À 12 ans, Boubou a été envoyé en Mauritanie par son père. Le voyage qui ne devait durer que deux semaines s’est transformé en séjour de dix ans. Aujourd’hui CPE en Seine-et-Marne, Boubou raconte ce qu’il a vécu comme un arrachement.
« Récemment, j’ai appris qu’un ancien élève a été envoyé au pays, je l’ai vécu comme un échec. » Boubou, 38 ans, est conseiller principal d’éducation (CPE) dans un établissement de Seine-et-Marne. En plus des absences en cours et du comportement des élèves, il doit gérer d’autres cas, plus inattendus : l’envoi d’élèves dans le pays d’origine de leurs parents.
Au début des années 2000, Boubou croit partir en vacances deux semaines avec son grand frère. « Mais les vacances sont devenues dix ans », rembobine-t-il aujourd’hui devant la caméra de StreetPress. Là-bas, il est pris en charge par un ami de son père, un ancien ministre, qui devient son tuteur. Boubou se rappelle des premiers coups donnés par des instituteurs, de la « gamelle » partagée à plusieurs dans une maison où son tuteur accueille de nombreux candidats à l’émigration en France. Son histoire, c’est aussi celle d’un dialogue impossible avec son père sur les raisons de ce voyage.
« Je reçois encore des parents qui me disent : “S’il ne travaille pas, on va l’envoyer en Afrique. Et j’explique aux élèves mon parcours de vie. Je l’ai vécu, je sais ce que c’est. »
Envoyés au bled est une série de témoignages de StreetPress. De la banlieue parisienne au Mali, à la Côte d’Ivoire et à la Mauritanie, elle raconte le parcours de trois jeunes envoyés dans le pays d’origine de leurs parents au début des années 2000.
Le 28 novembre 2023, la cérémonie de remise des décorations par le Président de la République vient clore un long cycle de mépris et de violence à l’endroit des militants de la lutte contre l’impunité et les discriminations en Mauritanie.
Boubacar Ould Messaoud, longtemps persécuté, condamné en 1998 à 16 mois de prison, affamé, marginalisé et désigné à la vindicte publique durant les années de dictature de Ould Taya, est enfin reconnu, distingué, honoré et ce n’est pas trop tôt. Même vieux et malade, Boubacar sort aujourd’hui de l’épreuve, la tête haute, en digne précurseur de l’autre Mauritanie, celle de demain, définitivement émancipée des inégalités de naissance. SOS Esclaves, son associations pionnière mène désormais ses activités, en collaboration avec le Commissariat aux droits de l’Homme, une évolution que nul n’aurait pressentie, quelques années avant.
Hier accusé de servir l’agenda d’un imaginaire complot des juifs et des chrétiens, le voici savourant, non sans dignité, sa douce et tranquille revanche sur les cuistres et les tartuffes de l’ère Prds. D’autres compatriotes, injustement marginalisés, méritent un traitement similaire, en hommage à leur courage, quand il fallait applaudir et ramper pour manger et grapiller les menues faveurs du tyran.
Tout le mérite revient au Chef de l’Etat, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Aucun de ses prédécesseurs ne s’était risqué, jusqu’ici, à admettre l’évidence de la faute ni l’urgence de la devoir corriger. A présent, c’est fait et tant mieux, n’en déplaise aux chauvins !
En choisissant comme thématique phare la lutte contre le changement climatique, la 4e édition de MED’INNOVANT AFRICA a suscité l’intérêt des entrepreneurs et innovateurs africains : entre le 1er juillet et le 31 août 2023, ce sont au total 175 candidatures de startups et PME installées dans une vingtaine de pays africains, qui ont été réceptionnées par les responsables du concours de l’Etablissement Public d’Aménagement Euroméditerranée (EPAEM), à Marseille (France).
L’objectif ? Repérer et accompagner les développeurs de solutions innovantes qui rendront, demain, les villes méditerranéennes et africaines plus durables. Cette année, la majorité des projets concerne le développement durable et l’économie sociale et solidaire.
• MED’INNOVANT AFRICA, le concours pour les villes de demain
Particulièrement dynamique, la scène de la tech africaine poursuit son développement et attire de plus en plus l’attention des acteurs internationaux de l’innovation. Parmi les secteurs qui voient naître et croître de nombreuses startups africaines ces dernières années, celui de la ville fait partie des plus dynamiques. Engagé dans une démarche d’innovation et d’ouverture vers le continent africain,∫
Pour cette IVe édition, les projets présentés devaient s’inscrire prioritairement dans l’un des domaines suivants : ● Innover en matière d’énergie face au changement climatique ● Optimiser la gestion de la ressource en eau ● Favoriser le réemploi de matériaux ● Encourager les mobilités douces. Ainsi, l’aménageur poursuit son sourcing de porteurs de projets capables de développer des solutions adaptées aux territoires africains et méditerranéens.
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Les finalistes auditionnés à l’occasion d’Emerging Valley, les 27 et 28 novembre 2023
Pour cette IVe édition, 5 talentueuses entreprises africaines ont retenu l’attention du jury, composé de plusieurs partenaires d’Euroméditerranée :
BIOHEAT : cette startup tunisienne transforme les grignons d’olives en un combustible écologique, produisant moins de CO2 que le bois tout en offrant une haute performance calorifique. Dirigeant : Yassine KHELIFI
ECOPLAST INNOV : présente en Côte d’Ivoire, la startup Ecoplast Innov transforme les déchets plastiques et les pneus usagés en matériaux de construction et de revêtements pour l’intérieur et l’extérieur. Les pavés et les plaques décoratives sont 100 % recyclables. Elle s’occupe également de la sensibilisation, de l’enlèvement, du tri, du recyclage et réalise des services d’accompagnement aux entreprises. Fondatrice : N’da Amenan Edith KOUASSI
HABIDEM : entreprise mauritanienne, Habidem valorise des ressources locales en créant un isolant thermique biosourcé à partir du Typha, une plante nuisible. Dirigeant : Oumar WELE.
SASA PLAST : l’entreprise Sasa Plast, fondée en Mauritanie, transforme les déchets plastiques en pavés de rue, parpaings et bordures pour la construction. En plus de contribuer à la protection de l’environnement, l’entreprise soutient l’indépendance économique des femmes grâce à l’emploi. Fondateur : Cheikhna COULIBALY.
VIABLE WAYS CORP : fondée au Maroc, cette startup a mis au point une solution technologique pour améliorer la gestion des exploitations agricoles. Grâce à une application web et mobile, l’utilisateur peut gérer en temps réel les ressources ainsi que l’irrigation. Elle offre également des prévisions météorologiques et des actions préventives permettant d’optimiser la gestion de la ressource en eau. Fondateur : Yahya LOUGAGHI.
Les 5 finalistes sont invités à pitcher les 27 et 28 novembre 2023, durant le Sommet Emerging Valley à The Camp à Aix-en-Provence, près de Marseille. Ce rendez-vous, qui réunit les leaders de la Tech Afrique-Europe, sera une occasion unique pour ces porteurs de projets de renforcer leur visibilité et tisser des partenariats internationaux.
Le jury désignera ensuite deux lauréats lors de la cérémonie de remise des prix : « Le prix du jury » et « Le prix coup de cœur ». Tous deux bénéficieront d’un soutien financier pouvant aller jusqu’à 7 000 euros, et d’un accompagnement personnalisé de l’écosystème entrepreneurial local, afin de les aider à trouver des investisseurs et partenaires industriels en Europe et en Afrique.
● CHIFFRES CLÉS DE MED’INNOVANT 2023
> 175 dossiers déposés sur la plateforme
> 32 % de candidatures d’entrepreneures féminines
> Une vingtaine de pays africains représentés, avec une nette augmentation des candidatures en provenance d’Afrique de l’Est.
À propos d’Euroméditerranée – Depuis 1995, l’Établissement Public d’Aménagement Euroméditerranée (EPAEM) conçoit, développe et construit la ville méditerranéenne durable au cœur de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Labellisé ÉcoCité » depuis 2009, le périmètre d’intervention d’Euroméditerranée de 480 ha à Marseille constitue un véritable laboratoire d’expérimentation pour tester les solutions, services et dispositifs innovants qui feront partie intégrante de la ville de demain.
J’ai commencé ma scolarité à l’école primaire de Boully où j’ai découvert les bases de l’éducation. Cette période a été cruciale pour mon développement initial, où j’ai appris à lire, à écrire et à résoudre des problèmes mathématiques. C’est à ce moment que j’ai pris goût à l’apprentissage et que j’ai commencé à développer les compétences de base.
• Collège :
Après l’école primaire à Boully, j’ai poursuivi ma scolarité au collège de Selibaby. Cette étape a été marquée par l’exploration de matières variées, allant des sciences aux lettres, en passant par les langues étrangères comme l’anglais.
• Lycée :
Après le collège, j’ai toujours poursuivi mes études au sein de lycée de Selibaby. À ce niveau, de mon parcours, j’ai choisi de me concentrer plus sur des matières qui m’intéressaient le plus, notamment les matières littéraires. Grâce à une excellente formation dispensée par ce lycée, j’ai obtenu mon baccalauréat en 2007.
• Début du parcours universitaire à l’Université de Nouakchott :
Après avoir obtenu mon baccalauréat, j’ai intégré la faculté des sciences juridiques et économiques de l’Université de Nouakchott pour y poursuivre mes études supérieures de 2008 – 2011. En travaillant sérieusement, j’ai réussi à valider toutes mes trois années universitaires avec mention. Arrivée à la maîtrise (master 1), je me suis orienté vers la carrière judiciaire en choisissant de m’inscrire en Droit judiciaire privé. En travaillant très dur, j’ai pu sortir major ma promotion en 2011 et j’ai choisi d’approfondir mes études par la réalisation d’un troisième cycle en France.
• Master et doctorat et suites en France :
Fin 2011, je me suis inscrit en master à l’Université Sorbonne Paris Nord. J’y ai obtenu mon master 2 en Droit privé (option Contentieux), en 2013.
Après le Master 2, j’ai décidé de passer un Diplôme universitaire en Droit des affaires et de l’entreprise à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, en 2014.
Mon parcours académique m’a finalement mené à la réalisation d’un doctorat en droit privé à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas sur le procès civil. J’ai soutenu ma thèse en novembre 2021 avec la mention très honorable assortie des félicitations du jury.
Cette phase a été la plus exigeante de mon parcours, mais aussi la plus gratifiante. J’ai effectué des recherches originales sur la notification des actes du procès civil. Aussi, j’ai pu enseigner différentes matières de droit privé au sein des grandes universités telles que l’Université Paris 2 Panthéon-Assas et l’Université Paris Nanterre et j’ai publié des articles scientifiques dans de grandes revues spécialisées. Mon doctorat est le couronnement de mes années d’efforts et de dévouement envers l’apprentissage et la recherche.
École de formation professionnelle des barreaux de la cour d’appel de Paris
Après mon doctorat, j’ai intégré l’école de formation des avocats des barreaux de Paris. À l’issue deux ans de formation, j’ai passé en juillet 2023 avec succès les épreuves de sortie pour avoir le diplôme d’avocat, officiellement appelé : Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA). Diplôme qui m’autorise à exercer le métier d’avocat.
En résumé, mon parcours académique illustre ma passion pour l’éducation, mon engagement envers l’acquisition de connaissances. Je suis reconnaissant envers tous ceux qui m’ont soutenu tout au long de ce voyage, parfois très difficile, et je suis enthousiaste à l’idée de continuer à explorer de nouvelles opportunités d’apprentissage et de recherche dans le futur.
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Enfin, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de partager mon parcours académique avec vous.
Abdoul YATERA, Docteur en droit privé de l’Université Paris-Panthéon-Assas Titulaire du certificat d’aptitude à la profession d’avocat
Le Docteur Mouhamadou SY est un passionné des mathématiques, expérimenté et dévoué avec un amour profond pour l’enseignement et la recherche grâce aux fruits d’un parcours académique exceptionnel passé dans les universités les plus prestigieuses du monde. Fort d’une expérience enrichissante en Europe et aux Etats-Unis, il consacre sa carrière à la recherche, à inspirer et à guider la jeune génération dans le monde fascinant des mathématiques. Ce qui lui a valu d’être porté à la tête de la chaire de recherche intitulé « Mathematiques et ses Applications » du prestigieux AIMS « African Institute for Mathematical Sciences » (Institut Africain de Sciences mathématiques). Un parcours d’excellence couronné par une thèse de Doctorat
De nationalité mauritanienne, Dr Mouhamadou Sy est un chercheur en mathématiques. Après son Bac C décroché avec brio en 2009, il va poursuivre ses études supérieures en mathématiques à l’université de Cergy-Pontoise en France où il s’impose tout de suite à la tête du classement des meilleurs étudiants de sa promotion malgré les conditions de vie particulières. Durant toute sa licence, il travaille comme professeur particulier afin de subvenir à ses besoins et financer ses études. Ses brillants résultats de licence ont été récompensés par une bourse d’une année de master octroyée par la RATP.
Une année plus tard, en tant que major de sa promotion, Mouhamadou Sy décroche la bourse d’excellence de l’université de Cergy-Pontoise pour effectuer son master 2. Ses excellents résultats font de lui l’un des étudiants les plus prometteurs de la région Ile-de-France et sont récompensés par un « prix au mérite en Sciences » attribué par l’Académie de Paris en 2014. La même année, il est retenu par le jury de la très prestigieuse bourse DIM pour un financement de trois ans afin de préparer une thèse de doctorat. Il soutiendra cette thèse en 2017 sous la direction de Professeur Nikolay Tzvetkov et de Professeur Armen Shirikyan à l’université de Cergy-Pontoise.
Les résultats de recherche de Docteur Mouhamadou Sy ont très vite attiré l’attention de la communauté mathématique bien avant la soutenance de sa thèse. Il sera très vite invité à les exposer lors des grandes conférences internationales et à des séminaires, y compris en Amérique dans des universités réputées comme Brown et le MIT. En 2018, il signe un contrat d’Associé de Recherche avec l’université Virginia aux Etats-Unis où il reste 3 ans. Il rejoint par la suite l’Angleterre et notamment le très réputé Imperial Collège London où il travaille avec le lauréat de la médaille Fields Martin Hairer. Docteur Sy fera ensuite son retour aux Etats-Unis à Johns Hopkins University, l’une des plus prestigieuses du monde.
Une production d’ouvrages scientifiques
Dr Mouhamadou Sy participe aussi activement à la production intellectuelle avec la publication de ses recherches et ouvrages en mathématiques. Il faut dire que le très jeune chercheur a publié ses recherches dans de très prestigieuses revues internationales.
Les thèmes de recherche de Dr Sy sont parmi les plus actifs de la recherche mathématique. Les équations de la dynamique des fluides et celles de l’optique non linéaire regorgent de puzzles extrêmement difficiles à solutionner et sont listées parmi les plus grands défis mathématiques du millénaire. Puzzles qu’il aborde avec des techniques probabilistes au développement desquelles il a déjà significativement contribué.
À côté de la recherche mathématique, Docteur Sy s’est vite intéressé aux questions de développement scientifique du continent africain dans le sillage du professeur Cheikh Anta Diop. C’est ainsi qu’il a posé et porté la question de la place des langues africaines comme moyens privilégiés d’éducation scientifique de masse. Dans ce volet de son engagement social et scientifique, sa contribution se compte à hauteur de trois (3) ouvrages de mathématiques (élémentaires, moyennes et avancées) écrits en langue Pulaar/ Fulfulde et de nombreux articles de vulgarisation scientifique.
Lors des conférences internationales organisées notamment par l’Unesco, Dr Mouhamadou Sy a défendu la promotion scientifique des langues africaines et leur introduction aux systèmes éducatifs.
Institut Africain de Sciences mathématiques, un nouveau défi
Après une riche expérience internationale dans la recherche et l’enseignement des Mathématiques, Dr Mouhamadou Sy décide de rentrer en Afrique et de rejoindre le prestigieux « Institut africain de Sciences mathématiques » (AIMS : African Institute for Mathematical Sciences) où il officie depuis le mois d’août dernier en tant que titulaire de la chaire de recherche financée par le ministère fédéral allemand de l’éducation et de la recherche à travers la fondation Alexander von Humboldt et le service d’échange académique allemand (DAAD).
Dans cet ambitieux projet qui mobilise plus d’un milliard de FCFA, l’objectif de Docteur Mouhamadou Sy et de ses collaborateurs allemands est avant tout d’offrir une formation de qualité à des jeunes africains en sciences mathématiques et leurs applications. Cette formation comprend les trois niveaux pré-doctoral, doctoral et postdoctoral avec en vue une préparation en techniques poussées de modélisation mathématique, d’analyse des modèles et de leurs applications. Sa toute première activité de formation vient d’avoir lieu : 15 jeunes africains venus de quatre pays différents ont suivi en octobre au centre AIMS une formation accélérée aux thèmes des équations aux dérivées partielles, de l’analyse stochastique et de leurs applications.
Pour Dr Sy : « Deux défis majeurs se posent aux mathématiciens africains : d’une part, il leur incombe de s’imposer à l’échelle globale avec une recherche novatrice et, d’autre part, il faut s’assurer d’une applicabilité de leur expertise à la résolution de problèmes concrets qui se posent au développement économique et social du continent africain. »
La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) reçoit comme invité, monsieur Yahaya SOUKOUNA. Il est diplômé en sciences politiques et originaire du Mali (issu de la communauté soninké). Dans cette interview, il nous sert de pertinentes analyses sur diverses thématiques abordées. Nous lui adressons nos vifs remerciements pour sa disponibilité.
Ci-dessous l’intégralité de l’entretien :
● Question 1 : Bonjour monsieur SOUKOUNA, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Yahaya SOUKOUNA : Bonjour, je suis Yahaya SOUKOUNA, français d’origine malienne, diplômé en Sciences politiques et en Administration publique. Ancien collaborateur parlementaire, je suis actuellement consultant en stratégie internationale. Je conseille des acteurs du secteur public et privé sur divers sujets stratégiques. Je les accompagne vers la prise de décision, sur leur réorganisation structurelle et sur leurs choix stratégiques globaux. Durant mes temps libres, j’officie en tant qu’entraîneur dans un club de football amateur, j’y entame ma neuvième saison. Il m’arrive aussi d’écrire. Il y a deux ans, j’ai sorti un abécédaire autobiographique et je suis actuellement en train de finaliser un nouvel ouvrage portant sur l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger de 2015.
● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)
YS : Avant toute analyse, j’aimerais témoigner ma fierté d’appartenir à la communauté soninké vivant en France. Je pense intimement que l’héritage culturel que nos aînés nous ont légué doit demeurer intact et poursuivre son cheminement générationnel. La solidarité, le partage, l’humilité, la discrétion et le respect de l’aîné sont autant de valeurs qui doivent perdurer. À notre tour, on se doit d’être les futures courroies de transmissions de ce « package » ancestral. Pour me recentrer sur la question, il me paraît important de préciser un aspect singulier à la communauté soninké sur le plan migratoire. Cette dernière immigre considérablement à travers le monde entier. L’Europe, principalement la France et l’Espagne, le continent africain, et l’Amérique du Nord, sont les principales destinations de la communauté native d’Assouan en Égypte. Elle se trouve donc fortement impactée par les tendances contemporaines de ce puissant enjeu géopolitique qu’est la migration. En effet, la fragilité des marchés financiers et les crises engendrées, à l’image de celle de 2008, ont profondément bouleversé l’ordre mondial. Les économies mondialisées ont toutes été fortement perturbées, entraînant des conséquences en cascade. L’occident, principale terre d’accueil de migrant, a connu une baisse radicale de l’interventionnisme étatique et un élargissement de la paupérisation de sa société. C’est dans ce contexte que s’est diffusé un profond sentiment patriotique nationaliste provoquant l’émergence de mouvements réfractaires à l’accueil des personnes étrangères, les estimant responsables de la baisse de leur niveau de vie. Paradoxalement en Afrique, la multiplication des conflits, l’instabilité politique, l’affaissement du niveau de vie et le difficile accès à l’éducation et à la santé ont renforcé le désir d’exode d’une part importante de la jeunesse en quête d’un avenir meilleur. Malgré les mesures drastiques imposées par les autorités méditerranéennes, les vagues migratoires s’intensifient et s’échouent le long des côtes marocaines, espagnoles et italiennes avec son lot de rescapés et de morts que la mer avale. Nous assistons à la collision de ces deux réalités dynamiques qui ne semble pas promises à la convergence. Pire encore, avec la montée des groupes extrémistes et la détermination de ceux qui désirent l’eldorado, les prochains rendez-vous s’annoncent inquiétants.
● Question 3 : Ces derniers jours, le gouvernement malien a annoncé le report de l’élection présidentielle (initialement prévue en février), pouvez-vous nous éclairer sur les données politiques et sécuritaires dans le pays actuellement ?
YS : Depuis l’an 2020 et la chute du régime du président Ibrahim Boubacar Keita, le Mali est dans une transition. De 2020 à 2021, celle-ci fut civile et militaire, dirigée par l’ancien président Bah N’daw. Pour des raisons difficilement déchiffrables, ce dernier a été renversé en 2021 par le colonel Assimi Goïta qui est depuis devenu le président de la transition. Des élections présidentielles devaient avoir lieu, mais ont été reportées par le régime, entraînant une batterie de sanctions de la part de la communauté internationale et des organisations sous-régionales sous l’impulsion de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Des négociations ont abouti sur l’organisation d’élections présidentielles en février 2024 et ont permis de lever une partie des sanctions économiques qui participaient à la tentative d’asphyxie de l’économie malienne. Ce laps de temps a permis aux autorités de faire voter une nouvelle constitution. Projet que leurs prédécesseurs, démocratiquement élus, ont initié sans parvenir à leur terme. Dans un récent communiqué, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé le report des élections présidentielles de février 2024 à une date ultérieure de quoi alimenter les suspicions quant aux désirs des autorités de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Il faut noter que ce report s’établit dans un contexte sécuritaire des plus tendus que certains observateurs assimilent à celui de 2012. Cette période dans laquelle les combats entre l’armée malienne et les mouvements rebelles associés aux groupes jihadistes ont entraîné la scission du pays en deux et la proclamation de l’Azawad par le mouvement national de Libération de l’Azawad (MLNA). Aujourd’hui, la situation est confuse. On assiste d’une part à l’intensification par l’armée d’opérations de communication et de reconquête du territoire vers le nord du pays à mesure que la mission onusienne de maintien de la paix (MINUSMA) libère les camps qu’elle occupait. Concomitamment, des actes terroristes sont perpétrés sur l’ensemble du territoire laissant penser à une fragile restauration de la sécurité dans le pays. Ajoutons à cela, une recrudescence des affrontements entre l’armée malienne et les mouvements jihadistes, mais également, une détérioration des relations entre l’État et une partie des mouvements signataires de l’Accord d’Alger (Le Cadre Stratégique Permanent). Tout cela a pour effet de prolonger l’imbroglio du cas malien. Un rapide retour à l’ordre constitutionnel répondrait bien plus à des injonctions de la communauté internationale qu’a une nécessité immédiate pour la restauration d’un État unitaire et stable.
● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?
YS : La problématique de l’esclavage par ascendance est un sujet d’une extrême sensibilité, mais qui requiert un positionnement clair. La mienne est que ces pratiques doivent cesser d’exister. Je crois aussi que pour traiter un phénomène de cette ampleur, il faut avoir l’humilité de l’étudier, non pas pour cautionner, mais pour comprendre le pourquoi de la pérennité de ce procédé ancestral qui nuit au fonctionnement harmonieux de communautés qui très souvent se ressemblent. Il est important de s’intéresser en profondeur aux raisons qui distinguent le droit pour une communauté de jouir de pouvoirs réducteurs et humiliants vis-à-vis d’une autre contre son gré. Même si cette variante de l’esclavage existe au sein de la communauté soninké, ce phénomène que l’on peut penser mineur et bien plus répandu que l’on ne pourrait le croire. Il trouve des germes dans les 5 grands continents et répond à des règles, des coutumes, des rituels qui doivent être déconstruits par le dialogue, la médiation, et si nécessaire, par des réponses pénales. Même s’il existe des organismes internationaux qui traitent le sujet, la réponse politique globale est bien en deçà de l’ampleur que représente le fléau. Je crois qu’à l’image d’un sujet fédérateur comme l’écologie, la lutte contre l’esclavage par ascendance mérite une place beaucoup plus épaisse dans les principaux engagements des états concernés par ce phénomène. Conscient que dans certaines régions du monde, il participe à calibrer certaines sociétés (et/ou communautés), et que toute tentative d’entrave menacerait certains équilibres de pouvoir. Néanmoins, sa lutte doit être prise à bras le corps. Ce faisant, des mécanismes internationaux devraient contraindre les États à montrer patte blanche en matière de lutte.
● Question 5 : la France connaît diverses frictions diplomatiques avec certains pays du Sahel (ses anciennes colonies), pouvez-vous nous donner quelques éléments de compréhension sur ces relations dans l’actuel environnement géopolitique mondial ?
YS : Depuis quelques années, la France rencontre des difficultés sur le plan diplomatique, peine à maintenir un dialogue serein avec une partie de ses anciennes colonies sahéliennes, et perd de son influence historique sur une partie de plus en plus grande du continent. Les nombreuses et récentes attaques verbales par communiqués interposés entre Paris et les principaux régimes militaires de la bande sahélienne que sont Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina Faso) et Niamey (Niger) témoignent de la fragilité des rapports existants. Nous sommes bien loin de l’an 2013 où le président français Francois Hollande avait reçu un accueil triomphal par une foule en liesse à Bamako lors du lancement de l’opération SERVAL, destinée à repousser l’avancée des jihadistes, qui étaient parvenus jusqu’au centre du pays à Kona. « La journée la plus importante de ma vie politique », avait-il lancé. La nouvelle tendance relationnelle entre la France et ces états sahéliens ne se résume pas qu’aux relations d’ordre politique ou protocolaire, mais s’étend désormais à la société civile. En effet, la longévité de la présence militaire étrangère sur le sol africain et les quelques abus qui en ont découlé ont créé de la frustration chez une partie des populations. De plus, l’absence de résultats des opérations militaires telles que Serval, Barkhane, et la Minusma, et leur incapacité à libérer les zones occupées du nord du Mali notamment, ont également suscité un rejet de celles-ci par les populations concernées. Par ailleurs, avec la montée en puissance de l’accès aux nouvelles technologies, le continent s’informe vite et s’éduque. Au cœur de la jeunesse africaine émerge un vaste désir d’affranchissement avec ses anciennes colonies, particulièrement avec la France. À dominante musulmane par leur composition, leurs us et coutumes, les populations sahéliennes sont particulièrement sensibles au traitement qui est infligé à leur coreligionnaire dans la sphère médiatique française depuis quelques années. L’ensemble de ces facteurs fragilise la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines. Cela offre l’opportunité géopolitique pour une nation comme la Russie de revenir au devant de la scène en réactivant l’importante influence « soviétoafricaine » qui était la sienne lors des successions d’indépendance. Et cela à l’image de celle avec la Guinée de Sékou Touré dès 1958 et du Mali de Modibo Keita dès 1960. Depuis le coup d’État malien de 2020, la relation avec la France bat de l’aile. D’un autre côté, le Mali et la Russie se sont fortement rapprochés aussi bien sur le plan militaire, qu’économique, et diplomatique. De quoi susciter des rivalités sur fond d’influence. Le Mali est au cœur d’enjeux géopolitiques c’est pourquoi nous sommes en droit de nous interroger sur la question suivante : le pays n’est-il pas involontairement devenu l’un des instruments d’une nouvelle Guerre froide qui ne dit pas son nom ?
Mohamedou Sow à la Station marine d’Arcachon, 2023
Mohamedou Sow est ingénieur de Recherche à l’Université de Bordeaux. Après son master en ingénierie mathématique, il soutient sa thèse en Statistiques appliquées à l’analyse des données environnementales en mai 2011. Depuis l’obtention de sa thèse en cotutelle avec l’Université de Toronto, il travaille au sein de l’unité mixte de recherche 5805 environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux (UMR 5805 -EPOC) à l’Université de Bordeaux. Sow est actif dans le monde associatif bordelais, particulièrement au sein de l’Association des Étudiants et Ressortissants Mauritaniens en Gironde (AERMG) devenue association des mauritaniens de la Nouvelle Aquitaine (AMNA). Il fut plusieurs fois vice-président de cette association entre 2013 à 2017 ; notamment président de 2015 à 2016. Le 24 octobre 2023, paraît un article scientifique du Dr Sow dans Marine Pollution Bulletin en collaboration avec l’institut mauritanien de recherches et des pêches océanographiques (IMROP) dont Dr Moulaye Wagne, co-auteur, est membre. Cette étude est intitulée «Distribution du mercure dans les organes de poissons échantillonnés dans la zone exclusive mauritanienne (ZEE) ». Le lien est le suivant : https://authors.elsevier.com/a/1hyX%7E,asi64rr. A côté de quelques pistes de recherches et travaux dans le domaine, Dr Sow, mauritanien installé en Nouvelle Aquitaine en France, chercheur chevronné, originaire de Mbout dans la région du Gorgol ; innove par une importante approche en abordant également l’aspect sur santé humaine. Le papier a suscité un intérêt majeur auprès de la communauté scientifique. Ci-dessous les mots de présentation de l’article scientifique, publié par une grande revue scientifique, parvenus à notre média :
Localisation des différents sites d’échantillonnage
« Le mercure (Hg) est généralement considéré comme l’un des métaux le plus toxiques rencontrés dans l’environnement. Il est libéré dans l’atmosphère par des processus naturels tels que le vulcanisme, l’érosion des sols et le dégazage des océans. Néanmoins, la majorité des contaminations associées au Hg proviennent d’activités anthropogéniques, telles que l’extraction de l’or, les activités industrielles et l’élimination des déchets. Deux formes de contamination mercurielles peuvent affecter la santé des populations locales : inhalation directe des vapeurs de mercure et l’ingestion de poissons présentant de fortes teneurs en méthylmercure (MeHg). Cette contamination peut entraîner des altérations significatives des fonctions du système nerveux. La présence de Hg dans les poissons résulte de deux processus : la bioaccumulation du métal au cours de la vie du poisson et la bioamplification le long du réseau trophique (Maury-Brachet et al., 2006). Le méthylmercure (MeHg), la forme organique et la plus toxique pour les organismes vivants, tend à se bioaccumuler au sein de la chaîne trophique augmentant ainsi le risque pour l’environnement. Le Hg est transféré le long de la chaîne trophique par des processus de bioamplification jusqu’à ce qu’il atteigne les humains, qui sont au bout de la chaîne. Le poisson est une excellente source de protéines de haute qualité, d’oméga-3 et de diverses vitamines (Moxness Reksten et al., 2020 ; FAO, 2021). Cependant, il peut également être source de contaminants, tels que les métaux, les polluants organiques et les plastiques. Malgré l’intensification des activités humaines (l’accroissement du transport maritime ; l’exploitation pétrolière et gazière offshore) le long de la côte mauritanienne, l’augmentation du flux de Hg et la forte menace que cela représente pour la faune, les communautés locales, et la biodiversité, cette contamination est peu documentée. Dans notre étude, nous avons évalué 1) la concentration totale du mercure dans sept espèces #pélagiques (Auxis rochei, Caranx rhonchus, Sardina pilchardus, Sardinella aurita, Sardinella maderensis, Scomber colias et Trachurus trecae) les plus consommés et commercialisées dans le monde, 2) la relation entre l’organotropisme du Hg et les régimes alimentaires, 3) le risque lié à la consommation des différentes espèces de poissons. Afin d’évaluer le niveau de contamination de la zone économique exclusive (ZEE) Mauritanienne, nous avons aussi comparé les concentrations mesurées avec les résultats obtenues pour les mêmes espèces dans des études réalisées dans d’autres pays #Senegal, #Maroc et #Portugal. Notre étude apporte de nouvelles informations sur l’accumulation et la distribution du mercure dans différentes espèces de poissons de la ZEE Mauritanienne et son lien avec les régimes alimentaires.
• Les concentrations dans les différentes espèces sont très faibles et aucune des valeurs ne dépasse le seuil limite pour la consommation humaine. • L’accumulation et la distribution du mercure chez les espèces de poissons dépendent du régime alimentaire. • Les concentrations de mercure dans les muscles sont plus élevées chez les poissons carnivores que les poissons omnivores, à l’exception de Scomber colias, suggérant une bioamplification du mercure le long de la chaîne trophique. • Des différences significatives ont été observées entre les concentrations de mercure dans le muscle et le foie
La présente étude est, à notre connaissance, la première à quantifier la distribution du mercure au sein d’organes (muscle et foie) d’espèces pélagiques le long de la ZEE mauritanienne. D’autres études sont nécessaires afin de comparer les niveaux de contaminations des différents sites étudiés et de voir si les sites à proximité d’activités anthropiques, telles que l’orpaillage et les activités industrielles, sont plus contaminés, et de surveiller leurs impacts sur la santé humaine. En Afrique, où la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité, il est essentiel de garantir la sécurité alimentaire des ressources naturelles du continent.» Dr Mohamedou Sow
Image prise lors la Rencontre des Compétences et Expertises Nationales, Nouakchott, le 29 et 30 décembre 2013
Lire, c’est découvrir divers cieux et personnages, et ainsi affiner nos opinions sur un tel ou un tel sujet. Cet ouvrage de notre frère Malle Soukouna, consacré à cette personnalité de la vie publique contemporaine du Mali, est très informatif pour les lecteurs intéressés. Ici il s’agit de l’imam Mahmoud Dicko. L’auteur le présente comme l’une des personnalités les influentes en 2020 au Mali. L’homme reconnaissable par son accoutrement familièrement sahélien est une figure marquante dans l’environnement socio politique et religieux malien. Natif de la localité de Tonka en 1954 dans la région de la célèbre et ancestrale ville de Toumbouctou, il a été un agent plus ou moins influent dans la sphère publique de son pays depuis les débuts des années 1990 avec la chute du général Moussa Traoré. Particulièrement, il est une voix très écoutée dans la communauté musulmane du pays de Modibo Keita. Son parcours scolaire et estudiantin l’avait mené en Mauritanie et en Arabie Saoudite. Il est reconnu comme ayant beaucoup de connexions sociales cordiales avec nombre de groupes sociolinguistiques du peuple malien. Comme l’auteur l’a relevé à propos de ses relations avec la communauté soninké. Ces dernières années, son aura a beaucoup servi dans l’engagement populaire contre le régime de l’ancien président IBK (feu Ibrahim Boubakar Keita), notamment au sein du mouvement M5 RFP. Actuellement, ses soutiens politiques et partenaires de la société civile forment la CMAS (La Coordination des Mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko). Cette plateforme sociale et politico-religieuse serait en froid avec la junte militaire au pouvoir qui a repoussé récemment l’échéance électorale prévue dans le chronogramme de la transition. Le livre de monsieur Soukouna donne diverses clés de compréhension sur certains mécanismes sociaux, politiques et religieux du Mali d’hier, d’aujourd’hui en phase de « refondation » et de demain pour assoir un ordre étatique correspondant aux réalités très mouvantes. Encore un écrit concis avec plein d’enseignements pour un lecteur curieux. À recommander !
EN BREF | Cridem – La rédaction de Cridem félicite son journaliste BabacarBAYE NDIAYE sélectionné, ce mardi 3 octobre, par le commissariat général du Prix Cultura, pour recevoir un Prix d’Honneur pour son exceptionnel engagement dans la promotion de la culture.
« Nous sommes ravis de vous annoncer que vous avez été sélectionné pour recevoir un prix d’Honneur pour votre exceptionnel engagement dans la promotion de la culture. Votre dévouement inlassable à la cause de la culture a eu un impact significatif et inspirant. Votre travail a été reconnu non seulement par notre comité de sélection, mais également par la communauté artistique et culturelle dans son ensemble », indique M. Tanguy Blais, Commissaire Général du Prix Cultura, dans un courrier .
« Ce grand Prix d’Honneur est le reflet de notre plus profonde admiration pour votre contribution inestimable à la promotion de la culture », a ajouté M. Tanguy Blais.
« C’est une victoire pour la Mauritanie dont le travail de l’un de ses fils a été reconnu. J’exprime ma reconnaissance au comité de sélection qui a pensé à ma personne ainsi qu’à Kane Limam dit Monza, fondateur d’Assalamalekoum Festival, pour son travail de lobbying», a réagi Babacar BAYE NDIAYE qui anime la rubrique « Culture » sur Cridem depuis 2010.
Babacar BAYE NDIAYE est également webmaster de Cridem depuis 2014.
La cérémonie de remise des prix Cultura aura lieu le 11 novembre 2023 à l’hôtel Azalaï (Abidjan).
En matière de contenu journalistique dans l’arène médiatique francophone en Mauritanie, le Directeur de publication du site Web OndeInfo fait partie de plumes percutantes et portées dans une dynamique généraliste et surtout droit-de-l’hommiste.
Le natif de Selibaby dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien), M. SIDIBÉ est une voix humaniste qui éveille et interpelle l’opinion publique à propos de diverses thématiques sociales et politiques.
Habitué intrépide à un langage juste et futé sur les problématiques liées aux injustices sociales dans le pays et en particulier au sein de son groupe sociolinguistique, les soninké, il est un journaliste engagé qui œuvre résolument pour la promotion des valeurs citoyennes, d’égalité et pour un réel changement des mentalités.
Il dénonce inlassablement l’esclavage chez les Soninké que d’aucuns appellent féodalité ou système de caste, somme toute une légitimation de l’injustice et la discrimination dans un pays où en théorie les pratiques esclavagistes sont criminalisées.
Un tel engagement est mal vu et même combattu par les suprematistes et théoriciens de l’inégalité des hommes à la naissance. On est tenté de dire que ses prises de positions lui ont causé de torts professionnellement.
Nous lui consacrons cette modeste contribution retraçant un portrait sommaire de son poids intellectuel conséquent pour l’avènement d’une cohésion nationale et communautaire sur de références de justice et d’égalité.
Nos vifs encouragements à lui pour cet investissement droit-de-l’hommiste très louable. À lire ici jointes quelques-unes de ses publications :
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