● LETTRE OUVERTE | Affaire du recensement biométrique en Mauritanie : Alerte citoyenne d’un tournant !

LETTRE OUVERTE, NOTRE LETTRE OUVERTE A TOUTES ET TOUS : Chère compatriote, cher compatriote, voici une lettre ouverte adressée à nos dirigeants, à Monsieur le Président de la République Islamique de Mauritanie en premier chef. Cette lettre est une requête, mais aussi une protestation. C’est une demande, mais aussi l’expression d’un refus d’une horrible injustice, celle qui s’apprête à s’abattre sur la tête de centaines de milliers de nos compatriotes privées, d’enrôlement, privés de pièces d’état-civil.
Vous devez vous dire, « mais elle est envoyée par qui? ».
Eh bien elle est envoyée à nos dirigeants par « nous », nous, c’est à dire par moi, par toi, par tout mauritanienne ou mauritanien qui souscrit au contenu de cette lettre.
Si tu n’y souscris pas, ne l’envoie pas, ni ne la transfére. Mais si tu y souscris, envoie la par tout canal à tous ceux que tu penses devoir l’envoyer, à nos dirigeants: du Président au chef de centre d’état-civil, en passant par le député de ta circonscription, le maire, l’ambassadeur ou tout autre représentant de l’autorité), ainsi bien sûr que tes contacts.
Nous serons peut-être des dizaines, des centaines, des milliers ou des dizaines de milliers, cela ne dépend que de chacun de…nous!
In cha Allah.

LETTRE OUVERTE

A Monsieur Le Président de la République Islamique de Mauritanie.

A Nos dirigeants politiques, administratifs, religieux et coutumiers.

Objet : Le recensement biométrique et l’arrêté précisant la fin de mission à la date du 31/12/2023, des commissions d’identification national, fermant ainsi définitivement toute possibilité de déclaration auprès du RPTS à tout personne âgée de plus de 6 ans, sauf en vertu d’une décision judiciaire
Le 28 Rabî’al awwal 1445 / 13 octobre 2023.
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Que les Grâces, la Paix et le Salut soient sur notre Prophète Mohamed (S.A.W.).
Nous profitons de ce mois de Rabî’al awwal, mois de naissance de notre bien-aimé Prophète Mohamed (S.A.W.) pour vous interpeller à propos du grave sujet cité en objet, à savoir « l’enrôlement et sa date de clôture définitive fixée par arrêté, au 31/12/2023.

Puisse Allah nous faire profiter, de tous les bienfaits de ce mois. Amine. « Rappel du contexte »

Depuis maintenant près de douze ans, une large frange de mauritaniens, estimée entre 300.000 et 500.000 personnes, soit près de 10% de la population mauritanienne, sont, eux ainsi que leurs familles, quotidiennement confrontés de façon dramatique, à leur impossibilité d’accéder à leur premier droit administratif élémentaire, à savoir se recenser pour avoir un Numéro National d’identification (NNI) leur permettant d’avoir une pièce d’état-civil. Ce sésame obligatoire pour avoir accès au statut formel de citoyen et à n’importe lequel des droits et/ou devoirs rattachés à la qualité de citoyen mauritanien.

Monsieur le Président, lors de la campagne électorale précédent l’élection présidentielle de 2019 et lors de votre prise de fonction, vous aviez promis aux mauritaniens de les traiter avec justice. L’accent mis sur la Justice est fort pertinent et justifié car, c’est bien elle, la Justice qui nous mènera à la Fraternité réelle et à la préservation de l’Honneur de toutes et tous ; de toutes les communautés nationales, in cha’Allah. Conformément à notre devise Honneur – Fraternité – Justice.

Vous avez à maintes reprises mis l’accent sur l’importance du renforcement de l’unité nationale et de l’engagement citoyen. Or est-il possible de demander aujourd’hui à une personne de se comporter en
citoyenne/citoyen tout en la privant de sa reconnaissance en tant que citoyenne/citoyen ?

Vous avez également souligné à maintes reprises l’importance pour vous de lutter contre les séquelles de l’esclavage. Or peut-on lutter d’une part contre les séquelles de l’esclavage et d’autre part enchaîner des personnes de par la privation des actes consacrant leur appartenance en toute liberté à la nation mauritanienne ?

Quel est le lot quotidien possible pour une/un mauritanienne – mauritanien sans-papiers ?

– Ne peut accéder à l’instruction ou plus largement à l’éducation pour soi tout comme pour sa progéniture (scolarité plafonnée au CM2, sauf « dérogation »), à la santé, à la propriété, à l’héritage, à la vie conjugale dans l’acception administrative et judiciaire.
– N’est point libre de ses mouvements (voyager) tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
– Ne peut participer à toutes les manifestations de ses droits parmi lesquels s’inscrire sur une liste électorale pour choisir ou se faire choisir parmi les dirigeants locaux ou nationaux du pays.


Vous conviendrez avec nous que ce tableau est fort sombre tant pour celle ou celui qui en pâti que pour le pays.
L’annonce de l’arrêt définitif (hors procédure judiciaire), au niveau national du processus d’enrôlement au 31/03/2023, tombe comme couperet anéantissant presque définitivement l’espoir de centaines de milliers de mauritaniens de recouvrer leur statut de citoyen et les condamne à rester des citoyens- fantômes dont la condition sous l’angle des conséquences susmentionnées, rappelle fortement celle de la servitude.
Et dans ce cas spécifique, c’est bien l’Etat qui les assigne à cette condition, rien d’autre.

« Rythme des travaux actuels des commissions d’identification national – exemple illustratif : le cas de la commune de Neere Waalo»

Neero Waalo est une petite commune composée de 13 villages, située dans la région du Gorgol. Cette commune compte XXX habitants dont 1827 habitants non encore « recensés » au 31/07/2023.
Entre le 01/08/2023 et le 20 septembre, 324 personnes ont été recensées, sur les 1827 restantes à recenser, soit un peu moins de 18%. Parmi ces 324 personnes, seules 37 ont reçu un NNI, soit environ 2% des 1827 personnes. Et sur ces 37 qui ont reçu un NNI, aucune ne s’est encore « photographié », pour pouvoir avoir une pièce d’identité !

Voilà ce qui a été fait en 50 jours environ. Il reste environ 100 jours avant la date butoir fixée par l’Etat. A ce rythme à quoi faudrait-il s’attendre au 31/12/2023 ? Combien de malheureux avec femmes et enfants seront laissés sur le carreau ?

Aux non-recensés à l’intérieur du pays, s’ajoutent ceux forts nombreux à l’extérieur du pays, parmi les déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali ainsi que parmi les émigrés.
Soulignons également que les régions du Sud de la Mauritanie sont de loin les plus touchées par ce phénomène des difficultés rencontrées pour se recenser.

« Nos doléances »
S’agissant de la question du recensement biométrique qui prive une partie des mauritaniens de l’acte par lequel se matérialise leur citoyenneté mauritanienne, vous avez la haute main pour sortir cette large frange de la population, des inquiétudes quotidiennes qui les taraude dans un monde devenu celui des « pièces », des justificatifs.
Pour toutes les raisons évoquées précédemment, nous vous demandons donc avant tout, de bien vouloir s’il vous plaît, annuler ou suspendre dans les plus brefs délais cet arrêté qui fixe au 31/12/2023 la date de fin de mission des commissions d’identification national, car il est à présent évident qu’au rythme où se déroule le recensement, la majorité des personnes non encore recensées, ne le seront pas au 31/12/2023. Maintenir cette date, c’est plonger sciemment des centaines de milliers de nos compatriotes dans le désarroi de l’apatridie. Nous ne pouvons croire que vous puissiez accepter cela sans agir, conformément au Hadith se rapportant à la conduite à tenir face à l’injustice. Nous ne pouvons croire qu’un dirigeant de ce pays, tenant à la Justice, qu’il soit dirigeant politique, religieux, administratif ou coutumier puisse accepter cela sans agir, sans le dénoncer.
Nous ne pouvons croire que le Peuple Mauritanien puisse l’accepter.
L’Histoire nous apprend que la sédimentation de faits injustes a été à l’origine du chaos dans bien des contrées de par le monde. Elle fut à l’origine de bien de révoltes et de révolutions.
En effet dans un pays, le chaos naît le plus souvent du désespoir. Or le désespoir a presque toujours, pour origine l’injustice.

Et en l’occurrence, dans notre pays, ce que l’Etat doit le plus craindre, ce n’est pas un groupe de personnes ou un homme quel qu’il soit, mais bien l’injustice qui étend son emprise maléfique sur un nombre croissant de nos concitoyens.

Cette injustice qui pourrait devenir le levier qui poussera de plus en plus de jeunes ou moins jeunes vers des issues peu souhaitables dont la radicalité, l’extrémisme (qu’il soit religieux ou autres), ou tout simplement la délinquance.
Ne tentons pas le diable en nous rapprochant dangereusement du point de rupture. Ce qui n’est nullement le souhait de (toute) la population mauritanienne.
Nous vous demandons également de donner des directives fermes pour que les centaines de milliers de nos compatriotes « sans-papiers » dans leur propre pays, puissent tous être recensés rapidement ; et surtout que le processus aille jusqu’au bout, se matérialise par la fourniture à chacune et chacun d’eux, d’un NNI ainsi que la prise de la photo nécessaire à
l’établissement d’une pièce d’identité. Que la cadence du recensement soit accélérée…

Si vous vous décidez à régler ce problème qui ne nécessite aucun dialogue politique ou social préalable, mais juste la volonté de le résoudre, vous trouverez parmi nos milliers de diplômés, chômeurs ou non, des ressources humaines capables d’accélérer le recensement de nos compatriotes qui ne le sont pas encore, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur du pays.

Il sera possible à travers une décentralisation des activités et une implication réelle des maires, imams, chefs de villages, ONG, CNDH, … d’atteindre les résultats attendus, probablement en moins d’une année. In cha’Allah.

Pour ceux qui argueraient, pour ralentir le processus, le risque de naturaliser quelques non- mauritaniens, nous disons qu’il est infiniment moins grave pour un pays (surtout avec une densité de population comme la nôtre), de naturaliser quelques non-mauritaniens plutôt que de denier leur citoyenneté à des Mauritaniens.
Certes il y’a lieu de déplorer que pour certains comme Aldjouma Cissoko (R.A), c’est malheureusement trop tard.
Rompons avec les populistes ou les tenants de thèses ne servant que de gagne-pain, qui veulent dénier à des Mauritaniens ce qu’ils sont. Soixante ans d’indépendance doivent nous permettre de pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie.

Tout citoyen auquel on refuse ce droit fondamental d’avoir des actes délivrés par son pays pour lui reconnaitre son appartenance à la nation, ne peut croire à une promesse quelconque d’amélioration de sa situation par les autorités de son pays.

La résolution de ce problème qui se trouve être parmi les problèmes fondamentaux de notre pays, redonnerait espoir à bon nombre de nos concitoyens et renforcerait votre crédibilité ainsi que celle de l’Etat quant à la tenue des promesses faites notamment lors de la campagne électorale.
C’est notamment pour cette raison que nous pensons que la Mauritanie, l’Histoire de la Mauritanie se souviendra de toutes les façons de ses dirigeants actuels, de vous, de ce quinquennat.

Elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment comme ceux, grâce auxquels le pays a enfin redressé la barre, a choisi la bonne « quibla » (direction) politique qui mène à la stabilité, à la prospérité, à l’épanouissement dans l’Honneur, la Fraternité et la Justice, in cha’Allah.
Ou alors, au contraire, elle se souviendra de vous, nos dirigeants du moment, pour des raisons à l’opposé de celles que nous venons d’énumérer…

Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre pays, ne le ratons pas.
Bien sincèrement,
Les signataires :
Nous, tout(e) mauritanien(ne) qui est d’accord avec le contenu de cette lettre ouverte

● Foncier en Mauritanie : la Fondation Sahel Explique la loi 83-127 portant réforme agraire aux ayants-droits

Madar – La Fondation Sahel, en partenariat avec le projet Voice a organisé samedi 14 octobre une formation au profit des ayants droit sur la loi 83-127 portant réforme agraire en Mauritanie.

« Elle a pour but de doter les victimes de l’esclavage foncier spoliées leurs terre des outils de lutte et d’accès à leurs droits », a indiqué le Président de la Fondation Sahel M. Brahim Bilal Ramdhane. Une conférence a été présentée par Dr Ali Ould Douh qui a expliqué le cadre réglementaire, ainsi que le suivi des litiges immobiliers et les procédures procédurales suivies sur le terrain.

Professeur aux universités de Noaukchott et d’Aioune, Dr. Douh a abordé les problèmes les plus importants posés par les litiges fonciers. Il a exposé les moyens pour les résoudre.

Selon lui le rôle du pouvoir judiciaire et de l’administration dans leur résolution de ces litiges ainsi que la sagesse doivent être mis en avant dans la gestion des conflits avec pour but de d’établir les droits et expliquer les décisions rendues concernant les litiges fonciers.

Pour sa part, le Président de la Fondation Sahel, Brahim Bilal Ramdhane, a cité quelques exemples de litiges fonciers et des dossiers pendants devant la justice et les autorités compétentes.

Il a conseillé aux titulaires de droits la nécessité de les doter d’une culture juridique dans le domaine et de solliciter l’assistance de spécialistes. Il a recommandé notamment le recours à des juristes et avocats afin de régler les problèmes liés aux litiges fonciers, en particulier ceux liés à l’exploitation des terres agricoles.

Destinée aux ayants-droits, cette formation a permis à la Fondation Sahel de leur expliquer la loi et de leur faire comprendre les moyens de la faire appliquer. Il a été notamment question de mieux expliciter les procédures d’obtention des terres cultivables.

● Source en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=769175

● « A quand (donnez-nous une date précise) l’arrivée des commissions d’identification et d’enrôlement en Europe ? » | Par Dr Boubou BA au député de diaspora.

L’honorable député des mauritaniens établis en Europe, Monsieur Issa Mansega DIAWARA, quand est-ce que les commissions dites d’identification arriveront-elles en Europe pour recenser les mauritaniens ?

Je tiens avant tout Monsieur le député à vous souhaiter une excellente rentrée de session parlementaire.
Monsieur le député, le 4 juillet 2023 le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a pris un arrêté sous le n°0698 portant création des commissions d’identification. Aussitôt, quelques jours plus tard ces commissions dites d’identification ont été constituées et déployées à l’intérieur du pays avec un bref délai de 6 mois (voir l’article 19 de l’arrêté qui met fin aux missions de ces commissions à la date du 31 décembre 2023), pour aller donner un état civil fiable et sécurisé aux mauritaniens qui n’en ont pas ou qui étaient privés de ce droit fondamental et inaliénable. Jusqu’aujourd’hui (à 2 mois de la fin des opérations) aucune commission d’identification n’a été déployée en Europe pour venir recenser les centaines et milliers de mauritaniens vivant dans cette circonscription dont la plupart d’entre eux sont devenus des apatrides. Ce qui constitue à mon sens une discrimination et une grave violation de l’article premier de la constitution mauritanienne.

Cependant, Monsieur le député, pour rappel le 27 mai 2023 vous avez été élu par les mauritaniens établis en Europe afin de pouvoir trouver des solutions à leur préoccupation et besoin mais aussi de défendre leurs droits les plus fondamentaux particulièrement les questions liées à l’état civil et le recensement. Aussi, pour rappel dans votre lettre du 11 juillet 2023, vous sollicitez les mauritaniens de la diaspora, je cite « …à aller se présenter devant les commissions d’identification de l’intérieur pour leur recensement ». Devrais-je vous dire que votre mission Monsieur le député n’est pas celle d’inciter les mauritaniens de l’Europe à aller se faire enrôler à l’intérieur du pays sans se soucier de leur condition de vie et travail mais plutôt de les aider à les rétablir dans leur droit fondamental…
L’honorable député, je dois vous rappeler que l’une des problématiques cruciales que rencontrent nos compatriotes établis en Europe est celle du recensement. Cette question constitue un problème majeur pour nos compatriotes et qui fait que certains d’entre eux sont devenus des apatrides et d’autres des sans-papiers et par voie de conséquence des sans-emploi. Monsieur le député, faites votre travail comme cela se doit en interpellant le ministre de l’intérieur sur ce sujet afin que le principe d’égalité de traitement de tous les mauritaniens devant la loi prévu par le préambule de notre constitution et l’article premier de ladite constitution soit bien respecté. Sans doute l’égalité devant la loi est un principe à valeur constitutionnelle garanti dans toutes les grandes démocraties et par l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Pour rappel Monsieur le député, aux termes de l’article premier de la constitution mauritanienne « La République assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale l’égalité devant la loi ». En d’autres termes, les personnes dans la même situation doivent être traitées de manière identique pas plus ni moins ; la République doit garantir un traitement équitable pour tous les mauritaniens devant la loi car il existe une seule et unique Mauritanie : la République islamique de Mauritanie. Malheureusement, tel n’est pas le cas car on assiste depuis la mise en place de ces commissions d’identification deux mauritaniens : le mauritanien de l’intérieur et celui de la diaspora. Ce qui constitue une rupture flagrante d’égalité de traitement des citoyens devant la loi ; votre silence sur ce sujet inquiète la diaspora et pourrait vous rendre complice de cette violation manifeste de certaines dispositions constitutionnelles.

Monsieur le député, pour conclure j’ai une question principale et toute simple : A quand (donnez-nous une date précise) l’arrivée des commissions d’identification et d’enrôlement en Europe ? L’urgence la plus absolue pour nous, les autres mauritaniens de la diaspora c’est le recensement.

Monsieur le député, de grâce ne venez pas avec des réponses toutes faites comme quoi, la constitution et l’envoi des commissions d’identification en Europe ne relèvent pas de vos compétences mais celles du ministre de l’intérieur. Sachez que je sais faire la distinction entre les compétences d’un ministre et celles d’un député. Monsieur le député, je vous demande de jouer votre rôle de député et d’agir le plus vite avec détermination pour les mauritaniens établis en Europe.
Je vous prie de croire Monsieur le député, à l’assurance de ma haute considération.

Dr Boubou BA
Membre associé au centre de recherche d’histoire et d’anthropologie du droit (CHAD)
Université de Paris10-Nanterre
Juriste aux services des urgences familiales et à la chambre du conseil
Au palais de justice de Pontoise-France

● La langue Soninké au panthéon des langues du monde | Par Seyré SIDIBE

Le Soninké est désormais une langue reconnue par l’UNESCO avec à la clé une journée internationale de la langue Soninké, le 25 septembre de chaque année.

C’est en soi une victoire pour tous les locuteurs de la langue Soninké et particulièrement, celle de la Confédération Internationale des Associations Soninké (CIAS), de l’Association pour la promotion de la culture et de la langue soninké (APS), de Wagadou Sané et même du Festival International Soninké (FISO).

Ces différentes organisations, porte-voix de la langue et la culture Soninké ont assurément contribué à la concrétisation de ce projet visionnaire, qui ouvre des perspectives prometteuses pour la langue et la culture Soninké.

Par cette reconnaissance, l’UNESCO atteste de la vitalité de la langue Soninké et sa capacité d’être une langue d’enseignement, de scolarisation et porteuse de génie et de savoir singuliers.

Le Soninké rentre ainsi dans la cour des grands, en cessant d’être réduit à l’expression folklorique ou regardé comme une simple langue d’alphabétisation.

De ce fait, la langue Soninké doit davantage œuvrer à convaincre sur le terrain de la recherche et de la science pour s’affranchir du communautarisme pour devenir la langue des locuteurs. Ce qui va agrandir son empire et son emprise .

Les Soninké doivent également apprendre à mieux communiquer et à s’approprier les principes du marketing culturel en vue de mieux promouvoir la langue et la culture qui sont imbriquées, comme le recto et le verso d’une même feuille.

Ce qui suppose fondamentalement un changement des mentalités garant d’une société forte d’abord à l’intérieur d’elle-même et puis dans ses rapports avec les autres, condition sine qua non de sa respectabilité et notoriété.

Yero Sylla

Selon Yéro Sylla linguiste et spécialiste de la langue Soninké : « Cette reconnaissance est une bonne chose. C’est un revers pour les sceptiques de la capacité de la langue Soninké à véhiculer le savoir ».

Et Yéro Sylla d’ajouter : « jusqu’à présent, la seule langue Africaine qui avait le statut (la reconnaissance de l’UNESCO) est le Swahili », une langue bantoue, originaire de la Tanzanie et parlée dans au moins quatorze (14) pays. Il a émis le vœu de voir prochainement d’autres langues Africaines emboîter le pas au Soninké en l’occurrence le Pulaar ou le Bambara.

Ce succès est un motif de satisfaction pour tous les Soninké en dépit des divergences entre progressistes et conservateurs qui plombent depuis six ans maintenant le vivre-ensemble Soninké à travers le monde.

Le moment n’est-il pas venu pour se réunir sous l’arbre à palabre pour raccorder les violons et creuser le sillon d’un nouveau pacte communautaire qui valorise plus la performance que la compétence ?

En Mauritanie, cette consécration de la langue Soninké a un goût particulier. En effet, elle intervient au moment où les autorités viennent de réintroduire l’enseignement des langues nationales dans le système éducatif ; en créant l’Institut pour la Promotion et l’Enseignement des Langues Nationales (IPELAN).

Une manière de reconnaître le rôle majeur et catalyseur des langues nationales ou maternelles dans la transmission des connaissances, des savoirs et même des savoir-faire.

Seyré SIDIBE

● Lien média https://ondeinfo.com/la-langue-soninke-au-pantheon-des-langues-du-monde/

● Communiqué sur le rétablissement de Ousmane Sonko sur les listes électorales. | Par l’avocat Ciré Clédor Ly

Le tribunal de Ziguinchor, tribunal du lieu d’inscription de Ousmane Sonko sur les listes électorales, avait été saisi d’un recours en contestation de la Radiation arbitraire du principal opposant du parti politique au pouvoir depuis 12 ans. Et,conformément à la loi, il a rendu sa décision dans des conditions très difficiles ,dans un climat délétère, ponctué de manque de respect et de considération de l’institution judiciaire. Tous ces manquement étant du seul fait du pouvoir exécutif et de ses agents.

En effet, les agents de l’État ont d’abord perturbé l’audience après les premières plaidoiries des Avocats de Monsieur Ousmane Sonko, pour suggérer au juge de se déporter, au seul motif qu’ils venaient de recevoir l’information selon laquelle il aurait un frère qui serait conseillé municipal à la mairie de Ziguinchor, une institution dirigée par Monsieur Ousmane Sonko.

Malgré que le juge leur ait demandé de se conformer à la loi pour engager la procédure s’ils voulaient le récuser, l’agent judiciaire de l’État et les Avocats de Adji Raby Sarr que l’État du Sénégal avait engagé, ont continué à divertir un moment la salle, avant de laisser continuer les plaidoiries.

Après 13 heures de plaidoiries, à 22 heures, l’agent judiciaire de l’État a de nouveau interrompu intempestivement les plaidoiries, pour remettre au juge un papier griffonné de sa main et informer le magistrat, que l’État du Sénégal venait de déposer auprès du Président de la Cour d’Appel de Ziguinchor, une demande de récusation le concernant. Bluff ou vérité ? Le juge le renvoya de nouveau dans les cordes et continua son audience; puisque la procédure n’avait toujours pas été suivie par l’État qui est habitué au forcing et aux violations des règles de procédures.

Et le sommet de la terreur d’État a été franchi lorsque l’électricité a disparu, subitement, du tribunal, plongeant tout le monde dans le noir. C’est à cet instant que le juge a ordonné la clôture des débats et a annoncé qu’il se retirait, pour délibérer, et revenir rendre sa décision. Et c’est à la lumière d’une lampe torche, puisque l’électricité a été coupée, que le juge a été contraint de travailler pour rédiger sa décision qui a mis K.O tous les artisans de la déconstruction de l’État de droit et du système démocratique ; fruits de longues luttes et de conquêtes du peuple sénégalais.

Le tribunal a statué sur sa propre compétence qui est celle du lieu d’inscription sur les listes électorales et le lieu de vote de l’électeur du requérant, Ousmane Sonko. Il a déclaré nulle la radiation de Monsieur Ousmane Sonko des listes électorales et ordonné son rétablissement ce qui devrait avoir effet immédiat. Avec les pratiques déloyales de L’État du Sénégal, l’égalité des chances dans la compétition électorale majeure de février 2024 est déjà violée puisque les parrainages ont démarré depuis le 29 septembre 2023.
Avec cette décision, le ministère de l’intérieur devra ordonner la remise immédiate et sans délai, des fiches de parrainage à Monsieur Ousmane Sonko.

Les sénégalais et la communauté internationale, témoins de la décision rendue par un juge qui n’est soumis qu’à l’autorité de la loi et qui a donné un sens et un contenu à l’indépendance et à l’impartialité de la magistrature, attendent de voir le comportement de l’État du Sénégal face à ce verdict. Qu’il est laborieux de vouloir persévérer dans l’illégalité et le banditisme d’État pour tenter d’asservir tous les juges et tout un peuple, désormais, rebelle et allergique à ses dirigeants en fin de règne.

Madame Marième DIOP GUÈYE magistrat à la Cour Suprême et Sibasy Faye juge au tribunal d’instance de ziguinchor sont désormais entrés dans l’histoire du Sénégal.Ils ont pris rang et place à côté des grands hommes qui dans leur vie n’ont servi que la loi et ont bien rempli leur existence.

Ciré Clédor Ly
Membre du collectif de La Défense de Monsieur Ousmane Sonko

● Communiqué de presse Hommage à la présidente Fatimata Mbaye – [IRA-Mauritanie]

Initiative de Résurgence Abolitionniste(IRA)

Communiqué de presse
Hommage à la présidente Fatimata Mbaye

Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) se félicite et félicite les organisations et activistes des droits de l’Homme en Mauritanie à l’occasion de la nomination de la présidente Fatimata Mbaye à l’occasion de sa nomination par le secrétaire général des Nations-Unies comme membre du Conseil d’administration du fonds des contributions volontaires des Nations-Unies sur les formes contemporaines d’esclavage. IRA souhaite beaucoup de succès à maître Fatimata Mbaye, défenseuse déterminée, pleine de constance et d’abnégation contre des différentes et multiples violations des droits et dignité de personnes en Mauritanie. La présidente de l’AMDH (Association Mauritanienne des Droits de l’Homme) a été non sans courage et désintéressement total, avec toutes les victimes dont les nombreuses vagues de détenus d’opinion parmi les rangs de l’ONG IRA au fil des années.
Nous remercions vivement les différentes instances des Nations-Unies dont le secrétaire général, de cette reconnaissance très largement méritée.

Nouakchott, 10 octobre 2023

La commission de la communication

● Flash info | L’avocate mauritanienne Fatimata Mbaye nommée dans une instance onusienne sur l’esclavage

L’information est parue ce 9 octobre 2023 dans la page Facebook UN Human rights – Mauritanie https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=703348801827093&id=100064559387578 . La célèbre avocate mauritanienne très avisée sur les questions liées à l’esclavage et ses manifestations, Maître Fatimata Mbaye est nommée par le SG des Nations unies « comme membre du conseil d’administration du fonds des contributions volontaires sur les formes contemporaines d’esclavage » selon la teneur de la publication.

Une promotion bien méritée pour une pertinente et constante porte-voix des causes justes en Mauritanie. Elle est largement félicitée par la sphère 2.0 de l’opinion publique mauritanienne pour cette nomination.

Nous lui souhaitons un très bon mandat avec plein de succès dans ses missions dédiées.

Ci-dessous l’intégralité du post Facebook : « Félicitations à Maître Fatimata Mbaye pour sa nomination par le Secrétaire General des Nations Unie comme membre du conseil d’administration du fonds des contributions volontaires des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage. Son mandat de trois ans a débuté le premier octobre 2023. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans ses fonctions et ce role très important.

Grâce à ses subventions accordées aux organisations de la société civile, le Fonds permet à des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants victimes de l’esclavage dans le monde de bénéficier entre autres d’une assistance humanitaire, psychologique, sociale, juridique, médicale et financière. »

KS pour le BLOG

● Lettre au Président de la République : l’école que nous voulons | Par le professeur Sneiba Mohamed

Lettre au Président de la République : l’école que nous voulons

Monsieur le Président,

Cette lettre particulière vous est adressée comme contribution d’un vieux professeur, à cinq ans de la retraite, à ce vaste chantier de réforme du système éducatif national que vous avez cité parmi vos priorités. Il ne s’agit pas de « leçons » à donner ni même de propositions à considérer mais tout simplement d’une réflexion à partir de faits vécus constituant les vrais problèmes d’une école prise en otage par une poignée de cadres qui l’exploitent (je n’exagère pas) comme le ferait les triades chinoises ou les cartels colombiens ou mexicains.


Monsieur le Président,
Il ne sert à rien de penser à la meilleure réforme possible et de désigner le meilleur profil (ministre) pour la mettre en œuvre si vous ne commencez pas par « dégager » (le mot n’est pas fort) cette mafia qui infeste le département depuis des décennies. Imaginez, monsieur le Président, qu’il y a des (ir)responsables en poste depuis 20 ans !. Des « intouchables » qui, grâce à la protection dont ils jouissent – jouissaient- en très haut lieu, agissent selon leur bon vouloir. Ils nomment, dénomment, « vendent » des mutations, « libèrent » certains pour aller exercer d’autres activités parallèles (à Noughta Sakhina ou dans les écoles privées) ou même partir tenter dame fortune à l’étranger !!!
Certes, il y a de bons cadres qui accomplissent leurs missions suivant les règles de l’art, qui maintiennent le département en survie, mais ils se comptent sur les doigts d’une seule main. Ils sont l’exception qui confirme la règle, comme on dit.
Pensez, Monsieur le Président, que parce que j’ai cette propension à dire et à écrire contre les maux qui gangrènent notre société, on m’avait demandé de retourner enseigner, alors que je n’ai été muté au Cabinet qu’après vingt ans de classe passés à l’intérieur (lycée de Boghé, 7 ans), lycée d’Aleg (3 ans) et Nouakchott (Lycée national 6 ans). Et que, quelques mois plus tard, des nominations de complaisance étaient venues encombrer les administrations du ministère devenant ainsi une sorte « d’asile » pour désœuvrés !


Monsieur le Président,
L’éducation est l’un des secteurs sensibles, qui réagit systématiquement à toute injustice. Je vous donne encore un exemple.
Au Ministère, il n’est pas étonnant de voir beaucoup de ceux qui ont réussi leur examen de sortie avec toutes les difficultés du monde, occuper les plus grands postes de responsabilité. Dans l’une des filières, le dernier de la promotion a été le premier nommé au poste d’inspecteur, à la manière de la méthode lifo (last in, first on). Le dernier venu, premier servi. Le premier de la même promotion ne montera en grade que beaucoup plus tard. Comprenez, Monsieur le Président, que beaucoup, comme moi, peuvent avoir ce raisonnement : puisqu’on prend par le bas, versons dans la médiocrité !!!


Monsieur le Président,
Tout le monde s’accorde à dire que vous avez mis un soin particulier à vous entourer d’une équipe de choc : un Premier ministre et des ministres qui ont de la compétence à revendre, un ministre chargé du cabinet du président de la République dont la qualité première doit être la confiance que vous lui accordez (ce qui est le cas)… Le même soin accordé au choix des ministres doit s’appliquer aux différents niveaux de l’administration, scolaire notamment : chargés de mission, conseillers, directeurs centraux, chefs d’établissements (lycées, collèges, écoles fondamentales), chefs de services, chefs de division, car tout le monde sait que l’entourage d’un ministre de l’éducation joue les premiers rôles dans la mise en œuvre d’une réforme ou…sa mise au placard.


Monsieur le Président,
L’administration ne doit pas être sous le joug de la tribu ou de la région. Dans le ministère que je connais le mieux (l’éducation), c’est ce Mal qui ronge notre système éducatif depuis des décennies. Le ministre doit avoir comme priorité des priorités de s’assurer que les directions, les services et autres administrations scolaires ont les ressources humaines capables de leur insuffler une nouvelle vie. Le désencombrement est une opération de « salubrité » qui doit constituer la première mesure à prendre. Mais il faut également penser, Monsieur le Président, à ces milliers de soldats qui sont sur le terrain des opérations. Plusieurs d’entre eux n’ont pas choisi, d’eux-mêmes, la profession ; ils ont été contraints et forcés par le chômage endémique.
Pour améliorer le rendement de l’école, il faut que le métier d’enseignant nourrisse son homme. Ce qui a été entrepris au niveau de la Justice, comme bonification des salaires, et qui est également d’usage dans certains départements « privilégiés », comme les Finances, l’Economie et les Affaires étrangères, doit profiter à ces enseignants pour qu’ils puissent se donner à la tâche en se sentant à l’abri du besoin. Si cette condition sine qua non est réalisée, on peut alors penser, en toute logique, à l’application du principe de la récompense et de la sanction.

Monsieur le Président,

Une école à deux vitesses est le fruit de ces injustices que je viens d’énumérer. Parce que la qualité de l’école publique laisse à désirer, les parents d’élèves se voient contraints d’instruire leurs enfants dans ces écoles-boutiques qui foisonnent à Nouakchott mais qui commencent aussi à essaimer dans les grandes villes. Parce que son salaire ne lui permet pas de « tenir » deux semaines, voire une, l’enseignant est obligé de chercher le « complément » dans ce privé qui fonctionne, injustement, avec un personnel formé par et pour l’Etat ! Je reviens pour dire que seule l’amélioration des conditions de vie de l’enseignant et le suivi régulier de son rendement permettront de sauver l’école publique et d’arriver, avec l’engagement pris par vous, monsieur le Président, à cette école républicaine que nous voulons.

PS : Sur cette photo de 1995, je suis avec M. Ba Mohamed Daha, alors DG du lycée de Boghé. J’enseignais alors les classes de TAB et m’inspirais beaucoup des cours qu’il m’a dispensés en classe de terminale lettres, en 84.



Sneiba Mohamed, professeur

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● Mauritanie : Une Cndh au service de l’arbitraire | IRA-Mauritanie

Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA)

Mauritanie : Une Cndh au service de l’arbitraire

Note d’information, 8 octobre 2023

A la faveur d’un communiqué publié, le 6 octobre courant, la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh) en Mauritanie affirme avoir rendu visite, au captif Youba Siby ould El Ghoth, de nationalité sénégalaise ; enlevé à Dakar par des policiers de l’Etat dont il est ressortissant, il fut enchaîné et remis, à leurs homologues mauritaniens, le 15 septembre 2023 ; séquestré, à Nouakchott, sous la responsabilité de la Direction générale de la sûreté nationale (Dgsn), il se retrouve désormais poursuivi en justice, au motif de propos de dénonciation de l’esclavage et du racisme, dans son pays d’origine. A en croire la Cndh qui prétend lui porter assistance au titre d’une « d’une mission conjointe avec le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme, le 03/10/2023 », Youba Siby se porte bien, ne se plaint d’aucun mauvais traitement « y compris durant son transfert » mais n’a pu voir sa famille et ne dispose pas d’un avocat ; les auteurs de l’annonce promettent de régler les deux défauts susmentionnés.
La réaction de la Cndh, porte-voix officieux (et quelquefois officiel) des autorités en charge de la répression, appelle une batterie de commentaires factuels, aux fins de rétablir la vérité :
1. Du 15 septembre au 3 octobre 2023, Youba sera « cuisiné » selon le jargon local des tortionnaires, à l’intérieur des cachots de la sûreté ; il n’usera du droit – comme le prévoit la loi dès le début de sa captivité – aux visites des siens, de son conseil ou d’un médecin. Durant la période de l’isolement et jusqu’aujourd’hui, nul ne sait quelles avanies il subissait. La présomption de torture et de harcèlement moral se justifie, ici, par le caractère systémique de l’impunité et des violences policières en Mauritanie. Malgré un riche passif en matière de torture et d’homicide volontaire, aucun agent du maintien de l’ordre ni des forces armées et de sécurité n’a jamais été jugé au grief de commission de sévices contre des personnes désarmés. Les commissariats de police de la Mauritanie comptent parmi les lieux les plus dangereux en Afrique, surtout aux dépens d’un justiciable, étranger ou citoyen d’extraction subsaharienne. A cet égard, les « bavures » de 2023 (Souvi Jibril Soumaré 9 février et Oumar Diop 28 mai) témoignent d’une réalité structurelle à laquelle les pouvoirs publics opposent, toujours, le déni, l’intimidation des témoins et la fraude sur les actes de médecine légale.
2. A la suite du communiqué tendancieux, un militant de l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira) a pu approcher le détenu, le même jour mais en présence imposée du Secrétaire général de la Cndh. Devant ce dernier, Youba Siby trahissait des signes de trouble et n’osait le regarder en face. Il avait perdu de sa verve et ne tarissait d’éloges quant au comportement de ses geôliers mauritaniens, non sans accabler la police du Sénégal. Ainsi s’explique, après des semaines d’insistance, le refus d’autoriser, l’Ira, à le rencontrer. Il fallait d’abord ramollir la volonté de la victime et briser sa virulence habituelle avant de la rendre « présentable » ; cette méthode de conditionnement, fort connue, constitue l’un des automatismes de la coercition légale en Mauritanie. Elle remonte à l’ère du Comité militaire de salut national (Cmsn) avant de se banaliser durant la phase civile de la dictature du Colonel Ould Sid’Ahmed Taya (1992-2005).
3. L’implication du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme procède d’une identique inclination à manipuler les partenaires extérieurs, souvent acteurs, en toute bonne foi, de leur propre ingénuité : quand la gentillesse, l’exotisme et les cadeaux ne suffisent à endormir la vigilance de l’allié ou de l’hôte, la machinerie de la triche se charge de la relève. Combien de visiteurs bilatéraux, de diplomates accrédités et de touristes n’ont-ils pas été ainsi exposés au mensonge d’Etat ! C’est, ici, l’occasion de les mettre en garde, encore une fois. La république islamique de la tromperie ne cessera de leur servir le réchauffé perpétuel d’un narratif rapiécé à force d’outrance, de cachotteries, de poussière sous le tapis, de cadavres dans le placard et de laborieuses esquives. La Cndh reste l’artisan principal de cette industrie de l’évitement. Son accréditation au système des Nations unies pose, à présent, un sérieux problème de crédibilité à l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (Ganhri).
4. D’ici l’échéance du rendez-vous imprévisible où le désir d’équité balaiera les paravents du faux en Mauritanie, Youba Siby croupit, en pleine incertitude, entre les mains des faussaires. Ils l’ont brisé. Sa condition de paria requiert un secours d’urgence.

Commission Communication

● Au nom de la langue arabe : Menaces, ton de mépris, rien n’est épargné à la mission onusienne du Groupe CEDAW [Fr.Taqadoumy.mr]

Au cours de sa conférence de presse aujourd’hui, vendredi, à Nouakchott, le groupe d’expertes des Nations Unies en charge des discriminations contre les femmes (CEDEF/CEDAW) a subi les foudres d’arabophones extrémistes.

Jusque-là réservées aux nationaux, fussent-ils ministres, députés, écrivains, poètes, universitaires ou intellectuels, voilà que les arabophones chauvins s’en prennent à une mission étrangère, donc hôte du pays, et onusienne, ce qui fait craindre un incident diplomatique.

Ayant à peine prononcé le premier mot en langue française, la cheffe de la mission, Miskilane Giset Tishan, est prise à partie par des arabisants, manifestement horripilés par l’usage de la langue française.

« Rien que l’arabe, sinon je vais jeter les micros loin et ils n’ont qu’à amener la police. Ce pays est [un pays] arabe. C’est quoi ce mépris? »

Enhardis par la vague de francophobie qui sévit chez les pays voisins (Maroc, Algérie, Mali) et en Afrique de l’ouest, les arabisants de Mauritanie affichent désormais leur haine du français.

Menaces, ton de mépris, défis à la loi, aux symboles de l’État (la police), non-respect des règles de bienséance vis-à-vis d’hôtes de la Mauritanie, recrudescence du conflit linguistique (lui-même suppôt de son parallèle social)… Autant de facteurs qui augurent d’une crise profonde, celle d’une Mauritanie autarcique vivant dans le passé et coupée du monde.

Par Med Yahya Abdel Wedoud
Fr.Taqadoumy.mr

● Source média https://fr.taqadoumy.mr/policy/actualite-de-mauritanie/au-nom-de-la-langue-arabe-menaces-ton-de-mepris-rien-nest-epargne-a-la-mission-onusienne-du-groupe-cedaw/?fbclid=IwAR3g3bG943AuQ9Xzx8d9CMp9z3CMYRIZAuV3IiVqiscRuR1ZGJDJNq7tQMw