● Des députés mauritaniens refusent de se lever pour la prière des soldats tués le 28 novembre 1990

Senalioune – Dans une scène chargée d’émotion à l’Assemblée nationale de Mauritanie ce 25 novembre 2023, le député Ibrahim Moctar Sarr a pris la parole pour évoquer les années sombres passé de la nation et en particulier la date du 28 novembre.

Cette date rappelle un événement tragique où 28 soldats negro-mauritaniens ont été pendus sous le régime de l’ancien président Maouiya Ould Sid Ahmed Taya. Le discours du député Sarr a été marqué par un appel à la prière et au respect envers les défunts, mais malheureusement, les députés de la majorité ont refusé de se lever, suscitant ainsi une vive controverse dans un pays qui se revendique musulman.

Cette scène à l’Assemblée nationale a rapidement fait le tour des médias et des réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation parmi les citoyens mauritaniens.

De nombreux internautes ont exprimé leur déception et leur colère face à cette attitude des députés de la majorité. Certains ont souligné que cet événement mettait en évidence l’importance de l’éducation et de la sensibilisation pour construire une société plus juste et respectueuse de tous.

Les réactions à l’intervention du député Sarr et au refus des députés de la majorité de se lever ont ouvert un débat crucial sur la nécessité de faire face au passé douloureux de la Mauritanie et d’œuvrer pour la réconciliation et la justice.

Beaucoup estiment que reconnaître les erreurs commises par le passé et rendre hommage aux victimes est essentiel pour guérir les plaies encore ouvertes de la nation.

Par Moudo Dieng

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● L’impunité juridique perpétue l’esclavage en Mauritanie – [IRA-Mauritanie]


Le représentant d’IRA à Boghé (Localité dépendant de la région du Brakna, située à 150 km au sud-ouest d’Aleg, la capitale régionale), Mr Khoumeyni Laghdaf, informa la mission d’IRA le samedi 14 octobre 2023 qu’il a trouvé un enfant, Mahmoud Abdallahi (10 ans), dans un piteux état après avoir marché 18 km à pied et qu’il l’a emmené au commissariat de police en attendant de trouver quelqu’un de sa famille ou de la famille qui l’exploitait. L’enfant Mahmoud Abdallahi est de la localité de Mayguoum, située dans département de Bababé (à 80 km de Boghé, dans la Vallée du fleuve Sénégal) et travaillait à Dourweit entre les municipalités de Boghé et Bouhdida à 90 km de sa famille à Mayguoum. Il gardait les troupeaux pour son exploiteur Bah Abdelwehab mais quand ce dernier a appris que des activistes d’IRA, réputés rigoureux et entreprenants, à travers les plaintes qu’ils portent devant les tribunaux contre les esclavagistes et trafiquants d’enfants en faveur des victimes, sont dans la région, ils se sont empressés de chasser l’enfant pour éviter d’être découvert en flagrant délit d’esclavage et d’exploitation de mineur.
La délégation d’IRA est arrivée à la brigade de Boghé le 14 octobre 2023 à 10h30 et a trouvé le commissaire de police de la ville, sur le point de libérer le bourreau Bah Abdelwehab. L’enfant a été signalé et son exploiteur dénoncé par les militants locaux (section IRA de Boghé) qui avaient intercepté le garçon Mahmoud Abdallahi en détresse et en errance. La délégation d’IRA a demandé les raisons de cette libération prématurée ; l’officier de police judiciaire leur répondit que la mère de la présumée victime Mahmoud Abdallahi a dit qu’il est né en 2003 et qu’il est majeur donc le procureur d’Aleg Cheikh Baye nous a dit de le libérer. La délégation a demandé des preuves car de l’enfant ne leur parait pas avoir plus de 10 ans. Quelques minutes après le commissaire est revenu leur dire : « nous, on ne travaille pas avec les organisations, on travaille seulement avec le procureur et il nous a dit de le libérer ». La délégation lui a expliqué que s’il le libère, il devra les mettre à sa place. Le commissaire comprit le message et après quelques échanges entre la délégation d’IRA et le procureur, le commissaire revient quelques instants après pour le mettre sous contrôle judiciaire. La délégation lui demanda de leur confier la garde de l’enfant, il a répondit qu’il faut l’autorisation du procureur mais poursuit-il : « il est avec sa mère et ne trouvera pas mieux qu’elle pour le garder » la délégation répliqua que sa mère est complice de son exploitation et qu’elle doit être mise aux arrêts elle aussi. Ainsi le procureur refusa de l’éloigner du commissariat et de ses exploiteurs le commissaire a pris le soin de violer la procédure en s’entêtant à garder l’enfant dans le lieu de détention de la police avec le présumé exploiteur de l’enfant Bah Abdelwahab et la mère de l’enfant Vatimetou Mamadi qui est elle aussi esclave de l’exploiteur et à laquelle l’exploiteur a fait appel pour témoigner à sa décharge contre les allégations de l’enfant.
Le 17 octobre le procureur Cheikh Baye ordonne le transfert du dossier de la police vers la gendarmerie et le 18 octobre 2023, ils sont déférés devant le procureur de Aleg qui les a accusé d’exploitation de mineur et les a renvoyé vers le juge d’instruction Moctar Mohamed Hacen avec une demande de contrôle judiciaire justifiant cette clémence qu’il s’agit d’une femme, et d’un homme âgé et souffrant de diabète. Le juge d’instruction s’est contenté d’une garantie de présence.


Nouakchott 20/11/2023
La commission de communication

● La banalisation des crimes d’esclavage accentue ses pratiques en Mauritanie – [IRA-Mauritanie]

Protagonistes :
Présumés coupables : Hamoud Elvil
Prétendus parents de la victime : Vatimetou Mamadou et Mohamed Habib M’Bareck et son épouse Kebada
Victimes : Hacen Mohamed Mahmoud alias Jibril Mohamed (11ans)
Plaignante : Roughaya Chedad
Procureur : Cheikh Baye
Commandant de la brigade de gendarmerie : Leylily Mohamed Hacen
Juge d’instruction : Moctar Mohamed


Le jeudi 11 octobre 2023, une mission d’IRA conduite par le responsable de l’action de protection des droits de l’homme Abdallahi Abou Diop, accompagné de Mohamed Laghdaf Néma s’est rendue au Brakna (région située au sud-est de Nouakchott). Cette mission répond à l’appel au secours de madame Roughaya Chedad qui les informa que son fils disparu depuis 5 ans a été retrouvé avec le bourreau-esclavagiste du nom de Hamoud Elvil qui l’exploitait ; il s’agit de l’enfant mineur Hacen Mohamed Mahmoud âgé de 11 ans et qui s’appelle désormais Jibril Mohamed
La délégation est arrivée à la brigade de gendarmerie le 11 octobre 2023 à 22h. Ils ont pu échanger avec la dame Roghaya Chedad dite Vatimetou Mamadou et ses proches qui les ont informés qu’il y a une seconde famille qui réclame l’enfant et prétend que c’est leur fils et qui l’appellent Jibril Mohamed et qu’ils sont présentement à l’intérieur de la brigade de la gendarmerie avec le commandant. Ce dernier était au courant de l’arrivée de la mission d’IRA ; la mission informa le gendarme du but de leur mission et qu’ils sont venus assister, encadrer et accompagner l’enfant et sa famille. La gendarmerie avait déjà arrêté les présumés coupables Hamoud Vil et Mohamed Habib M’Bareck, la mère de la famille qui prétendait que c’est leur fils ainsi que l’enfant victime. La délégation d’IRA a beau expliquer au chef de brigade que l’enfant est mineur et victime et il n’a aucune raison de l’arrêter mais il a répondu que ce sont les ordres du procureur. Il prétend que l’enfant n’est pas formellement en garde à vue, mais il est retenu en compagnie des suspects mis aux arrêts selon les ordres du procureur du tribunal d’Aleg le juge Cheikh Baye Moustapha.
Le lendemain vendredi 13 octobre 2023 la mission d’IRA est revenue à la brigade dès 8h 30 le matin, ils ont constaté que l’enfant mineur et victime est placé avec ses bourreaux dans la même cellule. Ils ont dit au chef de brigade de la gendarmerie, l’officier de police judiciaire chargé d’instruire l’affaire, le nommé Leylily Mohamed Hacen, qu’il a biaisé toute l’enquête en mettant les bourreaux et la victime dans un même lieu où ils ont séjourné et passé la nuit ensemble. L’officier s’est empressé de séparer l’enfant de ses présumés bourreaux, mais le mal était déjà fait.
La délégation d’IRA a ensuite quitté la brigade de gendarmerie pour le tribunal d’Aleg ; ils ont attendu longtemps avant l’arrivée du procureur aux environs de 11h. Ils ont expliqué au procureur les manquements à la procédure très stricte sur la protection des mineurs face à leurs présumés bourreaux, fautes procédurales très graves commises par l’officier de police judiciaire notamment le fait d’arrêter la victime et de la mettre avec ses bourreaux. Bien sûr que les responsables d’IRA ont expliqué au procureur que l’officier gendarme a prétendu que c’est le procureur lui-même qui lui a ordonné de garder la victime dans la même cellule avec le suspect et dans le lieu de détention qui est la brigade de gendarmerie d’Aleg (Ville chef-lieu de la région du Brakna située à 300km au sud-est de la capitale mauritanienne Nouakchott). Le procureur convoqua séance tenante l’officier gendarme chef de brigade et lui fait part des griefs émis contre la procédure par les délégué d’IRA. Mais aucune sanction ou mesure n’a été prise contre l’officier de gendarmerie , ce qui prouve que le procureur comme tous les juges mauritaniens, n’est pas étranger à cette violation de la procédure qui fait partie des longues chaines de violations commises par les juges et les officiers de police judiciaire contre les victimes de l’esclavage en Mauritanie.
La mission d’ IRA sollicita auprès du procureur de lui donner la garde de l’enfant jusqu’à la fin de l’enquête, le procureur refusa prétextant qu’IRA est partie civile dans cette affaire et a demandé à l’enfant de choisir avec qui il veut partir. L’enfant choisira la femme qui le louait au bourreau qui l’exploitait, il s’agit de Kebada l’épouse de Mohamed Habib M’Bareck.


Le chef d’inculpation retenu contre les accusés est : Exploitation de mineurs.
Le Juge d’instruction met les présumés coupables sous contrôle judiciaire malgré la requête du procureur de leur délivrer un mandat de dépôt. Ce dernier a fait appel de cette décision inexplicable.


Nouakchott 20/11/2023
La commission de communication

● Fin de l’enrôlement au 31 décembre 2023 : Le ministre de l’Intérieur persiste et signe !

L’Eveil Hebdo – Dans une déclaration intervenue lors d’une réunion, dans la ville de Kaédi, avec les autorités administratives des wilayas du Gorgol, du Brakna et du Guidimakha, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, a souligné la nécessité de redoubler d’efforts pour contribuer à obtenir le plus grand résultat d’enrôlement des citoyens, «en respectant le délai spécifié pour terminer l’enregistrement dans les registres d’état-civil».

Avec cette dernière phrase, le ministre confirme à demi-mots, que la date du 31 décembre serait la date buttoir pour se faire enrôler.

Une phrase qui suscite des interrogations au moment où des candidats à l’enrôlement continuent d’être confrontés à de nombreuses difficultés et entraves de la part de chefs de centres zélés qui n’en font, apparemment, qu’à leurs têtes et en fonction de la tête du client.

En effet, des milliers de ressortissants de la Vallée continuent à se faire balader pour des arguments parfois plus fallacieux les uns que les autres. Une situation particulièrement difficile pour les ressortissants des localités éloignées des centres d’enrôlement.

Imaginer des femmes avec des enfants parcourir des kilomètres, délaissant leurs activités quotidiennes de survie, passer toute une journée à faire la queue et se faire signifier en fin de journée qu’il n’y pas de réseau, par exemple, et qu’il faut revenir le lendemain.

Et c’est une scène qui peut se répéter plusieurs fois jusqu’au découragement des prétendants. Certains observateurs pensent qu’il y a quelque part une volonté de ralentir délibérément le processus pour enrôler le moins de personnes possibles – même ceux qui en ont le droit – sachant que la date limite va bientôt arriver.

Procédures toujours pas clarifiées… volontairement ?

En effet, il est difficile de comprendre qu’il n’y ait pas d’informations claires dans la conduite du processus. Il est doit pourtant être aisé d’afficher dans les Centres ou de communiquer par des canaux appropriés l’ensemble des critères et des conditions à remplir pour se faire enrôler. A ce niveau la responsabilité des élus locaux est engagée.

C’est à eux d’encadrer les populations dans ce processus pour que celui qui en a le droit se fasse enrôler et celui qui n’en a pas le droit reçoive des explications claires et convaincantes qui lui feront comprendre qu’il ne peut pas l’être.

Pourtant, il y a déjà quelques années, les autorités avaient mis en place une commission présidée par Thiam Diombar pour proposer des procédures simples et claires à tous ceux qui s’estimaient être lésés.

La première expérience en 2017 s’était terminée en queue de poisson. Un processus relancé en 2022 à l’occasion d’une visite à Kaédi du Président de la République au cours de laquelle il s’était engagé à «régler rapidement les problèmes d’accès à l’état-civil, en se mettant tout de suite au travail».

Cet engagement s’est rapidement traduit par la mise en place de nouvelles procédures qui devaient permettre même à ceux qui ne disposaient pas d’un dossier complet de se faire recenser sur simples témoignages.

En effet, dans chaque Centre, il est mis en place une commission composée d’un chef de village, de deux membres de chaque localité, deux membres du conseil municipal et un membre de l’administration locale.

Le Commissariat aux Droits de l’Homme avait même lancé, à cette occasion, en collaboration avec la Société Civile une grande campagne de sensibilisation pour inciter les citoyens à se rendre massivement dans les Centres d’enrôlement.

Volonté affichée en haut lieu, blocages et entraves au niveau des exécutants

Les obstacles devaient donc être aplanis. Mais en pratique, les choses sont toujours compliquées. Outre des «coupures» récurrentes – et opportunes ? – du réseau, il y a lieu de noter le doute quasi-permanent sur la citoyenneté de certains requérants entrainant le rejet parfois de dossiers bien ficelés, la jeunesse des chefs de Centre, leur manque d’expérience et surtout de courtoisie, le tout couronné par le peu – ou pas du tout – d’implication des maires et députés sur le terrain pour accompagner les opérations…

Conséquences, de très nombreux citoyens se trouvent dans la même situation qu’il y a quelques mois. Compte tenu de cette situation, on aurait pu s’attendre à ce que cette visite du ministre de l’Intérieur dans cette zone soit une occasion de donner des instructions allant dans le sens de faciliter les démarches pour les citoyens, dans le respect de la loi naturellement ; mais le ministre semble faire fi des nombreuses difficultés et entraves auxquelles sont confrontées les populations et se focalise plutôt sur le respect des délais.

Si le Président de la République semble accorder une grande importance à cette opération, comme il l’a d’ailleurs rappelé à l’occasion de sa récente rencontre avec la presse, on ne peut pas en dire autant pour ses principaux collaborateurs, encore moins les préposés aux Centres d’enrôlement. On peut donc affirmer, sans risque de se tromper, qu’à la date du 31 décembre 2023, les opérations d’enrôlement seront peut-être clôturées, mais que le dossier de l’enrôlement n’en sera pas pour autant clos.

Sikhousso

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● Projet AFRAB – retour de Dar es Salam | Message de remerciement du président d’IRA-Mauritanie

Message de remerciements pour les concepteurs et acteurs de AFRAB et d’informations pour le public abolitionniste.
J’informe tous les collègues, chercheurs ou activistes, avec qui j’ai partagé une excellente semaine à l’université de Dar es Salam, dans le cadre du projet AFRAB, que je suis arrivé au sein de la famille à Dakar, en parfaite santé et dans des bonnes conditions. Je compte aussi mobiliser des chercheurs mauritaniens, basés à l’université de Nouakchott ou dans des universités étrangères, pour rallier le projet et la conception AFRAB, une idée géniale qui contribuerait beaucoup à l’effort africain et mondial visant à informer sur l’esclavagisme en vue de son éradication totale.
Le projet AFRAB (acronym de «African Abolitionism: The Rise and Transformations of Anti-slavery in Africa») a soutenu et financé la participation de 32 participants, dont des membres du réseau G5 Sahel contre l’Esclavage, à la conférence UDSM en Dar es Salaam du 6 au 10 novembre 2023. Le G5 Sahel est un consortium d’ongs anti-esclavagistes, travaillant au Mali, Niger, Mauritanie, Tchad, Burkina Fasso et autres pays du Sahel, Sahara ou Afrique de l’Ouest. Le G5Sahel Contre l’Esclavage est dirigé par Ali Bouzou, secrétaire général du consortium et président de l’organisation Timidria du Niger. AFRAB est coordonné par la professeure Benedetta Rossi, basée au Département d’histoire de l’université « University College London » (UCL) à Londres, au Royaume-Uni. AFRAB est financé par le Conseil Européen de la Recherche (convention de subvention n° 885418).

Biram Dah Abeid

12 novembre 2023

● L’interview du journal Shems Maarif avec le député mauritanien Biram Dah Abeid.

Le journal électronique Shems Maarif
Interview avec le Deputé Biram Dah Abeid, président de l’ONG IRA; par Yedali Fall.

1- Shems Maarif : Monsieur le député bonjour. Vous revenez d’une tournée qui vous a conduit hors du pays. Quel en était l’objectif ?


Biram Dah Abeid: Mon voyage en Europe (France, Belgique et Suisse) visait trois objectifs : reprendre contact et s’organiser nos sections en Europe et la diaspora mauritanienne, pour les batailles présentes et futures, dans le domaine des droits humains et du projet d’alternance, faire l’état des lieux avec les partenaires d’IRA, européens et onusiens, de la situation du pays depuis que le régime du président Ghazouani a renié la ligne d’ouverture enclenchée, au début de son mandat, en direction de la mouvance citoyenne; le troisième objectif de ce voyage était consacré à mes contrôles de santé.


2/ Shems Maarif : Quelle lecture faites-vous de la scène politique nationale six mois après les élections du 13 mai 2023 ?

BDA : La scène et ses acteurs résultent d’une ligne de séparation racialiste et de classe, orchestrée par le régime en place, comme ses prédécesseurs issus du même bloc dominant que caractérisent le monolinguisme et le désir de la toute-puissance. Ces lignes discriminatoires et de fracture croissante se matérialise dans le refus catégorique, par le pouvoir et ses lois, d’autoriser l’activité des forces issus des milieux majoritaires : il faut, désormais, considérer que l’intimidation des autochtones d’ascendance subsaharienne, devient une finalité de l’Etat et des segments réactionnaires dont il tire sa légitimité. Victimes d’une gouvernance de marginalisation et d’impunité depuis plusieurs décennies, ces groupes subissent, aussi, l’interdiction de fonder de nouveaux partis, à l’ombre de la légalité. Du début du siècle jusqu’à nos jours le constat ne varie : Action pour le changement (Ac) et Convention pour le changement (Cc) ont été abrogés successivement ; de 2013 à 2014, la mesure d’éviction frappe Refondation pour une action globale (Rag) et Forces progressistes pour le changement (Fpc). Les Ong Touche pas à ma nationalité(Tpmn), l’organisation pour la promotion et l’officialisation des langues nationales(Olan), les associations des rescapés des vagues d’épuration ethniques, des veuves, des orphelins, sont privées de reconnaissance de jure ou/et de fait, un peu à l’image d’IRA, tolérée du bout des lèvres mais interdites de toute participation aux travaux de son interlocuteur officiel, en l’occurrence le Commissariat aux droits de l’Homme, à la lutte contre la pauvreté et à l’insertion. Les actes de représailles visent toute entité privée qui n’obéit pas aux limites du discours, de la pensée et des gestes assignés, par le pouvoir, aux acteurs de la société civile ; ici, les cas de dissidence, de liberté de ton et de lanceur d’alerte suscitent, de la part du gouvernement, une batterie de mesures de rétorsions. La plus immédiate consiste à exclure, les associations, du bénéfice des financements extérieurs, comme celui de la France, en Mauritanie. Donc l’état des lieux, au surlendemain des élections générales, se résume à un tableau d’apartheid politique exécuté au profit d’une communauté de citoyens de premier ordre au détriment de l’humanité périphérique, celle du nombre et de la misère où bouillonne la révolte des parias, la communauté de citoyens secondaires. Les Hratin, représentant, selon les approximations de la Banque mondiale (Bm)et d’autres institutions indépendantes, plus ou moins la moitié de la population ; ils ont droit à 10 sièges de député dans une assemblée qui en compte 176. Les communautés autochtones d’ascendance subsaharienne, même locutrices de l’arabe dialectal local, le hassaniya, n’ont pu bénéficier d’un traitement à la hauteur de leur domestication mentale, d’ailleurs achevée sous les auspices du sacré. L’Apartheid arabo-musulman prive, ces mauritaniens, de papiers d’état civil, donc du vote, en vue de reproduire une majorité artificielle dans les urnes et perpétuer, ainsi, la domination et la jouissance de ses fruits. La Commission nationale électorale indépendante (Céni) que le passé de son président expose à la défiance, est une boîte d’agents et d’hommes de mains du ministre de l’Intérieur, ainsi que de figurants de formations triées selon le triple critère de l’impuissance, de la connivence et de l’allégeance. Les anciens putschistes, usurpateurs et détourneurs des institutions civiles, ont mis en place un mécanisme trompeur de démocratie :  des partis vassalisés, d’autres alimentaires compulsifs, sans oublier la cohorte alignée dans le rang du ralliement, voici de quoi fabriquer des plébiscites discount. De facto, une seule communauté possède la faculté réelle d’écarter des concurrents, d’acheter des électeurs et de neutraliser la justice. Il n’est pas étonnant qu’elle gagne les élections, n’en déplaise aux enseignants d’arithmétique et de logique. Grace à ce procédé, en sus des coup d’Etat électoraux, comme la présidentielle de 2019, la majorité du peuple va continuer à souffrir jusqu’à l’éclatement d’une révolution violente à l’image des tristes et regrettables événements de l’île de Zanzibar, au milieu des années 60…


3/ Shems Maarif : Au vu du constat que vous venez de dresser êtes-vous candidat à l’élection présidentielle prochaine ?


BDA : Cette question doit être posée au régime en place, l’actuel chef de l’Etat et à son gouvernement ; sont-ils prêts admettre les conditions et le verdict d’une compétition équitable et impartiale ? Sont-ils prêts à accepter qu’un courant politique présidentiel comme le Rag, cesse d’être hors-la-loi ? Sont-ils prêts à accepter qu’un mouvement social anticonformiste, allergique aux œillères comme le Fpc, participe au marché ouvert de la persuasion, argument contre argument ? Sont-ils prêts à lever les obstructions énormes et infranchissables à l’enrôlement des Mauritaniens autochtones ? Sont-ils prêts à accepter une Céni, un Conseil constitutionnel (Cc), des fichier et code électoraux, transparents et consensuels ? Sont-ils prêts à accepter la candidature de Biram Dah Abeid, supporteraient-ils la participation d’un candidat qui aurait dû battre Ghazouani en 2019 et pourrait y parvenir 5 ans après ? Le président Ghazouani va-t-il accepter de courir le risque de valider une candidature qui lui imposerait un deuxième tour en 2024 et l’obligerait de recourir, une seconde fois, à l’armée et à la répression pour imposer sa victoire ? Ne serait-il plus en sécurité en éliminant la candidature d’un adversaire aguerri, notoire et dangereux, au profit de candidature faibles et convenues ? Je pense qu’il revient au pouvoir de clarifier sa prédisposition à réaliser une élection vraie ; c’est à lui de dire quelle catégorie de candidat autoriserait- il dans sa démocratie très contrôlée.


4/Shems Maarif : Quels rapports entretenez-vous avec les partis de l’opposition notamment l’UFP, le RFD qui ont engagé un dialogue avec le pouvoir ?

     
BDA : Nous en tant que courant de l’opposition, comme toutes les fractions qui l’animent, gardions des relations de concertation et de coordination avec ces deux partis, au titre de de notre rejet commun du dernier scrutin au suffrage universel mais, à notre grande surprise, nos alliés sont brusquement revenus, d’une pêche nocturne avec, au fond du filet, un accord de connivence générale, entre le gouvernement et eux, sur le fondement de mots d’ordre et d’intention forts louables; aujourd’hui, les voici partenaires de l’Insaf, donc, membres de la majorité, c’est-à-dire comptables de son bilan et de ses erreurs. 


5/Shems Maarif : Le président du parti SAWAB sous les couleurs duquel vous êtes élus à l’Assemblée nationale pour la seconde fois a écrit sur sa page FACEBOOK un commentaire très critique à l’égard des propos du président GHAZOUANI concernant la France partagez-vous ces propos ?  Vous engagent-ils ?

BDA : De prime abord, il est de notoriété publique que les liens du parti de mes compagnons de Rag à ceux de Sawab, concernent plutôt les élections. Les membres du Rag n’ont pas intégré le parti Sawab et Sawab réciproquement. Certaines personnalités du Sawab, ne cachent pas leurs hostilité et allergie à davantage de rapprochement avec le Rag. En vérité, l’idéologie des uns et des autres ainsi que leurs choix et priorités divergent, quant au fond et de manière décisive.  
C’est pourquoi, en vertu d’une certaine forme de coordination électorale, le Rag hors-la-loi ne pouvait se présenter au vote que sous le label, le couvert d’une entité reconnue ; alors, d’entente commune, sans drame ni épanchement, les deux partis développent chacun sa stratégie, ses positions et ses discours, en toute autonomie. Par exemple, le Rag s’est retiré, en mai 2022, du dialogue concocté par le président Ghazouani lorsque nous avons été trahis ; or, Sawab est resté siéger avec d’autres partis jusqu’à ce que le président Ghazouani mette un terme à l’expérience, sans consulter ses partenaires du moment. Lorsque le Chef de l’Etat et son ministre de l’Intérieur initiaient un autre dialogue à la veille des dernières élections locales et législatives anticipées, ils avaient pris le soin préalable de le restreindre à un format excluant les courants d’opinion non-autorisés ; Sawab, en toute indépendance et liberté, participa au rendez-vous. Concernant le libellé de votre question, nous assumons nos critiques à l’endroit du président Ghazouani et le parti Sawab formule les siennes propres, ceci n’est pas un problème et c’est un fait connu de tous. Par ailleurs, nous sommes entièrement d’accord avec le ministre de l’Economie, Abdessalam Mohamed Saleh, quand il rappelle que le Français est une langue d’innovation scientifique, qui fait désormais partie de nos patrimoine et personnalité culturelle ; avec l’Arabe, le Français reste notre langue de travail et d’ouverture sur le monde et d’acquisition des sciences. Je pense, pour ma part, que le véritable impérialisme qui nous a défiguré sur le plan culturel et religieux et mis en danger, à long terme notre sécurité physique et culturelle, c’est l’hégémonie wahabite ; nous dénonçons son emprise sur la vulnérabilité sociale, ses projets de domination du monde, d’occultation perpétuelle des femmes et  l’inclination de ses disciples à appliquer, le droit musulman de l’esclavage ; à cause du pétrodollar et du délire arabiste, nous avons été déracinés de chez nous, notre Islam tolérant a cédé la place aux pratiques rigoristes, ô combien étrangères à notre mémoire; le radicalisme et l’extrémisme violent nous ont infiltré, cassé notre mode de vie, la dénomination de nos paysages et lieux-dits et notre toponymie ; même les prénoms de nos enfants sont maintenant importés de la chanson de variété et du cinéma de l’Orient sémite. L’hégémonie culturelle en Mauritanie vient de l’Orient ; à l’image des relations entre nos élites tribales et quelques puissants personnages du Golfe et du Bosphore, elle prend un visage si familier et banal que l’on finit par l’ignorer, comme une évidence. De mon point de vue, la France ne représente aucun danger culturel en Mauritanie. Nous pensons aussi, que dans le monde actuel, devenu un village unique, avec des défis très grands, multiples et variés, tous les pays du monde, et surtout le nôtre, ont besoin de la proximité de grandes nations, dont certaines valeurs cardinales fondent notre lutte et la marqueront toujours ; je pense, ici, à la liberté et à l’égalité. La France et les Français en font partie.


6/ Shems Maarif : Un commentaire sur le procès de l’ancien président Mohamed OULD ABDEL AZIZ.


BDB : Nous pensons que ce procès pouvait être une énorme opportunité pour la Mauritanie, n’eussent était la flagrance d’une procédure ciblée, l’arrangement de l’impunité et la poursuite de la corruption, de la gabegie et du pillage, sous l’ère de son successeur. Je qualifierait, ce procès, de « gâchis »…


7/ Shems Maarif : Vous avez eu un entretien avec l’ambassadeur de l’Union européenne, quel était l’objet de cette rencontre ?


BDA : J’étais reçu par son Excellence l’ambassadeur de l’Union européenne (Ue) à Nouakchott, en compagnie des présidents des Fpc, Samba Thiam et du président du Rag, Oumar Yali; l’entretient s’est articulé autour d’échanges sur les questions de l’État de droits et des droits humains.


8/ Shems Maarif : Mr Samba Thiam président des FPC était présent lors de cet entretien, il était également à vos côtés lors de la visite de Mr Andres Morana directeur du bureau chargé de la Mauritanie au Département d’Etat américain peut-on parler d’un rapprochement entre vous ?


BDA : Franchement parlé, et vous pouvez remonter le fil de notre existence, dès la naissance d’IRA et de Rag, nous avons toujours été engagés jusqu’au bout, en discours et actes, dans la promotion des causes justes. Samba Thiam est parmi les portes flambeau légitimes de la plupart de ces causes. Nous nous n’avons jamais été loin ni des victimes de l’injustice ni des porteurs de leur revendication. 


9/ Shems Maarif : Un mot pour la Palestine
BDA : Si l’Occident ne se ressaisit pas de la pente glissante et dangereuse où l’entraîne le fasciste Netanyahu et sa bande de tueurs, le monde dit libéral et libre va devoir entamer son déclin mortel que le glas conclut. Vive le Peuple de Palestine, Vive la solution à deux États !
Merci

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● Traque des « sans-papiers » en Mauritanie : Le cri de cœur des immigrés guinéens…[Africa Guinée]

Africa Guinée – Certains ressortissants guinéens vivant à Nouakchott (Mauritanie) traversent une situation pénible. Depuis quelques mois, les autorités mauritaniennes ont durci les mesures contre les étrangers en situation irrégulière.

Une campagne de traque et de renvoi des immigrés sans-papiers a été enclenchée par les autorités du pays, a appris Africaguinee.com. Selon nos informations, des milliers de guinéens font face à cette situation à Nouakchott ainsi que dans d’autres régions du pays.

Mamadou Hassimiou Diallo est un guinéen résident en Mauritanie et président de l’association dénommée « l’Amical guinéo-mauritanienne ». Il a fait 13 ans dans ce pays de l’Afrique occidentale. Interrogé, il revient sur cette situation.

« Ce sont tous les étrangers en situation irrégulière (guinéens, sénégalais, maliens, etc), qui font face à cette rafle. La particularité des guinéens, c’est l’absence de leur Etat. Nous n’avons ni ambassade, ni consulat. Ce qui signifie que le guinéen ne peut avoir les documents d’identification de son pays sur place, notamment le passeport, qui est obligatoire pour se régulariser.

Nos autorités qui doivent trouver les moyens de mettre les documents d’identité à la disposition de leurs ressortissants vivant en Mauritanie. A défaut d’une ambassade, il faut ouvrir un consulat général en Mauritanie ou au moins, envoyer une mission consulaire pour délivrer des passeports, des extraits de naissance et des cartes d’identité à nos compatriotes sur place. Ensuite, comme l’ont fait les ivoiriens, il faut négocier avec les autorités mauritaniennes pour exempter les guinéens de visa et des cartes de séjour ou du moins, faciliter leur accès« , confie ce ressortissant guinéen.

Notre interlocuteur précise aussi que l’irrégularité empêche énormément des guinéens d’avoir un emploi formel malgré leur compétence. En outre, ce phénomène les empêche également de se déplacer librement et même de pouvoir acheter un abonnement téléphonique.

« Nous avons à maintes reprises interpeller les autorités guinéennes pour trouver une solution aux problèmes des guinéens de Mauritanie. Nous espérons que celle-ci (interpellation à travers la rédaction d’Africaguinee), sera la bonne », a exprimé Hassimiou.

Selon un autre guinéen, la traque des sans-papiers en cours affecte particulièrement les guinéens très nombreux dans ce pays.

« Traditionnellement, les ouest africains ne souffraient pas de tracasseries dans ce pays qui partage un long héritage avec les guinéens. Depuis toujours, les guinéens y vont pour le négoce, mais aussi et surtout pour les études religieuses. A cette liste vient s’ajouter celle très importante des candidats à la traversée des Côtes espagnoles. Il se trouve que la Guinée ne dispose pas encore d’ambassade à Nouakchott ce qui complique davantage la situation », a confié cette autre source à notre rédaction.

Problématique de recensement

Il n’y a [pratiquement] pas de recensement exhaustif des guinéens résidents en Mauritanie, « surtout les clandestins », explique-t-il. Néanmoins, monsieur Diallo, estime le nombre des guinéens à une trentaine de milliers.

Pour notre interlocuteur, il n’y a pas de bureau qui réunit les ressortissants guinéens vivant en Mauritanie. Simplement, parce que le bureau qui existait leur a été imposé. Ce qui a créé une désunion entre eux. « Rien n’est en train d’être fait. Car il n’y a pas un bureau légitime pour faire quelque chose. »

Dansa Camara DC

● Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=769616

● L’enrôlement biométrique des populations en Mauritanie | Cette deadline du 31 décembre plus que problématique !

📷 illustration ici commune de Dafort (Guidimagha)

S’il y a une copie à revoir en urgence par les autorités mauritaniennes, ce sera l’arrêté ministériel 0698 du 4 juillet 2023 concernant la date limite de l’enrôlement biométrique des populations selon la procédure normale, voir son article 19 . En matière d’état civil, chantages et pratiques illisibles sont de nature à ourdir de graves problématiques du futur liées à la nationalité. Sérieusement le temps urge, et le compte ne semble y être pour recenser toutes nos populations de l’intérieur comme de l’extérieur. En Mauritanie, un territoire de plus 1 million de kilomètres carrés avec une population estimée à 4,614 millions (données 2021), a besoin d’une dynamique démographique plus que jamais. Comparativement à la France qui fait 551 695 kilomètres carrés avec une population estimée (67,75 millions, données 2021) presque 15 fois celle de la nôtre, nous verrons qu’il y a de la marge et surtout aucun risque d’embouteillages à propos de la densité. Ce qui cloche aujourd’hui avec ce processus d’enrôlement biométrique qui s’étire étrangement depuis plus d’une décennie, est lié à de mécanismes nébuleux. Nos terres sont vastes, mais aujourd’hui fatalement très sous peuplées. À ceux qui dirons qu’elles sont inhospitalières à cause des conditions climatiques, et oui justement il nous faut beaucoup de « cerveaux fertiles » qui surgiraient d’une certaine vitalité démographique pour dompter cet environnement. Il est temps que l’état profond de la gouvernance politique réévalue la marche en cours. Le prisme de la donne ethniciste qui sous-entend la politique démographique est une impasse à long terme. Le délai serré vers le 31 décembre prochain de l’arrêté susmentionné est intenable pour enregistrer tous les cas non recensés. Les échos remontés du terrain notamment dans différentes localités du sud (Guidimagha notamment) abondent dans le même sens : les opérations sont lentes et émaillées de divers micmacs opératoires. Alors, que les hautes autorités donnent le temps au temps pour enfin mener judicieusement ce processus d’enrôlement biométrique transformé « volontairement » en serpent de mer multicolore. Aucun et aucune mauritanien.ne de l’intérieur ou de l’extérieur ne doit connaître une injuste apatridie sur le sol de ses ancêtres. Ce serait d’une gravité innommable, notre nationalité n’a pas besoin d’une violence administrative en soustrayant de pans de la population à cause des visées politisées foncièrement chauvines et raciales.
La copie de cette échéance décrétée est à revoir nécessairement…!

Le président de la république en personne doit être sérieusement informé sur la situation en cours. Dans nos villages et localités, les populations concernées demandent d’être bien accueillies et voir leurs cas traités normalement par les commissions en charge. L’atmosphère actuelle dans certaines zones comme le cas de la commune de Dafort, est à l’excitation autour du point de l’état civil toujours bondé. Et à moins de 9 semaines de la fin du délai fixé par l’arrêté, le pessimisme règne à propos, tout ce monde peut-il être enrôlé à temps ?

● KS pour le BLOG

● L’événement EMiFo à la SOAS Université de Londres – 24/10/2023 | Le Mot du Blog [Vidéo et Photos]

La contribution du blogueur Koundou Soumare

À l’université de Londres, une conférence publique s’est tenue sous le thème « l’activisme anti-esclavagiste en Afrique de l’ouest » du 23 au 24 octobre 2023. Une activité organisée par le programme EMiFo https://www.slaveryforcedmigration.org/ sous la direction de Dr Marie Rodet de l’université SOAS et ses partenaires.

La soirée du 24 octobre a été consacrée à une communication de votre « serviteur » blogueur Koundou Soumaré, une projection d’un film de Dr Lotte Pelckmans (Universitaire à Copenhague) et du visionnage d’un film de dessin animé de Dr Marie Rodet. Les contenus diffusés et commentés sont axés sur la dynamique militante anti-esclavagiste (contre l’esclavage par ascendance) en Afrique de l’ouest. Le mouvement d’éveil abolitionniste Ganbanaaxun Fedde a fait l’objet d’un cas illustratif dans les différents échanges. Il faut noter la présence des représentants de l’association Donkosira du Mali et d’un militant abolitionniste soninké de Mauritanie vivant à Londres, M. Samba Diallo.

• Ci-dessous un photo-reportage :

Londres 25 octobre 2023

KS pour le BLOG

● Sénégal | Sonko souhaite retourner en prison malgré son état de Santé critique [Avocat]


Le leader de l’opposition Sénégalaise Monsieur Ousmane Sonko vient de boucler au total 55 jours de grève de la faim depuis son arrestation à son domicile, après 55 jours de séquestration par l’Etat du Sénégal sous le silence assourdissant des dignitaires religieux aphones et de la communauté internationale qui a toujours assumé le rôle de garant des droits civils et politiques ainsi que des droits et libertés démocratiques.

Depuis sa reprise de la grève de la faim, là détérioration de son état de santé s’est accélérée et il est à craindre le pire .

Tout laisse croire que l’Etat qui a jeté le masque, dévoilant sa véritable nature réfractaire aux lois qu’il viole avec arrogance et mépris à l’égard des citoyens sans aucun respect à l’endroit de dignes et loyaux magistrats

Tout porte à croire que l’exécutif tente d’affaiblir le pouvoir spirituel auprès des disciples,car les appels et interventions de ce dernier auprès du chef de l’Etat n’ont à ce jour enregistré aucun résultat.

Seul Ousmane Sonko a eu à donner des résultats positifs au pouvoir spirituel, en écoutant et en satisfaisant ses demandes sans rien obtenir en retour.

L’homme politique qui a une alternative de gouvernance a si enduré et souffert d’injustices, a encore foi au peuple Sénégalais qui aspire au changement et continue à subir une violence d’Etat, avec des arrestations arbitraires et des abus de qualifications juridiques qui ôtent au juge gardien des libertés, toute liberté d’appréciation et maîtrise de ses dossiers sur la détention provisoire.

Point n’est besoin de polémiquer sur le comportement hors la loi de l’Eat du Sénégal qui s’est illustré avec son refus d’exécuter les décisions de justice (jugement dé Ziguinchor dont le recours devant la Cour Suprême et les délais de Recours ne sont pas suspensifs , ordonnant la réinscription de Ousmane Sonko sur les listes électorales),refuse d’enrôler à nouveau le dossier Adji Rabi Sarr pour juger Ousmane Sonko en violation avec allégresse la loi.

Face à autant d’épreuves dont la seule et entière responsabilité incombe aux autorités politiques, judiciaires, administratives , des intellectuels dégénérés et ensemble les forces de défense et de sécurité, il est à craindre qu’Ousmane Sonko ne laisse pas les autorités faire porter le chapeau de ce qui semble désormais prévisible aux autorités hospitalières, vu l’état dans lequel il a terminé sa journée du 22 octobre, et qu’il exige d’être ramené en prison.

Le degré profond d’encrage de la démocratie et de l’Etat de droit, ne laissait nullement présager que le machiavélisme et le cynisme d’un groupuscule de personnes pouvaient réussir par la manipulation des textes de lois, le bruit des bottes et la trahison de leur serment de gens de justice , à causer autant de mal et de dégâts qui ont sapés les fondements des institutions devenues moribondes.

Il ne faut jamais avoir la vanité de son intelligence et l’orgueil démesuré du paon, car le réveil brutal ne manquera pas de vous surprendre.

Cire Clédor ly Avocat sans frontières
Membre du collectif de défense d’Ousmane Sonko