● Mauritanie : « Les déterreurs de Sélibaby » sont des nôtres | Par M. Ndiaye Kane Sarr.


Il est tentant, face à la violence symbolique ou physique, de désigner des coupables, de tracer des lignes, de dire : ceux-là ne sont pas nous. Ceux qui ont déterré un corps parce qu’il ne partageait pas notre foi, ceux qui refusent qu’un ancien esclave repose aux côtés de leurs ancêtres, on aimerait les mettre à distance, les tenir à l’écart. Mais ils sont des nôtres. Ils sont nés du même sol, parlent nos langues, prient
dans nos mosquées. Ils sont le produit d’un imaginaire que nous partageons, partiellement ou totalement, que nous partageons quand même.

C’est là que commence le malaise. Car si nous refusons de les regarder en face, nous refusons aussi de nous interroger sur ce que notre société accepte, transmet, tolère en silence. Une société ne se construit pas uniquement par ses lois ou ses institutions. Elle se tisse, jour après jour, dans le tissu vivant des relations. Or quand la relation à l’autre est fondée sur la peur, le mépris ou la hiérarchie, elle prépare le terrain à toutes les exclusions.

Ce qui est inquiétant aujourd’hui, ce n’est pas seulement le rejet de l’autre. C’est la manière dont ce rejet devient la norme, et la nuance, une faiblesse. On ne veut plus comprendre, on veut trancher. Il faut que tout soit pur, net, sans mélange. Cette exigence de pureté n’est pas spirituelle, elle est sociale, idéologique. Elle ouvre la voie à tous les fanatismes.

Mais une société vivante est une société qui accepte la complexité. Elle reconnaît que l’autre, par sa différence, m’enseigne quelque chose de moi. Elle comprend que la relation — qu’elle soit de filiation, de voisinage, d’humanité tout simplement — est ce qui nous fonde. Lorsque nous la brisons, lorsque nous décidons que certains ne méritent pas la terre commune, c’est le lien même de notre communauté humaine que nous affaiblissons.

Alors peut-être faut-il cesser de chercher qui est à blâmer, et commencer à regarder comment nous éduquons, comment nous transmettons, comment nous choisissons — ou pas — de dialoguer. Car le fanatique ne naît pas tout seul. Il est souvent le fruit d’un silence, d’une peur, d’une indifférence partagée, d’une compréhension erronée des textes, d’une éducation…

Ceux qui déterrent, ceux qui refusent une sépulture commune, sont des nôtres. Et c’est justement pour cela que notre responsabilité est engagée. Non pas pour les condamner, mais pour ne pas leur ressembler.

Par Ndiaye Kane SARR

● Mauritanie : À Sélibaby | Un homme décédé et enterré récemment a été exhumé et traîné par une foule hystérique.

Photos via RS

Il serait adepte du christianisme selon diverses sources diffusées sur les réseaux sociaux.
Ce jour 7 avril 2025, la capitale régionale du Guidimagha a été l’endroit d’un spectacle odieux et scandaleux humainement. L’élément vidéo https://www.facebook.com/share/v/1BPcyWgE4b/ comme d’autres, circule en boucle sur les plateformes RS notamment whatsapp montrant la destruction d’une tombe et l’exhumation expresse d’un corps enveloppé dans un sac et traîné comme simple bois mort.

D’après différentes sources, le monsieur d’origine malienne dit-on et coiffeur de métier, porterait le prénom « Souleymane » et aurait été victime d’un accident de moto ces derniers temps. Décédé, lors de son enterrement, un proche à lui aurait déclaré qu’il n’était pas musulman et la grogne polémiste prenait de l’intensité populaire dans la ville sur la présence de sa tombe dans un cimetière musulman. Et les appels pour manifester contre cette présence ont mené à cette exhibition macabre et inhumaine par une foule hystérique visiblement enragée.

Les autorités régionales auraient dû prendre les choses sous contrôle et régler avec dignité et responsabilité cette affaire d’une certaine sensibilité.

👉🏿 Lire ce lien média publié récemment https://ecrit-ose.blog/2025/04/05/%e2%97%8f-mauritanie-agitation-a-selibaby-apres-la-tentative-denterrer-un-chretien-dans-un-cimetiere-musulman-taqadoumy/

KS pour le BLOG

● Union Africaine | L’esclavage et la colonisation, crimes contre l’humanité.

Initiée par le Togo sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé, la décision prise par l’Union africaine, qualifiant l’esclavage et la colonisation de crimes contre l’humanité, ouvre un nouveau chapitre dans la reconnaissance des préjudices subis par le continent au cours des cinq derniers siècles.

L’Union africaine (UA) a adopté le 16 février 2025 une résolution qualifiant l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et de génocides à l’encontre des peuples africains. Cette décision fait suite à une initiative portée par le Togo.

La résolution a été adoptée lors de la 38e session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA. Présentée par le Togo sous l’égide du président Faure Gnassingbé, elle constitue une première dans l’histoire de l’organisation panafricaine.

Dans sa déclaration, le Togo souligne que cette qualification juridique concerne des actes « planifiés et méthodiquement exécutés » au cours des cinq derniers siècles. Le texte adopté répond aux demandes exprimées par les sociétés civiles africaines et les organisations diasporiques.

La reconnaissance de ces événements comme crimes contre l’humanité et génocides établit un cadre juridique nouveau concernant ces périodes historiques. Cette qualification pourrait avoir des implications sur les discussions futures concernant les réparations.

AC/Sf/APA

• Lien média https://fr.apanews.net/diplomacy/lua-reconnait-lesclavage-et-la-colonisation-comme-crimes-contre-lhumanite/

● Mauritanie | Editorial de La Nouvelle Expression : A Mohamed S. Merzoug, le citoyen de l’OMVS

« Il était de notre responsabilité d’agir pour protéger les migrants des réseaux criminels et des passeurs. Nous avons constaté les drames humains causés par ces flux migratoires, avec des familles endeuillées après des tragédies en mer. Il était impératif d’intervenir », a déclaré Mohamed Salem Merzoug

C’est seulement après ma sortie sur la question relative aux rafles des étrangers que j’ai pris connaissance de ces propos venant de Mr le ministre mauritanien des Affaires étrangères, patron de la diplomatie mauritanienne, Mohamed Salem Merzoug

Monsieur le ministre, cette posture est salutaire si son application sur le terrain épouse les règles du respect de la dignité et surtout quand celle-ci cesse d’être sélective. Car, quand vous parlez, Monsieur le ministre, de tragédies en mer, vous oubliez que depuis 2019 des Mauritaniens cherchent à connaitre le sort de leurs enfants sans qu’il y ait un soutien efficient de la part de l’Etat.

Cet Etat refuse même de reconnaitre les drames des jeunes Mauritaniens dans l’Atlantique. Que s’est-il passé pour que ce même Etat se soucie de la perte des vies humaines en mer aujourd’hui ? Prétexte utilisé pour renvoyer les étrangers en situation irrégulière chez eux… Alors, c’est pour vous dire que ce n’est pas seulement les étrangers en situation irrégulière qui affrontent les vagues de la mer mais des Mauritaniens aussi.

Toutefois, votre posture est tout de même en nette rupture avec celle de votre collègue de la sécurité intérieure, lui qui s’emploie à installer des camps de types palestiniens, les victimes de l’entité sioniste.

La Mauritanie n’est pas Israël et je ne pense pas qu’il y ait dans cette Mauritanie un seul soutien ou admirateur de Netanyahu, le Premier ministre israélien.

Monsieur le ministre, votre collègue chargé de la sécurité, que je n’ai jamais connu par le passé, m’inspire la peur et le désarroi et j’espère me tromper sur son cas, même si les agissements de certains policiers sur le terrain me laissent un peu perplexe sur sa vision et gestion de cette problématique. Mais, vous et lui, avez péché dans un aspect important qui pouvait mieux expliquer la situation : c’est la communication.

Les canaux, le style et le temps choisis étaient, me semble-t-il, inappropriés. Vous avez et vous continuez à laisser l’image du pays à la merci des influenceurs sur les réseaux sociaux. « Nous avons reçu ici même des Mauritaniens mais, après vérification par le dispositif mis en place par l’agence des titres sécurisés, ils ont été libérés. Nous ne sommes pas en charge de l’expulsion mais, avant cet ultime recours, les interpellés passent tous par l’outil de vérification.

Personne n’a été expulsé sans que sa situation ne soit identifiée et connue… », a déclaré une source policière lors de notre passage (le député Balla Touré et moi-même) dans des commissariats et centres de détention des migrants.

Il a été observé dans nos différents échanges que la police arrive à reconnaitre clairement le manque de communication qui entoure son travail et déplore l’attitude des certains de ses éléments. La désinformation et le manque de communication, voire de transparence sur leur travail en faveur du citoyen, est préjudiciable ; seules les bavures de certains policiers résonnent et occupent le devant de la scène.

Des bavures qui peuvent contribuer à l’instabilité et la frustration des populations mais aussi à ternir encore plus l’image du pays ; un pays très mal en point. Voici, Monsieur le ministre, la situation connue de ce phénomène.

Comme vous, le ministre de l’intérieur doit chercher à redorer son blason, il en va de l’image du pays dans le concert des nations civilisées. Tous, nous partirons et la Mauritanie restera.

L’écriture de l’histoire dont nous avons, aujourd’hui, Monsieur le ministre, la responsabilité doit être digne et peu ou même irréprochable. Consacrons notre vie et engagement à l’action vraie et défendable pour ce pays meurtri.

Votre collègue de l’Intérieur ne peut fermer ses yeux sur les bavures de certains éléments de la police ; en le faisant, il travaille contre la Mauritanie et contre les policiers honnêtes qui veillent sur la sécurité du citoyen et de ses biens.

Votre posture la plus salutaire encore a été l’attitude que vous avez adoptée en 2022 en parlant avec les chancelleries et les associations des communautés étrangères en Mauritanie pour la gestion de la situation des migrants.

Il était plus digne, une fois encore, de faire la même chose, en fixant un délai pour que les concernés prennent leurs dispositions. Gouverner, c’est anticiper. Avec cette manière de gérer ce phénomène naturel et mondial, on retrouvera le Merzoug, ex-patron de l’OMVS, et non cette image, aujourd’hui, de nature à nuire votre réputation.

Monsieur le ministre, refusez d’être ce que vous n’êtes pas ; n’acceptez pas d’être le bouc émissaire des pyromanes tapis dans l’ombre. Vous êtes et vous avez été un homme qui a inspiré une génération, ma génération, vous le Professeur à l’université, cadre du premier et le plus important parti de l’opposition de l’ère démocratique de l’histoire politique du pays. Je me souviens encore que c’était avec joie qu’on vous aidait à faire démarrer votre voiture de type 504 en utilisant nos biceps de jeunes sportifs et militants.

Vous avez fini par rejoindre le camp adverse où vous vous êtes fait respecter. Vous avez eu à occuper beaucoup de positions stratégiques jusqu’à la gestion de l’OMVS pendant plusieurs années, contraint à quitter malgré le soutien de tous les chefs d’Etats des pays membres de cette organisation sous-régionale, sauf Abdelaziz, le Président de votre pays, la Mauritanie. Aujourd’hui, le destin a décidé que vous conduisez, la diplomatie alors que lui, l’ex président, est en prison.

Vous avez quitté l’OMVS avec honneur et dignité et la reconnaissance des services rendus à la sous-région ; vous avez été décoré par la présidence sénégalaise. Alors, vous êtes l’une des personnalités au gouvernement qui a intérêt à bien soigner les relations de notre pays avec nos voisins car, plus qu’un Mauritanien, vous êtes un citoyen de l’OMVS.

Seydi Moussa Camara

● Le Professeur Yahya Michot n’est plus (décédé le 1 avril 2025) | Paix éternelle à son âme.

👉🏿Lire cet élément consacré à sa personne et sa personnalité intellectuelle https://www.saphirnews.com/L-eminent-universitaire-musulman-belge-Yahya-Michot-est-mort-son-fascinant-parcours-retrace_a30712.html

Je me rappelle d’une parole pertinente entendue dans l’interview accordée par le frère et grand promoteur de la lecture M. Marega Muhamad Marega dans le groupe whatsapp de l’Association « Askia Mohamed Touré » du frère Mohamed Boubakar Cissé et ses camarades. M. Marega avait expliqué en substance que la lecture fait voyager et permet de rencontres avec des personnalités qui n’ont pas vécu dans la même période que nous ni dans la même sphère géographique. Ainsi, j’ai compris qu’il a plaidé très justement la lecture qui est profitable et nécessaire pour notre construction intellectuelle multidimensionnelle. Ici, mon expérience personnelle avec cet auteur décédé récemment aux États-Unis, Dr Yahya Michot, m’a fait remémorer de la teneur de ce que M. Marega avait dit.
J’ai découvert la personnalité intellectuelle de M. Michot via un élément vidéo dans lequel il abordait sommairement la vie et la pensée d’Ibn Taymiyya (1263 – 1328). Cheikh Al-islam Ibn Taymiyya qui fait l’objet de nombreuses exploitations plus ou moins controversées notamment sur l’extrémisme violent au nom de l’islam, a été étudié et commenté par Dr Yahya Michot dans plusieurs de ses productions livresques et audiovisuelles.

J’ai lu plusieurs de ses livres (quelques-uns en photo 📸) et visionné quelques vidéos également, j’ai accédé à une certaine familiarité avec ce Professeur à distance. Je ne l’ai jamais rencontré de visu ni de près ni de loin. Et pourtant à travers ses contenus lus et vus, j’ai l’impression de l’avoir côtoyé et connu réellement. Pédagogue et méticuleux avec beaucoup de finesse réservée aux contextes de textes commentés, l’universitaire belge converti à l’islam était d’une éminence intellectuelle qui marque. Il laisse derrière lui un grand patrimoine intellectuel qui continuera d’impacter positivement à coup sûr d’autres esprits qui feront sa rencontre comme ce fut mon cas.


Le lire encore et toujours est l’utile hommage à sa mémoire qu’on puisse se permettre… in sha Allah

Paix éternelle à son âme. 
inna lillahi wa inna ilayhi raji’un

KS pour le BLOG

● Mauritanie | Agitation à Sélibaby après la tentative d’enterrer un chrétien dans un cimetière musulman | [Taqadoumy]

Taqadoumy – Le débat sur le dossier de l’évangélisation dans la ville de Sélibaby, capitale de la région de Guidimagha, est revenu sur le devant de la scène après le tumulte suscité par l’enterrement d’une personne impliquée dans cette affaire.

Le site « Guidimagha News » a rapporté que le défunt, qui officiait comme coiffeur, est décédé dans un accident sur la route de Nouakchott. Son corps a été transféré à Sélibaby pour y être enterré.

Seulement, à l’arrivée du corps, les présents ont été surpris d’apprendre par le chef de la cellule à laquelle appartenait le défunt qu’il était « chrétien » et qu’il devait être enterré selon les rites du christianisme, ce qui a suscité un grand mécontentement.

Le site a indiqué que certains imams ont demandé de ne pas enterrer le défunt dans les cimetières musulmans, estimant qu’il n’avait pas proclamé son repentir.

Il y a deux ans, une cellule d’évangélisation avait été révélée dans la ville, comprenant des membres de divers horizons, qui avaient procédé à des cérémonies de baptême pour de nouveaux convertis.

Les enquêtes menées à l’époque avaient abouti à l’arrestation des personnes impliquées, qui ont été libérées par la suite.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=782519

● Rendons-nous HOMMAGE VIVANT | Notre Seyre « national » : une plume humaniste qui alerte et inspire !

📸-Paris, il y a quelques années, autour de lui, une équipe de l’ancien BE d’Armepes-France

Il s’appelle M. Seyre SIDIBE, une pointure de l’arène journalistique mauritanienne. Natif de Sélibaby et issu de l’ensemble communautaire soninké de la capitale régionale du Guidimagha. Professeur de français de formation de base, il est valablement imprégné en analyste avisé de la vie sociale et politique intra-communautaire soninké et sur les données à l’échelle nationale de son pays, la Mauritanie. Ses différentes contributions sont d’une grande pertinence (fond et forme) et s’inscrivent dans un engagement intellectuel proactif très louable. Le Top responsable du site internet d’information https://ondeinfo.com/, ne cesse d’alerter, d’interpeller, d’interroger et de secouer un magma politico-sociétal qui régit hermétiquement une certaine vie communautaire soninké aujourd’hui. Son plaidoyer est constant et plein de sagesse discursive pour l’avènement d’une société débarrassée de vielles recettes indigestes moralement et socialement de nos jours. Il appelle à une dynamique reformatrice pour consolider et asseoir une véritable cohésion sociale sur la base de la dignité humaine et de l’égalité citoyenne. L’ensemble communautaire a besoin d’une mue pour s’adapter et larguer à un ailleurs loin ses tares foncièrement nuisibles au vivre-ensemble.

Également, concernant la vie publique nationale, il nous sert régulièrement ses analyses riches et interpellatives à l’endroit des décideurs étatiques et autres acteurs sociaux. Les thématiques et les problématiques n’échappent que rarement à son diagnostic lumineux doublé d’une batterie de propositions émises et comprises en filigrane par une habileté textuelle d’une facture proverbiale.

Il incarne la position historique et visionnaire de tant d’intellectuels par le passé qui ont su habiter publiquement cette qualité par de la substance avérée et téméraire. Point d’idéalisme rêveur ni d’encrage prétentieux à partir d’un trône de condescendance d’un lettré incohérent et complexé, M. Sidibe est une source-ressource sociale et intellectuelle qui peut contribuer à l’émergence d’un ordre social et politique JUSTE à l’intérieur de son groupe sociolinguistique ainsi que dans son pays.

Je tiens à lui consacrer ce modeste élément qui ne prétend aucunement de faire intégralement son portrait d’acteur social et intellectuel qui compte positivement dans les débats publics. Par ses sorties médiatiques que notre Blog https://ecrit-ose.blog/ a eu l’honneur de reprendre régulièrement, j’estime qu’il représente une figure inspirante pour les univers mentaux et les engagés investis dans notre écosystème social, politique, éducatif et culturel.

👉🏿Ici un lien de publication choisie arbitrairement parmi ses perspicaces contributions https://ondeinfo.com/quelle-est-la-pigmentation-de-la-mauritanie/

3 mars 2025

KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

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● Mauritanie | Le militantisme, nous et nos failles | Entre réalisme et idéalisme ! | Par KS



📸 Paris courant 2014… sit-in de soutien à nos camarades militants abolitionnistes IRA incarcérés en Mauritanie.

Après un bref et intime feedback sur une décennie de modeste observateur- acteur de l’écosystème militantiste mauritanien, je me convaincs à croire que nos compatriotes haratines engagés dans diverses initiatives militantes et lobbyistes à l’intérieur ou- et à l’extérieur du système étatique, peuvent constituer une grande source d’inspiration. Ils disposent d’une élite sociale, politique et militante qui n’est pas d’accord à 100% sur TOUT en termes de méthodologie, de tempo, de priorités phasiques, d’adaptation et de champs à investir quand, comment, par qui et avec qui….mais travaille intelligemment et sûrement pour une dynamique d’élévation sociale et politique qui force le respect. Et le collectif communautaire va en bénéficier directement ou indirectement…parce que l’Etat profond dans sa gestion de la chose publique veille par un commerce politique et une sorte de cooptation finement stratégique pour calmer et contrôler.

Du chemin a été parcouru depuis la fondation pionnière du mouvement El-Hor il y a plus de 40 ans, et ils sont partis de très très loin avec beaucoup d’écueils multidimensionnels et complexes. Le temps passant avec visions, résilience et patience sur différentes palettes de la vie publique nationale, aujourd’hui ils représentent une force politique incontournable (démographie, militantisme, lobbies, intellectuels, administrations…) dans sa diversité partisane, à toute INITIATIVE liée à la question nationale. Nous sommes très loin de la période d’Aleg 1958, lors du conclave entre élites de 2 ensembles (arabo-berbère et négro-africain) pour parler de l’avenir du « gâteau » (le pouvoir et ses privilèges) qui sera légué par l’administration coloniale. À l’époque, les cadets sociaux pour ne pas dire les esclaves et autres subordonnés statutaires de 2 bords, ne comptaient pas dans les débats, ni leur sort également. Et sans leurre d’ordre cutané et d’habillage culturel bien superficiel à disséquer de près, d’autres composantes encartées cadets sociaux en milieu négro-africain (soninké, peul..), se doivent un travail d’éveil profond et visionnaire sur les données sociales et politiques et s’inspirer de la communauté haratine. Ainsi aux uns et aux autres, nos chapelles associatives pour la défense des droits humains et nos revendications peuvent être différentes en ceci ou en cela, mais n’oublions pas la nature de nos réalités particulières et ce qu’on y aspire fermement avec réalisme progressif en se débarrassant de tout idéalisme brumeux et stérile.

25 mars 2025

KS pour le BLOG

● L’éditorial de La Nouvelle Expression : La migration, notre problème… nos autorités… la police | Par M. Camara Seydi Moussa

La Nouvelle Expression – Beaucoup de choses pour un édito : la situation du pays, depuis ma dernière sortie éditoriale, les politiques mauritaniens, Ould Diay d’aujourd’hui et non d’hier, vision et perspective pour quel crédit ? Les gouvernants et la communication, le dialogue politique pour quelle copie ?…

Des sujets qui sont d’un intérêt pour ma modeste contribution par ma plume avec laquelle je viens de renouer malgré ma maladie bizarroïde qui s’active à m’éloigner d’elle. Le site web du journal La Nouvelle Expression a été piraté aussi depuis le mois de novembre 2024, donnant du fil à retordre aux techniciens et l’hébergeur. Cet autre cauchemar sera bientôt fini selon l’ingénieur-développeur qui s’occupe du site.

Alors pour cette première sortie après une longue période d’hibernation, comme une mission pour tout mauritanien concerne l’actualité grandement dominée par la campagne de refoulement des migrants. N’y était la méthodologie, le contexte évolutif des outils de l’information et de communication, surtout le temps choisi par nos autorités pour communiquer sur le sujet, je n’aborderai pas ce sujet.

Historiquement, politiquement voire humainement, l’approche utilisée pour gérer ce phénomène n’est pas digne de cette Mauritanie qui se veut un Etat de droit respectueux de la dignité humaine dans un contexte régional balbutiant. Le redessinement de la géographie politique de notre sous-région avec son lot de turbulence est de nature à édifier nos politiques sur les conséquences de leurs décisions engageant nos relations avec nos voisins.

Les fautes d’un passé récent qui ont endeuillé ou endeuillent encore les Mauritaniens et leurs voisins, avec des larmes qui n’ont pas encore séché, doivent nous interpeler et nous guider pour la gestion des dossiers concernant nos hôtes, même si nous ne les avons pas invités. Mais nous devrons savoir qu’ils le sont par «la nature… ».

Ces pays voisins ne sont autres que le prolongement naturel de cette Mauritanie qu’on pense sécuriser contre le flux migratoire (n’eut était le colonisateur, tous ces pays pouvaient être la Mauritanie) où la géographie et l’histoire ont décidé autrement. Mais le quotidien de nos populations et les liens séculaires sont là, comme des facteurs qui nous interpellent pour plus de retenue et d’humanisme pour notre marche commune. Ces populations ont tout en commun. TOUT. Nous partageons tout, ensemble. Le cas du Sénégal et la Mauritanie, c’est la chambre et l’antichambre. La vie et l’existence de ces deux pays sont intrinsèquement liées ; cela est valable aussi pour le Mali, le Sud-est mauritanien.

Si le redessinement de notre géographie a fait de chaque territoire arbitrairement un Etat entièrement à part, les populations, elles, sont une seule et même nation. Elles ne pensent pas aux frontières. Alors, aux gouvernants de s’y s’accommoder, avec respect et discernement. On ne peut et ne doit continuer à laisser notre police à jeter de l’opprobre sur cette Mauritanie qui a tant souffert de nos turpitudes.

Un pays à coté des autres pays qui a des citoyens dans ces différents pays pour diverses raisons. Notre police a besoin sincèrement d’être éduquée. Elle a besoin de mériter la Mauritanie, terre d’Islam d’où l’intégrité et la dignité humaine ne peuvent, continuellement, être violées, comme nous le rappelle notre histoire récente.

Nous avons beaucoup de linge sale qui nous préoccupe. Cessons donc de triturer, d’humilier cette Mauritanie. Pour une fois que nos responsables font face aux bourdes indignes et incommensurables nées de la gestion calamiteuse du flux migratoire, il est temps qu’ils agissent ou qu’ils démissionnent. Hélas, n’est pas Dafa Bakari qui veut !!

Ces ministres-là nous font honte, avec leurs ridicules pamphlets pour expliquer une situation qu’ils analysent autrement dans leurs salons ou entre amis.

Cette hypocrisie doit cesser, la Mauritanie mérite plus et les étrangers qui vivent parmi nous ont des droits. Ils sont des humains comme nos concitoyens qui sont partout dans le monde. Et qu’on ne s’y trompe pas : nous sommes des Sénégalais, Maliens et Maghrébins d’origines africaines parce que nous sommes des Mauritaniens.

Camara Seydi Moussa

● La Francophonie : héritage colonial ou levier de coopération ? | Par M. Souleymane Sidibé


La Francophonie est née d’un lien historique entre la France et ses anciennes colonies, mais elle dépasse aujourd’hui cette relation héritée du passé. Elle joue un rôle clé dans la culture, l’économie, la diplomatie et l’éducation, promouvant la langue française et des valeurs de solidarité et de diversité. Ainsi, le français n’est plus seulement « un butin de guerre » ou un vestige colonial, mais une langue vivante, portée par des millions de locuteurs à travers le monde.
« C’est notre bien commun, notre maison. Il faut mieux la connaître pour l’aimer », martèle Alain Rey.

Un outil d’émancipation et de coopération

Le français est devenu un espace d’expression culturelle et un outil de transmission des savoirs, permettant aux peuples de revendiquer leur histoire et de bâtir un avenir commun. Il structure les échanges et sert de levier diplomatique et économique, notamment à travers des initiatives favorisant la coopération Sud-Sud. De plus, les pays francophones s’appuient sur cette langue pour renforcer leur souveraineté tout en restant connectés au monde.

Cependant, à l’ère des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle, la prédominance de l’anglais constitue un défi majeur. La révolution numérique privilégie les contenus anglophones, marginalisant les autres langues. Le français doit donc s’adapter et se renforcer dans ces nouveaux espaces pour préserver la diversité linguistique et culturelle.

Un atout diplomatique et économique

Malgré la montée de l’anglais et du mandarin, le français demeure la cinquième langue la plus parlée au monde et reste une langue de travail dans les grandes organisations internationales comme l’ONU et l’OIF. Sur le plan économique, les échanges entre pays francophones sont en moyenne 65 % plus élevés, preuve du rôle stratégique de la Francophonie dans le développement et la coopération.

Dans le domaine scientifique, le français garde une place importante, notamment dans les sciences humaines et sociales. Toutefois, pour éviter un recul face à l’anglais, il est essentiel d’encourager la production et la diffusion des savoirs dans cette langue.

Une Francophonie plus inclusive et tournée vers l’avenir

Malgré ses atouts, la Francophonie reste parfois perçue comme un espace réservé à une élite. Dans de nombreux pays, l’accès au français demeure inégal, limitant son potentiel d’inclusion. Pour évoluer au-delà du cadre postcolonial, il est nécessaire d’adopter une approche plus équitable et ouverte.

Des pays comme le Sénégal, le Canada ou le Rwanda montrent qu’il est possible de concilier multilinguisme et valorisation du français. Par exemple, le Rwanda a intégré l’anglais dans son système éducatif tout en restant un membre actif de la Francophonie, illustrant une approche pragmatique et non dogmatique des politiques linguistiques.

Réinventer la Francophonie : un défi pour le XXIe siècle

Pour que la Francophonie reste pertinente, plusieurs actions sont nécessaires :
• Décoloniser les imaginaires : cesser de voir la France comme le centre de la Francophonie et reconnaître pleinement la diversité des pays francophones.
• Démocratiser l’accès au français : rendre son enseignement plus inclusif et accessible.
• Valoriser la diversité linguistique : promouvoir le français en complément des langues locales et non en opposition à elles.
• Renforcer la coopération Sud-Sud : développer des projets culturels, économiques et éducatifs entre pays francophones indépendamment des anciennes métropoles coloniales.
• Investir dans le numérique et l’intelligence artificielle : assurer une présence forte du français dans les nouvelles technologies pour éviter qu’il ne soit marginalisé.

Cette Organisation ne devrait avoir pour vocation d’être un outil de domination, mais un projet d’avenir fondé sur la coopération et la diversité. Elle peut jouer un rôle clé dans un monde en mutation, où les défis géopolitiques et technologiques redéfinissent les rapports entre nations. Pour cela, elle doit s’adapter, se moderniser et devenir un véritable espace d’échanges équilibrés et inclusifs.

Souleymane Sidibé