● Le Grand Entretien du Blog | Notre invité est Coulibaby Papa Hamady alias Yimbi kumma

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) de votre Blog vous propose une interview spéciale avec l’artiste mauritanien originaire de la ville de Selibaby (Guidimagha). Il s’agit de monsieur Coulibaby Papa Hamady connu sous le surnom Rappeur Yimbi kumma . Très investi dans l’environnement musical, il nous livre gentiment son portrait d’acteur multidimensionnel. Nos remerciements à lui pour sa disponibilité pour cet entretien.

Vous pouvez découvrir et suivre ses activités à travers son site internet https://www.yimbikumma.com .

Ci-dessous ses réponses à nos 6 questions de l’entretien :



● Question 1 : Bonjour monsieur Coulibaby Papa Hamady, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Papa Hamady Coulibaby : je m’identifie comme un homme aux multiples casquettes. Sur le plan professionnel, je suis un artiste, producteur, manager et consultant en musique business et marketing numérique. Mon parcours m’a permis d’explorer divers aspects de l’industrie musicale, que ce soit en créant de la musique, en la produisant, ou en aidant d’autres artistes à naviguer dans ce domaine en constante évolution.

Ma passion pour la musique s’est toujours accompagnée d’un engagement profond envers les droits de l’homme et les questions sociales. En tant qu’activiste, je m’efforce de promouvoir l’égalité, la justice et le respect des droits fondamentaux pour tous les individus. Je crois fermement que la musique peut être un moyen puissant pour sensibiliser et inspirer le changement social.

Mon parcours professionnel et mon engagement personnel se rejoignent dans mon travail en tant que consultant, où j’aide les artistes et les professionnels de l’industrie musicale à développer leurs carrières et à utiliser les outils numériques pour atteindre un public plus large.


● Question 2 : Vous êtes connu dans le paysage Rap mauritanien sous le surnom Yimbi kumma, originellement quel fut l’élément inspirateur qui vous a mené à ce mouvement musical ?

PHC : En effet, je suis connu sous le surnom de Yimbi Kumma, ce qui signifie en français « feu et flamme. » Cette appellation a une signification profonde pour moi, et elle est étroitement liée à l’élément qui m’a inspiré à m’engager dans le mouvement musical rap en Mauritanie.

Mon inspiration est née de l’obscurantisme qui caractérise parfois notre communauté. J’ai observé que nous vivons dans un environnement où de nombreuses réalités sont occultées, où les problèmes et les injustices restent souvent invisibles. Je me suis dit que nous vivions dans un endroit « noir » au sens figuré, où les gens ne parvenaient pas à voir devant eux, à percevoir les problèmes qui les entourent.

Le nom « Yimbi Kumma » est né de cette idée. Mon objectif était d’apporter de la lumière, de la clarté, et de faire en sorte que les gens puissent enfin « voir » la réalité de leur situation. Je voulais qu’ils prennent conscience des erreurs et des inégalités qui existent dans notre communauté, et je croyais fermement en la puissance de la musique, en particulier du rap, pour transmettre ce message de manière forte et percutante.

En somme, mon nom artistique, Yimbi Kumma, symbolise mon désir de briser l’obscurité, de révéler la vérité, et d’inspirer le changement au sein de notre société mauritanienne en éclairant les esprits grâce à ma musique.

● Question 3 : si vous deviez faire un bilan de votre carrière, quels sont les moments forts et les thématiques clés abordées que vous citerez en priorité ?

PHC : Si je devais faire un bilan de ma carrière, il y a eu de nombreux moments forts, chacun avec sa signification particulière. Cependant, je vais mettre en avant trois moments clés qui ont marqué ma trajectoire artistique.

Le premier moment fort qui me vient à l’esprit est l’arrivée de la radio jeunesse, où la communauté soninké a eu l’occasion de me découvrir. C’était une période cruciale où ma musique a commencé à toucher un public plus large, et cela a été une expérience très gratifiante.

Le deuxième moment fort a été lorsque j’ai réussi à me faire une place au niveau national. À l’époque, c’était un défi de taille, car je venais de la région de Guidimakha, et les rappeurs des régions n’étaient pas toujours reconnus à Nouakchott. Cela a exigé beaucoup de courage et de détermination pour m’imposer dans le paysage musical mauritanien. Je tiens à exprimer ma gratitude à mon ami Monza, qui m’a toujours soutenu et tendu la main quand j’en avais besoin. Son soutien a été essentiel.

Le troisième moment fort que je souhaite mettre en avant a été la rencontre avec mon public lors de la tournée des vacances de 2009. Cette tournée a été inoubliable pour moi, car elle m’a permis de connecter directement avec mes fans et de ressentir leur enthousiasme et leur soutien de manière tangible.

Ces moments forts ont contribué à façonner ma carrière et à renforcer ma détermination à poursuivre ma passion pour la musique. Chacun d’entre eux représente une étape importante de mon parcours, et je suis reconnaissant envers tous ceux qui m’ont soutenu tout au long de cette aventure musicale. »

● Question 4 : le Rap rime souvent avec éveil de consciences sur des problématiques sociales ou politiques, en Mauritanie et dans la communauté soninké, ce rôle est-il suffisamment porté ?

PHC : Le Rap a toujours été associé à un rôle d’éveil des consciences, que ce soit sur des problématiques sociales ou politiques. Cependant, il est indéniable que l’évolution du Rap au fil des années a conduit à des changements dans la manière dont ces messages sont véhiculés.

Aujourd’hui, il est difficile de prétendre que le Rap rime fréquemment avec un éveil des consciences sur des problématiques sociales ou politiques, tant au niveau mondial que dans nos propres communautés. De nombreux rappeurs qui connaissent un succès commercial se concentrent davantage sur l’aspect divertissant de la musique, répondant ainsi à la demande d’un public qui recherche principalement de l’ambiance et de l’entertainment. Cette tendance peut parfois reléguer les messages sociaux et politiques au second plan.

Cependant, il est important de noter que certains artistes, y compris moi-même, demeurent attachés à la tradition du Rap conscient, porteur de messages forts. Nous croyons en la capacité du Rap à influencer positivement la société en abordant des questions importantes et en éveillant les consciences. Bien que cela puisse parfois signifier nager à contre-courant de la tendance générale, nous restons fidèles à notre engagement envers un Rap révolutionnaire et porteur de sens.

Il est essentiel de maintenir un équilibre entre l’art et le divertissement dans la musique Rap, et de reconnaître la diversité des voix et des approches au sein de cette communauté. Mon espoir est que le Rap continue d’évoluer en tant que moyen puissant d’expression et d’éveil des consciences, même dans un paysage musical en constante évolution. »

● Question 5 : Quel retour pouvez-vous faire sur votre engagement politique lors des élections générales en Mauritanie cette année ?

PHC : Mon engagement politique lors des élections générales en Mauritanie cette année a été plutôt inattendu et motivé par des circonstances particulières. En réalité, je n’ai pas envisagé une carrière politique à proprement parler. Pour être honnête, j’ai simplement choisi de mettre un pied dans l’arène politique pour mieux comprendre ce monde et sentir l’odeur de la politique, comme on dit.

Ma participation s’est concrétisée lorsque j’ai apporté mon soutien à mon grand frère, l’honorable député Balla Touré. Cependant, lorsque le moment est venu de désigner un candidat pour représenter la coalition Espoir Mauritanie dans la diaspora, la situation s’est complexifiée. Conformément à la législation électorale, il était convenu que si le candidat était de la communauté peulh, son suppléant devait être de la communauté soninké ou wolof, voire hassania, de préférence une femme. Par conséquent, la décision a été prise en faveur d’un candidat soninké.

Face à l’absence de femmes soninkés pour occuper cette position, et devant la difficulté de trouver un homme soninké disponible, l’équipe a finalement porté son attention sur moi. C’était une situation à laquelle nous étions confrontés, et il n’y avait pas d’autre alternative que d’accepter cette responsabilité.

Mon engagement politique, bien que survenu par défaut, m’a permis de voir de plus près les enjeux et les défis du processus électoral en Mauritanie. Cela a été une expérience instructive, et je reste ouvert à de nouvelles opportunités pour contribuer positivement à la vie politique et sociale de mon pays à l’avenir.

● Question 6 : dans la communauté soninké, une certaine jeunesse est très attirée par le champ du Rap, étant expérimenté du milieu, quels conseils et alertes pouvez-vous émettre à propos ?

PHC : Il est vrai que le Rap peut être une source d’attraction puissante pour la jeunesse, y compris au sein de la communauté soninké. Ayant moi-même une expérience dans ce domaine, j’aimerais partager quelques conseils et mises en garde à l’attention des jeunes qui souhaitent se lancer dans le Rap.

Tout d’abord, il est important de comprendre que le Rap a des racines historiques qui peuvent être associées à des contextes urbains difficiles et à la culture « gangster ». Cependant, le Rap est avant tout un moyen d’expression artistique, et il ne faut pas confondre le style musical avec des comportements délictueux. Le succès dans le Rap repose souvent sur la discipline, la créativité et le travail acharné.

✍️🏿Entretien réalisé par KS pour le BLOG

● Le Panafricanisme dévoyé | Par le journaliste Seyré SIDIBE [OndeInfo]

Onde Info – Le Panafricanisme, je connaissais déjà le concept que j’ai découvert sur les bancs du lycée – il y a une trentaine d’années -, à travers un cours initiation à la littérature Négro-africaine, et plus exactement sur ce qu’ on appelait une déclinaison littéraire du panafricanisme : la Négritude.

A cette époque-là, la culture n’est pas démocratique. Elle était élitiste soit l’apanage de ceux qui avaient l’audace d’ouvrir un livre pour le lire mais surtout le comprendre et en saisir la substance.

Ainsi, l’on échappait à la déferlante actuelle de la culture des mass-média caractérisée par une surabondance de l’information ayant pour corollaire l’émergence d’une nouvelle » race d’intellectuels » qui s’improvisent en leaders, et qui croient tout savoir sur la base d’une culture de masse acquise sans effort et sans surpassement de soi.

Le Panafricanisme, ces dernières années on en parle tellement que je me suis demandé si le concept ne venait pas de naître. Il inonde aujourd’hui les réseaux sociaux, il est mis en relief dans les discours politiques, si bien que certains vont jusqu’en faire un mode de gouvernance.

Le Panafricanisme ne peut être porté par un féodal ou un esclavagiste

Selon Wikipedia » Le panafricanisme est à la fois une vision sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation des Africains et un mouvement qui vise à unifier les Africains du continent et de la diaspora africaine en une communauté africaine mondiale ».

Cette définition a le mérite d’être claire en ce sens qu’elle met l’accent sur l’UNITE, LA SOLIDARITE et l’ÉMANCIPATION des Africains et de la Diaspora au coeur de son projet sur fond de la recherche de la DIGNITÉ Africaine.

Que dire de ses origines ?

Le Panafricanisme est né dans les Caraïbes au XIXe siècle, dans le contexte du processus d’abolition de l’esclavage.

Dès lors, il est avant tout question de dignité Africaine et Noire du fait que ces derniers ont souffert de toutes les formes d’exploitation et de pratiques abominables : la traite négrière, la colonisation et le néocolonialisme etc.

Partant de ce qui précède, il est illusoire de voir un Africain qui lui-même afflige l’indignité à son semblable adhérer au panafricanisme. Ce serait rien de plus qu’ une trahison de cette cause noble et louable.

Dans quelle mesure peut-on réclamer à cor et à cri la libération du continent Africain et la DIGNITÉ de l’homme Africain alors qu’on pose les mêmes actes que l’impérialiste étranger ?

Ce panafricanisme par hypocrisie ou par manque de consistance et de coherence est le début de l’errance et du dévoiement du Panafricanisme.

Cette nouvelle clientèle qui entend porter la lutte si noble des pères fondateurs du Panafricanisme est fondamentalement nuisible et compromettante voire encombrante pour défendre les idéaux du Panafricanisme.

Elle porte la trahison et la compromission comme étendard en hypothèquant le vrai panafricanisme qui est avant tout basé sur la promotion de la DIGNITÉ de l’homme Noir, la véritable fraternité Africaine qui suppose qu’un Africain ne peut réduire en esclavage un autre ou même le considérer comme tel.

Portrait croisé : féodal et impérialiste étranger

ine fine, le féodal qui prétend être panafricaniste alors qu’ il se glorifie d’être propriétaire d’esclaves parmi ses « frères Noirs » qu’il considère comme des sous hommes, impurs et issus de la mauvaise graine est pire que l’envahisseur étranger.

L’impérialisme porte le même visage qu’il soit étranger, Blanc, Arabe ou Noirs, il est suprématiste , il exploite à merci les dominés réduits au statut de sujets et de « non personne » et perpétue la même culture hégémonique et raciste.

L’impérialiste étranger tout comme l’impérialiste local est attaché à une idée de grandeur et de noblesse qui lui donne le droit d’exploiter, d’humilier en établissant une échelle des valeurs qui le place au sommet : la référence en toute chose.

D’ailleurs, la raison et la justesse se trouvent du côté de l’impérialiste étranger qui vient chasser, prouver sa noblesse et sa grandeur sur d’autres terres pour agrandir son espace vital, son pouvoir et à la recherche de l’exotisme etc.

Comme dit l’adage, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Peu importe la couleur de la main qui m’inflige une gifle sur la joue – Blanche ou Noire – , moi je ressens la même douleur. Et D’ailleurs, la forfaiture fait plus mal lorsqu’ elle vient de l’intérieur, de « nous-mêmes ».

Le Panafricanisme n’est pas la haine de la France ou de l’Occident

A tous les panafricanistes, le vrai panafricanisme n’est pas porteur de haine. Il n’est pas revanchard mais s’évertue à stimuler le décollage et le delic de l’Africain par des valeurs qui le libère lui-même en vue de se libérer de la domination étrangère.

Le Panafricanisme c’est pour moi, une disposition d’esprit à accepter son frère Africain. Ce qui se traduit par le respect mutuel, la considération et la volonté de coopération et de solidarité intra-africain.

Le Panafricanisme ne peut être la négation de l’Africain par l’Africain. L’humiliation du Noir par le Noir.

A contrario, le Noir doit être le remède du Noir et même son rédempteur. Le combat du panafricanisme n’est pas populiste. Il ne peut tomber dans la bassesse : l’injure, les insanités ou encore des slogans du type mort à la France.

Dans cette optique, le panafricanisme tombe dans la facilité en laissant de côté son objet : l’homme Noir ou Africain. Chercher d’abord à assainir la culture Africaine qui a besoin d’être dépoussiérée de plusieurs tares sociales : orgueil, esclavage intra-africain, féodalité, esprit de caste etc.

Que nos panafricanistes eux-mêmes réussissent à s’émanciper de ces fléaux en changeant de cible et d’ennemis. Notre mal, c’est nous-mêmes, c’est notre incapacité à nous entendre, à nous accepter, à nous honorer mais surtout à nous RESPECTER .

En définitive, je suis pour un panafricanisme respectueux des Africains entre eux. Un Panafricanisme qui combat le verbe être « Je suis » trop exubérant, vaniteux et égoïste pour lui substituer le « Nous sommes » plus rassembleur et plus humble capable d’aller défendre la dignité et l’émancipation de l’homme Noir après avoir lui-même balayé devant sa propre cour.

Seyré SIDIBE

©️ Source en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=768547

● Commissaire aux Droits de l’Homme : Des mesures efficaces prises pour lutter contre les pratiques esclavagistes

Le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Cheikh Ahmedou Ould Ahmed Salem Ould Sidi, a expliqué que la Mauritanie a pris un certain nombre de mesures efficaces pour lutter contre diverses pratiques esclavagistes et punir leurs auteurs.

Il a ajouté, dans un discours qu’il a prononcé, lundi à Genève, lors d’un dialogue interactif avec le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage devant la cinquante-quatrième session du Conseil des droits de l’homme, que ces mesures comportent l’adoption d’une législation nationale qui criminalise et punit les pratiques d’esclavage, la création de tribunaux spécialisés dans la lutte contre ces pratiques et la mise en œuvre d’un plan d’action national pour lutter contre la traite des êtres humains et créer un organisme national de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants.

De même, un comité ministériel de haut niveau a été mis en place pour lutter contre la traite des êtres humains et un comité technique pour suivre la mise en œuvre des recommandations du rapporteur spécial émises dans son rapport sur la visite qu’il a effectuée dans notre pays l’année dernière.

Au cours de cette visite, M. Tomoya Obokata il a été informé des progrès réalisés en Mauritanie dans le domaine de la lutte contre les formes contemporaines d’esclavage.

Le Commissaire aux Droits de l’Homme, a déclaré que l’ambition du gouvernement mauritanien est que notre pays soit un modèle dans la sous-région en matière de protection et de promotion des droits de l’Homme.

Voici le texte intégral de ce discours :

«… Madame la Présidente ; Mesdames et Messieurs;

Je voudrais commencer par féliciter, au nom du Gouvernement de la République islamique de Mauritanie, M. Tomoya Obokata, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, pour l’exposé exhaustif qu’il a fait devant nous aujourd’hui, au sujet de la visite qu’il a effectuée dans notre pays entre le 4 et le 13 mai 2022. Je le remercie également pour son professionnalisme et son interaction positive avec nous tout au long de la visite.

Tout en partageant avec le Rapporteur spécial la plupart des conclusions auxquelles il est parvenu et des recommandations qu’il nous a présentées, après avoir examiné, de près, les progrès évidents réalisés dans le pays dans le domaine de la lutte contre l’esclavage sous toutes ses formes, nous affirmons l’existence d’une volonté politique forte, constante et rigoureuse d’éliminer tous les phénomènes résultant de mentalités et de pratiques surannées, y compris l’esclavage sous toutes ses formes, en application des directives de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Forts de cet engagement, nous avons réalisé d’importants progrès dans ce domaine, comme l’a indiqué le Rapporteur spécial dans le rapport, notamment à travers l’adoption et la mise en œuvre du Plan d’action national de lutte contre la traite des êtres humains, dont nous mentionnons :

-Le renforcement de l’arsenal juridique national à travers l’adoption et la mise en œuvre de textes législatifs en adéquation avec les normes et accords internationaux ratifiés par la Mauritanie, notamment les lois 031/2015 et 017/2020, respectivement, criminalisant l’esclavage et la traite des personnes ;

-L’intensification des campagnes de sensibilisation et des formations à ces législations sur l’ensemble du territoire national, ciblant les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires, mais aussi la société civile et le grand public ;

-La consolidation du principe de la lutte contre l’impunité, en dynamisant l’action des juridictions compétentes, en renforçant leurs capacités et en rendant des décisions judiciaires dissuasives à cet égard ;

-La publication d’une circulaire ministérielle conjointe entre les ministres de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense, pour orienter et exhorter les autorités compétentes à accorder une attention particulière aux questions d’esclavage et de traite des êtres humains, et à traiter sans délais et de manière décisive les plaintes et les cas signalés ;

-L’accompagnement par le Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile des victimes de crimes d’esclavage et de traite des êtres humains dès le début de la procédure publique et leur soutien aux plans financier et social ;

Doter le Commissariat d’un mécanisme d’exercice des droits civils dans les procédures judiciaires liées aux pratiques esclavagistes, afin de poursuivre les procédures judiciaires même en cas de désistement de la partie civile ;

-Établissement d’une cellule de suivi conjointe entre le ministère de la Justice, le Commissariat aux droits de l’homme et le Parquet, afin de contrôler et de dénombrer les dossiers portant sur l’esclavage et la traite des êtres humains devant la justice.

Cela a permis d’élaborer et de développer une base de données précise regroupant 106 dossiers en cours pour l’année 2022-2023, dont 57 dossiers dans lesquels des décisions judiciaires ont été rendues, avec 98 prévenus, dont 55 ont été condamnés à une peine d’emprisonnement ferme, 15 à une peine de prison avec sursis et 1 à des peines alternatives à l’emprisonnement.

Quant aux dossiers pour lesquels aucune décision judiciaire n’a été rendue, il y en a 49, portant sur 82 accusés, dont 41 en détention provisoire.

Madame la Présidente ; Mesdames et messieurs;

Comme point culminant de ce qui précède, l’Autorité nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants a été créée et activée, avec les objectifs suivants :

-Gérer le Fonds de soutien et d’assistance aux victimes de l’esclavage et de la traite des personnes ;

-Mettre en place un mécanisme national d’identification, et d’orientation des victimes afin de les protéger et de les prendre en charge ;

-Développer et gérer une base de données basée sur des statistiques et des informations liées à la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants ;

-Coordonner de manière efficace entre les différents acteurs et parties prenantes.

Je vous informe également que mon gouvernement a formé un comité ministériel de haut niveau pour lutter contre la traite des êtres humains, dirigé par Son Excellence le Premier ministre, et a créé un comité technique pour suivre la mise en œuvre des recommandations émises par le Rapporteur spécial suite à sa visite, objet du rapport.

Enfin, nous vous assurons que notre ambition est que la Mauritanie devienne un modèle dans la sous-région en matière de droits de l’homme. Nous affirmons également notre engagement à poursuivre et à renforcer l’interaction positive avec les différents mécanismes du Conseil des droits de l’homme.

Merci et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous ».

©️ Source en lien https://ami.mr/fr/archives/229906

● Françafrique aux faits | quand des connaisseurs en parlent !

L’événement du soir s’est déroulé au sein du musée Quai du Branly-Jacques Chirac, où végétent encore plusieurs objets d’art issus en grande partie du butin colonial français d’antan. Cette rencontre du 14 septembre 2023 réunit un panel conférencier composé de 4 auteurs principaux de l’ouvrage « Une histoire de la Françafrique. L’empire qui ne veut pas mourir » et de l’historienne spécialiste de l’Afrique Madame Catherine Coquery-Vidrovitch. Elle est l’auteure du livre « Petite histoire de l’Afrique. L’Afrique au sud du Sahara, de la préhistoire à nos jours » réédité en 2016. Au menu, la bouillonnante thématique sur les relations entre la France et certaines de ses anciennes possessions coloniales en Afrique. La Françafrique disséquée par un historique très informatif, les co-auteurs du premier ouvrage cité, Thomas Deltombe, Thomas Borrel, Amzat Boukari Yabara et Benoît Collombat ont exposé références sur références liées aux faits de l’existence d’une substance relationnelle irréfutable du concept. Et c’est malgré les discours simplistes de politiques français qui cultivent un certain déni par les temps qui courent. On apprend que le mécanisme françafricain s’adapte en fonction des réalités sociales et politiques mouvantes d’un territoire à l’autre. C’est l’esprit de l’empire colonial qui sévit en trame et du côté de l’Hexagone, il y a ce réflexe laissant entendre que c’est une histoire d’amour entre les 2 parties. Souvent par le passé comme aujourd’hui, toutes les voi(e)x contestataires du statu quo côté africain, ne viendraient que d’une immixtion d’autres puissances nuisibles (les britanniques hier, les russes aujourd’hui…) qui en veulent au rayonnement international de la France. De ce fait les incompréhensions prennent une certaine épaisseur, les discours de part et d’autre provoquent frictions et tensions diplomatiques. Les poussées souverainistes du continent deviennent difficilement entendables par certaine élite politique française qui, chacune de ses initiatives communicationnelles pour dire que la Françafrique n’est plus, trahit d’autres traits implicites d’une velléité d’ingérence qui continue. L’historienne Madame Coquery-Vidrovitch a livré quelques données illustratives tirées de sa longue expérience du terrain enseignant et de Chercheuse sur/en Afrique. La médiation lors des échanges a été assurée par le journaliste Pierre Haski. Un stand était en place pour la vente des livres et une séance de dédicaces également.

Une diffusion sera mise en ligne sur le compte YouTube du musée https://youtube.com/@quaibranly?si=7HE1HR3xq8bbDu6B .



✍️🏿KS pour le BLOG

● Esclavage en Mauritanie, quand l’impunité devient un mode opératoire supervisé par l’Etat sous la pression des tribus [futureafrique]

Victime de propos esclavagistes et avilissants, Moussa Bilal, un ressortissant de Boutilimit était hors de lui, lors de la conférence de presse qu’il avait animée, lundi 11 septembre 2023, en compagnie du député et président de l’ONG IRA-Mauritanie, Birame Dah Abeid.


La personne contre laquelle il avait porté plainte, également natif de Boutilimit, Sid’Ahmed Ould Jeylani, fonctionnaire à l’Agence nationale des statistiques et des analyses démographiques et économiques (ANSADE), écroué le 23 août 2023 par le Parquet de la République pour injures à caractère esclavagiste, punies par l’article 19 de la Loi 031-2015 incriminant les pratiques esclavagistes, a bénéficié d’une liberté provisoire.

Selon Moussa Bilal, sa libération s’est déroulée dans une atmosphère de fête et magnifiée par des chapelets de louanges portés par des bloggeurs de la tribu qui l’ont magnifié en héros. En fait, selon Moussa Bilal, cette liberté provisoire est la victoire du système esclavagiste et tribal sur les institutions et les lois de la République.

Pourtant, selon Abdallahi Abou Diop, responsable des droits de l’homme au sein du mouvement IRA, non seulement l’accusé, Sid’Ahmed Jeylani, est sous la coupe d’une loi réprimant des crimes contre l’humanité, mais en tant que fonctionnaire, il est passible de l’article 19 de la loi 031-2015 qui stipule : « la qualité de fonctionnaire ou d’officier public, de dépositaire ou d’agent de l’autorité ou de la force publique de l’auteur d’infractions, prévues par la présente loi, constitue une circonstance aggravante ».

Pire, selon lui, l’accusé a été libéré sous la pression de sa tribu, notamment de ses députés et de ses magistrats, à l’image du député de Boutilimit, Abdoul Mawahab Mohamed Houcein, qui s’est particulièrement distingué dans sa lutte pour l’obtention de cette liberté provisoire, soutenu par des magistrats de la tribu, lesquels ont échangé des blogs magnifiant ce qu’il a fait.

Dans son intervention, Birame Dah Abeid, a relevé deux curiosités. D’abord, la Cour d’Appel avait refusé tout recours contre le billet d’écrou dressé par le Parquet contre l’accusé, avant que le juge chargé du dossier ne se rétracte sous la pression tribale et n’accorde la liberté provisoire à l’accusé.

Ensuite, il s’est étonné de voir un magistrat dévoiler les secrets de l’instruction judiciaire, dans la mesure, où il a continué à communiquer avec une tierce partie favorable à l’accusé sur les résultats satisfaisants des délibérés pour l’élargissement provisoire de l’intéressé. Et ces échanges étaient répercutés sur le groupe de réseaux sociaux des intéressés.

C’est en fait, ce vaste mouvement d’impunité sur l’ensemble des cas d’esclavages jugés et condamnés depuis l’adoption en 2015 de la loi incriminant l’esclavage en Mauritanie qui a été mis en exergue et dénoncé lors de la conférence de presse.

Selon Abdallahi Abou Diop, il est étonnant de constater qu’aucune des personnes poursuivies pour des crimes d’esclavage depuis 2015 ne se trouvent en prison, alors que des dizaines de cas ont été jugés ces dernières années.

Pire, Birame Dah Abeid a fustigé le caractère mensonger des déclarations du Commissariat aux droits de l’homme qui affirme que plus d’une cinquantaine de personnes accusées d’esclavage sont actuellement en prison. Selon lui, c’est un gros mensonge, aussi a-t-il demandé à l’actuel Commissaire, arrière-petit-fils de l’Emir du Trarza, Cheikh Ahmedou, de démissionner et de quitter l’antre de la falsification qu’est le département qu’il dirige.

Il faut noter que Moussa Bilal a affirmé, lors de la conférence, qu’il n’est pas membre du mouvement IRA, qu’il est plutôt dans la mouvance du président Ghazouani, mais qu’il est conscient qu’il s’agit de la seule organisation vers laquelle se tournent les victimes d’injustice, quelle que soit leur obédience.

Cheikh Aïdara

©️ Source en lien https://www.futureafrique.net/node/16163?fbclid=IwAR3kSI0OTjynosfsx93IsNzfPbEKsGVTETxb_WJ_gAPQb1x3o1ijnlhhlnM

● Bagnolet | Au collège Travail-Langevin, une mobilisation pour du personnel socio-sanitaire


À Bagnolet (Seine-Saint-Denis), une ville de la petite couronne francilienne, à quelques petits kilomètres de l’Elysée, il y’a ce collège classé en zep (Zone d’éducation prioritaire) au sein duquel les conditions de travail ne sont pas au mieux. Un bâtiment en état piteux (inauguré en 1931), il faut y ajouter cette carence fonctionnelle plus grave encore qui est l’absence d’un personnel socio-sanitaire. Pas d’infirmier ni d’assistant social depuis l’année dernière, et le corps enseignant et les parents d’élèves ont décidé de marquer le coup d’alerte à l’occasion de cette rentrée. Hier 6 septembre, l’écrasante majorité de professeurs décide un droit de retrait pour protester. Ce jeudi 7 août 2023, un blocus a été mis en place par les parents d’élèves, pas de classe finalement. Le maire de la ville M. Tony Di Martino et d’autres élus dont le député M. Alexis Corbières ont été sur place en solidarité avec le mouvement. Un car est affrété pour se rendre auprès de des services départementaux de l’académie de Créteil à Bobigny. Un groupe mixte parents d’élèves et professeurs y était pour remonter la problématique à un niveau supérieur et demander de solutions urgentes. Il faut dire que c’est l’incertitude qui domine et espérons que la haute hiérarchie de l’éducation nationale prenne l’affaire au sérieux. Une pensée à nos enfants surtout les primo collégien.nes qui accusent ce retard de départ d’emblée à cause de ce dysfonctionnement structurel. Les parents et le corps enseignant sont déterminés pour que cette situation scandaleuse et injuste cesse enfin.

À suivre…

Voir quelques photos ci-dessous :

✍️🏿KS pour le BLOG

● Retour sur le drame de la résurrection de la « corruption de la jeunesse » ou de l’illégalité manifeste de la décision de condamnation de Monsieur Ousmane SONKO (par Maître Babacar NIANG)

Les dispositions jusqu’ici discrètes de l’article 324 alinéa 2 du Code pénal ne sont plus à présenter. Les pénalistes en herbe, de circonstance ou par complaisance ainsi que la kyrielle d’experts de Dakar et d’autres contrées ne se sont fiés qu’aux apparences pour conclure hâtivement à la légalité de la condamnation de Monsieur Ousmane SONKO pour corruption de la jeunesse. Or, une simple maïeutique, voire un retour sur le texte incriminateur, permet de s’apercevoir qu’il a été condamné sur la base d’un texte désuet, c’est-à-dire « formellement en vigueur mais devenant politiquement inapplicable » (G. Cornu, Vocabulaire juridique). En clair, l’article 324, alinéa 2 qui a été sorti du chapeau comme un coup de maître était en réalité un coup d’épée dans l’eau puisque le texte était implicitement abrogé pour deux raisons : le passage de la minorité civile de 21 ans à 18 ans (1) et la modification législative de 1999 qui consacre la corruption des mineurs (2).

Premièrement, l’article 324, alinéa 2 est issu de la loi n° 65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal (crimes et délits) publiée au journal officiel le 6 septembre 1965, numéro 3767, p. 1009. Le Code pénal sénégalais est le résultat d’un mimétisme juridique. Ainsi, l’article 324, alinéa 2 du Code pénal sénégalais est la copie conforme de l’ancien article 334 du Code pénal français de 1810 qui réprimait le fait d’exciter, favoriser ou faciliter habituellement la débauche ou « la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au-dessous de l’âge de vingt-et-un ans ».

La notion de jeunesse englobe la période de la vie de l’Homme comprise entre l’enfance et la maturité. Il est admis que la jeunesse s’étend jusqu’à l’âge de 35 ans mais le fait de poser une limite d’âge à 21 ans était une manière de faire correspondre l’excitation à la débauche de mineur ou la corruption de la jeunesse à la minorité civile. En France, en 1810, la minorité était fixée au-dessous de l’âge de 21 ans. L’âge de la majorité ne passera à 18 ans qu’à partir de 1974. Au Sénégal, l’article 276 du Code de la famille fixera la minorité civile à 18 ans. L’article 324, alinéa 2 du Code pénal est resté inchangé depuis 1965 malgré la modification de l’âge de la minorité. Or, l’objet de la protection pénale est la minorité. En d’autres termes, il était fait référence à « la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au-dessous de l’âge de vingt-et-un ans » uniquement pour faire allusion à la minorité civile qui était également à 21 ans. Le texte est tombé en désuétude depuis l’alignement de la majorité civile à la majorité sexuelle à partir de 18 ans révolus. L’esprit du texte était de protéger la minorité civile. Imaginez-vous combien d’hommes devraient être poursuivis et condamnés pour excitation à la débauche de mineur ou corruption de la jeunesse au-dessous de l’âge de 21 ans puisqu’ils ont eu une aventure ou ils se sont mariés avec une jeune fille de 18, 19 ou 20 ans ?

En France, pour prendre en compte la réduction de l’âge de la majorité civile, l’article 334 du Code napoléonien a été modifié et est devenu l’article 334-2 de l’ancien Code pénal français qui disposait que : « Sera puni des peines prévues à l’article précédent quiconque aura habituellement attenté aux mœurs en excitant à la débauche ou en favorisant la corruption des mineurs de dix-huit ans ou même occasionnellement des mineurs de seize ans ». Au Sénégal, l’article 324, alinéa 2 du Code pénal n’était plus applicable depuis l’abaissement de la majorité à 18 ans. Le droit pénal ne protège un majeur que lorsqu’il y a atteinte à la liberté sexuelle. Un viol peut être correctionnalisé en agression sexuelle si les éléments constitutifs de cette infraction sont réunis. Une autre qualification des faits peut être possible après débat à l’audience. Le fait de « disqualifier » un viol en corruption de la jeunesse est un non-sens juridique d’autant plus que cette infraction s’est muée en corruption des mineurs depuis 1999.

Deuxièmement, au Sénégal, en 1999, la loi n° 99-05 du 29 janvier 1999 modifiant certaines dispositions du Code pénal (journal officiel du 27 février 1999), a de nouveau copié les dispositions de l’article 227-22 du Code pénal français dans un article 320 ter qui sanctionne « le fait de favoriser ou de tenter de favoriser la corruption des mineurs ». Contrairement au législateur français qui abroge et remplace l’article 334-2 de l’ancien Code pénal par l’article 227-22 du Code pénal français, le législateur sénégalais n’abroge pas expressément l’article 324, alinéa 2 mais il le dépouille de tout intérêt en adoptant les mêmes dispositions françaises. En effet, le Code pénal français incrimine depuis 1994 « le fait de favoriser ou de tenter de favoriser la corruption des mineurs » qui incorpore l’ancien délit d’excitation de mineurs à la débauche ou la corruption de la jeunesse. Pour être punissable, l’article 227-22 suppose que l’auteur des faits ait pour but la corruption de la jeunesse. Le but de cette corruption doit être d’altérer le sens moral d’un mineur et non d’un adulte en matière de sexualité.

Dans ces conditions, on peut dire, sans risque de se faire contredire que Monsieur Ousmane SONKO a été condamné sur le fondement d’un texte désuet qui réprime à l’origine l’excitation à la débauche de mineur ou corruption des mineurs en dessous de 21 ans. En effet, par corruption de la jeunesse, il faut entendre corruption des mineurs puisqu’à l’époque la minorité était fixée à 21 ans. Ce texte a été implicitement abrogé par la loi 99-05 du 29 janvier 1999 qui consacre à l’article 320 ter le délit de corruption des mineurs. Le législateur avait la croyance d’introduire une nouveauté et explique dans les motifs de la loi que la corruption des mineurs est « désormais » prévue et réprimée à l’article 320 ter du Code pénal. Le législateur de 1999 s’est sans doute trompé en n’abrogeant pas purement et simplement l’article 324, alinéa 2 malgré le passage d’une minorité de 21 ans à 18 ans. Ce texte ressuscité pose en ce sens de sérieuses difficultés au vu du principe de nécessité, un corollaire du principe de la légalité. Faut-il rappeler que ce principe permet de distinguer un Etat démocratique d’un Etat policier. Un appel du Parquet général ou de Madame Ndèye Khady NDIAYE permettrait de revenir à une orthodoxie légale.

Maître Babacar NIANG, Avocat au Barreau de Paris, Professeur agrégé des Facultés de droit (Droit privé et sciences criminelles).

©️ Source en lien https://www.pressafrik.com/Retour-sur-le-drame-de-la-resurrection-de-la-corruption-de-la-jeunesse-ou-de-l-illegalite-manifeste-de-la-decision-de_a259613.html

● Septembre 2013 – septembre 2023 | Le 10ème anniversaire de notre toute première contribution publiée dans les médias

L’article titré « La fierté soninkaxu en questions » sort le 6 septembre 2013 sur quelques sites web. Ce cri osé adressé à ma communauté sociolinguistique d’appartenance (sooninkara – soninkara) reprenait mes interrogations ayant trait à certaines données problématiques liées à l’ordre social qui y règne. Ainsi j’indexais volontiers un certain type de « fierté » qui serait un noyau suprémaciste comme support culturel ou civilisationnel d’un ordre féodal voire esclavagiste des castes. Une vie sociale d’hiérarchisation statutaire bousculait mon entendement et à l’époque je tentait à travers ce papier d’interpeller avec mes mots les consciences attentives parmi mes lecteurs. Cet article pionnier se veut comme une capture descriptive quoique simpliste et cash dira-t-on, du puzzle sociétal de la communauté sooninké. L’occasion de ce dixième anniversaire de sa parution, je tiens à remercier avec une fraternelle et citoyenne reconnaissance notre grand-frère, le journaliste humaniste mauritanien M. Seydi Moussa Camara pour sa disponibilité en le publiant dans son journal La Nouvelle Expression. C’était dans le numéro 190 en date du 30 septembre 2013, et la contribution avait occupé la rubrique Débat de la semaine. Le natif de Dafort, une plume journalistique connue et reconnue en Mauritanie, qui investit le champ médiatique indépendant de nombreuses années durant et dispose une crédibilité bien tenue à l’intérieur et à l’extérieur du pays sur les questions liées à la défense des droits humains, les mouvements militants et les méandres de la vie politique mauritanienne. Je saluerais encore l’opportunité qu’il m’avait offerte afin de donner une audience conséquente à mon premier mot d’humeur comme apprenti blogueur en herbes…😁 qui a mené à la création du Blog https://ecrit-ose.blog/ en 2014. Cette contribution 1 est reprise dans notre livre paru le 4 octobre 2022 sous le titre Mes Écrits Osés https://amzn.eu/d/4R0fqa9 , partie II p172.

Le journal La Nouvelle Expression a été cette vitrine opportune, et je le considère comme notre toute première « maison d’édition » en permettant cette mise sous presse écrite. La version numérique du journal est accessible via http://www.nouvelleexpression.org/. Je finis par noter la belle et inspirante assertion se trouvant sur l’en-tête du journal « l’idéal d’un sage, c’est une oreille qui écoute » .

Le 2 septembre 2023

✍️🏿 KS pour le BLOG

●Le point de presse conjoint FPC-le Parti RAG à Nouakchott | En quelques mots.

Ici en lien Facebook une partie des interventions https://fb.watch/mMxXN4s5va/

Jeudi 31 août 2023 au siège du mouvement IRA-Mauritanie, une conférence de presse a été animée par les leaders de 2 partis politiques non reconnus jusqu’alors par les autorités mauritaniennes. Le parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de monsieur Samba Thiam (ancien prisonnier politique et leader historique des Flam) et le RAG (Refondation pour une Action Globale), l’aile politique émanant du mouvement abolitionniste IRA de l’honorable député monsieur Biram Dah Abeid. Lors de cette sortie médiatique, les intervenants sont revenus sur les micmacs administratifs et judiciaires motivent la non reconnaissance de leurs partis politiques. Le président Biram Dah Abeid (l’ancien candidat aux élections présidentielles de 2014 et 2019), a exposé lors de sa communication, le processus entamé avec espoir avec l’actuel président Ghazouani, mais qui s’est soldé par un refus catégorique à libérer les partis politiques recalés injustement. Ainsi le leader abolitionniste a indexé un système étatique qui se choisit des partis dociles et soumis à ce qu’il a nommé de syndrome. Un syndrome laissant entendre que la Mauritanie serait un pays sur lequel seule une minorité raciste exploitant les données « arabité et islamité » se doit d’avoir les leviers du contrôle régalien. Il a relevé également que même l’ancien président civil feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’était pas épargné par ce syndrome. À son tour, le président Samba Thiam des FPC explique que leur parti et ses camarades font l’objet des préjugés de part des autorités. L’ancien réfugié politique aux États-Unis précise qu’il est nécessaire que différentes visions puissent exister dans le champ politique. C’est-à-dire en substance une pluralité d’opinions à porter dans les débats publics, est nécessaire.

L’honorable député BDA a dénoncé une stratégie de ghettoïsation en place à leur encontre pour les isoler et les contraindre à quémander une légalité auprès d’autres partis.

Ce point de presse est un cri d’alerte encore une fois en interpellant les autorités, l’opinion nationale et internationale sur une exclusion injuste qui frappe ces partis politiques qui ne demandent qu’une reconnaissance officielle pour intégrer l’arène politique.

Seront-ils entendus ? À suivre

✍️🏿KS pour le BLOG.

● Le Grand Entretien du Blog | Avec l’honorable député Khally Mamadou Diallo

La rubrique Le Grand Entretien du Blog (Le GEB) vous propose une interview exclusive avec un jeune mauritanien très connu dans dans l’écosystème médiatico-humanitaro-politique dans son pays. Élu à l’assemblée nationale sous les couleurs de la Coalition Espoir Mauritanie lors des élections générales passées (Mai 2023), l’honorable député Khally Mamadou Diallo répond à nos questions soumises dans cet entretien. Le « lanceur d’alertes » dispose d’une voix de réseautage quasiment viral en prenant partie publiquement pour dénoncer, révéler et interpeller les pouvoirs publics sur différents manquements et dysfonctionnements constatés dans tels ou tels domaines.



Question 1 : Bonjour l’honorable député monsieur Diallo, nos remerciements pour votre disponibilité, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Khally Mamadou Diallo : Merci à vous et votre organe de m’avoir choisi pour cet entretien. Je suis khally Mamadou Diallo, le député que le peuple mauritanien a porté à l’assemblée nationale pour défendre son intérêt.

Question 2 : vous étiez une figure connue à travers le champ humanitaire notamment au sein de La Marmite du Partage, qu’est-elle devenue cette institution à ce jour ?

KMD : Cette institution est devenue beaucoup plus efficace car réorientée dans le développement. Nous venons de clôturer un projet de 35 robinets pour 35 familles à dar El beyda dans le quartier « sans fiche ».
Cependant nous avons aussi changé de stratégie, moins de bruit et plus d’actions sur le terrain. L’humanitaire c’est mon ADN.

Question 3 : Lors de la présidentielle de 2019, vous avez soutenu la candidature de l’ancien premier Ould Boubacar (classé 3ème), aux élections générales de cette année (Mai 2023) vous devenez député sous les couleurs Espoir Mauritanie avec le parti Frud , que pouvez-vous nous dire sur cette expérience politique jusqu’alors?

KMD : Sidi Mohamed Ould Boubacar a été mon candidat aux élections de 2019, il était là en tant que candidat indépendant, aujourd’hui qu’il n’a plus continué le projet politique qu’il nous avait proposé. Ainsi j’ai décidé de continuer mon chemin afin de gagner davantage d’expérience politique, et c’est fascinant.

Question 4 : régulièrement vous relevez et portez devant l’opinion publique certains cas de violations des droits humains et divers dysfonctionnements, quel bilan faites-vous sommairement des différents traitements apportés par les services étatiques (administratifs, judiciaires et autres) en la matière ? Et des manquements également ?

KMD : Effectivement, car je suis quelqu’un qui est dans le camp de l’opposition au système d’exclusion mis en place. Et je reste quelqu’un de sincère dans ce combat, je pense qu’il est important de relever et poser des problèmes afin de trouver des solutions, car en réalité le peuple nous a portés à l’hémicycle pour cela.
Certains problèmes posés ont trouvé des solutions et d’autres sont sans suite.
L’essentiel est que tous les problèmes que nous avons posés sont irréfutables et sont surtout pour l’intérêt général.

Question 5 : ces derniers temps, différents indices avancent qu’il y aurait un projet d’accord politique entre les partis Rfd et Ufp (issus de l’opposition) et le principal parti du pouvoir Insaf, quelle analyse faites-vous de cette éventualité ?

KMD : J’ai appris cela comme ça dans les réseaux sociaux mais j’ai aucune information claire à propos et de toutes les façons cela ne m’engage en rien puisque je suis de la Coalition Espoir Mauritanie. Ainsi dire seuls les membres du Rfd et Ufp pourront clarifier l’opinion sur cette affaire.

Question 6 : sur les problématiques liées à l’esclavage et au féodalisme en Mauritanie, selon vous quelles seraient les stratégies nécessaires pour éradiquer efficacement ces phénomènes présents diversement dans toutes nos communautés ?

KMD : Le féodalisme et l’esclavage sont des phénomènes à combattre et la seule stratégie c’est l’application des lois, hélas nous sommes un pays spécial et fort dans la conception des lois mais jamais nous ne les appliquons et c’est regrettable.
Il faut aussi combattre ces phénomènes sans verser dans la haine et la rancune mais plutôt mettre en place une approche où toutes nos communautés participeront à l’éveil des consciences. C’est très difficile mais c’est possible d’y arriver.

Question 7 : à l’international notamment dans notre sous-région ouest-africaine, différents théâtres de crises multidimensionnelles (politiques, coups d’État, sécuritaires, migrations…) existent, quels commentaires pourriez-vous en nous faire ?

KMD : Tout cela n’est que le résultat des dictatures africaines. Le manque de considération de la jeunesse, l’absence des libertés d’expression, l’absence de perspectives concrètes, sont autant de facteurs qui font que l’Afrique bouge dans des sens interdits.
De principe je suis contre toute forme de coups d’État, nos pays ont besoin de stabilité et cela ne peut être obtenu que dans la paix et la démocratie.

Question 8 : un grand nombre de la jeunesse mauritanienne quitte ou ambitionne à quitter le pays vers les États-Unis, quelle analyse faites-vous sur ce phénomène migratoire ?

KMD : C’est une preuve de l’échec de notre gouvernement.
Notre jeunesse fuit notre pays car elle est marginalisée, malmenée et sans considération. Par conséquent cela crée des frustrations et donc pousse la jeunesse à quitter, ce qui est déplorable.

Question 9 : l’élection présidentielle est prévue l’année prochaine en Mauritanie, quelles perspectives en termes de possibilités d’alternance ? Quelle formule serait idéale pour le camp de l’opposition face au pouvoir en place ?

KMD : Pour la présidentielle de 2024, je soutiens l’honorable député Maître Elid Mohameden Mbareck. Je vous remercie.

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