● L’unité nationale en Mauritanie : leurre ou lueur d’espoir ? | Par M. Souleymane Sidibé

En 1990, trente ans après le Soleil des Indépendances, lors du discours de La Baule, François Mitterrand, président français, appelait les États africains à s’engager dans la démocratisation en conditionnant l’aide au développement à l’ouverture politique. Cet appel marqua un tournant décisif en Afrique francophone et poussa des pays comme la Mauritanie à adopter le multipartisme en 1991.
Cette ouverture est une opportunité pour construire une véritable unité, fondée sur l’inclusion et la justice sociale. De ce fait, l’unité nationale est célébrée comme l’un des piliers fondamentaux de tout État moderne. Au cours des dialogues entre l’opposition et le pouvoir -souvent disposant de la majorité-, ce concept revient. Dans notre république, il résonne particulièrement fort, tant dans les discours politiques que dans les aspirations populaires.
Pourtant, derrière cet idéal se cachent des réalités plus complexes qui méritent une réflexion approfondie. Pourtant, plus de trois décennies après, la Mauritanie reste confrontée à des défis majeurs concernant les questions sociales, économiques et politiques.
À première vue, l’unité nationale semble être une nécessité, un impératif pour garantir la stabilité et la prospérité. Cependant, si l’on observe de plus près, on constate que cet objectif reste souvent hors de portée —pour le moment. Les inégalités économiques persistantes, les exclusions politiques systématiques, la gestion tribale du pouvoir, l’influence militaire omniprésente, ainsi que les choix idéologiques en matière de langue et d’éducation continuent d’entraver l’émergence d’une véritable cohésion nationale.
Dans ce contexte, l’unité nationale en Mauritanie est-elle une réalité en construction ou un leurre soigneusement entretenu ? Cette analyse propose d’explorer les soubassements internes, tout en mettant en lumière les perspectives d’unité fondée sur une gouvernance plus équitable et inclusive.

I. L’unité nationale : une aspiration légitime, mais un idéal fragile
L’unité nationale, dans son sens le plus profond, repose sur l’idée d’une appartenance commune à une même nation, au-delà des différences de culture, de langue ou d’ethnie. En République islamique de Mauritanie, cette aspiration est « théoriquement » partagée par la majorité des citoyens. Cependant, dans la pratique, sa réalisation se heurte à plusieurs « Hurdles » décisifs.
1. La diversité, entre richesse et tensions
Le pays, riche de sa diversité culturelle et géographique, aspire à l’unité, mais les fractures sociales, économiques et politiques sont toujours présentes et profondément enracinées. Dans cette nation mosaïque se trouve un peuple métisse. Cette diversité culturelle unique,  se manifeste avec une population composée de Maures (Beïdane et Haratines), Peuls, Soninko, Wolofs et Bambaras. Cette diversité, au lieu d’être un facteur de cohésion, devient parfois un terrain fertile pour les crispations, exacerbées par des discriminations sociales et économiques persistantes, malgré l’adoption, au fil des années, de plusieurs lois d’orientation et lois organiques visant à renforcer l’unité nationale et à en garantir le respect.
Alors que l’enrichissement de cette diversité tout en optant pour une culture citoyenne entièrement pourrait constituer un fondement solide pour une unité nationale basée sur la reconnaissance de chaque culture et identité, la réalité montre que les crispations identitaires et les inégalités nourrissent une forme d’exclusion. La construction d’une nation unie passe par une gestion inclusive de cette diversité, mais cette gestion semble, jusqu’à présent, manquer d’efficacité.
2. Unité nationale : des fondements institutionnels fragiles ?
Tout au long de son histoire politique, plusieurs initiatives ont été mises en place pour promouvoir l’unité nationale. Des symboles ont été créés, des discours officiels prononcés et des efforts de réconciliation engagés, notamment avec le retour des réfugiés et la lutte contre l’esclavage. Pourtant, ces avancées restent fragiles face aux disparités persistantes dans l’accès aux leviers du pouvoir, aux exclusions politiques et aux inégalités économiques. En somme, les fondements d’une véritable cohésion nationale demeurent précaires. Les fractures sociales et économiques se reflètent dans une gestion politique marquée par une inclusion sélective, tandis que certains dénoncent une hégémonie culturelle.
Ainsi, l’unité nationale ne saurait se limiter aux discours ; elle exige des actions concrètes en faveur de l’inclusion sociale, de l’égalité des chances et de l’équité politique entre les femmes et les hommes, ainsi qu’entre les différentes communautés culturelles. En l’absence de réformes structurelles profondes visant à combattre le système des castes, le tribalisme, le régionalisme et tous les autres -ismes qui divisent, sauf le patriotisme, cet idéal restera hors de portée. L’unité nationale demeure un projet en construction, nécessitant des réformes courageuses et une volonté sincère d’inclusion pour devenir une réalité partagée par toutes et tous.

II. Inégalités économiques : un obstacle majeur à l’unité
L’une des causes profondes des inégalités en Mauritanie réside dans l’inégale répartition des richesses et des ressources. Malgré un potentiel économique important, grâce à l’exploitation des ressources naturelles telles que le fer, le gaz et le pétrole, les bénéfices économiques ne sont pas répartis de manière équitable. Une petite élite détient le contrôle de la majorité des secteurs économiques, laissant indifféremment une large partie de la population dans une précarité constante.
1. Une élite économique fermée
Les inégalités économiques, aggravées par les obstacles liés à l’enrôlement à l’état civil et par un système éducatif ne répondant pas aux normes internationales, ne se résument pas à un simple écart entre riches et pauvres. Elles sont renforcées par une structure sociale figée et par le monopole d’un groupe sur l’ensemble des leviers économiques, limitant l’accès aux opportunités pour le reste de la population. Cette concentration des richesses entre les mains d’une élite restreinte alimente un profond sentiment de frustration et d’exclusion, en particulier chez les communautés marginalisées, telles que les Haratines et les populations dites négro-mauritaniennes.
2. Les ressources naturelles: une chance ou une malédiction ?
La Mauritanie possède l’un des littoraux les plus poissonneux au monde. L’exploitation du fer y est ancienne, l’or y est extrait, et le pays dispose également de gisements de gaz et de pétrole, deux ressources convoitées par les grandes puissances. La gestion du gaz par consortium devait établir les bases d’une exploitation raisonnée et équilibrée des autres richesses nationales.
L’arrivée du pétrole et du gaz représente un tournant potentiel pour la Mauritanie, mais elle soulève aussi des questions cruciales quant à la gestion de ces ressources. Si les revenus issus de ces secteurs ne sont pas utilisés de manière transparente et inclusive, il existe un risque réel que ces richesses aggravent les inégalités existantes au lieu de favoriser l’unité nationale.
Le pays se trouve ainsi à un carrefour : ses ressources naturelles peuvent devenir un levier de développement partagé, à condition que leur gestion soit décentralisée et transparente, garantissant des opportunités pour l’ensemble de la population. À défaut, elles risquent d’accentuer les fractures sociales et de devenir un nouveau facteur de tensions.

III. Un système politique exclusif et verrouillé

1. La gestion du pouvoir : tribale ou démocratique ?
L’accès au pouvoir en Mauritanie est souvent dicté par des logiques tribales et clientélistes, reléguant le mérite et la compétence au second plan. Bien que certaines compétences soient aujourd’hui mises en avant, les nominations dans l’administration et les postes de responsabilité restent largement influencées par des liens familiaux et tribaux, plutôt que par des critères de compétence ou de représentativité équitable. Certaines familles politiques reviennent ainsi de façon récurrente dans l’architecture du pouvoir.
Cette gestion renforce le sentiment de marginalisation au sein de nombreuses communautés, qui se voient exclues des sphères décisionnelles. Elle perpétue une fracture entre l’élite et le reste de la population, favorisant l’émergence d’une classe politique hermétique, souvent déconnectée des préoccupations réelles des citoyens.

2. Un système politique inclusif ou non ?
En dépit du fait que le pays organise des élections et permette l’existence de partis politiques, l’accès aux hautes fonctions de l’État repose encore largement sur des logiques tribales et clientélistes, où les nominations se font selon des alliances politiques et familiales, plutôt que sur des critères de compétence ou de mérite. L’alternance démocratique est alors freinée par un système politique où les forces sociales et politiques en dehors des cercles d’élite ont du mal à se faire entendre. Cela soulève une question cruciale : Comment construire une unité nationale solide si les mécanismes politiques d’inclusion sont absents ?
Bien que la Mauritanie soit officiellement une démocratie multipartite, le paysage politique reste largement contrôlé par les cercles de pouvoir en place. Les élections, bien qu’existantes, sont souvent marquées par des irrégularités et des manipulations institutionnelles empêchant une réelle alternance.
L’absence d’un véritable dialogue politique inclusif renforce le sentiment d’exclusion d’une partie de la population, réduisant ainsi les perspectives d’une unité nationale authentique.

IV. L’influence militaire : un État sous tutelle ?
1. Une omniprésence de l’armée dans la vie politique
Depuis l’indépendance, l’armée a été un acteur central du pouvoir, oscillant entre coups d’État et influence discrète sur les décisions politiques. Si son intervention a parfois contribué à une certaine stabilité, elle a aussi freiné l’émergence d’une gouvernance véritablement civile ; voire démocratique. Son empreinte sur l’histoire politique du pays demeure profonde, tant par ses prises de pouvoir directes que par son poids dans les grandes orientations nationales. D’aucuns pensent que cela perpétue ainsi une présence qui limite la transition vers une réelle démocratie.
2. Une transition nécessaire vers un pouvoir civil uniquement
Pour que la Mauritanie progresse vers une unité nationale durable, l’armée doit progressivement se retirer de la sphère politique et permettre l’émergence d’institutions autonomes et indépendantes. Cela exige des réformes constitutionnelles profondes, assurant une véritable séparation des pouvoirs. Si cette séparation semble visible en théorie, on peut s’interroger sur la réalité de son application : la présence de l’armée dans la vie politique ne constitue-t-elle pas un frein à une gouvernance véritablement inclusive et démocratique ? In fine, cette emprise pourrait représenter un obstacle majeur à l’unité nationale, d’autant plus que l’institution militaire, à l’instar des hautes sphères politiques, semble influencée par des considérations idéologiques..

V. Choix en matière de langue et d’éducation : des fractures invisibles mais profondes
1. La question de la langue : Une instrumentalisation idéologique ?
L’arabe a été imposé comme langue dominante dans l’administration et la justice, accentuant la marginalisation des autres langues nationales ainsi que du français, pourtant essentiel à la transmission des savoirs techniques et scientifiques.
Ce choix dépasse la simple question linguistique ; il relève d’une orientation idéologique. En privilégiant l’arabe, l’État a ignoré les autres langues pourtant parlées par une part significative de la population, instaurant ainsi une forme d’exclusion silencieuse.
Par ailleurs, les écoles françaises restent largement accessibles aux enfants de l’élite, tandis que l’enseignement public, du primaire au secondaire, est en déclin, souffrant d’un manque criant de moyens et d’investissement.

2. L’importance d’une ouverture linguistique : le français et l’anglais comme clés de l’avenir ?
Dans un monde globalisé, la maîtrise du français et de l’anglais est devenue indispensable pour accéder aux savoirs techniques, scientifiques et économiques. Le français, en particulier, relie la Mauritanie aux réseaux académiques et industriels internationaux, tandis que l’anglais s’impose comme une nécessité avec l’essor du secteur pétrolier et gazier, où il constitue la langue des formations et des outils spécialisés.
Malgré la présence d’écoles américaines, celles-ci restent inaccessibles aux ménages à faibles revenus, creusant davantage les inégalités éducatives.
La politique linguistique menée jusqu’ici a davantage servi un projet identitaire qu’un véritable objectif de développement. L’avenir du pays repose donc sur une approche éducative pragmatique, misant sur l’inclusion linguistique plutôt que sur une imposition idéologique

Conclusion : Unité nationale, un projet inachevé ?
L’unité nationale en Mauritanie, bien que constamment invoquée, reste entravée par des fractures sociales, économiques et politiques profondes. La mauvaise gestion de la diversité culturelle, les exclusions politiques et économiques, l’influence militaire persistante et les tensions linguistiques compromettent la cohésion nationale.
Toutefois, cet idéal demeure atteignable à condition d’engager des réformes structurelles courageuses :
● Une gouvernance transparente et inclusive

● Une redistribution équitable des ressources

● Une participation effective de toutes les communautés au processus décisionnel

● Une transition démocratique réelle, libérée de l’influence militaire

● L’avenir de l’unité nationale repose sur la volonté collective d’opérer ces transformations. Sans elles, elle restera un leurre ; avec elles, elle peut devenir une véritable lueur d’espoir pour une Mauritanie plus juste et inclusive.

● Par M. Souleymane Sidibé

● La Mauritanie et l’accueil des étrangers  : Un atout pour le développement | Par M. Ibrahima Dioum

La Mauritanie, avec ses vastes étendues et sa position stratégique entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, a toujours été une terre d’échanges et de brassage culturel. Dans ce contexte, l’ouverture aux étrangers constitue un levier essentiel pour son développement économique. En accueillant des travailleurs qualifiés venus d’autres pays africains, notamment du Sénégal et du Mali, la Mauritanie bénéficie de compétences complémentaires qui renforcent divers secteurs clés de son économie.

Un besoin en main-d’œuvre qualifiée

L’un des défis majeurs de la Mauritanie est le manque de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs domaines techniques. Les Mauritaniens, en raison d’un système éducatif encore en construction, ne disposent pas toujours des compétences nécessaires dans des secteurs comme la maçonnerie, la menuiserie, la restauration, la plomberie, ou encore la mécanique. C’est là que l’apport des travailleurs étrangers devient crucial.

Les Sénégalais, par exemple, sont reconnus pour leur expertise en maçonnerie, en restauration et en mécanique, des secteurs indispensables pour soutenir la croissance urbaine et industrielle du pays. Leur présence permet de pallier le manque de techniciens locaux et d’assurer des services de qualité aux entreprises et aux particuliers. Qui peut compter le nombre de maçons sénégalais ayant construit de belles  villas à Tevrag zeina, à  la Cité plage de Nouakchott et à l’intérieur du pays ? Qui connaît le nombre d’ingénieurs et d’architectes sénégalais ayant bâti des stades et des édifices publics en Mauritanie ? Les chefs cuisiniers ne sont-ils pas en nombre dans les maisons et les restaurants Mauritaniens ?

Un pilier du secteur de la pêche

La pêche est un secteur vital pour l’économie mauritanienne, tant pour la consommation locale que pour l’exportation. Or, ce secteur repose en grande partie sur les pêcheurs sénégalais (capitaines de bateaux et « mooles »), qui possèdent un savoir-faire transmis de génération en génération. Lorsque ces derniers retournent au Sénégal pour des fêtes religieuses comme la Tabaski, le daaka et le Maggal, la Mauritanie subit une pénurie de poissons, illustrant leur rôle fondamental dans l’approvisionnement du marché local.

L’intégration de ces pêcheurs dans l’économie mauritanienne est donc un atout stratégique. En favorisant leur installation et en facilitant leur travail, la Mauritanie garantit une meilleure stabilité de son marché halieutique.

Des échanges économiques dynamiques avec le Mali

Le Mali, voisin direct de la Mauritanie, est un partenaire commercial de premier plan. Les échanges entre les deux pays sont nombreux, notamment dans le commerce du bétail, des céréales et d’autres produits agricoles (arachides, mangues, coton…). De nombreux commerçants maliens s’installent en Mauritanie pour faciliter ces transactions, contribuant ainsi à la fluidité du marché et à la disponibilité des produits.

En retour, la Mauritanie bénéficie de la présence de ces acteurs économiques qui dynamisent le commerce et assurent un approvisionnement constant du pays en denrées essentielles.

Une tradition d’immigration réciproque

Si la Mauritanie accueille des étrangers pour répondre à ses besoins économiques, il est important de souligner que de nombreux Mauritaniens ont eux aussi migré vers d’autres pays d’Afrique, notamment la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Sénégal, le Mali ou encore le Gabon pour ne citer que ceux-ci. Ces expatriés contribuent à l’économie des pays d’accueil et envoient des fonds à leurs familles en Mauritanie, créant ainsi un cycle économique bénéfique.

Cette réciprocité dans les mouvements de population montre que l’immigration n’est pas une menace, mais plutôt une opportunité d’échange et de développement mutuel.

Une politique d’ouverture nécessaire

Accueillir des étrangers qualifiés en Mauritanie ne doit pas être vu comme une dépendance, mais comme une opportunité stratégique. La complémentarité des compétences permet de combler les lacunes locales et de garantir un développement économique plus dynamique.

En facilitant l’installation des travailleurs étrangers et en valorisant leur contribution, la Mauritanie pourra tirer pleinement parti de son potentiel économique tout en renforçant les liens avec ses voisins africains comme l’a fait le Maroc pour devenir un pays émergent. Une politique d’ouverture bien pensée ne profitera pas seulement aux étrangers, mais aussi à l’ensemble de la population mauritanienne, qui bénéficiera d’une économie plus stable et prospère.

L’immigration n’est pas une menace mais une opportunité pour les Mauritaniens. La Mauritanie a tout intérêt à favoriser et faciliter l’installation et l’intégration des étrangers sur ses dunes et plaines.

Par M. Ibrahima Dioum

• Lien média https://www.facebook.com/share/p/19JRwuwyY1/

● La politique est-elle un terrain émotif ? | Par M. Souleymane Sidibé

Faites attention à ceux qui vous entourent, vous flattent, vous portent aux nues, puis vous abandonnent à la première secousse. Dans nos configurations politiques, le terrain est souvent un champ de bataille féroce et impitoyable, où les rapports de force dictent la loi. C’est un espace miné, cruel et sans pitié, où la naïveté se paie au prix fort. Trop souvent, lorsque l’orage gronde, il n’y a personne pour vous défendre ni pour vous aider à tenir tête aux vents contraires.

Le pouvoir n’est pas une simple affaire de gestion technique ; c’est avant tout un jeu de stratégies, d’anticipation et d’affrontements. Administrer ne suffit pas : il faut savoir manœuvrer, frapper -décidément- quand il le faut et se retirer avant qu’il ne soit trop tard. Ceux qui oublient cette règle sont broyés, ceux qui idéalisent le pouvoir finissent trahis. Dans cette arène, avoir raison ne suffit pas : il faut savoir imposer sa raison.

Mais au-delà des intrigues, des trahisons et des luttes intestines, demeure un espoir : la génération à venir. Elle sauvera la Mauritanie de tous les -ismes, sauf du patriotisme. Du moins, je l’espère ! Cette génération ne doit pas voir la politique comme un tremplin, ni comme un moyen d’ascension sociale. Elle ne doit pas bâtir son avenir sur la politique, mais plutôt faire du devenir du pays un moteur puissant à travers les études et la formation.

Elle doit s’investir dans tous les domaines essentiels : les secteurs techniques, l’agriculture, l’industrie, la finance, la médecine, le social… bref, dans toutes les sphères vitales qui structurent un État fort et autonome. C’est en bâtissant un projet de société inclusif, débarrassé de toute forme d’idéologie aliénante et de domination de l’humain par son semblable, que la Mauritanie pourra réellement avancer. Il faut que les institutions remplissent enfin leur rôle et servent l’ensemble des citoyennes et citoyens, sans distinction.

Je ne suis pas utopiste, je crois -simplement- que nous devons y parvenir ensemble. Et je crois fermement que la génération future fera ses preuves. Elle est en train de se construire, d’apprendre, de comprendre, et elle fera le nécessaire pour transformer notre pays. Pas en une « Suisse de l’Afrique de l’Ouest », comme l’avait rêvé le premier président mauritanien, mais en un pays profondément inspirant, où la prospective, la justice et l’innovation régneront.

Souleymane Sidibé

● Et voilà ! Un député visé par des insinuations nauséeuses. | Par M. Seyré SIDIBE

La stratégie utilisée est piteuse. C’est simplement l’autre revers du racisme et de la discrimination, élevé au rang de critères qui commandent :  choix, cooptation, sélection, recrutement, amour et désamour et même la respectabilité dans nos différentes communautés nationales, au sein de ses différentes sphères qu’elles soient publiques, privées ou étatiques.

La grandeur est ailleurs.

Elle réside dans le choix des mots, dans la manière de répondre, de répliquer, d’exprimer une opinion, même opposée. Elle est aussi, parfois, dans le silence : savoir se taire quand on n’a rien à dire. La grandeur, c’est aussi éviter en toute circonstance de tomber dans la déloyauté et l’indignité. Ce sont des comportements, une disposition d’esprit, une attitude, une manière d’être et de penser.

Quand on ne trouve rien à reprocher à quelqu’un, on fouille dans son classement social. On cherche par tous les moyens à le cribler, le salir, en un mot : le crucifier.

Il se trouve que « le mis en cause » est sans complexe. Il a fait de bonnes études. Il est propre. Il a gravi les échelons socialement et politiquement. Il est jeune, éloquent. Son carnet d’adresses est bien fourni. Il parle plusieurs langues nationales. Il est courageux, voire belliqueux. En vérité, il dérange par ses prises de position, sa posture, ses interventions souvent percutantes. Ses prises de parole sont redoutées : il appuie là où ça fait mal. Il est clean et décomplexé. Il s’est construit seul, sans héritage, sans trafic d’influence.

Comment le rabaisser dans ces conditions ?

On cherche alors à exploiter son classement social. On invente quelque chose, on le compare à d’autres catégories sur la base d’une échelle décadente. Le député Khaly Mamadou DIALLO est une cible. Un homme à abattre pour son engagement en faveur d’une Mauritanie plus juste pour tous, une Mauritanie où le racisme et les racistes de tous bords n’auront plus ni place ni audience.

Les anachronismes sociaux, j’y consacre toute mon énergie et mon modeste génie. Pas besoin d’être particulièrement intelligent ou futé pour comprendre que c’est une absurdité. Un classement social imposé sans mon avis, une catégorisation unilatérale et implacable.

Expliquez-moi, s’il vous plaît : le bien et le mal sont-ils héréditaires ?

Poussez votre logique dogmatique jusqu’au bout : le paradis et l’enfer seraient-ils aussi une affaire de lignée, de sang ? On irait au paradis parce que son père est… ? Parce que son sang est de telle couleur ? Et l’enfer, alors, réservé à ceux descendant de telle ou telle lignée ?

Le bien suprême, c’est le paradis. Qui y entre ? Une tribu élue ? Une race ? Non. Ce sont des hommes, tout simplement. Mais des hommes vertueux, pieux, nobles par leur foi, leur dévotion et leur crainte d’Allah. C’est le mérite et l’effort qui sont récompensés.

Je crois davantage en l’éducation, qui façonne et stimule. L’éducation peut élever ou abaisser l’individu. La naissance, la couleur de peau, le genre (être homme ou femme) ne sont que des contingences, un pur hasard.

Les noms de famille ne sont que des références sociales. Ils valent ce qu’ils valent, selon le lieu où l’on se trouve et le sens qu’on leur attribue en fonction du contexte, de la situation, du narrateur et du récit. Mon nom de famille a été écorché mille fois à l’état civil ou par un étranger, et pourtant, cela n’a jamais affecté ma valeur en tant qu’homme ni mon intégrité. Le jugement fondé sur le classement social ne vaut que ce qu’il vaut. Ce classement vous attribue une note, un rang, sans évaluation, sans concours, sans effort.

Quelle niaiserie ! Quelle sottise !

Parce que dit-on, ton père a eu une mauvaise ou une bonne note en mathématiques. Des années plus tard, tous ses descendants seraient condamnés à recevoir la même note.

Parce que ton père a été autrefois condamné pour vol, et ses descendants doivent purger durant toute la vie à payer pour la forfaiture qu’ils n’ont pas commise.

Parce que le père de quelqu’un était un voleur, qu’on peut se permettre des années et des générations durant de les appeler drôlement et irrespectueusement « les fils du voleur ». Quelle étrange manière d’évaluer ! Quelle société !

À quoi sert alors l’éducation ? Quelle place accorder à l’ascenseur social, au travail et au mérite ?

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/et-voila-un-depute-vise-par-des-insinuations-nauseabondes/?fbclid=IwY2xjawI-fw5leHRuA2FlbQIxMQABHZ3lyVyvwA8BHrXEg5L7DFfaRKxmih8sfQCCkxgigHTTChad1rlqAb9pCA_aem_l9MUMIxJ-1LBk9qO4PeqQA

● Khattry vs l’honorable député Khally Diallo | Nous avons compris beaucoup du peu que Khattry a dit.

Dans l’élément vidéo https://www.facebook.com/share/r/15dQYbU4Yo/ qui circule, ce compatriote ne semble pas apprécier les sorties en Europe du jeune député Khally Diallo. D’un ton visiblement compulsif et coléreux, le monsieur lâche quelques « perles » significatives à propos de ce que représente l’affaire du patronyme et des origines statutaires dans nos communautés respectives. Il indexe le député de n’être pas d’une haute (ou bonne) classe patronymique (Ba ou Kane) et qu’on ignorerait d’où il pouvait venir. En français facile, la chose la plus pesante dans nos relations sociales intra-communautaires et inter-communautaires, qui est le féodalisme et ses imbrications sociétales, apparait en arrière-fond dans la réplique Khattrienne.
Ainsi dire, cette fixation par/sur les statuts des origines ou supposés statuts des origines, est une problématique qui peut nuire les uns et les autres dans le temps et dans l’espace. Elle tient ses racines du cœur institutionnel de nos communautés ou groupes sociolinguistiques et « s’entretient » malheureusement par nos divers complexes et sourdes fuites en avant. Un construit social qui ne peut pas se déconstruire par les silences bruyants et les évitements stratégiques qu’on tente de cultiver socialement et politiquement dans de nouvelles structures de socialité en milieux urbains loin dit-on de sphères villageoises…hein. Non… l’affaire est voyageuse et s’alimente en coulisses tout près. Elle peut surgir à tout moment pour stigmatiser les personnes à cause de leur appartenance supposée à une case statutaire donnée. Donc… il est d’un intérêt citoyen et militant pour déconstruire réellement ces univers mentaux qui végètent parmi nous et en nous, que les porteurs d’opinions et voix officielles s’en saisissent publiquement sans filtres, ni gants en dénonçant les torts et ceux qui en sont les auteurs dans nos communautés d’abord et surtout. Comme le système étatique est indexé pour ses manquements et ses procédés iniques, nos systèmes intra-communautaires ne sont pas innocents dans la perpétuation d’un monde des clichés sociaux tenus et largués ici et là contre X ou Y. Les rouages politico-militaires à l’échelle étatiques ont leurs équivalents dans nos villages et communautés, il faut s’y intéresser courageusement en osant affronter son propre complexe d’abord et faire face aux ressentiments voire à la désaffection des tenants réactionnaires du makhzen féodalo-esclavagiste qu’on sait tenir un certain ordre coutumier de gouvernance intrinsèquement inégalitaire. D’ailleurs… comme un député peut interpeller le gouvernement sur les actes anormaux d’un préfet ou d’un gouverneur, il devrait pouvoir le faire concernant un chef coutumier aux pratiques injustes et fascistes dans son giron communautaire.

Du boulot, il y en a beaucoup…pour l’avènement d’un ordre citoyen et juste dans notre pays. Ce fond langagier khattrien n’affiche qu’une facette de nous-mêmes…malheureusement !

12 mars 2025

KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

● Etranger, est-ce une identité ? | Par M. Seyré SIDIBE

Il vaut mieux ne pas être étranger de peau noire par les temps qui courent chez moi. Et pourtant, chez moi était réputé être terre de Bissimallah, Bissimillama, terre de merhebeu et de wekheryert jusqu’à  adjonction de kebireu. L’hospitalité dans toute son expression et dans sa diversité culturelle. 

Mais tout est en train de basculer.
Pogrom, contrôles aux faciès et comme souvent avec un excès  de zèle que la loi ne tolère point. 
C’est juste l’expression idéologique et politique du représentant de l’Etat. Un agent » imbu de sa naissance » de sa position et dont l’impunité est assurée à vie fait appliquer la loi à  sa manière.

Étranger, ce vocable est ces derniers temps, en Mauritanie assimilé à une identite subsaharienne. Un Noir, noir de peau.
Un clandestin ni plus ni moins.
Un candidat potentiel  à l’émigration.
Un suspect. Un coupable . Un brigand. Un misérable.  Un pestiféré.

Étranger, c’est juste un soupçon. Une appréhension. Un étranger, c’est juste un inconnu.

Chacun est inconnu quelque part. Chacun est étranger quelque part, parfois même au milieu  des siens.

Étranger, le mot est jeté  comme un projectile .
Les rescapés du recensement biométrique, sont encore titillés. Blessés dans leur honneur par un compatriote qui se substitue à  l’État, en traitant parfois des halogènes d’étrangers. Un amalgame et une confusion volontaires qui presagent de mauvais jours.

Étranger, vous l’êtes sans même décliner votre identité.  C’est écrit sur votre front. Votre accent  fait de vous chez vous un étranger. 

Étranger, tout le monde est étranger. 
Chacun a déjà était appelé étranger. 
Étranger, ne saurait être une insulte.
Étranger, n’est pas toujours un aventurier, un personnage errant .

L’étranger d’Albert CAMUS, n’était pas  musulman à  ce que je sache. Mais avait compris que la vie était absurde. Nous sommes de passage. Rien ne nous appartient ici bas. Tout est éphémère.  Tout  est finitude.

A-t-on oublié ce principe sacro-saint de l’islam. Aimons -nous le temps d’une vie. Cultivons l’amour et la fraternité. Nous sommes tous’Ici et d’Ailleurs. 

Seyré SIDIBE

● Chères mauritaniennes, chers mauritaniens | Par M. Souleymane Sidibé

Aujourd’hui, en Mauritanie, nous sommes pleinement conscients des défis complexes auxquels nous faisons face. Dans ce contexte, je ressens profondément la nécessité de souligner l’importance de la fraternité, du respect mutuel et de l’harmonie entre nos peuples. La Mauritanie et ses pays voisins ont une histoire commune, une culture partagée, et une tradition d’échanges qui remontent à des siècles. Les liens qui nous unissent sont bien plus forts que les désidératas de quelques-uns ou les incompréhensions qui peuvent surgir dans nos sociétés.

Il est vital de rappeler que la dignité humaine transcende les frontières, et que chaque citoyen, qu’il soit sénégalais, malien, guinéen, gambien, marocain, tunisien, algérien ou mauritanien, mérite de vivre dans la paix, la sécurité et le respect de ses droits fondamentaux. Lorsque des difficultés surgissent, surtout dans un contexte de flux migratoires, pour tout individu vivant en Mauritanie, il est crucial que nous nous engagions dans une réflexion collective, non pas pour diviser, mais pour construire ensemble un environnement plus juste et plus équitable.

De même, il est impératif que nous rejetions toute forme d’exclusion, de discrimination ou d’injustice. L’unité nationale ne se décrète pas : elle se construit par des actions concrètes, par des politiques inclusives et par une volonté sincère d’aller vers l’autre. L’histoire nous a montré que les nations qui prospèrent sont celles qui savent tirer leur force de leur diversité et faire de la solidarité un principe inébranlable.

Nous ne devons pas laisser le racisme, les préjugés ou les stéréotypes nous éloigner les uns des autres. Nous sommes tous des humains, et la diversité qui existe entre nous, qu’elle soit d’origine, de culture ou même de croyance, ne devrait jamais être une source de division mais un terrain d’enrichissement mutuel. La Mauritanie, à l’image de ses voisins, est un carrefour de cultures et de peuples, et il est de notre responsabilité collective de préserver cet héritage de dialogue et de solidarité.

Ainsi, tout en reconnaissant les défis qui existent, je fais appel à l’esprit de bienveillance et de compréhension pour résoudre les malentendus et les injustices, et pour promouvoir un environnement où chacun peut se sentir chez soi. C’est ensemble, en tant que voisins et frères africains, que nous pourrons avancer. L’unité est la clé pour bâtir une Mauritanie et une Afrique plus fortes, plus unies et plus solidaires. La solidarité africaine doit toujours primer.

Nos autorités doivent revoir leurs méthodes, appeler au respect des règles et faire respecter les lois, tout en protégeant la dignité de chaque individu présent sur notre sol. Il en va de la survie de notre société et de la qualité de nos relations de bon voisinage.

Avec tout le respect et la fraternité qui nous unissent,
Un citoyen mauritanien,
Souleymane Sidibé.

● Souffrances et repli sur la communauté soninké en France et les non dits. | Par M. Boulaye Diakite.

Les problématiques soulevées dans cet écrit datant de 2015 sont toujours d’actualité. Un travail sociologique issu de plusieurs entretiens auprès des migrants dans les foyers et des habitants des quelques villages dans le Guidimakha.

L’émigration Soninké est un choix dû a une conjoncture particulière. L’agrégation de ces processus constitue une réalité collective qui grâce a un mensonge collectif se perpétue et se développe. Abdelmalek Sayad aborde les multiples contradictions dans les conditions de vie des immigrés. Sayad montre « la double absence » des immigrés : absent de son pays, absent dans sa famille, son village, mais absent aussi dans la société d’accueil qui le rejette et le considère comme une force de travail .

Au foyer, les migrants Soninkés sont confrontés à divers difficultés (papiers, faire un cv, recherche d’emploi, etc.) et vivent dans des conditions très difficiles en France.

Encouragés par leur groupe, les membres de leur communauté… L’immigré peut rester pendant 5 ans, 10 ans ou même plus dans une situation administrative irrégulière, souvent sans travail ou travailler illégalement. Cet immigré ne cesse de vanter son pays de pays riche. Il ne sait même pas pourquoi il a quitté son pays. L’immigré en situation irrégulière même avec un billet gratuit avec les forces administratives du pays d’accueil résiste à tout retour à son pays. Régularisé, il est pressé de retourner pour voir les siens.

La question de retour n’est jamais soulevée en situation irrégulière. L’histoire d’un immigré, régularisé après 14 ans. Il dit avoir deux femmes et une fille qui l’attendaient au pays, 14 années d’absence. Il dit n’avoir jamais pensé au retour. Régularisé après 14 ans. Un autre immigré suite à ma question : combien de temps êtes-vous en France ? Il répond : je suis France mais ça ne fait pas longtemps. Mais combien temps. Il m’a répondu 5 ans. Etes-vous régularisé ? Non. Cinq années d’absence ici et là bas pour l’immigré, ce temps perdu est court. Cinq ans ! Il répond oui, cinq ans ce n’est rien. Cinq ans perdu, sans rien, l’immigré soninké trouve toujours la France meilleure le seul fait qu’il est en France, il est le francinké. Chez les soninkés dire il est francinké (de France) ou les francinkos, ces appellations donnent un sentiment de joie, de bonheur, d’honneur et la fierté de l’immigré.

L’immigré soninké quelque soit sa condition de vie en France pense qu’il n’y a pas d’autres alternative. L’immigration Soninké croit en la France comme un eldorado. L’immigré sans papiers, sans travail et sans logement pense que cette vie est meilleure à celle de son pays.

Pour Sayad, immigration ici et émigration là sont les deux faces indissociables d’une même réalité, elles ne peuvent s’expliquer l’une sans l’autre . L’émigration en France avait pour fonction première de donner aux communautés paysannes, incapables de se suffire à elles-mêmes par leurs activités agricoles, les moyens de se perpétuer en tant que telles.

L’immigré Soninké souffre de sa situation sans s’en rendre compte. Il n’est pas présent dans la société d’accueil et absent de son village d’origine. Il continue de se replier sur lui-même – en cumulant, arrivée du pays : petit boulots, débrouilles et galères. Après un ou deux mois d’aide de la communauté les nouveaux arrivants doivent eux mêmes contribuer à la bonne marche du foyer, souvent il partage une chambre avec un migrant plus ancien parfois issus de sa famille. Plusieurs solutions s’offrent à lui : petits boulots, débrouilles, et galères, petit commerçant, etc.

Le foyer est un quelque sorte un village pour l’immigré soninké. Il considère le foyer comme un village, le lieu le plus sûr. A la différence du village au pays, le village-foyer, il y a des absents (les enfants, les femmes, les vieux, etc.).

L’immigration soninké est une immigration majoritairement patriarcale. Les femmes ne sont pas sollicitées pour l’immigration. Les immigrés pensent qu’il est préférable que les enfants naissent et grandissent au pays. Cela permettrait la continuité de leur mode de vie, qu’ils pensent le meilleur.

Les nouveaux arrivants en France doivent habiter au foyer quelque soit les opportunités qui s’offrent à eux. Le foyer a une fonction essentielle pour les Soninkés. Il permet pour les migrants de garder les attaches avec la famille au pays et leur sociabilité. Plusieurs activités se passent au foyer (cérémonie mariage, recherche d’emploi, démarche pour les papiers, baptême, organisation des soirées, etc.).

Au village, on ne parle que de l’immigré comme un homme heureux. Il est celui qui apporte la joie, à manger. Son nom est scandé partout de places publiques, à la maison, etc. Il s’agit ici d’un discours qui socialise les plus jeunes à l’immigration. L’immigré, il est bon, meilleur, beau et riche. Les caprices de l’immigré sont reçus comme un cadeau auprès des siens et une joie par la famille. La colère de l’immigré à côté des siens, cette colère est comme un cadeau même s’il a tort parce que c’est l’immigré, la source des revenus. Il a toujours raison. Il peut fait mal mais ce n’est pas grave.

L’immigré ayant réussi au pays d’accueil, cette réussite est endossé le plus souvent parce qu’il est tel rang social, statut social, ce pourquoi il a réussi. Même s’il n’y a aucune vérité ; il y croit qu’à même.

Pourtant toute autre forme de réussite si on n’est pas immigré, ne pas une réussite en milieu soninké. La pression sociale ne laisse personne indifférent. Les gens sont forcés à partir à cause de la contrainte sociale qui veut qu’on devient immigré.

Le non immigré est inutile, fatiguant, rien de ce qu’il peut dire n’est audible, non travailleur, fainéant. Il faut partir loin du pays, du continent ; voilà il faut partir pour les soninkés. Il est parti égale ; il a réussi pour les soninkés.

Mais avoir un diplôme, être ministre, docteur ; je ne sais quoi d’autre n’intéresse personne chez les soninkés. Il faut être immigré. Le diplômé arrive dans son village, il est content. Au village, Il est à peine félicité. Voilà, il va se sentir inutile. Il oublie qu’il a étudié ; qu’il a des diplômes et se lance à l’aventure. Quelques exceptions restent et même s’ils ont réussi, ne sont pas considérées dans la conscience collective des villageois.

L’immigré peut échouer mais il a plus considération aux yeux des soninkés qu’une personne non immigré, même s’il a réussi ; on ne le voit pas ; on ne veut pas de sa réussite, il faut qu’il part.

La conscience collective adopte l’immigration comme la réussite. La place de l’immigré est particulière dans la conscience collective. L’immigré arrive en vacance au village ; il peut être endetté sauf que les villageois ne savent pas. Les éloges des villageois, l’immigré est prêt à tout. Il ne cesse de s’en orgueillir auprès des siens et faire tout pour masquer sa propre souffrance. A cause de ce mensonge collective, il a fini par croire qu’il est riche.

il va continuer à s’endetter durant son séjour et augmente ses souffrances parce qu’au retour, il doit payer ses créanciers. La vie de l’immigré est une vie toujours au point de départ.

Boulaye Diakhité, Socio-anthropologue

• Lien média https://ondeinfo.com/souffrances-et-repli-sur-la-communaute-soninke-en-france-et-les-non-dits/?fbclid=IwY2xjawI71G9leHRuA2FlbQIxMQABHYORthEVn280nwd8K5gx6Cw_pLqiuEn92AnyL86XX7C1folKtxgFJxVEBg_aem_FKClbzWYXTXvx_iTMVqMaQ

● L’immigration clandestine : un fléau à éradiquer | Par M. Souleymane Sidibé

L’immigration clandestine : un fléau humain qui dévore des vies et ne cesse de s’intensifier. Chaque jour, des milliers de personnes se lancent dans l’inconnu, poussées par un espoir souvent illusoire, et trop souvent, elles ne reviennent jamais. Les cadavres continuent de joncher les rivages. Les créatures marines se nourrissent de nos frères et sœurs avec leurs mômes pour apaiser leur faim. Que pourrons-nous dire à l’avenir, si ce n’est que tel ou tel est parti et n’est jamais revenu ? Pourrons-nous dire que celui-là prit le bateau pour finir au fond de l’océan ? Pourrons-nous raconter aux générations futures que le désespoir, tout comme l’effet de mode, ont conduit tant de vies sur une route sans retour, sans fin ?
On aura plus de larmes pour pleurer, bientôt. Il y a quelques années, l’immigration clandestine était un phénomène méconnu ; aujourd’hui, il est mondial et complexe. Il touche tous les pays, des régions les plus pauvres aux pays développés, souvent avec des conséquences dramatiques. Si ce phénomène est largement observé, ses causes sont multiples et ses effets dévastateurs. Cette tragédie humaine ne peut plus être ignorée. Chaque jour qui passe, des vies sont perdues, des familles sont endeuillées et des passeurs s’enrichissent sur la misère humaine. Ce fléau ne peut être combattu qu’avec une approche globale et humaine.
L’immigration clandestine ne se résume pas uniquement à un problème de passage de frontières, mais implique également des souffrances humaines profondes. Elle doit être combattue  en prenant en compte les motivations des migrants, les violences qu’ils subissent, ainsi que la nécessité de réponses étatiques fermes.

I. Un phénomène mondial en pleine expansion
L’immigration clandestine n’est pas seulement un phénomène de fuite, mais également un choix poussé par l’espoir d’un avenir meilleur. Dans de nombreuses régions, l’illusion d’une vie meilleure dans les pays développés, véhiculée par des récits de réussite, attire des milliers de migrants chaque année. Ces histoires, partagées largement via les réseaux sociaux, masquent une traversée du désert semée d’embûches, mais créent un effet de mode, persuadant que la vie rêvée est à portée de main.
Mais cette illusion cache des causes beaucoup plus profondes : pauvreté, conflits armés, crises économiques et instabilité politique. Nombreux sont ceux qui préfèrent risquer leur vie sur des routes de souffrance plutôt que de faire face à la misère et à l’humiliation dans leur pays d’origine. Le coût du voyage clandestin est exorbitant : jusqu’à 800 000 ouguiyas (environ 2 000 euros), un montant que de nombreuses familles empruntent, ignorant l’incertitude de l’avenir.
Des données alarmantes : selon l’Organisation Internationale pour les Migrations, plus de 4 000 migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée en 2023, illustrant le coût humain de cette migration.
Certaines routes migratoires sont devenues des commerces illégaux où la corruption prolifère. Des jeunes sans moyens se retrouvent dans des voitures de luxe, profitant des réseaux de passeurs, souvent complices des autorités locales. Par exemple, sur l’axe Sélibaby-Nouakchott, les migrants doivent payer 70 000 ouguiyas pour atteindre la capitale, un tarif bien supérieur à celui des transporteurs légaux. Dans la région de Nouadhibou, des véhicules sont détournés pour transporter des migrants clandestins, preuve de la complicité entre trafiquants et autorités.

II. Les motivations des migrants : entre espoir et désespoir
Ce qui est souvent ignoré, c’est la violence physique et psychologique que subissent les migrants pendant leur périple. Beaucoup d’entre eux sont confrontés à des abus de la part de leurs semblables. Il y a quelques années, les migrants passaient par le désert pour rejoindre la Libye ; aujourd’hui, plusieurs routes se sont tracées. Les migrants à Nouakchott prennent les pirogues de 50 personnes ou plus depuis les côtes, souvent en complicité avec les passeurs et autorités.
« Le rêve d’une vie meilleure est devenu un piège mortel », affirme Dr. John Smith, expert en migrations et droits humains. « Des milliers de jeunes qui fuient la misère tombent dans les griffes de réseaux criminels sans conscience des dangers. »
On se rappelle des passeurs dans le désert, en quête de profit, qui exploitent la vulnérabilité des migrants, les soumettant à des extorsions, des violences physiques et parfois même à l’abandon en plein désert ou en mer. Des milliers de personnes, surtout des femmes et des enfants, sont victimes de violences sexuelles ou de traite des êtres humains. Certains finissent par être exploités dans des réseaux de prostitution forcée ou de travail clandestin dans des conditions inhumaines.
Ici, des femmes et des enfants rejoignent ce périple dans les embarcadères : bidons d’eau, du lait, du riz, de l’huile, des bonbonnes de gaz butane, un « capitaine virulent » qui garde la boussole tout en imposant l’autorité, des personnes qui se battent à coup d’armes blanches quand la pression monte, des personnes qui tombent et, s’ils n’arrivent pas à remonter, sont abandonnées, et très souvent un bateau qui chavire.
Les violences ne se limitent pas au voyage. Une fois arrivés dans les pays d’accueil, les migrants qui ont échappé à la mort se retrouvent souvent dans des centres de rétention où ils sont confrontés à ce que d’aucuns qualifient de violence institutionnelle, que ce soit à travers des expulsions forcées ou des conditions de vie dégradantes. La stigmatisation, l’isolement social et la précarité engendrent une souffrance mentale accrue. Ils violent les lois de ce pays sans le savoir. Les empreintes sont prises, les « dublinés » sont de plus en plus nombreux.
Les séquelles mentales de l’immigration clandestine sont profondes. Les migrants, après avoir vécu des conditions extrêmes et subi des traumatismes, souffrent souvent de stress post-traumatique, de dépression ou d’anxiété. Ils sont hantés par les horreurs vécues en cours de route, mais aussi par la peur constante d’être arrêtés, expulsés ou rejetés. Pour de nombreux migrants, leur santé mentale est mise à mal, parfois de manière irréversible. Le cas des enfants migrants est encore plus alarmant : séparés de leurs familles ou exposés à des traumatismes inhumains, ils développent souvent des troubles psychologiques graves qui marqueront leur avenir.

III. Solutions globales : Comment éradiquer ce fléau ?
Face à cette situation désastreuse, il est impératif d’agir à plusieurs niveaux. Premièrement, il faut désigner les responsables de ce fléau. Les passeurs, qui exploitent la détresse des migrants, doivent être poursuivis et sanctionnés sévèrement. Leur rôle est central dans l’organisation de l’immigration clandestine, et sans leur implication, de nombreux migrants ne prendraient pas ces risques.
De plus, il est crucial de sensibiliser les familles, en particulier dans les pays d’origine, aux dangers du voyage clandestin. De nombreuses familles sont complices, envoyant leurs enfants ou proches à l’aventure sans prendre conscience des risques mortels qu’ils encourent. Parfois par suivisme. Des enfants bien scolarisés se sont donnés la mort, des adultes bien portants et ayant leurs affaires se sont suicidés en sautant des bateaux.
Ensuite, une réponse étatique forte est nécessaire pour lutter contre l’immigration clandestine. Les contrôles aux frontières doivent être renforcés, mais ce n’est pas suffisant. Il est tout aussi important de coopérer entre pays d’origine, de transit et de destination pour lutter contre les réseaux criminels, y compris au sein des autorités locales. L’Union européenne, par exemple, a déjà mis en place des mesures de coopération, mais ces actions doivent être intensifiées. Des solutions alternatives doivent être proposées aux migrants : création d’emplois, accès à l’éducation et à la formation, et à des perspectives économiques viables dans leurs pays d’origine, afin de limiter les raisons qui poussent à quitter leur pays.
Enfin, les pays d’accueil doivent repenser leurs politiques migratoires. L’accueil des migrants doit être humain et respectueux des droits fondamentaux. Les centres de rétention doivent garantir des conditions décentes et les migrants doivent avoir accès à des soins médicaux et psychologiques, notamment pour traiter les traumatismes mentaux. C’est le cas dans beaucoup de pays. Le renforcement des voies légales d’immigration doit aussi être une priorité, afin de réduire la pression qui pousse les migrants à emprunter des routes dangereuses.

L’immigration clandestine est une tragédie humaine qui ne peut plus être ignorée. Chaque jour, des vies sont perdues. Ce fléau ne peut être combattu qu’avec une approche globale et humaine. Nous avons tous un rôle à jouer. Chacun d’entre nous peut sensibiliser, soutenir des initiatives locales et exiger de nos gouvernements qu’ils prennent des mesures concrètes pour mettre fin à cette tragédie. Il est temps de dire stop aux passeurs, stop aux complicités, stop aux illusions mortelles. L’avenir des jeunes doit se construire chez eux, et non au fond de l’océan.

Souleymane Sidibé

● La journée nationale de lutte contre l’esclavage est passée inaperçue ? | M. Seyré SIDIBE.

Alors que la journée nationale de lutte contre l’esclavage, le 06 Mars, de chaque année vient de passer inaperçue en Mauritanie, tant du côté des autorités que du côté de la société civile, la dernière réunion hebdomadaire du Gouvernement vient d’instituer, une autre journée nationale, commémorant cette fois-ci la diversité culturelle et de la cohésion nationale. C’est en soi une bonne initiative dans un contexte marqué par la montée de propos racistes proférés ou soutenus, sans gêne par les partisans d’une Mauritanie exclusivement Arabe ou blanche.

La reconnaissance d’une journée, consacrée à la diversité culturelle et de la cohésion nationale sonne comme revers pour ce camp, qui fait semblant d’oublier que la Constitution nationale reconnaît, quatre langues nationales représentatives de quatre communautés nationales (Arabe ou Hassaniya, le Pulaar), le Soninké et le Wolof). Le caractère multiethnique, multiracial et culturel de la Mauritanie, n’est pas une invention et n’est pas tombé du ciel. C’est cela son identité : une identité plurielle reflet de sa géographie, de sa genèse et de son histoire. Une journée de plus ! En effet, l’agenda national est déjà trop saturé de journées nationales sans impact.

Pourquoi alors instituer une journée nationale contre l’esclavage ?

Si l’esclavage est vécu comme un mal qui ronge d’abord les victimes, parce que source de stigmatisation, d’exploitation et de déshumanisation, il l’est aussi pour les États où sévit encore cette pratique d’un autre âge. En effet, pendant longtemps la Mauritanie avait opté pour le déni à chaque fois qu’elle avait été interpellée par les partenaires au développement (les instances internationales).

La réponse officielle était : il n’y a point d’esclaves en Mauritanie.

Acculée pendant des années, en plus des preuves qui ne cessent de s’amonceler contre Nouakchott, grâce au travail titanesque et courageux de certaines Organisations de la société civile (ONGs), (le plus souvent combattues et mal vues en Mauritanie mais bien appréciées à l’étranger), les autorités mauritaniennes ont été contraintes d’évoluer dans leur position. Ainsi, elles passent du déni à la reconnaissance non pas de l’esclavage en tant que fléau, elles arrivent à inventer une formule ingénieuse, qui admet la persistance des séquelles du mal. Une manière sans doute de minorer, d’atténuer : une reconnaissance au bout des lèvres. C’est déjà bien !

Comme toujours au Sud du Sahara pour justifier l’injustifiable, l’ignominie, le déshonneur, toutes choses abjectes, on peut compter sur des « intellectuels » ripoux et malhonnêtes » brillants dans la voie satanique et diabolique.

Ces derniers ne manquent jamais de mots, d’arguments, de thèses pour enfumer, manipuler mais surtout impressionner et endormir la société pour faire prévaloir leurs théories, même lorsqu’ elles sont loin de la vérité. Les exemples ne manquent : le tripatouillage des Constitutions, la légitimation des coups d’États, la défense des dictatures et autres régimes corrompus etc.

La journée du 06 mars ?

Loin des joutes politiques et politiciennes, instituer une journée nationale contre l’esclavage, est sans doute une manière de reconnaitre de l’existence de l’esclavage dans notre société.  Les sociétés humaines étant dynamiques, nécessairement la pratique de l’esclavage s’adapte aux nouvelles réalités, en changeant de formes et de manifestations. Mais en réalité, la substance même de la pratique basée par l’exploitation psychologique, sociale, communautaire, mentale, culturelle, religieuse, économique, politique est toujours présente ; même si la stratégie du maître change de formes et d’enjeux. Et en face, la victime aussi n’est plus la même, sa mentalité, ses intérêts et rapports avec le maître ou l’ancien maître, le contexte etc. ont évolué.

Mauvaise lecture de l’esclavage en Mauritanie : la société maure stigmatisée

Jusqu’à une époque récente, parler de l’esclavage en Mauritanie revenait à pointer du doigt la situation des haratins, et à incriminer les bidhanes (maures blancs). Or, la société maure n’est pas la seule esclavagiste en Mauritanie. Les Noirs aussi pratiquent l’esclavage sous une forme plus subtile, mêlée à la culture : un mélange de féodalisme et esclavagisme. Pour s’en défendre, ils sont prompts à brandir l’argumentaire du respect des us et coutumes. 

Dans une république démocratique, de surcroît un État de droit, la promotion culturelle doit impérativement être en harmonie avec les valeurs et principes de la république. Certains débats dans l’espace public ou sur la toile montrent jusqu’où la lutte contre l’esclavage manque de sincérité en Mauritanie. En effet, au lieu d’une tolérance zéro à l’encontre des apologistes esclavagistes, beaucoup préfèrent se contenter de nier ou de comparer les formes de pratiques observées chez les différentes communautés nationales.

On se rend compte d’une contradiction fragrante entre le caractère coercitif dans sa formulation contre l’esclavage et pratiques assimilées d’une part et l’impunité dont se vante les esclavagistes. Les victimes n’ont jamais compris, la mollesse et l’indifférence avec lesquelles les autorités judiciaires, policières et administratives traitent, les dossiers sur l’esclavage, une pratique criminalisée par la loi.

Ce qui est ahurissant, c’est de voir de grands responsables ou des soi-disant intellectuels s’adonner à cœur joie, sans état d’âme à comparer l’esclavage dans nos différentes communautés nationales ; en cherchant à minimiser les pratiques en vigueur chez les Noirs, comparées à ce qui se passent entre bidhanes et haratins. On ne compare pas deux maux.  On les combat.  Ma mère m’a appris que deux grains de sel ont la même saveur, (goût) : la seule différence possible entre eux, c’est à la pesée (le poids).

A l’occasion de cette journée commémorative, de lutte contre ce fléau, il est essentiel de rappeler qu’un combat sérieux contre l’esclavage nécessite un traitement plus pointu, prenant en charge les différentes formes de manifestations du fléau dans nos différentes communautés nationales. 

Où trouve-t-on l’esclavage dans ses différentes manifestations ?

Il est dans les rapports sociaux, il est exprimé dans les mots, dans la façon de nommer, de désigner, d’interpeller etc. Il se nourrit des manifestations populaires et culturelles où il prend la forme de l’expression d’une identité culturelle. Il est présent dans la division sociale du travail, dans la gouvernance des lieux de culte (mosquées), dans les mariages entre les différentes familles. Sur le champ politique, l’esclavage se manifeste aussi dans les nominations, la désignation aux postes politiques ou électifs.

Bien évidemment, la forme visible saute aux yeux du fait qu’elle est pratiquée à ciel ouvert. La loi n’a de sens que lorsqu’elle protège les victimes ; et lorsque toute une administration est chargée d’accompagner les victimes, les protéger, les rassurer, les sensibiliser pour vaincre la peur, les intimidations et autres entraves de nature à compromettre l’accès à une justice. 

Légiférer sur l’esclavage par ascendance

Il est temps que les Autorités mauritaniennes légifèrent sur l’esclavage par ascendance, une particularité des communautés négro-mauritaniennes et négro-africaines. Une loi n’a de sens que lorsqu’elle est appliquée, où quand elle prend les stratégies utilisées par les contrevenants pour la contourner. En effet, l’esclavage par ascendance reste une forme insidieuse qui échappe à la vigilance du législateur et des Autorités, qui ne font pas assez pour en finir avec cette abomination.

Seyré SIDIBE