Ces derniers jours, nous avons appris avec consternation le décès de notre compatriote El Hacen Diarra originaire de la région du Guidimakha (localité de Baydiam). Plusieurs éléments médiatiques croisés rapportent qu’une arrestation violente par une équipe de police tout près de son lieu d’habitation serait la cause de son décès par la suite au sein d’un commissariat parisien. Ces faits dramatiques se sont déroulés dans la nuit du 14 au 15 janvier 2026.
Par cet élément de communication, l’instance du parti RAG France et par extension l’entourage social et politique de l’honorable député M. Biram Dah Abeid : ● présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches du défunt en France et au pays et leur exprime soutien moral et patriotique, ● appelle aux autorités françaises en charge de l’enquête à un traitement approfondi afin que le dossier soit édifié avec rigueur et justice, ● interpelle les hautes autorités mauritaniennes pour une sérieuse prise en compte des problématiques pouvant affecter nos compatriotes vivant en situation diasporique.
La famille d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort dans la nuit de mercredi à jeudi pendant sa garde à vue dans un commissariat parisien, a porté plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort », a annoncé samedi son avocat Me Yassine Bouzrou.
Cette plainte s’appuie notamment sur une « vidéo (montrant) des violences commises sur lui lors de son interpellation », a relevé Me Bouzrou. Sur ces images, filmées de nuit, on distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donne un coup de poing en direction d’un homme plaqué au sol, avant l’arrivée de leurs collègues en voiture, une minute plus tard.
Le dépôt d’une plainte « s’impose face à l’absence de saisine d’un juge d’instruction par la procureure de la République, alors que les circonstances de ce drame sont marquées par des preuves accablantes », souligne Me Bouzrou dans un communiqué.
« Des témoins ont vu une mare de sang sur les lieux de l’interpellation, attestant de la violence extrême subie par El Hacen Diarra », poursuit l’avocat.
« À son arrivée au commissariat (du XXe arrondissement), les policiers eux-mêmes ont estimé nécessaire une hospitalisation immédiate », dénonçant des « violences graves » lors de l’interpellation et « peut-être » au sein du commissariat.
● Enquête de l’IGPN Après le décès d’El Hacen Diarra, une enquête en « recherche des causes de la mort » a été confiée à l’IGPN, la police des polices. Selon le parquet de Paris, les policiers avaient contrôlé El Hacen Diarra après l’avoir « vu rouler un joint de cannabis ».
« Indiquant avoir été confrontés au refus de se soumettre aux palpations, les policiers ont procédé à l’interpellation du suspect, qui a chuté au sol, entraînant deux policiers dans sa chute à deux reprises. Un policier a indiqué avoir fait usage du taser, le touchant notamment à la cheville », a rapporté le parquet.
« Interpellé à 22h45, (il) a été conduit au commissariat sans autre incident au cours du transport. Le dépistage alcoolémique de la personne gardée à vue s’est avéré négatif. (…) Son transport à l’hôpital a été requis par l’officier de police judiciaire en raison de la plaie qu’il présentait à l’arcade », selon la version du parquet.
« Alors qu’il était en attente sur un banc du commissariat, (il) a été vu faire un malaise, son arrêt cardio-respiratoire a été constaté, et un policier a débuté un massage cardiaque, poursuivi par les pompiers à leur arrivée à 23h45. Le décès de la personne a été constaté à 00h20 », a expliqué le parquet à l’AFP.
Le ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a tenu, cet après-midi, mercredi, dans son bureau, une réunion avec plusieurs ambassadeurs de l’Union européenne accrédités en Mauritanie.
La réunion a rassemblé, outre M. Joaquin Tasso Villalonga, ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, M. Florian Rendel, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, et M. Pablo Barbara Gomez, ambassadeur du Royaume d’Espagne accrédité à Nouakchott.
La rencontre a porté sur les relations existantes entre la Mauritanie et l’Union européenne et les moyens de les renforcer. Elle a également abouti à la décision de prendre toutes les mesures nécessaires pour simplifier et faciliter l’obtention du visa Schengen par les citoyens mauritaniens.
Ont assisté à la réunion, du côté mauritanien, M. Abderrahmane Ould El Hassen, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, et M. Sidi Ali Ould Nav’e, administrateur directeur général de l’Agence nationale du registre des populations et des documents sécurisés, et du côté européen, Mme Agnès Plassais, Première conseillère à la délégation de l’Union européenne à Nouakchott, et M. Samuel Jacquet, Premier conseiller à l’ambassade de France.
Une visite de courtoisie rendue à notre cher oncle et président de l’Association Mauritanienne pour l’Éradication de l’esclavage et ses Séquelles(Amees) , M. DIARRA SEDIFO communément appelé Diarra Souleymane. Séjournant présentement en région parisienne, M. Diarra (directeur d’école retraité) fut l’un des pionniers du militantisme associatif antiesclavagiste dans l’environnement soninké avec la fondation de l’association Amees dans les années 2000. À ses côtés le président de l’association Armepes-France Ganbanaaxu M. Abdoulaye Traore , M. Samba Fofana (membre bureau exécutif Armepes-France), M. Cheikhou Kanté (membre bureau exécutif Armepes-France) et votre serviteur (Koundou SOUMARE).
Une brève conclusion des échanges : l’expérience est un savoir sûr.
Mali 🇲🇱 – Soninké – Évènement | Le nom du célèbre parolier malien issu de la communauté soninké M. Ganda Fadiga (décédé le 19-09-2009 – Paix à son âme) est attribué solennellement à une place du 18 ème arrondissement de Paris #France 🇲🇫. Une icône du gambere (instrument de musique griotte), le natif de maréna (Mali) a vécu durant une période de sa vie dans ce quartier à forte concentration d’immigration d’origine africaine dont des soninkés.
Lors de la constitution des matériaux de notre dernier livre Brève initiation à la géopolitique pour un jeune Soninké: Repères et évènements historiques : SOUMARE, Koundou: Amazon.fr: Livres https://share.google/Hnik0EvRMnrSH5mj , j’avais illustré un constat en le citant concernant un descriptif qu’il donnait aux espaces géographiques : « …faisant référence à la zone de l’océan Pacifique… il disait que l’aéroport de Tokyo (Japon) serait le dernier avant les eaux maritimes et qu’au delà on se ferait dévorer par les poissons. »
Pour dire qu’il abordait dans ses dires au profit de ses mélomanes traditionnels, des bribes de connaissances sur les pays et environnements lointains qu’il a parcourus de nombreuses années durant auprès des diasporas soninké.
~~~~~~ Il disait :
«Un fuyard qui a eu l’esprit de se courber pour prendre ses chaussures avant s’y attendait sûrement »
«si tu as la nostalgie de ton créancier ce que tu as l’argent de son remboursement»
Ce jour, le clash de Bruxelles entre militants pro régime et éléments opposants est une illustration bruyante de ce qu’on connaît de fractures et bizarreries en termes d’incohérences militantes parmi nous en interne en Europe. Le dernier cas qui m’avait particulièrement troublé fut l’émergence subite d’une structure politique qui s’est lancée au sein d’une certaine diaspora au profit de l’ancien président Ould Abdel Aziz. Ce dernier, qui, durant plus d’une décennie, bafouait nos droits avec un grand zèle. Et aussitôt coincé dans les embrouilles avec ses amis du système, il a tenté une mue politique avec cette diaspora qu’il avait tant méprisée. N’avait-il pas laissé entendre que les manifestants contre les conditions discriminatoires du très controversé enrôlement biométrique, ne sont pas de mauritaniens. Nous sommes traversés par de nombreuses et insaisissables contradictions dans les positionnements politiques et militants, et les élections législatives de 2023 ont été d’un grand moment de clarification pour qui sait observer et décortiquer nos circulations positionnelles par rapport aux enjeux, aux acteurs et aux affinités (communautaires, familiales, amicales…).
Pour nous cerner et fixer véritablement nos convictions, il faut plus que jamais nous organiser dans des structures formalisées (partis, sections, entités…) avec adhésions obligatoires.
D’ailleurs lors de la dernière réunion de notre instance RAG France en présence du président Biram Dah Abeid, mon propos abordait cette nécessité d’un cadre organisationnel lisible et incarné avec une légitimité acquise par une assemblée générale ou tout autre procédé consensuel. Assez d’un système de soutien frans-clubiste d’un public épars. Au sein duquel… seule la personnalité de Biram Dah Abeid semble réunir et autour aucune culture politique ni de discipline militante ni d’obligations de conscience collective. Une telle carence en termes d’organisation lisible et de structuration fonctionnelle pourrait affecter négativement le leadership courageux et l’aura de la personnalité porteuse du lead politique. Le leader politique d’une opposition véritable sous nos cieux s’habitue déjà inévitablement à d’énormes sacrifices martyrisants et sans un cadre organisationnel valide, légitime et rationnel à l’appui, sa santé physique et mentale prendrait des coups bloquants à terme. Ainsi, une responsabilisation militante des espaces civiques et politiques (zones à zones) devient un impératif de premier ordre pour espérer un déploiement efficient d’un projet politique auprès des citoyens et des opinions publiques à l’intérieur et également à l’international.
Donc..vivement une respectable, cohérente et visionnaire composition organisationnelle à travers l’Europe et un mouvement d’ensemble encarté Opposition politique et droit-de-l’hommiste. Autrement les stratégies cavalier-seul et autres petits jokerismes isolés ne nous rendent pas service et vont faciliter à certains de militer Opposant à Paris et d’aller manifester anti Opposant à Bruxelles…, c’est un peu du « mauritanien » petit calculateur et dissimulé selon les cartes d’intérêt à gratter.
Le numéro spécial du Journal Antilla réalisé en 1991, entièrement par YAYA SY Anthropologue et Professeur d’histoire à la retraite.
● (Les inquiétudes d‘un Fanonien ordinaire)
J’observe avec un peu de réserve l’anthousiasme contagieux suscité par les commémorations du centenaire de F. Fanon autour de ses idées (« Les damnés de la Terre »). Il est certes très important de sensibiliser la jeunesse du monde à ses idées, mais il faut surtout le faire pour ses actes. Cependant, je dois partager cette petite inquiétude, qui je l’espère, est fondée sur une observation et une lecture correctes du monde d’aujourd’hui. 1°) A mon humble avis, tout authentique Fanonien ou toute institution qui se réclame des idées de Fanon et sa « praxis », doit se préserver de l’« appropriation exclusive» de l’héritage fanonien. Fanon s’est battu pour tous les « damnés de la terre », pour tous les peuples du monde, pour tous les hommes et toutes les femmes opprimés où qu’ils soient dans l’espace et dans le temps. 2°) Par conséquent, son pays natal la Martinique et son pays d’adoption l’Algérie, doivent être conscients du poids historique de l’héritage fanonien : ils doivent être ouverts à toutes souffrances du monde, rester sensibles et vigilants à toutes les injustices et à toutes les agressions menées à l’endroit des peuples et des individus. De ce point de vue, ce qui se passe à Gaza, au Soudan, au Congo, etc., avec leurs cortèges de morts et de violences insoutenables, doit être dénoncé et condamné avec la dernière énergie. 3°) L’Algérie jadis en lutte pour sa libération, qui avait fait de Fanon son Ministre des Affaires Etrangères, doit actuellement, de mon point de vue, revoir sa position vis-à-vis du racisme envers les Noirs, en particulier à l’endroit des Africains et les peuples africains. En effet, récemment, des femmes algériennes ont manifesté contre ce racisme ambiant afin d’épouser librement un Africain noir comme tout autre homme de leur choix. Par ailleurs, l’Algérie doit également se rappeler que le Mali était une base arrière sûre du FLN et un nid accueillant pour les dirigeants de l’Algérie combattante pendant la guerre de libération ; alors qu’aujourd’hui, le Mali en lutte pour sa pleine souveraineté, est dans le viseur et le collimateur du gouvernement algérien… On ne parle même pas Africains refoulés dans le désert sans moyens de se nourrir correctement… Enfin, les membres du cercle Fanon doivent associer pour toujours le nom de Frantz Fanon à celui Me Marcel Manville en particulier. Ils ont vécu en duo en partageant joies et peines dans leur plus jeune âge, dans la « dissidence », dans la Seconde Guerre mondiale, puis ont épousé ensemble le combat du peuple algérien jusqu’à ce que la maladie et la mort prématurée de Fanon les séparent. Marcel Manville, Joby Fanon, Me Ménil et son épouse Geneviève ; une pensée émue pour les fondateurs du Cercle Fanon dont les noms ne doivent jamais disparaître de nos mémoires… Enfin, n’oublions pas non plus que l’initiateur de Fanon à la lecture anticoloniale du monde fut Aimé Césaire, son Professeur au Lycée Victor Schoelcher. Même s’il arrive souvent que le disciple s’envole librement de ses propres ailes, voire se reconstruit autrement. Je souhaite vivement que ceux qui se réclament de l’héritage de Fanon aujourd’hui, évitent l’exclusivisme, les modes passagères et les exhibitions voyeuristes de la toile, qu’ils se rappellent les deux qualités cardinales au cœur du réacteur de la pensée fanonnienne : la congruence et le rejet de l’injustice.
Par Yaya SY, Anthropologue et Professeur d’Histoire à la Retraite.
Une échéance fait écho diversement dans l’opinion publique en Mauritanie depuis quelques mois. L’annonce d’un dialogue national, oui c’est bien l’adjectif « National » qu’on évoque, donc au-delà d’un conclave politique genre d’une tontine politicienne. Une vaste ambition qui nécessite beaucoup de préalables pour son organisation et sa réussite. Nous sommes en début d’été, toujours pas de chronogramme officiellement formalisé et affiché par M. Fall Moussa (le coordinateur du dialogue) et sa team. À travers diverses publications dans les médias digitaux, nous avons pu lire et voir différentes rencontres qu’il a entamées avec plusieurs délégations politiques, sociales et sectorielles. Des manœuvres de concertation qui apparaissent comme une dynamique préalable au dialogue tant attendu mais aux contours et à la substance restant à appréhender sérieusement.
À ce jour, le champ politique national subit les frictions issues de la dernière présidentielle de juin 2024. Le camp politique autour du candidat Biram Dah Abeid (arrivé deuxième lors des 3 élections présidentielles 2014, 2019 et 2024) ne semble pas être emballé par l’initiative confiée à M. Fall par le président de la république M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani . Pour cause, le pouvoir est peu avenant à une véritable pacification de l’atmosphère relationnelle avec le leader abolitionniste d’IRA-Mauritanie et ses partenaires politiques. Entre répressions sporadiques, arrestations et dossiers judiciaires à l’encontre des militants Iraouis, s’il y a objectif sincère d’un Dialogue national, l’espace socio-politique incarné par le député BDA doit être une portion conséquente du puzzle des assises discursives à venir. Une actualité récente nous indique que des tensions subsistent entre le camp du pouvoir (ou un camp du pouvoir) et le leader abolitionniste. En effet, lors de son retour d’un périple international auprès des diasporas (États-Unis et Europe occidentale), à Nouakchott (le 11 juin 2024) , son accueil a été étrangement perturbé par une mobilisation spéciale des forces de sécurité dès l’aéroport. Et les observateurs s’étonnent d’ailleurs d’un tel traitement injustifié au moment où l’arène médiatico politique fait focus autour des préparatifs d’un dialogue qui s’annonce inclusif selon le narratif officiel de son coordinateur. Ainsi dire, d’interrogations ne manquent pas à ce jour concernant les préparatifs qui doivent être bonnement inclusifs à tout le spectre socio-politique, professionnel et géographique.
Concernant l’aspect géographique, à quel niveau les diasporas sont concernées..? Légitime questionnement, après une brève googlisation, j’ai ramassé entre les liens, cet élément titré « La Mauritanie engage sa diaspora dans la construction d’un dialogue national inclusif » https://share.google/pwPyZrf6FVXquouWo. Il fait mention en substance d’une rencontre virtuelle organisée le 18 mai dernier entre M. Fall et une quarantaine de représentants de la diaspora mauritanienne (zone Amérique du Nord et Europe). Concernant la Zone Europe, l’opinion publique serait heureuse de savoir qui étaient ces représentants ayant été désignés ou cooptés incognito pour participer au nom de la communauté diasporique à ce conclave virtuel ?
Cela devrait être une exigence de clarification et d’édification à l’endroit de nos concitoyens qui vivent dans cette zone. Selon la teneur de l’élément publié, cette rencontre virtuelle est actée comme une initiative de la contribution préalable de la diaspora au dialogue national. Serait-il une manœuvre partisane ou élitiste en catimini dans l’objectif d’un faire-valoirisme mesquin et politicard..?
À quel degré d’information, l’ensemble de la communauté mauritanienne de l’Espagne à l’Allemagne en passant par la France, la Belgique et le Pays-Bas… est au fait de cette rencontre virtuelle du 18 mai 2025 ? Ont-ils confié un mandat quelconque à un groupe d’individus pour porter leurs contributions aux préparatifs du dialogue en gestation ?
Nous avons hâte de savoir les noms et les positions représentatives de ces types de porte-plumes invisibles qui nous doivent de précisions concernant leur légitimité dans cette manœuvre bien étrange.
La rubrique Le Grand Entretien du BLOG publie l’interview de Madame Coulibaly Mariam. L’entrepreneure et fondatrice de l’ONG Sah’Elles répond à nos questions ci-après. Nos vifs remerciements à elle pour la disponibilité.
● Question 1 : Bonjour madame Coulibaly Mariam, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Mariam Coulibaly : Bonjour, je vous remercie pour cette invitation. Je suis Coulibaly Mariam. J’ai eu la chance de faire mes études en France, où j’ai poursuivi un parcours académique atypique mais enrichissant. Après plusieurs expériences professionnelles, j’ai décidé de me réorienter vers l’entrepreneuriat, un domaine qui me passionne profondément. Dans cette perspective, j’ai repris une formation professionnalisante et obtenu un Diplôme Universitaire en Entreprises, un cursus équivalent à un niveau cadre, qui m’a permis de consolider mes compétences en gestion, en leadership et en stratégie entrepreneuriale.
Aujourd’hui, je mets cette double expertise académique et entrepreneuriale au service de projets porteurs de sens, notamment en faveur du leadership féminin en Afrique. Mon engagement est d’accompagner les femmes à prendre leur place, à révéler leur potentiel et à devenir des actrices du changement dans leurs communautés.
MC : Merci beaucoup pour cette mise en lumière et pour l’intérêt que vous portez à Sah’Elles. Sah’Elles est une ONG que j’ai fondée avec la volonté de contribuer activement à la transformation sociale du Sahel en plaçant les femmes au cœur du changement. L’idée est née d’un constat personnel et partagé : malgré leur potentiel immense, les femmes de la région sahélienne restent encore trop souvent en marge des dynamiques de développement. C’est ce qui m’a poussée à créer une structure capable de les accompagner, de les former et de valoriser leurs initiatives.
L’ONG Sah’Elles œuvre principalement pour le leadership féminin, l’autonomisation économique des femmes et la valorisation des savoir-faire locaux. Nos actions se déclinent à travers des formations, des accompagnements personnalisés, des événements communautaires (communautés des femmes leaders), mais aussi des plaidoyers en faveur des droits des femmes et de l’équité sociale.
Nous intervenons actuellement dans plusieurs pays du Sahel, notamment le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée. Sah’Elles collabore avec différents partenaires institutionnels privés et associatifs qui partagent notre vision d’un Sahel plus inclusif, plus résilient et porté par ses femmes. Parmi nos actualités récentes, j’ai effectué un déplacement au mois d’avril 2025 à Bamako et à Nouakchott pour la rencontre des femmes leadership, la société civile et les associations. Cette visite de terrain m’a permise d’écrire un guide sur le leadership féminin en Afrique sahélienne, à destination des jeunes femmes engagées dans leur projet entrepreneurial qui sortira sous peu inchallah. Nous développons également des partenariats avec des acteurs locaux et internationaux pour étendre notre impact sur le terrain. Quant à nos perspectives, elles sont claires : renforcer notre présence dans la sous-région, multiplier les synergies et accompagner toujours plus de femmes dans leur parcours d’émancipation et de leadership.
● Question 3 : ne craignez-vous pas que votre initiative Sah’Elles puisse être perçue comme un activisme féministe à tendance clivante auprès des populations cibles?
MC : C’est une question légitime, et je vous remercie de la poser. Non, je ne crains pas que l’initiative Sah’Elles soit perçue comme un activisme féministe clivant, car dès sa création, nous avons fait le choix d’un féminisme enraciné dans le contexte sahélien, respectueux des réalités culturelles, sociales et religieuses des femmes avec lesquelles nous travaillons.
Sah’Elles ne cherche pas à opposer les femmes aux hommes, ni à importer des modèles extérieurs qui pourraient être mal compris. Notre démarche repose au contraire sur le dialogue, l’inclusion et la co-construction. Nous travaillons avec les ONG locales, en impliquant aussi bien les femmes que les hommes, les leaders traditionnels, les jeunes, les associations et les décideurs.
Notre objectif n’est pas de créer une rupture, mais d’ouvrir des espaces d’opportunité pour les femmes, de renforcer leurs capacités, et de valoriser leur rôle essentiel dans le développement du Sahel. Il s’agit de permettre à chacune d’entre elles de trouver sa place, de faire entendre sa voix et de contribuer pleinement au progrès collectif.
En résumé, Sah’Elles porte un féminisme de terrain, humaniste de cœur et pragmatique d’actions, qui rassemble au lieu de diviser.
● Question 4 : La communauté soninké est diversement traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles recommandations pourriez-vous émettre à l’endroit de la communauté pour régler les frictions sociales liées à certaines mentalités ?
MC : Effectivement, la question de « l’esclavage par ascendance » dans certaines communautés, y compris chez les Soninké, est une réalité complexe, douloureuse, et souvent tue, mais qui mérite d’être abordée avec lucidité et courage. En tant qu’actrice engagée pour la justice sociale et l’égalité des chances, je crois profondément que toute communauté a la capacité de se remettre en question, d’évoluer, de guérir et de soigner collectivement le passé. Cette crise sociale et sociétale n’est pas simplement une affaire d’individus, mais une question de valeurs, de dignité humaine et de vivre-ensemble.
Pour ma part, voici quelques recommandations pour en ce qui concerne cette sociale et sociétale:
1. Encourager une justice étatique équitable. Il faut aussi privilégier les mécanismes traditionnels de règlement de conflits, pour qu’ils soient en cohérence avec les lois nationales et les conventions universelles des droits humains. LA DIGNITÉ HUMAINE NE SE NÉGOCIE PAS…
2. Travailler avec les femmes comme vectrices de transformation sociale et éducative : Elles ont un rôle central dans la transmission des valeurs et dans la pacification des tensions. En leur donnant la parole, on accélère les prises de conscience.
En somme, il ne s’agit pas d’accuser ou de pointer du doigt, mais plutôt de privilégier la justice, l’égalité et la cohésion sociale. Le changement est fort possible, mais il viendra des hommes et des femmes qui composent la société. Si il est accompagné avec bienveillance, respect et conviction.
Je vous remercie…
Mariam COULIBALY Entrepreneur à Paris Présidente de l’ONG Sah’Elles en France.
FRANCE3 – La situation de Manssour Sow avait suscité une vague d’indignation et de soutien ces dernières semaines. Ouvrier agricole dans trois exploitations en Creuse, ce Mauritanien de 30 ans a été visé en avril par une assignation à résidence consécutive à une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Mais le dénouement est heureux : il vient d’obtenir son titre de séjour.
La pression retombe pour Manssour Sow. En situation irrégulière sur le territoire depuis plusieurs mois, un titre de séjour vient enfin de lui être délivré par la préfecture de Creuse, ce mardi 20 mai.
Cet ouvrier agricole de 30 ans, originaire de Mauritanie, n’aura plus à redouter les contrôles d’identité, ni à s’inquiéter de retourner de force dans ce pays qu’il a fui en 2018. « Je suis content depuis hier, je me sens libre », se réjouit-il.
En CDI sur trois fermes
Depuis la ferme de Sylvain Brunet, à Saint-Christophe, où il travaille lorsque nous le retrouvons, Manssour Sow savoure la nouvelle. Au début du mois d’avril, il avait reçu une assignation à résidence consécutive à une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) datant de 2022, au motif qu’il n’aurait pas assez travaillé. Une décision incompréhensible pour ce paysan exilé qui cumule les emplois en CDI sur trois fermes du département.
« On est dans un secteur en tension. Avant Manssour je ne trouvais personne », assure l’un de ses employeurs, Thierry Peronne, qui a rencontré le jeune Mauritanien en 2021 peu de temps après son arrivée au Centre d’accueil pour demandeur d’asile (Cada) de Peyrat-le-Château, dans le département voisin de la Haute-Vienne. « Je cherchais quelqu’un pour traire les vaches, c’est son métier. Il est venu une semaine ou deux sur l’exploitation, cela lui a plu », raconte l’agriculteur de Maisonnisses.
Dans un contexte de manque de main d’œuvre agricole sur le territoire, Manssour Sow avait en plus l’avantage d’être compétent et de bien connaître le milieu. Depuis son plus jeune âge, il cultive ce savoir-faire pour les animaux que lui a transmis son père, éleveur de bovins en Mauritanie. Ce pays où Manssour Sow était menacé, comme il l’explique, et qu’il a dû quitter pour sauver sa vie. Sa mère et sa sœur vivent toujours sur place, il ne les a pas revues depuis son départ en 2018.
« Cette nouvelle est un soulagement pour nous, ses employeurs, et pour Manssour encore plus. Il travaille, il est intégré, intelligent et courageux. Son obligation de quitter le territoire était totalement injuste », déclare Sylvain Brunet, Agriculteur en Creuse.
L’obtention de ce titre de séjour est une délivrance pour lui, pour ses trois employeurs et tous ceux qui l’ont soutenu ces dernières semaines. « C’est une bonne issue, on a été privés de Manssour pendant un mois, comme il ne pouvait plus venir chez nous. On est bien contents de le retrouver », sourit Sylvain Brunet, chez qui Manssour Sow travaille aussi bien du côté laboratoire que du soin des animaux.
« C’est une grande joie », confirme Pierrette Bidon, co-présidente de l’association Réseau éducation sans frontières Creuse, qui l’a accompagné dans toutes les démarches pour décrocher cette régularisation. Elle se souvient, notamment, début avril, lorsque Manssour Sow a dû se mettre à pointer auprès de la gendarmerie chaque jour à 10 heures précises, dans le cadre de son assignation à résidence début avril.
« Pour Manssour, c’était très dur d’aller à la gendarmerie. Se présenter aux gendarmes, c’était comme s’il avait fait quelque chose de mal, comme un vol ou un crime, alors qu’il ne se sentait pas du tout dans ce registre-là. C’était très sévère », déclare Pierrette Bidon du Réseau éducation sans frontières (RESF) en Creuse.
Le 22 avril, le tribunal administratif de Limoges avait levé cette assignation à résidence et accordé à ce travailleur sans papiers un répit d’un mois en réponse à sa procédure en appel, en ordonnant à la préfecture de Creuse de réexaminer sa demande de régularisation. « Je n’ai pas le moral et c’est compliqué pour moi en ce moment. Je ne dors pas, je ne mange pas et je suis fatigué”, nous avait-il confié, visiblement épuisé par cette situation qu’il peinait à comprendre.
Les services de l’État lui avaient donc demandé de fournir plusieurs documents en lien avec ses activités professionnelles pour actualiser son dossier. Finalement, ce mardi 20 mai, Manssour Sow est allé signer son récépissé en préfecture : sa demande est complète et il va pouvoir de nouveau circuler librement sur le territoire.
« Manssour avait beaucoup d’atouts pour avoir un titre de séjour au départ. On n’a jamais compris cette démarche de la préfecture de lui envoyer une assignation à résidence », déclare Pierrette Bidon, Co-présidente du Réseau éducation sans frontières (RESF) en Creuse.
« Les instances de justice administrative, par Monsieur Sow, ont décidé de suspendre la décision d’OQTF pour permettre à la préfète de la Creuse de procéder à un réexamen de son dossier. En application de cette décision, il a été possible de prendre en compte de nouveaux éléments présentés par Monsieur Sow », développe la préfecture de Creuse, que nous avons sollicitée, mercredi 21 mai. Le 22 avril 2025, jour de son audience devant le tribunal administratif de Limoges, Manssour Sow a reçu le soutien de nombreux manifestants.
La préfecture précise également que les « manifestations publiques n’ont pas d’impact sur ce type de décision qui n’est pas une dérogation exceptionnelle, mais simplement de l’application stricte de la réglementation en vigueur ».
« Je suis très soulagé. La suite maintenant pour moi, c’est de passer mon permis, continuer les cours de français, avoir mon appartement et vivre comme les autres. Être libre », déclare Manssour Sow.
Ce titre de séjour « salarié » n’est valable qu’un an. Manssour Sow devra renouveler sa demande avant qu’elle n’expire. « Il faut s’y prendre environ neuf mois à l’avance. Donc, là, il va avoir deux ou trois mois tranquille, mais après, il faudra recommencer à rassembler les papiers et tout ça. S’il travaille toujours avec les mêmes employeurs, je pense que cela ne sera pas trop difficile… À moins qu’il n’y ait de nouvelles décisions gouvernementales », commente Pierrette Bidon.
La mobilisation continue
La co-présidente de Réseau éducation sans frontières Creuse s’inquiète de voir les conditions de régularisation se compliquer pour les étrangers sans papiers en France. « Depuis quelque temps, on voit bien que cela se durcit. Pour Manssour, on peut dire que l’on a gagné, grâce à la mobilisation et la médiatisation. Mais, à côté, il y a d’autres migrants qui sont là depuis sept ou huit ans et qu’ils envisagent de renvoyer chez eux », déplore Pierrette Bidon.
« Je pense qu’il y a un durcissement des mesures gouvernementales. Il y a vraiment une volonté de faire repartir des gens. Là, ça se précise », déclare Pierrette Bidon du Réseau éducation sans frontières (RESF) en Creuse.
C’est pour tous ceux-là que la mobilisation devrait continuer en Creuse. Depuis le début du mois d’avril, une manifestation avait lieu une fois par semaine devant les grilles de la préfecture pour dénoncer la situation de ce travailleur agricole intégré dans le département, mais aussi des autres familles vivant également sur le territoire dans la crainte de l’expulsion.
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