● Le Grand Entretien du BLOG | Avec le doctorant M. Brehima SIDIBE

La rubrique le Grand Entretien du BLOG vous revient avec un invité d’origine malienne, le doctorant Brehim SIDIBE. Également formateur en communication politique et acteur influent en France au sein de la diaspora du pays de Modibo Keita, M. SIDIBE nous expose pertinemment ses analyses en acceptant gentiment de répondre à l’intégralité de nos questions. Nos vifs remerciements à lui, et lui souhaitons une fructueuse continuation dans ses recherches doctorales ainsi que dans sa carrière professionnelle.


Ci-après l’entretien :

● Question 1 : Bonjour monsieur Sidibe, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Brehima SIDIBE, je viens du Mali. Je prépare une thèse de Doctorat en Analyse du discours politique à CY Cergy Paris Université. Mes travaux de recherche portent sur l’analyse linguistique des discours politiques au Mali entre 2012 et 2022. Je pars d’une acception du discours politique qui inclut tout discours dont le contenu aborde le sujet de politique. Aussi,  j’enseigne la communication politique à l’École politique africaine.
En parallèle, je suis également actif dans le milieu associatif auprès de la communauté malienne de France. J’ai été président de l’Association des étudiants maliens d’Ile de France (AEMIF) entre 2020 et 2022. Après mon mandat à l’AEMIF, j’ai créé, avec d’autres camarades, le mouvement Forces Citoyennes pour la Jeunesse (FCJ). Il s’agit d’un mouvement qui regroupe les jeunes maliens et franco-maliens à travers différentes villes de  France. Ce mouvement porte ma candidature à la présidence du Conseil National de la Jeunesse Malienne de France (CNJMF).

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)

BS : En effet, la communauté Soninké est fortement présente ici France et cela depuis belle lurette. Nous en sommes à la troisième génération selon certains sociologues spécialistes des questions migratoires. On peut voir cette migration de différentes manières. D’abord, il faut dire que la volonté de quitter les pays d’origine (Mali, Sénégal, Mauritanie, Gambie…) résulte d’un constat commun à ces pays, et bien au-delà d’ailleurs, c’est le manque de perspectives pour les jeunes.  En effet, qu’ils soient diplômés ou non, nombreux sont ceux qui sont “contraints” de partir dans l’espoir de retrouver une vie meilleure. Les avantages de la migration au sein de la communauté Soninké sont qu’il existe une réelle solidarité entre ceux qui partent à l’étranger en l’occurrence la France et ceux qui sont restés au pays. Reconnus pour leur sérieux, leur rigueur dans le travail, les soninkés se préoccupent toujours de la famille (au sens africain du terme) dans leurs pays d’origine. Dans de nombreuses contrées, les “parisiens” (surnom donné à ceux qui vivent en France qu’ils habitent à Paris ou non) se substituent même aux gouvernements en ce sens qu’ils construisent des châteaux d’eau ; des écoles ; des hôpitaux… Vu sous cet angle, on peut dire que l’immigration a des réels avantages.
Toutefois, on ne peut s’empêcher de souligner les risques liés à cette immigration. En effet, on obtient de plus en plus difficilement le visa pour se rendre en France. Et pour corollaire, beaucoup choisissent d’affronter la méditerranée via des embarcations de fortune.  S’ensuit donc de nombreuses pertes en vies humaines. Ce qui est fortement déplorable. Ainsi, il serait judicieux pour la communauté vivant en France d’opter davantage pour des investissements qui favorisent la création d’emplois dans les pays d’origine. Cela pourrait créer plus d’opportunités d’emplois et à terme permettre aux jeunes de rester sur place et travailler.

● Question 3 : Nous vous suivons régulièrement sur les supports virtuels RP Médias comme analyste, pouvez-vous nous exposer quelques points clés sur la situation politique et géopolitico-sécuritaire de votre pays (le Mali) et de la sous-région actuellement ?

BS : En effet, j’interviens assez régulièrement sur RP Médias. Il y a beaucoup de choses à dire sur la situation politique et géopolitique du Mali et de la sous-région mais je vais essayer d’être concis. D’abord il faut dire que nous assistons à un changement de paradigme au Mali depuis la “rectification de la trajectoire de la transition” intervenue après le renversement du président Bah Ndaw en mai 2021. Au plan politique, ce changement de paradigme se manifeste par l’abandon du calendrier électoral qui prévoyait initialement d’organiser les élections en février 2022. Plusieurs autres reports s’en sont suivis et à l’heure où je vous parle, aucune date n’est prévue pour les élections. Entre- temps, la classe politique a disparu des radars. Soit par faute de crédit au sein de l’opinion; soit par les mesures de restrictions prises par les autorités de Transition. Soulignons également l’adoption d’une nouvelle constitution en juillet 2023, instituant la IVe République. Mais l’opinion publique nationale et internationale aura surtout noté les changements sur les plans sécuritaire et géopolitique. En effet, les forces françaises qui étaient présentes au Mali depuis 2013 ont été sommées de quitter le territoire en 2022 et un an plus tard c’était au tour des casques bleus de la mission des Nations Unies de plier bagages. Ces décisions s’inscrivent dans la nouvelle doctrine des autorités maliennes, à savoir l’affirmation de la souveraineté. Un nouveau partenariat renforcé avec la Russie est établi. Alors que les pays occidentaux accusent le Mali de coopérer avec des mercenaires, les autorités maliennes affirment travailler avec des instructeurs russes.
Ainsi, sur le plan sécuritaire, on constate une réelle accalmie. Les forces armées maliennes sont passées d’un mode opératoire défensif à un mode opératoire offensif. Les massacres de villages entiers ont cessé. Les terroristes ne s’attaquent plus directement aux camps militaires. Le point culminant de cette situation est la reprise de la ville de Kidal contrôlée depuis 2014 par les groupes indépendantistes de la CMA. Des équipements militaires adéquats sont mis à la disposition des FAMAs. S’il y a un point où tous les maliens semblent saluer l’action de la transition, c’est bien sur le plan sécuritaire. Néanmoins, la lutte contre le terrorisme étant une guerre asymétrique, beacoup restent à faire et la vigilance doit être de mise. 
Sur le plan géopolitique, les lignes ont fortement bougé ces derniers temps. Suite aux multiples reports du calendrier électoral évoqués plus haut, les relations entre le Mali et la CEDEAO se sont fortement dégradées. On se souvient des sanctions sévères  prises à l’encontre du Mali en janvier 2022. Sanctions qui dureront huit mois. Dès lors, on semble franchir un point de non retour. Pour cause, en septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé l’Alliance des Etats du Sahel, AES.

● Question 4 : Pouvez-vous nous éclairer sur l’aspect institutionnel de l’AES (Alliance des États du Sahel) qu’on l’entend évoluer vers une confédération et ses frictions avec la Cédéao ?

BS : D’abord il faut dire que l’AES est une alliance de circonstances. Les trois pays qui la composent connaissent des situations similaires : des militaires à la tête du pays ; menace terroriste; bras de fer avec la CEDEAO. Cette situation a favorisé la création de l’AES en vue d’une mutualisation des efforts. La première version de la charte du Liptako-Gourma, qui a institué l’AES, met l’accent sur les volets sécuritaire et de défense. Cependant, quelques mois plus tard, d’autres aspects ont été ajoutés notamment la diplomatie et le développement. C’était à la faveur du sommet tenu à Niamey, au Niger, le 6 juillet 2024 et où l’annonce de la création d’une confédération a été faite. La confédération vise à donner une existence institutionnelle à l’AES tout en conservant la souveraineté des Etats. Sans surprise, la présidence tournante a été confiée à Assimi Goita du Mali, pays considéré comme la locomotive de l’AES. Quant aux sessions parlementaires, elles se tiendront au pays des hommes intègres. La confédération devrait aboutir à la fédération mais cela nécessite une réelle volonté politique des autorités des trois pays sans oublier  la sensibilisation de l’opinion publique dans les trois Etats. Dans ce sens, on peut déjà voir quelques prémices à travers les journaux télévisés de 20h de ORTM,  RTB,  et  RTN où une page AES est ouverte à chaque JT et qui couvre l’actualité des trois pays. Cependant, cette dynamique est subordonnée au maintien des trois présidents de transition. Rien ne garantit que la même dynamique va se poursuivre si l’un des trois chefs d’Etat devait quitter le pouvoir dans les deux ou trois prochaines années.
Il va sans dire que la CEDEAO ne voit pas d’un bon œil la création de l’AES. En effet, le retrait annoncé en janvier 2024 devrait être effectif en janvier prochain. La CEDEAO perdrait alors un vaste territoire de plus de 2 millions de KM2. Et au vu de la dynamique actuelle, il faut dire que l’on se dirige vers cela. Malgré le changement de cap de la CEDEAO vis-à-vis des pays de l’AES, les autorités de ces pays ne semblent pas fléchir. Ce sera un véritable camouflet pour la CEDEAO qui fêtera ses 5O ans d’existence en 2025.

● Question 5 : La communauté soninké connaît une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?

BS : C’est une situation fortement déplorable. Voir qu’au 21è siècle une telle pratique humiliante et déshumanisante existe encore sous nos cieux est lamentable. Dans l’histoire de l’humanité, l’Homme noir est celui qui a tant soufert par l’esclavage. Des luttes ont été menées au long des siècles pour aboutir à l’abolition, comment comprendre qu’un homme noir puisse considérer son semblable comme esclave, fusse par ascendance? Dans la constitution des pays où l’on retrouve la communauté Soninké, la liberté de chaque individu est reconnue et nul ne doit être soumis à l’esclavage. Mais je pense qu’il faut renforcer davantage la législation. On a comme l’impression d’un silence coupable des autorités politiques et judiciaires parfois pour des calculs politiques. Les personnes reconnues par une telle pratique doivent être sévèrement punies. Pour cela, il faudra inclure même les incriminations verbales parmi les chefs d’accusation. La pédagogie et la sensibilisation ne sont pas des moyens de dissuasion à mon avis. Force doit rester à la loi.

● Question 6 : Ces dernières années, un regain panafricaniste s’est manifesté sur notre continent, quelles analyses faites-vous d’éventuelles retombées à court et long terme ?

BS : A la faveur des changements de régimes intervenus dans certains pays à travers l’Afrique, on assiste en effet au retour des discours au relent panafricaniste et souverainiste. Ces types de discours visent à affirmer l’indépendance totale de l’Afrique vis-à-vis des grandes puissances autrefois colonisatrices. Au-delà des autorités gouvernementales, certains activistes s’inscrivent également dans ce registre. Je pense notamment à Kémi SEBA. Cette affirmation panafricaniste est en soi une bonne chose. Mais il faut aller au-delà du discours. Le véritable panafricanisme doit d’abord permettre l’intégration des peuples africains, c’est-à-dire la libre circulation des personnes et des biens. Et le chantier prioritaire dans ce sens doit être la mise en œuvre effective de la ZLECAF. A long terme, cela pourrait avoir de réelles retombées économiques.
Et pour terminer, à mon avis,  le panafricanisme ne doit pas être compris comme une forme de rupture avec le reste du monde mais plutôt le respect et l’affirmation de l’Afrique au concert des nations.

Merci pour votre disponibilité.

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6 août 2024

● DPG : le Premier Ministre Mokhtar ould Diay devant l’Assemblée Nationale

Le Rénovateur Quotidien – Pour son premier baptême de feu le.chef du gouvernement était ce mercredi 4 septembre 2024 à l’hémicycle pour dérouler les grandes ambitions contenues dans la DPG du gouvernement, devant les députés à l’occasion de la rentrée parlementaire.

Dans son discours, le Premier Ministre a d’emblée campé les contours d’un programme assez ambitieux qui tient compte des acquis réalisés durant le premier quinquennat, des performances à renforcer ainsi que l’accélération des chantiers en cours et le lancement de nouvelles infrastructures de développement durable.

Après avoir passé en revue les réalisations phares durant le premier mandat du président Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani le Premier ministre a contextualisé l’environnement économique , social , politique et institutionnel du pays tout en annonçant les défis qui attendent le nouveau gouvernement dans les domaines prioritaires:

Etat de droit dans toutes ses déclinaisons, répartitions équitable des richesses, système éducatif, services de base, lutte contre la corruption , promotion d’un état moderne dans le respect des valeurs morales et sociale ,ancrage de la culture démocratique, renforcement de l’unité nationale, sécurité et souveraineté nationale entre autres priorités que le premier ministre a évoquées dans son discours où se dégage une volonté de rattraper bien des retards accumulés pendant plusieurs décennies faute d’optimisation des richesses du pays, d’un système de gouvernance politique à la hauteur des défis multiples de la refondation d’un état de droit … autant de chantiers qui constituent des engagements forts du président Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani qui se sont traduits en grande partie dans les faits, a martelé le PM.

Cependant, a-t-il souligné, « toutes ces grandes réalisations, visibles et palpables, n’ont pas occulté aux yeux de Son Excellence le Président de la République l’envergure des défis qui restent à relever, du fait de sa haute ambition pour le pays, de sa conscience de l’ampleur des aspirations légitimes de notre peuple, de sa connaissance de notre relation très récente, en tant que société, avec l’État moderne, de sa profonde compréhension des défis complexes et interdépendants imposés par l’environnement mondial et régional au niveau sécuritaire, géopolitique, économique et environnemental, ainsi que de sa pleine compréhension des dysfonctionnements structurels profonds que nous avons accumulés sur des décennies. »

Et Moktar ould diay de préciser : que « Nous sommes un pays dont on dit souvent qu’ « il est riche par ses ressources naturelles. »

Cependant, on ne mentionne que rarement, dans le même temps, que la richesse des nations et des peuples se mesure par leur aptitude à exploiter de manière durable leurs ressources naturelles et leurs capacités créatives, bien plus que par l’abondance des ressources elles-mêmes.

Or nous ne pourrons améliorer notre capacité à exploiter nos ressources et nos énergies créatrices qu’en relevant les défis auxquels fait face notre pays, et que Son Excellence a ramené, dans son programme « Mon ambition pour la Patrie », à cinq défis principaux :

Le premier défi se rapporte au degré d’ancrage de l’État, des Institutions et à la Gouvernance.

Notre expérience récente de l’État moderne et les conditions entourant sa naissance chez nous ralentissent lourdement la transformation de nos mentalités et de nos comportements dans le sens d’une meilleure assimilation des exigences de l’État de droit et des institutions, en termes d’organisation et de procédures, particulièrement celles en rapport avec l’idée ancrée dans notre conscience collective, que l’État est une entité étrangère, ennemie, à laquelle il est permis légitimement et moralement de porter toutes les atteintes possibles.

Le second défi est lié à la faiblesse structurelle de notre économie.

À ce niveau, le principal problème pour notre pays réside dans le fait que nos parcours de croissance n’ont jamais atteint un niveau permettant un réel décollage économique. Cela est dû, notamment, aux insuffisances dans la diversification des sources de croissance, à la faiblesse des infrastructures de soutien, et au déficit criant dans la mise en valeur des secteurs où nous avons un avantage comparatif, ainsi que les insuffisances évidentes dans l’exploitation efficace des opportunités offertes par nos potentialités, la faiblesse structurelle de notre secteur privé dans son ensemble et la taille réduite de notre marché intérieur. Ces éléments constituent les obstacles majeurs à ce niveau.

Le troisième défi concerne nos ressources humaines.

À ce niveau le problème principal demeure la prédominance de mentalités et de comportements contraires à la culture du travail, à la valorisation des métiers dans leur diversité, et à la reconnaissance de l’honneur attaché au travail et aux travailleurs. Ces mentalités affaiblissent les volontés, délitent la force de l’engagement et inhibent les énergies et les capacités créatives.

Le quatrième défi est celui de la consolidation de notre unité et notre cohésion sociale. Nous sommes un peuple uni par une même foi religieuse intégrative, une histoire partagée un devenir commun et un avenir prometteur. Cependant, les mentalités rétrogrades, les stéréotypes erronés et les stratifications sociales sans fondement réel continuent à fragiliser cette cohésion sociale.

Ces néfastes résidus du passé se nourrissent de l’exacerbation du sectarisme et du tribalisme, des inégalités économiques flagrantes et de la précarité qui les accompagne. Ils sont également alimentés sociale.

Ces néfastes résidus du passé se nourrissent de l’exacerbation du sectarisme et du tribalisme, des inégalités économiques rageantes et de la précarité qui les accompagne. Ils sont également alimentés par une répartition inéquitable des richesses et des opportunités, affectant souvent les couches sociales historiquement victimes d’injustice et de marginalisation. Le cinquième défi, lui, est sécuritaire et géopolitique.

L’interconnexion entre les différents pays, du fait de la mondialisation, et la force par laquelle ils s’impactent les uns les autres, impose parfois aux pays, pris individuellement, des dé)s qui sont à la base internationaux ou régionaux.

Les effets dévastateurs de la violence, du terrorisme et des guerres qui sévissent au niveau international ont fortement impacté notre continent, en particulier la région du Sahel, qui a connu une forte propagation de l’extrémisme, de la violence et des groupes terroristes, compromettant les fondements de la sécurité et de la stabilité.

Bien que nous ayons pu préserver notre sécurité et notre stabilité dans cet environnement très perturbé, par la grâce d’Allah, l’efficacité de notre stratégie sécuritaire intégrée et multidimensionnelle et la vigilance de nos vaillantes forces armées et de sécurité, il reste, cependant, que le dé) persiste, le danger demeure et la vigilance est toujours requis.

Des vastes chantiers structurants

Dans la DPG, le Premier Ministre a égrené la liste de grands chantiers auxquels son gouvernement s’attèle à mettre en œuvre conformément aux priorités accordées par le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani parmi lesquels :

-Un État de droit et des institutions fortes, avec une bonne gouvernance moderne,

– Une économie performante, résiliente et éco-durable,

– Un capital humain bien formé et qualifié, en particulier chez les jeunes,

– Une unité nationale solide et une intégration sociale inclusive.

– Une sécurité et une stabilité bien assises, et un rôle international et régional efficace.

Il s’agit également d’engager de vastes réformes pour booster l’économie nationale pour accélérer la croissance, tout en maîtrisant l’inflation et en stabilisant les prix sur le marché national notamment le cours des importations. Le gouvernement veillera à améliorer le niveau de vie des populations tout en répondant aux attentes sociales.

Le développement des infrastructures de base est au menu de la déclaration de politique gouvernementale qui s’inscrit dans un vaste champ de promotion d’un développement durable. Le PM n’a pas manqué d’adosser les ambitions du gouvernement sur de stratégies et des actions qui faciliteront l’exécution d’un programme ambitieux à cours, moyen et long terme.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=777128

● Décret présidentiel convoquant l’Assemblée nationale en session extraordinaire, le 4 septembre 2024 [AMI.MR]

La Présidence de la République, communique que, par décret en date du lundi 26 août 2024, le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 4 septembre 2024.

Voici le texte intégral de ce décret :

‘’ LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ,

Sur Rapport du Premier Ministre,

VU, l’Article 53 de la Constitution.

DECRETE :

Article premier : Le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 04 septembre 2024.

Article 2 : L’ordre du jour de cette session comprendra :

1. La Présentation de la Déclaration de la Politique Générale du Gouvernement,

2. Projet de loi portant création du tribunal spécialisé de lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants.

3. Projet de loi modifiant certaines dispositions de la loi numéro 65-046 du 23 février 1965 portant dispositions pénales relatives au régime de l’immigration.

4. Projet de loi portant code de l’hydrogène vert.

Article 3 : le Premier Ministre est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié suivant la procédure d’urgence au journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie’’

Mohamed OULD CHEIKH EL GHAZOUANI

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/252881

● Le Président de la République reçoit les secrétaires généraux des ministères

AMI – Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, a reçu en audience, vendredi au Palais présidentiel, les secrétaires généraux des ministères.

Au cours de l’audience, le Président de la République a indiqué que l’objectif de la rencontre est axé sur la redynamisation de l’action du gouvernement et d’amélioration de ses performances.

A cette occasion, il a rappelé aux secrétaires généraux que leurs fonctions les rendent directement responsables de la gestion financière et administrative de leurs département et les obligent à prendre les mesures appropriées pour faire face à tous les phénomènes incompatibles avec l’éthique de l’administration, le respect des fonds publics.

A cet égard, le Président de la République a notamment insisté sur la nécessité de rapprocher l’administration des citoyens et d’améliorer leur prise en charge au niveau des différents services administratifs.

L’audience s’est déroulée en présence du Premier ministre, M. Mokhtar Ould Diay, du ministre secrétaire général de la Présidence de la République, M. Moulay Ould Mohamed Laghdaf, du ministre chargé de cabinet du Président de la République, M. Nani Ould Chrougha, des ministres conseillers à la Présidence de la République M. Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane, Mme Ba Aissata Yahya et le ministre chargé du secrétariat général du gouvernement, M. Moctar Al Housseynou LAM.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776761

● Nouveau gouvernement mauritanien | Le cas du ministre soninké !

Source de la photo RS

Mauritanie Politique | Ici nommé le ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé du budget, du nom Nguenor Codioro Haroune. Selon les règles non écrites autour de la formation d’un gouvernement, il représenterait le quota soninké dans l’équipe Diay 1. Ainsi, comme d’habitude, dans l’opinion publique intéressée politiquement en milieux soninkés, on s’écharpe via notes vocales interposées en tous commentaires à son sujet. Et généralement ce ne sont pas ses compétences et parcours qui sont débattus mais plutôt de savoir s’il est bien représentatif ou de quelle tendance politique est-il issu…?
Ou de savoir quelle personnalité communautaire et politique aurait plaidé pour sa promotion…
Et on comprendrait en sourdine dans certains propos, un mélange de déception et d’étonnement… parce qu’ils n’attendaient  pas ce profil…sinon en parlant vrai ce Nom de famille…

L’assiette soninké dans la « fameuse tontine politique » est souvent cooptée et captée d’office par certains pans politico-claniques à l’image de l’ordre féodalo-coutumier qui régit le fait politique intra-communautaire. 

Nous lui souhaitons succès et réussite dans ses fonctions.

Notre espoir pour l’avènement d’un Pays Normal, il faut que les compétences assurent la légitimité en rang… et non le hasard d’une naissance ou d’un nom de famille…

À la quête d’un Pays NORMAL.

● La Présidence de la République annonce la formation du nouveau gouvernement [AMI]

Le ministre secrétaire général de la Présidence, M. Moulay Ould Mohamed Laghdaf, a annoncé, dans la nuit de lundi à mardi, au cours d’un point de presse à la Présidence, la formation du nouveau Gouvernement.
Ce cabinet reflète la priorité accordée par le Président de la République à la jeunesse, à la formation professionnelle, à l’éducation et au développement local, selon le communiqué que voici :

« Suite à l’élection de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, pour un nouveau mandat, et à la démission subséquente du gouvernement conformément aux exigences de la Constitution, Son Excellence a nommé Mokhtar Ould Diay comme Premier ministre et l’a chargé de former un gouvernement intégré et harmonieux, dont les membres se distinguent par leur compétence, leur expérience et leur expertise, pour mettre en œuvre toutes les dispositions de son programme électoral, qui a été approuvé par la majorité du peuple mauritanien.
La composition du gouvernement reflète la priorité accordée par le Président de la République à la jeunesse, à la formation professionnelle, à l’éducation et au développement local et traduit, dans sa structure, un souci évident de fluidité et d’efficacité du travail gouvernemental, y compris l’élargissement des mandats des secteurs, la fusion d’autres et la création de nouveaux départements, comme l’exige la mise en œuvre harmonieuse et efficace du programme électoral de Son Excellence le Président de la République.
Son Excellence a nommé, sur proposition du Premier ministre, Messieurs et Mesdames dont les noms suivent :

● Ministre chargé du secrétariat général du gouvernement : Lam Al-Housseinou

● Ministre de la jeunesse, des sports et de la fonction publique : Mohamed Abdallahi Louly
● Ministre de la formation professionnelle, de l’artisanat et des métiers : Maalainine Ould Eyih

● Ministre de la justice : Mohamed Mahmoud Boya

● Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur Mohamed Salem Merzoug

● Ministre de la défense et des affaires des retraités et des fils de martyrs : Hanana Ould Sidi

● Ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local : Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine

● Ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel : Sidi Yahya Cheikhna Lemrabott

● Ministre de l’économie et des finances : Sid’Ahmed Bouh

● Ministre de l’éducation et de la réforme de l’enseignement : Houda Babah

● Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Yacoub Moine

● Ministre de la Santé : Abdallahi Wedih

● Ministre de la Fonction Publique et du Travail : Mohamed Ould Soueidatt

● Ministre de la transformation numérique et de la modernisation de l’administration : Ahmed Salem Ebode

● Ministre de l’énergie et du pétrole : Mohamed Ould Khaled

● Ministre des Mines et de l’Industrie : Thiam Tidjani.

● Ministre de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires : Fadhili Sidaty

● Ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire : Momme Beibate

● Ministre de l’élevage : Mokhtar Gaguih

● Ministre des domaines, des biens de l’Etat et de la réforme foncière : Mokhtar Ahmed Bousseif

● Ministre du commerce et du tourisme : Zeinebou Mint Ahmednah

● Ministre de la réforme foncière, de l’habitat et de l’urbanisme : Niang Mamadou

● Ministre de l’équipement et des transports : Ely El Veirik

● Ministre de l’hydraulique et de l’assainissement : Amal Mouloud

● Ministre de la culture, des arts, de la communication et des relations avec le Parlement : Houssein Ould Medou

● Ministre de l’enfance et de la famille : Safiha Ntahah

● Ministre de l’environnement et du développement durable : Massouda Baham

● Ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, de la promotion de la décentralisation et du développement local, chargé de la décentralisation et du développement local : Yacoub Salem Vall

● Ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé du budget : Ankimour Kodero Harouna.

Source ami.mr https://ami.mr/fr/archives/251397

● Le décryptage d’une semaine d’actualité en Mauritanie | Par le journaliste Seyré SIDIBE.

Moctar Ould Ndiay, nommé premier ministre au sortir du scrutin du 29 juillet, à l’entame du second mandat de Ould Ghazouani. Ce choix est une contradiction avec le réquisitoire, du président Ould Ghazouani contre la corruption dans son discours d’investiture. 

Le second mandat qui commence sera un remake du premier. Aucun changement n’est envisageable, si l’on continue de reconduire les mêmes personnes. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Ould Ndiay même blanchi faisait partie du banc des présumés accusés du dossier azizien de la décennie, dont le dénouement a surpris plus d’un observateur : une grosse tempête dans un verre d’eau.

On attend, sans suspens, la composition du nouveau gouvernement, les mêmes visages reviendront. Les mêmes quotas, les mêmes logiques et schémas détermineront les castings (arguments de recrutement) : tribalisme, communautarisme voire racisme, féodalisme, prééminence et maitrise de la langue Arabe.

Et enfin, la compétence sera le parent pauvre du mode de recrutement. Curieusement, dans quelques mois, quelques années, on se plaindra du manque de résultats …

Ce que nous sommes, est plus fort que ce que nous voulons être

Si l’on a le loisir de choisir sa diplomatie, de s’afficher avec qui l’on veut, de créer une filiation génétique taillée sur mesure voire factice, on finit toujours par être rattrapé par une réalité plus que têtue, son voisinage. Les États subissent « la loi de la proximité », la géopolitique imposée par leurs frontières. 

Quand on regarde le profil des invités venus honorer, la Mauritanie à l’occasion de l’investiture du président Ould Ghazouani pour un second mandat, on peut y entrevoir sans être brillant analyste politique, le substrat (l’ADN) de notre identité en tant que nation, imposée par notre environnement naturel, identité à laquelle est venue se greffer une autre. Cette dernière ne gêne personne, elle est au contraire source d’enrichissement, tant qu’elle n’entre pas en conflit contre la première pour la liquider.

Cette alchimie dosage, de cette double attraction identitaire, exercice auquel tous les pouvoirs ont échoué faute de volonté réelle est la cause première de l’échec jour après jour du projet Etat-nation souhaité par les participants du Congrès d’Aleg (mai1958).

Finalement, notre environnement naturel que nous valorisons peu s’est imposé.  Au moins les quatre (4) chefs d’Etats du continent ont répondu à l’invitation de la Mauritanie : le président de Guinée-Bissau, le président sénégalais, les présidents de la Gambie et du Tchad. Les autres, pour certains juste à nos frontières se sont contentés de nous envoyer des personnages secondaires, une manière de nous exprimer, le degré de considération qu’ils nourrissent pour nous. Ce que nous valons pour eux. Le message a le mérite d’être clair mais comme toujours, on ne veut rien entendre.

La promesse réitérée de Ould Ghazouani, renouvelée à la jeunesse

» Oui, ce sera un mandat de la jeunesse, parce que la jeunesse est l’espoir de notre nation, sa force, son présent et son avenir, et il n’y a pas d’espoir pour une nation qui ignore sa jeunesse, laissant ses énergies hors des voies de l’éducation, de la formation, de l’intégration et de la participation ». Trop de slogans sans effets. 

La jeunesse a perdu tout espoir à cause de la corruption, du népotisme, du clientélisme et la persistance des pratiques néfastes héritées, qui créent deux jeunesses aux destins séparées. Une première, minoritaire bien née et qui a tous les arguments pour assurer la relève, alors que la seconde est déshéritée, désavantagée et végète pour lutter, échapper à un ordre implacable imposé par une accumulation d’injustices et de discriminations. Or, dans le cadre des politiques visant à promouvoir la jeunesse, c’est encore la jeunesse choyée et sortie de la cuisse de la bourgeoisie qui en profite au détriment de critères objectifs et transparents.

L’émoi d’un « peuple » contre l’assassinat d’Ismael Haniyeh

L’assassinat du leader du Hamas a montré jusqu’où la Mauritanie est un pays traversé par des antagonismes hardis qui ont eu raison de son éclosion en tant qu’Etat-nation.

En effet, contrairement aux autres pays, en Mauritanie, on a l’impression de voir deux peuples sur un même territoire, unis par l’islam (Sunnite Malekite) mais s’appuyant sur des références différentes.  Deux peuples qui ont des logiques, des logiciels, des héros, des martyrs antagonistes.

Alors que l’autre peuple rend hommage de manière ostentatoire au chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran, mercredi, 31 juillet 2024, l’autre peuple rend hommage aux victimes de Kaédi à la suite de contestation post-électorale, consécutive à la proclamation des résultats du scrutin présidentiel du 29 juin dernier. Celles-là, n’ont bénéficié d’aucune commisération de l’Etat et de son peuple. Un peuple qui ne célèbre pas les mêmes héros, les mêmes victoires, et qui ne pleure pas les mêmes échecs.

In fine, deux peuples aux grilles de lecture diamétralement opposées, partagent le même espace sans projet de développement commun et viable pour tous. Si bien que le martyr de l’un est un imposteur, un lâche, un bourreau, un criminel, un minable pour l’autre. Les référentiels sont dans une logique qui rappelle celles des droites parallèles distinctes.

Quelle complexité inventée, entretenue et nourrie durant des années par tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis l’indépendance.  Ils sont tous complice et coupable. Chacun a contribué d’une manière ou d’une autre à diviser, à séparer en créant la haine et la zizanie entre les mauritaniens sur la base de la langue, la tribu et la race etc.

La Mauritanie est donc malade dans sa chair, dans son être. Un malaise provoqué par ses dirigeants au lendemain de l’indépendance, en optant pour des choix politiques divisionnistes et hégémoniques, visant à tuer, effacer une partie de la double identité du pays au profit de celle qui plait à l’élite dirigeante dans son projet assimilationniste voire colonisateur.

Malheur à ceux qui ont initié ce projet néfaste qui a fini par compromettre l’unité nationale et le vivre- ensemble en Mauritanie. 

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/le-decryptage-dune-semaine-dactualite-en-mauritanie/?fbclid=IwY2xjawEdi39leHRuA2FlbQIxMQABHWAhJnmU2F7XQEE36x7qSs6Cc59j4_R7aaMgEKa-e_cNB5U_e3ET8JDr6g_aem_SGeV3ppNE38U2wdCR0tVdA

● LA PRÉSIDENTIELLE  2024 | Vision sur notre communauté mauritanienne. Par Cissé-Ibrahima Diallo

Dans le monde actuel, l’unité d’un peuple est souvent mise à mal par des considérations partisanes et égocentriques. Pourtant, l’unité est essentielle pour le progrès et la stabilité d’une société. Malheureusement, certains individus s’acharnent sur leur seul leader charismatique capable de rassembler et de guider. Ceux-ci seraient motivés par la jalousie et la haine gratuite. Cette situation est d’autant plus révoltante que les intellectuels de ce peuple, qui pourraient jouer un rôle crucial, semblent paralysés par la procrastination et la pusillanimité.

Nous préférons malheureusement ériger des obstacles à l’unité par des considérations partisanes et égocentriques. Le plus souvent, les intérêts personnels et partisans prennent le pas sur le bien commun, même lorsqu’il s’agit de s’unir pour défendre des causes justes ! Il est regrettable que ces partis politiques et individus poursuivent des objectifs qui servent leurs propres ambitions plutôt que le bien-être collectif. Ce comportement individualiste empêche l’émergence d’une vision unifiée et partagée par l’ensemble de la communauté. Le tribalisme exacerbe encore ces divisions, chaque groupe cherchant à promouvoir ses propres intérêts aux dépens des autres, entraînant ainsi une fragmentation de notre société.

Dans une lutte, il arrive parfois que l’on cède, pas forcément de manière délibérée, à la jalousie et à la haine : le leader charismatique, souvent perçu comme une menace par ceux qui ne partagent pas sa vision ou qui envient sa popularité, devient la cible d’attaques injustifiées. Ces critiques, motivées par la jalousie et la haine gratuite, sapent sa capacité à rassembler et à inspirer le peuple. Plutôt que de reconnaître les efforts de ce leader pour unir et améliorer les diverses composantes de la société, certains préfèrent le dénigrer, ralentissant ainsi les progrès.

Pourtant, nous sommes tous d’accord sur l’importance d’un leader charismatique, car ce dernier joue un rôle crucial dans la promotion de l’unité. Grâce à sa vision, son charisme et sa capacité à mobiliser, il peut surmonter les divisions et encourager la coopération entre différentes franges de la communauté. Ce leader est souvent le seul à pouvoir inspirer confiance et espoir en l’avenir, et à promouvoir des initiatives bénéfiques pour tous.

Malgré ses efforts, ce leader fait face à une opposition persistante. Les attaques injustes et l’acharnement dont il est victime limitent son impact positif. Cette situation empêche la mise en œuvre de réformes nécessaires et freine la mobilisation collective indispensable pour surmonter les défis sociaux.

Le silence lourd de la plupart de nos intellectuels face à des événements aussi importants qu’une élection présidentielle est préoccupant. S’agirait-il d’un effet de procrastination, de pusillanimité, etc. ? Nos intellectuels, qui possèdent les compétences et la vision nécessaires pour analyser et résoudre les problèmes de notre société, semblent souvent paralysés par la procrastination ou un manque de courage. Leur inaction contribue à la stagnation de la société, car ils n’utilisent pas leur influence pour plaider en faveur du changement et de l’unité auxquels le peuple aspire.

Néanmoins, nous sommes sûrs du potentiel de nos intellectuels. Malgré leur inaction, ils jouissent d’un potentiel énorme pour mobiliser les citoyens. En prenant position et en utilisant leurs connaissances pour promouvoir le dialogue et la compréhension, ils peuvent jouer un rôle clé dans l’unité de nos citoyens, dont la plupart souffrent de l’analphabétisme. Pour cela, il est essentiel qu’ils surmontent leur pusillanimité et assument leur responsabilité sociale.

Enfin, l’urgence de surmonter les divisions pour le bien collectif est plus pressante que jamais. En soutenant le ou les leaders charismatiques et en incitant les intellectuels à s’engager activement, nos citoyens peuvent espérer atteindre l’unité et le progrès. Si ces obstacles sont surmontés, l’avenir peut être prometteur, riche en possibilités de développement et de prospérité pour tous.

C’est mon humble avis.

● Par Cissé-Ibrahima DIALLO

● La loi d’amnistie de 93, l’épine oubliée | Par Bocar Oumar BA.

L’opposition antisystème, comme il convient de le dire maintenant pour signifier les militants politiques qui sont pour un changement structurel de la Mauritanie, si elle est réellement attachée à son idéal d’une Mauritanie où règne la justice, ne peut continuer à négliger, voire ignorer l’épine sur son chemin que constitue la honteuse loi d’amnistie de 1993. Dans une livraison récente, je disais que la lutte pour l’abrogation de cette loi doit être la focale pour tout combat pour la justice dans notre pays.

Comment peut-on continuer à penser qu’une lutte sincère contre l’injustice soit possible dans un pays, sans que ne soit décrétée comme absolument prioritaire, l’abrogation d’une loi encore en vigueur faite justement pour protéger des criminels et narguer les victimes ? Imaginez une seule seconde qu’il subsiste encore dans nos textes une loi qui protège officiellement les maitres d’esclaves, les voleurs, les violeurs, etc. Je vois déjà le sourire de ceux qui s’empressent de me faire remarquer que si la loi ne les protège pas, la pratique le fait. Certes ! Mais l’édification d’une loi n’a pas la même valeur symbolique qu’une pratique qui vise justement à contourner une loi. Quand une assemblée vote une loi pour protéger des criminels là où même dans ses rêves les plus fous elle ne s’autoriserait pas à en voter une pour protéger des voleurs, quand bien même de fait l’état les protège par des pratiques connues de tous, ça dit quand même quelque chose sur le plan symbolique. Quand on sait que la plupart des personnes qui bénéficient de cette amnistie font partie de l’oligarchie arabe de ce pays, et que les victimes des atrocités ainsi niées sont toutes issues de la communauté négro-africaine déjà sous le joug du racisme d’état, la fracture nationale causée par les tenants du système apparait dans toute sa splendeur.

Que les tenants du système et ceux qui les applaudissent au quotidien n’aient pas intérêt à ce que la loi d’amnistie de 1993 ne soit pas dans la centralité du débat public, je le comprends aisément. Mais que ceux qui prétendent se battre pour la justice ne fassent pas de l’abrogation de cette loi le symbole même de leur lutte, j’en comprends moins la logique. Si ce n’est qu’il est facile de mesurer le cafouillis qui caractérise ce qu’on appelle « opposition », qui permet de masquer bien des lignes de fractures idéologiques pourtant essentielles pour mener de manière cohérente le seul combat qui vaille en Mauritanie : celui de faire nation. Le dialogue de l’opposition que nous avons appelé de nos vœux à l’Ajd-mr, sans y mettre, je l’admets, l’énergie que j’espérais, gagnerait pourtant à se tenir pour clarifier les logiques d’alliances qui, pour moi, doivent reposer d’abord sur une commune vision de la construction nationale, bien avant les logiques de stratégies électorales. Et dans cette démarche, le combat pour l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 et l’article 6 de la constitution officialisant la seule langue arabe sont des curseurs incontournables de cette mesure.

Quelle Mauritanie voulons-nous ? Celle qui fait le choix de piétiner des victimes parce qu’elles sont noires et de protéger des criminels, voire les promouvoir, parce qu’ils sont arabes ? Celle qui élève la langue d’une seule communauté nationale au statut de langue officielle et abandonne en rase-campagne les autres langues nationales, accentuant ainsi la discrimination que vivent déjà leurs locuteurs ? Ou voulons-nous une Mauritanie plus juste envers tous ses enfants, leur donnant le même accès à la justice et à la protection de la puissance publique ? Nous pourrions établir ainsi une série de thèmes et de critères pour voir qui de l’opposition est d’accord avec quoi, aussi au regard des textes et déclarations traditionnelles des partis concernés.

S’abandonner à une lutte essentiellement basée sur des slogans désormais plus répétés par habitus que par conviction est la meilleure façon de la banaliser. Les sud-africains ont fait de la libération de Mandela un symbole de lutte n’ont pas qu’ils perdaient de vue l’objectif final qui est celui d’abattre l’apartheid, mais parce qu’ils comprenaient qu’ils avaient tout intérêt à faire de Mandela un totem et un symbole. Free Mandela ! est un slogan bien plus facile à faire passer tout en sachant que la libération de Mandela ne laissera pas indemne le système d’apartheid.  De même, en Mauritanie, si nous arrivons à faire tomber le symbole que constitue la loi d’amnistie de 93, c’est l’idée même de l’impunité, base existentielle de l’injustice, que nous abattrions. Les tenants du système l’ont d’ailleurs parfaitement compris pour y tenir tant quel que soit le régime, ce depuis 31 ans…

Je suis d’ailleurs toujours étonné de l’étonnement des gens quant à la multiplication des meurtres d’innocents par le fait des forces de l’ordre. L’existence d’une loi protégeant des criminels dans le pays, est à elle seule la garantie de la répétition des faits du genre. Comment ne pas comprendre dès lors que ce qui prime c’est d’abattre cette fichue loi qui se moque des victimes et élève les criminels au statut d’intouchables ? 

Bocar Oumar BA

● Mauritanie | Nouakchott – 1 août 2024 | Le président Ghazouani rempile pour un second mandat.

Ce jour, le président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani a été investi pour son second mandat présidentiel débutant demain 2 août 2024 marquant la fin du premier. Ex général issu de la très politisée institution militaire mauritanienne, l’actuel Raïs âgé de 67 ans a été réélu au premier tour lors du scrutin du 29 juin dernier avec 56,12%. Une réélection marquée par des gros remous post électoraux causant la mort de plusieurs jeunes manifestants dans la ville de Kaedi. Le leader antiesclavagiste Biram Dah Abeid, candidat de la Coalition Biram 2024 arrivé 2ème avec 22,10%, a contesté politiquement les résultats annoncés par la CENI et validés par le conseil constitutionnel sans pour autant une procédure juridique de suite devant ces organes officiels. À l’occasion de différentes sorties médiatiques et manifestations publiques, les membres de la Coalition baptisée Antisystème déclarent disposés à un dialogue sérieux avec les autorités pour régler les problématiques qui font l’objet des frictions graves et répétitives dans le pays selon leur constat. À cet effet, une communication reprenant les points clés sous forme d’une feuille de route propositionnelle au dialogue, a été publiée dans la presse il y a quelques jours.

1 août 2024

🖊KS pour le BLOG L’Écrit Osé