Biram Dah Abeid : « Des Noirs mauritaniens sont possédés par des Mauritaniens arabo-berbères » 

Mauritanie

Biram Dah Abeid est  la figure emblématique de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie, une pratique qui subsiste sous plusieurs formes, malgré les efforts entrepris pour y mettre un terme définitif. Mais son combat n’est pas du goût de tout le monde dans un pays où il est poursuivi en justice et qu’il a souvent quitté pour s’établir au Sénégal voisin. Ce militant des droits de l’homme, qui dirige l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie, porte un regard critique sur l’attitude de l’Union africaine face à la vente aux enchères de migrants africains en Libye, laquelle a suscité un concert de condamnations à travers le monde, et ne se montre pas tendre à l’égard des autorités mauritaniennes qu’il accuse d’entretenir l’esclavage, sous une façade de réforme. Issu de la communauté haratine, constituée de Maures noirs descendants d’esclaves, Biram Dah Abeid a répondu aux questions du Point Afrique lors de son récent séjour à Paris.   

Qu’en est-il de lutte contre l’esclavage en Mauritanie ? 

En 2017 et en 2018, qui point, environ 20 % des Noirs mauritaniens sont possédés par des citoyens mauritaniens arabo-berbères, le plus légalement du monde. La version locale de la charia islamique légalise, légitime et sacralise cette pratique. Ce corpus est inscrit dans la Constitution et considéré comme la principale source du droit et la seule interprétation officielle, valide et acceptable des textes sacrés du Coran et de la geste du Prophète. La Constitution actuelle, adoptée en août dernier, dit dans son préambule que la principale source des lois est la charia islamique. Pour l’essentiel, il s’agit de livres de l’école malékite, comme ils l’appellent en Afrique du Nord. Ainsi, la loi fondamentale sacralise-t-elle un code négrier, dont les visées esclavagistes dénient, de facto, l’égalité entre les races noire et blanche et autorise des musulmans à réduire en esclavage d’autres musulmans. Cet enseignement, constitué de normes, de jurisprudence et de principes généraux, codifie l’inégalité de naissance, autorise la vente d’êtres humains, leur châtiment corporel, le viol des femmes serviles et autorise la castration des mâles noirs. L’ensemble de ces prescriptions figure, en des termes explicites et pratiques, dans de tels livres ; dans un élan d’insurrection morale, volontaire et symbolique, j’en ai incinéré quelques uns, le 27 avril 2012. Des personnalités, des partis politiques et une partie de la population réclamèrent ma tête. Je ne suis pas sous le coup d’un mandat d’arrêt mais un dossier se trouve dans les tiroirs de la justice, par lequel le ministère public réclame la peine de mort contre moi au motif que j’aurais brûlé des «références sacrées ». La sentence est pendante, comme un chantage. Malgré tout, le chef de l’État, le Parquet, la majorité  des partis politiques organisés et les soi-disant érudits, pour la plupart des hauts fonctionnaires, réclament encore mon exécution. 

Avez-vous quitté la Mauritanie pour vous établir au Sénégal après avoir dénoncé l’esclavage qui a cours dans votre pays ?  

Je suis basé au Sénégal, à intervalle plus ou moins réguliers, pour des raisons de sécurité et de bien-être de ma famille et de mes enfants. Je reviens de temps en temps en Mauritanie, malgré le risque parce qu’il faut bien poursuivre la lutte. Je passe par l’aéroport ou à la frontière avec Sénégal, mais quand j’arrive dans mon pays, je suis escorté par la police et la gendarmerie jusqu’à la maison. Et l’on m’interdit d’établir une relation physique avec la population. Mes détracteurs prétendent que l’incinération de ce code négrier est un acte d’apostasie passible de la peine de mort.

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz affirme qu’il n’y a plus d’esclavage en Mauritanie, tout en admettant néanmoins qu’il y a encore ce qu’il appelle des séquelles de l’esclavage… 




Je vous renvoie aux documents des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Leurs enquêtes ont été  transmises au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ils ont écrit sans ambiguïté que l’esclavagisme tue d’une mort lente des milliers de Haratines mauritaniens. Le rapporteur spécial de l’ONU sur l’esclavage est une personne crédible qui n’est pas sous les ordres de Biram Dah Abeid.
Le président Abdel Aziz recourt au déni ; ce faisant, il contredit l’inflation législative qui tente de compenser l’ampleur du scandale par un surcroît de pénalisation formelle mais sans jamais toucher au fond du problème, à savoir l’idéologie raciste. Pourquoi avoir prôné la mise sur pied des juridictions spéciales pour prétendument réprimer l’esclavage si la pratique a disparu ?  Pourquoi a-t-il financé une chambre de juges ad-hoc pour réprimer l’esclavage s’il n’y a plus d’esclaves ? En réalité, ce sont bien les militants anti-esclavagistes qui partent en prison. La persécution qui s’abat sur eux en dit long sur la persistance de l’injustice servile en Mauritanie. 

La nouvelle Constitution, adoptée en août 2017, est-elle considérée comme une avancée majeure sur le terrain des droits humains ?   

La Constitution a été tripatouillée… Sur le plan des libertés, il n’y a pas eu d’avancées, non plus de recul ; disons que la réforme a été inutile. L’hymne national adopté est sectaire car inspiré par l’extrême droite arabo-berbère raciste et conservatrice. C’est un groupe informel qui gravite autour des militaires arabophiles qui sont adeptes d’un racialisme nimbé d’islamisme ; selon la mentalité dominante dans cet univers de paranoïa antioccidentale, la Mauritanie est une citadelle arabe, cernée de Noirs conquérants. Certes, l’écrasante supériorité numérique des noirs est un fait qui s’accentue, en Mauritanie, par la force de la démographie. Or, le risque de dissoudre l’arabité de la Mauritanie relève du fantasme puisque les descendants d’esclaves d’origine subsaharienne ne parlent que la langue de leurs maîtres. Toujours est-il que les Noirs, y compris les Haratines, constituent, au minimum, 80 % de la population ; la tendance est exponentielle. 

La Mauritanie est une société multiculturelle, fruit d’une histoire douloureuse et des particularismes… Qu’implique le fait d’être noir dans ce pays en 2017 ? 

Être noir en Mauritanie ? Je voudrais rappeler tout d’abord que sur un plan strictement historique, les Noirs sont les habitants autochtones de la Mauritanie. Les autres – berbères puis arabes – sont des allogènes, venus, par deux grandes vagues, aux Xème  XVIème siècles. À travers la nouvelle loi sur le recensement que le président Mohamed Ould Abdel Aziz a mise en place, tous les Noirs doivent prouver leur « mauritanité ». Ils sont tenus de remplir un formulaire inquisiteur et répondre ainsi à un questionnaire devant les agents recenseurs. Or, la plupart ne savent ni lire ni écrire et ne disposent de l’état-civil de leurs ascendants directs. Les Maures blancs abordent l’épreuve administrative avec beaucoup moins de contrainte.  C’est pourquoi, beaucoup de Noirs mauritaniens sont tombés dans l’apatridie, parce qu’ils n’ont pas pu remplir les critères d’exclusion définis dans le cadre de l’enrôlement. Nous tentons de les recenser, malgré les difficultés… Je vous signale toutefois, sans risque de me tromper, que cette situation concerne des centaines de milliers de personnes. Beaucoup d’enfants noirs mauritaniens ne peuvent plus aller à l’école parce que leurs parents buttent encore sur l’écueil de l’identité. 

Qui détient le pouvoir économique et politique en Mauritanie ?  

Une minorité ethno-sociale gouverne et jouit, même si en son sein, une majorité subit mais se tait, par esprit de corps. Les Maures blancs ont si peur de l’égalité et de la dilution de leur supériorité dans un Etat de droit, qu’ils préfèrent le déni à la lucidité ; ainsi, reproduisent-ils sans répit un modèle d’autodéfense suicidaire qui consiste à se refiler les privilèges, en vase clos. Pourtant, le chef de l’État et son entourage ont mis au ban toute la concurrence économique, sous la chape d’un monopole d’essence néo-patrimoniale.  Ils ont verrouillé la banque, l’armée, les marchés publics, l’immobilier, l’agriculture, la pêche, le commandement militaire et jusqu’au magistère religieux. Le système se reproduit sur le mode incestueux d’où sa dégénérescence fatale. 

Comment sortir de ces graves discriminations ?   

Seule s’offre à nous l’option de la poursuite d’un combat non-violent, en faveur des idéaux d’universalisme. IRA-Mauritanie et quelques associations alliées ont créé un mouvement de droit civique très mobilisateur, au sein duquel se sont agrégées tous les justes – Peuls, Haratines, Soninkés, Wolofs, Bambaras ou Arabo-Berbères – en rupture avec le statu-quo hérité. Nous avons également jeté les jalons d’une meilleure connexion à la diplomatie internationale. L’ensemble des défenseurs de la dignité humaine, qu’ils soient étrangers ou nationaux ont leur place dans cet effort vertueux. Nous ne croyons pas aux fantasmes du complot international contre le pays, l’Afrique ou le monde arabo-musulman. Nos ennemis sont dans nos pays ; nous ressentons leur proximité quant ils nous emprisonnent, nous empêchent de voter et pillent nos richesses en commun. 
« Les Africains font semblant de découvrir ce qui se passe en Libye, alors que la traite arabo-musulmane n’a jamais cessé depuis des siècles »

Quel regard portez-vous sur l’esclavage en Libye ? 



Je suis amer et désabusé quand les Africains font semblant de découvrir ce qui se passe en Libye en regardant une vidéo, alors que la traite transsaharienne arabo-musulmane, n’a jamais cessé depuis des siècles. Jusqu’ici, elle n’a été que timidement dénoncée par les Africains. Les occidentaux l’occultent et l’on peut les comprendre. Cet odieux et criminel commerce a autant saigné l’Afrique que son pendant triangulaire occidental. Cependant,  pionniers de la lutte contre le colonialisme, les impérialismes, l’apartheid et l’esclavage, qu’ils soient africains ou afro-américains répugnent à aborder la question In Fine, ils l’ont érigé en tabou. J’ai constaté, en ma qualité de membre de la diaspora noire dans le monde arabo-musulman, que le calvaire de dizaines de millions de personnes, de la Mauritanie jusqu’au fin fond de l’Inde et de l’Indonésie, en passant par l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, le Golfe et l’Iran, a été tu, je dirai sacrifié, par le panafricanisme, sur l’autel de la solidarité continentale, tiers-mondiste et confessionnelle. De cette attitude découle le refus de réprouver, voire  d’envisager toute forme d’oppression autre que celle infligée par l’homme blanc. 
 Ce n’est qu’une partie du tableau… 
Oui, certes ; d’ailleurs, pour le dire sans excès de pudeur, l’homme noir dans le monde arabo-musulman est synonyme d’esclave. Dans la majorité des dialectes du Maghreb et du Moyen Orient, l’usage simultané des deux termes tient du pléonasme. 

Comment jugez-vous l’attitude de l’Union africaine face à l’esclavage en Libye ?

L’Union africaine n’a pas apporté de réponse sur le fond ; elle s’est contenté du secours d’urgence sans se prononcer sur le substrat mental et historique qui a rendu possible une vente de personnes à l’encan, en Libye. Elle a vaguement promis de se pencher sur ce dossier. Il semble puéril de penser qu’il suffit d’affréter des avions en vue de rapatrier quelques milliers de malheureux pour que la cause de la tragédie disparaisse. Cette réponse, empreinte d’hypocrite et défaitisme, en dit assez sur l’urgence de réformer l’Organisation continentale, afin de lui accorder, envers les Etats membres, l’autonomie requise l’énormité de la tâche. 

Comment résoudre définitivement cette équation ? 

Les dirigeants africains sont tenus d’enclencher un processus de condamnation mondiale et faire en sorte que les responsables libyens impliqués dans cette forfaiture répondent de leurs actes devant la justice internationale, guère chez eux. Il s’agit de tous les criminels sans distinction : les acteurs non étatiques et l’État lui-même doivent répondre devant la justice. Cette démarche s’accompagnerait d’une action vigoureuse de L’OTAN et de l’Union européenne qui avaient entrepris une action contre le colonel Khadafi, au prétexte, ô combien fondé,  qu’il tue son peuple. L’on oublie souvent de  rappeler qu’en Libye, le racisme et les pogroms anti-noirs ponctuaient l’époque de la Jamahiriya. Une partie de la population libyenne est d’origine subsaharienne et, en cela, endure la marginalisation. Cela a toujours été ainsi, avant, sous et après Khadafi. Il n’y a pas que la Libye… Toute l’Afrique du Nord vit une expérience identique. Seul le degré de médiatisation établit la distinction selon les espaces. 

Les jeunes africains tentent massivement de s’exiler, par manque de perspectives sur place… La réponse à cette crise migratoire ne doit-elle pas comporter un important volet économique ?  




Pourquoi les Européens traitent-ils les effets et non les causes de ce phénomène qui pousse des jeunes à traverser les eaux pour aller en Europe ? Ces vagues de départs sont la conséquence de quelque chose de plus profond. Je citerai la démographie sans planification et ses conséquences, telles la déforestation,  la corruption, l’effondrement de l’école, le chômage et la prédation par des élites que l’Occident entretient, au nom du cynisme mercantile.  La migration vers l’Europe n’en est qu’à ses débuts, forts timides ; les prochaines vaguent vous surprendront par leur ampleur. Elles constituent la monnaie de décennies d’irresponsabilité et de laxisme dans le rapport de l’Occident à l’Afrique. A force de tolérer des dictatures et de détourner le regard de leurs crimes sous couvert de non-ingérence, le ressentiment contre le Monde libre grandit au sud de la Méditerranée et les apprentis jihadistes ne cesseront d’en tirer parti. Aussi, la question de la sécurité globale trouve une partie de sa réponse dans la nécessaire fermeté des démocraties à l’endroit des pouvoirs autoritaires du Continent. Emmanuel Macron demeure, à ce jour, le seul président européen à l’avoir pressenti mais son propos manque encore de vigueur. L’imprudence de continuer à financer, en Afrique, des politiques qui vous valent la haine et le stress permanent de l’immigration relève, à tout le moins, d’une légèreté bien insolite, de la part de dirigeants formés à l’école de la rationalité. Or, si l’Occident vacille, c’est toute l’humanité qui sombre.
Propos recueillis par J.J Arthur Malu-Malu

Source crédit: lePoint.afrique

Décret de la Présidence de la République instituant l’unité monétaire nationale


AMI – La Présidence de la République a rendu publique aujourd’hui le décret ci-après portant modification de la loi n° 73.135 du 18 juin 1973, instituant l’unité monétaire nationale.
« Le Président de la République :
• Vu la constitution du 20 juillet 1991 révisée en 2006, 2012 et en 2017 ;
• Vu la loi n°73-118 du 30 mai 1973 portant création de la Banque Centrale de Mauritanie ;
• Vu la loi d’habilitation n°2017 – 036 du 27 décembre 2017autorisant le gouvernement en application de l’article 60 de la constitution à prendre par ordonnance toutes les mesures nécessaires à la modification de la base de l’unité monétaire nationale ;
• Vu l’ordonnance n° 2017 – 001 du 27 décembre 2017portant modification de la loi n° 73-135 en date du 18 juin 1973 instituant l’unité monétaire nationale ;
• Vu l’ordonnance n° 2007-004 du 12 janvier 2007 portant Statut de la Banque Centrale de Mauritanie ;
• Vu le décret n° 183/2014 du 20 août 2014 portant nomination du Premier Ministre ;
• Vu le décret n° 009/2016 du 06 février 2016 portant nomination de certains membres du gouvernement ;
• Vu le décret n° 029/2016 du 02 mars 2016 fixant les attributions du ministre de l’Economie et des Finances et l’Organisation de l’Administration Centrale de son Département ;
• Vu les Délibérations du Conseil Général de la Banque Centrale de Mauritanie en date du 30 novembre et du 12 décembre 2017.
Décrète :
Article premier :En application des dispositions de l’Ordonnance n° 2017 – 001 du 27 décembre 2017portant modification de la loi n° 73-135 du 18 juin 1973, instituant l’unité monétaire nationale, il est procédé à la création de billets de banque et de pièces de monnaie suivants :
 Billet de 1.000 Ouguiya ;
 Billet de 500 Ouguiya ;
 Billet de 200 Ouguiya ;
 Billet de 100 Ouguiya ;
 Billet de 50 Ouguiya ;
 Pièce de 20 Ouguiya ;
 Pièce de 10 Ouguiya ;
 Pièce de 5 Ouguiya ;
 Pièce de 1 Ouguiya ;
 Pièce de (1/5) d’Ouguiya.
Article 2 :Les nouveaux billets de banque et de pièces de monnaie présentent les caractéristiques techniques ci-dessous :
• Caractéristiques techniques des billets de banque « en polymère » :
– Billet de 1000 Ouguiya :Longueur : 150 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 500 Ouguiya : Longueur : 145 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 200 Ouguiya : Longueur : 140 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 100 Ouguiya : Longueur : 135 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 50 Ouguiya : Longueur : 130 mm/Largeur : 66 mm
• Caractéristiques techniques des pièces de monnaie:
– Pièce de 20 Ouguiya : Diamètre : 26 mm/Poids : 7,63/Forme/ Tranche : Ronde / Lisse
– Pièce de 10 Ouguiya : Diamètre : 24 mm/Poids : 5,38/Forme/ Tranche : 10 pans / Cannelé fin
– Pièce de 5 Ouguiya : Diamètre : 22,5 mm/Poids : 4,71/Forme/ Tranche : 7 pans / Lisse
– Pièce de 1 Ouguiya : Diamètre : 19,9 mm/Poids : 4/Forme/ Tranche : Ronde /Cannelé
– Pièce de 1/5 Ouguiya : Diamètre : 16 mm/Poids : 2,1/Forme/ Tranche : Ronde /Lisse
Article 3 :Les billets de banque et pièces de monnaie créés, à l’article 1 ci-dessus, ont cours légal sur le territoire de la République Islamique de Mauritanie à partir du 1erjanvier 2018.
Par dérogation à l’alinéa ci-dessus, les anciens billets de banque et pièces de monnaie continueront à circuler concurremment avec les nouveaux billets de banque et de pièces de monnaie, conformément au calendrier fixé par la Banque Centrale de Mauritanie et au plus tard jusqu’au 30 juin 2018.
Article 4 :Au cours de la période du 1er janvier 2018 au 30 juin 2018, le sigle « A-UM » sera utilisé pour désigner l’Ouguiya ancienne et le sigle de « N-UM » désignera l’Ouguiya nouvelle.
Au terme de la période de transition, « UM » restera l’unique sigle utilisé.
Article 5 :À partir du 1erjanvier 2018, les prix doivent être exprimés en Ouguiya nouvelle et convertis en Ouguiya ancienne jusqu’au 31 décembre 2020.
Article 6 :Les anciens billets de banque et pièces de monnaie seront échangés et retirés de la circulation suivant les dates et modalités fixées dans le présent décret et précisées par la Banque Centrale de Mauritanie.
Article 7 :À partir du 1erjanvier 2018 jusqu’au 30 juin 2018, les anciens billets de banque et pièces de monnaie seront échangés, sur la base de 1 Ouguiya nouvelleégale à 10 Ouguiya ancienne, auprès :
 de la Banque Centrale de Mauritanie ;
 du Trésor Public ;
 des banques ;
 de la MAURIPOST ;
 enfin de tout autre guichet crée ou autorisé par la Banque Centrale de Mauritanie.
Les anciens billets de banque et pièces de monnaie continueront à être échangés auprès de la Banque Centrale de Mauritanie jusqu’au 31 décembre 2018.
Les anciens billets de banque et pièces de monnaie qui n’auront pas été présentés au plus tard le 31 décembre 2018sont considérés comme adirés. La Banque Centrale de Mauritanie est dégagée de ses obligations à l’égard des porteurs de ces billets de banque et pièces de monnaie.
Article 8 :La Banque Centrale de Mauritanie, pour les besoins de l’application du présent décret, peut prendre toutes dispositions nécessaires, donner des directives et recourir à l’assistance des services de l’État partout où ils se trouvent sur l’ensemble du territoire national.
Article 9 :Le Ministre en charge des Finances et le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie sont chargés chacun en ce qui le concerne de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie.
Fait à Nouakchott, le 27 décembre 2017
Mohamed OULD ABDEL AZIZ
Le Premier Ministre
Yahya OULD HADEMINE
Le Ministre de l’Economie et des Finances
El Moctar OULD DJAY »

Crédit source: AMI via Page Mauritanie 

JOURNÉE CULTURELLE GANBANAAXU: PhotoReportage comme vous y étiez!

Voir ci-après le déroulé des temps forts de la journée culturelle organisée par l’association ARMEPES-FRANCE et ses partenaires du forum GANBANAAXUN FEDDE. Vous lisez en textes, le discours inaugural du vice-président FOFANA Samba et d’un mot de remerciement du secrétaire général adjoint DIALLO Cheikh. 

  • Le discours inaugural du vice-président 

Mesdames , mesdemoiselles, messieurs 

 L’association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication de l’esclavage et  ses séquelles esclavagistes (ARMEPES-France) vous souhaite la bienvenue à l’occasion de sa première journée culturelle sous le vocable   GANBANAAXU qui signifie l’égalité intrinsèque entre tous les êtres humains vivant sur terre. L’association  dans son esprit et dans sa lettre vise à éradiquer l’esclavagisme statutaire et ses séquelles dans la communauté soninké dans son ensemble d’une manière pacifique mais aussi elle a pour vocation de lutter sans merci contre toutes les formes de discriminations à l’échelle nationale , africaine voire internationale. Il est prévu dans les textes et dans son règlement intérieur un plan d’actions qui peut se ramener à deux volets essentiels :

■ Le premier s’inscrit à travers la sensibilisation par tous les moyens légaux , à juste titre on peut citer le forum Whatsapp GANBANAAXUN FEDDE qui a connu déjà une résonance dans l’international soninkara et au-delà. 

■ Le second volet va se traduire par des actions  beaucoup plus concrètes , à savoir l’organisation de conférences , de caravanes , de réunions villageoises pour mieux toucher et éclairer l’opinion par rapport à cette problématique , on peut citer par exemple la conférence du 6 mars 2017 à Selibaby, capitale régionale du Guidimagha mauritanien,  à l’occasion de la journée nationale de l’antiesclavage pour la première fois dans cette contrée avec nos différents partenaires. 

L’association a aussi mis en place une caisse de prévoyance et de solidarité qui pourra servir de fonds pour le financement de projets de développement . L’ARMEPES-France  par le biais de son président,  ses différentes structures et par la voix du forum GANBANAAXUN FEDDE,  est honorée de votre présence et vous en remercie infiniment. Ainsi nous vous souhaitons une agréable et fraternelle  journée.
Je vous remercie. 

23 décembre 2017

FOFANA Samba, vice-président ARMEPES-France 


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            ● Le mot de remerciement du secrétaire général adjoint 


Mesdames , Messieurs 

chers membres et sympathisants d’ARMEPES-France et de GANBANAAXU*

 

J’étais heureux d’être avec vous si nombreux hier soir. 

Je tiens tout spécialement  à vous remercier pour votre présence, un grand merci aux invités de grande classe, les sympathisants, et surtout l’équipe événementielle, un grand merci et respects pour les mamans qui ont assuré la cuisine moyennant leur énergie pendant 24h. Grâce à vous nous avons pu passé une soirée belle en joie, en couleurs  et en retrouvailles. 

Le projet de «  ARMEPES GANBANAAXU » qui nous tient tant à cœur et nous a motivé à vous réunir ce soir entre surtout dans le cadre de la sensibilisation et de la prise de conscience des certaines réalités affectant le  VIVRE-ENSEMBLE au sein de notre communauté. 

Il s’agit d’un projet novateur de sensibilisation qui nous permet de  décider ensemble et de partager la richesse de nos différences. Ce projet est inédit en milieu soninké,  parce qu’il est basé sur l’appel à une SOLIDARITÉ RÉELLE entre toutes les composantes sociales en dehors de toute considération à caractère discriminatoire ou ségrégationniste. 

Grâce à des activités comme celle-ci, nous pourrons nous faire connaître davantage  et fructifier nos ressources en vue de pouvoir mener à bien nos projets ambitieux visant des bases sociales plus dignes et plus démocratiques.

Ce soir, je veux vous remercier tout particulièrement pour l’enthousiasme avec lequel nous nous sommes associés à ce projet. Tous comme les membres  d’une famille qui s’élargit  constamment, nous avons créé un formidable mouvement de partage. 
Je remercie aussi tous les bénévoles et en particulier le comité organisateur qui a  permis de réaliser cet événement  qui permet de propager ces sincères et fraternelles  ondes de SOLIDARITÉ EN VRAI.

Je vous remercie aussi, vous TOUS qui amplifiez encore ces ondes par votre présence remarquée et remarquable.
Mon mot de fin est au nom de la SOLIDARITÉ , je vous dis vive GANBANAAXUN FEDDE 

*Mouvement associatif transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkées. 

Paris 24 décembre 2017


DIALLO Cheikh, secrétaire général adjoint ARMEPES-France 





■ Suite l’événement en PHOTOS comme vous y étiez!

Traoré Adama, le responsable ORGANISATION et membre du bureau exécutif ARMEPES.

Une équipe du staff ORGANISATION

Le président Traoré Gaye en mode PRÉSENTATION 

De profil les différents conférenciers 

Les vaillants éléments de l’équipe SÉCURITÉ 

Autour de TIMERA Ousmane et DIKO Hanoune (intervenants et conférenciers) , le rappeur Yimbi Kumma et d’autres membres du mouvement GANBANAAXU FEDDE.

Le public côté Face en partie. 

Nos mères et soeurs remarquablement présentes 

Dr DIALLO Djibril , l’un des intervenants du jour. Des exemplaires de son livre « La Société soninké, hier, aujourd’hui et demain » étaient disponibles.

Le public côté Face en partie 2

Profil dans le public

Côté Face des intervenants

De G à D : Accompagnés d’un élément du staff  ORGANISATION, le secrétaire général de l’association MEMOUKÉ DIAGUILY, Moustapha Bakhayokho, le président Gaye TRAORÉ, le leader abolitionniste DIKO HANOUNE et Fofana Samba, vice-président ARMEPES-FRANCE. 

L’équipe ADHÉSIONS ET SOUSCRIPTIONS (Membres ARMEPES et CAISSE DE PRÉVOYANCE ET DE SOLIDARITÉ en préparation)

Demba TRAORÉ , équipe ORGANISATION et membre métronome du forum GANBANAAXUN FEDDE (TRANSFERTS AUDIOS). Il est membre de la cellule COM ARMEPES. 

DIALLO Ibrahim, équipe ORGANISATION, animateur Radio GANBANAAXU et membre cellule COM ARMEPES. 

À gauche Traoré Ousmane (Soninké facile), directeur des programmes Radio GANBANAAXU et DIKO HANOUNE.

Le public au premier rang, on reconnaît l’aîné et doyen Coulibaly Demba youba de DAFORT, premier à droite. 

De G à D : Dr Diallo Djibril, les doyens Cissokho Khassé et Camara Dramane gueleye. 

Le 2ème vice-président ARMEPES Diallo Ousmane Kodoré alias LINKY en bonnet avec quelques éléments du bureau ARMEPES. Rappeur, il a assuré une prestation artistique de haute volée  durant la soirée. 

Au milieu Aboubakar Dansokho (GANBANAAXU Haidara) intervenant lors de la soirée. 

Pape Coulibaly dit yimbi Kumma, directeur Radio GANBANAAXU. Rappeur, Il produit un son spécial GANBANAAXU lors de la soirée. 

Cissé Djibi, intervenant de la soirée

Au milieu Kenoute Moro, l’infatigable chargé des relations extérieures ARMEPES et l’un des responsables SÉCURITÉ. 

Diarra Demba, une voix connue du forum GANBANAAXUN FEDDE et intervenant du jour. 

Koundou SOUMARE, chargé de COM ARMEPES et DIKO HANOUNE. 

Stand buvette et restauration assurés par l’équipe ORGANISATION. Chapeau aux soeurs. 

Traoré Tougué, trésorier ARMEPES et l’équipe ORGANISATION. 

Côté cuisine, chapeau bas pour nos mères et nos soeurs. 

Traoré Moumy en présentation, équipe ORGANISATION et membre Bureau exécutif ARMEPES. 

Le public côté profil en partie 





Notre photo reportage est loin d’être exhaustif, mais notre choix s’est porté arbitrairement sur ces quelques clichés illustratifs et nous comptons fait vivre cette journée prochainement à travers des contenus vidéos.





24 décembre 2017


La CeCom ARMEPES FRANCE 

Nos contacts: Nos contacts :


Moro KENOUTE  06 62 32 03 56


Koundou SOUMARE  06 18 56 55 99


Mail : ganbanafedde@yahoo.com


« Peul-Arabe » : mythe ou réalité? 

Avant de développer cette très courte réflexion, j’aimerai préciser que je ne suis ni contre les Arabes ni pour les Peul. Mais je ne peux rester muet face à la falsification de l’histoire.  Je vais être simple et bref car Facebook est une arène où les longues réflexions sont souvent ignorées. 
Pour ce qui est de l’origine des Peul, il existe dans l’univers peul mauritanien, deux écoles de pensée : les tenants de l’origine arabe des Peul  et les défenseurs de l’origine nilotique, africaine et nègre de ce groupe. Je suis de cette dernière école et mes positions épousent les contours des réflexions, très connues, des Professeurs  Aboubacry Moussa Lam et Cheikh Anta Diop. Donc je vous fais économie de ma position.
Pour les tenants de la notion de « Peul-Arabe » (Fulɓe Aarabeeɓe), les Peul seraient originaires du Moyen Orient. Cette école de pensée a vu le jour avec le retour en masse de la première vague d’étudiants noirs arabisants partis approfondir leurs études dans le monde arabe, notamment en Egypte. Pour ces gens, le teint plus ou moins clair des Peul et les autres indices physiques indiqueraient l’origine arabe des Peul. 
Mais il faut dire que cette réflexion n’est pas tout à fait nouvelle même si l’objectif visé est un peu diffèrent. En effet, il s’agit là d’une prolongation de cette même pensée née après l’introduction de l’Islam en Afrique, pensée qui a poussé certaines familles peules à s’inventer des ramifications généalogiques jusqu’en Arabie, ramifications ponctuées de narrations imaginaires. 
Les nouvelles familles religieuses du Fuuta voulaient ainsi se rattacher à l’Arabie et à la famille du prophète (PSL) et faire ainsi de cette connexion imaginaire le socle d’un pouvoir religieux  à la recherche d’une mainmise sur le pouvoir  temporel.  C’est cette école qui fait des « Sy » des descendants de Shamsiddiin, de Yahya Al Kabiir etc…Vous comprenez alors pourquoi les Sy sont les fondateurs de la première théocratie musulmane en Afrique de l’Ouest et les inspirateurs de la Révolution de Fuuta des années plus tard. 
Malheureusement pour les tenants de cette école de pensée, cet « ancêtre originel peul d’origine arabe » auquel ils associent Ilo Yaladi n’a jamais mis les pieds en Afrique. Sa partenaire imaginaire n’a jamais mis les pieds en Orient. Et puisque les humains ne conçoivent pas des bébés par télépathie, l’homme de l’Orient ne peut être le père de l’enfant de la dame de la terre de Fari. De ce fait, la réalité tangible peule ne peut descendre de l’univers fictif arabe. Je dois préciser aussi qu’à  l’époque il n’y avait ni Facebook ni E-Harmony ni Viber et ni WhatsApp. 
L’autre argument est chronologique. Les Peuls sont présents sur le continent africain des millénaires avant l’arrivée du premier Arabe sur la terre de Fari. De ce fait, gynécologiquement, chronologiquement, mathématiquement, arithmétiquement, géographiquement et génétiquement, les Peuls ne peuvent descendre des Arabes. 
Bien sûr ces deux groupes ont par la suite créé des ponts matrimoniaux comme du reste cela a été le cas pour plusieurs autres groupes humains de cet espace saharien et africain. 
Je comprends très bien ce désir ardent, en Mauritanie, de se rattacher aux Arabes et surtout dans un pays où tout le monde cherche à « s’arabiser » pour avoir sa place au soleil. Mais de grâce, et comme le disait un ami, ne laisser point votre envie de boire du lait vous pousser à appeler une chèvre de votre enclos, MAMAN ! E

Siikam Sy

Source crédit: Post Facebook Mawdo Maalik

Communiqué de presse :Journée de travail pour Biram Dah Abeid et IRA-Pays-Bas

Le 20 décembre 2017, le président des réseaux IRA, Biram Dah Abeid, accompagné du président de IRA-Mauritanie-Pays-Bas, l’avocat au barreau d’Amsterdam Harouna Sy,  ainsi que trois membres de son bureau (Leida Florijn, Mamadou Kelly et Bocar Kante), ont  rencontré dans une séance de travail le directeur de Amnesty-Pays-Bas et ancien député hollandais Efuard Nazarski et le chercheur Melhem Mansour, membre du bureau Amnesty-Pays-Bas. Les discussions étaient centrées sur la coopération entre les deux organisations de défense des droits humains et sur l’expulsion de Melhem Mansour par les autorités mauritaniennes lorsqu’il était venu en Mauritanie pour dispenser une formation de Amnesty aux activistes Mauritaniens de la société civile.

En suite, dans la même journée et la même ville, Biram Dah Abeid et l’équipe dirigeante de IRA-Mauritanie-Pays-Bas, ont rencontré la présidente de la fondation des journalistes ZAM madame Conny Braam, fondatrice et animatrice du mouvement hollandais de soutien à la lutte anti-apartheid; madame Braam était en compagnie des journalistes Barth Luierink et Mr Gilbert. Les discussions des deux parties s’étaient axées  sur la contribution éventuelle de la plateforme et la fondation à la lutte contre l’esclavage et le racisme, que mène IRA en République Islamique de Mauritanie.

Dans la troisième rencontre qui s’est déroulée à Den Haag (La Haye) Biram Dah Abeid et l’équipe de IRA-Pays-Bas étaient reçus au parlement hollandais par l’honorable députée madame Sadet Karabulit présidente de la commission des affaires étrangères du parlement du Royaume de Hollande. Et au cours de cette rencontre, la discussion entre les deux parties a traité la question de la persistance de l’esclavage en Mauritanie, les passifs et actifs lourds de l’État Mauritanien en ce qui concerne la discrimination raciale, les déportations, les assassinats collectifs, les confiscations des libertés démocratiques, les détentions arbitraires et instrumentalisation de la justice, le viol des règles constitutionnelles..ect

Enfin les échanges ont été conclus par la situation grave et insupportable des détenus de IRA – Mauritanie  à Birmogrein,  Abdallahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram, celle du sénateur Mohamed Ould Ghada et son codétenu le sergent Mohamed Ould Mohamd Mbareck, les détenus du 16 décembre 2017 et la disparition de Mohamed Cheikh ould Mkhaitir après  la sentence rendu à sont sujet par la cours d’appel de Nouadhibou en novembre 2017.












Nouakchott le 21/12/2017          





La commission de communication



Tribune signée par Gaye TRAORÉ. 

Dans  un commentaire   sur cridem.org à la suite  de l’article  consacré   à notre directeur de Radio Ganbanaaxu  yimbi kumma  à la suite de son nouveau son Ganbanaaxu ,   un frère     nous juge de faire le jeu du pouvoir , de créer  un climat insurrectionnel   et  finit  et c’est là le sacre , Ganbanaaxu oui , Mais …..

je réponds que   ceux qui ont fait le jeu  du pouvoir depuis toujours ce sont  ceux  qui  ont obligé la veuve d’aimer  son bourreau , l’orphelin d’aimer le bourreau de son père , ceux  qui  ont cassé  toute promotion sociale  des certains patronymes à consonance bamabara  ou manding ,  ceux  qui ont utilisé ou transformer le Guidimakha  en  une foire clientéliste  sans  pragmatisme .Ceux  qui ont fait le  jeu du pouvoir  ce sont  ceux qui ont  fait croire   que tout  va bien alors que toute est ruine , ruine de la morale , ruine des mœurs , ruine de l’unité , ruine du mérite , ruine de la justice , ruine de la  fraternité , ruine  de la justice , la funeste liste   aux odeurs rance est longue  .Ganbanaaxu fedde  n’a pas créée un climat insurrectionnel , seul celui qui est en carence de projets , de projections ferait une telle lecture  plate,nauséabond et superficielle  .Ganbanaaxu  est un mouvement républicain , nous savons ceux pourquoi nous nous battons ,   nous ne ruminons   aucune sympathique revanche  là je ne fais que me répéter .Visiblement il y a un manque  de cohérence chez beaucoup de nos militants  mauritaniens de droits humains , le courage et la démarche loués ailleurs est  décrété   au sein de nos murs , de nos frontières   en insurrection .

La même  morale  qui  nous   a ôté  notre dignité  ne peut  susciter espérance et assurance pour nous .Dans beaucoup  de communautés  nationales aujourd’hui encore   le fait de castes , la dualité KOMO-HORO est   pratiquée et utilisée  dans  la sphère cultivée et occidentalisée .Dans une discussion  sur fait de l' »esclavage   endomagique ( escusez de l’exagération 

 si c’en est une! )avec  un  collègue ressortissant de PODOR descendant  d’une famille d’érudit très connu de la sous-région ouest africaine , il  me réserve  une réponse  en déça  de son immense culture générale : « toute façon , çà  on ne peut pas l’enlever « .Ma réponse , si on a pu chasser l’ignorance on peut  l’enlever  car c’est de l’ignorance  , la discussion est close . 

Pour revenir  au frère  qui nous accuse  de créer un climat  d’insurrection  dans tout  soni kara , nous  opposons que chaque   société  a sa phase  transitoire  mais la communauté  soninké   a comme thérapie beaucoup de phases transitoires , nous comprenons ce que ressentent les tenants d’un  ordre ancien  qui  ne relève que de l’ONIRIQUE .Ganbanaaxu veut des réformes  dans notre communauté  non une revanche, non une indemnisation de nos aïeux  abusés , dépossédés , déshérités ( du moins  pour le moment ).Ces réformes sont saines ,  vitales   et énergisantes  bien que  le goût est amère.

Non !Ganbanaaxu  n’as  pas créer  de climat d’insurrection, Ganbanaxu avec ses modestes moyens   a  montré  du doigt  nos tares , nos injustices  , nos mépris , nos exclusions  , nos divisions  considerés depuis des siècles  comme la norme .Une telle charpente  sociétale ne peut être  source de paix sociale et de Fraternité , d’où  l’urgence des réformes   sur  le foncier , sur le sprituel et le temps  ainsi  que les relations  horizontales  au sein de la société .Le tort  de ceux qui nous caricaturent   aujourd’hui  dans tout soni kara  audélà des frontières mauritaniennes, est de n’avoir  pas  pris au sérieux   la douleur , la colère  des personnes qui ont  été longtemps  considérées  comme le décor de  la  grandeur de SONI KARA , décor  néfaste et funèbre .Ganbanaau veut des réformes  , pas  la révolte , Ganbanaaxu veut le developpement non l’immobilisme  au nom  d’une certaine grandeur  qui n’existe plus .Un rappel  important que Ganbanaaxu  adresse  tous , SONI KARA n’est pas une république  indépendante avec ses propres lois , nous sommes au sein des frontières     des pays   qui ont  des lois qui s’appliquent  à tous   et sans considération   aucune , et comprendre  ça  c’est  un premier pas   pour voir  avec courage   ce que veut le mouvement Ganbanaau pour la  communauté .

Gaye TRAORÉ, président ARMEPES-France et l’initiateur du forum GANBANAAXU FEDDE. 

TPMN exige la libération des détenus arbitraires


En marge de la marche et du meeting organisés par l’opposition démocratique, ce samedi 16 décembre 2017, les forces de répression du système raciste et esclavagiste de Mohamed Ould Abdel Aziz, ont encore une fois dévoilé le visage brutal et dictatorial du régime qui nous gouverne en s’en prenant à de jeunes manifestants pacifiques ciblés en réalité pour leur militantisme au sein d’organisations de la société civile. Touche pas à ma nationalité a ainsi vu deux de ses membres, Abbas Diagana, secrétaire général du mouvement, et Cheikh Diabira, arrêtés arbitrairement en même temps que des militants d’autres organisations dont la liste s’établit comme suit :
Marième Mint Boilil

Aboubecrine Ould Elbou

Mohamed Ould Dahane

Cheikh Ould Mourad
Touche pas à ma nationalité condamne avec la dernière énergie ces arrestations arbitraires qui foulent aux pieds les droits citoyens les plus élémentaires. Nous exigeons la libération immédiate et sans conditions de nos camarades et celle des autres militants injustement arrêtés. 

 Nouakchott le 17 décembre 2017

La Cellule de Communication

Crédit source: Post Facebook Alassane DIA

L’artiste Soninké Yimbi Kumma sort un nouveau son pour la promotion des droits humains dans le milieu Soninko en Mauritanie

https://youtu.be/SlT2S40hug0

L’artiste Soninké Yimbi Kumma sort un nouveau son pour la promotion des droits humains dans le milieu Soninko en Mauritanie, qui vise les coutumes ancestrales. Il est passé en direct sur l’émission Couleurs Tropicales, l’émission des musiques Afro sur RFI depuis 20 ans, présentée par le célèbre Claudy Siar qui avait tiré la sonnette d’alarme, il y a peu sur la vente aux enchères de Subsahariens comme des esclaves en Libye. Cela avait soulevé le tollé général et nous lui disons merci pour son courage.

Nous avons décidé de transcrire les paroles qui accompagnent le beau son, agréable à écouter, ô combien, elles sont instructives pour la communauté Soninkara dont il fait la promotion internationale sans relâche. Nous pensons, que ce jeune rappeur dynamique mérite l’attention de l’agence TADAMOUN, chargée de lutter contre « l’esclavage et ses séquelles », de la commission des droits de l’homme Mauritanienne, le commissariat aux droits de l’homme et l’ensemble des ONG qui militent pour la fin de l’esclavage, des inégalités par naissance de castes. Ci-dessous les paroles.

« Yimbi Kumma, je suis quelqu’un qui ne mange pas la sale bouffe ; Ganbanaaxu ; c’est Ganbanaaxu la vérité ; mais le mensonge et l’égoïsme ont détruit Soninkara, trainent Soninkara derrière les sociétés civilisées. Celui qui prononce le mot Ganbanaaxu de sa bouche ; on l’accuse de vouloir détruire Soninkara ; on le prend comme l’ennui juré public ; comment peut-on comprendre ça au 21eme siècle ?

Des humiliations quotidiennes sur la base de préjugés esclavagistes continuent à persister sur la tête de personnes encore; ils veulent ; qu’on devienne leur natte pour qu’ils puissent nous marcher dessus avec leurs chaussures. Ils veulent qu’on reste des aveugles pour qu’ils puissent nous diriger alors qu’on est tous instruits, éveillés et conscients. C’est vrai ; les anciens maîtres méchants ont maltraité, torturé nos ancêtres ; aujourd’hui ; les petits fils de ces méchants veulent qu’on reste dans cette situation ; mais Ganbanaaxu dit ; assez de cette situation ; ça suffit maintenant ; soyons tous pareils ; égaux ; respectons les personnes âgées au même niveau dans nos villages.

Comment la communauté Soninkara peut-elle avancer pendant que les Marabouts coutumiers dans nos villages refusent de dire la vérité sur l’illégalité de l’esclavage ? Ils ont placé leurs coutumes ancestrales devant la religion d’Allah; moi ; personne la plus âgée du village ; je dois m’humilier devant un petit jeune au nom de la coutume (Laada ou El-Ada); voila ce qu’ils appellent Soninkara agréable à vivre ; sucré ; Soninkara développé ; respectueux ; ils ont tourné dos aux humiliations, vexations esclavagistes ; il est où le principe de Ganbanaaxu dans cette société ? Si vous êtes de bons musulmans, vous devrez nous enseigner le bon chemin à suivre; un musulman n’est pas au dessus d’un autre ; Soninkara ne peut être agréable à vivre tant qu’il y aura des inégalités ; des injustices ; car ; ceci n’est pas dans l’intérêt de la société……………….. »

Explication du mot Ganbanaaxu est de : Nous sommes pareils ou égaux.

Crédit source: haratine.blogpost

Ustaz Abdoulaye TRAORÉ, l’un des dignes et courageux pionniers de la sensibilisation contre l’esclavagisme statutaire en milieux soninkés ces dernières années. 

Natif de Tistaye dans le Guidimagha mauritanien, Cheikh Abdoulaye TRAORÉ n’est pas un inconnu aujourd’hui dans le milieu soninké quand il s’agit de la sensibilisation antiesclavagiste. Mr Traoré, enseignant vivant en France depuis plusieurs années, est l’un des inspirateurs et membres fondateurs d’un mouvement inédit en milieu soninké de la diaspora « ARMEPES-France » qui s’inscrit aujourd’hui plus que jamais dans la mouvance abolitionniste à l’échelle transnationale. L’esclavagisme intra-africain sevit aujourd’hui dans la communauté soninkée par des séquelles vivaces qui perdurent dans plusieurs contrées. Ustaz Aboulaye TRAORÉ a, aux débuts des activités de l’association, animé 2 conférences d’une importance capitale qui feront date dans l’Histoire de l’engagement contre les assignations sociétales qui sélectionnent les dignités et les Droits selon les patronymes et les statuts de naissance. Aujourd’hui l’ampleur historique de la mouvance abolitionniste et revendicative des réformes sociétales en milieu, incarnée par le forum GANBANAAXUN FEDDE, fait que certains réactionnaires féodaux se radicalisent et s’essaient  à TOUT pour contrer en vain. 

Lors de la première conférence tenue le 19 Novembre 2011, ce cheikh qui osait nommer les « CHOSES » , fustigeait le système de LADALAMAXU qui constitue le canal de perpétuation d’un « doux » et trompeur joug esclavagiste intracommunautaires. Son discours a été axé sur les imbrications d’un ordre sociétal soninké qui est organisé sur des bases féodales où l’esclavagisme statutaire est érigé en « valeur sociale » . Grâce à cette implication courageuse et digne, plusieurs personnes ont été conscientisées et alertées sur l’habillage fait au nom des convenances coutumières concernant certains rapports liant les familles des anciens esclaves avec celles des anciens maîtres. Dans cette lancée, il avait dénié toute légitimité religieuse à ces pratiques ancestrales ne servant que la domination physique et psychologique des uns sur les autres. Également lors de cette conférence, il avait invité les participants et tout le monde soninké à l’étude SAINE des enseignements du Coran et des traditions prophétiques. Ainsi appuyant son argumentaire, il s’était attardé sur le cas des soninkés mauritaniens de la diaspora qui ne seraient pas trop intéressés par les études. C’était dans cette séquence explicative, qu’il avait rapporté les propos d’une de ses connaissances, qui lui avait dit en substance qu’ici en France si on entend parler d’un grand enseignant ou conférencier, il serait malien , sénégalais ou gambien, et que les mauritaniens seraient invisibles en la matière. Aujourd’hui à travers d’un bout d’audio tiré d’une conférence d’une heure et plus datant de 2011, certains malintentionnés bien connus s’autorisent à vouloir salir sa réputation. On voudrait lui attribuer des propos qu’il n’a tenus d’aucune manière. Son rappel pacifique aux bonnes consciences pour une relecture SAINE des enseignements du Coran et des traditions prophétiques, trouble certains milieux féodaux soninkés qui pensent que même la sphère du Divin vis à vis de ses créatures devrait respecter et correspondre à leur puzzle sociétal selon une certaine stratification sociale. 

Ici, il est lieu de préciser que Cheikh Abdoulaye TRAORÉ est au-dessus et de loin innocent de tout qui est rapporté à son propos. Un homme humble et pieux, cet enseignant et auteur de quelques livres, est visé à tort ces derniers jours alors qu’il venait d’animer une conférence instructive à Nouakchott ce 10 décembre dernier. 
Sa dernière grande conférence en France date du 8 décembre 2013 lors d’une journée des activités associatives d’ARMEPES-FRANCE. 
Tout notre soutien à Ustaz Aboulaye TRAORÉ. 

Le Cheikh continuera d’éveiller et Qu’Allah VEILLE IMMANQUABLEMENT. Ameen

Qu’Allah le Protège lui et sa famille, et Fructifie son savoir pour le Bien de la Oumma. Ameen. 

K.S

La parole libérée des anciens esclaves (2)


Le Calame – Après des années de souffrance sillonnées d’humiliations et de privations, les anciens esclaves savourent, désormais, la liberté et recommencent une nouvelle vie, grâce à l’action conjuguée des abolitionnistes. Un nouveau combat pointe à l’horizon. 
Après avoir recouvré leur dignité, ils doivent apprendre à vivre, à se prendre en charge, en se dotant d’une nouvelle demeure, à se munir de papiers d’état civil. Le plus difficile commence, sans doute, pour des gens qui, une fois consommés les premiers secours d’urgence, devront passer à d’autres paliers. Tout apprendre et survivre dans un nouvel univers.
Beaucoup d’espoirs et de projets, mesurés. Nous leur donnons l’opportunité de narrer leur passé douloureux et de leur vie présente d’hommes et de femmes libres, de faire part de leurs rêves et des perspectives qui s’offrent à eux. Les opportunités sont sans doute grandes mais pour des gens qui n’ont jamais bénéficié de la moindre formation professionnelle, ça ne sera pas des parties de plaisir.
Il s’agit donc de faire part, à l’opinion, via des témoignages poignants et émouvants mais sans animosité aucune, de faits ayant marqué tant de nos compatriotes,. Quand les langues se délient, c’est la parole libérée des anciens esclaves qui s’élève.
M’barka Mint M’barek
Je m’appelle Mbarka Mint M’barek, fille de Kheidama. Bergère, toute ma vie d’esclave. Quand je reviens, le soir, je trais le bétail, fais la cuisine, sers à manger, nettoie la tente. Je suis blâmée, réprimandée et insultée, par mes maîtres, quand les choses ne sont pas bien faites, quand j’en oublie, tarde à les accomplir ou quand je réponds à la femme de mon maître.
Je ne sais pas quand je suis venue avec la famille, je sais seulement que j’ai pris conscience avec eux. De mon enfance au moment où je suis partie de chez mes maîtres, ni le rythme de travail ni mon traitement n’ont jamais changé.
Je ne mange jamais avec eux. Mon maître me retrouve souvent en brousse, me harcèle et abuse de moi. De mes quatre enfants, Mbareck Salem, Laghdaf, Mboirika et Aicheta, trois sont de mon maître et de ses frères [mais ceux-ci ne reconnaissent aucun de ceux-là, ndlr]. Je suis habillée à chaque fête, soit trois fois par an. 
On ne m’a jamais permis de rencontrer d’autres personnes, d’aller dans les cérémonies. Il n’y a plus aucune relation maintenant. Au début, mon maître est venu nous donner de l’argent et cherchait à ce que nous retournions. Mais Kheidama, ma maman, a refusé. […] La relation avec SOS est fraternelle. On leur souhaite de bonnes choses.
Elle nous aide et nous accompagne […]. Mes maîtres étaient Ehel Bourada Bouh ould Bonane, Yenjé ould Bonane, Marieme mint Sweide, l’épouse de Sidi Mohamed, Mariema mint Bouna, Aicha mint ElHacen, épouse de Bouh, Nouha mint Moktar, épouse de Itawal Oumrou, Moija Mint Sweidi, épouse de Yenjé, Fatimetou et Fatma Yahya. 
Je veux avoir ma maison. Je souhaite que mes enfants soient éduqués. Moi-même, je veux apprendre. Je suis libre, c’est vrai. La fille de ma tante est encore en esclavage, je pense porter plainte pour qu’elle soit libérée de toutes les souffrances qu’elle subit. 
J’ai adhéré à l’association [SOS Esclaves, ndlr] parce que je veux connaître la vie, apprendre, m’assumer, etc. J’ai porté plainte contre tous mes anciens maîtres. Je cherche mes droits et ceux de mes enfants. Si l’on me proposait de l’argent, pour rien au monde je n’accepterai. Je ne peux pas oublier les souffrances que nous avons vécues, ma sœur et moi, loin de notre mère. 
Vatma Mint Zaida 
« J’étais assise jusqu’à ce que mon frère, Idoumou [antenne locale de SOS esclaves, ndlr], Maouloum et la gendarmerie viennent me trouver en brousse [dans la localité d’Outeyd Talhaya, aux environs de Nbeiket Lehwach, ndlr]. J’étais en haillons, presque nue, à m’occuper du bétail.
Je remercie Allah de ce jour, Nous sommes passés par le campement où nous avons récupéré mes enfants. J’en ai quatre. Un de mes fils est resté avec ma mère. Bergère, je pile aussi, lave, cuisine ; quand je me lève le matin, je m’occupe du bétail et, la nuit, quand je reviens de la brousse, je m’occupe de tous les travaux de la maison. 
Il n’existe pas de mots sales et autres injures que je n’ai pas entendus. Mais je n’ai jamais été bastonnée, physiquement. Je suis très mal habillée. On me donne un voile par an. Je mange toujours seule et suis toujours tellement fatiguée que je n’ai pas envie de manger. 
J’habite un abri constitué de trois bâtons couverts de haillons. Les esclaves qui sont là-bas vivent tous comme je l’ai décrit. Ces maîtres n’ont pas peur de Dieu ni des hommes. Ils sont capables de tout.
Moi, j’ai refusé qu’on me frappe mais il y en a d’autres qui le sont. J’ai vu ma propre mère frappée. Je n’ai plus vu mes maîtres, depuis mon départ. Leur fils, Yahafdhou, nous apporte de l’argent et des habits pour les enfants. Bien que son père soit en prison. La conciliation, c’est le fait de mon frère. S’il ne tenait qu’à moi, je n’aurais pas accepté l’accord. 
C’est grâce à l’association que nous sommes sortis, moi et mon frère, de l’esclavage. Je remercie Allah. Je suis des cours d’alphabétisation. Je pile pour des gens et j’effectue tout travail qui me rapporte quelque chose. Ici, j’ai appris à faire le couscous.
Mes maîtres sont des Oulad Daoud : Ikhallihina ould Haimao, maître Daoud, son fils Abdallah Ould Khalihina, El Beidh ould Maimad, frère du maître, Tahma Mint Haimad, Mohamed Haimad et Eide ould Haimad. Le fils du maître, Abdallahi, me fatigue beaucoup. Il nous met la pression, nous injurie.
Il n’ya pas de repos. J’aurais souhaité qu’il soit emprisonné. C’est lui qui a pris mon fils et l’a chargé de s’occuper du bétail. Il est plus méchant que son père.
Dans la vie de liberté, je veux faire du commerce, avoir un chez moi et des occupations rentables. Ma mère est vieille, je m’occupe d’elle, tandis que les enfants vont à la mahadra. Ils n’ont pas encore de papiers d’état-civil. Je n’en ai pas moi-même. […] Mon maître a été libéré, après une année de prison, j’aurais souhaité qu’il y reste jusqu’à ce qu’il nous donne nos droits à réparation. 
Ce qu’il a donné est insignifiant : trois millions cinq cent mille ouguiyas, pour quarante années d’esclavage. C’est moi qui ai souffert, je n’ai aucune compassion pour eux. Je n’étais pas d’accord avec mon frère. Je n’ai jamais été d’accord avec la conciliation ».
Essalme 
«J’ai fui avec mon fils il y a cinq ou six ans. Ma sœur a refusé de venir avec nous. Ses enfants sont là [à Bassiknou, ndlr]. Les maîtres n’ont pas été arrêtés. Ils se cachent. Ilsne m’ont jamais rien enseigné. Je ne dis que la vérité. Je n’ai qu’un terrain vague pour habitation. 
Je ne suis pas recensée. J’ai bien essayé mais ils m’ont dit que pour me faire recenser, il faut présenter mes parents qui ne sont plus vivants. Mon problème, c’est surtout de retrouver mes enfants. Je ne connais pas mon âge. J’ai pris conscience avec ces gens. Mon père était avec d’autres. Nous étions partagées entre plusieurs familles. Je ne sais pas prier. Je ne connais que garder les animaux.
Idoumou Ould Abeïd, point focal SOS Esclaves à Bassiknou
« C’est pacifiquement que je combats l’esclavage, depuis le jour où je m’y suis décidé[…]Parfois, des maîtres notoires se présentent à des marchés forains. On les dénonce à la gendarmerie. Parfois, ils sont arrêtés et envoyés à Néma. Mais il n’y a jamais de sanction, à part une ou deux.
Il y a eu une affaire qui s’est conclue par une conciliation. Mais, finalement, l’argent qu’il devait être versé ne l’a jamais été. Les dossiers d’esclavage, au Parquet, sont au nombre de 113 […] mais le laxisme est partout de mise, à tous les niveaux. 
Les esclaves souffrent, dans l’ignorance la plus totale, et ne peuvent même pas s’acquitter de leurs obligations religieuses. Des fois, les anciennes victimes reçoivent de l’aide. Mais, le plus souvent, ils sont oubliés, lors des opérations de distribution. Ils sont privés de tout, par les notables et les élus qui sont, tous, des féodaux et des esclavagistes. 
Vatma Mint Hamady
A l’origine de ma libération, c’est mon frère Hamou. Je me peux pas pardonner les bastonnades des enfants, le travail forcé et brutal, sous la pluie, sous le froid, sous le vent. Dieu sait qu’on me fait entendre de mauvaises paroles, quand je suis les animaux, quand je fais la cuisine, quand je vais puiser de l’eau. 
Mais, moi aussi, je n’ai jamais mâché mes mots avec eux. J’allaite et lave leurs enfants, nettoie, cuisine… Malade, je ne peux pas me coucher. Quand le bétail se perd, je suis battue. Quand je tarde à descendre les pans des tentes, je suis insultée, on me frappe avec un bâton enflammé tiré du foyer [elle montre une cicatrice au genou gauche, ndlr].
J’ai été injuriée par des propos que je ne peux pas répéter. J’ai été battue, brûlée mais jamais abusée sexuellement. […] Je n’ai plus aucune relation avec mon ancien maître. Je souhaite qu’ils soient punis de bien plus qu’un an de prison. Cette peine ne suffit pas.
L’association [SOS Esclaves, ndlr] me rend beaucoup de services. Elle me donne de l’argent, nous aide, moi et mes enfants, et m’accompagnent dans les démarches, pour l’obtention de mes droits. […] Mes maîtres sont Sidi Mohamed Bouna Hamena Ould Bouna [en prison, ndlr], Fatma Mint Sidi Brahim, Jar Ould Sidi Mohamed Bouna, Ould Sidi Ould Bouna et d’autres enfants. Je veux acheter un terrain, construire une maison, avoir un troupeau de vaches et de chèvres, une charrette et des ânes. 
J’ai une grande fille mariée, Tahra, un fils qui fait le journalier, des petites et un autre garçon qui vont à l’école. Je souhaite qu’ils y réussissent et que nous obtenions enfin un état-civil. […] Le procès eu lieu et sa décision est l’emprisonnement. Mais, s’il y a une possibilité de faire appel, je suis d’accord : j’attends une juste réparation ».

Saada Mint Mabrouk
« Je me rappelle l’action d’un comité venu dans notre localité (Mzeirig), près de Bassiknou. Les Maures ont pris peur et m’ont donné deux ânes et six chèvres. [C’était une mission de SOS-Esclaves et de gendarmes, accompagnée de son frère, ndlr]. C’est à ce moment-là que tout s’est déclenché. 
On m’a envoyée en brousse, et mon maître aussi. Ma vie d’esclave, c’est les mauvais traitements, les bastonnades, pour moi et mes enfants. J’en ai cinq : trois filles et deux garçons. 
La plus petite, Chaya, a sept ans ; Vatma, environ neuf ; Lalla Vatma, onze ; Barke est plus âgé de deux ans que Lalla Vatma; et puis mon aîné, Khweibir. Je ne suis pas sûre mais je pense que les garçons sont à Bassiknou, en train de travailler dans le charbon.
Très jeune, je suis les animaux, cuisine, pile le mil, puise l’eau, trait les vaches, les chamelles, les chèvres et les conduis, avec les moutons, de l’aube jusque très tard dans la nuit. 
Je n’avais de relation avec aucun membre de ma famille. On me disait que ma mère était morte. Aujourd’hui, je vis avec elle. Elle est bien vivante. J’ai été mariée, durant une courte période, et j’ai divorcé. Je ne sais pas où est le père de mes enfants. Je n’ai pas été objet de violences sexuelles.
Très petite, j’ai commencé à apprendre le Coran, portant ma tablette avec moi, derrière les animaux, mais ça n’a pas duré plus d’une semaine. Mes maîtres ont vite arrêté cet enseignement. Mais j’ai appris à prier. Je passe la journée en brousse et prie là-bas.
Mes maîtres n’étaient pas gentils. Habillée une fois par an, je me débrouillais pour vêtir mes enfants. Nous mangions seulement le soir. Il n’y a pas de ration spécifique pour nous. De ce que je prépare, pour les maîtres, j’en prends une partie, pour moi. Depuis mon départ de chez eux, je ne les ai jamais vus. Je n’en entends même plus parler. L’association nous donne de l’argent.
Cela me permet de vendre et d’acheter. Elle me fournit de temps en temps des vivres [riz, blé, huile, ndlr], cela nous permet de faire face. Je parle de l’association bienfaitrice qui aide les esclaves [SOS-Esclaves, ndlr].
Je veux, à l’avenir, vendre, acheter. Je fais du couscous que je vends, je vends des biscuits, bonbons, allumettes et briquets. La vie que je mène, actuellement, est meilleure qu’avant. Je vis avec ma mère prétendue morte. Ce que j’endurais, avec mes maîtres, ce n’est pas une vie. J’étais entre le ciel et la terre, à courir du matin au soir. Maintenant c’est différent, je suis libre, je suis bien.
Les chèvres et les ânes que les maîtres m’ont donnés, je les avais laissés à mes tantes. J’ai demandé qu’on me les envoie à Néma, mais la personne à qui on les a donnés, les a vendus et en a utilisé l’argent. Mes maîtres sont de la tribu de Oulad Daoud, des Ehel Bourada: Sidi Mohamed ould Ethmane et son épouse Minétou Mint Mohamed. Leurs enfants sont Ahmed, Khatri, Vatma, Lalla Vatma, Cheia, Lalla, Marièm et Meriem. 
J’ai déposé une plainte en justice. Je réclame mes droits. Je veux qu’on me ramène ma fille Vatma qui est restée avec Ahmed Ould Ehl Ethmane, frère de mon maître. Je suis satisfaite de ma situation actuelle. Avec ma mère, j’ai pu avoir un état-civil mais mes enfants n’ont pas encore de papier. 
Kheinatha, grand-mère de Lalla Aicha Mint Mohamed
« Lalla Aicha est restée une journée avec la maîtresse, Lalla Aicha mint El Galla ould Abdel Wahab, à Kusmara. La maman de Lalla Aicha était esclave des Ehel Abdoul Wahab, une tribu des Oulad Daoud ». A l’origine, une bagarre, entre la famille et ses esclaves. La grand-mère a téléphoné à son fils. Elle raconte : « Nous avons marché jusqu’à Kassala et mon fils est venu nous récupérer pour nous amener à Bassiknou. Ma fille Setra et moi sommes arrivés à Bassiknou où nous avons retrouvé une autre de mes filles Dadde. 
C’est là qu’elle avait mis au monde Lalla Aicha. La maîtresse est venue prendre son homonyme, après le décès de Dadde. Ce sont les voisins harratines qui ont dénoncé le départ de la fillette chez la maîtresse. SOS esclaves et la gendarmerie sont allés les ramasser, elle et la maîtresse, et les ont déposés au Parquet de Néma.
Je me rappelle bien. Nous étions parties en voiture avec Lalla Aicha. Elle m’avait dit de venir avec elle à Kusmara. Mais je n’y ai fait qu’une journée. Les gendarmes sont venus me reprendre avec ma petite-fille. Les gendarmes ont demandé à Lalla Aicha, la maîtresse, de venir avec eux et ils nous ont déposées à la brigade. Depuis l’épisode de Néma et du tribunal, nous avons appris qu’elle est retournée deux fois à Néma ».
Vatma intervient : « J’ai des frères et sœurs : Cheikh Issa, Agnida et Daddah ; qui habitent avec moi et ma grand-mère. Nous ne sommes pas recensés. Je vais à l’école. Je veux, à l’avenir, devenir employée dans une maison parce que je veux gagner de l’argent ». La grand-mère reprend : « Nous ne voulons que la paix. Par Dieu, qu’elle nous laisse en paix,q u’elle nous laisse en paix ! » 
Moima mint Abderrahmane (environ 80 ans, malade et presque sénile) 
Je suis Moima Mint Abderrahmane, j’étais à Azamat (vers Bassiknou), esclave de Hel Bouna ould Archaq. Mon maître se nomme Archaq Ould Bouna et son épouse, Nanna Mint Sidi Mohamed Bouna. Le frère de mon maître, Sidi Mohamed Ould Bouna, est mariée à Vatma Mint Sidi Brahim. Avec mes maîtres, je travaillais comme bergère, je cuisinais les repas et faisais tous les autres travaux de la maison. C’est moi qui ai porté tous leurs enfants, je les ai allaités et pris soin d’eux.
Lorsque je suis devenue faible et vieille, les maîtres ne me parlaient plus. Ils m’ont laissé de côté. J’ai appelé mon fils, il est venu me ramener à Néma dans sa maison. Mes maîtres me traitaient comme une esclave mais sans violence, ma maîtresse venait même piler avec moi, quelquefois. Ce sont de bonnes personnes. Mais la vraie vie, c’est seulement ici, avec mon fils. Pour rien au monde, je ne retournerai là-bas. La vie, chez les maîtres, et la vie ici, avec mon fils, sont incomparables. 
Je n’ai pas porté plainte. Au moment de partir avec mon fils, mes maîtres m’ont donné de l’argent. Je ne me rappelle plus combien. Mes relations avec la famille de mon maître sont bonnes, le fils de mon maître est venu ici me voir. Mes relations avec l’association sont bonnes aussi. Je les remercie de tout ce qu’ils font pour moi. Ils me font beaucoup de bien. 
J’ai laissé, derrière moi, chez les maîtres, ma sœur Moumna et ses enfants, Sidi Mohamed, Dadda, Mabrouka, Hayna, Tahra. [Toutes ces personnes sont encore en esclavage chez Archa]. Je n’ai pas de papier d’état civil. Je n’ai qu’un fils [Sidi ould Mahmoud]. Moi, j’ai toujours vécu en brousse. Si quelqu’un vient pour me ramener chez Sidi Mohamed, je ne vais pas accepter mais je peux lui rendre visite.

Propos recueillis par THIAM Mamadou
Au service du programme : « Liberté, droit et justice pour combattre l’esclavage par ascendance en Mauritanie »

promu par le Département d’Etat des Etats-Unis

Crédit source: Page Mauritanie Facebook