Mauritanie – les terribles non- dits autour de viols : « Quand l’horreur se banalise c’est que l’humain se meurt. » Par Bocar Oumar Ba

Une petite fille de 5 ans violée à Nouakchott. Encore une. La mienne, la vôtre, celle du voisin. Je me souviens de l’année 1997 où ma vie de journaliste fût happée des semaines durant par une série de viols, quelques fois suivis de meurtres de petites filles de 2 à 8 ans, par celui que j’avais décidé d’appeler « le monstre de Nouakchott ». A chaque fois qu’il avait fait son forfait, il déposait les pauvres petits corps toujours au même endroit: aux alentours de la Foire. Le crime, tant par son ampleur que par son caractère innommable, était inédit dans notre capitale et bouleversait la vie des nouakchottois. La presse avait délaissé sa passion pour l’actualité politique pour ne titrer que sur le monstre. C’est dire combien l’opinion était scandalisée par cette série de crimes.
Dès les premières découvertes de corps de petites filles, j’avais pu écrire dans un article que je trouvais troublant qu’alors que les alentours de la foire étaient surveillés par les forces de l’ordre, le monstre puisse quand même y déposer des corps sans être appréhendé. J’avais émis l’hypothèse (qui a beaucoup déplu d’ailleurs) que le monstre fût peut-être un homme de loi, pour pouvoir ainsi se rendre « invisible » dans un endroit en principe truffé de policiers. Le scandale du coup n’était presque plus la série de crimes, mais mes « sordides accusations contre les forces de l’ordre ». Quand au bout de deux mois le monstre fut arrêté, on découvrit que c’est un ancien homme de loi qui se promenait en tenue pour faire sa sale besogne…
J’avais été particulièrement bouleversé par la rencontre d’avec l’une de ses toutes dernières victimes. Elle avait 3 ans. Je m’étais rendu à l’hôpital national pour interviewer sa mère, et dans la discussion que nous avions, je réalisai que la victime est en fait la fille d’un de mes voisins à Kaëdi. Il n’y a guère qu’une maison entre nos deux concessions familiales. Autant dire un frère.
J’ai quitté mon pays un an plus tard étant loin d’imaginer que ce que je croyais n’être qu’un horrible cas isolé, révèle en fait une terrible tare de notre société si encline à se parer de vertus quand elle se raconte. C’est l’hypocrisie et la mesquine pudibonderie dans une société où la sexualité la plus ordinaire ne se parle pas, qui nous empêchent de dénoncer les milliers de viols de case et de tente que nous taisons par lâcheté. Combien de filles sont violées au quotidien dans nos villes, dans nos villages, dans nos maisons?
Combien de jeunes filles et de jeunes femmes sont victimes chez nous de ce viol encouragé que nous préférons appeler par euphémisme « mariage forcé » pour les plus courageux d’entre nous, et « arrangé » pour les autres? Combien de filles et de femmes « esclaves » sont chez nous violées par « droit de cuissage »? Rien que l’expression suffit à sa bâtardise!

Nous préférons dénoncer par épisodes de crimes odieux, parce que nous sommes d’éternels intermittents de l’indignation. Nous avons du mal, moi le premier, à entendre le cri quotidien de toutes ses courageuses femmes qui nous disent que notre société est en dérive. Quand elles évoquent leur envie de liberté dans notre société ostracisée, au mieux les plus intelligents parmi nous gèrent leur gène par l’esprit de dérision.
Bientôt, le ramadan aidant, nos doctes se draperont de leurs grands boubous blancs pour nous apporter la bonne parole. A chaque fois qu’ils parleront des femmes, ce sera pour leur rappeler leurs devoirs vis à vis des hommes. J’ai coutume de dire que l’islam chez nous, en tous cas celui qui se raconte au quotidien par nos doctes, c’est l’islam des hommes, qui parlent uniquement aux hommes obsessionnellement des femmes!
C’est peut-être déjà là où le bât blesse…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur du 21/04/2020

Mauritanie : répression d’une manifestation anti-raciste (IRA-MAURITANIE)

🔹️Note d’alerte

Les militants de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) – Mauritanie sortaient, le matin du 20 avril 2020, sur l’avenue principale de la capitale Nouakchott, pour réclamer, pacifiquement, la libération de Mariem Cheikh injustement incarcérée 8 jours plus tôt. Mariem Cheikh est une blogueuse qui dénonce les dérives du système de domination ethno-tribal, sa prédation et son recours récurrent à la violence, comme unique mode de régulation des contradictions dans la société.

La police, intervenue en surnombre, s’est violemment attaquée aux militantes et militants, les a lourdement chargés, battus, par de coups de matraques, de gourdins et de bottes. Les forces de l’ordre, en nombre, intervenaient à bord de plus d’une dizaine de pik-up, en tenue anti-émeute. Selon un premier décompte, l’on déplore 5 blessés hospitalisés et une arrestation.

Certains blessés souffrent de contusions au thorax, à l’abdomen, aux jambes et mains oû ont subis des coups à la téte et affichent des hématomes :

  • Cheikh Vall
  • Abdallahi Homody
  • Sidi Nagi
  • Beddine Mechinou
  • Mohamed Sghair.

Fut également interpellée, en état de déstresse physique :

  • Mama Moussa

Les images, jointes, témoignent de la grande brutalité de la police politique.

Ira-M réitère son engagement non-violent, visant à faire éclore une société égalitaire, un Etat de droit où cesseraient de prévaloir les interdictions de partis et mouvements dédiés à la défense de la dignité de l’Homme noir. Le maintien de telles exclusions, grâce à la connivence du groupe mono-ethnique et mono-colore des généraux avec les milieux et l’élite suprématiste arabo-berbére, expose le pays à l’effritement, de l’intérieur, dont résulte un surcroît de fragilité face au péril mondial du terrorisme. La Mauritanie, prise en tenaille, entre la pandémie du Covid-19 et la désagrégation de la citoyenneté, n’a plus les moyens de l’autoritarisme ni le souffle de la résilience sur une simultanéité de fronts. Ses partenaires – régionaux et au-delà – se doivent d’observer la plus grande vigilance, à l’endroit d’une gouvernance qui menace la stabilité et la paix.


Ira-M


Nouakchott, 20/avril/2020

Flash info : un sit-in d’IRA-Mauritanie réprimé à Nouakchott

▪︎ Crédit photos : blogueur SD militant abolitionniste

Ce lundi 20 avril 2020 , les militants du mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste mauritanien IRA Mauritanie, sont sortis pour dénoncer la détention de la militante Mariem Mint cheikh. Cette dernière avait été arrêtée le 13 avril dernier par les autorités mauritaniennes. Plusieurs organismes de la mouvance droit-de-l’hommiste du pays ont dénoncé son arrestation et les conditions de sa mise en détention.

C’est cet élan contestataire que ses camarades de la célèbre organisation abolitionniste IRA-MAURITANIE, tenaient à organiser un sit-in devant le ministère de la Justice à Nouakchott ce jour. D’après les infos remontées par les milieux militants via différentes plateformes ReSo , les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser. Plusieurs blessés sont à signaler et certains manifestants auraient été appréhendés selon certaines sources. Comme laisse comprendre un post Facebook d’un militant IRAOUI, Mr Abdou Babou. Cet événement peut être considéré comme un nouveau palier d’une atmosphère de tensions et de frictions entre le nouveau pouvoir mauritanien (président Ghazouani investi en août 2019) et un certain militantisme déterminé incarné par le mouvement du député et ex candidat à la présidence Mr Biram Dah Abeid. Aujourd’hui on croirait vivre les images habituelles de la décennie 2008 – 2019, du tout répressif du pouvoir contre l’engagement IROUI pacifique mais ferme articulé sur le Droit et les libertés collectives et individuelles. À se demander si le président Ghazouani qui avait amorcé une certaine dynamique d’apaisement il y a quelques mois, ne serait pas débordé par certains cercles tapis dans l’ombre sécuritaire qui profitent d’une mise en scène belliciste et tendue.

Affaire à suivre…!

🔹️Notre Appel : Liberté pour Meriam cheikh !

©️ Par KS pour le BLOG

Mauritanie/Économie : La dette souveraine Mauritanienne impactée par la gestion de la crise du Covid-19 ?, Par Pr Ibrahima Dioum

A la suite de la récession engendrée par la gestion de la pandémie du Covid-19, les représentants du groupe G20, en réunion par visioconférence ce mercredi, ont accordé aux pays pauvres un moratoire sur leur dette pendant les 12 mois à venir. Cela devrait les aider à faire face au repli l’activité économique en cours et à la crise économique mondiale qui se profile à l’horizon. En effet, le remboursement de la dette publique affecte considérablement la richesse créée par les économies concernées.

L’économie mauritanienne n’est pas en reste. La dette du pays représentait 76,9% de son PIB en 2017. Elle avait atteint vertigineusement 83,9% du PIB en 2018 avant d’être réduite à 80,6% en 2019. Ces ratios sont au dessus de la moyenne du niveau d’endettement de l’Afrique Subsaharienne 50,2% en 2019. Alors cette dette inquiète bien qu’elle soit en recul de 3 points sur les deux dernières années. Le contexte économique actuel pousse ainsi à se questionner sur l’évolution future de la dette de La Mauritanie. L’analyse de différents secteurs économiques économique du pays donnerait une première réponse.

Depuis la privatisation à outrance dictée par les politiques d’ajustement structurelles des années 90, la Mauritanie finance son budget par des dettes, des recettes non fiscales mais en grande partie par des recettes fiscales 67% du budget 2019. Cependant, l’économie du pays basée essentiellement sur les ressources naturelles, est plus tournée vers l’exportation (la Mauritanie n’étant pas industrialisée). Les exportations du pays ont atteint 1400,7 millions USD en 2016, 1766,8 millions USD en 2017 et 1895 millions USD en 2018. Cette manne financière venant de la pèche, du pétrole et de l’exploitation du minerai de fer, de l’or et du cuivre est fortement dépendante du cours des matières premières et de la demande internationale.
Dans une période de contraction de la production des pays industrialisés, elle risque de connaitre une baisse drastique.

Un autre secteur important de l’économie mauritanienne est celui du tertiaire : 36,5% du PIB en 2017 et 1 point de plus en 2018. En effet, ces dernières années, les services des banques et des assurances est en plein expansion dans le pays. En outre, les activités liées aux transports et aux télécommunications connaissent une certaine dynamique ces dernières années. Selon la BCM, le PIB de ce sous secteur a connu une hausse de 19,1% entre 2017 et 2018 portant ainsi le poids de la branche à 6,2% du PIB nominal global en 2018 contre 5,6% enregistré sur les deux années précédentes.
Le poids du commerce quant à lui, bien qu’important reste difficile à évaluer puisqu’il se trouve en partie dans l’informel.
Malgré son élan, le secteur tertiaire est lui aussi fragilisé par les mesures prises par le gouvernement mauritanien dans sa lutte contre le Covid-19. La fermeture des frontières du pays et des activités non essentiels sont un véritable coup de frein à l’économe du pays.

L’élevage et l’agriculture sont également importants dans l’économie mauritanienne mais ce secteur étant peu modernisé, sa production est tributaire aux aléas du climat. Cette configuration rend le pays dépendant de l’extérieur. Les importations mauritaniennes en produits alimentaires n’ont cessé d’augmenter ces dernières années (334, 4 millions USD en 2016, 391,5 millions USD en 2017). En 2018, elles ont atteint 494,7 millions USD soit 19% des produits importés.
Et pourtant l’activité productive fait partie de la solution car contrairement à la crise financière de l’année 2008, cette fois-ci c’est le secteur réel qui est touché. Tous les consommateurs du monde ont peur de manquer des biens de première nécessité demain car la chaine de valeur des entreprises subit à l’heure actuelle une grande désorganisation par défaut de main-d’œuvre ou de transports. Cette situation peut si elle n’est pas contrôlée à temps entraîner une inflation considérable.

Le tissu économique mauritanien est soumis à rude épreuve avec la gestion de la crise du Covid-19. L’économie du pays, du fait de son intégration et de sa structure, n’échappe pas à la recession en cours ; une recession qui risque d’être profonde et durable. Des mesures s’imposent alors pour limiter la crise économique et ses effets sociaux dans le pays. Parmi les différentes options envisageables, un endettement au niveau intérieur et extérieur reste possible pour sauvegarder et plus tard relancer l’économie de la nation.

● Par Professeur Ibrahima Dioum, Enseignant d’ Économie – Gestion (Académie de Paris)

Guidimakha : Appel au désenclavement

L’Authentique – Plus que tout autre région de la Mauritanie, le Guidimakha se trouve être le plus exposé à la pandémie du COVID-19, en raison de sa position transfrontalière et de sa vocation migratoire, principalement orientée en Europe, épicentre de la pandémie. Les OSC du Guidimakha souscrivent entièrement au plan de préparation et de riposte en cas d’épidémie du nouveau coronavirus publié le 20 février 2020 par les pouvoirs publics, et selon lequel « Les relais communautaires (santé animale et humaine) et des associations à base communautaire participent à la surveillance, à la prévention, la sensibilisation et à la prise en charge des cas qui relèvent de leurs compétences et sont impliqués dans la mise en œuvre du présent plan ». Dans cette optique, il est attendu que ce plan de réponse soit coordonné avec les acteurs de la société civile afin de maximiser l’efficacité de la portée des messages diffusés par le Ministère de la Santé. Soutenons également les pouvoirs publics d’avoir pris des décisions courageuses, telles que : – Interdiction des rassemblements publics (prières à la mosquée, cérémonies ou évènements sociaux) ; – Instauration du couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national ; – Fermeture des frontières avec les pays limitrophes… Autant de mesures quoique utiles pour le bien-être et la santé des populations ont néanmoins des répercussions négatives sur les activités économiques qui se sont fortement ralenties et provoqué ainsi des pertes de revenus, surtout au sein des populations les plus vulnérables (restaurateurs, boulangers, transformatrices de céréales …). Pour contribuer à ce sursaut national, les OSC du Guidimakha communiqueront régulièrement des informations utiles et actualisées à la plateforme mise en place afin d’amener les populations à prendre des décisions conséquentes pour se protéger et adopter des comportements positifs pour éviter les risques de contagion liés à la pandémie du Covid-19. Il s’agit là d’un appel à l’action pour accompagner ce plan de riposte, en vue d’enrayer la propagation du COVID-19 et atténuer son impact. La responsabilité de protéger les populations à travers la mise en chantier d’une communauté virtuelle composée de relais communautaires, de points focaux des coopératives féminines, des associations des jeunes et le groupe des pasteurs. Cette plateforme en ligne est le principal moyen d’Information pour Informer, Éduquer et Communiquer pour l’adoption de nouveaux comportements positifs. Nous apprécions les efforts déployés par les pouvoirs publics à ce jour en particulier le lancement du Programme Spécial Elevage et les efforts entrepris par TAAZOUR pour appuyer les ménages vulnérables. Nous lançons un vibrant appel au Gouvernement pour la réhabilitation des axes : Selibaby– Noukchott, Selibaby– Gouraye, et les ponts. Nous rappelons que lors des inondations survenues en août 2019 ont provoqué la dévastation de plusieurs infrastructures qui ont coupés la Wilaya des villages de l’intérieur et des grandes villes, Kaedi et Nouakchott. Depuis lors à ce jour aucune réhabilitation n’a été faite pour les restaurer. A la veille de l’hivernage, il est à craindre que cette situation n’aggrave davantage l’enclavement de la région, les pertes de vies humaines causées par le mauvais état des routes.

Liste des OSC signataires :

•Union des Coopératives des femmes du Guidimakha (UCFG)

•Association pour le Développement Intégré du Guidimakha (ADIG)

•Association pour une Initiative de Développement de l’Environnement (AIDE)

•Action pour la Santé et le Développement (ACSADE)

•Association Mauritanienne pour le Développement et l’Alphabétisation (AMDA)

•Association pour la Prospérité des Femmes du Guidimakha (APFG)

•Association Towvigh

•Association Mauritanienne pour la Promotion des Adolescents (AMPA)

•Association Les Amis de la Santé Avagh

•Association Elwava Groupe Recherche Action pour le Développement Durable (GRADD)

•Association des Jeunes pour la Protection de l’Environnement et du Développement ( AJPED)

•Association Pour l’Education et Promotion Sociale (APEPS)

•Association Djalaw

•Association Nationale pour le Développement et la Biodiversité (ANDB)

Selibaby, le 13 Avril 2020

©️ Crédit source: www.cridem.org

Communication GANBANAAXUN FEDDE et Partenaires : Appel pour la libération de l’activiste mauritanienne Meriam Cheikh!

À travers diverses communications émanant de la mouvance droit-de-l’hommiste et abolitionniste en Mauritanie ces derniers jours (http://cridem.org/C_Info.php?article=734989I) , nous apprenons l’arrestation de la militante Mariem cheikh membre du mouvement abolitionniste IRA-MAURITANIE.

Arrêtée chez elle dans la journée du 13 avril 2020, la bloggeuse est détenue dans un endroit inconnu jusqu’à présent pour ses proches. D’une manière expéditive, elle a été séparée d’un nourisson par des éléments sécuritaires du pouvoir mauritanien. Nous exprimons notre entière solidarité avec Madame Mariem cheikh et ses proches.

Par conséquent notre mouvement GANBANAAXUN FEDDE et ses partenaires s’insurgent fermement contre les conditions d’arrestation de la militante abolitionniste et appellent les hautes autorités mauritaniennes à sa libération. Nous tenons à rappeler que les vieilles recettes du tout coercitif systématiquement sélectif pour museler les porteurs de voix humanistes pour l’instauration d’un véritable état de droit, ne servent aucunement la Paix sociale ni l’union nationale. En ces temps troublés au niveau sanitaire dans le monde entier avec la pandémie Covid-19, des décideurs politiques se doivent une profonde et globale rétrospection pour une gouvernance plus portée sur les valeurs de Justice et d’égalité entre les différentes composantes.

17 Avril 2020

©️Pour la Communication GANBANAAXUN FEDDE

Tribune : Nous avons résisté à Aziz,Nous vaincrons Ghazouani ! Par Abdou Babou

Au moment où tout une certaine opinion commence à déméler l’écheveau du complot ourdi par des complices qui se connaissent, à partir du tribunal de Zouérate, nous jeunesse d’Ira-M, réiterons notre totale mobilsation pour défendre notre héroine Mariem Cheikh. Voilà que Ghazouani s’est fabriqué un pretexte ( application d’une pseudo-loi qu’Ira-M a trés tot et toujours dénoncé) pour déclarer la guerre au mouvement abolitionniste; nous déclarons à Ghazouani que nous sommes fidéles à notre rôle de résistants, comme au temps de son mentor Aziz.
Mariem Cheikh a été arrêtée pour avoir dit que le système beydan est pire que le corona virus.
Nous ne demandons pas sa libération mais plutôt l’élargissement des prisons afin de nous accueillir tous puisque nous partageons copieusement son opinion.

Nous disons haut et fort que l’Etat maure, le système qui a deporter, violer, assassiner ses confrères musulmans reduit en esclavage ses concitoyens, est pire que le virus corona.

Au lendemain des élèctions présidentielles, tous maures honnêtes, intègres ont reconnus la grandeur de Biram Dah Abeid. Ils ont compris qu’il n’est ni raciste ni pyromane vu qu’il avait la possibilité de gagner mais qu’il a mis de côté son ego, son désire d’accèder à la magistrature suprême pour l’interêt suprême du peuple mauritanien dans son ensemble. Il a refusé le principe 《marcher sur les cadavres pour le fauteil présidentiel 》.
Devant ce geste d’altruisme, ceux qui tirent les ficelles de ce système devraient en principe assouplir leurs rapports avec lui tout en cherchant avec tous les leaders politiques a asseoir une Mauritanie juste et égalitaire. Mais malheureusement comme le dit un proverbre Africain 《 le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir》.

L’une des débacles de Mohamed Ould Abdel Aziz en onze ans est de ne pas reussir a déconstruire IRA-M lui qui a usé de toutes ses forces en vain. Nous avons été affamés, privés d’emploi, reprimés, emprisonnés torturés. Certaines de nos militantes ont avorté sous la repression, sous la torture. En parlant de torture, nous donnons à titre d’exemple le cas de Moussa Bilal Biram qui a été torturé en juiller 2016 pendant dix nuits par le commissaire M’rabeutt ould M’del Mami et le chef du laboratoire de torture Didi ould Mbareck sous les ordres de Ould Abdel Aziz ainsi que le général tortionnaire le directeur de la surété Mohamed ould Maguêtt. Ils sont allés jusqu’à lui mettre du beure dans son anus puis brancher un supplesseur. Cela n’a pas suffit Didi en personne lui a arraché son testicule gauche. Et pourtant tous ces calvaires n’ont dissuadés aucun militant d’Ira-M. Cela repond au principe qu’il n’ya pas plus grand que la conviction et la determination.

Il est donc permis de se demander aujourd’hui dans le cadre du musellement de IRA-Mauritanie, qu’est ce que Gazouani peut faire de plus que son ami le mécano ?
Nous avons été constants et nous le resterons dans nos discours. Les mêmes discours se tiennent sur la scène internationale, face aux médias, dans les tribunaux, dans la rue ainsi que dans les laboratoires de tortures.

Nous sommes tous Mariem Cheikh, l’Etat maure, le système beydan est pire que toutes les pandemies qui se sont succedées au fil de l’évolution de l’humanité. Nous le disons haut et fort!
Nous attirons l’attention de tous les militants et sympathisants que le confiniment a été brisé pour nous dès l’instant ou Mariem a été arrêtée. Par conséquent, une sortie est prévue dans les jours a venir. La date et l’heure vous sera communiqué.

Nous sommes tous Mariem Cheikh!
Nous sommes tous Biram Dah Abeid!
Vive IRA, Vive le RAG
Vive une Mauritanie juste et égalitaire!

Abdou Babou
Membre du Conseil Exécutif
D’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-M).


Nouakchott, 17 avril 2020

Le président du Parti RAG s’insurge contre le kidnaping de la blogueuse et militante Mariem Cheikh

Le lundi 13 avril 2020, vers 16 heures, Marieme Cheikh, militante active des droits de l’homme et membre de la Direction Nationale de Ira-Mauritanie a été interpellée par la Direction de la Sûreté Nationale. Au moment où cette note est en cours de rédaction, on ne dispose d’aucune information précise concernant Madame Marieme, ce qui constitue une transgression flagrante aussi bien des droits de celle-ci que des droits des siens, d’autant plus que son enfant, encore non sevré, n’a jusqu’à présent pas reçu ses tétées depuis l’interpellation de sa maman. Cette privation dont est victime ce bébé innocent, en dit beaucoup sur le degré de considération que nous accordons à la valeur humaine.
Pour ce qui est des raisons sur la base desquelles la militante des droits de l’homme Marieme a été l’objet d’une arrestation, d’aucuns, avancent que cette blogeuse aurait partagé des messages que l’autorité voudrait saisir pour mettre en application les dispositions de loi du 18 janvier 2018 relative à la lutte contre les discriminations. Il est vrai que personne ne peut et ne doit s’élever contre l’application d’une règle de droit et d’ailleurs, je suis convaicu que presque la totalité des mauritaniens devraient être heureux de voir s’arrêter l’élaboration de textes de lois à des fins de consommation extérieure. Cependant, je considère que le pouvoir, face à la guerre que mène actuellement notre pays contre le Covid-19, devrait être armé de beaucoup plus de vigilance et de sagesse pour éviter tout ce qui peut nous détourner de l’objectif primordial: vaincre le Coronavirus.
Mais la chasse aux sorcières engagée depuis belle lurette contre le President de Ira-Maurotanie Biram Dah Abeid, contre cette Organisation et contre ses militants l’a remporté sur l’enjeu du moment, c’est-à-dire la victoire contre la pandémie. C’est dans ce cadre, et seulement dans ce cadre, que, de mon point de vue, vient s’inscrire parfaitement l’arrestation de la militante des droits de l’homme, Mariem Cheikh.
Je ne peux terminer ces lignes sans souligner une seconde entrave à la liberté, cette fois-ci, il s’agit d’une entrave à la liberté d’expression qui rencontre des manœuvres multiples et variées. Ces manœuvres auxquelles nous ont habituées les pouvoirs de chez nous et qui versent directement dans le sens du musellement absolu et définitif des populations devant les problèmes sociaux, culturels, économiques et politiques qui les assaillent continûellement, ces pratiques dilatoires doivent, compte tenu de l’éveil de conscience qui s’installe dans le pays, laisser la place à la volonté citoyenne d’affronter, avec courage et détermination, les revendications légitimes de nos populations. En conséquence, les spécialistes en matière de pareilles manœuvres doivent, dans l’intérêt de la Mauritanie et de tous les mauritaniens, se résoudre à s’abstenir d’occulter les souffrances que vivent les autres ét de passer par des voies et moyens fallacieux dans le but de détourner l’opinion chaque fois que se posent des problèmes qui militent en faveur de la justice, de l’égalité, de la liberte, de l’unité et.de la cohabitation Pacifique…., bref ce qui conditionne l’émergence d’un véritable état vivable, démocratique où quelque soit le citoyen lambda, il se sentira heureux chez lui.

Oumar Yali ancien ministre
président du parti RAG
15 avril 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie : racisme, faux semblants et fatalité de l’histoire. (IRA-MAURITANIE)

● Note de synthèse

Le 11 avril 2020 Bouceif Ould Hmeiti, cadre à la Société nationale industrielle et minière (Snim) est conseiller municipal de Zouérate (nord) est interpelé, par la police, à la suite d’une plainte, près le parquet, de deux Ong proches du pouvoir. Le surlendemain, 13 avril, à Nouakchott, des hommes en uniforme s’emparent de Mariem Mint Cheikh, quelques heures après son époux, Mohamed Diodié, également militant de Ira-M, désormais en liberté. Ainsi séparée de l’enfant qu’elle allaite, son lieu de détention reste inconnu.

Postulat

Les griefs retenus à l’endroit des trois renvoient à la pénalisation des discours de haine, en vertu de la loi du 18 janvier 2018, dans le cadre de la lutte contre les discriminations. A l’époque, le texte soulevait les réserves de 3 rapporteurs spéciaux de l’Organisation des nations unies (Onu), en l’occurrence MM David Kaye « promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression », Michel Forst « situation des défenseurs des droits de l’homme » et Tendayi Achiume « formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée ». Dans une correspondance adressée, le 24 janvier, au gouvernement de la Mauritanie, ils attiraient l’attention sur les incohérences et les risques de bavure, notamment le musellement des militants abolitionnistes et autres promoteurs de l’égalité. Il n’échappait, alors, aux esprits doués de discernement, que le Parlement légiférait, en la circonstance, à l’unique fin d’endiguer l’indignation des exclus.

Objections

A la différence du prévenu de Zouérate dont l’enregistrement audio énonce une opinion de supériorité sur les noirs et de stigmatisation de ceux-ci, Mariem Mint Cheikh publie, au travers de sa page Facebook, la critique de la domination à la naissance, qu’elle impute à « l’Etat des maures ». A certains passages, elle le maudit et en prédit le déclin. La distinction, ici exposée, établit la comparaison d’une parole relevant du mépris esclavagiste, à la contestation de l’ordre et des valeurs où les auteurs de tels excès trouvent les accents de l’arrogance, l’assurance de l’impunité et la légitimation ethno-religieuse de l’énoncé. A l’insulte héritée de siècles de suprématie et d’exploitation, vient répondre la sédition des mots. Lequel faut-il blâmer ? Pire encore, un fonctionnaire de l’Agence nationale du registre de la population et des titres sécurisés ( Anrpts), parent du Chef de l’Etat et un employé local de l’Ambassade de Mauritanie en Côte d’Ivoire, tous les deux salariés de la fonction publique, s’étaient rendus coupables d’apologie de l’esclavage, exactement selon les termes attribués à Bouceif Ould Hmeiti ; Jusqu’à ce jour, chacun occupe sa fonction, à l’inverse de la diplomate Mint Aoufa, en janvier 2020, le surlendemain de son tweet antisémite.

Constat

Il convient de le souligner ici, les noirs de Mauritanie n’ont jamais exercé la contrainte de groupe sur leurs compatriotes arabo-berbères. L’inverse est copieusement attesté, longtemps durant et nul n’en ignore le bilan ; à une époque récente, de 1987 à 1991, le placard débordait de cadavres, malgré les tentatives avortées de contrefaçon du récit et de ménagement d’une amnésie collective. Allons plus avant, dans l’exégèse des faits : Quand il s’est agi, en 1990, d’actionner la justice, au nom des victimes, pour obtenir réparation de centaines d’assassinats et de milliers de déportations sur le fondement de la race, les députés du moment exacte traduction du rapport des forces social au sortir de la tuerie, s’empressaient d’adopter un texte dit « d’amnistie ». A présent, la loi numéro 93-23 du 14 juin 1993 interdit de juger les commanditaires, exécutants et complices, quel qu’en soit le niveau d’implication. A ce trait d’iniquité, s’ajoute la requalification – quasi mécanique – des plaintes face aux pratiques de l’esclavage et, in fine, l’abandon des poursuites. Il s’agit, juste, d’un exemple, parmi d’autres dans un pays qui réserve, à une seule de ses communautés, l’essentiel de la puissance matérielle et statutaire, le monopole des banques et les agréments de chaines de radiotélévision. Si ce n’est l’Apartheid, la ressemblance confine à la gémellité.

Chiche !

Comme de bien entendu, Ira-M, réprouve la stigmatisation de l’Autre et les diverses facettes du racialisme et s’en tient aux moyens de la non-violence et du droit. A ce titre, s’est-elle séparée d’éléments de valeur sur le terrain, à cause de leurs outrances, parfois proférées ad hominem. Il n’est plus question de revenir sur cette révision, si douloureuse fût-elle. Aussi, l’Ira-M attend-elle, du gouvernement et des magistrats, la mise en accusation judiciaire de l’ensemble des contrevenants à la loi, sans en excepter l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz ; le 3 mai 2016, à Néma, il expliquait la pauvreté des descendants d’esclaves, par le pullulement de leur natalité. La vague de procès que nous proposons s’annonce d’utilité et de pertinence, afin de recouvrer le goût de la vérité et le sens d’une cohabitation féconde à l’épreuve d’un prétoire impartial. Au terme des audiences, les mauritaniens constateront l’évidente vanité de vouloir censurer les mots, quand la réalité les conforte tant et si bien. Ce jour-là, nous parlerions, à l’unisson, le même langage.

D’ici le grand déballage, Mariem Mint Cheikh doit recouvrer son foyer parce qu’elle n’a d’autre asile où fuir l’injustice, que la terre de ses ancêtres humiliés. L’y retiennent, ses enfants en bas âge, son combat et la certitude de les voir grandir sous l’égide du mérite. Mariem Mint Cheikh n’est pas une délinquante, non, plutôt l’héroïne de sa cause, la nôtre aussi.

Nouakchott, le 14 avril 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Tribune : Médecine « bienveillante » et retour de la raison coloniale, Par Sidi N’diaye

Il est des temps exceptionnels qui rendent possible la libération de racismes faussement habillés de bienveillance. Quand arrivent ces temps, les digues de la décence et de la retenue entretenues par les règles implicites et explicites de la vie en communauté se fissurent par endroits, laissant suinter la boue et les excréments. 2 avril 2020, le Covid-19 continue d’arracher des vies, et alors que le monde est frappé de stupeur, des effluves pestilentiels remontent à la surface :Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin, propose sur le mode interrogatif de tester un vaccin en Afrique « où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation. Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le sida…». Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale acquiesce: « Vous avez raison, on est d’ailleurs en train de réfléchir à une étude en parallèle en Afrique ».

Bienveillance ? Non,déchets, ignorance et arrogance rassemblés dans l’esprit et les mots d’hommes de science. Une surprise ? Une nouveauté ? Non, pas pour les Africains qui ont appris dans la douleur que le statut d’homme de science (souvent ce mâle de type caucasien prétendant tout savoir) ou d’homme éclairé n’est en rien synonyme d’intelligence sociale, encore moins d’humanité, de générosité, de respect et de bienveillance.
Depuis que des hommes éclairés ont prétendu avoir « découvert » un continent exotique abritant d’innombrables richesses et des peuples barbares aux mœurs étranges, depuis que d’autres hommes éclairés ont prétendu dire cet ailleurs à la place des gens qui y vivent, qu’ils ont dans le même geste légitimé l’esclavage et la colonisation, l’Afrique est devenue le lieu de tous les fantasmes et projections lugubres. Même lorsque le regard se tourne vers quelques figures progressistes, il finit par se heurter à une condescendance, un paternalisme et des appétits prédateurs. N’est-ce pas par exemple Victor Hugo, anti-esclavagiste répondant à un Victor Schœlcher pressé de « porter la lumière à des populations encore dans l’enfance » qui s’exclamera : « Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre (…). Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la » ? N’est-ce pas Jules Ferry, artisan de loi portant sur l’instruction obligatoire, laïque et gratuite qui soutiendra en 1885 devant des députés français, dont beaucoup ont été désarçonnés, « qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles de civiliser les races inférieures », et de conclure avec assurance : « est-ce que vous pouvez nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? ». Les exemples sont légion, et il serait malvenu de justifier pareils propos en les adossant à leur contexte et à leur temps.
Ce n’est donc pas par pur hasard que des médecins occidentaux, en ce XXIe siècle, jugent intelligent de sauver l’Afrique en lui « proposant» de tester des vaccins sur ses gens. Bien au contraire. C’est non seulement parce que subsistent dans les mémoires des traces d’une idéologie raciste (même celle qui s’ignore), mais aussi parce que l’Afrique a longtemps été le terrain privilégié de la médecine coloniale et de ses expériences. Associée à l’anthropologie physique qui a conduit à des dérives macabres, cette médecine, quoi qu’en disent ses défenseurs (ils sont nombreux), a semé la désolation et la mort en Afrique. Il en est ainsi du vaccin contre trypanosomiase humaine ou maladie du sommeil. Dans Le médicament qui devait sauver l’Afrique, pour ne citer que les rares travaux en langue française, Guillaume Lachenal revient sur la découverte de ce vaccin et son administration aux populations africaines. « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Lomidine est découverte. Dans l’enthousiasme, de grandes campagnes de ‘lomidinisation préventive’ sont organisées dans toute l’Afrique. La molécule se révèle inefficace et dangereuse, mais ceci ne freine pas les médecins ». Cet acharnement s’expliquait non seulement par des considérations économiques, à savoir l’entretien de la force de travail et de production des colonies, mais aussi par le souci qui était celui des médecins de ne pas faire reposer le coût élevé des pertes humaines liées à l’administration du vaccin sur les Européens, en particulier ceux qui étaient installés en Afrique et qui n’ont jamais été vaccinés.
On sait aujourd’hui que la Lomidine n’a pas été la seule tueuse d’Africains. De nombreuses campagnes de vaccination censées prévenir ou lutter contre des maladies comme la bilharziose, la syphilis, le pian…ont aussi, paradoxalement, engendré la propagation rapide de d’infections meurtrières. Ce fut par exemple le cas de l’hépatite C au Cameroun, en République centrafricaine ou en Egypte, et dont des recherches ont montré qu’elle s’était généralisée du fait d’une entreprise massive et forcée de vaccination (« Quand la médecine coloniale laisse des traces », Les Tribunes de la santé, 2011). On ne peut donc que se réjouir que les Africains, conscients de ce que des générations de malades et de vies perdues doivent aux entêtements d’apprentis sorciers soutenus par des politiques scélérates, se mobilisent aujourd’hui pour dénoncer d’une seule voix, y compris par les voies légales, la médecine raciale « bienveillante » et la raison coloniale.

Sidi N’Diaye, Politiste, pour ADN

©️ Crédit source: https://africadiaspora.news/2020/04/medecine-bienveillante-et-retour-de-la-raison-coloniale/