire. Monsieur le député, le 4 juillet 2023 le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a pris un arrêté sous le n°0698 portant création des commissions d’identification. Aussitôt, quelques jours plus tard ces commissions dites d’identification ont été constituées et déployées à l’intérieur du pays avec un bref délai de 6 mois (voir l’article 19 de l’arrêté qui met fin aux missions de ces commissions à la date du 31 décembre 2023), pour aller donner un état civil fiable et sécurisé aux mauritaniens qui n’en ont pas ou qui étaient privés de ce droit fondamental et inaliénable. Jusqu’aujourd’hui (à 2 mois de la fin des opérations) aucune commission d’identification n’a été déployée en Europe pour venir recenser les centaines et milliers de mauritaniens vivant dans cette circonscription dont la plupart d’entre eux sont devenus des apatrides. Ce qui constitue à mon sens une discrimination et une grave violation de l’article premier de la constitution mauritanienne.
Cependant, Monsieur le député, pour rappel le 27 mai 2023 vous avez été élu par les mauritaniens établis en Europe afin de pouvoir trouver des solutions à leur préoccupation et besoin mais aussi de défendre leurs droits les plus fondamentaux particulièrement les questions liées à l’état civil et le recensement. Aussi, pour rappel dans votre lettre du 11 juillet 2023, vous sollicitez les mauritaniens de la diaspora, je cite « …à aller se présenter devant les commissions d’identification de l’intérieur pour leur recensement ». Devrais-je vous dire que votre mission Monsieur le député n’est pas celle d’inciter les mauritaniens de l’Europe à aller se faire enrôler à l’intérieur du pays sans se soucier de leur condition de vie et travail mais plutôt de les aider à les rétablir dans leur droit fondamental… L’honorable député, je dois vous rappeler que l’une des problématiques cruciales que rencontrent nos compatriotes établis en Europe est celle du recensement. Cette question constitue un problème majeur pour nos compatriotes et qui fait que certains d’entre eux sont devenus des apatrides et d’autres des sans-papiers et par voie de conséquence des sans-emploi. Monsieur le député, faites votre travail comme cela se doit en interpellant le ministre de l’intérieur sur ce sujet afin que le principe d’égalité de traitement de tous les mauritaniens devant la loi prévu par le préambule de notre constitution et l’article premier de ladite constitution soit bien respecté. Sans doute l’égalité devant la loi est un principe à valeur constitutionnelle garanti dans toutes les grandes démocraties et par l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Pour rappel Monsieur le député, aux termes de l’article premier de la constitution mauritanienne « La République assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale l’égalité devant la loi ». En d’autres termes, les personnes dans la même situation doivent être traitées de manière identique pas plus ni moins ; la République doit garantir un traitement équitable pour tous les mauritaniens devant la loi car il existe une seule et unique Mauritanie : la République islamique de Mauritanie. Malheureusement, tel n’est pas le cas car on assiste depuis la mise en place de ces commissions d’identification deux mauritaniens : le mauritanien de l’intérieur et celui de la diaspora. Ce qui constitue une rupture flagrante d’égalité de traitement des citoyens devant la loi ; votre silence sur ce sujet inquiète la diaspora et pourrait vous rendre complice de cette violation manifeste de certaines dispositions constitutionnelles.
Monsieur le député, pour conclure j’ai une question principale et toute simple : A quand (donnez-nous une date précise) l’arrivée des commissions d’identification et d’enrôlement en Europe ? L’urgence la plus absolue pour nous, les autres mauritaniens de la diaspora c’est le recensement.
Monsieur le député, de grâce ne venez pas avec des réponses toutes faites comme quoi, la constitution et l’envoi des commissions d’identification en Europe ne relèvent pas de vos compétences mais celles du ministre de l’intérieur. Sachez que je sais faire la distinction entre les compétences d’un ministre et celles d’un député. Monsieur le député, je vous demande de jouer votre rôle de député et d’agir le plus vite avec détermination pour les mauritaniens établis en Europe. Je vous prie de croire Monsieur le député, à l’assurance de ma haute considération.
Dr Boubou BA Membre associé au centre de recherche d’histoire et d’anthropologie du droit (CHAD) Université de Paris10-Nanterre Juriste aux services des urgences familiales et à la chambre du conseil Au palais de justice de Pontoise-France
Le Soninké est désormais une langue reconnue par l’UNESCO avec à la clé une journée internationale de la langue Soninké, le 25 septembre de chaque année.
C’est en soi une victoire pour tous les locuteurs de la langue Soninké et particulièrement, celle de la Confédération Internationale des Associations Soninké (CIAS), de l’Association pour la promotion de la culture et de la langue soninké (APS), de Wagadou Sané et même du Festival International Soninké (FISO).
Ces différentes organisations, porte-voix de la langue et la culture Soninké ont assurément contribué à la concrétisation de ce projet visionnaire, qui ouvre des perspectives prometteuses pour la langue et la culture Soninké.
Par cette reconnaissance, l’UNESCO atteste de la vitalité de la langue Soninké et sa capacité d’être une langue d’enseignement, de scolarisation et porteuse de génie et de savoir singuliers.
Le Soninké rentre ainsi dans la cour des grands, en cessant d’être réduit à l’expression folklorique ou regardé comme une simple langue d’alphabétisation.
De ce fait, la langue Soninké doit davantage œuvrer à convaincre sur le terrain de la recherche et de la science pour s’affranchir du communautarisme pour devenir la langue des locuteurs. Ce qui va agrandir son empire et son emprise .
Les Soninké doivent également apprendre à mieux communiquer et à s’approprier les principes du marketing culturel en vue de mieux promouvoir la langue et la culture qui sont imbriquées, comme le recto et le verso d’une même feuille.
Ce qui suppose fondamentalement un changement des mentalités garant d’une société forte d’abord à l’intérieur d’elle-même et puis dans ses rapports avec les autres, condition sine qua non de sa respectabilité et notoriété.
Yero Sylla
Selon Yéro Sylla linguiste et spécialiste de la langue Soninké : « Cette reconnaissance est une bonne chose. C’est un revers pour les sceptiques de la capacité de la langue Soninké à véhiculer le savoir ».
Et Yéro Sylla d’ajouter : « jusqu’à présent, la seule langue Africaine qui avait le statut (la reconnaissance de l’UNESCO) est le Swahili », une langue bantoue, originaire de la Tanzanie et parlée dans au moins quatorze (14) pays. Il a émis le vœu de voir prochainement d’autres langues Africaines emboîter le pas au Soninké en l’occurrence le Pulaar ou le Bambara.
Ce succès est un motif de satisfaction pour tous les Soninké en dépit des divergences entre progressistes et conservateurs qui plombent depuis six ans maintenant le vivre-ensemble Soninké à travers le monde.
Le moment n’est-il pas venu pour se réunir sous l’arbre à palabre pour raccorder les violons et creuser le sillon d’un nouveau pacte communautaire qui valorise plus la performance que la compétence ?
En Mauritanie, cette consécration de la langue Soninké a un goût particulier. En effet, elle intervient au moment où les autorités viennent de réintroduire l’enseignement des langues nationales dans le système éducatif ; en créant l’Institut pour la Promotion et l’Enseignement des Langues Nationales (IPELAN).
Une manière de reconnaître le rôle majeur et catalyseur des langues nationales ou maternelles dans la transmission des connaissances, des savoirs et même des savoir-faire.
Le tribunal de Ziguinchor, tribunal du lieu d’inscription de Ousmane Sonko sur les listes électorales, avait été saisi d’un recours en contestation de la Radiation arbitraire du principal opposant du parti politique au pouvoir depuis 12 ans. Et,conformément à la loi, il a rendu sa décision dans des conditions très difficiles ,dans un climat délétère, ponctué de manque de respect et de considération de l’institution judiciaire. Tous ces manquement étant du seul fait du pouvoir exécutif et de ses agents.
En effet, les agents de l’État ont d’abord perturbé l’audience après les premières plaidoiries des Avocats de Monsieur Ousmane Sonko, pour suggérer au juge de se déporter, au seul motif qu’ils venaient de recevoir l’information selon laquelle il aurait un frère qui serait conseillé municipal à la mairie de Ziguinchor, une institution dirigée par Monsieur Ousmane Sonko.
Malgré que le juge leur ait demandé de se conformer à la loi pour engager la procédure s’ils voulaient le récuser, l’agent judiciaire de l’État et les Avocats de Adji Raby Sarr que l’État du Sénégal avait engagé, ont continué à divertir un moment la salle, avant de laisser continuer les plaidoiries.
Après 13 heures de plaidoiries, à 22 heures, l’agent judiciaire de l’État a de nouveau interrompu intempestivement les plaidoiries, pour remettre au juge un papier griffonné de sa main et informer le magistrat, que l’État du Sénégal venait de déposer auprès du Président de la Cour d’Appel de Ziguinchor, une demande de récusation le concernant. Bluff ou vérité ? Le juge le renvoya de nouveau dans les cordes et continua son audience; puisque la procédure n’avait toujours pas été suivie par l’État qui est habitué au forcing et aux violations des règles de procédures.
Et le sommet de la terreur d’État a été franchi lorsque l’électricité a disparu, subitement, du tribunal, plongeant tout le monde dans le noir. C’est à cet instant que le juge a ordonné la clôture des débats et a annoncé qu’il se retirait, pour délibérer, et revenir rendre sa décision. Et c’est à la lumière d’une lampe torche, puisque l’électricité a été coupée, que le juge a été contraint de travailler pour rédiger sa décision qui a mis K.O tous les artisans de la déconstruction de l’État de droit et du système démocratique ; fruits de longues luttes et de conquêtes du peuple sénégalais.
Le tribunal a statué sur sa propre compétence qui est celle du lieu d’inscription sur les listes électorales et le lieu de vote de l’électeur du requérant, Ousmane Sonko. Il a déclaré nulle la radiation de Monsieur Ousmane Sonko des listes électorales et ordonné son rétablissement ce qui devrait avoir effet immédiat. Avec les pratiques déloyales de L’État du Sénégal, l’égalité des chances dans la compétition électorale majeure de février 2024 est déjà violée puisque les parrainages ont démarré depuis le 29 septembre 2023. Avec cette décision, le ministère de l’intérieur devra ordonner la remise immédiate et sans délai, des fiches de parrainage à Monsieur Ousmane Sonko.
Les sénégalais et la communauté internationale, témoins de la décision rendue par un juge qui n’est soumis qu’à l’autorité de la loi et qui a donné un sens et un contenu à l’indépendance et à l’impartialité de la magistrature, attendent de voir le comportement de l’État du Sénégal face à ce verdict. Qu’il est laborieux de vouloir persévérer dans l’illégalité et le banditisme d’État pour tenter d’asservir tous les juges et tout un peuple, désormais, rebelle et allergique à ses dirigeants en fin de règne.
Madame Marième DIOP GUÈYE magistrat à la Cour Suprême et Sibasy Faye juge au tribunal d’instance de ziguinchor sont désormais entrés dans l’histoire du Sénégal.Ils ont pris rang et place à côté des grands hommes qui dans leur vie n’ont servi que la loi et ont bien rempli leur existence.
Ciré Clédor Ly Membre du collectif de La Défense de Monsieur Ousmane Sonko
Communiqué de presse Hommage à la présidente Fatimata Mbaye
Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) se félicite et félicite les organisations et activistes des droits de l’Homme en Mauritanie à l’occasion de la nomination de la présidente Fatimata Mbaye à l’occasion de sa nomination par le secrétaire général des Nations-Unies comme membre du Conseil d’administration du fonds des contributions volontaires des Nations-Unies sur les formes contemporaines d’esclavage. IRA souhaite beaucoup de succès à maître Fatimata Mbaye, défenseuse déterminée, pleine de constance et d’abnégation contre des différentes et multiples violations des droits et dignité de personnes en Mauritanie. La présidente de l’AMDH (Association Mauritanienne des Droits de l’Homme) a été non sans courage et désintéressement total, avec toutes les victimes dont les nombreuses vagues de détenus d’opinion parmi les rangs de l’ONG IRA au fil des années. Nous remercions vivement les différentes instances des Nations-Unies dont le secrétaire général, de cette reconnaissance très largement méritée.
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