~Le cas du Pakistan et du Bangladesh
Par le visionnage d’un documentaire succinctement bien fourni de la chaîne TV Arte https://www.arte.tv/fr/videos/120874-001-A/bangladesh-la-naissance-dans-le-sang-1-2/?utm_source=android&utm_medium=share&utm_campaign=120874-001-A, on y apprend comment la commune religion partagée majoritairement entre les 2 peuples n’a pas pu éviter une terrible guerre civile suivie d’une douloureuse séparation. Cet affrontement que d’aucuns qualifient d’une guerre génocidaire en 1971 aurait provoqué plusieurs millions de morts et de déplacés. Le pays en 1947 est établi à la base d’une division de l’ancienne possession britannique du sous continent indien. Ainsi, l’ensemble majoritaire hindou est devenu l’Inde et l’ensemble majoritaire musulman fait le Pakistan. Ce dernier est territorialement séparé par l’Inde (d’environ 1600 km), donnant le Pakistan occidental et le Pakistan oriental (le futur Bangladesh en 1971). Dès la création du Pakistan, la partie occidentale tenait l’ascendant politique sur la partie orientale. À travers de relents ethno-raciaux, Mohammad Ali Jinnah (le top dirigeant du pays naissant) et ses idéologues cultivaient ouvertement un hégémonisme social et politique contre la partie orientale. En avril 1948, il s’exprimait ainsi : « l’ourdou et seulement l’ourdou restera la langue officielle du Pakistan ». L’ourdou, la langue du côté occidental, est imposé comme la langue officielle en ignorant le Bengali majoritairement parlé du côté oriental. Dans son propos du documentaire, M. Ali Jinnah menaçait en substance que celui qui est contre cette officialité linguistique exclusive de l’ourdou, est l’ennemi du Pakistan. Le ton véhément et méprisant est ainsi lancé pour un écrasement politique, social et culturel accablant la partie orientale par le côté occidental. Ce dernier concentrant l’essentiel du pouvoir par la suite sous une dictature militaire de Yahya Khan. Lors des élections tenues dans le pays debut décembre 1970, le parti d’un leader bengali M. Mujibur Rahman, rafle la majorité absolue du côté oriental et les suprémacistes du côté occidental n’entendaient pas lui laisser l’éventualité de devenir premier ministre. Les bengalis ont engagé et amplifié des protestations populaires contre la décision du dirigeant militaire Yahya Khan qui a suspendu le processus parlementaire. La cassure devenant fatalement inévitable, l’armée et ses suppletifs à la solde de la politique répressive du côté occidental, ont choisi la violence brute contre les bengalis déterminés à recouvrer leur liberté et obtenir l’indépendance de leur pays pour de bon. La machine répressive s’est affolée terriblement contre les indépendantistes devenus combattants déterminés à se libérer du joug méprisant du pouvoir occidental. Certaines pratiques de l’armée sont d’ailleurs logées schématiquement dans les critères génocidaires. Tueries de masse, disparitions forcées, traques et éliminations systémiques visant l’élite politique et intellectuelle bengale. À noter que les forces indépendantistes ont bénéficié durant le conflit devenu une guerre de libération, de l’aide humanitaire, logistique et militaire de l’Inde voisine. Le pays devient indépendant le 16 décembre 1971 sous le nom Bangladesh se détachant du Pakistan occidental contraint d’accepter la séparation.
Les idéologies suprémacistes qu’elles soient de colorations raciales, ethno-raciales, communautaires ou statutaires ne feront jamais un socle valablement structurant d’où peut émaner une Nation ou une Communauté stable et forte ni socialement, ni politiquement, ni économiquement, encore moins intellectuellement. Seule la commune dignité humaine par la prise en compte rigoureuse de nos diversités peut constituer une anse ferme de l’unité et du vivre-ensemble. Et ce n’est pas une option bancale par du verbal mais une nécessité absolue par des actes louables pour Construire et Sauvegarder une Nation ou une Communauté sur de solides et pérennes piliers civilisationnels.
27 février 2025
KS pour le BLOG
































































































Vous devez être connecté pour poster un commentaire.