● Richesses et défis du Guidimakha : un plaidoyer urgent pour l’avenir | Par M. Djibéry Doukouré

Introduction

Le Guidimakha, perle méridionale de la Mauritanie, dévoile ses trésors et ses défis dans un ballet complexe de géographie, d’économie et de sociologie. Cette région, dotée d’une diversité naturelle exceptionnelle, se trouve à un carrefour critique. À travers cet article, nous plaidons pour une action immédiate des décideurs et des partenaires au développement pour préserver et stimuler le potentiel inexploité du Guidimakha.

Géographie et Économie

Le Guidimakha, d’une superficie de 10 300 km², est stratégiquement situé aux frontières de la région mauritanienne d’Assaba au nord-est, le Mali au sud-est, le Sénégal au sud-ouest et la région mauritanienne de Gorgol à l’ouest. Ses paysages variés, des montagnes aux dunes envoûtantes, en font un acteur majeur de l’économie mauritanienne. Sa pluviométrie généreuse de 500 mm par an lui confère le statut de grenier du pays, favorisant l’agriculture et l’élevage.

Défis Environnementaux et Négligence

Cependant, derrière cette façade prospère se cachent des défis cruciaux. La répartition pluviométrique inégale entrave la culture du dieri, et l’invasion croissante de parasites menace la stabilité agricole. De plus, le manque d’infrastructures et la mauvaise gestion des ressources, notamment l’exploitation inadéquate de l’eau du fleuve Sénégal, laissent la population locale en proie à la pénurie d’eau, entravant le développement agricole.

Négligence Historique et Crise de Représentation

La négligence historique du Guidimakha par les instances gouvernementales est profondément enracinée. Un désintérêt général pour le militantisme politique s’est traduit par une faible représentation électorale, diminuant ainsi le poids politique de la région aux yeux des décideurs nationaux. Cela a entravé la priorisation des besoins locaux, contribuant à un cycle de sous-développement.

Migration et Démographie

Historiquement, la migration a été une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles, avec des membres émigrés soutenant financièrement les leurs. Cependant, cette dépendance a créé une crise démographique, avec la jeunesse active quittant la région à la recherche de meilleures opportunités, créant un déséquilibre social et économique. Les villages, autrefois soutenus par une ou deux personnes émigrées, voient maintenant l’ensemble de leur population active tenter l’aventure de l’émigration, souvent au péril de leur vie.

Services Publics et Initiatives Gouvernementales

Le gouvernement a lancé des initiatives telles que le programme « Mon Projet, Mon Avenir » pour soutenir les micros et petites entreprises à travers le pays, visant à encourager les autoentrepreneurs. Cependant, malgré ses objectifs louables, le programme présente des lacunes significatives. Les jeunes entrepreneurs, cible principale, rencontrent des difficultés dues à un manque de compétences dans le montage de projets, les contraignant à recourir à des tiers, une barrière supplémentaire pour les jeunes sans emploi.

De plus, des problèmes de transparence et d’équité dans le traitement des demandes de financement compromettent l’environnement entrepreneurial. Enfin, le suivi insuffisant des projets financés entraîne l’échec de nombreuses initiatives. Pour remédier à ces défis, nous préconisons la création d’un comité multipartite pour la sélection des bénéficiaires, impliquant des représentants de l’État, de la société civile, des responsables communautaires et des municipalités.

De plus, l’établissement d’un bureau d’appui au montage de projets et la mise en place d’un programme de parrainage des projets financés sont fortement recommandés pour renforcer la qualité des initiatives, assurer la transparence et garantir un suivi efficace.

Appel à l’Action pour le Développement Durable

Bien que des projets financés par des partenaires au développement soient présents, la majorité est axée sur des urgences telles que la malnutrition. Pour garantir un avenir durable, des projets à long terme, tels que la construction de barrages et de périmètres irrigués, sont cruciaux pour exploiter pleinement les ressources du fleuve Sénégal. Ces projets permettront de résoudre les problèmes d’accès à l’eau, d’améliorer la sécurité alimentaire et de soutenir les activités agricoles et d’élevage.

Soutien à la Nouvelle Génération

Malgré les défis, une nouvelle génération d’entrepreneurs émerge, transformant les terres agricoles saisonnières en entreprises prospères toute l’année. Ces jeunes visionnaires méritent un soutien substantiel à travers la mise en place d’infrastructures de base, notamment des centres de formation agricole, des systèmes d’irrigation modernes et un accès facilité au crédit agricole. Ils représentent l’espoir d’une transformation durable du Guidimakha.

Conclusion : Un Appel Pressant à l’Action

En conclusion, le Guidimakha est à un point d’inflexion. Son potentiel inexploité est menacé par des défis persistants. Cet article est un appel pressant aux décideurs et aux partenaires au développement pour agir maintenant, pour préserver et promouvoir le Guidimakha en tant que joyau économique et environnemental de la Mauritanie. L’avenir du Guidimakha dépend de l’action collective et urgente en faveur du développement durable.

Djibéry Doukouré,

Coordinateur de Projet de Développement

Membre du Think Tank Mauritanie Perspectives

Références :

1. Guidimakha : la gestion des ressources naturelles au cœur d’enjeux politiques, alimentaires et sécuritaires, Charlotte Secco, Dans L’Ouest Saharien 2019/1 (Vol. 9)

2. Monographie régionale de la wilaya du Guidimakha, Agence Nationale de la Statistique, de l’Analyse Démographique et Economique

3. Les fils disparus du Guidimakha | Comité international de la Croix-Rouge (icrc.org)

• Lien https://cridem.org/C_Info.php?article=772815

● Dialogue politique ou monologue politique ? | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

En démocratie, le dialogue, est un exercice permanent. Une réalité de tous les jours en tant de crise comme en temps de paix.
Il est consubstantiel au pouvoir démocratique, dès lors que celui-ci est avant tout horizontalité.

Le malaise de la gouvernance dans les États africains est bien perceptible à travers « le concept de dialogue national » qui a supplanté celui de Conférence Nationale, en vogue sur le continent dans les années 90.

Conférence nationale, Dialogue national, assises nationales renvoient toujours au champ semantique de Concertrations, de recherche de compromis pour acter l’inclusivité, la participation etc. Autant de marqueur d’un pouvoir qui n’entend pas gouverner en solitaire, qui est à l’écoute du peuple, et soucieux de la sacralité du pluralisme.

Or, dans une démocratie normale de telles rencontres sont rarement convoquées, décrétées par la seule volonté du chef. En effet, elles sont souvent résultantes d’une crise née du manque d’ouverture en amont : une gouvernance trop verticale, autoritaire voire autocratique.

L’une des caractéristiques de ces grand-messes, le manque de sincérité du pouvoir, initiateur et commanditaire des Assises nationales.
Exactement comme le pompier pyromane qui met le feu aux poudres et s’empresse d’être le plus en vue pour l’éteindre : prouver sa bonne volonté ou encore son professionnalisme dans l’exercice.

Ce qu’il est advenu d’appeler Dialogue national n’est qu’un écran de fumée, une supercherie utilisée par le pouvoir pour réconforter sa position, pour reprendre la main, au moment où il est en mauvaise posture.

En réalité, ce n’est pas dialogue . C’est un monologue du pouvoir dont l’issue est connue d’avance.
À cette occasion, le pouvoir essaie de changer les règles du jeu politique, en agissant par la fourberie pour changer à son avantage la configuration du paysage politique : des partis fantoches sont promus au détriment des véritables challengers.

En Afrique, ces rencontres inutiles, sans lendemain, onéreuses pour le contribuable et dont les conclusions ne durent que l’instant de la lecture du communiqué final, sont une véritable mascarade qui viennent baliser le terrain, ouvrir la voie à des élections frauduleuses et truquées d’avance.

En vérité, en démocratie on n’a pas besoin de décréter le dialogue, elle est partie intégrante du pouvoir démocratique.

Les acteurs sociaux, la société civile, les syndicats, les organisations socioprofessionnels etc., sont constamment dans le dialogue et toujours disposer à dialoguer.

Aujourd’hui, le président Macky Sall en fin de mandat et dans un contexte où il a lui-même crée une situation de crise politique multidimensionnelle, appelle de ses voeux au Dialogue.
N’a-t-il pas eu assez de temps pour Dialoguer ?
Quelle est la légitimité de ce dialogue après gouverner le chao, à coup de marteau et de bulldozer contre les institutions ?

Je souhaite vivement que le peuple sénégalais sorte requinqué de cette crise dont les éclaboussures peuvent faire des victimes collatérales loin des frontières de leur pays.

En effet, les mauvais exemples sur le continent donnent toujours des idées à d’autres. Ils n’hésitent à calquer …

Au moment où les rideaux du Dialogue national sénégal s’apprêtent à être baissés, un autre pays africain, d’autres sont dans la programmation de leur énième Dialogue. Un cercle vicieux.

Si bien qu’on a tenté par extrapolation de dire que les Africains aiment parler, bavarder .
La démocratie ce n’est pas seulement des joutes verbales, de l’oralité pour rien.

Une chose est sûre, ce que les peuples africains en ont assez de ces Dialogues politiques illusoires et sans perspectives.

La démocratie repose sur des contrats, des engagements, des textes de lois et des concessions. C’est une culture du partage et des valeurs auxquelles on souscrit pour le meilleur et pour le pire.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/dialogue-politique-ou-monologue-politique/

● « Loi d’Amnistie au Sénégal : ouvrir un débat et se poser des questions » | Par M. Souleymane SIDIBÉ

En 2004, au Sénégal, une loi d’amnistie a été votée dans l’affaire Me Seye. C’est la Loi Ezzan, proposée par Ibrahima Isidore Ezzan. Celle-ci a remporté 70 voix contre 27. Le député Khoureychi Thiam a voté contre, et le professeur Iba Der Thiam s’est abstenu.

Le professeur Bathily a exprimé le danger d’avaliser le crime, tandis que le ministre de la Justice Serigne Diop, Garde des Sceaux, a salué cette loi comme une bonne chose, soulignant qu’elle n’a pas été proposée par le pouvoir exécutif. Feu Dansonkho a souligné qu’on ne peut pas arrêter la vérité.

Étonnamment, le député libéral, Ibrahima Isidore, a
rejoint son créateur juste après le vote de cette loi. Il avait tout de même minimisé la mort d’un membre du Conseil Constitutionnel sénégalais, feu Me Seye, qui avait tenté de prendre son courage à deux mains après la démission du juge feu Kéba Mbaye.

Quant à ce que certains qualifient de compromis politiques, cela soulève des questions sur la situation politique actuelle. La justice est-elle un moyen coercitif et de dédommagement des crimes ? Aux spécialistes de nous éclairer au mieux pour que l’on puisse faire une analyse.

Concernant l’amnistie, il convient de préciser qu’elle implique l’absence de poursuites pour des faits avérés et dont les auteurs sont reconnus coupables. Les termes sont clairs dans le langage judiciaire. Elle ne doit pas être confondue avec la paix intérieure, comme l’a souligné Me Brahim Ould Ebety dans un contexte mauritanien différent.

Maintenant, que cherche le président Macky Sall ?

Souleymane Sidibé,
Bordeaux, le 27 février 2024.

● Mauritanie | La présidentielle de 2024 en Mauritanie en brèves notions de prospective : Défaites honorables ou écrasement définitif pour les oppositions !?



Nous sommes en fin février 2024, à justement 4 mois pleins de l’échéance électorale pour la présidentielle en Mauritanie. D’abord pour se faire une idée sur les forces « brutes » en mouvement, on se doit de jauger à partir des dernières élections générales (législatives, régionales et municipales) tenues les 13 et 27 mai 2023. Le parti de l’équité (El Insaf) qui constitue le support civil et électoral du système de l’état profond (majorité continue) avait raflé aisément la mise avec 107 députés et 13 conseils régionaux/13. Et sur les 3 derniers rendez-vous électoraux (élections générales) 2013, 2018 et 2023, ce parti de la force étatique dans les sillons de son ascendant Upr (Union pour la république) tient l’essentiel de la gouvernance politique. Lors de la présidentielle de 2019, une transition interne a été montée au forceps pour assurer la continuité d’une majorité de l’état profond (l’armée). L’actuel occupant du palais ocre, M. Mohamed Cheikh El-Ghazouani avait remporté l’échéance de juin 2019 (52%) dans une atmosphère douteuse à rappeler quant à la transparence du scrutin. Un trio l’avait suivi par rang de pourcentages composé du leader abolitionniste M. Biram Dah Abeid (candidat indépendant) 18,59% , de l’ancien premier ministre M. Sidi Mohamed Ould Boubacar (candidat soutenu par les islamistes de Tawassoul et d’autres mouvements dispartes plus ou moins proches du système) 17,87% et de M. Kane Hamidou Baba (paix à son âme) portant les couleurs de la Coalition Vivre Ensemble avec 8,70%.

Ainsi de ce schéma du paysage politique, il faut noter l’illisibilité et l’imprévisibilité d’une certaine opposition dite historique « UFP et RFD » respectivement de M. Mohamed Ould Maouloud et de M. Ahmed Ould Daddah. Ces partis se seraient visiblement rangés du côté de « la majorité continue » autour d’un pacte dit républicain qui est loué étrangement à outrance sans effets concrets dans le réel. Il est sûr qu’ils avaient perdu l’élan populaire depuis quelques années, et ils espèrent une forme de virilité politique par du communicationnel pour gommer un virage de renoncement certain. À suivre de près leurs positionnements pour la présidentielle…
Il faut relever au passage une actualité brûlante autour d’une plainte introduite par le président de l’UFD contre le député Biram. On s’interroge si cette action judiciaire peut coûter une éventuelle candidature du président des Réseaux IRA-Mauritanie… un suspense !?

Alors, face au candidat de l’establishment (L’état, El Insaf, Udp…), on suivra l’embouteillage possible entre les rusés de Tawassoul, la dynamique coalition autour du FRUD de M. Diop Amadou, le leader antiesclavagiste Biram Dah Abeid et les restes de l’éventail large Coalition Vivre Ensemble. L’idéal serait qu’une candidature intelligente unique émerge de ces ensembles en formant un pôle politique programmatique pour provoquer une véritable dynamique populaire vers une possible alternance. En basant sur les observations du moment, cette candidature unique est peu probable, ainsi il y aura du bis repetita avec le passage confortable du candidat sortant à la grande élection et un partage des miettes entre les candidats de la petite élection. C’est dans cette petite élection que se dessinent les couleurs des défaites. Possiblement entre le député M. Biram Dah Abeid (indépendant ou Coalition) et le député et avocat M. El Id Mohameden M’Bareck (Ex RFD aujourd’hui figure marquante de la Coalition Espoir Mauritanie-Frud), se jouera la place 1 dans la petite élection. Pour rappel en 2014 et 2019, le candidat indépendant BDA avait gagné cette petite élection par les scores suivants : 8.67% et 18,59%. Focus en juin prochain…Qui avec quel score ?

Et le candidat de l’état profond va-t-il atteindre le pourcentage obtenu par son prédécesseur Ould Abdel Aziz en 2014,  81,89%…?

Le temps ⌛️ sera Juge !

26 février 2024

• sources des chiffres électoraux : Wikipedia

🖋KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

● Que reste-t-il de l’immunité parlementaire? | Par le journaliste Seyré SIDIBE

Depuis la tentative de rapprochement avorté entre, le député Sawab et figure de proue de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie et le président Mohamed Ould Cheikh ElGhazouani, un conflit larvé était dans l’air, telle une grenade dont la goupille était entre les mains de l’exécutif, prêt à l’actionner à la première occasion.
Le prétexte est certainement tout trouvé avec cette affaire de diffamation, et la levée de l’immunité parlementaire du député.
Une pratique qui en rappelle une autre, plus près de nous, sur l’autre rive avec son cortège de désolation et de sape de la démocratie.

La levée de l’immunité parlementaire à deux députés en laps de sept mois, Mohamed Bouya Cheikh en juillet 2023, et maintenant Biram Dah Abeid depuis le 20 février 2024, est révélatrice de l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire et le législatif.

Le plus difficile est de commencer. Ne dit-on pas, l’appétit vient en mangeant ?
Ce coup de pioche porté à la démocratie est en passe d’être normalisé, banalisé…

On la savait fragile, balbutiante et même mal en point, notre démocratie. Mais jamais, de mémoire d’homme, dans l’histoire politique de notre pays, je n’ai connaissance d’un tel coup asséné à la prestigieuse fonction de député : élu du peuple.

En effet, n’est pas député qui veut. Certains l’ont appris à leurs dépens lors des élections législatives, régionales et municipales de 2019, en se lançant à la conquête de la confiance du peuple. Un désaveu cuisant de bout en bout.

Et pourtant des députés bouillants, excellant dans la rhétorique controversée et spectaculaire du mépris de » l’autre », d’une partie de « nous « , il y en a toujours eu à l’assemblée nationale.
Des députés indélicats, l’hémicycle a toujours sut les gérer sans les blâmer, en ramenant leurs discours, leurs frasques et caprices à la fonction honorable de député, mandataire du peuple qui participe à l’éclosion de la démocratie et du pluralisme.

J’ai encore souvenance de ce député qui a déchiré de manière désinvolte des documents officiels ( projets de lois soumis à l’approbation des députés ) en direct à la télévision, et devant des membres du gouvernement, sous prétexte qu’ils étaient rédigés en français plutôt qu’en arabe.
Le geste était héroïque pour une partie de nos compatriotes, notamment ceux attachés à l’hégémonie de la langue arabe en vue d’écarter les cadres et compatriotes francophones.

Au- delà de la brutalité, la laideur et du caractère outrageant du geste, ce député a commis un sacrilège en avilissant le sceau de l’Etat, et ce quelque soit la langue utilisée.
Un comportement antipatrotique qui frise à la fois la provocation, l’incivisme : l’incivilite tout simplement.
L’attitude n’a point été condamnée. Elle n’a même pas eu l’écho d’un fait divers. Certainement c’est loin d’être le seul exemplaire de provocation à l’assemblée nationale. Mais le ribicon n’a jamais été franchi.

La levée expéditive de l’immunité parlementaire du député, Biram Dah Abeid est un prélude à
des ennemis judiciaires à quatre mois de la présidentielle, au lendemain des événements de Rkiz, de la sortie inédite du Club des juges mauritaniens contre le député et de l’expulsion manu militari de l’assemblée nationale de la députée, Mariem Mint Cheikh etc.

Assurément des signes avant-coureurs que l’étau se resserre autour de l’homme.
Ça sent le soufre. La conspiration.
C’est le moins qu’ on puisse dire.

Tant l’accusation de diffamation est minuscule comparativement à la diligence, et non sans un excès de zèle avec laquelle la procédure de levée de son immunité a été conduite.

Les députés ont-ils manqué de courage et de solidarité envers un des leurs, en le jetant en pâture ? On assiste à la mise à mort de l’esprit corporatif au détriment de positionnement politique.
L’immunité parlementaire, c’est la citadelle de la fonction de député qui le protège contre les appétits des deux autres pouvoirs- l’exécutif et le judiciaire- plus que jamais de concert, pour ne pas dire de connivence dans cette affaire de diffamation.

Vous êtes avertis. D’autres députés suivront.
Qui sera le prochain ?
Le donneur d’ordre est intransigeant !
Députés de la majorité comme de l’opposition, vous avez décidé de vendre votre âme au diable en restant silencieux et/ ou en participant à cette manoeuvre qui vous rend désormais vulnérables, pour la deuxième fois et pour toujours vulnérables.

Seyré SIDIBE

● L’Alliance des États du Sahel : un petit monstre en gestation | Par Dr Balla Cissé [via RP Médias]

Balla CISSÉ
Docteur en droit public
Avocat au Barreau de Paris
Diplômé en Administration électorale

Rp médias – Les déclarations récentes des dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) quant à l’instauration d’une monnaie commune sont importantes. Bien sûr, si l’établissement du sahel – le nom de la nouvelle devise – se concrétisait en lieu et place du franc CFA, l’économie des trois États concernés serait bouleversée. Mais, avant tout, c’est l’existence même de leur souveraineté qui serait une fois encore altérée, sinon compromise. Un engagement financier à plusieurs suppose en effet un partage de compétences, donc la fragilisation, au moins, de ce pouvoir suprême reconnu à l’État. La souveraineté du Mali notamment est donc en question (I) et révèle une politique de décolonisation obsessionnelle (II), deux traits propres à une alliance tripartite véritable petit monstre en gestation.

I. La souveraineté du Mali en question

Il y a un an, le 14 janvier 2023, la junte malienne organisait la « journée de la souveraineté retrouvée » : idée malheureuse sur le plan tant de l’expression –  « recouvrée » eût été du meilleur français – que de la politique et du droit, la sacro-sainte souveraineté n’étant ni recouvrée ni effective, mais réduite à un symbole ou, pire, à un prétexte. Même si, d’après le décret du 22 juillet 2023, l’article 37 de la Constitution de la IVe République dispose que « la souveraineté nationale appartient au Peuple qui l’exerce par ses représentants élus au suffrage universel direct ou indirect ou par voie de référendum »et qu’« aucune fraction du Peuple, ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice », chacun sait combien ce texte est malmené ! Seul le petit cercle en uniforme décide d’engager le Mali dans les traités internationaux ou de s’en retirer : les colonels ont pris le parti de quitter la Cédéao sans demander l’avis des citoyens ou des parlementaires. Déjà, en février 2023, l’idée que le Mali et le Burkina Faso s’unissent en une fédération était rendue publique après simple concertation du Premier ministre burkinabè et du Président Goïta. Depuis le 15 février dernier, la souveraineté est un peu plus battue en brèche, des ministres de l’AES ayant annoncé leur intention de créer une confédération, au terme d’une réunion sise à Ouagadougou. Juridiquement, si cette volonté prenait corps, bien des problèmes se poseraient. Il faudrait en particulier modifier la nouvelle norme fondamentale, l’article 30 présentant autrement la forme de l’État : « Le Mali est une République indépendante, souveraine, unitaire, indivisible […] ». Cette difficulté serait vite surpassée dans un État bien administré, mais les dirigeants maliens ayant été incapables d’organiser, depuis 2020, les diverses élections dans les délais fixés, nul ne sait comment ils parviendraient à changer la Constitution selon les règles, c’est-à-dire en demandant l’avis des citoyens. Car, ces mesures très importantes prises à un rythme effréné révèlent non pas l’empressement à mettre en œuvre une politique adaptée aux réalités africaines, mais l’obsession de la décolonisation, de s’éloigner de toute influence de l’Occident.

II. L’obsession de la décolonisation

Depuis leur arrivée au pouvoir, les colonels ne cessent de critiquer la France. Leur politique repose en partie sur le parachèvement de la décolonisation, qu’ils confondent avec le recouvrement de la souveraineté du Mali. Cette façon de voir est cependant des plus simpliste, car il y a belle lurette que la Françafrique n’est plus qu’un souvenir. Mais, pour légitimer son maintien au palais de Koulouba, le régime doit trouver des boucs émissaires : les Français sont ses meilleures cibles. Tout ce qui rappelle de près ou de loin l’ancienne puissance est maudit, sans nuances. Le franc CFA, qui disparaîtra en 2027 au profit de l’« éco », est dénigré au profit du sahel, alors que « la France a déjà, depuis quatre ans, cessé de siéger dans les instances de la Banque centrale d’Afrique de l’Ouest », comme l’indique RFI. Mais la politique de rejet touche aussi les instances internationales organisées selon les idées occidentales ; ainsi s’expliquent les attaques contre la Cédéao.

Somme toute, les putschistes maliens et leurs comparses sahéliens tracent une voie nouvelle, déliée le plus possible des effets de l’Occident. Par exemple, dans son article 11, la Charte de l’AES écarte implicitement les États trop éloignés des trois parties contractantes, c’est-à-dire trop proches des valeurs occidentales : « La présente Charte peut être ouverte à tout autre État partageant les mêmes réalités géographiques, politiques, socio-culturelles qui accepte les objectifs de l’Alliance. ».

L’intention serait légitime si elle n’était pas un but en soi, si elle ne dégradait pas la vie quotidienne des citoyens : on sait combien les Maliens vivant en Côte d’Ivoire par exemple subiront les effets du retrait de la Cédéao dans un an.

Les militaires décidant aujourd’hui de l’avenir du Mali, du Burkina Faso et du Niger jouent désormais avec le feu. Ils créent les conditions d’une instabilité durable. Incapables d’assurer la stabilité politique et la sécurité à l’intérieur des frontières de leurs États respectifs, ils pensent s’entraider en s’éloignant des principes qui font la prospérité de l’Occident. Les catastrophes sont souvent une question d’orgueil mal placé.

• Lien média https://www.rpmedias.com/lalliance-des-etats-du-sahel-un-petit-monstre-en-gestation/?fbclid=IwAR0DQg0Nhf22xpx_94IHUOaB1jXvquKvm9bKm9Pzg0r3jU-TI-q_iZc8Luo

● La ruée clandestine vers l’Espagne par la mer : ce grand déplacement comme un film de l’exode biblique !


Samedi, 3 février 2024. Il suffit d’un détour clic sur le profil de l’humanitaire espagnole Helena Maleno Garzón, on se rend compte de l’ampleur extraordinaire du phénomène de ce qu’elle identifie BOZA (cri de soulagement au débarquement sur la rive européenne). Ce jour les 2 premières publications de la responsable de l’Ong Caminando Fronteras m’ont particulièrement interpellé. En effet elle y rapporte qu’il y a 13 enfants et 10 enfants parmi les personnes de ces 2 embarcations. Ces dernières ont comme point de départ la Mauritanie et point de débarquement à El Hierro (connu en français Île de Fer) faisant partie des îles Canaries (Espagne) dans l’océan Atlantique. Un îlot d’une superficie d’à peine 270 km², très loin de notre Guidimagha mauritanien qui s’étend sur 10 300 km².
Ce qui a tiqué dans cette affaire est d’ordre sémantique à mon sens entre les appellations « enfants ou mineurs » dans le narratif de la militante humanitaire. Elle écrit régulièrement « mineurs » mais là elle utilise « enfants » dans son comptage distinctif de personnes migrantes débarquées. Entre les 2 termes, on sent une certaine différenciation en substance d’affection et de fragilité. L’appellation « Enfants » en comprenant « mes ou nos enfants », porte une certaine personnalisation parlant d’emblée à notre conscience et notre affect . Au contraire du terme « mineurs » comme « mineurs isolés » pouvant être entendu avec une certaine distanciation. À savoir qu’est-ce qui a changé réellement ayant occasionné ce changement d’appellation par Madame Helena Maleno Garzón…?
Les nombres du jour 13 enfants et 10 enfants nous poussent à s’interroger si nous sommes conscients de la tournure en cours dans cette affaire de l’immigration clandestine qui a toujours vidé nos potentialités vers cette Europe qu’on idéalise comme un paradis terrestre. Et alors !? C’est où l’enfer terrestre justement duquel nous en faisons délivrer nos enfants…nos enfants ?

Cet enfer est lié à nos réalités et imaginaires d’organisation de vie collective (solidarités-pièges génératrices de l’oisiveté et de la pauvreté pérenne) qu’on n’arrive pas à mettre à jour face à un monde impitoyablement globalisant à outrance. L’investissement autour la marmite (très caricaturale) tout en négligeant collectivement l’affaire des cerveaux (l’école, études, formations…). Généralement les molles réussites matérielles s’arrêtent à une génération. La suivante reprend les choses à terre pour essayer un cheminement laborieux à son tour… et ainsi de suite…

Et il y a une certaine culture d’acceptation du fatalisme source d’un affaissement social individuel et collectif.

Cet enfer bouillonne de grosses défaillances multisectorielles de nos pouvoirs publics sous une gouvernance imbibée dans du népotisme et de la corruption. La frange du peuple qui a droit à un certain bien-être est restreinte à ceux qui détiennent le pouvoir étatique et leurs obligés sociaux et politiques. En résumé, L’INJUSTICE tient la clé au détriment des principes généreux et visionnaires de la RÉPUBLIQUE pour l’ensemble des citoyens.

Cet enfer est aussi la mesquine attractivité provoquée par du paraître folklorique que nous d’ici installés, distillons pompeusement à travers nos cérémonials. Et pourtant l’envers du décor, comme je l’avais relevé dans une contribution datant de 2016, est que nous sommes indigents ici matériellement, socialement et intellectuellement. Nous vivons comme si une FIN prisée est atteinte alors ça doit être consciencieusement une ÉTAPE RÉFLÉCHIE pour aiguilloner (écoles, études formations…) la génération suivante…pour le RETOUR un jour.

Il y a du travail pour nous, sur nous et en nous. D’ici là, le grand déplacement est en roue libre ces derniers temps, et le dramatique bilan en vies humaines de l’année 2023 présenté récemment par l’Ong Caminando Fronteras https://ecrit-ose.blog/2024/01/11/%e2%97%8f-limmigration-clandestine-le-rapport-2023-en-chiffres-funestes-par-long-caminando-fronteras-de-helena-l-garzon/ passe quasiment inaperçu.

➡️ 2 chiffres clés concernant l’année 2023 sur ces routes :

👉🏿6618 victimes

👉🏿84 embarcations disparues avec toutes les personnes à bord.

● référence éléments médias : page Facebook Helena Maleno Garzón et Wikipedia



🖊KS pour le BLOG

✓ Hommage à mes défunts parents : Papa ton vœux n’aura duré que 45 jours | Par le journaliste Camara Seydi Moussa

Moussa Cheikhou Camara (cœur de lion pour les intimes), mon père n’est plus. Il s’est éteint le 26 novembre 2023 à 21h 15 mn à la Clinique du Cap, Dakar – Sénégal. Il n’a pas survécu à cette maladie qui l’avait terrassé le 29 août 2023. Sur son lit de la chambre S3 de la Clinique du Cap, il avait tout prévu, même la tente devant la maison.

Mon père nous avait instruit à travers plusieurs faits et gestes sur sa mort imminente. Il nous disait toujours « l’heure est venue ou pardonnez-moi, moi je vous pardonne et restez unis, tout celui qui se lèvera contre votre unité je ne le pardonnerai pas et qu’ALLAH (SWT) le prive de la baraka ». Ce sont là quelques paroles de mon père et il les affirma un après-midi à mon petit frère Sadio comme un message qu’il doit faire parvenir à la famille.
Euh oui, avec des sourires nous lui rétorquons « tu es pardonné, il te reste de résister pour qu’on puisse te ramener à la maison sur tes pieds » ; mais il nous fixait sans répondre. Toutefois, il voulait, même malade, retourner au pays. Un matin, après avoir passé quelques jours à son chevet, Camara Aly Gueladio est venu dire aurevoir à son ami et frère. Ce n’était pas un aurevoir. C’était un adieu et mon père le savait.
Les épreuves étaient nombreuses et difficiles mais aussi trop chargées et parfois inexprimables. Durant ces épreuves, nous avons découvert et compris beaucoup des choses. Des choses que nous ne pouvons exprimer à travers une plume. Ces choses nous accompagneront toute notre vie. Face à ces épreuves nous n’étions pas seuls ; c’est le lieu de rendre hommage à ces hommes et femmes qui nous ont accompagnés et soutenus : Notamment Mme Laliya Camara, Dr. Dramane S Camara (Papis), Dr. Habi Boussourou Dramé (l’épouse de Sadio en France), Dr. Souleymane Silly Camara, Mme Tibilé Dramane Camara. Ils étaient là et ont contacté d’éminents professeurs de Dakar, à Paris en passant par Nouakchott. Mais une fin de vie ne peut être soignée.
On a créé une petite famille dans la Clinique. Du gardien aux infirmiers et filles de salles, en passant par des médecins de garde, on mangeait et prenait le thé ensemble ; nous avons tous prié pour le vieux. Beaucoup, nous ont confié qu’après avoir passé plusieurs années de service à la Clinique, ils n’ont jamais vu pareille famille d’accompagnants… Ils ont tous appelé pour les condoléances et certains continuent à entretenir le lien.
Mon père était admis dans cette structure sanitaire le 24/10/2023. Il a reçu la visite de son ami et frère Bakary Dao Camara durant la première semaine du mois de novembre. Accompagné de son fils Mohamed. J’étais avec les médecins à la recherche de réponse à certains questionnements liés à la santé de mon père. Il me fait appeler pour saluer un visiteur qui était spécial pour lui : c’était Bakary Camara. Ils étaient amis et très liés, une histoire de 70 ans. Mon père était content ce jour-là. Il m’a fait venir pour me faire comprendre que la personne qui était là était comme lui, et de le prendre comme tel.
C’est dire qu’il a tenu à me faire savoir que l’homme qui était là, était aussi mon papa ; l’instant était fort mais aussi agréable, empreint d’espoir de se retrouver très bientôt au pays. Son ami Bakary lui dira : « Après ton rétablissement, on ira au village pour changer d’environnement car c’est mieux pour toi ». Les deux étaient toute une histoire. Une amitié que seule la mort pouvait éteindre. Papa Dramane le confirma ainsi que papa Aly. Et Dieu dans sa GRANDEUR a béni cette amitié. Ils ont vécu ensemble et moururent ensemble. Le premier, mon père, le 26/11/2023 et papa Bakary le 10/01/2024 dans la mosquée pendant sa prière d’Ichaa.
C’est ma sœur Mahani qui m’appela avec une voix inhabituelle ; elle pleurait. Avant de lui demander le pourquoi, d’une voix grave : « Ta Selémé, Papa Bakari Dao est parti. L’ami de Papa vient de le rejoindre à l’instant ».
Oh la mort ! terrible épreuve qui ne laissera aucune vie sur terre. J’ai cherché à informer mes frères et sœurs mais ils étaient déjà au courant. Au téléphone, le jeune Moussa Soumaré me confirma la triste nouvelle : « Oui, ton papa est parti. Nous sommes à la clinique Menar. Ton jeune frère Pr Soumaré est là et en train de faire venir une ambulance pour transporter le corps à la morgue de l’Hôpital national ».
C’était dur mais devant un fait d’ALLAH (SWT), l’homme ne peut être que spectateur et se remettre à LUI. J’informai mon jeune frère Youssouph Dramane Camara qui viendra avec Papa pour me chercher pour aller à la morgue.
Ainsi un laps de temps très court (moins de deux mois), je viens de perdre deux êtres chers. Il y a une année, j’ai enterré ma mère, le 26 septembre 2022.
Que la fin de notre existence est cruelle !
Elle qui s’inquiétait pour moi à cause d’une maladie que je trainais ; maladie qui m’a poussé à voyager au Mali et au Sénégal, où je cherche encore une explication scientifique.
Il y a des situations qu’on ne peut et ne doit souhaiter à personne de vivre. Convalescent d’une maladie bizarre dont je recherche encore l’explication scientifique, ma maman m’abandonnant et une année plus tard je m’applique avec ma plume tremblante pour rendre hommage à mon père et son ami, tous deux partis en l’espace de moins de deux mois. Trois êtres spéciaux qui ont réellement rempli leurs missions sur terre, servi leurs communautés, défendu des causes nobles et justes, aimé leur pays mais aussi, qui se rendirent utiles pour plusieurs autres nations. Ils ont écrit une histoire indélébile, une histoire positive.
La première, ma mère Diara Seydi Toumani Camara, pour avoir entretenu la flamme de l’unité des femmes de Dafort pour leur autonomisation et leur capacitation à défendre leurs intérêts et ceux du village pour le bien-être des populations. Son dernier combat était l’eau. La première Dame dans l’histoire récente du village à avoir initié et dirigé une marche des femmes pour l’eau, en invitant le maire à transmettre aux autorités de droits leur douleur car l’eau c’est la vie. Dafort avait soif et pour la corvée de la recherche d’eau, la femme daforonké souffrait. Maman, repose en paix. Pour l’eau, nous nous battrons.
Le second fut mon père, l’un des premiers statisticiens du pays. Il connait toute la Mauritanie. Il était une encyclopédie sociale, politique et économique mais surtout un généalogiste hors-pair. Avec ses enseignements, je me vois des parents partout, de Gajaga au Guidimakha, en passant par Hairé. C’était un savant. Il revendiquait avoir lu plus de 500 livres. Son grand maitre était Mao Tsé-toung, comme beaucoup de sa génération.
Le troisième n’est autre que Papa Bakari Dao Sidi, c’est une autre envergure, celle-là internationale. Il était la manifestation éloquente de l’homme brillantissime, le monde entier est témoin d’un magnifique hommage de RFI à travers son éditorialiste Talla. Pieux, stoïque et humble, Papa Bacari était un Baobab. Il était positif et progressiste. Papa repose aujourd’hui dans les cimetières de son Tachot natal. Il a été accompagné à sa dernière demeure par tout le Guidimakha…
Ainsi, après ma maman, mon père et celui qu’il voulait qu’il soit après sa mort considéré comme lui sont tous partis. Partis dignement. Partis au moment où tout le monde les aimait et avait besoin d’eux. Leur histoire, que nous avons le devoir d’écrire, a été positive.
De véritables soninko dans leurs actes et allures. Ils sont partis à jamais et ont été immensément pleurés. Paix à leurs âmes.
A leurs frères et amis Oumar Aly Kamara, Djimé Diagana, Dr Camara Dramane et famille, Camara Aly Gueladio et famille, Dr Boubou Dramane Camara et famille, le chargé d’Affaires à l’ambassade de la Mauritanie au Sénégal, le conseiller à la présidence Mr. Harouna Traoré, Yakhoub Traoré, Garba, Sidi Baba à tous ces neveux et anonymes, au nom de toute la famille, je vous dis merci et paix aux âmes de tous nos défunts.

Inna Lillaahi We Inna Ileyhi Raaji’oun


Camara Seydi Moussa

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● Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le géoscientifique M. Aleyda TRAORE

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) marque son entrée en 2024 avec une prolifique interview accordée par un natif de la région du Guidimagha mauritanien. En la personne de monsieur Aleyda TRAORE, un Masterien expérimenté en Géosciences et Ressources qui travaille en France depuis quelques années. Nos vifs remerciements à lui pour sa disponibilité qui aboutit à cet entretien d’une belle pointure.

~Bonne Lecture :

● Question 1 : Bonjour monsieur Traoré, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? (+parcours universitaire et professionnel)

Aleyda TRAORE : Bonjour Koundou SOUMARE. Merci à toi de m’avoir donné l’opportunité de pouvoir m’exprimer à travers cet interview sur ton blog.

Je m’appelle Aleyda TRAORE, natif du village de Bouanze, Guidimakha. Né à Bouanze, j’y ai fait mes études primaires pendant mon enfance.  A l’âge de 13 ans, je suis allé au collège de Ould-yengé (Guidimakha) où j’ai fait mes deux premières années de collège avant de rejoindre Nouakchott pour la suite de mes études du collège (Elmina), du lycée (Lycée Arabe et Lycée National).
En 2000 j’ai obtenu mon baccalauréat en série D et j’ai intégré l’université de Nouakchott, à la Faculté des sciences et Techniques en parcours Biologie-Géologie. Après l’obtention de mon DEUG (diplôme d’études universitaires générale), j’ai poursuivi mon parcours de second cycle universitaire en filière de Géologie minière. J’ai obtenu ma maîtrise dans cette filière en 2005.

En septembre 2005, je suis arrivé en France pour poursuivre mes études de Géologie à l’université Henri Poincaré à Nancy où j’ai obtenu mon diplôme de Master en Géosciences et Ressources, parcours Pétrolier.

Après le master je suis rentré dans la vie professionnelle. Mon parcours professionnel a débuté au sein de l’université Henri Poincaré où j’ai occupé un poste d’assistant chercheur avant de m’orienter vers le secteur privé.

Aujourd’hui je suis dans ce secteur privé depuis 15 ans dans le domaine de l’environnement, particulièrement dans la dépollution des sols et eaux en tant que superviseur et référent environnemental des chantiers de dépollution des sols et nappes phréatiques. Je m’occupe précisément du diagnostic, analyse et interprétation des données des composés d’hydrocarbures entre autres dans les sols et dans les eaux.

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attiré par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients) et également quelques éléments de votre expérience…

AT : La réponse à cette question est assez vaste, on peut y consacrer un livre entier, car les soninkos sont traditionnellement des grands voyageurs dans le temps et dans l’espace. Je vais donner mon point de vue d’une manière singulière en s’appuyant sur le cas de l’immigration de ceux-ci vers la France.

L’immigration en soi est positive à mon avis, dans les sens où elle contribue positivement à la croissance économique et au développement culturel des immigrés, de leurs familles et pays d’origine d’une part et elle a une forte influence sur l’économie du pays d’accueil d’autre part.
Cependant comme toute activité, l’immigration a aussi son lot d’inconvénients.

Comme je l’ai dit plus haut, l’immigration chez les soninkos est très ancienne (on peut la chercher bien avant la fondation de l’empire du Ghana) et était très répandue dans le continent africain.
Toutefois, les migrations contemporaines sont beaucoup plus orientées vers les pays occidentaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette orientation de ce flux migratoire des soninkos. On peut citer les deux guerres,  où les soninkos étaient incorporés dans l’armée française, le besoin des occidentaux en main d’œuvre,  notamment la France ruinée par les guerres pour sa reconstruction…

Pour rester sur la question, l’immigration est une des activités actrice du développement socio-économique en pays soninké. Les gouvernements des pays d’origine des soninkos ne sont pas suffisamment impliqués dans ce développement.
Quand on regarde le Guidimakha de la Mauritanie que je choisis ici comme exemple puisque c’est ma région natale et c’est elle que je connais mieux que les autres régions des soninkos, la grande majorité des services de base de la vie (écoles, centres de santé, accès à l’eau potable…) sont des réalisations des immigrés.
Cependant, il y a énormément de points négatifs liés à  l’immigration et notamment chez les soninkos.
En outre des difficultés linguistiques, culturelles liées à l’intégration on assiste à une vidange des familles et des pays de leur force, de leur matière grise et surtout de l’intellect.
Le milieu soninké est frappé par un phénomène d’appauvrissement humain associé à des pertes des vies liées aux conditions de transit vers les pays d’accueil.
Le durcissement des lois anti migratoires, la baisse de la qualité de vie par manque de logement, d’emploi, de permis de séjour et de travail en sont quelques exemples concrets qui doivent inciter les soninkos à prendre au sérieux cette question.
Malgré cela, les populations n’ont pas forcément conscience du mal et n’en font pas une priorité, car le sujet n’est pas sérieusement abordé par les pouvoirs publics afin de trouver des solutions efficaces.
La question sur l’immigration est un couteau à double tranchant qui nécessite un sérieux investissement et une profonde étude pour établir des nouvelles alternatives assez bénéfiques pour tous.

● Question 3 : En Mauritanie, autour de l’éducation, certains indexent une inquiétante baisse du niveau général des apprenants, quelle est votre analyse sur cette situation ?

AT : Le système éducatif de la Mauritanie a connu plusieurs réformes visant toutes une amélioration de celui-ci mais malheureusement le résultat est négatif, le niveau de l’éducation rétrograde d’année en année. L’analyse que je pourrais faire sur cela est d’ordre politique voire même constitutionnel se rattachant directement à l’histoire du pays et de sa population dans un premier temps et dans un second temps, cette régression pour ne pas dire « échec » du système éducatif n’est que le produit de la mauvaise gestion globale des institutions du pays donc de la politique de gouvernance.

La composition de la population n’est pas homogène. Les maures se réclament arabe et les noirs ont  chaque ethnie (soninké, poular, wolof, haratine et bambara), sa langue et sa culture propre.
La  première catégorie  représentant l’élite du pays souhaite imposer une langue et une culture arabe auxquelles elle se réclame à la seconde catégorie, alors que cette dernière a toujours été favorable à sa propre culture et langue maternelle et au Français qui est la langue du colonisateur. Une introduction des langues (Français puis arabe comme langue officielle et les autres langues comme nationales) dans la constitution et par la suite dans le système éducatif. Ainsi réformes  après réformes au sein du système éducatif sont mises en place pour tenter de coupler les deux inclinations à travers des programmes éducatifs qui manquent systématiquement de solidité et de rigueur.

La deuxième explication essentielle à cette régression scolaire est associée à la mauvaise gouvernance des institutions. Il y a un réel manque de vraie formation des formateurs, un réel manque de compétence des pouvoirs publics à redresser la courbe de l’échec scolaire, un vrai manque de volonté des encadrants et parfois même des parents d’élèves à s’impliquer dans cette éducation, soit principalement par manque de moyens (financiers et matériels) alloués à la tâche, pour les encadrants ou soit par simple négligence et/ou méconnaissance de l’intérêt de l’éducation en ce concerne les parents d’élèves. Et c’est très dommage et surtout très regrettable pour un pays, car l’éducation est la principale responsabilité de tout en chacun et est le soubassement de toute compétence.

● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire ?

AT : La communauté Soninké est une communauté très conservatrice. Les pratiques esclavagistes et féodales n’ont pas échappé à ce conservatisme soninké. Autrement presque toutes les civilisations du monde entier ont connu la pratique de l’esclavage sous différentes formes, néanmoins sont parvenues à son abolition quelle qu’en soit la forme. L’esclavage et le féodalisme perdurent chez les soninkos car ces derniers  rattachent par méconnaissance la pratique à la religion musulmane alors que l’esclavage existait bien avant l’islam.
D’ailleurs l’islam arrivé a mit en place une infinité de processus de libération des esclaves. Cependant l’aristocratie Soninké de manière générale s’apparente au Ku Klu Klan. Les esclavagistes Soninkés s’opposent vigoureusement à toute démarche de mise en liberté et à toute autonomie des personnes serviles, jusqu’à défier délibérément les lois et dispositions des autorités administratives, avec la complexité de certains hauts fonctionnaires, élus et cadres de l’État.

L’organisation Soninké fortement hiérarchisée basée sur un système de caste est un héritage du passé qui est malheureusement resté dans le conservatoire de la communauté. Toutefois, ces dernières années, plusieurs associations et ONG abolitionnistes issues de la jeunesse Soninké et autres, ont réussi tant bien que mal à réveiller les esprits à travers les réseaux sociaux. On note une nette prise de conscience du drame malgré une farouche opposition des féodaux esclavagistes. Je pense qu’il est temps que les soninkos comprennent que la machine de la sensibilisation est lancée et ne fera plus marche arrière. L’heure est au réveil et d’avancer avec l’Histoire. Le temps de ces pratiques ignobles est dépassé. Il faut évoluer positivement et se débarrasser de tous ces encombrants qui ne font que léser le bon fonctionnement de la société.

Pour éradiquer d’une manière efficace et efficiente ce fléau il faut qu’il trouve sa place dans les engagements sérieux des pouvoirs publics.

● Question 5 : Au cours de cette année 2024 aura lieu l’élection présidentielle en Mauritanie, quelles sont vos observations sur l’arène politique actuelle et votre grille de projection sur l’échéance à venir…?

AT : Récemment d’après certaines sources médiatiques, les chiffres publiés par l’agence nationale des registres de la population et des titres sécurisés indiquent au moins 500 000 personnes ont été enregistrées. Ceci dit qu’au moins 10% de la population Mauritanienne n’avait pas des documents nécessaires pour participer aux élections, s’ils en avaient l’âge d’y participer bien évidemment. A ce titre, je souhaite que l’État fasse tout le nécessaire pour que l’ensemble de la population (de l’intérieur comme de l’extérieur) ait un document qui lui permettra de s’acquitter de son devoir de citoyenneté.

Concernant les élections de 2024, j’ose rêver d’une participation de toutes et tous. Le Mauritanien depuis l’indépendance  du pays rêve d’une vraie démocratie et un réel changement du système. Je pense que ces élections pourraient être une très grande opportunité pour les Mauritaniens de tout bord d’agir pour le changement.
Ensemble, hommes politiques et citoyens, il est temps de mettre de côté nos égos individuels, de s’engager honnêtement et sincèrement pour s’unir et créer un vrai rapport de force.
Merci.

13 janvier 2024

Réalisé par KS pour le BLOG

✓ La conférence d’IRA-France à Paris | comme vous y étiez en [photos et vidéo]

Paris, 6 janvier 2024, l’aile en France de l’Ong droit-de-l’hommiste IRA-MAURITANIE (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) a organisé une conférence sur la thématique « la persistance de l’esclavage intra-africain en Afrique de l’ouest ». Ont pris part à cet événement comme conférenciers, l’honorable député M. Biram DAH ABEID, M. Samba FOFANA (vice-président de l’association Armepes-France de Ganbanaaxu Fedde), M. BA Bocar Oumar (Cadre en Europe du parti Ajd/Mr) et M. Ibrahima WELE (Flam). M. Moulaye HASSENE (militant politique) a été aux manettes pour modérer les échanges.

À noter la projection en introduction d’un film de M. Sébastien KRAFT titré « Destins croisés : les esclaves oubliés de Mauritanie » voir https://youtu.be/lXfQs9RYshU?si=obbjraIchokV3qC9

Les différentes interventions ont été à la hauteur des enjeux autour de la problématique abordée ainsi que les contributions et témoignages du public.

Un vœu est largement exprimé par tous : il faut impérativement décloisonner les luttes et les engagements pour faire émerger une force militante cohérente et efficiente.

KS [11•19] pour le BLOG