L’esclavagisme en Mauritanie: ce mal à bannir absolument

La question de l’esclavage soulevée beaucoup en Mauritanie, est une réalité indéniable . Le système féodal des castes est un sous système de l’esclavage en Mauritanie. En effet l’esclavagisme par ascendance traverse toutes les communautés et l’état dominé par la communauté arabo-berbère tient une certaine responsabilité dans la persistance de l’esclavage et ses séquelles.

Tous les êtres humais naissent libres et égaux en dignité et droits. Mais dans certains milieux on essaie de faire comprendre socialement par un formatage magnifié que la hiérarchisation sociale par les statuts est parmi nos valeurs.

La problématique de l’esclavage représente des freins à l’établissement corret d’un ordre démocratique et d’une cohésion sociale. Peut-être faute d’application mais la première loi de 1981 pendant le règne de khouna Ould Haidalla avec cette loi : (fait adopter la charia, les textes juridiques fondamentaux sont révisés par les jurisconsultes pour être mis en conformité et il en résulte entre autres l’ordonnance no 081-234 du 9 novembre 1981abolissant officiellement l’esclavage).

En 2007 Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi Il fait adopter par le parlement la loi no 2007–048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes, son article 4 prévoit que « Quiconque réduit autrui en esclavage ou incite à aliéner sa liberté ou sa dignité ou celle d’une personne à sa charge ou sous sa tutelle, pour être réduite en esclave, est puni d’une peine d’emprisonnement de cinq à dix ans et d’une amende de cinq cent mille Ouguiyas à un million d’Ouguiyas », la loi punit aussi les fonctionnaires et juges ne portant pas assistance aux esclaves, l’apologie de l’esclavage, les complicités et les récidives. Les lois sont claires et sévères mais toujours leur application reste timide et inexistante même. Il faut rappeler la dernière loi datant de 2015 , avec la loi 031-2015 .

Dans le pays, on y trouve toujours certaines couches du peuple qui sont la propriété de fait et symbolique d’autres selon les traditions en vigueur.

Il est impossible d’avoir des chiffres ou des statistiques sur l’esclavage en Mauritanie, car l’état ne laisse pas faire des enquêtes sur la réalité ce qui se passe en Mauritanie. Quand les ONG ont essayé de faire des enquêtes à l’intérieur du pays, ils trouveront beaucoup des difficultés. Dans certaines contrées éloignées, l’esclave appartient a son maitre, il peut le frapper, le violer ou même l’éliminer. La Mauritanie est dans le monde musulman , le pays qui continue de pratiquer l’esclavage d’après l’ONG free Walke. l’esclave n’a jamais été contesté. L’islam a été instrumentalisé pour justifier la domination et le rendre acceptable. L’esclave aujourd’hui se considère propriété de son maître et il peut même s’en vanter . Pour un esclave, c’est le maître qui est son modèle, et non son père, puisque pas conditionné à une filiation totale et normale de son père. C’est son unique identité.

Sur le volet religieux , il y’a beaucoup à dire dans la perpétuation de cet esclavagisme dans le pays. Notamment dans certains manuels , on y véhicule l’idéologie esclavagiste.

Comme le livre que le président du mouvement l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) décide de brûler en 2012.

Ces livres qui contiennent beaucoup de paragraphes sur ce que nous pouvons appeler la jurisprudence du faux, ce qui fonde l’esclavage et les pratiques similaires qui sont à l’antipode de la vraie religion . Moukhtassar Khalil, le livre de toutes les polémiques en Mauritanie. On le trouve aussi bien dans les librairies traditionnelles en Mauritanie «Ce livre devient une référence pour les esclavagistes», avait dit le secrétaire aux relations extérieures de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie , Balla Touré.
«On lit à la page 32 : “La femme esclave ne doit pas cacher son corps, contrairement à la femme libre, mais si son maître la possède et trouve un enfant avec elle, même sans mariage, elle doit se comporter comme les femmes de ‘‘bonne extraction’’ (se couvrir).» Le maître est alors autorisé à faire de son esclave «sa chose» et «à avoir avec elle des relations sexuelles, même quand elle est mariée, et ce, même devant son époux de même condition qu’elle !»

Un bref exemple sur le ca Soninkés dans le Guidimakha 10ème région de la Mauritanie.

Bref, il s’agit dans cette region, de présenter la situation de l’esclavage. Pour traiter la question de l’esclavage, nous nous somme intéressés à définir qu’est ce qu’un espace villageois soninké contemporain, ensuite les coutumes (les lada) et, les railleries et les plaisanteries chez les soninkés.

Un espace villageois soninké contemporain

Un village soninké contemporain est dirigé par le chef de village. Les villages précoloniales, les chefs étaient entouré par des ainés composé de notables, parents et issu de statu libre « Horo », de clients « Nyaxamala » des esclaves de confiances « Komo-khoro »

L’espace villageois soninké contemporain est composé que des soninkés fermés sur eux mêmes, descendant d’un même ancêtre commun où plus généralement ayant une même origine, possédant une culture homogène et parlant une langue commune, et également une unité politique. La manière de penser, d’agir et de sentir, de ses membres est basée sur le système traditionnel.

L’appartenance à un village contemporain soninké dépend de la filiation patrilinéaire. La tribu et le clan ne permettent plus d’habiter à un village soninké. La terre est une propriété collective chez les soninkés malgré que la loi de 83 aboli les propriétés traditionnelles. Les villages soninkés institutionnalisent les lada pour que l’esclavage demeure.

Aujourd’hui les milliers dans soninkara, mais si tu as ouvert ta bouche et que tu parle d’abolition d’esclavage on te traite comme un criminel. Le système coutumier soninké est foncièrement esclavagiste par les mentalités et les comportements . C’est un monde des tabous et dénoncer cet esclavagisme est considéré comme un sacrilège.

Nous ne pouvons jamais obtenir notre liberté en faisant appel au sens moral de ces gens qui nous oppriment, nous devons nous battre jusqu’à l’obtention totale de nos droits. Nous devons quitter cette peur enfantine qui fait qu’on est traité d’être esclave et défendre nos idées, qu’elles ressemblent ou non à celles de nos maitres d’hier.

Nous devrons prendre en mains le destin de nos enfants en se sacrifiant pour leur éducation si nous voulons vraiment changer notre situation, cette dernière est notre seul moyen pour se débarrasser de cette situation.

Ce combat droit être mène d’une manière pacifique et dans le respect des droit des autres car certains d’entre eux se battent régulièrement d’une manière ou d’une autre avec nous .

TRAORE DEMBA , militant abolitionniste.

Crédit source: Mailing auteur

Lettre ouverte au ministre de l’intérieur : Halte à la dictature féodale à DAFORT dans le Guidimagha

Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Monsieur le ministre , nous allons vous soumettre par ce cri d’alerte, le cas symbolique de la dictature féodale qui sévit dans nos localités rurales du Guidimagha. En effet nous sommes une composante sociale d’extraction sociale dite « esclave » selon le régime coutumier soninké, et nous subissons un certain ostracisme très sévère dans notre village alors que nous ne voulons VIVRE qu’en CITOYENS DIGNES. Vous savez que les séquelles esclavagistes dans les milieux soninkés du Guidimagha sont vivaces et foncièrement agressives. Aujourd’hui en citoyens avertis, nous avons décidé de sortir des vieux schémas sociétaux rétrogrades qui nous humilient depuis plusieurs générations. Cet activisme pacifique s’est inscrit dans la légalité en respectant les règles admises en la matière dans notre chère MAURITANIE. Il y’a quelques mois, l’association AMEES a ouvert une section à travers laquelle nous menons notre mission de sensibilisation et conscientisation de nos masses populaires . Lors de l’ouverture de cette instance locale, nos membres fondateurs ont été voir le maire pour l’en avertir. Il n’avait trouvé aucun inconvénient et il lui avait été précisé que l’association est ouverte à tous nos concitoyens. Dès lors nous croyons être dans nos Droits légitimes garantis par la constitution. C’était sans imaginer les différents types de chantages manœuvrés par certains détracteurs de notre engagement pour VIVRE en citoyens à égale DIGNITÉ sans les pesanteurs sociétales. En effet, les membres de notre communauté sont harcelés, provoqués et salis dans le village par des éléments réactionnaires issus de la féodalité villageoise. C’est ainsi que le 13 août 2017, des gendarmes mobiles dans la commune avaient convoqué l’un des nos responsables en lui disant qu’ils veulent savoir sur la nature des réunions qu’on organise chez lui. Ce jour, les gendarmes ont notifié que nos parents avaient le plein droit de se réunir en toute liberté chez ce responsable de section AMEES après une explication donnée sur nos activités de sensibilisation. Le 5 septembre 2017, dans les jours de la fête de Tabaski, d’autres gendarmes mobiles se sont présentés chez le responsable section AMEES DAFORT en lui demandant d’arrêter les travaux d’un modeste hangar prévu pour abriter nos rencontres dans sa maison. Les gendarmes avaient dit que nous aurons des plaintes en notre encontre propos de ce hangar et que nous devrons nous rendre à Ould Yengé le chef-lieu de notre département auprès de la brigade. Et c’est au cours de cette procédure de clarification auprès des autorités départementales, la nuit du 30 septembre 2017 s’éclatent des graves incidents entre la jeunesse villageoise dans son ensemble et l’ordre des anciens à propos de la tenue des festivités nocturnes. Ces incidents d’une certaine violence avaient été condamnés par le monde villageois dans son intégralité. Pourtant comme par hasard dans une atmosphère de délation, 2 adultes parmi nos membres engagés contre ancien système féodal, sont arrêtés avec les jeunes émeutiers. L’un de ces 2 militants arrêtés a été le responsable section AMEES DAFORT, et leur arrestation sans motif avéré avait duré plus de 50 jours INJUSTEMENT. Après cet épisode flou et mystérieux, nous avons repris nos démarches citoyennes auprès des administrations départementales et régionales pour savoir davantage sur le cas de notre hangar suspendu depuis le 5 septembre 2017 . Ainsi ces derniers jours nous avons pris contact avec le préfet à Ould Yengé, qui dit qu’il ne comprends aucun motif sur cette suspension et nous a invités d’aller chez le gouverneur de Selibaby. Arrivés chez le gouverneur il y’a quelques jours, il nous a expliqué que les ordres qu’il a reçus venaient du ministère de l’intérieur . Il a clarifié que quelques cadres issus de DAFORT se sont plaints auprès du ministère concernant notre hangar qui serait financé par des bandits étrangers.

À partir de ce constat, nous estimons nécessaire de s’adresser directement à vous monsieur le ministre, en guise de réactualisation de notre courrier d’il y’a quelques temps. En vous adressant cette alerte citoyenne et témoin à l’attention de la communauté nationale voire internationale.

Nous suspectons encore une énième fois les manœuvres délatrices et lâches des milieux féodaux hostiles à notre campagne de sensibilisation et de conscientisation sur le régime féodal soninké qui bafoue nos droits de citoyens et veut sauvegarder des privilèges partisans dans nos communautés.
Monsieur le ministre, nous vous assurons que certains milieux soninkés influents à Nouakchott sont dans une campagne diffamatoire et calomnieuse à notre endroit depuis l’élan de conscientisation initiée et amplifiée par la journée du 6 mars 2017 à Selibaby à l’occasion de la journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles. Ce jour pour la première fois la loi 2015-031 relative aux pratiques esclavagistes et ses séquelles a été expliquée et diffusée au sein des masses soninkés dans nos contrées villageoises. Aujourd’hui , AMEES dispose de plusieurs sections dans différentes localités villageoises du Guidimagha, et tout se passe sans encombres pour leurs adhérents, le cas DAFORT ne devrait pas être une exception.

Monsieur le ministre, nous voulons exercer paisiblement notre qualité de CITOYENS ACCOMPLIS dans nos localités rurales du Guidimagha mais l’ordre féodal s’active pour s’y opposer et ses représentants déterminés sont probablement bien introduits au sein du pouvoir à Nouakchott.
Monsieur le ministre, nous vous assurons qu’aucun financement suspect et des relations extérieures douteuses n’existent dans notre engagement citoyen et pacifique. Comme toute communauté de vie et d’appartenance militante, nous avons la culture de l’entraide entre nos membres de l’intérieur et de l’extérieur en toute transparence.
Monsieur le ministre, sous le vocable GANBANAAXU* communauté de DAFORT, nous voulons nous libérer du joug féodal dans le milieu soninké en refusant les mentalités esclavagistes.
Monsieur le ministre, nous comptons sur vos services de protecteur et de garant de l’ordre public et des libertés individuelles et collectives pour prendre en compte le cas de notre hangar suspendu depuis plusieurs mois dans des circonstances qui troublent plus d’un.
NB : une copie de cette lettre a été déchargée auprès du service courrier du ministère de l’intérieur à la date du 8 janvier 2018 avec reçu de dépôt.

*Mouvement citoyen et pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ dans la société soninkée.

DAFORT, 4 février 2018

La communauté GANBANAAXU DAFORT

ALERTE : DES MEMBRES DE LA COMMUNAUTÉ GANBANAAXU VIOLEMMENT ATTAQUÉS À MODIBOUGOU.

Dans la nuit de mercredi au jeudi, un groupe de gens sortant d’une rencontre nocturne s’est lancé dans des propos provocateurs ciblant les personnes connues comme refusant le système féodal de ladalamxu (rapports sociaux pouvant lier les anciens esclaves et les anciens maîtres) dans cette commune appartenant au Moughaata de Kobenni dans le Hodh El Gharbi. Tout part d’une provocation lors d’un mariage, au cours duquel un monsieur dénommé Siran kante baba Dramé issu de la composante sociale Niakhamala (selon les sources il serait un guesseré ou diaré), aurait clamé en public et avec le zèle que la part de présents destinée aux esclaves est là. Sur l’état pas de réaction contestataire mais lors d’une rencontre dans une place du village, un membre de la communauté GANBANAAXU* présent au moment des propos apologistes tenu par le courtisan féodal, lui a rappelé que son comportement était blessant et condamnable par la loi. L’homme niakhamala a remis une couche provocatrice en disant qu’il est chargé de dire ces propos sur ordre de ses maîtres féodaux qui sont de la famille Diawara. Il aurait rajouté qu’il peut même tuer une personne si ses maîtres lui donnaient l’ordre. C’est ainsi qu’un membre de la communauté GANBANAAXU s’est rendu auprès de la brigade locale pour signaler ces provocations caractérisées. Convoqué avec certains de ses maîtres féodaux, le cas du courtisan social s’est arrangé à l’amiable avec des avertissements exprimés par les gendarmes concernant ce discours extrémiste et provocateur lié à l’esclavagisme statutaire en milieux soninkés.
Après cet épisode qui n’a pas trop plu aux milieux féodaux et réactionnaires du village, des réunions ont eu lieu toute la journée et après la rencontre du soir, une bande extrémiste parmi eux, a ciblé les militants GANBANAAXU par des propos injurieux et jusqu’aux coups violents à l’aide de gourdins. Il y’a eu plusieurs blessés dont un cas relativement grave. Ce dernier, Fidi Cissokho, un retraité venu de la France a reçu des coups sanglants sur sa tête. Encore alertés, les gendarmes ont arrêté 11 personnes issues de milieux féodaux du village et d’autres suspects ayant pris part aux agressions gratuites de la nuit seraient en fuite d’après une source proche du dossier.
Ainsi, il est URGENT et nécessaire pour que les autorités mauritaniennes prennent toutes les mesures qui s’imposent pour stopper l’engrenage de provocations féodales et esclavagistes dans les localités soninkés.
Par ce communiqué, nous condamnons fermement ce nouveau palier réactionnaire de ceux qui se considèrent comme intouchables pénalement en défiant les lois ouvertement. Nous interpellons encore toutes les consciences progressistes de la communauté soninké sur un silence inquiétant sur ce phénomène de l’ordre féodal devenu de plus en plus agressif dans nos localités.
Nous alertons nos partenaires défenseurs des droits humains à Nouakchott sur ce cas de Modibougou afin de suivre de près l’évolution de ces événements violents.

Ci-joint l’audio des aveux d’un agresseur : https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=i6Jd8udijlQ

*Mouvement pacifique et citoyen pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké.

8 février 2018

Pour la communication GANBANAAXU

L’affaire Tariq Ramadan, 150 ans après l’affaire Dreyfus? Par Ousmane TIMERA

Je m’étais promis de ne pas intervenir sur cette affaire délicate qui hystérise le débat public. N’ayant pas les possibilités de me faire une opinion objective, car n’ayant pas accès aux éléments du dossier, je pensais- et je pense toujours- qu’il fallait laisser du temps aux investigations pour que la vérité se manifeste.

Cependant, nous constatons avec effroi, que le principe de la présomption d’innocence est dans ce cas largement violé. Cela n’est pas admissible dans une société dite démocratique. Dois je rappeler que jusqu’à preuve du contraire, il reste un homme innocent.

Le lynchage auquel nous participons est un danger pour nous tous. Qu’il soit innocent ou coupable il doit être jugé en toute équité. Et nous demandons à la justice qui représente la société de ne pas faillir dans cette tache. C’est sa crédibilité qui est ici en jeu. Or une justice qui vacille c’est une société qui s’ébranle.

Par ailleurs, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les arguments apportés par les plaignantes sans pour autant être désobligeant avec elles ou être traité d’insensible à leur cas. Il ne faut tomber dans la sensiblerie de bas étage. Les faits, quelque-soit l’issu de cette affaire, sont extrêmement graves, pour les uns comme pour les autres. Or le fait d’avoir égaré certains éléments cruciaux du dossier, allant en faveur de l’accusé est proprement ahurissant et fait peser sur cet affaire un soupçon de procès politique. Ce qui n’est en aucun cas à l’avantage de nos principes démocratiques mis à mal par l’ère de soupçon généralisé qui pèse en ce moment sur la société.

D’aucuns s’offusqueront de la comparaison que je fais avec l’affaire Dreyfus. Mais c’est justement pour que l’injustice subie par le Capitaine il y a 150 ans ne se reproduise pas aujourd’hui. Beaucoup aiment commémorer les injustices d’hier pour oublier celles d’aujourd’hui. Si l’histoire montre le sens, les idiots regardent la date.

Tariq Ramadan n’a pas à être jugé pour sa religion, son origine ou ses idées mais pour des faits qui doivent être établis de façon claire qui ne laisse place à aucune interprétation. Tant que cela n’est pas le cas, il doit être considéré comme innocent. Et tout doute concernant les preuves de ses accusatrices doit être considéré en sa faveur, quelques-soient nos soupçons ou nos opinions envers lui ou envers les plaignantes, qui ont elle aussi le droit de ne pas être insultées. Seuls les faits comptent. Or ce qui est un fait, c’est que l’homme est jugé coupable par principe sur les réseaux et sur les médias, avec un effrayant mélange des genres (morale, politique, vie privée etc). C’est ce que je conteste, indépendamment du fond du dossier.

Enfin, je voudrais m’adresser à ceux qui ne partagent pas les opinions de Tariq Ramadan. Je suis de ceux qui ont eu et auront l’occasion d’exposer ses désaccord avec lui (et aussi ses accords quand il y en a). Je suis issu d’une génération de penseur, comme je le lui ai dit, qui entendent le dépasser. Ni éliminer, ni imiter mais dépasser. Or cela ne grandit aucunement certains, qui faute de pouvoir débattre avec lui d’égal à égal, masquent leur soif de notoriété dans la bassesse de la « neutralité » calomnieuse. Cela n’est pas fait pour les grandir. Bien au contraire.

On m’a prévenu qu’intervenir mettrait en danger ma carrière et mes études car des personnes en France, toujours d’après ce « bon conseilleur », faisaient en ce moment la police de la pensée et repéraient les « personnalités montantes » qui avaient une « grande bouche ». Je sais tout cela et la crainte quelquefois étreint mon cœur. Mais à quoi sert la notoriété et la réussite si c’est pour vivre dans la honte de sa conscience?

Source crédit: Post Facebook de l’auteur

Communiqué Répression de la marche pacifique d’IRA – Mauritanie

Mercredi 07/02/2018 une marche pacifique des militantes, et sympathisants d’IRA s’est ébranlée à partir du garage « Camara » à destination du préfet de Elmina (gigantesque département périphérique de Nouakchott). Cette marche pacifique organisée par le mouvement abolitionniste visait à exprimer pour les autorités mauritaniennes l’intenable situation des ménages mauritaniens face au dédoublement des impôts et patentes de l’état, la montée vertigineuse des denrées de première nécessité et la chute inox érable de la valeur de la monnaie nationale, l’Ouguiya ; les marcheurs ont buté sur plusieurs unités de la police occupant les principales artères de Elmina. Cette dernière comme à son habitude usa de la brutalité gratuite, de la violence indicible contre des manifestants pacifiques qui furent tabassés, battus avec des matraques et parfois des gourdins, roués de coups de pieds mais toute cette violence et les mauvais traitements n’ébranlèrent pas les militantes et militants abolitionnistes qui continuèrent leur protestation jusqu’aux locaux du préfet du département.
Enfin de compte plusieurs blessés au sein des manifestants ont été dénombrés et sept (7) activistes d’IRA – Mauritanie ont été arrêtés et conduits à une destination inconnue il s’agit de :

1- Sabar Houssein
2- Abdallahi Hindi
3- Abdallahi Homody
4- Amadou Traore
5- Bidine Mechinou
6- Dia Oumar
7- Zeiny Sidi

Face à cette situation IRA – Mauritanie :

– dénonce une fois de plus l’usage de la violence gratuite et disproportionnée contre des citoyens qui usent de leur droit constitutionnel à manifester pacifiquement.

– Rend les autorités responsables de tout ce qui adviendra aux sept militants abolitionnistes arrêtés arbitrairement et disparus depuis lors.

– Appelle la communauté nationale et internationale à se dresser contre cette dérive du régime qui criminalise le droit à manifester pacifiquement.

Nouakchott le 07/02/2018

La commission de communication

Communiqué de presse : le mot de remerciements suite à l’affaire du doyen Demba Diarra

Le mouvement populaire et citoyen GANBANAAXU FEDDE composé de plusieurs associations dont AMEES, UVDS et ARMEPES-France, adresse ses vifs remerciements aux partenaires défenseurs des droits humains et à toutes les personnalités issues de la société civile.
Visé par des plaintes mystérieuses juste après son arrivée de France pour des vacances annuelles auprès de sa famille , le doyen DIARRA a été auditionné au commissariat de police et convoqué par la suite au tribunal de Nouakchott à 2 reprises.
Finalement cette affaire très étrange et inédite à ce niveau concernant la féodalité soninké et les séquelles de l’esclavage, a été classée sans suite.

■ Ainsi nous saluons la lucidité et le discernement mis en avant honorablement par les autorités judiciaires au tribunal de Nouakchott. Rapidement le fond du dossier a été saisi, les allégations d’insultes cachent les problématiques liées à la féodalité et aux vestiges esclavagistes qui secouent la communauté soninké. L’éveil des couches anciennement serviles qui subissent d’innombrables harcèlements très sévères dans la société, irrite les milieux féodaux et réactionnaires.

■ Nos remerciements au mouvement historique antiesclavagiste SOS-ESCLAVES de Boubakar Ould Messaoud qui s’est intéressé de très près au cas du doyen Demba Diarra, par la présence de l’avocat du mouvement jusqu’au dénouement final. Désormais un allié de poids s’est manifesté auprès des lésés du système féodal negro-mauritanien. Nous saluons la présence remarquée et instructive du journaliste Camara Seydi Moussa de la Nouvelle Expression parmi les responsables de la société civile.

■ Également nos remerciements à TOUS nos militants dévoués à Nouakchott et à CEUX de la mouvance abolitionniste (AHME, IRA, ONG contre le discours extrémiste et d’autres) qui s’est impliquée de près comme de loin pour soutenir le doyen Demba Diarra, éminent membre de la communauté GANBANAXU*.

■ Pour finir, nous rappelons pour une énième fois aux autorités publiques et à toutes les organisations défendant les droits humains sur le plan national , que différents cas litigieux relatifs aux mentalités et pratiques féodales sont en suspens dans les localités rurales du Guidimagha depuis plusieurs mois. L’ordre féodal et coutumier foncièrement sévère sévit contre des paisibles gens qui veulent vivre en citoyens dignement. Il faut plus que jamais changer la donne sur cette problématique du régime féodal rétrograde qui est particulièrement nocif et nuisible à la paix sociale dans nos communautés.

*Mouvement pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkées.

Nouakchott 7 février 2018

P/ La communication GANBANAAXU

Flash INFO: le doyen Demba Diarra est sorti libre du tribunal à Nouakchott.

Nouakchott le 6 février 2018

Le doyen Demba Diarra, originaire du village de Coumbadaw dans le Guidimagha, est sorti libre du tribunal ce jour à Nouakchott. Mis en cause par des plaintes mystérieuses introduites à son encontre juste à son arrivée à Nouakchott pour ses vacances annuelles par d’éléments issus de milieux féodaux soninkés. Après son audition au commissariat de police de Sebkha le vendredi dernier, il a été emmené au tribunal dans la matinée d’hier et relâché pour complément d’enquête. Aujourd’hui, avant midi, il a été convoqué au tribunal et finalement libéré avec le classement de son dossier. Ce monsieur approchant les 60 ans, est un prêcheur et militant contre les séquelles de l’esclavage dans la communauté soninké. Il participe courageusement à l’éveil et la conscientisation de la composante sociale dite « esclave statutaire » dans les milieux soninkés. Éminent membre du mouvement citoyen et pacifique de sensibilisation GANBANAAXUN FEDDE*, il lui reprocherait cet engagement inédit en milieu soninké, pour lever les tabous sur une certaine organisation sociétale et coutumière qui discrimine et hiérarchise les citoyens sur le matériel et l’immatériel. On se sert de patronymes d’une manière sélective et déterministe pour nier toute légitimité d’Avoir et d’Être à certaines personnes.

*Mouvement citoyen transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké.

Ci-après les premiers mots de Mr DIARRA juste à sa sortie du tribunal.

Le témoignage et l’explicatif du journaliste mauritanien Camara Seydi Moussa de la Nouvelle Expression.

URGENT: le doyen Demba Diarra est au tribunal à Nouakchott!

« L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère… » Thomas SANKARA

Notre oncle Demba Diarra est arrivé au tribunal suite aux plaintes déposées par des milieux féodaux soninkés à son encontre. Militant abolitionniste et antiesclavagise au sein de la communauté soninké, on croit pouvoir porter les intimidations à un nouveau palier.

TOUS DERRIÈRE LUI… PLUS QUE JAMAIS.

À qui profite la création d’un troisième département et d’arrondissements au Guidimakha ? Par Amadou Bocar Ba/Gaynaako

Au cours de son conseil de ministre du jeudi 25 janvier 2018, le gouvernement mauritanien a adopté un projet de décret donnant lieu à un nouveau découpage administratif. Le Guidimakha compte désormais trois départements et connait deux nouveaux arrondissements. Khabou qui était un arrondissement devient le troisième département et regroupe les communes de Gouraye, Baediam Soufi et Khabou. Les nouveaux arrondissements regroupent quant à eux Tachott, Ould Mbony et Hassi Cheggar pour celui de Tachott, Bouanze, Dafford, Lahradj pour celui de Lahradj. Avec ce découpage, les populations se retrouvent encore plus éloignées sur le plan administratif. A titre illustratif des populations qui sont à moins de dix ou à cinq kilomètres de Sélibaby se retrouvent dans l’obligation de se rendre à plus de soixante dix kilomètres ou plus pour régler un quelconque problème. Tel est le cas de Liradi, de Sneiga Sambanel, dans la commune de Gouraye,Soufi ,Beelel Seeno et autres localités de la commune de Soufi, Barelé Thienel Leya dans celle de Baediam pour ne citer que cela. Sur le plan Politique, le rattachement de Gouraye, Soufi et Baediam à Khabou change la donne politique au Guidimakha. Le département de Sélibaby qui s’était retrouvé avec quatre députés lors des législatives et municipales de 2013 se voit ainsi vidé de ses électeurs dont certains soutiens de l’UPR. Bouroudji,Toumbou Mody Bocar ,Goupoudji,Boutanda dans la commune de Gouraye,Melga et Goudiawol dans la commune de Baediam et les localités de la commune de Soufi sur lesquelles a toujours compté la tendance Kane se trouvent détachées du département de Sélibaby qui se retrouve avec sept communes à savoir Sélibaby, Tachott, Hassi cheggar, Ajar, ,Arr ,Ould Mbony et Wompou. Au niveau de ces communes des candidats issus d’autres partis et/ou autres candidats ont été soutenus. Les résultats des élections municipales et législatives de 2013 illustrent cela car la commune de wompou est gérée par le PRDR, Hassi Cheggar par le Sursaut de la jeunesse, Ould Mbony par l’UDP. Les communes de Tachott, d’Ajar et d’Arr et Sélibaby le sont par des maires de l’UPR qui se réclamant de la tendance opposée à celle qui avait nourrit espoir avec l’élection d’Hapsatou Kane comme députée de la circonscription électorale de Sélibaby. Au niveau du département d’ould yengé le changement opéré complique la situation des administrés, dans leur majorité avec la transformation de Lahradj en un arrondissement qui, en son sein se retrouvent les communes de Lahradj, Daffort et Bouanze qui avaient du mal à se rendre à ould yengé. Un nouveau découpage administratif a toujours été revendiqué par les populations du Guidimakha. Mais est ce que de sorte ? à qui profite- t- il ?

Amadou Bocar Ba/Gaynaako

ALERTE INFO: une arrestation arbitraire d’un membre de la communauté GANBANAAXU est en cours à Nouakchott.

Le doyen Demba Diarra , originaire du village de Coumbadaw, se trouve dans un commissariat de police à Nouakchott depuis plusieurs heures. Selon les premiers éléments d’info reçus du terrain, 2 individus auraient introduit une plainte contre lui auprès d’un procureur à Nouakchott. Pour rappel, dans le cadre de la campagne antiesclavagise et de conscientisation contre les séquelles de l’esclavage en milieu soninké, il avait fait une communication très mal interprétée par certains individus détracteurs de notre engagement abolitionniste intracommunautaire et pacifique. Il avait fait une sortie de clarification à l’époque pour taire les rumeurs malintentionnées. Et par son arrestation aujourd’hui, l’association ARMEPES et ses partenaires de la mouvance anti féodalité dans les communautés soninké, s’adressent aux autorités mauritaniennes sur le caractère troublant de cette situation. Ce monsieur, paisible travailleur en France, est rentré au pays récemment pour ses vacances annuelles auprès de sa famille.

Encore une fois, le régime féodal sévit dans la communauté soninkée et il est plus que nécessaire et URGENT pour que les officiels mauritaniens prennent conscience de ce qui se joue en matière de déni de DIGNITÉ pour certains citoyens en milieu soninké.

Nous suivons de près l’évolution de son cas .

Nous sommes mobilisés plus que jamais pour contrer les esprits réactionnaires et moyenâgeux qui utilisent tous les artifices obscures pour nous nous salir et intimider nos familles dans les contrées villageoises du Guidimagha depuis de nombreuses années.

■La CECOM/Mouvance GANBANAAXU FEDDE

2 février 2018