● La critique s’arrête là où commence la calomnie | Par Seyré SIDIBE

Moi, intellectuel, je ne sais pas si je peux prétendre à  ce titre, ô combien prestigieux et lourd à  porter, surtout par les temps qui courent. 

Tant, l’intellectuel est d’abord un rôle social, un engagement, une posture constante, une conviction, une sinécure qui l’amène à  se placer du côté des victimes, des déshérités, des orphelins, des opprimés, des  gueux etc. C’est quelque part un renoncement. 

Un choix désintéressé, un engagement au service de la vérité, du bon sens et cela contre l’ordre établi : l’Autorité.
Ce qui lui vaut répression, misère, harcèlement, menace, excommunication et bannissement.

Je ne le suis pas. Cependant, j’ose ouvrir le bec , prendre mon stylo, utiliser mon clavier pour défendre, ce que j’estime être la normalité, le bon sens, pour que notre société rame dans le sens de l’histoire.
Pour lui éviter le piège de l’isolement, de l’autarcie  et du narcissisme. Un cloisonnement qui relève d’une mégalomanie autodestructrice, d’une époque révolue qui nous conduit vers le déclin, le chaos .

En revanche, les apprentis sorciers s’essayant maladroitement et perfidement dans le domaine très réservé et distingué de Gustave Lanson, Roland Barthes, Gérard Genette… choisissant l’anonymat, le brouillage, le camouflage dans la presse, dans les réseaux sociaux pour exister par la calomnie par l’usage de la dissimulation que leur procure le clavier, un masque, un pseudo etc.

Ainsi, se croyant à  l’abri des regards, ces mercenaires tirent à  balle réelle sur les passants. Ce qui n’est pas sans rappeler, les  terroristes, connus pour  leur  mode opératoire emprunt de déloyauté au mépris des codes conventionnels, de l’éthique et la morale.

Comme les terroristes, ces mercenaires agissent dans la clandestinité, dans le monde virtuel, dans le noir pour ne jamais laisser  de trace, à travers  une fausse identité. 

Quelqu’ un qui critique avec un nom d’emprunt, peut-il donner des leçons de courage à  celui qui signe,  un article de son nom et sa  photo ?
Aux  lecteurs d’ apprécier !

La critique est un art lorsqu’elle est conventionnelle, intellectuelle, objective, loyale et cherche à  alimenter la réflexion pour améliorer un problème, une situation liée au vécu en vue de promouvoir un mieux être social, économique ou politique  etc.

La clarté de mon verbe n’a jamais fait défaut.
Mon style  se nourrit de ma personnalité et s’adapte à  des contingences tantôt  structurelles tantôt pragmatiques. C’est un choix !  Comprendra qui voudra, et qui pourra.
Mes thèmes de prédilection sont connus depuis que j’ai décidé de prendre ma plume.

Tous mes articles tentent de critiquer les mentalités rétrogrades, les pratiques sociales surannées ( féodalité, esclavage, mariage forcé…) qui minent la société Soninké. Et ces questions sont une constante, le leitmotiv et la toile de fond de chacun de mes écrits. 

Vous prétendez,  aimer la société Soninké mieux que nous autres,  qui la critiquons pour qu’elle aille de l’avant . Faux !

Imaginez, le paysan, qui n’a d’héritage que son champ, cependant, il est contraint de le brûler à  une certaine période de la saison pour le  rendre plus productif.

Et pourtant, la terre est sacrée pour ce dernier, sa source nourricière, son identité, un trésor hérité ! Pourquoi, alors se permet-il d’y mettre le  feu ?

Seyré SIDIBE

● Trafic de migrants : 3 gendarmes mauritaniens et 10 Sénégalais interpellés | [Seneweb]

Seneweb – En Mauritanie, une enquête ouverte dans la cadre de la lutte contre le trafic de migrants a abouti à l’arrestation de 13 personnes.

Il s’agit, détaille Enquête, qui donne l’information, de trois gendarmes mauritaniens (un capitaine du nom de Yadaly, chef de poste de la gendarmerie de Tiguinti, un adjudant du nom de Cheikhani, chef de poste de la gendarmerie de Keur Massène, et un maréchal des logis-chef du nom de Tayib, chef de poste premier – porte de sortie Rosso-Mauritanie en direction de Nouakchort), et 10 Sénégalais dont 7 chauffeurs de la gare routière de Rosso-Mauritanie, un piroguier nommé Assane, et deux passeurs (Ousmane Thieddo et Mbaye Lo).

Le journal rapporte que 8 des 10 Sénégalais, blanchis par l’enquête, ont été finalement libérés.

Les deux autres, qui n’ont pas eu la même chance, sont retenus pour la suite des investigations. Les trois gendarmes sont en garde à vue à la Brigade de recherches de Rosso.

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● La lutte contre la corruption en Mauritanie : une bataille qui exige une approche globale.


La lutte contre la corruption en Mauritanie ne peut se contenter de demi-mesures. Elle nécessite une approche holistique, un terme souvent galvaudé dans le cadre des réformes éducatives qui peinent à aboutir. Espérons que cette fois, il soit compris dans toute sa portée. Cette lutte doit intégrer des réformes structurelles profondes, un effort éducatif massif impliquant les éducateurs, les politiques, les influenceurs et bien d’autres acteurs de la société, ainsi qu’une volonté politique indéfectible.

L’application rigoureuse des lois : la clé du succès

Il est clair que tout commence par une seule et même priorité : l’application rigoureuse des lois. Pour y parvenir, il est crucial de renforcer les institutions judiciaires. Garantir l’indépendance de la justice est primordial pour permettre aux juges d’enquêter et de poursuivre les cas de corruption sans subir de pression politique. À ce jour, bien que certains juges se battent avec intégrité pour mener à bien leur mission, d’autres sont malheureusement corrompus. Ceux-ci doivent être écartés pour laisser place aux magistrats intègres et compétents.

La barrière de la langue : un obstacle à surmonter

Un défi majeur réside dans la langue utilisée pour rédiger les textes de loi, principalement en arabe, ce qui empêche une grande partie de la population de les comprendre. Il est donc urgent de trouver un équilibre linguistique qui permette une meilleure compréhension des lois par tous les citoyens, favorisant ainsi une véritable justice accessible à tous.

Transparence et contrôle : les fondements d’une gouvernance saine

La transparence des finances publiques est un autre pilier essentiel. Publier régulièrement les comptes publics et les contrats d’État permettrait une surveillance accrue de la part des citoyens et des journalistes. Les députés, dont le rôle est d’informer l’opinion et de suivre l’action gouvernementale, doivent élargir leurs prérogatives en dénonçant notamment les pratiques de gré à gré qui minent la confiance publique.

Protéger les lanceurs d’alerte : un impératif moral et juridique

Il est impératif de mettre en place des mécanismes de protection robustes pour ceux qui dénoncent des actes de corruption. Les lanceurs d’alerte, ainsi que les journalistes d’investigation, doivent être protégés pour exercer leur rôle de vigie sans craindre les représailles. Cette protection doit aller au-delà des réseaux sociaux, touchant le terrain où les risques sont réels.

Sensibilisation et réformes administratives : les outils d’une prévention efficace

Les campagnes d’éducation et de sensibilisation sur les dangers de la corruption et l’importance de l’éthique, notamment auprès des jeunes et des fonctionnaires, sont essentielles. Ces initiatives doivent être accompagnées de réformes administratives visant à simplifier les procédures pour réduire les opportunités de corruption. Des contrôles internes rigoureux doivent également être instaurés pour prévenir les dérives.

Systèmes électroniques et coopération internationale : des solutions modernes

La gestion électronique des documents et des transactions est un levier efficace pour limiter les manipulations humaines et renforcer la traçabilité. En parallèle, travailler avec des organismes internationaux permettrait à la Mauritanie de bénéficier de leur expertise et de leur soutien dans cette lutte, où la langue reste encore une fois un enjeu crucial.

Des sanctions sévères pour dissuader la corruption

In fine, l’application de sanctions sévères, à travers des peines strictes incluant la prison et des amendes dissuasives, doit être systématique. Seule une répression ferme des actes de corruption, appliquée sans relâche, pourra instaurer une véritable culture d’intégrité en Mauritanie.

En somme, la lutte contre la corruption en Mauritanie est un combat de longue haleine qui nécessite des réformes globales, une éducation renforcée, une justice indépendante et des sanctions exemplaires. Ce n’est qu’à ce prix que le pays pourra espérer éradiquer ce fléau et construire une société plus juste et équitable.

Souleymane Sidibé,
Bordeaux, le 08 août 2024

● Une pirogue, contenant 14 cadavres originaires du Sénégal et de Mauritanie, retrouvée en République dominicaine

InfoMigrants – Une embarcation avec 14 corps « en état de décomposition avancée » à été découverte près des côtes de la République dominicaine, dans la mer des Caraïbes. Selon les premiers éléments retrouvés à bord, dont des documents d’identité mauritaniens et sénégalais, la pirogue avait pris la route des Canaries avant de dériver de l’autre côté de l’Atlantique.

C’est un drame migratoire qui s’est joué à près de 6 000 kilomètres de son point d’arrivée programmé. Mardi 6 août, une pirogue avec 14 cadavres a été retrouvée au large de la République dominicaine, en mer des Caraïbes.

Sur des photos diffusées dans la presse, on peut voir des blouses mortuaires blanches alignées sur une plage de Río San Juan, dans le nord du pays, aux côtés d’une pirogue en bois blanche, rouge et bleue.

L’embarcation à la dérive a d’abord été repérée par un pêcheur à une trentaine de km de la côte, qui a prévenu les secours. Sur place, les sauveteurs découvrent les corps en « état de décomposition avancée », à l’état de squelettes, comme le montrent des photos publiées par la presse locale. Tous sont actuellement en cours de transfert à l’Institut national scientifique (INACIF) pour y être identifiés.

D’après le représentant de la Défense civile de la province d’Espaillat, Víctor Alfonso Vázquez, les documents d’identité retrouvés à bord appartiennent à des ressortissants de la Mauritanie et du Sénégal, âgés de 24 à 33 ans.

Des téléphones portables et objets personnels ont également été découverts, ainsi qu’un sac à dos « contenant des paquets d’une substance proche de la cocaïne ou de l’héroïne ». Saisis, ils ont été « remis à la Direction nationale de contrôle des drogues (DNCD) pour analyses », précise la Marine nationale dans un communiqué.

Pour Helena Maleno, présidente de l’association Caminando Fronteras, l’origine des passagers atteste bien de la destination initiale qu’ils avaient envisagé : les îles Canaries, « la route migratoire la plus dangereuse au monde », s’insurge-t-elle sur X. Outre les documents d’identité retrouvés, ce sont les caractéristiques de l’embarcation – une pirogue en bois typique de l’Afrique de l’Ouest – qui penchent le plus pour cette hypothèse. Dans son communiqué, la Marine dominicaine décrit un « navire d’origine et de fabrication inconnues » dans la région.

Elle a par ailleurs indiqué « poursuivre l’enquête sur cette découverte en collaboration avec le Ministère public pour déterminer les causes et l’origine de cette tragédie maritime d’origine étrangère ».

Cette route des Canaries est particulièrement meurtrière. Si par malheur, une embarcation dévie trop de sa trajectoire initiale le long des côtes africaines – à cause des forts courants marins – et se retrouve au large, c’est la mort assurée. Dans l’immensité de l’océan Atlantique, les pirogues n’ont presqu’aucune chance d’être retrouvées. Les passagers sont condamnés à mourir de soif et de faim.

Morts de faim et de soif

Ce n’est pas la première fois qu’une embarcation destinée à rejoindre les Canaries, à l’ouest du Maroc, est retrouvée de l’autre côté de l’Atlantique. Mi-avril, neuf corps de migrants ont été retrouvés par des pêcheurs au large du Brésil à environ 6 000 km là aussi des côtes africaines. La pirogue avait pris la mer depuis les côtes mauritaniennes avec une vingtaine de passagers. Aucun d’eux n’a été retrouvé.

« Nous avons retrouvé des documents indiquant que l’embarcation est partie de Mauritanie […]. Sans aucun doute, le bateau est resté à la dérive pendant une longue période », avait indiqué à l’époque José Roberto Peres, chef de la police fédérale du Pará, où avait été découverte l’embarcation.

Cette sommaire barque en bois de 13 mètres de long ne possédait ni moteur, ni voile, ni gouvernail. L’hypothèse la plus probable est donc que le bateau se soit fait emporter par un courant marin qui l’aurait dévié de son itinéraire. Les passagers seraient ensuite progressivement morts de soif.

Des naufrages en nombre

Ces candidats à l’exil qui risquent leur vie en mer fuient la pauvreté, le chômage ou l’absence de perspectives dans leurs pays. Ils embarquent clandestinement depuis la Mauritanie, le Sénégal ou la Gambie moyennant finances sur des pirogues ou des embarcations précaires, complètement inadaptées à de telles traversées.

Conséquence, sur la route des Canaries, les naufrages sont fréquents. Début juillet, les corps de 89 personnes ont été retrouvés dans un grand bateau de pêche traditionnel au large de la Mauritanie.

Mi-juin, les sauveteurs espagnols ont retrouvé six cadavres dans un canot à 800 km au large de l’île canarienne de Tenerife. Plus de 80 personnes sont toujours portées disparues après cette découverte. Le canot surchargé avait quitté Nouakchott, en Mauritanie, le 30 mai dernier.

Au total, plus de 4 800 migrants ont péri au cours des cinq premiers mois de 2024 en tentant de rallier les Canaries, estime l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Dans le même temps, près 21 500 personnes ont débarqué dans l’archipel jusqu’ici cette année, selon le ministère de l’Intérieur.

Par La rédaction

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● Jeux olympiques Paris 2024 | Un Jour du Blog à la Station Afrique à l’île-saint-denis.

À l’occasion de la grande fête olympique en cours en France, les couleurs africaines ne brillent pas peut-être dans différentes épreuves sportives mais elles sont bien présentes dans cette petite francilienne. L’île-saint-denis abrite la Station Afrique, un espace faisant office de QG géant du continent. Ainsi, ce jour 7 août 2024, nous y avons effectué un bref crochet. On y observe plusieurs stands aux couleurs de différents pays, par exemple ; Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, la RDC (La République démocratique du Congo) et d’autres. À noter l’absence d’un stand pour la Mauritanie, à l’intérieur les visuels de l’emblématique média français RFI très suivie sur le continent, occupent une large signalétique. Nous avons assisté à une riche conférence axée sur les secteurs de l’immobilier, du tourisme et de la bancarisation digitale en République démocratique du Congo. Un show musical congolais et ivoirien rythme l’ambiance intérieure de cet arrière-espace autour de ces XXXIII ème jeux olympiques de l’ère moderne. Pour rappel, Paris fut la ville organisatrice des Jeux en 1924 avant de les accueillir cette année 2024…un siècle après.

• Ci-dessous quelques photos 📷 :

🖊KS pour le BLOG

● L’exception est la substance de la règle | Par Seyré SIDIBE

Chez les Soninké du Guidimakha (Mauritanie), en particulier, la conjugaison de la politique était soumise à des règles strictes, n’admettant pas de verbes irréguliers.  

Et pourtant dans le manuel de la grammaire sociale, les verbes irréguliers existent et en constituent l’essentiel. Ce sont les soubassements de l’attelage social, lui conférant visibilité, lisibilité et même une existence ontologique et identitaire.

Cependant, on préfère les employer dans un cadre restreint, intra-social et communautaire. La particularité de ces verbes irréguliers, est que leur emploi et usage sont plus que récurrents, au point de s’arroger le plus gros lot du lexique verbal.

Ainsi, la problématique, la complexité de la pratique politique Soninké en Mauritanie, réside dans l’acceptation des verbes irréguliers dans la règle, dans la mesure où si d’un point de vue diachronique et étymologique, les verbes irréguliers et réguliers sont différents, il est néanmoins, indéniable qu’ils appartiennent à une même catégorie grammaticale, et présentent des manifestations similaires. 

D’ailleurs, on peut observer au quotidien dans des circonstances moins marquées et orientées par la représentativité, un usage sans retenue des verbes des deux bords, une manière opportuniste de prouver la richesse et le poids culturels de langue, de sa grammaire et partant de la communauté.  

Et si on changeait les règles de la grammaire

Les verbes irréguliers seraient-ils en train d’être réguliers ? 

Jusque-là, les chercheurs Soninké ont privilégié dans leurs travaux, la justification d’un trait de caractère, un seul et sur la base duquel, ils ont hâtivement et partiellement fondé les règles de la grammaire sociale, sans toutefois prendre en considération, la variable dynamique de la langue.

Or, ce qui apparaît comme normatif est loin d’être la norme dans l’usage, la pratique de la langue dans toute sa dimension sociale. 

Ce qui est perçu, soutenu comme irrégulier, peu conventionnel voire marginal était en réalité la loi, la récurrence.

La nomination d’un ministre Soninké, qui sort de la normalité de la grammaire sociale, fait le buzz. Les règles de la conjugaison réfractaires à toute réforme, à toute révision ont pris un coup qui interpelle les grammairiens, linguistes, intellectuels, les politiques surtout à revoir leur copie.

On a beau étouffer une langue, elle ne s’étiolera pas. Au contraire, elle développera une résistance et une résilience inattendues pour exister avec plus de vivacité, plus d’éloquence en imposant une autre lecture de la normalité, où l’exception est perçue comme une règle dans la règle et non en dehors de celle-ci. 


Seyré SIDIBE

● Nouveau gouvernement mauritanien | Le cas du ministre soninké !

Source de la photo RS

Mauritanie Politique | Ici nommé le ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé du budget, du nom Nguenor Codioro Haroune. Selon les règles non écrites autour de la formation d’un gouvernement, il représenterait le quota soninké dans l’équipe Diay 1. Ainsi, comme d’habitude, dans l’opinion publique intéressée politiquement en milieux soninkés, on s’écharpe via notes vocales interposées en tous commentaires à son sujet. Et généralement ce ne sont pas ses compétences et parcours qui sont débattus mais plutôt de savoir s’il est bien représentatif ou de quelle tendance politique est-il issu…?
Ou de savoir quelle personnalité communautaire et politique aurait plaidé pour sa promotion…
Et on comprendrait en sourdine dans certains propos, un mélange de déception et d’étonnement… parce qu’ils n’attendaient  pas ce profil…sinon en parlant vrai ce Nom de famille…

L’assiette soninké dans la « fameuse tontine politique » est souvent cooptée et captée d’office par certains pans politico-claniques à l’image de l’ordre féodalo-coutumier qui régit le fait politique intra-communautaire. 

Nous lui souhaitons succès et réussite dans ses fonctions.

Notre espoir pour l’avènement d’un Pays Normal, il faut que les compétences assurent la légitimité en rang… et non le hasard d’une naissance ou d’un nom de famille…

À la quête d’un Pays NORMAL.

● La Présidence de la République annonce la formation du nouveau gouvernement [AMI]

Le ministre secrétaire général de la Présidence, M. Moulay Ould Mohamed Laghdaf, a annoncé, dans la nuit de lundi à mardi, au cours d’un point de presse à la Présidence, la formation du nouveau Gouvernement.
Ce cabinet reflète la priorité accordée par le Président de la République à la jeunesse, à la formation professionnelle, à l’éducation et au développement local, selon le communiqué que voici :

« Suite à l’élection de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, pour un nouveau mandat, et à la démission subséquente du gouvernement conformément aux exigences de la Constitution, Son Excellence a nommé Mokhtar Ould Diay comme Premier ministre et l’a chargé de former un gouvernement intégré et harmonieux, dont les membres se distinguent par leur compétence, leur expérience et leur expertise, pour mettre en œuvre toutes les dispositions de son programme électoral, qui a été approuvé par la majorité du peuple mauritanien.
La composition du gouvernement reflète la priorité accordée par le Président de la République à la jeunesse, à la formation professionnelle, à l’éducation et au développement local et traduit, dans sa structure, un souci évident de fluidité et d’efficacité du travail gouvernemental, y compris l’élargissement des mandats des secteurs, la fusion d’autres et la création de nouveaux départements, comme l’exige la mise en œuvre harmonieuse et efficace du programme électoral de Son Excellence le Président de la République.
Son Excellence a nommé, sur proposition du Premier ministre, Messieurs et Mesdames dont les noms suivent :

● Ministre chargé du secrétariat général du gouvernement : Lam Al-Housseinou

● Ministre de la jeunesse, des sports et de la fonction publique : Mohamed Abdallahi Louly
● Ministre de la formation professionnelle, de l’artisanat et des métiers : Maalainine Ould Eyih

● Ministre de la justice : Mohamed Mahmoud Boya

● Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur Mohamed Salem Merzoug

● Ministre de la défense et des affaires des retraités et des fils de martyrs : Hanana Ould Sidi

● Ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local : Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine

● Ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel : Sidi Yahya Cheikhna Lemrabott

● Ministre de l’économie et des finances : Sid’Ahmed Bouh

● Ministre de l’éducation et de la réforme de l’enseignement : Houda Babah

● Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Yacoub Moine

● Ministre de la Santé : Abdallahi Wedih

● Ministre de la Fonction Publique et du Travail : Mohamed Ould Soueidatt

● Ministre de la transformation numérique et de la modernisation de l’administration : Ahmed Salem Ebode

● Ministre de l’énergie et du pétrole : Mohamed Ould Khaled

● Ministre des Mines et de l’Industrie : Thiam Tidjani.

● Ministre de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires : Fadhili Sidaty

● Ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire : Momme Beibate

● Ministre de l’élevage : Mokhtar Gaguih

● Ministre des domaines, des biens de l’Etat et de la réforme foncière : Mokhtar Ahmed Bousseif

● Ministre du commerce et du tourisme : Zeinebou Mint Ahmednah

● Ministre de la réforme foncière, de l’habitat et de l’urbanisme : Niang Mamadou

● Ministre de l’équipement et des transports : Ely El Veirik

● Ministre de l’hydraulique et de l’assainissement : Amal Mouloud

● Ministre de la culture, des arts, de la communication et des relations avec le Parlement : Houssein Ould Medou

● Ministre de l’enfance et de la famille : Safiha Ntahah

● Ministre de l’environnement et du développement durable : Massouda Baham

● Ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, de la promotion de la décentralisation et du développement local, chargé de la décentralisation et du développement local : Yacoub Salem Vall

● Ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé du budget : Ankimour Kodero Harouna.

Source ami.mr https://ami.mr/fr/archives/251397

● L’échec patent du système éducatif mauritanien : Un appel à la responsabilité

Le Quotidien de Nouakchott – Ce mois de juillet 2024, les résultats du baccalauréat pour la session normale ont été publiés. Le nombre total de candidats admis au premier tour est de 10 422, avec un taux de réussite de 23,7%.

Malgré une légère amélioration, ce chiffre reste extrêmement bas comparé aux standards internationaux et régionaux, et met en lumière les failles profondes du système éducatif mauritanien.

En Mauritanie, comme dans ses pays voisins, les épreuves du baccalauréat se déroulent en juin. Cet examen est crucial car il représente souvent la seule porte de sortie vers une vie meilleure pour de nombreux jeunes Mauritaniens.

Près de 80% des candidats fréquentent l’enseignement public gratuit, soulignant ainsi le manque de moyens financiers des familles pour offrir une éducation de meilleure qualité à leurs enfants.

Pourtant, malgré l’importance de cet examen, les résultats sont désespérément bas, oscillant entre un maigre 8% en 2017 et un record de 44% en 2008.

Une succession de réformes incohérentes

L’histoire récente de l’éducation mauritanienne est marquée par une série de réformes successives et mal étudiées, conduisant à une incohérence totale du système. Les États généraux de l’éducation et le Haut Conseil n’ont apporté aucune solution tangible.

Au lieu de cela, nous avons assisté à des changements fréquents et désordonnés des politiques éducatives, souvent impulsés par des ministres successifs, chacun cherchant à imposer sa vision sans considération pour la continuité et la stabilité nécessaires à une véritable réforme.

Depuis les années 1980, de nombreux ministres ont défilé, chacun promettant des réformes et des améliorations qui n’ont jamais vu le jour. Parmi eux :

– Hasni Ould Didi et Louleid Ould Weddad dans les années 1980 à 2000.

– 2007-2009 : Nebghouha Mint Haba âge d’or du Ministère qui a connu une réorganisation de fond en comble de son fonctionnement.

– 2009-2009 : Ahmed Ould Bah, dont la gestion n’a laissé aucune trace marquante.

– 2009-2010 : Ahmedou Ould Eddi Ould Mohamed Radhi (Éducation de Base) et Ahmed Ould Bahiya (Éducation Secondaire et Supérieure), qui ont supervisé une période de stagnation.

– 2010-2013 : Ahmed Ould Bahiya, en tant que Ministre d’État de l’Éducation Nationale, sans réformes concrètes.

– 2011-2013 : Hamed Hamouni et Dia Mokhtar Malal, qui ont continué sur une voie de médiocrité.

-2013-2014 : Ba Ousmane, Omar Ould Ma’atalal, et Isselkou Ould Izidbih, qui n’ont pas réussi à améliorer significativement le système.

– 2014-2018 : Ba Ousmane et Sidi Ould Salem, qui ont présidé une période de régression.

– 2016-2018 : Iselkou Ould Sidi El Mokhtar, qui a prolongé l’inefficacité.

– 2018-2019 : Naha Mint Hamdi Ould Maknas, sans nouvel élan pour l’éducation.

– 2019-présent : Makfoubla Mint Berdid, Brahim Vall Ould Mohamed Lemine, Mohamed Melaïnine Ould Eyih (2020-2022), et Moctar Ould Dahi (2023-2024), tous incapables d’inverser la tendance.

Un avenir incertain

Le tableau est sombre : une succession de ministres inefficaces, un taux de réussite au baccalauréat désastreux, et une jeunesse désillusionnée.

La cohorte de jeunes laissés sur le bord de la route est une bombe à retardement pour la stabilité de notre nation. Il est impératif que des mesures urgentes et radicales soient prises pour restructurer et revitaliser notre système éducatif. L’avenir de notre pays en dépend.

Les ministres de l’éducation doivent être tenus responsables de cet échec. Il est temps pour eux de répondre de leurs actions. Nous ne pouvons plus accepter la médiocrité comme norme. L’éducation est la pierre angulaire du développement et de la stabilité de toute nation. En tant que tel, il est crucial de la traiter avec la gravité et le sérieux qu’elle mérite.

Une lueur d’espoir

Malgré les résultats déplorables, les candidats au baccalauréat continuent de se battre. Ils sont des milliers à passer des nuits blanches et à se lever à l’aube pour étudier, dans l’espoir de décrocher ce diplôme synonyme d’opportunités futures. Ce dévouement mérite un système éducatif à la hauteur de leurs efforts.

Pour que ces jeunes puissent réaliser leurs rêves, il est crucial de revoir les fondements mêmes de notre système éducatif, de mettre en place des réformes réfléchies et durables, et de garantir une éducation de qualité pour tous. Seul un engagement sincère et concerté pourra transformer le paysage éducatif de la Mauritanie et offrir un avenir meilleur à sa jeunesse.

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● Le décryptage d’une semaine d’actualité en Mauritanie | Par le journaliste Seyré SIDIBE.

Moctar Ould Ndiay, nommé premier ministre au sortir du scrutin du 29 juillet, à l’entame du second mandat de Ould Ghazouani. Ce choix est une contradiction avec le réquisitoire, du président Ould Ghazouani contre la corruption dans son discours d’investiture. 

Le second mandat qui commence sera un remake du premier. Aucun changement n’est envisageable, si l’on continue de reconduire les mêmes personnes. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Ould Ndiay même blanchi faisait partie du banc des présumés accusés du dossier azizien de la décennie, dont le dénouement a surpris plus d’un observateur : une grosse tempête dans un verre d’eau.

On attend, sans suspens, la composition du nouveau gouvernement, les mêmes visages reviendront. Les mêmes quotas, les mêmes logiques et schémas détermineront les castings (arguments de recrutement) : tribalisme, communautarisme voire racisme, féodalisme, prééminence et maitrise de la langue Arabe.

Et enfin, la compétence sera le parent pauvre du mode de recrutement. Curieusement, dans quelques mois, quelques années, on se plaindra du manque de résultats …

Ce que nous sommes, est plus fort que ce que nous voulons être

Si l’on a le loisir de choisir sa diplomatie, de s’afficher avec qui l’on veut, de créer une filiation génétique taillée sur mesure voire factice, on finit toujours par être rattrapé par une réalité plus que têtue, son voisinage. Les États subissent « la loi de la proximité », la géopolitique imposée par leurs frontières. 

Quand on regarde le profil des invités venus honorer, la Mauritanie à l’occasion de l’investiture du président Ould Ghazouani pour un second mandat, on peut y entrevoir sans être brillant analyste politique, le substrat (l’ADN) de notre identité en tant que nation, imposée par notre environnement naturel, identité à laquelle est venue se greffer une autre. Cette dernière ne gêne personne, elle est au contraire source d’enrichissement, tant qu’elle n’entre pas en conflit contre la première pour la liquider.

Cette alchimie dosage, de cette double attraction identitaire, exercice auquel tous les pouvoirs ont échoué faute de volonté réelle est la cause première de l’échec jour après jour du projet Etat-nation souhaité par les participants du Congrès d’Aleg (mai1958).

Finalement, notre environnement naturel que nous valorisons peu s’est imposé.  Au moins les quatre (4) chefs d’Etats du continent ont répondu à l’invitation de la Mauritanie : le président de Guinée-Bissau, le président sénégalais, les présidents de la Gambie et du Tchad. Les autres, pour certains juste à nos frontières se sont contentés de nous envoyer des personnages secondaires, une manière de nous exprimer, le degré de considération qu’ils nourrissent pour nous. Ce que nous valons pour eux. Le message a le mérite d’être clair mais comme toujours, on ne veut rien entendre.

La promesse réitérée de Ould Ghazouani, renouvelée à la jeunesse

» Oui, ce sera un mandat de la jeunesse, parce que la jeunesse est l’espoir de notre nation, sa force, son présent et son avenir, et il n’y a pas d’espoir pour une nation qui ignore sa jeunesse, laissant ses énergies hors des voies de l’éducation, de la formation, de l’intégration et de la participation ». Trop de slogans sans effets. 

La jeunesse a perdu tout espoir à cause de la corruption, du népotisme, du clientélisme et la persistance des pratiques néfastes héritées, qui créent deux jeunesses aux destins séparées. Une première, minoritaire bien née et qui a tous les arguments pour assurer la relève, alors que la seconde est déshéritée, désavantagée et végète pour lutter, échapper à un ordre implacable imposé par une accumulation d’injustices et de discriminations. Or, dans le cadre des politiques visant à promouvoir la jeunesse, c’est encore la jeunesse choyée et sortie de la cuisse de la bourgeoisie qui en profite au détriment de critères objectifs et transparents.

L’émoi d’un « peuple » contre l’assassinat d’Ismael Haniyeh

L’assassinat du leader du Hamas a montré jusqu’où la Mauritanie est un pays traversé par des antagonismes hardis qui ont eu raison de son éclosion en tant qu’Etat-nation.

En effet, contrairement aux autres pays, en Mauritanie, on a l’impression de voir deux peuples sur un même territoire, unis par l’islam (Sunnite Malekite) mais s’appuyant sur des références différentes.  Deux peuples qui ont des logiques, des logiciels, des héros, des martyrs antagonistes.

Alors que l’autre peuple rend hommage de manière ostentatoire au chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran, mercredi, 31 juillet 2024, l’autre peuple rend hommage aux victimes de Kaédi à la suite de contestation post-électorale, consécutive à la proclamation des résultats du scrutin présidentiel du 29 juin dernier. Celles-là, n’ont bénéficié d’aucune commisération de l’Etat et de son peuple. Un peuple qui ne célèbre pas les mêmes héros, les mêmes victoires, et qui ne pleure pas les mêmes échecs.

In fine, deux peuples aux grilles de lecture diamétralement opposées, partagent le même espace sans projet de développement commun et viable pour tous. Si bien que le martyr de l’un est un imposteur, un lâche, un bourreau, un criminel, un minable pour l’autre. Les référentiels sont dans une logique qui rappelle celles des droites parallèles distinctes.

Quelle complexité inventée, entretenue et nourrie durant des années par tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis l’indépendance.  Ils sont tous complice et coupable. Chacun a contribué d’une manière ou d’une autre à diviser, à séparer en créant la haine et la zizanie entre les mauritaniens sur la base de la langue, la tribu et la race etc.

La Mauritanie est donc malade dans sa chair, dans son être. Un malaise provoqué par ses dirigeants au lendemain de l’indépendance, en optant pour des choix politiques divisionnistes et hégémoniques, visant à tuer, effacer une partie de la double identité du pays au profit de celle qui plait à l’élite dirigeante dans son projet assimilationniste voire colonisateur.

Malheur à ceux qui ont initié ce projet néfaste qui a fini par compromettre l’unité nationale et le vivre- ensemble en Mauritanie. 

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/le-decryptage-dune-semaine-dactualite-en-mauritanie/?fbclid=IwY2xjawEdi39leHRuA2FlbQIxMQABHWAhJnmU2F7XQEE36x7qSs6Cc59j4_R7aaMgEKa-e_cNB5U_e3ET8JDr6g_aem_SGeV3ppNE38U2wdCR0tVdA