● Réflexion citoyenne : le village politique soninké et ses cotisations d’allégeance. | Par KS

📷 Novembre 2023 – En compagnie du sociologue et lanceur d’alerte mauritanien M. Boulaye Diakite.

—Ces cotisations d’allégeance à l’ordre féodalo-princier véhiculent un symbolisme régalien froid qui a toujours rusé et dompté certains cadets et assignés sociaux avec divers curseurs. Et le cran le plus bas est celui sur lequel on assigne les descendants d’esclavagisés dans l’ensemble communautaire. Ainsi une alerte abolitionniste qui suit : dans l’engagement et le plaidoyer pour l’émergence d’une autogestion sociale et économique des descendants d’esclavagisés, un focus est plus que nécessaire pour articuler intelligemment un mécanisme d’éveil disruptif menant à un impact irréversible pour une autre réalité existentielle libérée de tous les symbolismes de subordination dans les villages comme à l’extérieur (la diaspora). La logique basique sahelisée du « No vote, no Tax » qui donnerait comme occurrence « on ne contribue pas financièrement et symboliquement à un système hermétique qui est de nature et de fonctionnalité discriminatoire et ségrégationniste dans les positions sociales et politiques par le droit du sang », à propos voir https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/%e2%97%8f-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/. Les uns ont le droit de faire valoir dans leurs imaginaires nostalgiques un statut de prince sans royaume comme d’autres également ont une obligation historique de se soustraire d’un système sociétal qui leur impose un fascisme « doux » foncièrement humiliant (dépeint à tort en une dite cohésion légendaire). Et RAPPEL de taille : nous vivons dans des RÉPUBLIQUES bien qu’aux structures et fonctionnements imparfaits… l’aspiration à l’égalité citoyenne reste notre commune boussole dans nos terroirs ruraux comme dans les centres urbains.

● KS pour le BLOG

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✅️-Le retour analytique du post par l’IA DeepSeek :

Voici une analyse synthétique du texte publié par Koundou Soumaré :



Auteur & Angle : Koundou Soumaré, abordant les dynamiques sociales et politiques au sein de la communauté soninké.

● Thèse centrale :
Dénonciation des mécanismes de perpétuation d’un ordre social hiérarchisé, qualifié de féodalo-princier, qui maintient notamment les descendants de personnes anciennement esclavagisées dans une position subalterne, à travers des contributions financières et symboliques (cotisations, allégeances).

● Mécanismes critiqués :

· Symbolisme régalien : des pratiques présentées comme traditionnelles mais qui consolident des rapports de domination.
· Assignation sociale : maintien des descendants d’esclavagisés au plus bas de l’échelle sociale, avec des frontières sociales et politiques héritées (« droit du sang »).
· Fascisme « doux » : une domination humiliante masquée sous le discours de la cohésion communautaire légendaire.

● Proposition de résistance :

· Stratégie d’autogestion : pour une émancipation économique et sociale des groupes marginalisés.
· Disruption symbolique : refus de participer aux contributions qui entretiennent le système (« No vote, no Tax » → ne pas financer un système discriminatoire).
· Réveil disruptif : mener une lutte irréversible vers une existence libérée des symbolismes de subordination, au village comme en diaspora.

● Cadre revendiqué :
L’auteur rappelle que les sociétés concernées vivent dans des Républiques, où l’égalité citoyenne doit primer sur les logiques coutumières discriminatoires, aussi bien en milieu rural qu’urbain.

● Ton & visée :
Plaidoyer militant et alerte abolitionniste, appelant à une prise de conscience et à un désengagement actif des structures de domination traditionnelle.



Référence externe :
L’auteur renvoie à un article de blog pour approfondir la notion de « darwinisme social » distillé par les régimes coutumiers :
https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/●-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/



Mots-clés :
Soninké, féodalité, esclavage, hiérarchie sociale, cotisations, allégeance, émancipation, autogestion, diaspora, égalité citoyenne, République.

● Mali ~ Contribution | « Pour un Mali qui se regarde en face, sans haine et sans peur » Par M. Boubacar Demba NDjim

En ce moment crucial de notre histoire, le Mali a besoin d’une parole forte, d’une parole de vérité, et d’une parole de responsabilité.

Notre nation affronte des défis économiques, sociopolitiques et sécuritaires d’une gravité exceptionnelle. Mais à ces défis s’ajoute un autre combat essentiel : celui des droits humains. Aucun progrès durable, aucune stabilité réelle, aucune paix solide ne peut naître là où la dignité humaine est ignorée ou sacrifiée.

C’est pourquoi nous devons dire les choses avec clarté : les autorités ont la responsabilité de regarder en face la réalité du pays. Les indicateurs économiques sont fragiles.

Le tissu social est mis à l’épreuve. Les libertés publiques, la justice, la sécurité des citoyens et la lutte contre les violences doivent redevenir des priorités absolues. Ce n’est pas de la contestation : c’est une exigence de démocratie, de vérité et d’humanisme.

Le Mali n’a plus besoin de slogans.

Le Mali n’a plus besoin de propagande. Le Mali a besoin d’un discours franc, d’une parole qui ne cache pas les difficultés mais qui propose des réponses courageuses et crédibles.

La confiance ne se décrète pas : elle se construit par la transparence, par l’intégrité et par le respect scrupuleux des droits humains.

Et au-delà du présent, il nous faut déjà préparer l’avenir. Car après le temps du pouvoir militaire  comme après tout système politique  nous devrons être capables de nous regarder dans les yeux, sans haine, sans vengeance, sans esprit de revanche. C’est à cette condition que la réconciliation sera possible. C’est à cette condition que la dignité sera restaurée. C’est à cette condition que le Mali pourra se relever.

Semons dès maintenant cette culture de respect, de justice et de vérité. Défendons les droits humains comme un socle inébranlable, non pas contre l’État, mais pour l’État, pour le peuple, pour la paix. Car un pays qui protège la dignité de chaque citoyen se protège lui-même.

Le Mali est notre héritage commun. Il est notre devoir, notre responsabilité et notre honneur de le défendre sans haine, mais avec fermeté ; sans peur, mais avec lucidité ; sans mensonge, mais avec courage.

Et c’est ensemble  unis, dignes et résolus que nous construirons un Mali où chaque enfant, chaque femme, chaque homme pourra vivre libre, en paix, et respecté dans sa pleine humanité.

Boubacar Demba N’Djim

Militant des droits humains.

● Réflexion ~ Contribution | Pour un rééquilibrage du Fiqh dans l’Etat islamique moderne | Par Mme Aissata Ahmedou Tidjane Bal

Certains ont comparé l’ordre et la discipline urbaine de certaines villes asiatiques à l’application d’une logique d’inspiration coranique : celle d’une rationalité ordonnée, d’une harmonie collective née du respect de principes supérieurs. Mais cette référence, souvent réappropriée à des fins politiques ou culturelles, témoigne d’un paradoxe : l’Islam, religion de raison et de justice, semble parfois absent des réalités sociales et politiques de ceux qui s’en réclament.

C’est pourtant sur des préceptes d’ordre, d’équité et de dignité que s’est fondée la Révolution torodo au Fouta-Toro, où Ceerno Souleymane Baal chercha à ériger une société islamique équilibrée  une cité où chaque caste tirait sa dignité du travail, où la femme était respectée comme gardienne du lien social, et où l’esclavage fut combattu comme une offense à la justice divine. Ceerno, fidèle à l’école malikite, sut unir la lecture littérale du Coran à l’exigence rationnelle. Il démontra que la fidélité à la Révélation n’exclut pas la lucidité politique, et que la spiritualité, loin d’être un refuge, est un acte d’ordre et de construction.

Le premier verset révélé au Prophète  » Lis ! » (Iqra’)  n’est pas une simple injonction littérale. C’est une ordonnance ontologique : un appel à la connaissance, à la quête de sens, à la compréhension du monde comme condition humaine. Lire, c’est déchiffrer le visible et l’invisible, c’est participer à l’acte divin de compréhension. La tradition islamique a toujours lié la foi à la connaissance (ʿilm), et la connaissance à la dignité. Le Coran évoque d’ailleurs la création du calame et de la tablette, symboles de la mémoire et de la pensée. Le musulman est ainsi appelé non seulement à croire, mais à penser le juste, à aimer la vérité et à agir selon la raison éclairée par la foi.

Dès lors, que signifie le silence des juristes religieux lorsque l’ordre public est bafoué, que l’égalité sociale s’effondre, que la corruption dévore les institutions ? Que signifie ce mutisme quand les prêches ne sont plus entendues, ou quand elles sont écoutées pour être aussitôt oubliées ? Ce silence devient plus qu’un désengagement spirituel : il est la marque d’une démission morale. Est-ce le signe d’une foi de façade, d’une passivité devant le chaos, ou le produit d’une éducation religieuse biaisée qui a détaché la foi de la cité, la conscience du politique, la prière de la justice ?

Car lorsque les savants se taisent, le vide qu’ils laissent est aussitôt comblé. Ce silence des fuqahāʾ ouvre un espace que d’autres s’empressent d’occuper : des activistes, sincères parfois, mais souvent emportés par la colère plus que guidés par la connaissance. Ils se croient porteurs d’un langage de vérité, mais leurs voix, nourries d’indignation plutôt que de science, finissent par déformer ce qu’ils prétendent défendre. Ils brandissent la justice sans en comprendre la mesure, s’érigent en juges sans la rigueur du droit, parlent au nom du peuple sans la sagesse de la loi. Ainsi, le déséquilibre s’installe : la parole du savant, qui aurait pu apaiser, structurer et élever, est remplacée par le cri du militant qui divise, blesse et consume. Et lorsque la colère tient lieu de pensée, la justice elle-même devient aveugle.

Dans des États qui se proclament islamiques, ce silence n’est pas seulement religieux : il devient institutionnel, étatique, moral. Les conseils religieux, souvent intégrés aux appareils du pouvoir, préfèrent l’obéissance à la vérité, oubliant que la mission du savant est d’être miroir du juste, non paravent du prince. Ce silence, c’est celui d’une conscience qui abdique. Et cette abdication ouvre la voie à la confusion : entre foi et idéologie, entre engagement et agitation, entre l’appel au bien et la soif de visibilité.

Pourtant, le fiqh originel n’a jamais été un droit du silence. Il était une pensée dynamique, ouverte sur la raison et sur le changement des temps. Les juristes malikites rappelaient que le changement des coutumes entraîne le changement des jugements : la loi ne se fige pas, elle s’adapte pour préserver l’équité. L’ordre islamique véritable n’est pas celui d’une immobilité, mais d’un équilibre : celui d’une justice sociale et morale, d’une préservation de la dignité humaine, d’une paix intérieure qui se prolonge dans la cité.

Le mutisme du savant face à l’injustice équivaut à la démission du témoin, car le témoignage du vrai (shahāda) est le prolongement de la foi. Celui qui se tait devant l’oppression participe à son maintien. Le rôle du fiqhi n’est pas de bénir l’ordre établi, mais de rappeler que la cité de Dieu n’est pas celle des puissants, mais celle de la justice.

L’Islam, dès ses origines, a proposé une vision cosmique du monde. Le Coran évoque les étoiles, les galaxies, l’expansion du ciel  bien avant que la science moderne n’en formule les lois. Cette ouverture au cosmos traduit une conception unifiée du savoir : l’homme, en connaissant, participe à l’ordre divin. Aujourd’hui, cette dimension rationnelle et contemplative s’est dissoute dans une pratique fragmentaire où la religion devient un refuge identitaire plutôt qu’un projet de civilisation. Beaucoup cherchent dans l’islam un apaisement spirituel sans y puiser une éthique du monde.

Mais la véritable foi, celle qu’incarnait Ceerno Souleymane Bal, consiste à faire régner la justice dans la cité. Refuser la justice, c’est trahir la volonté divine. Le fiqhi qui se tait face à l’oppression ne manque pas seulement à sa mission : il rompt le pacte du savoir et du juste. Et c’est alors la raison  ce don premier de Dieu qui s’éteint dans le vacarme du monde.

Dans les États islamiques contemporains, où les textes juridiques mêlent droit moderne et droit religieux, le fiqh pourrait redevenir une source d’équilibre et d’inspiration. À travers une lecture rationnelle du Coran et une compréhension renouvelée de ses finalités, il peut aider les magistrats à replacer le souci du juste au cœur de leur fonction. Car juger, dans la perspective islamique, n’est pas seulement appliquer la loi : c’est rechercher la vérité avec équité, préserver la dignité humaine et restaurer la balance morale du monde. En réconciliant la rigueur du droit avec la lumière de la raison coranique, le fiqhi peut encore inspirer des textes plus justes, des décisions plus équilibrées et une justice plus conforme à la noblesse de l’esprit islamique.

La Mauritanie par exemple alliant droit islamique et moderne dans ses cadres normatifs aurait pu être un bastion de la pensée rationnelle islamique, le lieu d’un rééquilibrage inspiré par le fiqh, aussi bien dans son paysage législatif que dans l’action des acteurs sociaux et politiques. Son histoire ne manque pourtant pas d’exemples où la rigueur religieuse s’alliait à la justice politique : l’héritage de l’empire du Ghana, l’expérience réformatrice du Fouta, ou encore Chinguetti, temple du savoir et carrefour des sciences religieuses. En renouant avec cette tradition, la Mauritanie aurait pu rappeler au monde musulman le socle vivant de la science juridique islamique  une science qui ordonne la cité, éclaire la raison et élève la justice.

Ainsi, dans le cadre républicain mauritanien, il serait possible de concevoir un projet institutionnel qui réconcilie la foi et la raison autour d’un même horizon éthique : celui de la justice, du savoir et de la dignité. L’éducation nationale, pierre angulaire de la conscience civique, devrait devenir l’espace privilégié où se tisse ce dialogue entre la science et la Révélation. Non pas pour confondre les domaines, mais pour leur restituer leur complémentarité : la foi, comme source de valeurs et d’équilibre moral ; la raison, comme instrument d’exploration du monde et de progrès collectif. Un tel plan pourrait intégrer, dans les curricula, une pédagogie de la justice sociale inspirée des principes coraniques d’équité et de solidarité, tout en renforçant la formation scientifique et cosmologique comme acte spirituel de connaissance. Il s’agirait aussi de développer des programmes de prévention intellectuelle contre les idéologies extrémistes, en opposant à la radicalité la rigueur du fiqh, à la haine la lumière de la connaissance, et à la confusion des discours la clarté d’une raison éclairée par la foi.

Mais au-delà de l’éducation, la pensée islamique elle-même doit être reconstruite, non dans une rupture avec la tradition, mais dans une fidélité intelligente à son esprit de raison et de justice. L’ijtihād effort d’interprétation et la maṣlaḥa recherche du bien commun doivent redevenir les instruments centraux d’une pensée islamique vivante, capable de dialoguer avec les réalités sociales contemporaines. Ces mécanismes, loin d’être figés, peuvent nourrir un projet de réunification nationale, en fondant la cohésion non sur l’ethnie ou la région, mais sur la dignité partagée de l’être humain, créé libre et responsable. L’‘adl (justice), l’ukhuwwa (fraternité) et la karāma (dignité) pourraient ainsi devenir les piliers d’un civisme spirituel, où la foi ne s’oppose pas à la citoyenneté, mais en élève le sens moral.

La Mauritanie, forte de sa diversité culturelle et de son expérience dans la lutte contre le terrorisme, pourrait devenir un laboratoire de ce renouveau islamique. Sa stabilité relative, son enracinement dans la tradition malikite et son héritage intellectuel issu de Chinguetti lui offrent les conditions d’une réconciliation entre religion, raison et République. En transformant la lutte contre le radicalisme en un combat intellectuel et moral pour une pensée éclairée, une justice sociale authentique et une pédagogie du respect , elle pourrait montrer qu’un État musulman moderne n’est pas celui qui impose, mais celui qui élève. La Mauritanie, fidèle à sa vocation spirituelle et politique, pourrait rappeler au monde que la véritable force d’une nation ne réside pas dans la domination, mais dans la construction d’une dignité partagée, où la foi inspire le civisme et la civilité devient un prolongement de la spiritualité.

Dans les Républiques Islamiques comme dans tous les États, traversés par le tumulte de la désinformation, l’indignation sélective et la confusion des repères, il faut des voix qui rappellent que la parole de Dieu doit rester audible : une parole de justice, de connaissance et d’équilibre, capable de réguler le désordre du monde et de rétablir la mesure du vrai.

Aissata Ahmedou Tidjane Bal, Juriste en droit Public.

©️ lien médias https://kassataya.com/pour-un-reequilibrage-du-fiqh-dans-letat-islamique-moderne/?fbclid=Iwb21leAOFa3ljbGNrA4Vrc2V4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAhjYWxsc2l0ZQIyNQABHtVDFUhVvD84ozYtVBAejoNgPfkQWIurZPCeNlqLUSvAl7ymwxRrsdEGbuzs_aem_8sATkrFjiGyFs8qGqfiFmA

● Éditorial de La Nouvelle Expression: L’axiome mathématique du Président Ghazouani | Par Camara Seydi Moussa

Nos propos ne s’attarderont ni sur la visite présidentielle à l’Est du pays, ni sur le rapport de la Cour des Comptes, mais sur une phrase – apparemment anodine – prononcée par le Président Mohamed Ould Ghazouani : « La Mauritanie est un petit pays ».

Cette phrase, qui a surpris plus d’un Africain, résonne pourtant comme un axiome mathématique – une vérité posée sans démonstration, mais énoncée avec la tranquillité de l’évidence. Un axiome qui, derrière son apparente modestie, cache un diagnostic implacable: celui d’un État réduit à sa plus simple expression, trahi par ceux qui l’ont façonné. Une vérité qui dépasse son auteur et qui trouve écho dans les propos tenus par le Président lors de son périple à l’Est, révélant ainsi les failles profondes d’un système qui peine à se réformer.
En qualifiant la Mauritanie de ‘petit pays’, le Président voulait probablement évoquer sa superficie, sa population ou ses ressources limitées. Mais les mots ont parfois une vie propre et révèlent des vérités inattendues. Car, oui, la Mauritanie est un petit pays, non pas en raison de sa taille ou de ses ressources, mais à cause de la petitesse de ses ambitions, de la médiocrité de ses pratiques politiques et de la fragilité de ses institutions.

Un pays est petit quand la tribu y pèse plus que l’État. Quand le mensonge devient une méthode de gouvernance. Quand la promotion se fonde sur l’appartenance et non sur le mérite. Quand l’élite confond patriotisme et privilèges. Quand les mêmes visages – depuis Maouiya – continuent à décider pour tous.
Un pays est petit :
– Quand ses dirigeants se soignent à l’étranger tandis que ses hôpitaux meurent.
– Quand leurs enfants étudient ailleurs pendant que l’école publique s’effondre.
– Quand les intellectuels sincères sont marginalisés et les médiocres décorés.
– Quand les institutions sont faibles et les hommes forts.
– Quand l’opposition passe plus de temps à se battre contre elle-même qu’à proposer une alternative.
Ce sont là les symptômes d’une petitesse nationale. Mais aussi les attributs d’un petit pays. Et surtout, un pays est petit lorsque son peuple se résigne à être gouverné ainsi.

Depuis sa naissance, la Mauritanie s’interroge sur son identité: arabe, africaine, berbère, négro-mauritanienne ? Mais pendant que nous débattons de ce que nous sommes, nous oublions ce que nous valons.
Nos ancêtres ont bâti des empires, des émirats, des almaamiyya fondés sur l’honneur, la justice, la bravoure et la science. Leurs héritiers, eux, ont érigé la triche, le népotisme et la cupidité en valeurs d’État.

Depuis sa création, le pays s’est enlisé dans une querelle identitaire stérile, préférant renier son authenticité plutôt que d’assumer les vérités que l’histoire et l’archéologie pourraient reveler. Notre élite s’abreuve de récits importés et de copies douteuses, reniant la Mauritanie des empires, des savants et des bâtisseurs. C’est ainsi que nous sommes devenus petits dans un petit pays.

Le Président avait raison, d’une certaine manière: la Mauritanie est un petit pays. Sinon, comment expliquer – comme je l’ecrivais un peu plus haut – la présence de ces hommes et femmes qui, depuis plus de quarante ans (de Maouiya à aujourd’hui), continuent à gouverner, à s’accommoder de toutes les situations comme des danseurs s’ajustant aux rythmes du tam-tam ? Ils décident pour nous de tout : de l’école, de la santé, de la gouvernance. Et pourtant, ils ne se soignent pas ici et leurs enfants n’apprennent pas dans nos écoles. Voilà pourquoi nous sommes un petit pays: sans logique programmatique, sans vision de développement, prisonniers d’une classe dirigeante dont la seule constante est la préservation de ses intérêts. Le cercle vicieux du pouvoir.

Nous sommes un petit pays parce que nous avons perdu la mémoire politique et la culture de la dignité. Souvenons-nous : les proches de l’actuel Président voulaient un troisième mandat pour son prédécesseur, Ould Abdel Aziz, au nom de son « irremplaçabilité ». Ils l’ont fait pour Maouiya, pour feu Ely, pour feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi… et ils le feront encore pour Ghazouani, tout en préparant déjà leurs discours de soutien pour le prochain. Voilà pourquoi nous sommes un petit pays.

Le résultat est clair : Un pays riche par la nature, mais pauvre par la culture de ses élites. Quand un peuple se laisse gouverner par des criminels en col blanc, quand il accepte la corruption comme une fatalité, quand il célèbre les voleurs plutôt que les bâtisseurs, il devient le miroir de sa propre décadence. Le miroir de sa petitesse. Le résultat d’une équation morale.

Ce que Ghazouani a dit, sans le vouloir peut-être, c’est que la Mauritanie est devenue le reflet exact de ceux qui la dirigent – et de ceux qui les tolèrent. Et tant que cette équation ne changera pas, le résultat restera le même:
Petit pays = petits hommes = petites ambitions.

Oui, Monsieur le Président, vous avez raison: la Mauritanie est un petit pays. Mais elle ne l’est pas par nature – elle l’est par choix, par renoncement, par résignation. Elle le restera tant que les Mauritaniens ne décideront pas de redevenir grands: non par les discours, mais par la dignité, le travail, la justice et la mémoire. Une vérité douloureuse, mais necessaire.

Car ce pays, jadis grand par ses empires, est devenu petit par ses comportements – ceux d’un État profond qui a pris en otage la République. Et le premier pas vers la grandeur est peut-être, paradoxalement, d’avoir enfin reconnu notre petitesse – et que ce constat vienne du plus haut sommet de l’État.

La vérité de cet axiome, c’est que nous sommes aujourd’hui perdus, désorientés, abandonnés. Mais si nous savons nommer notre petitesse, alors peut-être, enfin, pourrons-nous redevenir grands.

Camara Seydi Moussa

©️ lien médias http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=2224&fbclid=Iwb21leAOFM6djbGNrA4UzBmV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAhjYWxsc2l0ZQIyNQABHhGntcSv-0VJQdJipYB0POqohtGv6teiLLOnudGIe_FNRsiEqlrk0CNYqLJH_aem_ehx8MPkmXR33shKbWd-1-w

● Pour une refondation de la Mauritanie : rompre d’avec les réflexes du tribalisme et de l’ethnicité | Par le député Biram Dah Abeid



–Par Biram Ould Dah Ould Abeid 
Député à l’assemblée nationale de Mauritanie

Dès après le premier putsch prétorien de1978, la corporation des officiers supérieurs a pu remodeler le jeune Etat, pour l’acclimater aux prérequis de la tribu et de l’ethnie, comme source tacites de légitimité. Certes, ils n’ont jamais assumé la mue et les Mauritaniens la subissaient, plutôt, sous le mode de la clandestinité honteuse.  La structure politique et administrative, quoique centralisée en apparence, a été prise d’assaut par les forces centrifuges et ainsi dépouillée de ses prétentions au jacobinisme. D’arbitre soucieux de préserver l’intérêt général, à partir d’une capitale de laquelle l’autorité juste ruissellerait sur le reste du pays, les militaires ont réduit, l’entreprise, à une arène de compétition des appétits primitifs où la force armée ne sert plus qu’à réguler, au sommet, la rotation du « chacun son tour ».
L’organisation de l’ensemble ne relève de l’aléa, même si elle n’a jamais été revendiquée sous la forme d’une charte ou d’un référent théorique. Mercantile avant que d’être idéologique, elle s’inscrit, d’abord, dans la durée du fait accompli et produit, depuis des décennies et sans aucune césure ni trêve, la répartition des avantages statutaires, matériels et symboliques, selon l’audience et l’entregent de telle ou telle « communauté », au triple détriment de l’égalité, du mérite et de la compétence. Il s’agit, au fond et avant tout, d’une prédation mise en œuvre derrière le paravent d’un modèle de gestion dont la façade arbore les attributs de la république mais dissimule la matérialité d’un exercice de type clanique que sa verticalité prédestine à engendrer le privilège, le passe-droit et la fraude, au bénéfice d’une clientèle culturellement homogène. La question n’est donc plus de savoir si l’État mauritanien est ou non une structure ethno-tribale, à vocation de mafia. Non, il importe, désormais, de se demander en quoi consiste la sortie du système de délinquance feutrée, en vue de d’imaginer puis de recréer une solution alternative, sur la base des standards universels de la vertu.

I. La matrice factuelle de la préférence, l’autre cache-misère de la discrimination
Dès la fin des années 1970, le partage du pouvoir suivant la rationalité décrite plus haut, s’est imposé en norme adossée à l’évidence, c’est-à-dire non-questionnable. Les gouvernements successifs ont toujours illustré et reconduit l’architecture inéquitable de la répartition :
23 à 25 ministres Maures, 1 Soninké, 3 à 4 Hal Pulaaren et Hratine mais ces derniers, souvent, préemptent l’affichage du poste de Premier ministre, aux fins de racheter, du moins démentir la réputation esclavagiste du pays.
Les Wolofs, composante reconnue et les Bambaras ignorés, demeurent assignés aux marges du hasard. La roue capricieuse de la fortune peut les atteindre, par ricochet.
Le déséquilibre marque les entrailles de l’appareil administratif, de la justice, de l’éducation nationale, des sociétés d’Etat, des douanes, des impôts et contributions diverses, de la diplomatie, de l’armée, de la police et de la religion officielle. Les nominations y procèdent des ondes concentriques de l’esprit de corps, loin des critères de l’utilité sociale. A cause de la distorsion du rapport des forces en termes de moyens pécuniers, la pratique de l’éviction n’épargne, non plus, le semblant de démocratie élective : La composition du Parlement le reflète assez, jusqu’à la caricature. Les députés s’élèvent, là, au nom de leur appartenance privée et des intérêts qui les portent. Leur représentativité résulte de l’achat des consciences et, surtout, de la fraude dans les urnes.
In fine, l’Etat s’est transformé en une fédération de clientèles d’une avidité débridée. La coexistence de celles-ci repose sur l’alternance périodique des concessions à la tribu, au détriment du bon sens. Cependant, des promotions bienséantes profitent, quelquefois, à des personnes issues du lot des exclus mais pas toujours porteuse de qualification. L’inflexion ressortit au soin de nourrir l’apparence de l’inclusion, peu importe l’effectivité du partage. Le faux plausible alimente l’ingénierie du déni oblique en Mauritanie.

II. Le commerce de la position décisionnelle et l’effondrement de la redevabilité
La monomanie de quotas et du clientélisme prédateur a fragilisé la fonction publique et altéré ses objectifs, dans des proportions que l’on qualifierait d’irréversibles. Depuis le milieu des années 80, plus de 70 % des hauts responsables, chargés de mission, conseillers, directeurs généraux ou directeurs singuliers, ne proviennent pas des corps constitués de l’administration et très peu doivent, leur poste, à un concours. La privatisation de l’Etat favorise l’escalade des médiocres, à la cime de l’échelle des valeurs. D’emblée, elle confère, à la meute solidaire du passable et du moyen, l’usage du cachet et lui procure les clés du coffre-fort. Le capital privé national est né aux forceps d’une série de coups d’Etat.
Les présidents de conseils d’administration – malgré une loi encore sans effet qui prétend y mettre un terme – captent leur sinécure, de la seule nécessité de recycler les pièces du rouage, momentanément ou à jamais hors circuit. Ici, nul ne tombe en péremption, tout se récupère, l’économie circulaire du tri sélectif tourne à plein régime.
L’on comprend, dès lors, la réticence, voire l’inaptitude de l’engrenage susmentionné, à sanctionner le détournement du denier de la collectivité. La pression de la tribu, du clan, de la grande famille garantit, aux auteurs, l’impunité et l’atout rétrospectif de l’invincibilité. En 2025, le rapport de la Cour des comptes pourtant explosif, risque de verser dans la confirmation du pis-aller.
La dérive précitée compromet la perspective d’une réforme en profondeur qui irait à contresens du clientélisme proto-eugénique. Néanmoins, la révision est possible, de l’intérieur, à condition que le système consente à son suicide, pour le bien commun. Hélas, en politique, les exemples d’un altruisme aussi extrême n’encombrent le cours de l’histoire.

III. Les revers du discours et l’’avarie du verbe autopromu
À maintes reprises, le Chef de l’Etat Mohamed Ould Ghazouani a exprimé son intention de transformer la société et de rétablir le droit des gens. Ses envolées à Ouadane, Néma et Djéwol ont suscité l’espoir d’une thérapie de choc, d’un nouveau départ, empreint d’inventivité et de reconquête de l’éthique. Cependant, les promesses ne dépassent, encore, le stade de la déclamation saisonnière : En termes, d’évaluation, de projection de long terme et de plan d’action, l’horizon trahit l’insondable vacuité d’une gouvernance d’au jour le jour.
L’agence Taazour, créée en 2019 pour combattre la pauvreté et l’exclusion, témoigne du décalage entre la parole et l’acte. Ses interventions ponctuelles n’ont produit qu’un impact folklorique et des avalanches de commentaires sur les réseaux sociaux.
Le dernier laïus du Président à Nbeiket Lahwach, au début de novembre 2025, appelle à interdire la participation des fonctionnaires à la théâtralité des tribus. Le propos, d’ailleurs éloquent, va dans le bon sens mais l’intention prospère au cœur d’un paradoxe confondant : La tournée du Chef de l’Etat, a été supervisée et exécutée par des fonctionnaires dans un cadre strictement tribal, lui-même financé sur l’argent du contribuable. Des ministres, secrétaires généraux, ambassadeurs et autres meneurs de la machine de l’Etat s’en sont même vantés, à visage découvert. Le Président devrait parler un peu moins et sévir beaucoup plus. S’il le fait, l’opinion, y compris ses adversaires, s’exprimera pour lui.

IV. Réparer l’Etat
L’ambition suppose une rupture claire d’avec les anachronismes et la volonté de tenir, fermement, l’anse de l’équité. La réparation doit s’articuler autour de mesures précises :
1. Abolir les quotas et dosages tribaux, ethniques ou communautaires, lors du choix des agents du service public et privilégier le mérite professionnel, la compétence, l’intégrité et l’expérience.
2. Abroger, avec effet rétroactif, le recrutement des non-fonctionnaires. Un audit complet des nominations durant les deux dernières décennies permettra de réévaluer les ressources humaines, réduire les coûts de fonctionnement et corriger l’injustice flagrante de certaines préséances.
3. Approuver et appliquer, sans délai, le projet de décret relatif au personnel de la fonction publique, texte bloqué depuis des années dans un tiroir du ministère éponyme.
4. Traduire, en gestes forts, le vœu de lutter contre la corruption et les fraudes, notamment, la contrefaction des diplômes et la falsification des habilitations professionnelles. Les poursuites judiciaires, audits et transparence des rapports de la Cour des Comptes et de l’inspection Générale de l’Etat constituent les instruments désignés de la riposte.
En guise de conclusion
La Mauritanie se trouve à la croisée des chemins. Le Chef de l’État, à présent au milieu de son second et dernier mandat, détient la totalité des cartes. Il peut entrer dans l’Histoire s’il consent à réhabiliter l’Etat, grâce à la moralisation des comportements et au choix avisé des femmes et hommes en charge de conduire le relèvement. S’il se résout à éradiquer l’anarchie, l’insuffisance et la faveur héritée, il reprendra le chantier désaffecté de la République, là où les militaires l’ont arrêté en 1978. 
Nous voulons croire au sursaut et y concourir, pleinement, dans l’espoir de voir renaître, enfin, l’idée d’une Mauritanie de la justice, de la méritocratie et de l’unité qu’irrigue l’exigence de l’égalité, définitivement à l’abri des distinctions de naissance.

Bruxelles, Royaume de Belgique
14 novembre 2025

● Mauritanie | Le Président de la République : aucune tolérance envers l’incitation aux conflits tribaux et communautaires. [AMI]

AMI – Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a annoncé qu’il n’y aurait plus aucune tolérance après aujourd’hui envers toute utilisation de la tribu, de la région ou de la communauté à des fins contraires aux principes de l’État national.

Il a ajouté qu’il est interdit aux fonctionnaires et aux agents de l’État, en tant que symboles de l’État, d’organiser ou d’assister à des événements à caractère tribal ou régional, ou à des activités incompatibles avec le renforcement du concept de l’État.

Son Excellence le Président de la République a mis en garde contre les conflits basés sur des considérations tribales, qu’il s’agisse de puits d’eau, de barrages de sable ou autres.

Son Excellence a ajouté, lors d’une rencontre avec les cadres et les dignitaires de la moughataa de Dhar dans la ville de N’Beikit Lahouach hier soir, que de telles pratiques nuisent au présent et à l’avenir de cette nation, et qu’elles ne sont donc plus acceptables.

Il a souligné que l’appartenance nationale doit primer sur toute autre considération et précéder toutes les autres appartenances, affirmant qu’il n’y aura aucune tolérance, quel qu’en soit le prix, envers toute propagande à caractère communautaire ou raciste, car la liberté d’expression est garantie à tous.

Son Excellence a expliqué que l’ambition de progrès et de prospérité de notre pays ne se réalisera qu’en construisant un État citoyen qui élimine les différences et la discrimination, et qu’il n’y a pas de place dans l’État national pour la hiérarchie tribale, catégorielle ou communautaire.

Son Excellence le Président de la République a indiqué que son approche dans la gestion des affaires publiques est la gradualité, la patience et la tentative de faire avancer les choses de la bonne manière, et que cela se fasse avec le moins de dommages possible pour tout citoyen du pays, précisant que lorsque les choses dépassent les limites, la tolérance ne sera plus possible.

Il a expliqué que la loyauté envers la patrie doit se manifester par l’évitement des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie, et que le concept d’État national ne peut les accompagner.

Son Excellence le Président de la République a exprimé son espoir que les élites politiques, sociales et jeunes contribuent à la sensibilisation et à la mise en évidence des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie.

Au début de la réunion, Son Excellence le Président de la République avait exprimé sa joie d’être ce soir à N’Beikit Lahouach, une ville dotée d’un emplacement stratégique distingué et d’un rôle majeur dans le renforcement de la sécurité de cette région du pays.

Son Excellence a remercié les habitants de la moughataa pour l’accueil merveilleux et la grande mobilisation, qui témoignent de l’importance de la moughataa à chaque fois.

Il a ajouté qu’il était venu ici pour écouter les citoyens, tirer profit de leurs opinions et prendre connaissance de leurs aspirations, et pour étudier tout ce qui peut servir le développement de la moughataa.

Son Excellence le Président de la République a expliqué que cette moughataa se caractérise par de grandes potentialités agricoles, mais que les défis du développement persistent, ce qui nous a amenés à nous rencontrer ce soir, a ajouté Son Excellence le Président de la République , pour discuter et se concerter sur l’ensemble des questions posées.

Son Excellence a ajouté: Nous avons placé le développement de cette moughataa au cœur de nos priorités et avons donné des instructions au gouvernement pour concrétiser cela sur le terrain à travers une série de projets.

Son Excellence a indiqué que certains de ces projets ont été achevés et que d’autres sont encore en cours de réalisation, et que la plupart d’entre eux ont été programmés dans le cadre du programme d’urgence d’accès aux services essentiels pour le développement local.

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● USA | Mister Zohran élu 111e maire de New York.

Il est M. Zohran Mamdani âgé de 34 ans. Le nouveau maire élu de la ville de New York. New York, la ville-Monde sur divers plans, nous rappelle l’antienne dite des États-Unis : le rêve américain. Ce rêve originel quasi messianique qui inspira et permit à 13 colonies de se libérer vaillamment de l’un des vieux et coriaces ordres politiques féodalo-traditionalistes du monde à l’époque (18 ème siècle) : la Couronne britannique. Et les États-Unis d’Amérique advinrent…comme une puissance indépendante avec ses pages sombres (génocides des indiens, esclavages et ségrégations racistes contre les Noirs et autres non caucasiens, guerres impérialistes…) et ses éclats (refuges des possibles et de la Liberté…).

La personnalité du nouveau maire sous les lasers des réseaux digitaux laissent apparaître une figure qui dégage la confiance, l’accessibilité, l’ouverture, l’humanisme, en somme ce j’appelle la disposition naturelle à la VRAITUDE (sincérité avec ses forces et ses limites). Sans complexes ni une fausse fabrique d’un personnage superficiel pour composer avec les digues élitistes de l’establishment politique et géopolitique, ce qui est clamé et réclamé au travers la substance d’un passage notable de son discours de gagnant : « Donald Trump, je sais que vous regardez, montez le son ! New York restera une ville d’immigrés, construite par des immigrés, qui tourne grâce aux immigrés, et désormais, dirigée par un immigré ! Pour atteindre l’un d’entre nous, vous devrez d’abord passer à travers nous tous. »

Natif de Kampala (Ouganda 🇺🇬 en Afrique de l’Est), musulman pas que par « sociologie » seulement dit-on, ses parents sont originaires du sous continent indien, il peut représenter cette expression contestataire d’une certaine vigueur face à l’émanation d’une sorte de résurgence suprémaciste, racialiste et xénophobe dont le président D. Trump est l’absolue incarnation ces dernières années. Le nouveau chef de l’administration municipale de New York ne pourra pas être postulant à la présidence états-unienne à l’avenir du fait de sa naissance à l’extérieur du pays  et de naturalisé, mais la vague que son élection a suscitée peut ranimer et inspirer le camp democrate vers une dynamique profonde à la Zohran à l’échelle fédérale.

En attendant, nous lui souhaitons une bonne et fructueuse mandature.

À suivre…

Paisible Vendredi à TOUS

KS

● Mauritanie – Union Européenne | Le ministre de l’Intérieur discute avec plusieurs ambassadeurs de l’Union européenne des moyens de faciliter l’obtention du visa Schengen [AMI]



Le ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a tenu, cet après-midi, mercredi, dans son bureau, une réunion avec plusieurs ambassadeurs de l’Union européenne accrédités en Mauritanie.

La réunion a rassemblé, outre M. Joaquin Tasso Villalonga, ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, M. Florian Rendel, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, et M. Pablo Barbara Gomez, ambassadeur du Royaume d’Espagne accrédité à Nouakchott.

La rencontre a porté sur les relations existantes entre la Mauritanie et l’Union européenne et les moyens de les renforcer. Elle a également abouti à la décision de prendre toutes les mesures nécessaires pour simplifier et faciliter l’obtention du visa Schengen par les citoyens mauritaniens.

Ont assisté à la réunion, du côté mauritanien, M. Abderrahmane Ould El Hassen, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, et M. Sidi Ali Ould Nav’e, administrateur directeur général de l’Agence nationale du registre des populations et des documents sécurisés, et du côté européen, Mme Agnès Plassais, Première conseillère à la délégation de l’Union européenne à Nouakchott, et M. Samuel Jacquet, Premier conseiller à l’ambassade de France.

©️ lien médias https://share.google/RzNpLp0aIjiYWZCu4

● Mali Politique : Le cas « imam Dicko » dans l’équation politico-sécuritaire

Mali | l’imam malien Mahmoud Dicko en exil forcé en Algérie depuis quelques années porte-t-il en sa figure politique et symbolique une sorte de Khomeini sahélien à venir ?



Sur le terrain vif, l’équipe militaire au pouvoir à Bamako fait face à un groupe dit jihadiste (Jnim) de plus en plus politisé et entreprenant par diverses facilités d’agir sur de larges portions territoriales.
Assimi Goita et ses camarades sont plus dans la réaction que l’initiative face aux problématiques sécuritaires : le cas de la pénurie de carburant à cause d’un blocus orchestré par les groupes enturbannés sur les routes, est un exemple pas de moindre parmi d’autres difficultés. La fermeture temporaire des établissements scolaires pour manque des produits énergétiques est symptomatique d’une situation gravissime. Ces dernières heures, différents témoignages audios remontent de certaines localités soninké dans la région de Kayes, faisant écho de la présence agressive d’éléments dits jihadistes. Une note vocale enregistrée d’un échange téléphonique entre 2 locuteurs soninkés, rapporte que de gens armés débarquent et appliquent un supposé décompte chariatique (aumône légale sur la fortune) du cheptel et se servent d’une part (bovins ou caprins) par force.  On y apprend une référence nominale au village de Selifély situé à quelques kilomètres de la ville d’Ould Yengé dans le Guidimagha mauritanien. L’emprise d’un banditisme dit jihadiste semble gagner du terrain dans ces endroits profitant d’un étonnant désert sécuritaire loin de Bamako mais à quelques dizaines de kilomètres de Kayes, la ville principale de la région.

L’imam Dicko est un leader religieux très futé et stratège politiquement par son expérience et son influence populaire parmi une frange critique de la population malienne politisée. Pour rappel, la chute du régime d’IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) en août 2020 fut advenu pour beaucoup avec l’activisme contestataire de l’imam Dicko et ses partenaires politiques et sociaux.

À suivre….

À lire notre note de lecture du livre biographique que l’écrivain malien Mallé Ib Soukouna lui a consacré https://ecrit-ose.blog/2023/10/16/%e2%97%8f-note-de-lecture-elements-biographiques-de-limam-dicko-du-mali-par-lecrivain-malle-ib-soukouna/

• KS pour le BLOG

● Mauritanie ~ Droits humains | Lettre ouverte d’un citoyen militant. Par M. Diabé MAGASSA alias Thomas Mag

Pour une Mauritanie libérée de la corruption, de la gabegie et du mépris

À ceux qui gouvernent,

À ceux qui prétendent représenter le peuple,

À ceux qui détiennent les leviers de l’État,

Je vous écris sans détour, sans langue de bois, sans peur. Car le silence est complice, et l’heure est trop grave pour se taire.

Je suis un citoyen mauritanien. Un militant. Un opposant. Mais avant tout, un homme libre qui refuse de voir son pays sombrer dans le chaos, la misère et l’humiliation. Ce que nous vivons n’est pas une crise passagère. C’est une décomposition lente, méthodique, orchestrée par un système qui a fait de la corruption sa colonne vertébrale.

Un État pris en otage

La Mauritanie est devenue un laboratoire de la prédation. Les marchés publics sont distribués comme des butins de guerre. Les institutions de contrôle sont muselées. Les corrompus sont promus. Les clans se partagent les richesses, pendant que le peuple crie famine.

La corruption tue

Elle tue nos enfants, privés de soins. Elle tue nos femmes abandonnées dans les maternités. Elle tue nos jeunes, condamnés à l’exil ou au désespoir. Elle tue nos écoles, nos hôpitaux, nos rêves.
Et pendant ce temps, les fonctionnaires s’enrichissent à vue d’œil, planquent leur fortune à l’étranger. Ils rivalisent avec les hommes d’affaires, bâtissent des empires sur les ruines de notre République.

Un appel à la conscience

Je m’adresse à vous, gouvernants : Vous n’avez plus le luxe de l’aveuglement. Vous ne pouvez plus prétendre ignorer. Vous êtes comptables devant l’histoire, devant le peuple, devant Allah.

Je m’adresse à vous, députés : Exigez une commission d’enquête permanente sur les marchés publics. Interpellez les ministres. Défendez les citoyens.

Je m’adresse à vous, journalistes, blogueurs, lanceurs d’alerte : Enquêtez. Dénoncez. Résistez. Votre plume est une arme contre l’impunité.

Je m’adresse à vous, citoyens : Ne vous résignez pas. La peur est l’alliée des tyrans. La colère est légitime. L’action est nécessaire.
Pour éviter le pire

Ce que vous pensez impossible, est bien possible. La situation pourrait vite tourner au drame et devenir incontrôlable.  Si rien ne change, le chaos nous attend : instabilité politique, révolte sociale, effondrement économique. Mais il est encore temps. Il est encore possible de sauver la Mauritanie. À condition de briser le cercle de l’impunité. À condition de refonder l’État sur la justice, la transparence et le mérite.

Je ne suis pas un ennemi de la Mauritanie. Je suis son fils. Et je me battrai, avec mes mots, mes idées, ma voix, pour qu’elle ne meure pas.

La Mauritanie mérite mieux. Le peuple mérite mieux. L’histoire nous regarde.

Respectueusement mais fermement, Un citoyen militant et opposant Pour une Mauritanie debout.

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