Dans une intervention publique composée de 8 notes vocales, ce mardi 8 avril 2025, l’ancien candidat aux présidentielles en Mauritanie brosse avec beaucoup de détails la substance politique de l’actualité et ses positions concernant le dialogue en gestation. Il est revenu sur son passif relationnel avec l’actuel locataire du palais ocre, le président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, lors de son premier quinquennat (2019 à 2024). Le candidat de la Coalition antisystème reconnaît avoir été berné par les premiers signaux du Raïs pour régler et normaliser l’atmosphère politique notamment la reconnaissance des partis politiques sans exclusive. M. Dah Abeid explique que d’autres tentatives de dialogue ont échoué parce que des pans du pouvoir ne sont pas disposés à une véritable normalisation de l’arène politique. Il a fait référence au pacte républicain entre le système et les partis politiques ufp et rfd qui n’a pas eu d’effet avant la présidentielle de 2024. Par la suite, il réitère que l’actuelle gestation pour un dialogue politique nécessite des préalables clairs (traitement du dossier des tueries, problématiques liées au passif humanitaire, la question des langues, l’esclavage et ses corollaires, les garanties du système démocratique…) pour son camp politique qui sont loin d’être envisagés du côté du pouvoir. Ainsi, selon lui, ses partenaires politiques et ses militants n’iront pas à un dialogue de faire-valoir sans prise en compte globale de grandes et lourdes thématiques de la vie nationale. Par ailleurs, il se dit résolu ainsi que ses partisans à mener l’engagement face aux provocations ourdies par des officines à la solde du système en place. Il demande plus de vigilance et de résilience pour résister et patienter jusqu’à la victoire de la vérité au bout du bout.
Il est tentant, face à la violence symbolique ou physique, de désigner des coupables, de tracer des lignes, de dire : ceux-là ne sont pas nous. Ceux qui ont déterré un corps parce qu’il ne partageait pas notre foi, ceux qui refusent qu’un ancien esclave repose aux côtés de leurs ancêtres, on aimerait les mettre à distance, les tenir à l’écart. Mais ils sont des nôtres. Ils sont nés du même sol, parlent nos langues, prient dans nos mosquées. Ils sont le produit d’un imaginaire que nous partageons, partiellement ou totalement, que nous partageons quand même.
C’est là que commence le malaise. Car si nous refusons de les regarder en face, nous refusons aussi de nous interroger sur ce que notre société accepte, transmet, tolère en silence. Une société ne se construit pas uniquement par ses lois ou ses institutions. Elle se tisse, jour après jour, dans le tissu vivant des relations. Or quand la relation à l’autre est fondée sur la peur, le mépris ou la hiérarchie, elle prépare le terrain à toutes les exclusions.
Ce qui est inquiétant aujourd’hui, ce n’est pas seulement le rejet de l’autre. C’est la manière dont ce rejet devient la norme, et la nuance, une faiblesse. On ne veut plus comprendre, on veut trancher. Il faut que tout soit pur, net, sans mélange. Cette exigence de pureté n’est pas spirituelle, elle est sociale, idéologique. Elle ouvre la voie à tous les fanatismes.
Mais une société vivante est une société qui accepte la complexité. Elle reconnaît que l’autre, par sa différence, m’enseigne quelque chose de moi. Elle comprend que la relation — qu’elle soit de filiation, de voisinage, d’humanité tout simplement — est ce qui nous fonde. Lorsque nous la brisons, lorsque nous décidons que certains ne méritent pas la terre commune, c’est le lien même de notre communauté humaine que nous affaiblissons.
Alors peut-être faut-il cesser de chercher qui est à blâmer, et commencer à regarder comment nous éduquons, comment nous transmettons, comment nous choisissons — ou pas — de dialoguer. Car le fanatique ne naît pas tout seul. Il est souvent le fruit d’un silence, d’une peur, d’une indifférence partagée, d’une compréhension erronée des textes, d’une éducation…
Ceux qui déterrent, ceux qui refusent une sépulture commune, sont des nôtres. Et c’est justement pour cela que notre responsabilité est engagée. Non pas pour les condamner, mais pour ne pas leur ressembler.
« Il était de notre responsabilité d’agir pour protéger les migrants des réseaux criminels et des passeurs. Nous avons constaté les drames humains causés par ces flux migratoires, avec des familles endeuillées après des tragédies en mer. Il était impératif d’intervenir », a déclaré Mohamed Salem Merzoug
C’est seulement après ma sortie sur la question relative aux rafles des étrangers que j’ai pris connaissance de ces propos venant de Mr le ministre mauritanien des Affaires étrangères, patron de la diplomatie mauritanienne, Mohamed Salem Merzoug
Monsieur le ministre, cette posture est salutaire si son application sur le terrain épouse les règles du respect de la dignité et surtout quand celle-ci cesse d’être sélective. Car, quand vous parlez, Monsieur le ministre, de tragédies en mer, vous oubliez que depuis 2019 des Mauritaniens cherchent à connaitre le sort de leurs enfants sans qu’il y ait un soutien efficient de la part de l’Etat.
Cet Etat refuse même de reconnaitre les drames des jeunes Mauritaniens dans l’Atlantique. Que s’est-il passé pour que ce même Etat se soucie de la perte des vies humaines en mer aujourd’hui ? Prétexte utilisé pour renvoyer les étrangers en situation irrégulière chez eux… Alors, c’est pour vous dire que ce n’est pas seulement les étrangers en situation irrégulière qui affrontent les vagues de la mer mais des Mauritaniens aussi.
Toutefois, votre posture est tout de même en nette rupture avec celle de votre collègue de la sécurité intérieure, lui qui s’emploie à installer des camps de types palestiniens, les victimes de l’entité sioniste.
La Mauritanie n’est pas Israël et je ne pense pas qu’il y ait dans cette Mauritanie un seul soutien ou admirateur de Netanyahu, le Premier ministre israélien.
Monsieur le ministre, votre collègue chargé de la sécurité, que je n’ai jamais connu par le passé, m’inspire la peur et le désarroi et j’espère me tromper sur son cas, même si les agissements de certains policiers sur le terrain me laissent un peu perplexe sur sa vision et gestion de cette problématique. Mais, vous et lui, avez péché dans un aspect important qui pouvait mieux expliquer la situation : c’est la communication.
Les canaux, le style et le temps choisis étaient, me semble-t-il, inappropriés. Vous avez et vous continuez à laisser l’image du pays à la merci des influenceurs sur les réseaux sociaux. « Nous avons reçu ici même des Mauritaniens mais, après vérification par le dispositif mis en place par l’agence des titres sécurisés, ils ont été libérés. Nous ne sommes pas en charge de l’expulsion mais, avant cet ultime recours, les interpellés passent tous par l’outil de vérification.
Personne n’a été expulsé sans que sa situation ne soit identifiée et connue… », a déclaré une source policière lors de notre passage (le député Balla Touré et moi-même) dans des commissariats et centres de détention des migrants.
Il a été observé dans nos différents échanges que la police arrive à reconnaitre clairement le manque de communication qui entoure son travail et déplore l’attitude des certains de ses éléments. La désinformation et le manque de communication, voire de transparence sur leur travail en faveur du citoyen, est préjudiciable ; seules les bavures de certains policiers résonnent et occupent le devant de la scène.
Des bavures qui peuvent contribuer à l’instabilité et la frustration des populations mais aussi à ternir encore plus l’image du pays ; un pays très mal en point. Voici, Monsieur le ministre, la situation connue de ce phénomène.
Comme vous, le ministre de l’intérieur doit chercher à redorer son blason, il en va de l’image du pays dans le concert des nations civilisées. Tous, nous partirons et la Mauritanie restera.
L’écriture de l’histoire dont nous avons, aujourd’hui, Monsieur le ministre, la responsabilité doit être digne et peu ou même irréprochable. Consacrons notre vie et engagement à l’action vraie et défendable pour ce pays meurtri.
Votre collègue de l’Intérieur ne peut fermer ses yeux sur les bavures de certains éléments de la police ; en le faisant, il travaille contre la Mauritanie et contre les policiers honnêtes qui veillent sur la sécurité du citoyen et de ses biens.
Votre posture la plus salutaire encore a été l’attitude que vous avez adoptée en 2022 en parlant avec les chancelleries et les associations des communautés étrangères en Mauritanie pour la gestion de la situation des migrants.
Il était plus digne, une fois encore, de faire la même chose, en fixant un délai pour que les concernés prennent leurs dispositions. Gouverner, c’est anticiper. Avec cette manière de gérer ce phénomène naturel et mondial, on retrouvera le Merzoug, ex-patron de l’OMVS, et non cette image, aujourd’hui, de nature à nuire votre réputation.
Monsieur le ministre, refusez d’être ce que vous n’êtes pas ; n’acceptez pas d’être le bouc émissaire des pyromanes tapis dans l’ombre. Vous êtes et vous avez été un homme qui a inspiré une génération, ma génération, vous le Professeur à l’université, cadre du premier et le plus important parti de l’opposition de l’ère démocratique de l’histoire politique du pays. Je me souviens encore que c’était avec joie qu’on vous aidait à faire démarrer votre voiture de type 504 en utilisant nos biceps de jeunes sportifs et militants.
Vous avez fini par rejoindre le camp adverse où vous vous êtes fait respecter. Vous avez eu à occuper beaucoup de positions stratégiques jusqu’à la gestion de l’OMVS pendant plusieurs années, contraint à quitter malgré le soutien de tous les chefs d’Etats des pays membres de cette organisation sous-régionale, sauf Abdelaziz, le Président de votre pays, la Mauritanie. Aujourd’hui, le destin a décidé que vous conduisez, la diplomatie alors que lui, l’ex président, est en prison.
Vous avez quitté l’OMVS avec honneur et dignité et la reconnaissance des services rendus à la sous-région ; vous avez été décoré par la présidence sénégalaise. Alors, vous êtes l’une des personnalités au gouvernement qui a intérêt à bien soigner les relations de notre pays avec nos voisins car, plus qu’un Mauritanien, vous êtes un citoyen de l’OMVS.
Taqadoumy – Le débat sur le dossier de l’évangélisation dans la ville de Sélibaby, capitale de la région de Guidimagha, est revenu sur le devant de la scène après le tumulte suscité par l’enterrement d’une personne impliquée dans cette affaire.
Le site « Guidimagha News » a rapporté que le défunt, qui officiait comme coiffeur, est décédé dans un accident sur la route de Nouakchott. Son corps a été transféré à Sélibaby pour y être enterré.
Seulement, à l’arrivée du corps, les présents ont été surpris d’apprendre par le chef de la cellule à laquelle appartenait le défunt qu’il était « chrétien » et qu’il devait être enterré selon les rites du christianisme, ce qui a suscité un grand mécontentement.
Le site a indiqué que certains imams ont demandé de ne pas enterrer le défunt dans les cimetières musulmans, estimant qu’il n’avait pas proclamé son repentir.
Il y a deux ans, une cellule d’évangélisation avait été révélée dans la ville, comprenant des membres de divers horizons, qui avaient procédé à des cérémonies de baptême pour de nouveaux convertis.
Les enquêtes menées à l’époque avaient abouti à l’arrestation des personnes impliquées, qui ont été libérées par la suite.
📸-Paris, il y a quelques années, autour de lui, une équipe de l’ancien BE d’Armepes-France
Il s’appelle M. Seyre SIDIBE, une pointure de l’arène journalistique mauritanienne. Natif de Sélibaby et issu de l’ensemble communautaire soninké de la capitale régionale du Guidimagha. Professeur de français de formation de base, il est valablement imprégné en analyste avisé de la vie sociale et politique intra-communautaire soninké et sur les données à l’échelle nationale de son pays, la Mauritanie. Ses différentes contributions sont d’une grande pertinence (fond et forme) et s’inscrivent dans un engagement intellectuel proactif très louable. Le Top responsable du site internet d’information https://ondeinfo.com/, ne cesse d’alerter, d’interpeller, d’interroger et de secouer un magma politico-sociétal qui régit hermétiquement une certaine vie communautaire soninké aujourd’hui. Son plaidoyer est constant et plein de sagesse discursive pour l’avènement d’une société débarrassée de vielles recettes indigestes moralement et socialement de nos jours. Il appelle à une dynamique reformatrice pour consolider et asseoir une véritable cohésion sociale sur la base de la dignité humaine et de l’égalité citoyenne. L’ensemble communautaire a besoin d’une mue pour s’adapter et larguer à un ailleurs loin ses tares foncièrement nuisibles au vivre-ensemble.
Également, concernant la vie publique nationale, il nous sert régulièrement ses analyses riches et interpellatives à l’endroit des décideurs étatiques et autres acteurs sociaux. Les thématiques et les problématiques n’échappent que rarement à son diagnostic lumineux doublé d’une batterie de propositions émises et comprises en filigrane par une habileté textuelle d’une facture proverbiale.
Il incarne la position historique et visionnaire de tant d’intellectuels par le passé qui ont su habiter publiquement cette qualité par de la substance avérée et téméraire. Point d’idéalisme rêveur ni d’encrage prétentieux à partir d’un trône de condescendance d’un lettré incohérent et complexé, M. Sidibe est une source-ressource sociale et intellectuelle qui peut contribuer à l’émergence d’un ordre social et politique JUSTE à l’intérieur de son groupe sociolinguistique ainsi que dans son pays.
Je tiens à lui consacrer ce modeste élément qui ne prétend aucunement de faire intégralement son portrait d’acteur social et intellectuel qui compte positivement dans les débats publics. Par ses sorties médiatiques que notre Blog https://ecrit-ose.blog/ a eu l’honneur de reprendre régulièrement, j’estime qu’il représente une figure inspirante pour les univers mentaux et les engagés investis dans notre écosystème social, politique, éducatif et culturel.
📸 Paris courant 2014… sit-in de soutien à nos camarades militants abolitionnistes IRA incarcérés en Mauritanie.
Après un bref et intime feedback sur une décennie de modeste observateur- acteur de l’écosystème militantiste mauritanien, je me convaincs à croire que nos compatriotes haratines engagés dans diverses initiatives militantes et lobbyistes à l’intérieur ou- et à l’extérieur du système étatique, peuvent constituer une grande source d’inspiration. Ils disposent d’une élite sociale, politique et militante qui n’est pas d’accord à 100% sur TOUT en termes de méthodologie, de tempo, de priorités phasiques, d’adaptation et de champs à investir quand, comment, par qui et avec qui….mais travaille intelligemment et sûrement pour une dynamique d’élévation sociale et politique qui force le respect. Et le collectif communautaire va en bénéficier directement ou indirectement…parce que l’Etat profond dans sa gestion de la chose publique veille par un commerce politique et une sorte de cooptation finement stratégique pour calmer et contrôler.
Du chemin a été parcouru depuis la fondation pionnière du mouvement El-Hor il y a plus de 40 ans, et ils sont partis de très très loin avec beaucoup d’écueils multidimensionnels et complexes. Le temps passant avec visions, résilience et patience sur différentes palettes de la vie publique nationale, aujourd’hui ils représentent une force politique incontournable (démographie, militantisme, lobbies, intellectuels, administrations…) dans sa diversité partisane, à toute INITIATIVE liée à la question nationale. Nous sommes très loin de la période d’Aleg 1958, lors du conclave entre élites de 2 ensembles (arabo-berbère et négro-africain) pour parler de l’avenir du « gâteau » (le pouvoir et ses privilèges) qui sera légué par l’administration coloniale. À l’époque, les cadets sociaux pour ne pas dire les esclaves et autres subordonnés statutaires de 2 bords, ne comptaient pas dans les débats, ni leur sort également. Et sans leurre d’ordre cutané et d’habillage culturel bien superficiel à disséquer de près, d’autres composantes encartées cadets sociaux en milieu négro-africain (soninké, peul..), se doivent un travail d’éveil profond et visionnaire sur les données sociales et politiques et s’inspirer de la communauté haratine. Ainsi aux uns et aux autres, nos chapelles associatives pour la défense des droits humains et nos revendications peuvent être différentes en ceci ou en cela, mais n’oublions pas la nature de nos réalités particulières et ce qu’on y aspire fermement avec réalisme progressif en se débarrassant de tout idéalisme brumeux et stérile.
La Nouvelle Expression – Beaucoup de choses pour un édito : la situation du pays, depuis ma dernière sortie éditoriale, les politiques mauritaniens, Ould Diay d’aujourd’hui et non d’hier, vision et perspective pour quel crédit ? Les gouvernants et la communication, le dialogue politique pour quelle copie ?…
Des sujets qui sont d’un intérêt pour ma modeste contribution par ma plume avec laquelle je viens de renouer malgré ma maladie bizarroïde qui s’active à m’éloigner d’elle. Le site web du journal La Nouvelle Expression a été piraté aussi depuis le mois de novembre 2024, donnant du fil à retordre aux techniciens et l’hébergeur. Cet autre cauchemar sera bientôt fini selon l’ingénieur-développeur qui s’occupe du site.
Alors pour cette première sortie après une longue période d’hibernation, comme une mission pour tout mauritanien concerne l’actualité grandement dominée par la campagne de refoulement des migrants. N’y était la méthodologie, le contexte évolutif des outils de l’information et de communication, surtout le temps choisi par nos autorités pour communiquer sur le sujet, je n’aborderai pas ce sujet.
Historiquement, politiquement voire humainement, l’approche utilisée pour gérer ce phénomène n’est pas digne de cette Mauritanie qui se veut un Etat de droit respectueux de la dignité humaine dans un contexte régional balbutiant. Le redessinement de la géographie politique de notre sous-région avec son lot de turbulence est de nature à édifier nos politiques sur les conséquences de leurs décisions engageant nos relations avec nos voisins.
Les fautes d’un passé récent qui ont endeuillé ou endeuillent encore les Mauritaniens et leurs voisins, avec des larmes qui n’ont pas encore séché, doivent nous interpeler et nous guider pour la gestion des dossiers concernant nos hôtes, même si nous ne les avons pas invités. Mais nous devrons savoir qu’ils le sont par «la nature… ».
Ces pays voisins ne sont autres que le prolongement naturel de cette Mauritanie qu’on pense sécuriser contre le flux migratoire (n’eut était le colonisateur, tous ces pays pouvaient être la Mauritanie) où la géographie et l’histoire ont décidé autrement. Mais le quotidien de nos populations et les liens séculaires sont là, comme des facteurs qui nous interpellent pour plus de retenue et d’humanisme pour notre marche commune. Ces populations ont tout en commun. TOUT. Nous partageons tout, ensemble. Le cas du Sénégal et la Mauritanie, c’est la chambre et l’antichambre. La vie et l’existence de ces deux pays sont intrinsèquement liées ; cela est valable aussi pour le Mali, le Sud-est mauritanien.
Si le redessinement de notre géographie a fait de chaque territoire arbitrairement un Etat entièrement à part, les populations, elles, sont une seule et même nation. Elles ne pensent pas aux frontières. Alors, aux gouvernants de s’y s’accommoder, avec respect et discernement. On ne peut et ne doit continuer à laisser notre police à jeter de l’opprobre sur cette Mauritanie qui a tant souffert de nos turpitudes.
Un pays à coté des autres pays qui a des citoyens dans ces différents pays pour diverses raisons. Notre police a besoin sincèrement d’être éduquée. Elle a besoin de mériter la Mauritanie, terre d’Islam d’où l’intégrité et la dignité humaine ne peuvent, continuellement, être violées, comme nous le rappelle notre histoire récente.
Nous avons beaucoup de linge sale qui nous préoccupe. Cessons donc de triturer, d’humilier cette Mauritanie. Pour une fois que nos responsables font face aux bourdes indignes et incommensurables nées de la gestion calamiteuse du flux migratoire, il est temps qu’ils agissent ou qu’ils démissionnent. Hélas, n’est pas Dafa Bakari qui veut !!
Ces ministres-là nous font honte, avec leurs ridicules pamphlets pour expliquer une situation qu’ils analysent autrement dans leurs salons ou entre amis.
Cette hypocrisie doit cesser, la Mauritanie mérite plus et les étrangers qui vivent parmi nous ont des droits. Ils sont des humains comme nos concitoyens qui sont partout dans le monde. Et qu’on ne s’y trompe pas : nous sommes des Sénégalais, Maliens et Maghrébins d’origines africaines parce que nous sommes des Mauritaniens.
Dans nos contrées soninkées, une forme « d’extrémisation religieuse » s’installe, non pas par la violence, mais par un enfermement doctrinal rigoriste ou rigide. On voit des dévots et des dévotes, des habits qui rappellent le soleil ardent de l’Arabie, des qamis, des miswaks (cure-dents), des appellations… La foi, qui devrait être une relation intime entre l’individu et son Créateur, devient un marqueur social où l’apparence prime sur l’engagement réel. Cet enfermement réduit la religion à une série d’interdits et d’obligations visibles, oubliant l’essence même de la spiritualité et du vivre-ensemble.
Au moment où on assiste à une citoyenneté de façade, où l’affirmation identitaire l’emporte sur la participation active à la société, il est urgent de se saisir de ce phénomène pour alerter face à cette mode. Pourtant, se couvrir la tête ou porter une barbe ne saurait remplacer l’éducation, la réflexion et l’épanouissement intellectuel. Pendant que certains s’enferment dans des codes religieux, d’autres risquent leur vie en mer, en quête d’un avenir ailleurs. Cette fracture illustre une crise profonde : l’incapacité à proposer des perspectives solides à une jeunesse tiraillée entre traditions figées et aspirations modernes.
Sortir des tares traditionnelles pour tomber dans l’isolement religieux n’est pas un progrès, mais une nouvelle forme d’aliénation. Les vrais combats de société – l’éducation, l’égalité, le développement économique et la lutte contre les discriminations – doivent se mener loin des dogmatismes. La foi peut être un moteur de dépassement de soi, mais elle ne doit ni freiner le progrès ni diviser.
L’urgence est de redonner du sens à l’engagement citoyen et social, de replacer le savoir et l’ouverture d’esprit au cœur de la société. La religion ne doit pas être un instrument de repli identitaire, mais une force d’élévation, au service de l’humain et de son épanouissement. Seule une vision éclairée et inclusive pourra préserver le Soninkara de l’isolement et lui offrir un avenir harmonieux, où spiritualité et progrès avancent ensemble.
Le terrain religieux est souvent utilisé pour justifier des pratiques oppressives à l’égard des femmes, ancrant des inégalités sous couvert de spiritualité. L’excision, bien qu’absente des textes sacrés, continue d’être perpétuée au nom d’une prétendue norme religieuse, privant des millions de femmes de leur intégrité physique et psychologique. De même, le mariage forcé enferme de jeunes filles dans une dépendance totale, sous prétexte de devoir religieux.
L’endoctrinement se manifeste aussi par l’imposition du voile dès l’enfance ou la restriction de l’accès des femmes à l’éducation et à la vie publique, les cantonnant à des rôles domestiques. Pourtant, l’histoire montre que foi et émancipation féminine ne sont pas incompatibles. Nana Asma’u, érudite du XIXe siècle, a œuvré pour l’éducation des femmes en Afrique de l’Ouest. Fatima al-Fihri, au IXe siècle, a fondé l’université Al Quaraouiyine, prouvant que les femmes ont toujours été des bâtisseuses du savoir. Aisha bint Abi Bakr, épouse du prophète Mohamed (SWS), était une autorité en jurisprudence et en théologie.
Voici là des contre-arguments face à cette « soudanisation » du Soninkara. Il est urgent de déconstruire ces discours et de réaffirmer la place des femmes comme actrices libres et éclairées de leur destin. La religion ne doit pas être un instrument de domination, mais une force d’élévation et de justice. Le travail et la transformation doivent guider nos pas.
Il est natif de la localité de Diadjibiné en 1970 dans le Gorgol. Il y a effectué sa scolarité en primaire avant de passer par différents établissements aux niveaux collège et lycée (Mbout, Sélibaby, Kaédi et Nouakchott). En 1992, il décroche son baccalauréat Série D et entame ses études universitaires en Médecine au Niger (1992-2001) et en Côte d’Ivoire (2007-2013) avec une spécialisation en Endocrinologie-Métabolisme et Nutrition . Il est titulaire d’un Doctorat d’État en Médecine obtenu à la Faculté de Médecine à Niamey au Niger en 2001. Docteur Coulibaly dispose d’une expérience de 6 ans de praticien en Médecine générale comme médecin-chef dans différents départements à travers le territoire national. À Nouakchott, il a exercé durant 12 ans en Endocrinologie-Métabolisme et Nutrition au Centre Hospitalier National – Service Médecine interne et également praticien vacataire dans d’autres hôpitaux de la Capitale. Au CHN, il y fut Médecin-chef du service de Médecine interne à partir de juin 2021.
Côté social, il a souvent participé à des caravanes médicales de santé avec différentes initiatives de solidarité et de prise en charge gratuite à l’intérieur du pays. Disponible, serviable et attentionné, il est doté d’un louable crédit social auprès de gens qui l’ont côtoyé et d’autres qui sont passés pour des soins sous sa responsabilité.
Il est membre de la Société africaine d’endocrinologie, métabolisme et Nutrition (SAEMN) ainsi que de la Société francophone d’endocrinologie et Diabetologie (SFED).
Au mois de mai 2024, il avait été promu chargé de mission au sein du Ministère de la Santé (Cabinet du ministre) .
Aujourd’hui, sa nomination comme Directeur général de l’Institut National d’Hépato-Virologie, suit la trajectoire très riche en mérites d’un praticien compétent et expérimenté dans son domaine. Nous lui souhaitons un grand succès dans ses nouvelles fonctions au sein de cet établissement avec efficacité sanitaire au bénéfice de la patientèle et un agréable cadre fonctionnel pour le personnel soignant.
Nous avons suivi avec un grand intérêt 2 interviews accordées par l’homme politique mauritanien M. Samba Thiam, à 2 plateforme Web TV. La dernière c’était chez Info Plus (https://www.facebook.com/share/p/12FnbciRBqz/) lors de laquelle il est revenu succinctement sur la genèse, l’évolution et l’actualité de son activisme politique. Une personnalité que d’aucuns qualifient de « controversée », dégage une teneur intellectuelle certaine et est dotée d’un parcours militant bien respectable et inspirant par sa constance et sa résilience. Le natif de Sélibaby dans le Guidimagha mauritanien, instituteur de formation, activiste téméraire, ancien prisonnier politique, ex président du mouvement des Flam et actuel président des Fpc (parti non reconnu par les autorités mauritaniennes), a su tenir vaillamment à ses convictions politiques sur une si longue durée. Sa parole publique retrace un pan historique de la marmite politique plus ou moins bouillante de notre pays. J’ai retrouvé divers éléments de comparaison dans ses récentes sorties médiatiques avec une certaine substance du livre « J’étais à Oualata » de l’ancien militaire M. Boye Alassane Harouna. L’ouvrage dont la préface porte la signature de M. Samba Thiam, ils ont connu la sinistre prison de Oualata et celle d’Aïoum. J’ai appris dans son interview, la durée de sa peine d’emprisonnement (5 ans) et qu’il fut gracié après 4 ans de prison. Une rude expérience humaine j’ose croire, et certains de leurs camarades de destin carcéral y ont péri affreusement. Les conditions de cette détention rapportées avec détails par M. Boye Alassane Harouna dans son ouvrage, sont inhumaines et infernales. C’était sous le régime répressif du colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya qui s’est muté président élu dans une démocratie boiteuse (déposé par un coup d’état en août 2005 et en exil doré au Qatar depuis).
Également dans son livre, le militaire laisse comprendre son implication dans le putsch avorté du 22 octobre 1987 et n’admet pas de quelconques liens organisationnels avec les civils arrêtés (en 1986 suite à la publication du Manifeste politique) dont M. Samba Thiam faisait partie. Le coup d’État capoté était préparé par des éléments militaires appartenant tous au groupe sociolinguistique poularophone. L’auteur confesse que dans la grande muette, il ne manquait pas de ressentiments et petites tensions entre les éléments arabo-berbères et négro-africains. Et ce, surtout après l’introduction en 1987 de l’arabe dans les épreuves du brevet de capitaine. Il nous informe aussi qu’une organisation militaire clandestine fut créée déjà en 1985, sous la direction de feu le lieutenant Sarr Amadou.
Ce livre et celui de M. Mahamadou SY (ancien militaire également) « L’enfer d’Inal » constituent des données conséquentes de référence dans la littérature politico-militaire très lourde de notre pays. On espère un travail similaire en production livresque dédiée venant d’acteurs civils ayant participé, vécu ou subi cette phase troublante et conflictuelle dans l’arène politique mauritanienne d’antan. Un jour, les mémoires de la riche vie militante de tonton Samba Thiam, attendues sûrement…!
Aujourd’hui l’ancien exilé aux États-Unis, est toujours investi dans le champ politique et membre remarqué de la Coalition antisystème qui avait comme candidat aux présidentielles de 2024, le député M. BiramDah Abeid (arrivé 2ème avec 22,10% selon la CENI). Lors de ses interviews, M. Thiam a abordé quelques traits programmatiques de son parti politique, comme l’idée d’une décentralisation poussée dit-il du pays pour changer la nature de la gouvernance actuelle en vigueur depuis de nombreuses décennies. Selon lui, si le pays est subdivisé en 4 grands ensembles à la base des critères socio-économiques et culturels relativement homogènes, gérés directement (hors régalien) par les acteurs sociaux locaux, une dynamique en termes de développement multidimensionnel pourrait émerger.
Quelques questionnements de ma modeste position de citoyen observateur :
Dans un pays qui regroupe différentes communautés bâties intrinsèquement sur de piliers coutumiers et tribaux inégalitaires et discriminatoires par la naissance, les patronymes et les statuts, on voudrait bien savoir la nature substantielle de ce pouvoir local avec une gouvernance élue, héritée ou cooptée sur place… Ne va-t-on pas répliquer avec acuité à une échelle régionale tous les dysfonctionnements et carences en termes d’égalité sociale et citoyenne? Peut-être une promotion des systèmes intra-communautaires qui carburent au parfum féodalo-esclavagiste… d’autres petites bagarres intestines… type sud soudanais peuvent s’allumer… que Dieu nous en garde !
Et concernant le régalien, l’État central actuel sur la sensible question liée à l’éducation et aux langues et leur place politique (vue à l’international), ose t-il laisser une libre gestion de la politique linguistique aux institutions locales ?
Et les implications ou les imbrications imprévisibles à terme avec les environnements frontaliers avec nos voisins sénégalais, maliens, algériens, marocains et sahraouis…, un gros risque de séparatisme et conflits entre représentations démographiques…dans l’occupation des espaces (terres et eaux), sans parler de la problématique migratoire et les immixtions difficilement contrôlables de la parentèle transfrontalière…
Et la ville Capitale, Nouakchott région, aura quel corps électoral pour quelles institutions…? Va-t-elle nous imposer un visa d’entrée et d’actes de résidence…. hein..?
L’actualité politique respire d’un temps dialoguiste en perspective…. nous espérons un sans tabous pour l’avènement d’un véritable état de droit autour la qualité de LA CITOYENNETÉ PLEINE ET SANS SÉLECTIVITÉ en fonction de notre terroir originel de naissance.
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