● L’Alliance des États du Sahel : un petit monstre en gestation | Par Dr Balla Cissé [via RP Médias]

Balla CISSÉ
Docteur en droit public
Avocat au Barreau de Paris
Diplômé en Administration électorale

Rp médias – Les déclarations récentes des dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) quant à l’instauration d’une monnaie commune sont importantes. Bien sûr, si l’établissement du sahel – le nom de la nouvelle devise – se concrétisait en lieu et place du franc CFA, l’économie des trois États concernés serait bouleversée. Mais, avant tout, c’est l’existence même de leur souveraineté qui serait une fois encore altérée, sinon compromise. Un engagement financier à plusieurs suppose en effet un partage de compétences, donc la fragilisation, au moins, de ce pouvoir suprême reconnu à l’État. La souveraineté du Mali notamment est donc en question (I) et révèle une politique de décolonisation obsessionnelle (II), deux traits propres à une alliance tripartite véritable petit monstre en gestation.

I. La souveraineté du Mali en question

Il y a un an, le 14 janvier 2023, la junte malienne organisait la « journée de la souveraineté retrouvée » : idée malheureuse sur le plan tant de l’expression –  « recouvrée » eût été du meilleur français – que de la politique et du droit, la sacro-sainte souveraineté n’étant ni recouvrée ni effective, mais réduite à un symbole ou, pire, à un prétexte. Même si, d’après le décret du 22 juillet 2023, l’article 37 de la Constitution de la IVe République dispose que « la souveraineté nationale appartient au Peuple qui l’exerce par ses représentants élus au suffrage universel direct ou indirect ou par voie de référendum »et qu’« aucune fraction du Peuple, ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice », chacun sait combien ce texte est malmené ! Seul le petit cercle en uniforme décide d’engager le Mali dans les traités internationaux ou de s’en retirer : les colonels ont pris le parti de quitter la Cédéao sans demander l’avis des citoyens ou des parlementaires. Déjà, en février 2023, l’idée que le Mali et le Burkina Faso s’unissent en une fédération était rendue publique après simple concertation du Premier ministre burkinabè et du Président Goïta. Depuis le 15 février dernier, la souveraineté est un peu plus battue en brèche, des ministres de l’AES ayant annoncé leur intention de créer une confédération, au terme d’une réunion sise à Ouagadougou. Juridiquement, si cette volonté prenait corps, bien des problèmes se poseraient. Il faudrait en particulier modifier la nouvelle norme fondamentale, l’article 30 présentant autrement la forme de l’État : « Le Mali est une République indépendante, souveraine, unitaire, indivisible […] ». Cette difficulté serait vite surpassée dans un État bien administré, mais les dirigeants maliens ayant été incapables d’organiser, depuis 2020, les diverses élections dans les délais fixés, nul ne sait comment ils parviendraient à changer la Constitution selon les règles, c’est-à-dire en demandant l’avis des citoyens. Car, ces mesures très importantes prises à un rythme effréné révèlent non pas l’empressement à mettre en œuvre une politique adaptée aux réalités africaines, mais l’obsession de la décolonisation, de s’éloigner de toute influence de l’Occident.

II. L’obsession de la décolonisation

Depuis leur arrivée au pouvoir, les colonels ne cessent de critiquer la France. Leur politique repose en partie sur le parachèvement de la décolonisation, qu’ils confondent avec le recouvrement de la souveraineté du Mali. Cette façon de voir est cependant des plus simpliste, car il y a belle lurette que la Françafrique n’est plus qu’un souvenir. Mais, pour légitimer son maintien au palais de Koulouba, le régime doit trouver des boucs émissaires : les Français sont ses meilleures cibles. Tout ce qui rappelle de près ou de loin l’ancienne puissance est maudit, sans nuances. Le franc CFA, qui disparaîtra en 2027 au profit de l’« éco », est dénigré au profit du sahel, alors que « la France a déjà, depuis quatre ans, cessé de siéger dans les instances de la Banque centrale d’Afrique de l’Ouest », comme l’indique RFI. Mais la politique de rejet touche aussi les instances internationales organisées selon les idées occidentales ; ainsi s’expliquent les attaques contre la Cédéao.

Somme toute, les putschistes maliens et leurs comparses sahéliens tracent une voie nouvelle, déliée le plus possible des effets de l’Occident. Par exemple, dans son article 11, la Charte de l’AES écarte implicitement les États trop éloignés des trois parties contractantes, c’est-à-dire trop proches des valeurs occidentales : « La présente Charte peut être ouverte à tout autre État partageant les mêmes réalités géographiques, politiques, socio-culturelles qui accepte les objectifs de l’Alliance. ».

L’intention serait légitime si elle n’était pas un but en soi, si elle ne dégradait pas la vie quotidienne des citoyens : on sait combien les Maliens vivant en Côte d’Ivoire par exemple subiront les effets du retrait de la Cédéao dans un an.

Les militaires décidant aujourd’hui de l’avenir du Mali, du Burkina Faso et du Niger jouent désormais avec le feu. Ils créent les conditions d’une instabilité durable. Incapables d’assurer la stabilité politique et la sécurité à l’intérieur des frontières de leurs États respectifs, ils pensent s’entraider en s’éloignant des principes qui font la prospérité de l’Occident. Les catastrophes sont souvent une question d’orgueil mal placé.

• Lien média https://www.rpmedias.com/lalliance-des-etats-du-sahel-un-petit-monstre-en-gestation/?fbclid=IwAR0DQg0Nhf22xpx_94IHUOaB1jXvquKvm9bKm9Pzg0r3jU-TI-q_iZc8Luo

● La ruée clandestine vers l’Espagne par la mer : ce grand déplacement comme un film de l’exode biblique !


Samedi, 3 février 2024. Il suffit d’un détour clic sur le profil de l’humanitaire espagnole Helena Maleno Garzón, on se rend compte de l’ampleur extraordinaire du phénomène de ce qu’elle identifie BOZA (cri de soulagement au débarquement sur la rive européenne). Ce jour les 2 premières publications de la responsable de l’Ong Caminando Fronteras m’ont particulièrement interpellé. En effet elle y rapporte qu’il y a 13 enfants et 10 enfants parmi les personnes de ces 2 embarcations. Ces dernières ont comme point de départ la Mauritanie et point de débarquement à El Hierro (connu en français Île de Fer) faisant partie des îles Canaries (Espagne) dans l’océan Atlantique. Un îlot d’une superficie d’à peine 270 km², très loin de notre Guidimagha mauritanien qui s’étend sur 10 300 km².
Ce qui a tiqué dans cette affaire est d’ordre sémantique à mon sens entre les appellations « enfants ou mineurs » dans le narratif de la militante humanitaire. Elle écrit régulièrement « mineurs » mais là elle utilise « enfants » dans son comptage distinctif de personnes migrantes débarquées. Entre les 2 termes, on sent une certaine différenciation en substance d’affection et de fragilité. L’appellation « Enfants » en comprenant « mes ou nos enfants », porte une certaine personnalisation parlant d’emblée à notre conscience et notre affect . Au contraire du terme « mineurs » comme « mineurs isolés » pouvant être entendu avec une certaine distanciation. À savoir qu’est-ce qui a changé réellement ayant occasionné ce changement d’appellation par Madame Helena Maleno Garzón…?
Les nombres du jour 13 enfants et 10 enfants nous poussent à s’interroger si nous sommes conscients de la tournure en cours dans cette affaire de l’immigration clandestine qui a toujours vidé nos potentialités vers cette Europe qu’on idéalise comme un paradis terrestre. Et alors !? C’est où l’enfer terrestre justement duquel nous en faisons délivrer nos enfants…nos enfants ?

Cet enfer est lié à nos réalités et imaginaires d’organisation de vie collective (solidarités-pièges génératrices de l’oisiveté et de la pauvreté pérenne) qu’on n’arrive pas à mettre à jour face à un monde impitoyablement globalisant à outrance. L’investissement autour la marmite (très caricaturale) tout en négligeant collectivement l’affaire des cerveaux (l’école, études, formations…). Généralement les molles réussites matérielles s’arrêtent à une génération. La suivante reprend les choses à terre pour essayer un cheminement laborieux à son tour… et ainsi de suite…

Et il y a une certaine culture d’acceptation du fatalisme source d’un affaissement social individuel et collectif.

Cet enfer bouillonne de grosses défaillances multisectorielles de nos pouvoirs publics sous une gouvernance imbibée dans du népotisme et de la corruption. La frange du peuple qui a droit à un certain bien-être est restreinte à ceux qui détiennent le pouvoir étatique et leurs obligés sociaux et politiques. En résumé, L’INJUSTICE tient la clé au détriment des principes généreux et visionnaires de la RÉPUBLIQUE pour l’ensemble des citoyens.

Cet enfer est aussi la mesquine attractivité provoquée par du paraître folklorique que nous d’ici installés, distillons pompeusement à travers nos cérémonials. Et pourtant l’envers du décor, comme je l’avais relevé dans une contribution datant de 2016, est que nous sommes indigents ici matériellement, socialement et intellectuellement. Nous vivons comme si une FIN prisée est atteinte alors ça doit être consciencieusement une ÉTAPE RÉFLÉCHIE pour aiguilloner (écoles, études formations…) la génération suivante…pour le RETOUR un jour.

Il y a du travail pour nous, sur nous et en nous. D’ici là, le grand déplacement est en roue libre ces derniers temps, et le dramatique bilan en vies humaines de l’année 2023 présenté récemment par l’Ong Caminando Fronteras https://ecrit-ose.blog/2024/01/11/%e2%97%8f-limmigration-clandestine-le-rapport-2023-en-chiffres-funestes-par-long-caminando-fronteras-de-helena-l-garzon/ passe quasiment inaperçu.

➡️ 2 chiffres clés concernant l’année 2023 sur ces routes :

👉🏿6618 victimes

👉🏿84 embarcations disparues avec toutes les personnes à bord.

● référence éléments médias : page Facebook Helena Maleno Garzón et Wikipedia



🖊KS pour le BLOG

✓ Hommage à mes défunts parents : Papa ton vœux n’aura duré que 45 jours | Par le journaliste Camara Seydi Moussa

Moussa Cheikhou Camara (cœur de lion pour les intimes), mon père n’est plus. Il s’est éteint le 26 novembre 2023 à 21h 15 mn à la Clinique du Cap, Dakar – Sénégal. Il n’a pas survécu à cette maladie qui l’avait terrassé le 29 août 2023. Sur son lit de la chambre S3 de la Clinique du Cap, il avait tout prévu, même la tente devant la maison.

Mon père nous avait instruit à travers plusieurs faits et gestes sur sa mort imminente. Il nous disait toujours « l’heure est venue ou pardonnez-moi, moi je vous pardonne et restez unis, tout celui qui se lèvera contre votre unité je ne le pardonnerai pas et qu’ALLAH (SWT) le prive de la baraka ». Ce sont là quelques paroles de mon père et il les affirma un après-midi à mon petit frère Sadio comme un message qu’il doit faire parvenir à la famille.
Euh oui, avec des sourires nous lui rétorquons « tu es pardonné, il te reste de résister pour qu’on puisse te ramener à la maison sur tes pieds » ; mais il nous fixait sans répondre. Toutefois, il voulait, même malade, retourner au pays. Un matin, après avoir passé quelques jours à son chevet, Camara Aly Gueladio est venu dire aurevoir à son ami et frère. Ce n’était pas un aurevoir. C’était un adieu et mon père le savait.
Les épreuves étaient nombreuses et difficiles mais aussi trop chargées et parfois inexprimables. Durant ces épreuves, nous avons découvert et compris beaucoup des choses. Des choses que nous ne pouvons exprimer à travers une plume. Ces choses nous accompagneront toute notre vie. Face à ces épreuves nous n’étions pas seuls ; c’est le lieu de rendre hommage à ces hommes et femmes qui nous ont accompagnés et soutenus : Notamment Mme Laliya Camara, Dr. Dramane S Camara (Papis), Dr. Habi Boussourou Dramé (l’épouse de Sadio en France), Dr. Souleymane Silly Camara, Mme Tibilé Dramane Camara. Ils étaient là et ont contacté d’éminents professeurs de Dakar, à Paris en passant par Nouakchott. Mais une fin de vie ne peut être soignée.
On a créé une petite famille dans la Clinique. Du gardien aux infirmiers et filles de salles, en passant par des médecins de garde, on mangeait et prenait le thé ensemble ; nous avons tous prié pour le vieux. Beaucoup, nous ont confié qu’après avoir passé plusieurs années de service à la Clinique, ils n’ont jamais vu pareille famille d’accompagnants… Ils ont tous appelé pour les condoléances et certains continuent à entretenir le lien.
Mon père était admis dans cette structure sanitaire le 24/10/2023. Il a reçu la visite de son ami et frère Bakary Dao Camara durant la première semaine du mois de novembre. Accompagné de son fils Mohamed. J’étais avec les médecins à la recherche de réponse à certains questionnements liés à la santé de mon père. Il me fait appeler pour saluer un visiteur qui était spécial pour lui : c’était Bakary Camara. Ils étaient amis et très liés, une histoire de 70 ans. Mon père était content ce jour-là. Il m’a fait venir pour me faire comprendre que la personne qui était là était comme lui, et de le prendre comme tel.
C’est dire qu’il a tenu à me faire savoir que l’homme qui était là, était aussi mon papa ; l’instant était fort mais aussi agréable, empreint d’espoir de se retrouver très bientôt au pays. Son ami Bakary lui dira : « Après ton rétablissement, on ira au village pour changer d’environnement car c’est mieux pour toi ». Les deux étaient toute une histoire. Une amitié que seule la mort pouvait éteindre. Papa Dramane le confirma ainsi que papa Aly. Et Dieu dans sa GRANDEUR a béni cette amitié. Ils ont vécu ensemble et moururent ensemble. Le premier, mon père, le 26/11/2023 et papa Bakary le 10/01/2024 dans la mosquée pendant sa prière d’Ichaa.
C’est ma sœur Mahani qui m’appela avec une voix inhabituelle ; elle pleurait. Avant de lui demander le pourquoi, d’une voix grave : « Ta Selémé, Papa Bakari Dao est parti. L’ami de Papa vient de le rejoindre à l’instant ».
Oh la mort ! terrible épreuve qui ne laissera aucune vie sur terre. J’ai cherché à informer mes frères et sœurs mais ils étaient déjà au courant. Au téléphone, le jeune Moussa Soumaré me confirma la triste nouvelle : « Oui, ton papa est parti. Nous sommes à la clinique Menar. Ton jeune frère Pr Soumaré est là et en train de faire venir une ambulance pour transporter le corps à la morgue de l’Hôpital national ».
C’était dur mais devant un fait d’ALLAH (SWT), l’homme ne peut être que spectateur et se remettre à LUI. J’informai mon jeune frère Youssouph Dramane Camara qui viendra avec Papa pour me chercher pour aller à la morgue.
Ainsi un laps de temps très court (moins de deux mois), je viens de perdre deux êtres chers. Il y a une année, j’ai enterré ma mère, le 26 septembre 2022.
Que la fin de notre existence est cruelle !
Elle qui s’inquiétait pour moi à cause d’une maladie que je trainais ; maladie qui m’a poussé à voyager au Mali et au Sénégal, où je cherche encore une explication scientifique.
Il y a des situations qu’on ne peut et ne doit souhaiter à personne de vivre. Convalescent d’une maladie bizarre dont je recherche encore l’explication scientifique, ma maman m’abandonnant et une année plus tard je m’applique avec ma plume tremblante pour rendre hommage à mon père et son ami, tous deux partis en l’espace de moins de deux mois. Trois êtres spéciaux qui ont réellement rempli leurs missions sur terre, servi leurs communautés, défendu des causes nobles et justes, aimé leur pays mais aussi, qui se rendirent utiles pour plusieurs autres nations. Ils ont écrit une histoire indélébile, une histoire positive.
La première, ma mère Diara Seydi Toumani Camara, pour avoir entretenu la flamme de l’unité des femmes de Dafort pour leur autonomisation et leur capacitation à défendre leurs intérêts et ceux du village pour le bien-être des populations. Son dernier combat était l’eau. La première Dame dans l’histoire récente du village à avoir initié et dirigé une marche des femmes pour l’eau, en invitant le maire à transmettre aux autorités de droits leur douleur car l’eau c’est la vie. Dafort avait soif et pour la corvée de la recherche d’eau, la femme daforonké souffrait. Maman, repose en paix. Pour l’eau, nous nous battrons.
Le second fut mon père, l’un des premiers statisticiens du pays. Il connait toute la Mauritanie. Il était une encyclopédie sociale, politique et économique mais surtout un généalogiste hors-pair. Avec ses enseignements, je me vois des parents partout, de Gajaga au Guidimakha, en passant par Hairé. C’était un savant. Il revendiquait avoir lu plus de 500 livres. Son grand maitre était Mao Tsé-toung, comme beaucoup de sa génération.
Le troisième n’est autre que Papa Bakari Dao Sidi, c’est une autre envergure, celle-là internationale. Il était la manifestation éloquente de l’homme brillantissime, le monde entier est témoin d’un magnifique hommage de RFI à travers son éditorialiste Talla. Pieux, stoïque et humble, Papa Bacari était un Baobab. Il était positif et progressiste. Papa repose aujourd’hui dans les cimetières de son Tachot natal. Il a été accompagné à sa dernière demeure par tout le Guidimakha…
Ainsi, après ma maman, mon père et celui qu’il voulait qu’il soit après sa mort considéré comme lui sont tous partis. Partis dignement. Partis au moment où tout le monde les aimait et avait besoin d’eux. Leur histoire, que nous avons le devoir d’écrire, a été positive.
De véritables soninko dans leurs actes et allures. Ils sont partis à jamais et ont été immensément pleurés. Paix à leurs âmes.
A leurs frères et amis Oumar Aly Kamara, Djimé Diagana, Dr Camara Dramane et famille, Camara Aly Gueladio et famille, Dr Boubou Dramane Camara et famille, le chargé d’Affaires à l’ambassade de la Mauritanie au Sénégal, le conseiller à la présidence Mr. Harouna Traoré, Yakhoub Traoré, Garba, Sidi Baba à tous ces neveux et anonymes, au nom de toute la famille, je vous dis merci et paix aux âmes de tous nos défunts.

Inna Lillaahi We Inna Ileyhi Raaji’oun


Camara Seydi Moussa

• Lien média https://www.nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1988

● Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le géoscientifique M. Aleyda TRAORE

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) marque son entrée en 2024 avec une prolifique interview accordée par un natif de la région du Guidimagha mauritanien. En la personne de monsieur Aleyda TRAORE, un Masterien expérimenté en Géosciences et Ressources qui travaille en France depuis quelques années. Nos vifs remerciements à lui pour sa disponibilité qui aboutit à cet entretien d’une belle pointure.

~Bonne Lecture :

● Question 1 : Bonjour monsieur Traoré, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? (+parcours universitaire et professionnel)

Aleyda TRAORE : Bonjour Koundou SOUMARE. Merci à toi de m’avoir donné l’opportunité de pouvoir m’exprimer à travers cet interview sur ton blog.

Je m’appelle Aleyda TRAORE, natif du village de Bouanze, Guidimakha. Né à Bouanze, j’y ai fait mes études primaires pendant mon enfance.  A l’âge de 13 ans, je suis allé au collège de Ould-yengé (Guidimakha) où j’ai fait mes deux premières années de collège avant de rejoindre Nouakchott pour la suite de mes études du collège (Elmina), du lycée (Lycée Arabe et Lycée National).
En 2000 j’ai obtenu mon baccalauréat en série D et j’ai intégré l’université de Nouakchott, à la Faculté des sciences et Techniques en parcours Biologie-Géologie. Après l’obtention de mon DEUG (diplôme d’études universitaires générale), j’ai poursuivi mon parcours de second cycle universitaire en filière de Géologie minière. J’ai obtenu ma maîtrise dans cette filière en 2005.

En septembre 2005, je suis arrivé en France pour poursuivre mes études de Géologie à l’université Henri Poincaré à Nancy où j’ai obtenu mon diplôme de Master en Géosciences et Ressources, parcours Pétrolier.

Après le master je suis rentré dans la vie professionnelle. Mon parcours professionnel a débuté au sein de l’université Henri Poincaré où j’ai occupé un poste d’assistant chercheur avant de m’orienter vers le secteur privé.

Aujourd’hui je suis dans ce secteur privé depuis 15 ans dans le domaine de l’environnement, particulièrement dans la dépollution des sols et eaux en tant que superviseur et référent environnemental des chantiers de dépollution des sols et nappes phréatiques. Je m’occupe précisément du diagnostic, analyse et interprétation des données des composés d’hydrocarbures entre autres dans les sols et dans les eaux.

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attiré par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients) et également quelques éléments de votre expérience…

AT : La réponse à cette question est assez vaste, on peut y consacrer un livre entier, car les soninkos sont traditionnellement des grands voyageurs dans le temps et dans l’espace. Je vais donner mon point de vue d’une manière singulière en s’appuyant sur le cas de l’immigration de ceux-ci vers la France.

L’immigration en soi est positive à mon avis, dans les sens où elle contribue positivement à la croissance économique et au développement culturel des immigrés, de leurs familles et pays d’origine d’une part et elle a une forte influence sur l’économie du pays d’accueil d’autre part.
Cependant comme toute activité, l’immigration a aussi son lot d’inconvénients.

Comme je l’ai dit plus haut, l’immigration chez les soninkos est très ancienne (on peut la chercher bien avant la fondation de l’empire du Ghana) et était très répandue dans le continent africain.
Toutefois, les migrations contemporaines sont beaucoup plus orientées vers les pays occidentaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette orientation de ce flux migratoire des soninkos. On peut citer les deux guerres,  où les soninkos étaient incorporés dans l’armée française, le besoin des occidentaux en main d’œuvre,  notamment la France ruinée par les guerres pour sa reconstruction…

Pour rester sur la question, l’immigration est une des activités actrice du développement socio-économique en pays soninké. Les gouvernements des pays d’origine des soninkos ne sont pas suffisamment impliqués dans ce développement.
Quand on regarde le Guidimakha de la Mauritanie que je choisis ici comme exemple puisque c’est ma région natale et c’est elle que je connais mieux que les autres régions des soninkos, la grande majorité des services de base de la vie (écoles, centres de santé, accès à l’eau potable…) sont des réalisations des immigrés.
Cependant, il y a énormément de points négatifs liés à  l’immigration et notamment chez les soninkos.
En outre des difficultés linguistiques, culturelles liées à l’intégration on assiste à une vidange des familles et des pays de leur force, de leur matière grise et surtout de l’intellect.
Le milieu soninké est frappé par un phénomène d’appauvrissement humain associé à des pertes des vies liées aux conditions de transit vers les pays d’accueil.
Le durcissement des lois anti migratoires, la baisse de la qualité de vie par manque de logement, d’emploi, de permis de séjour et de travail en sont quelques exemples concrets qui doivent inciter les soninkos à prendre au sérieux cette question.
Malgré cela, les populations n’ont pas forcément conscience du mal et n’en font pas une priorité, car le sujet n’est pas sérieusement abordé par les pouvoirs publics afin de trouver des solutions efficaces.
La question sur l’immigration est un couteau à double tranchant qui nécessite un sérieux investissement et une profonde étude pour établir des nouvelles alternatives assez bénéfiques pour tous.

● Question 3 : En Mauritanie, autour de l’éducation, certains indexent une inquiétante baisse du niveau général des apprenants, quelle est votre analyse sur cette situation ?

AT : Le système éducatif de la Mauritanie a connu plusieurs réformes visant toutes une amélioration de celui-ci mais malheureusement le résultat est négatif, le niveau de l’éducation rétrograde d’année en année. L’analyse que je pourrais faire sur cela est d’ordre politique voire même constitutionnel se rattachant directement à l’histoire du pays et de sa population dans un premier temps et dans un second temps, cette régression pour ne pas dire « échec » du système éducatif n’est que le produit de la mauvaise gestion globale des institutions du pays donc de la politique de gouvernance.

La composition de la population n’est pas homogène. Les maures se réclament arabe et les noirs ont  chaque ethnie (soninké, poular, wolof, haratine et bambara), sa langue et sa culture propre.
La  première catégorie  représentant l’élite du pays souhaite imposer une langue et une culture arabe auxquelles elle se réclame à la seconde catégorie, alors que cette dernière a toujours été favorable à sa propre culture et langue maternelle et au Français qui est la langue du colonisateur. Une introduction des langues (Français puis arabe comme langue officielle et les autres langues comme nationales) dans la constitution et par la suite dans le système éducatif. Ainsi réformes  après réformes au sein du système éducatif sont mises en place pour tenter de coupler les deux inclinations à travers des programmes éducatifs qui manquent systématiquement de solidité et de rigueur.

La deuxième explication essentielle à cette régression scolaire est associée à la mauvaise gouvernance des institutions. Il y a un réel manque de vraie formation des formateurs, un réel manque de compétence des pouvoirs publics à redresser la courbe de l’échec scolaire, un vrai manque de volonté des encadrants et parfois même des parents d’élèves à s’impliquer dans cette éducation, soit principalement par manque de moyens (financiers et matériels) alloués à la tâche, pour les encadrants ou soit par simple négligence et/ou méconnaissance de l’intérêt de l’éducation en ce concerne les parents d’élèves. Et c’est très dommage et surtout très regrettable pour un pays, car l’éducation est la principale responsabilité de tout en chacun et est le soubassement de toute compétence.

● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire ?

AT : La communauté Soninké est une communauté très conservatrice. Les pratiques esclavagistes et féodales n’ont pas échappé à ce conservatisme soninké. Autrement presque toutes les civilisations du monde entier ont connu la pratique de l’esclavage sous différentes formes, néanmoins sont parvenues à son abolition quelle qu’en soit la forme. L’esclavage et le féodalisme perdurent chez les soninkos car ces derniers  rattachent par méconnaissance la pratique à la religion musulmane alors que l’esclavage existait bien avant l’islam.
D’ailleurs l’islam arrivé a mit en place une infinité de processus de libération des esclaves. Cependant l’aristocratie Soninké de manière générale s’apparente au Ku Klu Klan. Les esclavagistes Soninkés s’opposent vigoureusement à toute démarche de mise en liberté et à toute autonomie des personnes serviles, jusqu’à défier délibérément les lois et dispositions des autorités administratives, avec la complexité de certains hauts fonctionnaires, élus et cadres de l’État.

L’organisation Soninké fortement hiérarchisée basée sur un système de caste est un héritage du passé qui est malheureusement resté dans le conservatoire de la communauté. Toutefois, ces dernières années, plusieurs associations et ONG abolitionnistes issues de la jeunesse Soninké et autres, ont réussi tant bien que mal à réveiller les esprits à travers les réseaux sociaux. On note une nette prise de conscience du drame malgré une farouche opposition des féodaux esclavagistes. Je pense qu’il est temps que les soninkos comprennent que la machine de la sensibilisation est lancée et ne fera plus marche arrière. L’heure est au réveil et d’avancer avec l’Histoire. Le temps de ces pratiques ignobles est dépassé. Il faut évoluer positivement et se débarrasser de tous ces encombrants qui ne font que léser le bon fonctionnement de la société.

Pour éradiquer d’une manière efficace et efficiente ce fléau il faut qu’il trouve sa place dans les engagements sérieux des pouvoirs publics.

● Question 5 : Au cours de cette année 2024 aura lieu l’élection présidentielle en Mauritanie, quelles sont vos observations sur l’arène politique actuelle et votre grille de projection sur l’échéance à venir…?

AT : Récemment d’après certaines sources médiatiques, les chiffres publiés par l’agence nationale des registres de la population et des titres sécurisés indiquent au moins 500 000 personnes ont été enregistrées. Ceci dit qu’au moins 10% de la population Mauritanienne n’avait pas des documents nécessaires pour participer aux élections, s’ils en avaient l’âge d’y participer bien évidemment. A ce titre, je souhaite que l’État fasse tout le nécessaire pour que l’ensemble de la population (de l’intérieur comme de l’extérieur) ait un document qui lui permettra de s’acquitter de son devoir de citoyenneté.

Concernant les élections de 2024, j’ose rêver d’une participation de toutes et tous. Le Mauritanien depuis l’indépendance  du pays rêve d’une vraie démocratie et un réel changement du système. Je pense que ces élections pourraient être une très grande opportunité pour les Mauritaniens de tout bord d’agir pour le changement.
Ensemble, hommes politiques et citoyens, il est temps de mettre de côté nos égos individuels, de s’engager honnêtement et sincèrement pour s’unir et créer un vrai rapport de force.
Merci.

13 janvier 2024

Réalisé par KS pour le BLOG

✓ La conférence d’IRA-France à Paris | comme vous y étiez en [photos et vidéo]

Paris, 6 janvier 2024, l’aile en France de l’Ong droit-de-l’hommiste IRA-MAURITANIE (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) a organisé une conférence sur la thématique « la persistance de l’esclavage intra-africain en Afrique de l’ouest ». Ont pris part à cet événement comme conférenciers, l’honorable député M. Biram DAH ABEID, M. Samba FOFANA (vice-président de l’association Armepes-France de Ganbanaaxu Fedde), M. BA Bocar Oumar (Cadre en Europe du parti Ajd/Mr) et M. Ibrahima WELE (Flam). M. Moulaye HASSENE (militant politique) a été aux manettes pour modérer les échanges.

À noter la projection en introduction d’un film de M. Sébastien KRAFT titré « Destins croisés : les esclaves oubliés de Mauritanie » voir https://youtu.be/lXfQs9RYshU?si=obbjraIchokV3qC9

Les différentes interventions ont été à la hauteur des enjeux autour de la problématique abordée ainsi que les contributions et témoignages du public.

Un vœu est largement exprimé par tous : il faut impérativement décloisonner les luttes et les engagements pour faire émerger une force militante cohérente et efficiente.

KS [11•19] pour le BLOG

● Appel à l’ouverture d’un centre culturel mauritanien à Paris pour la promotion des arts et des cultures

Senalioune – De nombreux Etats d’Afrique et d’Asie ont généreusement bénéficié d’espaces accordés par la France pour ouvrir des centres culturels dont l’objectif est de renforcer les liens culturels entre cette métropole et ces pays d’outremer.

Un pont culturel qui s’est avéré d’une extrême importance pour les citoyens de ces différentes contrées pour mieux se connaitre, se rapprocher et prospecter les terrains communs de culture et de communication pour promouvoir leurs relations culturelles et humaines.

Bien que lié à la France par des liens de très longue date et le français constitue pour la Mauritanie une seconde langue d’expression au niveau de l’administration, des arts, de l’éducation, de l’éducation, cette dernière ne dispose malheureusement pas encore d’un centre culturel dans la capitale française Paris, dont elle pourrait généreusement bénéficier si elle en exprime le besoin et que ce dernier atterrit dans Les Champs Elysées, comme cela a été la règle pour tous les centres culturels qui ont pignon sur rue à Paris.

Il urge par conséquent pour les autorités mauritaniennes habilitées, Son Excellence le Président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Culture de combler ce vide.

C’est d’autant plus vrai que la Mauritanie à une vaste et riche patrimoine et culture à faire connaitre, à promouvoir et à communiquer au monde pour présenter cette belle image qu’elle incarne et qui se trouve déformée, en raison de l’absence de cette vitrine culturelle, de ce miroir brisé de la terre de l’hospitalité, de la stabilité, de l’économie florissante, du Paradis fiscal et culturel, de la diversité culturel, de trait d’union entre l’Afrique et l’Europe et dont les élites parlent le français avec éloquence et passion.

Contexte

Le Conseil des ministres avait adopté le mercredi 27 décembre 2023, un Projet de décret portant statut des professionnels de l’Art en Mauritanie.

Ce projet de décret vise, selon le communiqué ministériel à établir un cadre juridique et organisationnel favorable à l’encouragement des artistes, en vue de créer les conditions adéquates pour l’épanouissement de l’Art, en harmonie avec la vision du Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour le développement culturel du pays.

Il définit par ailleurs la notion d’art et d’artiste et crée une structure organisationnelle appelée «Conseil des professionnels de l’art en Mauritanie».

Ledit projet de décret, qui prévoit la création du conseil des professionnels de l’Art en Mauritanie, permettra, selon le ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, M. Ahmed Sid Ahmed Ould Dié, de combler le vide relatif à l’absence d’un cadre organisationnel des professionnels de l’Art, favorable à l’encouragement des artistes, en vue de créer les conditions adéquates pour l’épanouissement de l’Art.

Il est également destiné à favoriser le rôle des artistes traditionnels dans la valorisation et la protection du patrimoine culturel national.

Un projet de décret qui vient à point nommé

L’adoption par le gouvernement du Projet de décret portant statut des professionnels de l’Art en Mauritanie a été largement saluée par les milieux de la culture en général et du patrimoine et l’Art en particulier.

Ce projet de décret vient à point nommé, reconnait l’artiste plasticien mauritanien Mael Ainine Sidi Ethmane, qui mené depuis des années une lutte de longue haleine pour vulgariser l’art mauritanien et la culture en plein cœur de la capitale française Paris.

C’est un projet qui permettra de saisir l’opportunité d’or pour la Mauritanie pour rayonner par ses arts et cultures en France, en sollicitant au Président français un espace pour y ériger un centre culturel, qui servira de cadre approprié réunissant toutes les conditions adéquates pour ’épanouissement de l’Art, conformément à l’esprit dudit projet de loi.

Projecteurs sur l’artiste plasticien mauritanien Mael Ainine Sidi Ethmane

Mael Ainine connait Paris comme sa poche. Cette capitale française, réputée par son caractère unique et particulier d’être le plus grand centre culturel artistique et historique du monde et vers laquelle, tous les amoureux et passionnés de l’art de la mode affluent au quotidien.

Mael Ainine, ce surdoué de la peinture dont les tableaux passionnent les visiteurs de tout bord et dont certaines toiles se trouvent accrochées aux sièges de l’Ambassade de Mauritanie et de l’UNESCO à Paris, a dédié depuis des années son art pour vulgariser la culture et les artistes de son pays.

Son plus cher vœu qui le hante depuis des années est de renforcer son art charmeur, sa dextérité de communicateur et sa renommée d’artiste ouvert à toutes les cultures au service de la Mauritanie.

Mon pays a un grand et génial intérêt à être activement présent dans cet exceptionnel environnement culturel issu de plusieurs pays du monde qu’offre Paris, pour promouvoir leurs cultures, leurs arts et leur tourisme, parvenant à capitaliser ce « paradis » culturel inestimable, confie-t-il.

Des pays de tous les horizons qui se bousculent pour s’installer dans cette métropole où la vie du savoir et de la connaissance est dense, conférant à Paris, le premier rang mondial de l’attractivité culturelle et artistique, ajoute Mael Ainine.

Sans encore arriver à l’objectif principal à travers lequel, il pense propulser à succès l’art, la culture et le tourisme à l’international, l’artiste manifeste une conviction dans ses ambitions dans ce projet dont la Mauritanie a grand besoin.

« C’est dans cet environnement prometteur à plus d’un titre que la Mauritanie، pays arabo-africain، avec de riches atouts historiques classés comme patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO entre autres، devrait installer un centre culturel، pour vulgariser nos arts, notre culture et montre au monde la capacité compétitive de notre belle offre touristique, toujours sous-exploitée, afin d’y installer un espace convergent pour la promotion de nos us et coutumes, de notre culture arabo-africaine, de nos arts et de notre tourisme, à l’instar d’autres Etats de la sous-région tels que le Maroc et la Tunisie au Nord et le Sénégal au Sud.

Ainsi pour dire et partant de cet projet de loi et sa vocation d’’épanouir l’Art, en harmonie avec la vision du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, je prie Son Excellence, par le biais de l’Ambassadeur à Paris et la Déléguée permanente à L’UNESCO dans la capitale françaises de concrétiser ce vœu sur le terrain de la réalité, en sollicitant au Président Emmanuel Macron un espace culturellement stratégique, à Paris avec la perspective d’avoir sans aucun doute un excellent impact pour la promotion de notre image à tous les niveaux

La Mauritanie n’a pas seulement à promouvoir ses arts, mais également son potentiel minier, pétrolier, aurifère, touristique, archéologique, ses cités du patrimoine, ses musées, ses plages, ses vastes déserts et ses monts.

Le pays dispose du plus long train minéralier dans le monde, de l’énigmatique dôme de Richat, ou « œil de l’Afrique », de près de 750 km de plage sur l’océan atlantique sans mur en béton de plus, de ses vastes déserts et ses monts.

Pour la seule région de l’Adrar, le célèbre Journal français « Le Monde » lui témoigne ce qu’il appelle « cinq sites naturels à couper le souffle dans le désert de l’Adrar », citant à ce propos, la passe d’Amogjar, un décor de cinéma, Zarga, le relief multicolore, la passe de N’Tourvine, un air de western saharien, la Vallée Blanche, paradis de la démesure et l’Amatlich, une mer de dunes à perte de vue.

Une chance sacrée pour la Mauritanie pour ériger un centre culturel en plein cœur de cette métropole des cultures et des civilisations.

Un centre qui permettra de déconstruire par ailleurs, cette fausse image que certains étrangers ont de la Mauritanie, perçue par certains Etats occidentaux de pays de l’obscurantisme, du terrorisme, de la violence, …

Le projet du centre culturel en question sera également le miroir des activités culturelles organisées dans le pays dont les festivals des cités du patrimoine, les veillées du Medih, les journées du fleuve, le festival de la culture Soninké…etc.

Il sera aussi le reflet du tourisme florissant dans le Nord du pays, avec l’opportunité d’intéresser la Mauritanie à d’autres citoyens du monde à cette destination convoitée et pour laquelle, l’Etat s’investit afin d’attirer les touristes et de faire décoller ce secteur qui n’a pas encore atteint son apogée en termes de rendement, pour contribuer à l’essor de l’économie nationale.

Mohamed Ould Mohamed Lemine
mdhademine@yahoo.fr

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=771331&fbclid=IwAR2FiFTDdC8HlKTRkdXO8bmTlNA_lnZWU0EK3WBHSb7vJOSeX7AXFX7HOGQ

● La justice est-elle indépendante dans les pays d’Afrique francophone subsaharienne ? | Le cas de la Mauritanie

En théorie l’indépendance du pouvoir judiciaire est aujourd’hui considérée comme un des principes cardinaux de l’époque contemporaine, qui concourt à la fois à la garantie des libertés fondamentales, à la promotion de la démocratie et à la consolidation de l’Etat de droit en Afrique francophone subsaharienne. Ce principe est inscrit dans les constitutions de la plupart des Etats francophones d’Afrique de l’Ouest tels que le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Bénin et le Niger. La consécration de ce principe dans les lois fondamentales et l’institutionnalisation du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) sont censées donner une certaine garantie au profit du pouvoir judiciaire pour soustraire les magistrats et la justice de l’arbitraire et de l’emprise du pouvoir exécutif. Mais hélas… !

La notion d’indépendance est proche de l’impartialité ou de la neutralité. L’indépendance est définie par la doctrine comme un statut qui permet au juge de résister aux pressions provenant des autorités extérieures quelconques et/ou politiques. En d’autres termes, elle se traduit par l’absence de pression ou de pouvoir d’une instance extérieure qui aurait droit de regard ou d’intervention sur la fonction du juge. Je pense notamment le pouvoir politique, entre autres.
Cependant, la crise de la justice au 18ème siècle (le siècle des lumières) en occident a fait naître un vaste mouvement d’idées des philosophes et des hommes de droit qui dénoncent une justice inhumaine et proposent des réformes. La pensée politique et philosophique de ces partisans des « lumières », de Voltaire en passant par Rousseau, Beccaria et Montesquieu était calquée sur la cruauté de l’ancien système judiciaire et la réforme de celui-ci. Le théoricien et magistrat qu’était Montesquieu, par ses idées politiques et judiciaires a proposé dans son célèbre ouvrage « L’Esprit des lois », les trois pouvoirs : celui de faire des lois (législatif), celui d’exécute les résolutions publiques (exécutif) et celui de juger (judiciaire). Pour l’auteur selon Jean-Pierre ROYER, ce « mécanisme tempéré permet d’atteindre un équilibre favorable au maintien de la liberté c’est-à-dire en respectant tout à la fois l’indépendance de l’Etat dans le principe de son action et le respect de la singularité des personnes et de leurs biens ».
Après les indépendances en 1960 les Etats africains, notamment les Etats francophones subsahariens (le Sénégal, le Mali, La Mauritanie et le Mali) ont choisi la constitution française de 1958 comme une norme référentielle. Le système judiciaire de ces pays d’Afrique francophone est calqué sur celui du pays colonisateur (la France). La première constitution de la Mauritanie indépendante du 20 mai 1961 après celle de 1959 est inspirée largement des institutions françaises et affirmait son attachement de la République islamique de Mauritanie aux principes de droits fondamentaux de droits de l’homme définis par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et celle de 10 décembre 1948. Mais sauf que celle-ci ne fait aucune mention sur le « principe de la séparation des pouvoirs » tel qu’il a été théorisé par Montesquieu et prévu par la 5ème République française. Il a fallu attendre la constitution du 20 juillet 1991 pour voir apparaître la mention de la « séparation des pouvoirs ». Aux termes de l’article 89 de la constitution du 20 juillet 1991 « le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Le Président de la République est garant de l’indépendance magistère. Il est assisté par le conseil supérieur de la magistrature qu’il préside… ». Cette disposition constitutionnelle évoque l’indépendance de la justice comme un postulat mais la réalité vient parfois affreusement démentir au quotidien. En Mauritanie, tout comme le Sénégal, le Mali et le Niger pour ne citer que cela, la justice connaît manifestement le plus d’atteintes en dépit de la protection constitutionnelle par l’emprise du garde des sceaux, le ministre de la justice d’une part et l’influence du président de la République sur le fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) en sa qualité de président de cet organe disciplinaire et de gestion de la carrière des magistrats d’autre part.
Le système judiciaire des pays d’Afrique francophone subsaharienne hérité de la France, le ministère de la justice est l’organe auquel est assigné la fonction administrative et d’organisation de la justice. Celui-ci exerce une influence prégnante dans les institutions judiciaires. Cette influence s’induit non seulement dans la gestion administrative mais aussi dans la gestion financière. Au-delà de cette gestion administrative et financière il existe un phénomène très grave qui porte atteinte à l’indépendance des magistrats : c’est le rattachement du parquet à l’exécutif particulièrement au ministère de la justice. Le pouvoir judiciaire, gardien de nos libertés individuelles qui doit rester indépendante, comprend à la fois les magistrats du siège et ceux du parquet. Le parquet est sous l’autorité du ministère de la justice et reçoit des ordres de celui-ci et applique la politique d’action publique du gouvernement. Par exemple au Bénin, le ministre de la justice peut dénoncer au procureur général les infractions à la loi pénale dont il a connaissance, lui enjoindre d’engager ou de faire engager des poursuites ou de saisir la juridiction compétence de telles réquisitions écrites qu’il juge opportunes, selon l’article 34 du code béninois de procédure pénale. En Mauritanie, l’ancien ministre de la justice et professeur de droit Haimoud RAMDAN, a souligné dans ces travaux de recherche que « l’influence de l’action des services du ministère de la justice sur le cours de la justice se manifeste par la charge des moyens dont il assure la répartition et la pression du milieu professionnel du magistrat qui souvent est proche des thèses et idées du pouvoir exécutif ». Cette réalité continue de plonger le parquet dans une situation de dépendance vis-à-vis du pouvoir politique et qui constitue à mon sens une entorse fatale à l’indépendance de la justice.
Une autre atteinte que l’exécutif porte manifestement à la justice est celle de la composition du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Cet organe est censé être un bouclier du pouvoir judiciaire aujourd’hui, il se retrouve entre les mains du pouvoir politique pour affaiblir la justice davantage. L’institutionnalisation du CSM comme pièce maîtresse de la justice répond à une exigence de garantie d’indépendance de la justice face aux atteintes des autres pouvoirs de l’Etat. Le CSM est une création originale du droit français par la loi du 31 août 1883 relative à l’organisation judiciaire afin d’assurer un cadre juridique protecteur aux juges. Sa mission principale est d’assister le président de la République en tant qu’autorité de nomination et garant de l’indépendance de la justice. Ainsi, en 2008, la France a engagé une entreprise de modernisation des institutions de l’État. Plusieurs piliers constitutionnels de la Ve République, dont la justice ont alors connu de profondes évolutions. S’agissant de la justice, il était question de consolider l’indépendance de l’autorité judiciaire face à l’exécutif.
En Mauritanie l’article 17 de la loi du 17 février 1994 prévoit que « le CSM assiste le président de la République garant de l’indépendance de la magistrature ». Le CSM mauritanien est composé de 11 membres et présidé par le président de la République. Le ministre de la justice est le vice-président. Il faut souligner que le président de la République et son ministre de la justice sont des membres de droit du CSM. La composition du CSM en Mauritanie est approximativement la même qu’au Sénégal. Cette composition est de plus en plus ardemment critiquée au Sénégal par les magistrats et la doctrine qui pensent qu’elle menace l’indépendance de la justice et qu’elle fait du CSM un organe non représentatif de la magistrature. Le président de la République dispose une compétence liée en matière de nomination des magistrats. Comme le souligne l’article 4 de la loi organique n° 92-27 du 30 mai 1992 modifiée, portant statut des magistrats au Sénégal, qui dispose que « les magistrats sont nommés par décret du Président de la République, sur proposition du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ». Pour Omar DIOP, « le Conseil supérieur de la magistrature est une instance controversée […] les modalités de désignation des membres du CSM reflètent curieusement un certain déséquilibre au profit de l’exécutif en matière d’organisation de la justice. Le Président de la République et le garde des Sceaux concourent à la nomination des membres du Conseil et partagent la présidence de celui-ci ».
Ce faisant, le principe de séparation de pouvoirs a pour but d’éviter toute influence du pouvoir politique dans le cours de la justice. Le souhait de la doctrine est de supprimer toutes les manifestations de la soumission organique et fonctionnelle de la justice au pouvoir politique. Avec l’évolution de nos sociétés vers l’exigence de respect des principes démocratiques et les demandes exorbitantes de justice, les réformes constitutionnelles et judiciaires s’imposent en Mauritanie. Après avoir diagnostiqué le « cancer » de notre justice, il est temps de mettre fin la prééminence du pouvoir politique sur le judiciaire et de supprimer la présidence du CSM par le président de la République et la vice- présidence par le ministre de justice. Nous proposons de confier la présidence du CSM à la formation du siège (au premier président de la Cour suprême) et la vice-présidence à la formation du parquet (au procureur général près la Cour suprême).
Par avance, je souhaite une très belle fin de fête d’année à tous les membres (les chercheurs, doctorants, professeurs, étudiants…) de mon Centre d’Histoire et d’Anthropologie du Droit (CHAD) de l’Université Paris-Nanterre….
Qu’Allah bénisse la Mauritanie et les mauritaniens !!!
Que 2024 soit une année de paix, de santé de fer et de bonheur pour toute l’humanité !

Boubou BA
Docteur en droit
Membre associé au centre d’histoire et d’anthropologie du droit (CHAD)
Université Paris-Nanterre
Juriste au Palais de justice de Pontoise-France

● Note de lecture : l’instruction détruit les chaînes de toute servitude, par M. Frédéric Douglass (États-Unis).

Cet ouvrage est une restitution d’un vaillant cheminement vers la liberté de cette voix historique de l’abolitionnisme aux États-Unis d’Amérique courant 19ème siècle. M. Frédéric Douglass était un mulâtre (né d’une femme esclavisée et son maître) qui vécut les fers de l’esclavage et s’était décidé à s’en débarrasser. Natif de Tuckahoe, près de Hillsborough (comté de Talbot, Maryland) en une date imprécise selon ses dires. Il meurt en 1895.

Il devint une redoutable plume contre un système inhumain et criminel qui broyait impitoyablement du « nègre ». Ici on saura l’ampleur de la catastrophe que vécurent les personnes (et leurs descendants) esclavisées lors de l’abominable traite transatlantique. En roue libre, les planteurs esclavagistes du sud étasunien tenaient un système sans limites pour casser et détruire toute expression d’humanité chez « ces damnés » sans secours. Fouetter, insulter, exploiter, emprisonner, violer, vendre… aux enchères aussi, louer, hériter, séparer (enfants, frères, sœurs et parents vendus ou hérités séparément), tromper, humilier, abrutir, tuer…, c’est ainsi que Frédéric Douglass égrènait les malheurs qui accablèrent ces hommes arrachés de leurs terres lointaines (l’Afrique).

Ici quelques passages illustratifs :

« Il la fouettait pour la faire crier et la fouettait pour la faire taire. « 

« On nous mit tous en rang pour nous évaluer. Hommes et femmes, vieux et jeunes, mariés et célibataires furent alignés avec les chevaux, les moutons et les porcs » , lors de l’évaluation de l’héritage d’un maître qui décéda.

Dans sa prolifique narration de cette douloureuse réalité de la servitude, quelques termes-notions ont particulièrement retenu mon attention :

• La plantation principale, surnommée la Ferme de la Grande Maison par les personnes esclavisées, est cet emplacement type QG dont dépendent plusieurs fermes avoisinantes de moindre taille. Il est d’un ultime privilège pour les esclaves « élus » qui y sont affectés comme lieu de labeur. J’ose un rapprochement avec ce qu’on disait en sooninké « Ka xooren Te » voulant dire « le champ de la grande maison ou famille ». Certains esclavagistes sooninkè avaient une possession terrienne principale qui est prioritairement exploitée et travaillée par leurs esclaves.

• Le commandeur d’esclaves, un employé généralement blanc qui s’occupe comme contremaître d’une plantation et les esclaves qui y triment. Dépeint selon le rapport de M. Douglass, comme un horrible traitant au service des propriétaires d’esclaves dans leurs plantations. Il est chargé de faire régner l’ordre, et avec fureur sur certains esclaves qui seraient peu dociles à la corvée intraitable. On pourrait le rapprocher à ce qu’on appelle en soninké « komo baganda » donnant comme substance « un rameuteur des esclaves » dans les champs du maître. Ici d’après mes échanges avec un doyen, ce rôle était souvent tenu par un élément-servile de confiance du maître et craint par ses semblables de condition. Il pouvait infliger de dures corrections corporelles aux esclaves récalcitrants aux ordres délégués par le maître ou par certains membres de sa famille.

• Le mot lynchage et son origine, la loi de Lynch prévoyait la mort pour un nègre qui frappa un Blanc.
En bas de page 142, elle est détaillé comme suit : « exécution sommaire de quelqu’un par une foule sans procès. Par référence au capitaine William Lynch (1742-1820) qui établit cette pratique en Virginie. Le mot ‘lynchage’ apparut en français en 1883. »
Et ici lynchés à mort, c’était le cas à Djandjoumé (village soninké dans la région de Kayes – Mali) dans la nuit du 1 septembre 2020 pour 4 pères de famille militants anti-esclavagistes (Mountagha Diarriso, Hamet Sissoko, Youssou Sissoko et Gossi Sissoko de 42 à 72 ans), Lire https://www.matininfos.net/des-experts-des-droits-de-lhomme-de-lonu-exhortent-le-mali-a-mettre-fin-a-lesclavage-une-fois-pour-toutes/78759/ .

M. Frédéric Douglass était un Cicéron de l’abolitionnisme en son temps, et son travail intellectuel d’antan est une source (ressource) d’inspiration d’une grande valeur pour toute entreprise de mobilisation humaniste.

Les Noirs américains et d’autres communautés des Antilles « élargies » issus de cette terrible et criminelle réalité de la traite, peuvent réclamer un droit d’explication aux descendants afro restés sur le continent africain. Un sérieux travail se doit d’être mené sans complaisance ni transfert de victimisation malencontreux.

KS pour le BLOG

● « Jamaanarankaaxu » (référence du patriotisme en poème) | Par Laasana Kamara à Walata [Moritaani)



Maarenmu , o na me terinka 
Haadamarenmun, o na me terinka

O n da me terinka,
Sefexannun na mugi , I na faami

O n da me terinka,
Diganxannun na mugi , I na faami

O nan kafi , kapen me fe .
O nan golli , gollen me fe .

O kisiman dibun nan soroge xo kanŋu,
Singiti do  wadane nan  toxo koŋini masalanŋu,
Tisiite do walata nan yanben yanbanŋu,
I nan xare i nan tuyi, o na bagu wunanŋu.

O na me terinka

O  nan siro, siroyen me fe
O nan ña baane ,a xa me fe

Moritaani ya ni o fuure
Moritaani ya ni jiidunfuure

O na me terinka

Ke fuure sunbandaanon ni moritaninko,
Ke fuure wurudaanon ni moritaninko,
Suraqe , fulle, sooninke,wolofo o su na ke fuure, yonko
Hari  a  ga na xoto , o n kafi o na a yonko yonkon.

O na me terinka

A wajibi o kanma o na ke fuure sunba doome ,
A wa o kanma senbe , o na ke fuure sorogo doome .

Xotoyun dangi , xotaxooron dangi,
Gannin dangi, gannin xotoyun dangi .

O yan da ke gunne saga doome.
O yan da ke ŋaaña maari doome.

Na Singiti do wadane taaxen taaxu ,
Na tisiiti do  walata taaxen taaxu ,

Ke jamaane ni o jamaane ,
O na a baane ya  tu  o jamaane 

O na a  ya tu  kisimanjamaane
Suraqe, fulle, a su sunpu baane

Sooninke,wolofo, a su forobaane 
Fonxulle,fonbinne,  o ya ni saaxe faabe
Yigo , yaxare , a su su  yonki baane
Lemine,xirise, o su su  baane

O na me terinka

Xotoyun dangi , xotaxooron dangi,
Gannin dangi, gannin xotoyun dangi ,

Du daro moritaninke , an na an jamaanen daro
Du raga moritaaninke , an na an jamanrenmun daro

Teleŋoye  ti waxaaxu
Waxaaxu silamaaxu

Xotoyun dangi , xotaxooron dangi
Gannin dangi, gannin xotoyun dangi

O na me terinka

Silamaaxu Seraaxu,
Seraaxu darontaaxu .

Seraaxu  jamaanigankaaxu,
Jaaminigankaaxu hooraaxu,

Xotoyun dangi , xotaxooron dangi,
Gannin dangi, gannin xotoyun dangi  .

O na me terinka .

Laasana Kamara

Desenburu 12  siine 2023
Noqu be ga ni Walata

• Lien média Facebook de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0Myes6FWtsp1en7KDuvawSDFtYbKDnoiFoh1nTWd4mgGJRR4kiFMAZDLGR4sfktNol&id=100007319079274

● La prééminence des questions nationales sur la doctrine de la politique étrangère. | Par Seyré SIDIBE [OndeInfo]

Que des Palestiniens et Israéliens s’entretuent et se livrent à une bataille sans fin, l’esprit et la raison peuvent l’entendre et le saisir.
Nous disons tout simplement qu’ il s’agit de la continuité des guerres de religion.

Pour les Israéliens, il s’agit de conquérir un territoire identitaire pour mettre fin à l’errance d’un peuple : un espace vital. Et pour les Palestiniens, c’est d’abord une question de dignité; il ne faut rien céder, en opposant à l’envahisseur une résistance farouche pour ne pas se faire voler un héritage sacré.

Et cette guerre est l’une des injustices les plus vieilles du monde face à laquelle la communauté internationale péche par une partialité et un silence assourdissant à crever les yeux.

En revanche, ce qui est difficile à expliquer, à accepter et à soutenir, c’est le massacre de Mauritaniens par d’autres Mauritaniens, tous militaires de surcroît ayant servi tous sous le même drapeau national et porteurs des mêmes valeurs islamiques.

La pendaison de 28 négro-Mauritanien dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990 par leurs frères d’arme pour célébrer de façon sadique et cynique la fête nationale est digne d’un film d’horreur.

Crimes odieux, parjure irréparable. Absence d’humanité, négation de toute religion et morale.
Cette histoire douloureuse, cette page sombre, cet épisode difficile à raconter, à soutenir et à occulter restera toujours présent, pesant et bourdonnera dans les oreilles et la conscience de tout Mauritanien juste, soucieux de l’unité et la cohésion nationales.

Aucune répression, banalisation jusqu’à la diabolisation, aucune politique nauséabonde et négationniste ne réussira à faire oublier ou effacer ces crimes.
Même le temps, qui en d’autres circonstances efface les preuves et la douleur des victimes par sa force, sa capacité corrosive et évanescente ne réussira à « diluer » cette tragédie.

Seule la justice pourra panser les coeurs saillants. Cette justice attendue désespérément depuis 33 ans par les veuves et orphelins, par une partie du peuple Mauritanien interviendra, un jour comme une espèce de garrot qui arrêtera l’hémorragie et les larmes des familles explorées.

Les Palestiniens sont dans une logique de guerre avec Israël. Chez nous, les événements meurtriers des années 90 – 91 n’avaient rien de tel. C’est un État qui a planifié le massacre de ses fils sur la base de considérations politiques, fallacieuses et schizophrènes.

L’unité nationale se construit sur des valeurs communes qui fédèrent et fraternisent.
L’orphelin comme la veuve Israéliens à l’image de ceux issus des rangs des négro-mauritaniens des années de braise cherchent une seule chose : justice .

Certains comportements inhibent les efforts consentis de manière disjointe dans l’ancrage de la cohésion nationale par les différents régimes qui se sont succédé.

La compassion excessive pour un peuple meurtri au nom des idéaux de notre politique étrangère au détriment d’une partie du peuple, de nous-mêmes. C’est un manque de décence, de l’antipatriotisme qui ne nous rassemble et nous fragilise davantage.
La Mauritanie et les Mauritaniens d’abord tel doit être la doctrine de nos gouvernants.
Cette prééminence des questions nationales et de la citoyenneté doit guider notre politique étrangère pour qu’elle soit cohérente et pertinente.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/la-preeminence-des-questions-nationales-sur-la-doctrine-de-la-politique-etrangere/