● Foncier en Mauritanie | Collusion idéologique de fait entre les féodalités trans-communautaires contre l’ordre étatique moderne.

—En Mauritanie pour confondre et dévoiler les connivences de fond entre les entités tribales arabo-berbères et les féodalités négro-mauritaniennes, il suffit de toucher l’affaire du foncier pour une équitable accessibilité citoyenne sur l’ensemble du territoire national. Ça combat et éradique toute tentative étatique visant à asseoir un ordre foncier moderne au bénéfice de tous les citoyens. On voudrait plutôt maintenir la tenure coutumière qui est un levier de domination et de subordination au détriment des cadets sociaux trans-communautaires. Ainsi la militance droit-de-l’hommiste et politique avec cet évitement souvent observé parmi nous, devient une posture à coloration trompeuse, partiale et partielle.

Ici à lire ce rappel de notre compatriote M. R’chid MohamedJ’ai lu des études anthropologiques- Pierre Bonte, Abdel Weddoud Ould Cheikh- Mariella Villasanté- consacrées essentiellement à la réforme foncière et domaniale de 1983.
Il ressort de ces études que la réforme avait pour objectif d’individualiser le sol et donc de briser l’ancienne tenure foncière, notamment l’appropriation tribale des terres.
Et, au-delà, il s’agissait de renforcer la souveraineté de l’Etat sur le sol afin de pouvoir engager ses politiques agricoles d’autosuffisance alimentaire. il était aussi question de permettre aux Hratines, nouvellement affranchis, d’accéder aux biens fonciers, dont ils étaient privés du fait de la mainmise tribale sur les espaces utiles.
Ce sont les nationalistes dits arabes qui ont ameuté les féodalités tribales et ethniques pour empêcher cette réforme. C’est ce qui explique la « popularité » du coup d’Etat contre Mohamed Khouna ould Haïdalla, président initiateur de la réforme, qui est devenu subitement un « Sahraoui, étranger en Mauritanie et très détaché des intérêts de ce pays ».
Après le coup d’Etat, cette réforme a été probablement abandonnée, en tout cas, elle n’a jamais eu un début d’exécution dans certaines parties du territoire national.
Dès lors, il me semble qu’il est nécessaire de clarifier le sort de la réforme de 1983, pour en discuter légitimement son esprit.
Au reste, nos dirigeants, après l’équipe des fondateurs, exceptés Moustapha Ould Saleck, Bouceif,(paix à leur âme), dont les pouvoirs étaient quelques brouillés, se sont laissés influencés par des considérations tribales, qui les empêchent jusqu’à nos jours de sortir l’Etat de l’ornière tribale, fortement combattue sous la colonisation et le premier gouvernement national du pays.

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● Mauritanie ~ Politique | Résumé de l’allocution du président Biram ould Dah ould Abeid dans le cadre de l’annonce du projet CAD2029


1. Aujourd’hui, nous convions, les Mauritaniens, à l’ambition renouvelée de les sortir du cloisonnement mental qui les sépare et plonge au bord du précipice de la discorde. Nous cherchons à les émanciper de l’artifice et de la stérilité des rivalités de personnes et de groupuscules, alors que tant de facteurs de mobilisation et de complémentarité les unissent. Je ne perçois, entre les composantes de l’opposition systémique, nulle distinction de programme et, encore moins, de vécu quotidien face à l’arbitraire et au legs têtu de l’impunité. Nous voici passagers de la même barque et cette communauté de destin dans l’épreuve de l’adversité nous impose d’éviter le naufrage que le pouvoir du moment et son assise historique s’échinent à nous infliger. Des querelles de préséance à la dramatisation des nuances, de l’exagération du détail au festival des égos, que de temps perdu à louvoyer, s’égarer, s’élancer et revenir tournoyer en rond ! Au regard de la souffrance et de l’impatience ainsi endurées, nous finissons par nous rendre compte combien nous perdons du temps et de l’énergie, à produire un résultat à peu près nul.  De nos mouvements erratiques, découle la déception du projet de relèvement national dont nos compatriotes meurtris, méprisés et affamés, ne cessent de nous créditer non pas dans les urnes de la fraude mais au travers des mouvements de foule quand gronde la colère des exclus. A force de nous coucher sur les lauriers de la résistance, nous les avons froissés, d’où la pertinence de la présente autocritique. Aussi, me permets-je, en ce jour de vérité amère, de rappeler, l’ensemble de mes camarades combattants de la liberté et de l’égalité, artisans de la citoyenneté, au devoir de l’introspection, avant le sursaut salutaire. Oui, l’essentiel n’est pas perdu, l’horizon de la lutte couve encore de belles promesses de victoire. Demain est à nous si nous osons le sacrifice de la responsabilité. Seule la lucidité nous guidera.
2. Durant les cinq décennies miséreuses de l’après Mokhtar Ould Daddah, la tentation du « dialogue » à tout prix et la réalité de sa maigre moisson, ont valu, à nos devanciers, bien des compromissions. Au creux du confort égoïste des renoncements, s’est nichée la reproduction douillette des privilèges de naissance, à l’ombre d’une compacte amnésie. En soi, la difficulté de discuter entre adversaires ne saurait être le prétexte à la désertion du débat. Celui, parmi nous, qui refuse de s’en remettre à l’aléa de la persuasion doit reconnaître, en lui, la peur de perdre sa légitimité. Dès lors, il s’interdit, de facto, le noble métier de la politique. Cependant, l’exercice de la dispute et de l’écoute comporte ses exigences. La première renvoie à la reconnaissance mutuelle. Or, en 2026, une condition aussi élémentaire nous est déniée, sous couvert de règles du jeu, unilatéralement conçues à perpétuer le statuquo. Alors, malgré la machinerie de l’éviction, comment aller à un rendez-vous – d’ailleurs si utile et nécessaire – sans abdiquer sa singularité partisane, qui reste la carte d’identité du candidat au suffrage universel ?
3. La dualité malsaine et pernicieuse : « pour ou contre le dialogue », au cœur de laquelle le chef de l’Etat et ses conseillers nous enlisent, résulte d’une manœuvre de diversion, une de plus, sur la voie de notre propre dilution. Pouvons-nous assumer tant de légèreté, voire de naïveté, devant les Mauritaniens ? Non, dis-je, car l’Opposition, en ses deux tendances, demeure de bonne foi. Elle représente l’optimisme et incarne la fatalité rassurante de la réparation, peu importe le délai. Notre grande famille ne craint la contradiction raisonnée.
4. Nous sommes bien d’accord : En principe le dialogue n’est qu’un moyen, certes le moins risqué, point une fin. Il permet de parvenir à la réalisation de réformes, elles-mêmes adossées à un minimum de consensus, loin du ressentiment et du recours à la violence révolutionnaire. Nous pensons, également, que l’objectif le plus plaidable de l’Opposition, consiste à fédérer les rangs, puis rendre le changement accessible, grâce à l’avènement d’une transmission pacifique de l’autorité de l’Etat, en vertu du respect de la diversité et de l’arbitrage électoral.
En guise de conclusion, chers camarades, laissez-moi vous entretenir d’unité et de solidarité, comme actes inauguraux de l’alternance à quoi nous aspirons. A titre d’illustration concrète, les partis RAG et UFP, FPC et AJD-MR, ne concourent-ils pas à une identique volonté de redressement et de moralisation de la vie publique ? Oui, et chacun supporte, à sa manière, une part du fardeau. La marche, longue et ardue qui nous mène aux échéances de 2028-2029, requiert de la constance, beaucoup d’entraide et l’impératif de se tolérer, bref de se porter secours, sur le chemin de la délivrance. La Coalition Anti-Système (CAS), pôle de l’opposition dite radicale, évolue, à présent, dans le sens de l’inclusion et de la pluralité. Aussi, vous présentons-nous le nouveau cadre revisité et amélioré de notre stratégie de jonction aux différentes bourrasques de la rupture. Sur la ruine à venir de l’Ancien, nous allons ériger et élever, très haut, la grande coalition des insoumis, au service de la libération et du progrès en partage. Demain, nous reconstruirons, ensemble, s’il le faut avec la participation de l’oppresseur enfin contrit, la société du bien-être collectif sans maître ni esclave, par-delà les clivages de genre, de couleur et de statut hérité.

Siège AJD/MR, Nouakchott
11 Février 2026

©️ Biram Dah Abeid https://www.facebook.com/share/p/14ZvQHsxLoD/

● Mauritanie : Le discours du Président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani à Kaédi.

Mauritanie | Lors d’un meeting populaire à Kaédi, le Président de la République appelle à renforcer le lien de citoyenneté et à le privilégier par-dessus tout [AMI]

Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, a souligné, ce dimanche soir, lors d’un meeting populaire dans la ville de Kaédi, la nécessité de renforcer le lien de citoyenneté et de le privilégier par-dessus tout, insistant sur le fait que la construction de la nation et la réalisation des aspirations des peuples commencent par cet engagement national.

Son Excellence a ajouté que la Mauritanie est aujourd’hui un pays sûr et stable, et que les institutions de l’État fonctionnent régulièrement, appelant les citoyens à préserver cette stabilité par l’intérêt qu’ils doivent accorder à l’unité nationale, qui est le rempart inébranlable face à tous les défis et dangers, le fondement de la stabilité politique et sociale, condition première du développement et de la prospérité du pays.

Voici le texte du discours du Président de la République :

“Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Et que la prière et la paix soient sur le plus noble des Messagers.

Je suis vraiment heureux et honoré d’être parmi vous, aujourd’hui, dans cette belle wilaya à l’histoire ancienne.

J’aurais aimé m’adresser à vous en Pulaar ou en Soninké, mais malheureusement, je n’ai pas eu l’opportunité d’apprendre nos langues nationales.

Je ne ménagerai aucun effort pour que tous les Mauritaniens puissent, à l’avenir, communiquer entre eux, quelle que soit la langue nationale utilisée.

Le discours d’aujourd’hui sera accompagné d’une traduction.

Je tiens à vous remercier chaleureusement pour votre accueil spontané, votre généreuse hospitalité et cette foule exceptionnelle. Ce grand rassemblement est une image miniature de notre chère patrie.

Je vois devant moi des représentants de toutes les composantes de notre société, avec toutes ses catégories et ses diverses caractéristiques culturelles, unis par un lien national solide, une identité doctrinale unificatrice, et une histoire et un avenir communs.

C’est cette image que nous nous efforçons de consolider dans toutes les régions du pays, l’image d’un peuple uni, solidaire, confiant en sa capacité à construire une patrie qui offre à tous, dans le cadre de la démocratie, de la justice, des conditions de vie dignes, du développement et de la prospérité.

Je ne suis pas venu à vous aujourd’hui dans le cadre d’une échéance électorale, ni sous l’impulsion d’une crise ou d’une situation d’urgence. Je suis venu pour une communication directe, pour discuter avec vous de la situation générale du pays, pour m’enquérir, sur le terrain, de vos conditions et de vos problèmes, et pour écouter, surtout, vos opinions concernant les défis auxquels votre wilaya, et la nation en général, sont confrontées.

Vous êtes tous conscients, aujourd’hui, des nombreuses et diverses crises que traverse le monde : crises sécuritaires, économiques et environnementales. Parmi les répercussions les plus importantes de cette conjoncture internationale tendue sur notre environnement régional immédiat, nous observons la prolifération des conflits, du terrorisme et de la violence armée, qui sapent la sécurité, la stabilité et le développement. Cependant, notre pays a réussi, avec l’aide d’Allah, à maintenir sa sécurité et sa stabilité, et en nous appuyant sur la conscience des citoyens, la vigilance de nos forces armées et de sécurité, et notre bonne gestion du dossier sécuritaire.

Notre pays est aujourd’hui sûr et stable, et ses institutions fonctionnent convenablement. C’est une grande bénédiction pour laquelle nous remercions Allah, et nous devons la préserver par une vigilance et un travail continus.

L’un des éléments les plus importants qui protègent cette sécurité et cette stabilité est notre unité nationale, qui est notre rempart inébranlable face à tous les défis, le fondement de notre stabilité politique et sociale, et la condition première de notre développement et de notre prospérité.

Afin de renforcer cette unité, nous avons œuvré, dès le début de notre première mandature, à apaiser la scène politique, en éliminant les tensions, les conflits, les désaccords et les suspicions qui l’ont caractérisée pendant de nombreuses années, et dont les effets négatifs se sont propagés dans la vie sociale en général. À cette fin, nous avons adopté une approche d’ouverture et de concertation avec tous ; nous avons tenu des réunions avec les différentes parties, et avons lancé un processus préparatoire – dont les étapes sont sur le point d’être achevées -, pour la tenue d’un dialogue inclusif visant à construire un consensus général sur les grandes questions nationales.

Ce qui nous unit est bien plus profond et plus fort que ce qui pourrait nous diviser. Nos différences sont, le plus souvent, des différences d’opinion, et non d’objectif. Nous voulons tous une Mauritanie unie, stable et progressiste, où règnent la justice, la liberté et l’égalité.

Afin d’atteindre cet objectif, nous avons œuvré, entre autres, à renforcer les valeurs de solidarité, de justice et de fraternité ; lutter contre la pauvreté, la vulnérabilité et l’exclusion ; réformer la justice, lutter contre la corruption et renforcer l’État de droit ; consolider l’école républicaine ; étendre la fourniture et le développement des services de base que sont l’eau, l’électricité et la santé ; développer et améliorer nos secteurs productifs tels que l’agriculture et l’élevage ; promouvoir le secteur privé et développer les infrastructures de soutien à la croissance.

Des actions qui nous ont permis de réaliser une croissance économique significative, oscillant entre 4,5 et 6 %, au cours des six dernières années, tout en maintenant les grands équilibres économiques et en maîtrisant l’inflation.

Votre wilaya joue un rôle essentiel dans la renaissance économique que nous recherchons, en raison de ses importantes ressources agricoles et animales, qui en font l’un des piliers de notre souveraineté alimentaire.

Nous avons œuvré à promouvoir ce rôle en construisant des barrages, en creusant des canaux, en réhabilitant des terres, en améliorant la santé animale, en désenclavant des zones de production, et en fournissant l’eau, l’électricité, l’éducation et des soins de santé. Lors des réunions départementales, les membres de la délégation reviendront, chacun dans son domaine, sur ce qui a été accompli, ce qui est en cours et ce qui est programmé à ces différents niveaux.

Le but de tous nos efforts, qu’ils soient politiques, de développement ou sociaux, est de renforcer notre cohésion sociale et de consolider notre unité nationale.

Je voudrais ici, vue son importance, aborder brièvement le concept d’unité nationale.

Nous sommes un peuple diversifié, qui considère la diversité des langues, du patrimoine culturel et des traditions comme une richesse qu’il s’efforce de préserver et de promouvoir. La différence, en ce sens, est un droit fondamental et inaliénable, mais elle ne donne pas lieu, en soi, à un autre droit, quel qu’il soit. Tous les droits, sans exception, ne peuvent être revendiqués qu’au titre de la citoyenneté.

Même si nous adoptons une discrimination positive pour une catégorie donnée, il s’agit d’une discrimination accordée en vertu de la citoyenneté, en soutien à des citoyens qui se trouvent dans une situation nécessitant un appui particulier, et cela n’a absolument aucun rapport avec une composante spécifique.

Si nous avions systématiquement et constamment fondé les droits sur la différence, de sorte qu’un tel droit soit accordé à cette composante parce qu’elle est différente, et un autre à une autre composante parce qu’elle est différente, nous nous serions exposés à trois risques :

1 – Nous serions passés d’un peuple diversifié, fondu dans une entité nationale commune, à de simples groupes se disputant les droits et se dérobant aux devoirs.

2 – Notre unité nationale n’aurait plus eu de sens ni d’effet réel.

3 – Notre État n’aurait plus eu de réelle chance de perdurer et de se maintenir.

Ces trois risques, sur lesquels je me suis arrêtés, ne peuvent être évités que par le lien de citoyenneté, que je vous ai si souvent invités, à de nombreuses reprises, à renforcer, à consolider et à placer, en rang et en considération, au-dessus de tous les autres liens. Car le fondement de l’État moderne et l’essence de l’unité nationale résident dans le lien de citoyenneté.

Par le renforcement de ce lien, j’entends l’enracinement de la force de notre appartenance à cette terre, le renforcement de notre engagement à y vivre ensemble, et l’intensification de nos efforts pour la développer et la promouvoir dans le cadre de l’égalité des droits et des devoirs.

Je n’ai ménagé aucun effort pour renforcer ce lien, afin de consolider notre unité nationale et notre cohésion sociale. Ainsi, nous avons œuvré pour changer les mentalités et dépasser les comportements obsolètes, combattre les préjugés, les stéréotypes et l’esprit sectaire et tribal destructeur, réduire les inégalités sociales et économiques et briser les barrières de classe.

Le travail, à ces différents niveaux, nous a permis de réaliser de nombreuses avancées, qui ont consolidé les acquis des efforts cumulés de nos générations successives, tout au long de l’histoire de notre pays.

L’histoire de notre pays, comme celle de tous les peuples, est pleine de pages lumineuses, et contient quelques passages que nous aurions souhaité ne jamais avoir été écrits.

La vie humaine, par nature, a ses bons côtés et ses erreurs. Il n’y a pas de composante, sociale ou régionale, qui n’ait pas blessée par une autre, et il n’y a pas de composante qui n’ait pas subi d’injustice ou ne l’ait pas elle-même exercée, soit sur une autre composante, soit sur certains de ses propres membres. Cependant, la force des peuples se mesure à leur capacité à reconnaître leur histoire, toute leur histoire, et à leur courage à surmonter ses moments difficiles, pour continuer à renforcer et à consolider le vivre-ensemble.

Combien de peuples ont vécu des tragédies profondes et des atrocités indescriptibles, puis se sont relevés, ont surmonté et ont continué à construire, à progresser et à se développer.

Il n’y a pas d’espoir pour un peuple qui accepte de rester prisonnier d’un moment particulier de son histoire, aussi douloureux soit-il.

Il est temps pour notre peuple d’assumer courageusement sa responsabilité envers son histoire, toute son histoire, et de faire preuve de volonté et de détermination pour construire un avenir commun, lumineux et prospère.

C’est pourquoi, je réaffirme, ici, la nécessité de renforcer le lien de citoyenneté et de le placer, en rang et en considération, au-dessus de toute autre considération.

C’est ainsi que les nations se construisent, et c’est ainsi que les aspirations des peuples se réalisent.

Je vous remercie, et que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous. »

©️ Lien médias : Agence mauritanienne d’information https://share.google/Smmped9FD30iGDXId

● Guidimagha Politique | Réponse aux contrevérités contenues dans l’interview prétendument attribuée au président du Conseil régional du Guidimakha, Issa Coulibaly, et réfutation de son contenu.



Nous avons pris connaissance de l’interview publiée sur le site Le Calame, laquelle ne se distinguait ni par la qualité du fond des réponses, ni par l’exactitude des informations. Le président n’a d’ailleurs pas été en mesure de réfuter un seul des motifs que nous avions exposés dans notre communiqué, dans lequel nous avions clairement expliqué les raisons de notre refus d’approuver le projet de budget du Conseil régional du Guidimakha pour l’année 2026, en raison du fait qu’il ne sert pas le développement local, ne tient pas compte des priorités de la wilaya ni des besoins des populations, et n’est pas orienté vers le soutien de programmes de développement répondant réellement aux conditions de vie des citoyens.
Bien au contraire, ce budget semble programmé pour servir un agenda étroit, révélant une intention manifeste de dilapider les ressources de la région et de les détourner au profit d’un nombre restreint de personnes, dans une logique de corruption aggravée et de gaspillage des deniers publics. Cela a d’ailleurs été confirmé par le président lui-même, incapable de démentir ou de contester les motifs exposés dans notre communiqué publié le 20/11/25.
Nous affirmons ici que l’interview publiée comporte un ensemble de contrevérités et d’interprétations erronées visant à tromper l’opinion publique et à détourner le débat de l’essence même du problème réel au sein du Conseil régional. C’est ce qui nous a conduits à répondre à l’interview du président Issa Coulibaly, intervenue près d’un mois après les faits. Si cette réaction tardive constitue en elle-même une preuve de la faiblesse de ses arguments et de leur manque de pertinence, il demeure néanmoins important de remettre les choses dans leur juste contexte et d’exposer, en toute transparence, les faits suivants :
Premièrement :
Le rejet du budget repose sur des raisons objectives liées à sa programmation et à son orientation, contrairement à ce qui a été avancé dans l’interview. Nous réaffirmons que le rejet du projet de budget 2026 n’est nullement le résultat de « pressions » ou de « revendications d’avantages personnels », mais découle de sa non-conformité à l’article 63 de la loi organique n°010/2018 portant création des conseils régionaux, lequel stipule que les opérations d’investissement doivent obligatoirement faire l’objet d’une répartition sectorielle et territoriale.
Or, cette exigence n’a pas été respectée dans le projet de budget 2026, en raison de dysfonctionnements flagrants dans son élaboration et de l’absence de priorités de développement au service du citoyen.
En effet, sur un budget d’investissement de 251 millions d’ouguiyas, 200 millions ont été affectés à des investissements liés au siège du Conseil régional et à ses dépendances, ou plus précisément à une tentative de dilapidation de ces fonds à travers des lignes budgétaires rattachées au bâtiment du Conseil lui-même. À titre d’exemple :
• 90 millions d’ouguiyas pour la construction d’un parking ;
• 45 millions pour l’achat d’un engin de chargement destiné aux équipements de déchargement ;
• 25 millions pour le remblaiement d’un cratère devant le siège du Conseil et la réparation d’éventuelles pannes des machines agricoles ;
• 20 millions pour la réhabilitation du bâtiment du Conseil ;
• 6 millions pour l’ouverture d’un site du Conseil ;
• 8 millions pour l’achat de matériel de bureau ;
• 2,5 millions pour du matériel informatique,
et d’autres dépenses similaires qui ne servent ni l’intérêt général ni le développement local.
Ces dépenses sont en totale contradiction avec le rôle de développement attendu du Conseil régional, lequel consiste à promouvoir le développement local, et s’apparentent davantage à la poursuite d’intérêts particuliers visant à manipuler les ressources publiques allouées à la région du Guidimakha et à les gaspiller d’une manière contraire aux principes de transparence dans la gestion des finances publiques.
À cela s’ajoute une manipulation manifeste du budget de fonctionnement, d’un montant de 171 millions d’ouguiyas, dont la quasi-totalité, après déduction des droits légaux, était sur le point d’être affectée au poste des frais de restauration, un poste notoirement vague et souvent utilisé comme moyen de corruption et de détournement.
Nous réaffirmons également qu’aucun vice-président ni aucun conseiller n’a évoqué des avantages personnels, et que l’administration était représentée par le conseiller du wali, témoin des débats, des positions exprimées et des critiques objectives formulées à l’encontre de la méthode d’élaboration du budget, auxquelles le président n’a apporté aucune réponse sérieuse.
Deuxièmement :
L’accusation d’absentéisme des conseillers est une tentative d’évitement du fond du problème.
La remise en cause de la présence ou de l’absence des conseillers constitue une manœuvre évidente visant à détourner l’attention des véritables questions de fond. La présence effective des conseillers est pourtant établie dans les procès-verbaux des sessions, leurs participations sont documentées, et ils ont exercé pleinement leur droit légal au débat et au vote.
Quant aux allégations relatives à la présence supposée de certains conseillers en France ou à leur absence permanente, elles relèvent de simples surenchères sans aucun fondement officiel et ne sauraient dispenser du respect de la loi.
Nous tenons également à préciser que les conseillers Sidaty BAH, Neffé GANDEGA et Moussa SOUMARÉ n’ont à aucun moment évoqué la question des indemnités de session, lesquelles sont insignifiantes, mais ont exprimé des positions fondées sur leur conviction de la nécessité de respecter la loi et de refuser les pratiques de manipulation, de corruption et de clientélisme qui ont dominé le fonctionnement du Conseil régional du Guidimakha.
Troisièmement : la question des indemnités des vice-présidents
Le président a évoqué son refus de verser les indemnités aux deux vice-présidents, Cheikh ABDERRAHMANE et DIOUMA GANGUE, tentant ainsi de faire croire à l’opinion publique que le rejet du budget par ces derniers n’était qu’une réaction à cette décision.
Nous affirmons clairement que le rejet du budget repose exclusivement sur les raisons exposées au premier point, lesquelles sont évidentes et pleinement justifiées, et qu’il n’a aucun lien avec les indemnités des vice-présidents ou de tout autre conseiller.
À ce propos, il convient de rappeler que :
• L’article 20 de la loi organique n°010/2018 stipule que les vice-présidents bénéficient d’une indemnité de fonction, tandis que le président perçoit une indemnité de fonction et de représentation. Il s’ensuit que l’indemnité des vice-présidents n’est nullement liée à leur présence ou à leur absence, mais constitue un droit attaché à leur fonction, dès leur élection. Toute autre interprétation est contraire à la loi et constitue une injustice manifeste.
• Le président reconnaît lui-même avoir versé 18 mois d’indemnités. Dès lors, s’il considère ces indemnités comme illégales, pourquoi les a-t-il versées initialement ? Et pourquoi reconnaît-il ainsi sa propre violation de la loi ?
Toutes les tentatives du président pour légitimer son acte illégal ont échoué, y compris auprès des ministères de tutelle et du Premier ministre. Ce dernier lui a clairement signifié que cette décision ne relevait pas de ses prérogatives et qu’il devait restituer les droits des vice-présidents.
Nous rappelons enfin que le Conseil régional est une institution publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, que nos droits sont légalement établis et imprescriptibles, et que nous les recouvrerons exclusivement par les voies légales.
Quatrièmement : la prétendue existence d’un accord sur une présence mensuelle
Le président affirme l’existence d’un accord prévoyant une présence de dix jours par mois, ce que nous démentons catégoriquement. Aucun document ni aucune preuve ne viennent étayer cette allégation. De surcroît, les vice-présidents ne sont pas deux mais cinq, et aucun accord contraire à la loi ne peut être conclu en dehors d’eux.
Cinquièmement : parler de « crise fabriquée » contredit la réalité
La réalité est celle d’une crise authentique résultant d’une mauvaise gestion, d’un manque de transparence et de la marginalisation des rôles légaux des conseillers. Le rejet du budget 2026 ne saurait être qualifié de simple « complot », mais découle d’un dysfonctionnement profond du mode de gouvernance régionale.
Sixièmement : la corruption et la mauvaise gestion sont manifestes
Tout le monde sait que le Conseil régional du Guidimakha est englué dans la corruption et la mauvaise gestion, comme en témoigne l’absence de réalisations concrètes à la hauteur des ressources disponibles, l’opacité entourant les recettes issues des tracteurs et des camions, l’exagération des dépenses de carburant dépassant 20 millions d’ouguiyas, ainsi que l’attribution illégale de marchés par entente directe, dont le contrat de fourniture d’internet n’est qu’un exemple parmi d’autres. D’autres dysfonctionnements seront révélés en temps opportun.
Nous réaffirmons enfin que les projets du programme gouvernemental d’urgence sont des projets de l’État, et non des réalisations propres au Conseil régional. Nous saluons les efforts du gouvernement du Premier ministre Moctar Ould Djay et la mise en œuvre de la vision de Son Excellence le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mais rejetons toute tentative d’utiliser ces projets comme couverture pour masquer les échecs locaux.
Enfin, on peut dire que la tentative du président de rejeter la responsabilité sur les autres est une démarche qui reflète une incapacité évidente. Au lieu de fournir des explications précises sur les raisons de l’échec de l’adoption du budget, le président choisit d’attaquer les conseillers et de les accuser de complot, alors que la loi leur accorde le droit de discuter, de voter et de refuser.
Ainsi, détourner le cours de la discussion de l’évaluation des performances vers des accusations personnelles constitue une fuite devant la véritable responsabilité.
Fait au nom du groupe ayant refusé l’adoption du budget,

Cheikh Mohamedou Abderrahmane
Diouma Amadou Gangué
Maitre Neffé GAndega
Maitre Sidaty Bah
Mohamed Moustapha Lemrabott
Oumar Dembarou Sylla
Moussa Hamet Soumaré
Mohamed Saleck Sidi
Rougui Amadou Dongo
Toumbou Hamadi Sow
Dominick Samba Soumaré
Mohamed Lemine Navaa
Soueilikha Sidi Ahmed.

Selibaby le 21 décembre 2025.

● Kaédi : Le ministre de l’Intérieur ouvre un atelier de formation au profit des autorités administratives et municipales des wilayas du Gorgol, du Guidimagha et du Brakna – [AMI]

—Le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a ouvert samedi matin à Kaédi un atelier de formation et d’orientation destiné aux autorités administratives et municipales des wilayas du Gorgol, du Guidimagha et du Brakna.

Dans son allocution, le ministre a souligné que la réforme de l’administration publique, conformément au programme de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, repose sur la mise en place d’une administration professionnelle, moderne et efficace.

Ceci permettra la mise en œuvre effective des projets de développement et des programmes gouvernementaux et contribuera à la réalisation des transformations politiques, économiques et sociales nécessaires au progrès et à la prospérité du pays.

Il a expliqué que la modernisation de l’administration et le renforcement de ses capacités de gestion des ressources disponibles consolideront les valeurs de citoyenneté et dynamiseront le développement local.

Il a souligné que cela exige une formation continue et une meilleure compréhension des enjeux liés à la gestion administrative et au développement local.

Dans ce contexte, le ministre a indiqué que le ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local a lancé un programme de formation intensif qui constitue un cadre pratique pour la mise en œuvre de la vision réformatrice du Président de la République dans le domaine de l’administration et du développement local.

Il a précisé que ce forum, dédié aux wilayas du Gorgol, du Guidimagha et du Brakna, comprend des exposés portant sur les domaines d’intervention des autorités administratives et municipales, notamment la police municipale, le contrôle de la légalité, l’aménagement du territoire, le cadre juridique de la collecte et du traitement des informations, les mécanismes de gestion des frontières, les questions environnementales et la prévention des incendies, le suivi des projets, le système d’enseignement public et l’immigration clandestine.

Le ministre a souligné que la citoyenneté et l’égalité des droits et des devoirs constituent l’essence même de l’État moderne, rappelant les déclarations répétées du Président quant à la nécessité de renforcer et de consolider les valeurs de la citoyenneté, facteur fondamental de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Dans ce contexte, il a appelé à l’égalité de traitement de tous les citoyens, à la lutte contre toute forme de comportement fondé sur le tribalisme, le sectarisme ou le racisme, et à œuvrer pour la réussite du système d’enseignement public, compte tenu de son rôle essentiel dans l’acquisition des valeurs de la citoyenneté et le renforcement de la cohésion sociale dès le plus jeune âge.

Le ministre a insisté sur le fait que la transparence et la lutte contre la gabegie administrative et financière sont des conditions préalables indispensables à toute réforme et à tout développement, soulignant que sans cela il ne saurait y avoir de réforme ni de développement.

Concernant les questions foncières, le ministre a réaffirmé son rejet de toute tentative d’entraver l’accès aux ressources locales et le développement par l’instrumentalisation de conflits fonciers à caractère tribal, réaffirmant que la terre appartient à l’État et que la propriété ne peut être établie pour les personnes physiques ou morales que conformément aux dispositions légales applicables.

Il a ajouté que les villages et les villes sont des communautés de citoyens qui jouissent de droits égaux et ont des devoirs égaux, et ne peuvent être considérés comme la propriété d’une tribu, d’une classe ou d’une race particulière.

En conclusion, Son Excellence le Ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement Local a officiellement ouvert l’atelier de formation, souhaitant aux participants plein succès et espérant qu’ils tireront profit des thèmes et du contenu abordés.

Le Président de la Région de Gorgol, M. Ba Amadou Abou, a également pris la parole à cette occasion, exprimant sa profonde gratitude à Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour l’attention particulière qu’il porte aux wilayas et pour les progrès accomplis en matière de renforcement de la décentralisation et de soutien au développement local.

Il a affirmé que la Région de Gorgol bénéficie actuellement d’importants programmes et projets de développement qui ont contribué à améliorer les conditions de vie de ses populations et à renforcer les infrastructures et les services de base.

Il a souligné l’engagement de la région à maintenir ce rythme de développement et à collaborer avec les autorités administratives et les élus locaux pour atteindre les objectifs de développement durable et servir la population locale.

Le maire de Kaédi, M. Demba Ndiaye, a souligné dans son discours qu’il saisit cette occasion pour exprimer ses sincères remerciements et sa profonde gratitude à Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour sa vision éclairée et ses efforts considérables en faveur de la consolidation de la décentralisation et de la réalisation d’un développement équilibré et inclusif sur l’ensemble du territoire national.

Il a ajouté que la Mauritanie est devenue un véritable laboratoire d’idées, progressant résolument vers la prospérité grâce aux grands projets d’infrastructures ambitieux qui ont été menés à bien, témoignant ainsi d’une forte volonté politique d’associer chacun au processus de développement global.

Le lancement de l’atelier a réuni des walis, des présidents de région, des hakems, des maires, des membres des comités de gestion des frontières et des responsables de la sécurité des wilayas du Gorgol, du Brakna et du Guidimagha.

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● Dr. Issa Coulibaly, président du Conseil Régional du Guidimakha : «Je m’investis contre la manipulation et pour la défense de la vérité républicaine» [Le Calame]



Le Calame — Le budget régional vient d’être rejeté. À qui incombe la responsabilité ?

Dr. Issa Coulibaly: Aucune faute budgétaire n’est en cause. Le rejet n’a strictement rien à voir avec le contenu du budget. Il résulte d’une manœuvre de pression menée par quelques élus déterminés à obtenir le rétablissement d’indemnités suspendues conformément à la loi.

Le budget 2026 a été construit dans la transparence la plus totale : cinq commissions ont été saisies dès octobre 2025 ; trois ont travaillé, deux n’ont produit aucun rapport — pas une note, pas une recommandation — notamment les commissions dirigées par Mme Gangué et M. Abderrahmane. Ces mêmes élus prétendent pourtant “défendre la Région”.

En séance, aucun élément technique n’a été soulevé. Aucun amendement n’a été proposé. Le débat n’a porté que sur leurs indemnités. Les faits sont têtus.

– Une crise institutionnelle serait en cours au Guidimakha. Que se passe-t-il réellement ?

Il n’existe aucune crise institutionnelle. Ce qui circule sur les réseaux sociaux relève d’une construction délibérée, organisée par un groupuscule d’élus pour travestir la réalité. La Région fonctionne, les services travaillent, les projets avancent.

Ce que certains présentent comme une crise n’est en réalité qu’une tentative de manipulation initiée par deux vice-présidents — M. Cheikh Mohamedou Abderrahmane et Mme Diouma Amadou Gangué — qui, depuis leur installation, n’ont jamais exercé de manière effective les fonctions que la loi leur confie.

M. Cheikh n’a jamais travaillé un seul jour dans la Région, tout en percevant 18 mois d’indemnités.

Mme Gangué, après quelques mois de présence, s’est installée entre Nouakchott et la France, rendant toute participation régulière impossible.

Lorsque j’ai rappelé l’application stricte de l’arrêté 156/2019 — qui conditionne les indemnités à l’exercice effectif — leur agitation a commencé. Non par désaccord politique, mais par défense d’intérêts personnels.

La suite est connue : fabrication de récits mensongers, diffusion de vidéos approximatives, instrumentalisation de la diaspora et mobilisation d’influenceurs extérieurs. Tout cela pour masquer un simple fait : ils refusent l’application de la loi.

-Vous parlez de responsabilités individuelles. Lesquelles ?

-Depuis juin 2023, les deux vice-présidents cités — M. Abderrahmane (AND) et Mme Gangué (UDP) — n’ont jamais assuré une présence conforme à leurs obligations. Pendant plus d’un an, j’ai privilégié le dialogue : réunions, médiations avec le Secrétaire général, compromis sur une présence minimale de dix jours par mois. Engagements verbaux jamais respectés.

Face à cette persistance, j’ai pris une décision républicaine : appliquer la loi et suspendre les indemnités. Leur fronde a commencé immédiatement.

– N’auraient-ils pas bénéficié de l’appui de certains acteurs politiques locaux ?

-Non. Ils ont rallié quelques alliés en quête d’indemnités, souvent absents du territoire — certains résidant même en France — et revendiquant des indemnités de session alors qu’ils votent par procuration.

Des alliés complaisants : Néfé Gandega (INSAF), Sidaty Ba (UDP) – installé en France – et Moussa Soumaré (SAWAB). Leur point commun ? Défendre l’idée qu’un conseiller absent, qui vote par procuration depuis la France, devrait toucher les indemnités de session de 6 000 MRU. Une théorie absurde, contraire à la loi. Aujourd’hui encore, les trois cités sont en France. Ils ont voté par procuration et exigent leur indemnité.

Le droit est clair : une indemnité de session compense la présence physique, pas l’absence. Aucune disposition ne permet de payer quelqu’un qui n’est pas sur place. Aucune.

-Quels étaient les axes majeurs du budget ?

-Un budget clair, équilibré, rigoureux. Les priorités étaient les suivantes :

-Sécurisation du parc d’équipements (17 tracteurs, camions, chargeur, accessoires) par la construction d’un hangar et d’un bloc administratif. Un patrimoine à forte valeur, indispensable à l’économie locale.

-Réhabilitation urgente du siège du Conseil, aujourd’hui dégradé, pour garantir sécurité, dignité administrative et accueil du public.

-Création d’un site institutionnel afin de renforcer la transparence, la communication publique et l’attractivité du territoire.

-Hydraulique villageoise : forages, réseaux, châteaux d’eau, énergie solaire — répondant à des demandes directes des populations.

-Périmètres agricoles pour les jeunes, équipés et modernes, pour réduire l’exode et renforcer l’autonomie alimentaire.

-Appui économique aux femmes productrices, essentiel pour la stabilité sociale et la résilience économique.

-Acquisition d’une pelleteuse-chargeur, pour renforcer nos capacités d’intervention sur les ouvrages hydrauliques et les terres dégradées.

Le trésorier régional a validé toutes les procédures. Aucune irrégularité.

Ce budget a été rejeté uniquement pour des raisons politiques et personnelles, jamais pour des raisons techniques.

-Que s’est-il passé concrètement le jour du vote ?

Ce fut un moment révélateur. Les frondeurs ne sont pas venus débattre : ils n’avaient qu’un objectif : faire pression pour recouvrer leurs indemnités.

Pas une critique technique, pas une demande d’amendement, pas une ligne discutée. Ils ont simplement constitué une coalition conjoncturelle, sans cohérence politique, dont le seul dénominateur commun était le chantage institutionnel.

Et après le vote, aucun n’a pu citer une ligne du budget qui poserait problème. Preuve supplémentaire que le budget n’était qu’un prétexte.

-Certains conseillers affirment pouvoir contrôler directement votre gestion. Que dit la loi à ce sujet?

La loi organique 2018-010 est explicite :

Le Conseil délibère ;

Le Président exécute.

La gestion n’est pas collégiale. Elle est légale, ordonnancée, encadrée.

Le contrôle de la gestion publique relève exclusivement :

_de la Trésorerie régionale,

_de l’Inspection Générale de l’État,

_de la Cour des Comptes,

_de l’Administration de tutelle.

Aucun conseiller n’a mandat pour intervenir dans l’exécution : recrutements, marchés, engagements financiers. Certains veulent transformer cette architecture en leur faveur. Je le dis clairement : c’est contraire au droit et contraire à l’esprit républicain.

-Que représente le programme d’urgence gouvernemental pour votre région?

-Une avancée historique : 20,3 milliards d’anciennes ouguiyas investis en 30 mois pour écoles, santé, hydraulique, routes, électricité, jeunesse, agriculture et pastoralisme.

Jamais le Guidimakha n’avait bénéficié d’un tel niveau d’investissement. Pendant que l’État travaille, certains cherchent à bloquer. Le contraste est clair.

-Et la coopération avec le Mali et le Sénégal dont votre région est limitrophe?

Elle est dynamique, structurante et essentielle. Le Guidimakha est un carrefour vital. Mais cette coopération ne peut fonctionner que si la Région est forte, stable, respectée. Chaque tentative interne de déstabilisation affaiblit non seulement la Région, mais aussi la position de la Mauritanie.

Qui aurait intérêt à contrarier?

-Des acteurs identifiés, installés dans les hautes sphères, utilisent leur influence pour saboter l’action régionale. Ce n’est pas de l’opposition : c’est une entreprise de déstabilisation.…pourquoi ? Parce que la Région avance. Parce que les projets sortent de terre. Parce que la population voit la différence. Leur stratégie est simple : générer du vacarme pour masquer le progrès.

Mais la population n’est pas dupée. L’histoire retiendra ceux qui construisent, non ceux qui entravent.

-Un mot de la fin?

-Le Guidimakha n’est pas en crise : il est victime d’une agitation fabriquée par ceux qui refusent l’application de la loi.

Je demeurerai fidèle à ma mission, fidèle à la République, fidèle au mandat confié par nos populations. Je ne céderai ni aux pressions, ni aux manipulations. Tant que j’exercerai cette responsabilité, aucune manœuvre ne détournera notre Région de sa trajectoire : la vérité, la loi, le développement et l’ordre républicain.

Propos recueillis par Dalay Lam

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● Mauritanie Alerte Citoyenne | APPEL CONTRE LA CRIMINALISATION DES LANCEURS D’ALERTE ET LA NORMALISATION DE L’IMPUNITÉ EN MAURITANIE .

APPEL CONTRE LA CRIMINALISATION DES LANCEURS D’ALERTE ET LA NORMALISATION DE L’IMPUNITÉ EN MAURITANIE .

En Mauritanie, l’arbitraire et l’impunité ne se cachent plus : ils s’affichent s’assument et s’inscrivent dans l’institutionnel.
Alors que les prisonniers d’hier portent toujours, à l’échine et sur les muqueuses, les traces de la torture du Jaguar et les sévices du piment, ultimes outils de l’humiliation d’État, leurs camarades et enfants, héritiers de la lutte ou passeurs, se retrouvent devant les tribunaux, au grief d’avoir dénoncé la brutalité et le mépris, reçus, en héritage.
Ainsi, à titre d’illustration, nous citons l’emprisonnement récent de Dieynaba N’diom, Baalal Sall, Moctar Keita, Mariame Bocar Sy, Moctar Diaw, Abdallah Ould Mohamed Mahmoud, Moussa Thiam, Kaaw Lô, Jemila Ahmed,  Hawa Diallo,  Moussa Soumaré,  Moctar Gourmo N’diaye (Bayal), Boudalaye Diouma Sy…Arrêtés puis relâchés, certains d’entre eux sont mis sous contrôle judiciaire et d’autres à la disposition des magistrats. Pour leur part, Demba Sall et Docteur Ba furent placés en détention préventive et expédiés, sans forme procès, à la prison d´Aleg. Les activistes passionnés de la dignité de la personne, Youssouph Kamara et Mohamed Lemine Seck, dont retenus, depuis des mois, à Nouakchott. Tous expient, ainsi, le triple « crime » de donner une voix à la vérité, refuser l’effacement de la mémoire et rappeler que les droits universels de l’individu ne relèvent pas du champ de la faveur. A ce titre, ils ne sauraient se prêter à une transaction ponctuelle où les victimes s’en tiennent aux réquisitions du statu quo, qui devient, alors, l’expression figée de l’injustice.

Hier et aujourd’hui, les tortionnaires profitent de la liberté que confère le sentiment de la toute-puissance, bien au-dessus des usages tolérables. Par-delà le principe de l’équivalence des vies dont la dignité de l’espèce humaine tire sa substance au fil des siècles, eux bénéficient d’une exception et d’une immunité en totale rupture d’avec l’attachement affiché à la République islamique.
D’aucuns vont à la retraite, sous les honneurs de la patrie reconnaissante. D’autres occupent encore des postes dans les forces de défense et de sécurité, l’administration, s’ils ne parviennent à se faire élire députés. Nombreux envahissent les cérémonies officielles et prisent les insignes. Ils sont décorés, protégés, célébrés, comme si l’affliction par eux advenue mérite la récompense d’un service rendu à la communauté de destin.

Cette logique d’impunité s’étend également à l’immense misère, faites aux femmes, de siècle en siècle. A défaut de lois pertinentes, les auteurs de viols, d’agressions sexuelles et de violences liée au genre échappent majoritairement à la sanction d’une société très patriarcale et plutôt viriliste. Le silence imposé à leurs ardentes revendications d’autonomie établit, de facto, comme norme tacite, le silence sur les souffrances infligées à la moitié de la population.
Nous rejetons la logique perverse de l’inversion des valeurs et n’admettons que l’Etat mauritanien transforme les victimes en suspects. Oui, une société qui soustrait ses tortionnaires au devoir de rendre des comptes, se condamne elle-même à répéter l’horreur.
Nous l’affirmons, haut et fort, la quête de vérité n’est pas une infraction, mais davantage un impératif moral. En revanche, sa pénalisation expose, l’ensemble des Mauritaniens, au risque mortel d’un asservissement générateur d’acrimonie puis carburant inflammable de la révolte.

Aussi, soutenons-nous pleinement les militants persécutés et exigeons leur libération, sans délai ni condition.
Nous adressons, à l’opinion publique, y compris ses segments communautaires, une exhortation à ne pas céder au découragement ni entériner la lassitude. Nous appelons toutes les forces démocratiques, les organisations de promotion des droits humains, les rescapés, les familles endeuillées et les citoyens épris de justice à se mobiliser et congédier la peur, documenter, témoigner, publier, manifester, dire leur indignation, en public, aussi bien sur le plan national qu’international et tendre la main à la solidarité de l’Étranger.

Un pays qui protège ses tortionnaires se condamne à revivre l´horreur. Un pays qui écoute ses lanceurs
d´alerte, ses fils et filles dignes et justes, ouvre enfin la voie à la vérité et à la réconciliation.
La Mauritanie ne pourra jamais se reconstruire selon le pari de l’oubli et la spéculation sur l’épuisement des Justes. À défaut d’équité et de transparence, sa réconciliation ne dépasserait, dès lors, le stade du faux-semblant, exutoire à la culpabilité honteuse, derrière quoi prospère le ressentiment et bout l’impatience légitime. Rebâtir une Mauritanie réconciliée, sûre et confiante en son avenir exige du courage moral, de la vigilance citoyenne et beaucoup de participation à l’entreprise du relèvement. Il n’y aura d’unité durable et de paix solide, sans vérité, égalité et engagement à consacrer l’inviolabilité du corps et la sacralité de la vie.

Le 10  décembre 2025 .

Les signataires :

1-Daouda Moussa Dia- Historien-chercheur- Liège-Belgique.

2-Biram Dah Abeid-Député-Nouakchott-Mauritanie.

3- Abdel Nasser Ould Ethmane Elyessa-Juriste-Paris-France.

4-Khally Mamadou Diallo-Député- Nouakchott-Mauritanie.

5-Mariem Cheikh Samba Dieng-Députée – Nouakchott-Mauritanie.

6- Balla Touré -Député- Député- Nouakchott-Mauritanie.

7- Ciré Ba -Historien-chercheur- Paris-France.

8- Ibrahima Mifo Sow-Professeur et homme politique -Cincinnati-USA.

9- Kaaw Touré -Ingénieur en planification économique et homme politique-Stockholm-Suède.

10- Mamadou Sidi Ba -Technicien supérieur en Santé et homme politique -Jackssonville-FLorida-USA.

11-Pr Oumar Moussa Ba-Professeur -Rouen-France.

12- Fara Ba-Professeur et président du collectif des rescapés, amnistiés, détenus politiques civils torturés (Cradpocit)

13- Bakary Tandia- Co-Founder, The Abolition Institute- New York city- USA.

14- Djeynaba N’diom -Sociologue et féministe- Nouakchott-Mauritanie.

15- Ousmane Abdoul Sarr -Président de l’Avomm -Militant des droits de l´homme, Mantes la ville, France.

16- Dr Alassane Dia-professeur d’université et président de Tpmn- Nouakchott-Mauritanie.

17- Dr Mamadou Kalidou Ba-professeur d’université -Essayiste, Écrivain-Nouakchott-Mauritanie.

18- Dr Cheikhna Wagué-Maitre de Conférence Titulaire en Histoire Moderne et Contemporaine et Coordinateur du Master en Sciences Historiques à l’Université Assane de Ziguinchor-Sénégal.

19- Aissata Niang dite Thilo- Collectif des veuves -New York city- USA.

20- Dr Mamadou Moussa Diaw -Médecin et Écrivain-Activiste des droits de l´homme -Thiès-Sénégal.

21- BABE Moulaye El Hassene- Activiste pour les droits de l´homme-Bordeaux-France.

22- Abdel Nasser Ould Beibe -Doctorant, activiste opposant et blogueur.

23- Adama Amadou Sow -Lead financial crimes investigator, MBA en finances, activiste des droits de l´homme -Pickerington- Ohio-USA.

24- Ibrahima Diallo dit Babayel- Enseignant, Rambouillet, France.

25- Mariame Kane- Activiste des droits humains- Paris-France.

26- Sy Boubacar – Mediateur social-Médiathèque- Paris-France.

27- Koundou Soumaré -Blogueur et militant des droits humains- Paris-France.

28- Boulaye Diakité – Socioanthropologue- Sartrouville- France.

29- Abass Diagana- Militant des droits humains- Nouakchott-Mauritanie.

30- Salka Hmeida- Activiste des droits de l´homme- Nouakchott-Mauritanie.

31- Houraye  Boye dite Souzy–  Activiste des droits humains- Paris-France..

32- Houleye Thiam-Activiste des droits humains- Columbus-Ohio- USA

33- Aissata Sidiki Ba- Activiste des droits humains- La Courneuve, France.

34- Cheikh Ahmadou Tidiane Dieng- Militant des FPC- Villeneuve le roi- France.

35- Ibrahima Wélé- Activiste des droits humains- Paris-France.

36- Sy Mamadou – Activiste des droits humains et blogueur- Paris-France.

37-Dr Hamdou Rabbi Sy-Philosophe- Paris-France.

38- Macky Ball- Activiste des droits humains- Nouakchott-Mauritanie.

39- Abou Hamidou Sy- Militant politique- Tampa-Florida- USA

40- Mohamed Abdoul Sow- Militant politique- Paris- France.

41- Dr Karim Gueye-Docteur en recherche et exploitation minière, spécialisé dans la levée géologique, recherche et exploitation- Département de l´insertion des migrants dans la région de Basse Normandie- Caen- France.

42- Amadou Ba- Militant des droits humains- Nouakchott-Mauritanie.

43- Mamoudou Baidy Gaye-Journaliste- militant des droits de l´homme, membre de l’association de la maison des journalistes, Paris- France.

44- Abdoul Aziz Dem- Journaliste- Observateur politique engagé pour la transparence et l’inclusion- Rouen-France.

45- Seidou Deme-Militant des droits de l’homme- Childress Lane Charlotte NC-USA.

46- Hamada Ould Cheikh -Activiste des droits de l’homme- Nouakchott- Mauritanie.

48- Bocar Oumar BA – Anthropologue Sociologue et homme politique- Strasbourg- France.

49- Mahamadou Sy-Écrivain (l´auteur de l’Enfer d’Inal) – Paris- France.

50- Colonel Sidi Bilal Sidi -Militant des droits humains et abolitionniste-Nouakchott-Mauritanie.

51- Abou Sarr collectif Inal- Militant des droits humains- Paris-France.

52- Kane Alhousseinou-Activiste des droits de l’homme- La Courneuve-France.

53- Saidou Abdoulaye Ba -Écrivain – Nouakchott- Mauritanie.

54- Amadou Seck -Homme de médias- Nouakchott- Mauritanie.

55- Abdoul Aziz Kane- Activiste des droits de
l´homme- Nouakchott-Mauritanie.

56- Hashim Diacko- Activiste des droits de l´homme- Nouakchott-Mauritanie.

57- Djibril Tène Youssouf Gueye- Administrateur de régie financière- Nouakchott- Mauritanie.

58- Pr Sow Abdoulaye Doro dit Samba- Sociologue – Activiste des droits de l´homme Nouakchott – Mauritanie.

59- Ndiaye Saidou Amadou dit Gelongal Fouta -Écrivain -poète et chercheur – Nouakchott-Mauritanie.

60- Maimouna Dia-Activiste des droits de
l’homme-Cincinnati- USA.

61- Yacouba Dia- Activiste des droits de l’homme – Horst- Allemagne.

62- Dr Aliou Dia N´diengoudy- Ph.D Staff Scientist-Genomics- Turnersville, New Jersey, USA.

63- Me Alassane Touré -Avocat- Nouakchott- Mauritanie.

64- Adama Ba – Activiste des droits de l’homme et blogueur- Bruxelles- Belgique.

65- Jamal Sow- Enseignant philosophie- Institut catholique d’Angers France.

66- Cherif Kane- Écrivain-journaliste-chroniqueur à Kassataya.com- Rouen-France.

67- Ibrahima Diallo dit Tokora Baba Diallo- Militant de l’UFP-Nouadhibou-Mauritanie.

68- Silèye BÂ- Chercheur-indépendant-Nouakchott- Mauritanie.

69- Cherif Sanghott- Network system administrateur, Activiste des droits humains- Conseiller municipal Kaëdi- San Antonio Texas- USA.

70- Oumar Elhadj Thiam- Homme de médias- Nouakchott-Mauritanie.

71- Djeynaba Dramane Kamara- Militante des droits Humains-Berlin- Allemagne.

72-Yakhya Thiam- Activiste politique- Rochester, NY- USA-

73- Malick Issaga Diop- Activiste des droits de
l’homme- Buxheim- Allemagne fédérale.

74- Salimata Ba- Activiste des droits humains- Nouakchott- Mauritanie.

75- Babouna Khalifa Diakité- Activiste des droits de l’homme- Nouakchott- Mauritanie.

76- Moktar Keita- Activiste des droits de l’homme Nouakchott – Mauritanie.

77- Ablaye Ba- Militant IRA-Activiste des droits de l´homme- Nouakchott-Mauritanie.

78- Amadou Alpha Ba- poète- Sociologue- Activiste des droits de l’homme- Paris-France.

79-Dr Mamadou Alassane Ba- Enseignant-chercheur- Thiès- Sénégal.

80- Hamet Ndim- Défenseur des droits de l´homme- Nouakchott-Mauritanie.

81- Souleye Oumar Ba- Ecrivain- Yeumbeul- Dakar- Sénégal.

82- Ousmane Ba- Militant FLAM. Activiste des droits humains en Afrique-Lisses-France.

83- Soulé Ngaidé- Juriste- Défenseur des droits humains- Les Ulis , France.

84- Yero Gaynaako Sow Artiste-Raptivist- La Haye- Pays-bas.

85-Amadou Ly- Sociologue- Nouadhibou- Mauritanie.

86- Yahya Niane- Inspecteur de l’enseignement- Kaëdi- Mauritanie.

87- Ousmane Baba Touré- Activiste des droits de
l’homme- Cincinnati- Ohio-USA.

88- Mohamed Lemine ould Mohamed- Journaliste- Nouakchott-Mauritanie.

89- Oumar Sall-  Activiste des droits de l’Homme- Montpellier-France.

90- Docteur Oumar Djiby NDIAYE, Enseignant-Chercheur, UGB- Saint-Louis / Sénégal.

91- Ibrahima Amadou Dia–  Activiste, militant des droits humains, Groveport- USA.

92- Ibrahima Himbra Sy – Activiste des droits de l’homme – Nouakchott -Mauritanie .

93- Sidi Mohamed Ould Kmache – Activiste des droits de l’homme et blogueur – Dixie hwy Louisville- Ky- USA .

94- Ahmed Ould Bettar -Homme de média, Nouakchott -Mauritanie.

95- Alassane Aly Dia dit Diaz- Militant politique – Kansas City- USA.

96- Amadou Thiam- Responsable FPC-Féderation Amérique- Cincinnati-Ohio-Usa.

97- Ousmane Amadou Diallo- Professeur- Activiste des droits humains- Franceville- Gabon.

98- Yaya Diack -Activiste des droits de l’homme et membre de Mauritanie Network for human rights – New York -USA.

99- Sow Issa  Harouna – Chercheur à Paris Sorbonne-Paris-France.

100- Dem Mohamedou – Expert comptable -Fontenay -aux roses France.

● Mauritanie Politique | La réaction du député BDA à la plateforme de l’opposition pour le dialogue national.

—Le député mauritanien M. Biram Dah Abeid, leader abolitionniste du mouvement IRA-Mauritanie et ex candidat aux 3 dernières élections présidentielles en Mauritanie (arrivé deuxième en 2014, 2019 et 2024) a écrit un post sur sa page Facebook ce mardi 9 décembre 2025. La substance de son propos tient lieu à la fois d’une réaction-commentaire et d’une prise d’acte concernant la plateforme de dialogue proposée par l’opposition qui a été publiée récemment sur les réseaux digitaux. Ainsi, il a écrit : « J’ai lu avec attention la plateforme de dialogue proposée par mes collègues des partis et mouvements d’opposition de Mauritanie. La force, la pertinence, la justesse et la représentativité du document est sans appel.
À ce stade, tout dépend de la sincérité du chef de l’Etat; s’il répond favorablement et de manière pratique à leurs demandes, l’opposition sceptique sera acquise. » https://www.facebook.com/share/p/1AD1m47jxF/

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Ci-après la copie de la publication de la plateforme lue sur Facebook :

« Plateforme de l’Opposition
           

DIALOGUE NATIONAL 2025
Sommaire


I. Unité nationale et cohésion sociale
A. L’esclavage et ses séquelles
B. L’exclusion et les discriminations
C. Le passif humanitaire
D. L’enrôlement biométrique des populations
E. Les problèmes des Terres

II. Etat de droit et démocratie pluraliste
A. L’état de droit
B. La démocratie pluraliste
   1. Les partis politiques
       2. Le système électoral
C. Les principales institutions de la République

III. Gouvernance
A. Corruption et Népotisme
B. Contrôle et Transparence
C. Redistribution et partage équitable des richesses
D. Efficacité économique et transformation structurelle
E. Décentralisation et Développement local
F. Politique environnementale


IV. Diaspora et Emigration
A. Une diaspora dynamique
B. Une émigration accélérée

V. Autres axes
A. Secteur judiciaire
B. Secteur Education
C. Secteur Santé
D. Secteur Economie
E. Secteur Défense et sécurité
F. Secteur des médias


I- Unité nationale et Cohésion sociale
La question centrale du vivre ensemble ou de l’unité nationale que sous-tendent la question de l’esclavage et de ses séquelles, l’exclusion de certaines composantes nationales, les innombrables injustices vécues au quotidien, les inégalités et discriminations en tous genres constituent le défi le plus important auquel notre pays est confronté, engendrant des crises récurrentes de 1966 à 1990, avec comme point culminant la tragédie appelée par euphémisme « Passif humanitaire ».

A- L’esclavage et ses séquelles

   a- diagnostic
La composante haratine, victime d’un asservissement multiséculaire, reste confrontée à la misère et maintenue dans des conditions serviles avilissantes. L’indigence dans laquelle végètent les adwabas notamment illustre le désintérêt de l’Etat à leur endroit. Il en est de même pour certains groupes dits serviles à l’intérieur des autres communautés.

b- Propositions de solution
– procéder à une évaluation des dispositifs institutionnels et législatifs sur la question
– mener une enquête indépendante de portée nationale sur la question
– appliquer rigoureusement les textes et lois en vigueur criminalisant l’esclavage,
– affaiblir et endiguer l’influence des chefs traditionnels et du tribalisme.
– réparer les injustices historiques (victimes d’esclavage) en instituant des politiques hardies de discrimination positive et d’autonomisation sociale et économique qui pourraient se traduire par une sorte de plan Marshal, à durée déterminée, à l’endroit des haratines.

B- L’exclusion et les discriminations

a- diagnostic
Les communautés nationales wolof, soninké et pulaar vivent une exclusion croissante en raison du refus persistant du pouvoir de respecter et d’acter la diversité culturelle, linguistique et ethnique du pays qui se traduit, par leur effacement au plan politique, économique, médiatique, culturel, linguistique, scolaire et social ; des inégalités également dans l’éducation particulièrement à travers les examens et les concours à l’emploi, les grandes écoles et les écoles spéciales, dans le recrutement des forces armées et de sécurité. Enfin, s’y ajoutent, l’épineuse question des terres agricoles et la blessure profonde du Passif humanitaire.

b- Propositions de solution
– Reconnaître et acter les droits de toutes les composantes nationales à travers leur présence effective dans l’espace public et notamment dans les grandes institutions de la république (Présidence, Primature, Présidence de l’assemblée, Cour Suprême, Cour constitutionnelle, Cour des comptes, Conseil économique et social), et dans les directions des établissements publics, des médias et lors des évènements officiels de manière à garantir que les institutions de l’Etat reflètent la diversité
– Reconnaître les droits culturels de toutes les composantes nationales
– Officialiser les langues Wolof, Pulaar et Soninké
– Donner à la langue arabe toute la place qu’elle mérite dans tous les domaines
– Remettre dans leurs droits les citoyens mauritaniens francophones de formation de plus en plus marginalisés actuellement
– Eliminer les politiques discriminatoires, l’exclusion de communautés et de groupes sociaux par plus d’ouverture et d’équité et au besoin par des sanctions

L’égalité des chances dans l’équité constitue un facteur cardinal de la cohésion sociale nationale, en même temps que le plurilinguisme officiel assure une plus grande cohésion nationale

C- Le Passif humanitaire

a- diagnostic
Il s’agit d’évènements graves et tragiques survenus par le passé résultant de crises identitaires récurrentes, ayant affecté particulièrement la communauté Pulaar du pays. Ces événements se sont traduits par des déportations de populations, des spoliations de biens, des radiations et des exécutions extra-judiciaires massives.

b- propositions de solution
– Solder le Passif humanitaire en mettant en place une commission nationale consensuelle indépendante « Vérité/Réconciliation » conforme à nos valeurs, dotée de pouvoirs réels (enquêtes, sanctions, pardon et réparations) qui devra jouer un rôle de catharsis.
– Application des devoirs de Vérité, de Justice, de Mémoire
– procéder à l’indemnisation et aux réparations au profit des victimes du Passif humanitaire
– Instituer une journée nationale de commémoration des martyrs et ériger un monument dédié. En dernier ressort on ne saurait faire l’économie de la Vérité si l’on vise la réconciliation nationale sur ce dossier.
– Ramener les réfugiés identifiés, installés au Mali et au Sénégal désireux de rentrer
– Solder tous les cas de victimes avérées d’injustices créées par l’arbitraire de l’Administration (spoliations, radiations administratives, licenciements abusifs, blocage de plan de carrière) pour créer un climat d’apaisement général.
      
D- L’enrôlement biométrique des populations
a- Diagnostic
Depuis 2009, l’enrôlement de certaines composantes nationales se passe difficilement. Il y a le constat d’une absence de volonté politique, une obstruction persistante à résoudre définitivement ce problème. Des milliers de mauritaniens et notamment des enfants en âge de scolarité demeurent les victimes, particulièrement dans la vallée du fleuve et dans d’autres zones reculées du territoire national. Des enfants scolarisés sur attestation provisoire finissent par abandonner l’école à cause de ces tracasseries et blocages.

b- Propositions de solution
– affirmer la volonté politique ferme sans concession d’enrôler tous les citoyens
– Alléger et simplifier les conditions de l’enrôlement
– Multiplier et diversifier les commissions techniques et de supervision 
– Accroître le matériel nécessaire (groupe électrogène, ordinateurs, internet)
– Sanctionner et relever de leur fonction les agents responsables de blocage
– Envisager des unités mobiles pour clore enfin le processus d’enrôlement.


E- Problèmes des Terres
a- diagnostic
La gestion du foncier agricole en particulier est source de conflits récurrents, soit entre propriétaires légitimes et ceux qui travaillent la terre, soit en raison des politiques de spoliation des paysans par l’Etat

b- Propositions de solution :
– Restituer les terres spoliées des résidents et des déportés de retour
– Mettre en œuvre une réforme foncière participative, uniforme sur toute l’étendue du territoire qui établit un équilibre entre droit de propriété et droits légitimes de ceux qui l’exploitent
– Lutter contre la spéculation foncière et réformer le secteur des domaines pour limiter les attributions à double ou triple emplois de parcelles en milieu urbain.


II- ETAT DE DROIT ET DEMOCRATIE     PLURALISTE

La crise de notre système politique est patente depuis le lancement officiel du « processus démocratique » en 1991 et ce malgré les efforts déployés notamment par l’opposition pour corriger ses dysfonctionnements et permettre d’édifier un véritable Etat de droit et une démocratie pluraliste solide.

A. L’Etat de droit

a. Diagnostic
Les faiblesses structurelles de l’Etat de droit dans notre pays se traduisent notamment par :
– une administration publique totalement inféodée et instrumentalisée par le régime politique en place notamment le parti présidentiel (nominations, avantages matériels et financiers, impunité, règlements de compte ciblés)
– La permanence de pratiques abusives (détournement et abus de pouvoir, corruption)
– L’intrusion de l’Armée dans le champ politique
– La confusion des pouvoirs et la mise sous tutelle de la justice
– La dévalorisation des principes fondamentaux et la disqualification des voies de recours indépendants et efficients face à l’arbitraire et aux injustices
– La violation systématique des libertés fondamentales (liberté d’opinion, de presse, d’association, de réunion, de manifestations)

b. Propositions de solution
– Instaurer un système de gestion et de redistribution des ressources (attributions foncières, licences de pêche, permis miniers) sur la base de la systématisation de la numérisation et l’anonymisation dans leur accès
– Généraliser le système obligatoire de déclaration et de publication de patrimoine pour tout membre de la haute fonction publique et pour tout candidat à une élection démocratique, ainsi que leurs conjoints, parents directs et enfants.
– Réviser les principales lois sur les libertés publiques et du code de procédure pénale notamment en matière de presse, de réunion, de voyage, de manifestations publiques, de cyber libertés, de protection des biens et des personnes ; et élaborer un code des libertés publiques avec des mécanismes juridictionnels de protection des libertés fondamentales comme les référés libertés et des structures spécifiques de protection de certaines libertés particulières (médiateurs et lanceurs d’alerte en matière de presse, de lutte contre les discriminations, d’esclavage, de tribalisme)
– Mettre en œuvre un projet de réforme de la justice en cours spécialement les aspects concernant le conseil de la Magistrature, l’accès à la justice, l’exigence de traduction dans les langues nationales, l’amélioration des conditions de vie des membres du corps judiciaire, l’humanisation des établissements pénitenciers
– imposer le respect du principe de la diversité dans toutes les administrations publiques en instaurant le principe suivant lequel toute haute fonction, tout département ministériel, toute administration et collectivité territoriale doit nécessairement être constituée par une équipe dirigée par un responsable principal issue d’une communauté et assisté par des adjoints appartenant à d’autres ensembles identitaires (sexe, ethnies, régions)
– Retrait total des forces armées de la vie politique du pays

B. La démocratie pluraliste

1.  Les Partis politiques

a. Diagnostic
Le statut des partis, dès le départ, présentait de nombreuses défaillances. La plus importante était celle de leurs rapports avec le ministère de l’intérieur. Après bien des ajustements le statut avait pu permettre la constitution de nombreux partis sur la base d’une conception relativement libérale proche d’un régime déclaratif mais formulé d’une manière ambiguë. Aussi, l’opposition a toujours réclamé la levée de cette ambiguïté et la confirmation pure et simple du régime déclaratif. Mais récemment, le pouvoir s’est engagé dans une direction opposée en adoptant de manière unilatérale un régime liberticide des partis  
A cela s’ajoute le fait que le régime de financement des partis ne permet pas réellement une vie décente pour l’immense majorité d’entre eux, condamnés à végéter et finalement à disparaître sous l’emprise de la loi des quotas notamment. Il y a une véritable crise statutaire des partis.

b. Propositions de solution
– Révision en profondeur de la nouvelle loi sur les partis politiques
– Adoption d’un régime déclaratif pour la création des partis politiques
– Amélioration substantielle des conditions du financement des partis politiques
– interdiction formelle du nomadisme politique

2. Le système électoral

a- Diagnostic
Le système électoral est la grande faiblesse de notre démocratie pluraliste. Ce système constitue une véritable machine destinée à rendre impossible toute alternance par les urnes.
– Absence d’un véritable code électoral à la place des textes actuels épars, contradictoires les uns par rapport aux autres et peu fiables.
– Découpage territorial déséquilibré et inégalitaire entre les régions, les électeurs
– Mode de scrutin fortement majoritaire et favorable aux partis au pouvoir
– Liste électorale non fiable occasionnant toutes sortes de tripatouillages
– Système aberrant et anti démocratique de « parrainage » des candidatures
– Dispositif de contrôle du matériel électoral en particulier informatique impossible
– Marginalisation de l’opposition dans l’administration des bureaux de vote
– Persistance des bureaux de vote fictifs
– Exclusion de la plus grande partie de la diaspora du processus de vote (absence de bureaux de vote dans de nombreux pays)
– Refus de la systématisation de la délivrance des PV des bureaux de vote
– Persistance du vote militaire
– Faiblesse du dispositif de participation des observateurs nationaux et internationaux
– système de dépouillement des bulletins opaque
– Institutions de contrôle électoral sous tutelle politico-administrative du pouvoir et de ses démembrements (CENI, Conseil Constitutionnel, Cour Suprême)

b. Propositions de solution
– Élaboration d’un véritable code électoral consensuel comprenant tous les aspects et dimensions des processus électoraux standards
– Audit de l’ensemble du système électoral (textes, fichier, découpage, vote)
– Révision du statut de toutes les institutions et de tous les mécanismes de régulation et de contrôle électoral
– Interdiction de l’enregistrement des électeurs à distance pour les non-résidents dans le cadre des élections locales (municipales, régionales, députation de circonscription) tout en permettant le vote pour les listes nationales des députés à toute personne inscrite sur la liste électorale quel que soit le lieu de résidence.
– Suppression de la gestion du processus électoral par le ministère de l’intérieur dont les larges prérogatives actuelles sur le plan technique (programmes, systèmes informatiques, établissement des listes, gestion du matériel électoral) lui permettent d’avoir la maîtrise stratégique du processus électoral
– Révision de la composition et du fonctionnement de la CENI pour lui accorder une réelle indépendance, en la dotant des moyens nécessaires pour gérer le processus électoral y compris la désignation de l’ensemble de son personnel central et local chargé de l’inscription des électeurs, de la distribution des cartes, de la sensibilisation et de la communication.
– Révision du découpage des circonscriptions électorales
– Révision et suppression de l’observatoire national actuel des élections
– Découplage des élections municipales, régionales et élections législatives.
– Retour du mode de scrutin de l’élection municipale à deux tours
– Admission de la presse indépendante pendant le dépouillement afin de relayer en temps réel les résultats des votes

C. Les principales institutions de la République

a. Diagnostic
L’une des sources majeures des faiblesses de la démocratie pluraliste et de l’Etat de droit est constituée par la configuration même des institutions de la république telle qu’établie par la constitution :
– Concentration des pouvoirs en faveur de l’exécutif au détriment de l’assemblée nationale et du pouvoir judiciaire affaiblis et aux moyens dérisoires face à l’exécutif
– Concentration des pouvoirs au sein de l’exécutif en faveur d’un président de la république omnipotent
– Administration publique déresponsabilisée et instrumentalisée comme un simple levier aux mains du président de la république
– Système institutionnel non représentatif de la diversité socio-culturelle du pays
– Secteur judiciaire monocolore et monolinguistique inféodé à l’exécutif
– Hiérarchie militaire et sécuritaire composée d’une seule communauté ethnique. 

b. Propositions de solution
– Rééquilibrer les rapports entre le président de la république et le premier ministre qui doit apparaître comme un vrai chef de gouvernement et non comme un simple commis du président
– Soumettre toutes les nominations de la Haute fonction publique au débat parlementaire
– Compléter et verrouiller la disposition d’interdiction de 3ème mandat par l’interdiction de candidature immédiate d’un proche direct du président sortant
– Interdire que les titulaires des fonctions de Président de la république, premier ministre, président de l’assemblée nationale, président de la cour suprême et président du conseil constitutionnel appartiennent à la même communauté ethnolinguistique. La représentativité de toutes les communautés doit y être la règle
– Marquer l’indépendance de la Justice
– Réformer le secteur judiciaire de manière à refléter la diversité communautaire
– Installer une hiérarchie sécuritaire et militaire qui reflète la diversité communautaire du pays.
III- La gouvernance
La gouvernance est le cœur de l’action d’un Etat qui veut assumer pleinement ses fonctions structurantes en tant qu’architecte du vivre-ensemble et du bien commun de sa population.

A. Corruption et népotisme
a- Diagnostic :

La corruption, le népotisme et les détournements de fonds publics sont devenus des pratiques structurelles au sein de l’administration. Ils traduisent une logique d’appropriation privée de l’appareil d’État et ancrent une culture de prédation incompatible avec les exigences de transparence, de justice et d’intérêt général.
Facteurs explicatifs :
– Absence de critères objectifs et transparents dans le recrutement.
– Système budgétaire opaque, déconnecté des résultats concrets.
– Mécanismes de contrôle inefficaces et non indépendants.
– Impunité persistante affaiblissant la crédibilité des institutions.
– Marginalisation de l’éducation civique dans le système scolaire.
– Emprise des tribus sur l’Etat

b- Propositions :
– Codification de l’administration publique.
– Promulgation d’une loi instituant un Code de l’administration publique.
– Définition claire des profils de hauts postes.
– Approbation parlementaire obligatoire pour certaines nominations.
– Interdiction du recyclage des fonctionnaires sanctionnés.
– Création d’une commission permanente d’évaluation des profils.
– Réforme de la gestion budgétaire.
– Adoption d’un budget-programme fondé sur des objectifs mesurables et des indicateurs de performance (inspiration : Maroc 2015, Sénégal 2020).
– Renforcement de la culture civique.
– Réintégration de l’éducation civique avec un coefficient significatif.
– Pédagogie active : jeux de rôle, mini-projets citoyens.
– Implication accrue de la société civile dans le contrôle social.
– Limitation de l’hégémonie des tribus sur l’Etat par la suppression des rentes attribuées

B. Contrôle et transparence
a- Diagnostic :
Les dispositifs actuels de contrôle souffrent d’un manque d’indépendance, de moyens, et de portée réelle. Leur action reste symbolique.
Constats
– Commission anticorruption non indépendante
– Cour des comptes sans autonomie et sous-dotée
– Inspection générale d’État dépendante, sans mission préventive

b- Propositions :
– Autonomiser les organes de contrôle
– Doter la commission anticorruption d’un budget propre, d’un pouvoir de saisine directe de la justice et d’une autonomie fonctionnelle
– Réformer la Cour des comptes
– Rendre les modalités de nomination plus transparentes
– Renforcer des effectifs et des prérogatives
– Refonder l’Inspection générale d’État en lui donnant une indépendance d’action
– Effectuer des missions régulières et préventives, produire des rapports publics consultables par le Parlement et les citoyens.

C. Redistribution et partage équitable des richesses
a- Diagnostic :
La redistribution reste ponctuelle, assistancielle et peu structurante. Les inégalités sociales et territoriales perdurent et se creusent encore plus.

b- Propositions :
– Instaurer une redistribution fondée sur l’équité territoriale et sociale qui tient de la démographie et de la justice sociale
– Investir dans les infrastructures de base (éducation, santé, logement, routes, énergie, barrages)
– Réduire les disparités régionales
– Instaurer une fiscalité progressive et solidaire.

D. Efficacité économique et transformation structurelle
a- Diagnostic
– L’économie reste extravertie, dépendante de l’exportation de matières premières
– La création de valeur ajoutée et d’emplois durables est faible.


b- Propositions de solution
– Élaborer une stratégie nationale de transformation industrielle.
– Développer des chaînes de valeur.
– Créer de filières industrielles porteuses et génératrices d’emplois

E. Décentralisation et développement local
a- Diagnostic
La décentralisation, amorcée depuis 1987, reste largement inachevée. Les collectivités locales souffrent de nombreuses faiblesses :
– Faibles capacités institutionnelles et administratives.
– Incompétence généralisée liée au manque de formation des élus et à l’absence de métiers territoriaux structurés.
– Insuffisance des ressources financières.
– Forte dépendance vis-à-vis du budget de l’État.
– Faible autonomie fiscale et déséquilibres territoriaux marqués.
– Nécessité de revoir le découpage administratif pour une meilleure cohérence économique.
– Centralisation excessive du pouvoir.
– Double tutelle des collectivités ralentissant leur action.
– Problèmes de gouvernance locale : politisation, manque de transparence, clientélisme.
– Inégalités régionales et sociales, marginalisation des zones rurales.
– Enjeux sociopolitiques et sécuritaires : faibles capacités locales de prévention des conflits.

b- Propositions :
– Réforme des textes de la décentralisation
– Création de filières spécialisées pour les métiers territoriaux
– Transfert effectif des compétences avec budgets correspondants
– Élaboration d’une stratégie nationale de réduction des inégalités territoriales
– Renforcement des capacités des élus et du personnel local
– Instauration de mécanismes de redevabilité et de participation citoyenne

La réussite de la décentralisation est une condition essentielle de la cohésion nationale, de la stabilité démocratique et du développement équilibré du pays


F. Politique environnementale
a- Diagnostic :
La dégradation environnementale affecte la sécurité alimentaire, la santé publique et la stabilité sociale.
Enjeux critiques :
– Avancée du désert
– Dégradation des ressources en eau
– Surexploitation et pollution marines
– Urbanisation sauvage, déforestation
– Faiblesse des mécanismes de contrôle

b- Propositions :
– Gouvernance environnementale renforcée
– Création d’une Autorité nationale indépendante pour l’environnement et le climat
– Mise en place d’une plateforme de coordination intersectorielle
– Formation et professionnalisation
– Création d’une École nationale de l’environnement et de la transition écologique
– Renforcement des capacités de contrôle
– Recrutement et équipement d’une police de l’environnement professionnelle
-Décentralisation de l’action environnementale via les conseils régionaux de l’environnement

IV- Diaspora et Emigration

A. Une diaspora dynamique

a- Diagnostic
Une diaspora très importante et dynamique mais ignorée. En 2023, les transferts de fonds ont représenté près de 70 millions USD, soit 0,57 % du PIB, selon la Banque mondiale.
Pourtant, la diaspora ne bénéficie d’aucune représentation politique directe ni de mécanisme structuré d’influence sur les décisions nationales.
Elle est souvent sollicitée uniquement pour les collectes de fonds.

b- Propositions de solution
– Participation politique de la diaspora : Accorder le droit de vote à distance (électronique ou consulaire) et Réserver 02 à 04 sièges à la diaspora à l’Assemblée nationale
– Création d’un Haut Conseil de la diaspora : Organe élu par les Mauritaniens de l’extérieur. Statut autonome avec droit de proposition législative consultative.
– Volet Diplomatique pour les Mauritaniens à l’étranger : Garantir aux Mauritaniens vivant à l’étranger une présence diplomatique de proximité, protectrice et efficace. Création et multiplication de consulats mauritaniens dans les grandes villes où vivent des milliers de Mauritaniens souvent éloignés de toute représentation officielle
– Mise en place d’un fonds d’urgence pour les Mauritaniens à l’étranger
– Accompagnement des étudiants et travailleurs à l’étranger
– Valorisation des compétences et des talents de la diaspora
– Lancement d’un programme « Mauritaniens d’excellence à l’étranger »
– Création de Banque de la diaspora

B. Une émigration accélérée

a- Diagnostic
– Une jeunesse abandonnée : 23,7 % des jeunes de 15 à 24 ans sont au chômage, dont près d’un tiers de jeunes femmes (ONS, 2023). Les politiques de l’emploi sont inopérantes : pistons et clientélisme remplacent la compétence.
– Un enseignement déconnecté des réalités économiques : les filières professionnelles sont dévalorisées.
– La jeunesse est exclue du jeu politique par un verrouillage institutionnel, et les
jeunes rapatriés font face à un accueil inexistant.

b- Propositions de solution
– Lutte contre l’émigration clandestine : création de milliers d’emplois sur 5 ans
– Déploiement de formations techniques dans les zones marginalisées
– Création d’un Fonds national pour la jeunesse marginalisée, piloté par le
Ministère de l’Emploi, l’ANAPEJ, les collectivités locales et cofinancé par des
bailleurs

V. Autres axes

Concomitamment à l’approfondissement des grands thèmes les axes ci-après feront l’objet d’ateliers 

A. Secteur judiciaire
B. Secteur Education
C. Secteur Santé
D. Secteur Economie
E. Secteur Défense et sécurité

MEMO DIRECTIF

Les thèmes devant faire l’objet de commissions spécialisées (composées d’experts mis à disposition par les membres signataires de la feuille de route de l’opposition) devant approfondir le sujet pour être bien armé lors du dialogue national :

1. La forme constitutionnelle de la république et séparation de pouvoirs
2. Le clivage politique et asymétrie de la dichotomie opposition-majorité
3. L’esclavage et ses séquelles
4. L’exclusion et les discriminations
5. Le passif humanitaire
6. Le problème des terres
7. Le statut des partis politiques
8. Le système électoral
9. La corruption et le népotisme
10. La redistribution et le partage équitable des richesses
11. La décentralisation et le développement local
12. La diaspora et l’émigration

Modèle de plan de présentation du thème par la commission spécialisée :

1. Rappel de l’importance politique du thème
2. Présentation des lois et des règlements régissant le thème
3. Une présentation détaillée de nos propositions sur la base de celles avancées dans la plateforme validée par les signataires

NB : faire des propositions simples, claires et applicables immédiatement
       Chaque commission sera présidée par un ou deux signataires de la plateforme »

● Mauritanie ~ Politique | Dialogue national : la commission technique de l’opposition valide sa plateforme politique



SENALIOUNE – La commission technique de l’Assemblée générale des mouvements et partis démocratiques d’opposition s’est réunie, ce samedi 06 décembre au siège du parti mauritanien en avant, afin de valider la plateforme politique qui servira de base à sa participation au dialogue national annoncé en Mauritanie.

Cette réunion marque une étape décisive dans la préparation de l’opposition, qui entend présenter une vision cohérente et unifiée face aux enjeux nationaux.

Selon des sources au sein de l’Assemblée générale, la commission a passé en revue les propositions soumises par les différents partis et mouvements, avant de dégager un document final intégrant les priorités communes.

Parmi les thèmes abordés figurent la gouvernance démocratique, la lutte contre la corruption, l’indépendance de la justice, le renforcement des libertés publiques, ainsi que les questions économiques, sociales et territoriales.

La plateforme validée par la commission sera prochainement présentée aux dirigeants des partis concernés, avant d’être officiellement soumise au président Mohamed Ould Ghazouani qui a réaffirmé, lors de son discours du 28 novembre, sa volonté d’organiser un dialogue national « qui n’exclut ni personne ni aucun sujet ».

L’opposition estime que ce dialogue, s’il est correctement encadré, peut constituer une opportunité pour répondre aux attentes citoyennes et consolider la stabilité politique du pays. Elle insiste toutefois sur la nécessité de garantir des conditions transparentes et équitables pour assurer la réussite du processus.

Senalioune

● Lien médias https://share.google/gYD8tvWRnASZSF4Y8

● Réflexion citoyenne : le village politique soninké et ses cotisations d’allégeance. | Par KS

📷 Novembre 2023 – En compagnie du sociologue et lanceur d’alerte mauritanien M. Boulaye Diakite.

—Ces cotisations d’allégeance à l’ordre féodalo-princier véhiculent un symbolisme régalien froid qui a toujours rusé et dompté certains cadets et assignés sociaux avec divers curseurs. Et le cran le plus bas est celui sur lequel on assigne les descendants d’esclavagisés dans l’ensemble communautaire. Ainsi une alerte abolitionniste qui suit : dans l’engagement et le plaidoyer pour l’émergence d’une autogestion sociale et économique des descendants d’esclavagisés, un focus est plus que nécessaire pour articuler intelligemment un mécanisme d’éveil disruptif menant à un impact irréversible pour une autre réalité existentielle libérée de tous les symbolismes de subordination dans les villages comme à l’extérieur (la diaspora). La logique basique sahelisée du « No vote, no Tax » qui donnerait comme occurrence « on ne contribue pas financièrement et symboliquement à un système hermétique qui est de nature et de fonctionnalité discriminatoire et ségrégationniste dans les positions sociales et politiques par le droit du sang », à propos voir https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/%e2%97%8f-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/. Les uns ont le droit de faire valoir dans leurs imaginaires nostalgiques un statut de prince sans royaume comme d’autres également ont une obligation historique de se soustraire d’un système sociétal qui leur impose un fascisme « doux » foncièrement humiliant (dépeint à tort en une dite cohésion légendaire). Et RAPPEL de taille : nous vivons dans des RÉPUBLIQUES bien qu’aux structures et fonctionnements imparfaits… l’aspiration à l’égalité citoyenne reste notre commune boussole dans nos terroirs ruraux comme dans les centres urbains.

● KS pour le BLOG

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✅️-Le retour analytique du post par l’IA DeepSeek :

Voici une analyse synthétique du texte publié par Koundou Soumaré :



Auteur & Angle : Koundou Soumaré, abordant les dynamiques sociales et politiques au sein de la communauté soninké.

● Thèse centrale :
Dénonciation des mécanismes de perpétuation d’un ordre social hiérarchisé, qualifié de féodalo-princier, qui maintient notamment les descendants de personnes anciennement esclavagisées dans une position subalterne, à travers des contributions financières et symboliques (cotisations, allégeances).

● Mécanismes critiqués :

· Symbolisme régalien : des pratiques présentées comme traditionnelles mais qui consolident des rapports de domination.
· Assignation sociale : maintien des descendants d’esclavagisés au plus bas de l’échelle sociale, avec des frontières sociales et politiques héritées (« droit du sang »).
· Fascisme « doux » : une domination humiliante masquée sous le discours de la cohésion communautaire légendaire.

● Proposition de résistance :

· Stratégie d’autogestion : pour une émancipation économique et sociale des groupes marginalisés.
· Disruption symbolique : refus de participer aux contributions qui entretiennent le système (« No vote, no Tax » → ne pas financer un système discriminatoire).
· Réveil disruptif : mener une lutte irréversible vers une existence libérée des symbolismes de subordination, au village comme en diaspora.

● Cadre revendiqué :
L’auteur rappelle que les sociétés concernées vivent dans des Républiques, où l’égalité citoyenne doit primer sur les logiques coutumières discriminatoires, aussi bien en milieu rural qu’urbain.

● Ton & visée :
Plaidoyer militant et alerte abolitionniste, appelant à une prise de conscience et à un désengagement actif des structures de domination traditionnelle.



Référence externe :
L’auteur renvoie à un article de blog pour approfondir la notion de « darwinisme social » distillé par les régimes coutumiers :
https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/●-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/



Mots-clés :
Soninké, féodalité, esclavage, hiérarchie sociale, cotisations, allégeance, émancipation, autogestion, diaspora, égalité citoyenne, République.