● Mauritanie : La haine jusque dans la tombe ! | [IRA et LAA]

Note de vigilance citoyenne, Nouakchott, avril 2025
1. Le 7 avril 2025, une foule rameutée par des haut-parleurs, ponctués d’Allahou Akbar, affluait dans un cimetière de la ville de Sélibaby, chef-lieu de la région du Guidimagha, pour applaudir l’exhumation de la dépouille de Souleymane Sow, ressortissant malien, enterré depuis peu. Excités dès l’avant-veille sous l’instigation d’imams fanatisés, des milliers d’habitants refusaient l’enterrement du défunt parmi les sépultures musulmanes, au motif qu’il se serait converti, de son vivant, à la foi chrétienne. Dans une ambiance de kermesse, en présence passive de l’administration civile, de la sûreté, de la gendarmerie et de la garde, le mausolée est détruit et le corps est traîné à travers ruelles, comme un trophée. Nul ne sait, à ce jour, quelle fut la destination dernière du trépassé.
https://youtube.com/shorts/7B1hwnAJvAk?si=j1bAxGibMW_Rk9IC
2. Seul, vaillant au milieu des vociférations du populaire qui le voulait lyncher, le maire de Sélibaby s’opposa à la forfaiture. Quantité de séquences vidéo dévoilent les diverses facettes de l’instant d’hystérie collective où la population, solidaire, défendait sa religion menacée par un cadavre. Même les enfants participaient à l’émeute post-mortem.
https://www.facebook.com/share/r/1AacQLMAhB/
3. Souleymane Sow appartenait à une petite communauté de prédicateurs protestants, brièvement détenus en janvier 2024 puis libérés après avoir abjuré, sous la contrainte. Sitôt revenus à une existence normale, ils reprenaient leurs activités d’évangélisation, parcourant les villages à moto, afin de répandre le message du Christ. Souvent indifférente à leur égard, la paisible population du Guidimagha s’étonnait, cependant, de leur promptitude à venir en aide aux plus démunis. Certains les accusaient d’user de zèle caritatif pour attirer de nouveaux fidèles et porter ainsi atteinte à la cohésion de la Umma.
4. Le 8 avril, lendemain du trouble, une décision du sommet de l’Etat suspend le Gouverneur du Guidimagha en attendant son éviction formelle à l’occasion du prochain Conseil des ministres. Les autres premiers représentants de l’Etat au niveau de la région sont limogés, à l’exception du Procureur de la République et du Préfet. En réponses aux instances de notables religieux qui requéraient un avis officiel avant de passer à l’acte de profanation, les deux auraient signifié leur autorisation tacite.
5. Cependant, le plus choquant reste l’impunité dont jouissent les exécutants et les commanditaires, d’ailleurs connus, filmés et enregistrés en messages audio sur l’application WhatsApp. La plupart s’enorgueillissent de leur aplomb et en escomptent la rétribution auprès de Dieu. Parmi la classe politique, la quasi-absence de réprobation témoigne d’un malaise, voire d’une honte ravalée.
6. L’initiative de résurgence abolitionniste (Ira) et Lanceurs d’alertes associés (Laa) saluent la réaction ferme du gouvernement et encouragent l’appareil de justice à poursuivre l’ensemble des auteurs et complices d’une infamie d’autant moins excusable qu’elle déroge aux traditions locales de tolérance. Le temps est aussi venu de prendre conscience du péril de la radicalisation et de sa virulence le long de notre frontière avec le Sahel central.
7. Les deux associations joignent leur indignation au concert des humanistes atterrés, pour exhorter, le pouvoir du moment, à faire respecter, en toute circonstance, le repos des morts.  Il importe, également, de veiller à garantir la réciprocité entre Etats, dans le domaine sensible des libertés de conscience et de culte, conformément aux textes de droit universel dûment ratifiés par la Mauritanie. Sur le sol national, la moindre discrimination fondée sur la croyance nuirait gravement à la quiétude de nos concitoyens de la diaspora, compromettrait les intérêts stratégiques du pays et ruinerait sa réputation, déjà très abîmée.
https://eutoday.net/mauritania-human-rights-crisis-safety-of-christians/

Nouakchott, 13/04/2025.

Signataires : IRA et Laa

● Sélibaby | M. Ama Ba, MAIRE en vrai!


Il s’appelle Ama Ba, l’actuel dirigeant civil de l’administration municipale de Sélibaby. La capitale du Guidimagha (sud mauritanien) a connu ces derniers jours de sinistres soubresauts qui ont heurté affreusement l’opinion publique nationale et au-delà. L’affaire de la profanation en live d’une sépulture dans un cimetière local occupe toujours les conversations du public. Les images insoutenables diffusées largement sur les réseaux sociaux ont suscité sidératon et paralysie chez toutes les consciences dotées d’une humanité en veille avec moults questionnements…!

La personne dont le corps a été exhumé serait un adepte d’une petite communauté dite évangélique connue dans la ville. Les circonstances et sous-réalités de l’affaire restent à clarifier par une enquête sérieuse à diligenter par les hautes autorités étatiques. Ce qui a été annoncé dans un communiqué émanant des services présidentiels à Nouakchott, lire https://ecrit-ose.blog/2025/04/08/%e2%97%8f-mauritanie-evenements-de-selibaby-le-wali-du-guidimagha-suspendu-les-responsables-regionaux-de-la-securite-releves-de-leurs-fonctions-ami/. Une communication qui informe la suspension du gouverneur et également d’autres responsables sécuritaires ont été relevés de leurs fonctions. Une prompte réaction qu’il faut noter et saluer la pertinence et l’opportunité vu la tournure grave et scandaleuse de l’événement.

Alors, revenons aux trains qui arrivent à l’heure comme dirait l’autre. Dans cette situation aux tenants nébuleux et visiblement très mal gérée, le maire de la ville de Sélibaby, M. Ba a tenté en vain d’empêcher l’irréparable acte odieux. Dans un élément vidéo qui circule, on l’aperçoit et l’entend discuter vivement avec une partie de la foule hystérique. Le jeune élu en 2023 sous les couleurs de l’Udp, s’est distingué honorablement par ses tentatives face à un déchaînement populaire dans le cimetière. Son comportement est à louer chaleureusement et on ne se tromperait pas en avançant que s’il détenait la responsabilité effective sur les éléments policiers ou gardes aperçus dans la foule, les choses ne se seraient pas déroulées de la sorte la plus sordide. Un cadavre d’une personne déterré et traîné au sol par une foule en transe haineuse à l’encontre d’un mort. Un comportement d’intolérance qui interroge et mérite beaucoup d’analyse sociologique sur nos milieux par rapport au fait religieux ou plutôt son exploitation déraisonnée et manipulatrice. Ici, l’occasion de relever les initiatives en amont d’appel implicite à ce qui est advenu. En effet, certaines voix dites du clergé religieux local avaient appelé à manifester contre la présence de la tombe du défunt dans un cimetière musulman. Ainsi, doit-on admettre clairement que ces religieux ont contribué explicitement à envenimer les ressentiments populaires en amont et par la suite ils n’ont pas été à la hauteur logistiquement parlant pour contrôler avec responsabilité et courage le déroulé des événements. Leur responsabilité directe ou indirecte devrait être élucidée dans l’enquête et qu’ils répondent en toute transparence sur leur rôle tenu en coulisses. Ils sont loin d’être clean dans cette histoire troublante qui va impacter négativement l’image de notre capitale régionale voire celle de la région.

Encore, nous tenons à saluer les efforts louables consentis par le maire M. Ba qui s’est retrouvé malheureusement débordé et esseulé. Bravo à lui.

9 avril 2025

KS pour le BLOG

● Mauritanie : « Les déterreurs de Sélibaby » sont des nôtres | Par M. Ndiaye Kane Sarr.


Il est tentant, face à la violence symbolique ou physique, de désigner des coupables, de tracer des lignes, de dire : ceux-là ne sont pas nous. Ceux qui ont déterré un corps parce qu’il ne partageait pas notre foi, ceux qui refusent qu’un ancien esclave repose aux côtés de leurs ancêtres, on aimerait les mettre à distance, les tenir à l’écart. Mais ils sont des nôtres. Ils sont nés du même sol, parlent nos langues, prient
dans nos mosquées. Ils sont le produit d’un imaginaire que nous partageons, partiellement ou totalement, que nous partageons quand même.

C’est là que commence le malaise. Car si nous refusons de les regarder en face, nous refusons aussi de nous interroger sur ce que notre société accepte, transmet, tolère en silence. Une société ne se construit pas uniquement par ses lois ou ses institutions. Elle se tisse, jour après jour, dans le tissu vivant des relations. Or quand la relation à l’autre est fondée sur la peur, le mépris ou la hiérarchie, elle prépare le terrain à toutes les exclusions.

Ce qui est inquiétant aujourd’hui, ce n’est pas seulement le rejet de l’autre. C’est la manière dont ce rejet devient la norme, et la nuance, une faiblesse. On ne veut plus comprendre, on veut trancher. Il faut que tout soit pur, net, sans mélange. Cette exigence de pureté n’est pas spirituelle, elle est sociale, idéologique. Elle ouvre la voie à tous les fanatismes.

Mais une société vivante est une société qui accepte la complexité. Elle reconnaît que l’autre, par sa différence, m’enseigne quelque chose de moi. Elle comprend que la relation — qu’elle soit de filiation, de voisinage, d’humanité tout simplement — est ce qui nous fonde. Lorsque nous la brisons, lorsque nous décidons que certains ne méritent pas la terre commune, c’est le lien même de notre communauté humaine que nous affaiblissons.

Alors peut-être faut-il cesser de chercher qui est à blâmer, et commencer à regarder comment nous éduquons, comment nous transmettons, comment nous choisissons — ou pas — de dialoguer. Car le fanatique ne naît pas tout seul. Il est souvent le fruit d’un silence, d’une peur, d’une indifférence partagée, d’une compréhension erronée des textes, d’une éducation…

Ceux qui déterrent, ceux qui refusent une sépulture commune, sont des nôtres. Et c’est justement pour cela que notre responsabilité est engagée. Non pas pour les condamner, mais pour ne pas leur ressembler.

Par Ndiaye Kane SARR

● Mauritanie | Editorial de La Nouvelle Expression : A Mohamed S. Merzoug, le citoyen de l’OMVS

« Il était de notre responsabilité d’agir pour protéger les migrants des réseaux criminels et des passeurs. Nous avons constaté les drames humains causés par ces flux migratoires, avec des familles endeuillées après des tragédies en mer. Il était impératif d’intervenir », a déclaré Mohamed Salem Merzoug

C’est seulement après ma sortie sur la question relative aux rafles des étrangers que j’ai pris connaissance de ces propos venant de Mr le ministre mauritanien des Affaires étrangères, patron de la diplomatie mauritanienne, Mohamed Salem Merzoug

Monsieur le ministre, cette posture est salutaire si son application sur le terrain épouse les règles du respect de la dignité et surtout quand celle-ci cesse d’être sélective. Car, quand vous parlez, Monsieur le ministre, de tragédies en mer, vous oubliez que depuis 2019 des Mauritaniens cherchent à connaitre le sort de leurs enfants sans qu’il y ait un soutien efficient de la part de l’Etat.

Cet Etat refuse même de reconnaitre les drames des jeunes Mauritaniens dans l’Atlantique. Que s’est-il passé pour que ce même Etat se soucie de la perte des vies humaines en mer aujourd’hui ? Prétexte utilisé pour renvoyer les étrangers en situation irrégulière chez eux… Alors, c’est pour vous dire que ce n’est pas seulement les étrangers en situation irrégulière qui affrontent les vagues de la mer mais des Mauritaniens aussi.

Toutefois, votre posture est tout de même en nette rupture avec celle de votre collègue de la sécurité intérieure, lui qui s’emploie à installer des camps de types palestiniens, les victimes de l’entité sioniste.

La Mauritanie n’est pas Israël et je ne pense pas qu’il y ait dans cette Mauritanie un seul soutien ou admirateur de Netanyahu, le Premier ministre israélien.

Monsieur le ministre, votre collègue chargé de la sécurité, que je n’ai jamais connu par le passé, m’inspire la peur et le désarroi et j’espère me tromper sur son cas, même si les agissements de certains policiers sur le terrain me laissent un peu perplexe sur sa vision et gestion de cette problématique. Mais, vous et lui, avez péché dans un aspect important qui pouvait mieux expliquer la situation : c’est la communication.

Les canaux, le style et le temps choisis étaient, me semble-t-il, inappropriés. Vous avez et vous continuez à laisser l’image du pays à la merci des influenceurs sur les réseaux sociaux. « Nous avons reçu ici même des Mauritaniens mais, après vérification par le dispositif mis en place par l’agence des titres sécurisés, ils ont été libérés. Nous ne sommes pas en charge de l’expulsion mais, avant cet ultime recours, les interpellés passent tous par l’outil de vérification.

Personne n’a été expulsé sans que sa situation ne soit identifiée et connue… », a déclaré une source policière lors de notre passage (le député Balla Touré et moi-même) dans des commissariats et centres de détention des migrants.

Il a été observé dans nos différents échanges que la police arrive à reconnaitre clairement le manque de communication qui entoure son travail et déplore l’attitude des certains de ses éléments. La désinformation et le manque de communication, voire de transparence sur leur travail en faveur du citoyen, est préjudiciable ; seules les bavures de certains policiers résonnent et occupent le devant de la scène.

Des bavures qui peuvent contribuer à l’instabilité et la frustration des populations mais aussi à ternir encore plus l’image du pays ; un pays très mal en point. Voici, Monsieur le ministre, la situation connue de ce phénomène.

Comme vous, le ministre de l’intérieur doit chercher à redorer son blason, il en va de l’image du pays dans le concert des nations civilisées. Tous, nous partirons et la Mauritanie restera.

L’écriture de l’histoire dont nous avons, aujourd’hui, Monsieur le ministre, la responsabilité doit être digne et peu ou même irréprochable. Consacrons notre vie et engagement à l’action vraie et défendable pour ce pays meurtri.

Votre collègue de l’Intérieur ne peut fermer ses yeux sur les bavures de certains éléments de la police ; en le faisant, il travaille contre la Mauritanie et contre les policiers honnêtes qui veillent sur la sécurité du citoyen et de ses biens.

Votre posture la plus salutaire encore a été l’attitude que vous avez adoptée en 2022 en parlant avec les chancelleries et les associations des communautés étrangères en Mauritanie pour la gestion de la situation des migrants.

Il était plus digne, une fois encore, de faire la même chose, en fixant un délai pour que les concernés prennent leurs dispositions. Gouverner, c’est anticiper. Avec cette manière de gérer ce phénomène naturel et mondial, on retrouvera le Merzoug, ex-patron de l’OMVS, et non cette image, aujourd’hui, de nature à nuire votre réputation.

Monsieur le ministre, refusez d’être ce que vous n’êtes pas ; n’acceptez pas d’être le bouc émissaire des pyromanes tapis dans l’ombre. Vous êtes et vous avez été un homme qui a inspiré une génération, ma génération, vous le Professeur à l’université, cadre du premier et le plus important parti de l’opposition de l’ère démocratique de l’histoire politique du pays. Je me souviens encore que c’était avec joie qu’on vous aidait à faire démarrer votre voiture de type 504 en utilisant nos biceps de jeunes sportifs et militants.

Vous avez fini par rejoindre le camp adverse où vous vous êtes fait respecter. Vous avez eu à occuper beaucoup de positions stratégiques jusqu’à la gestion de l’OMVS pendant plusieurs années, contraint à quitter malgré le soutien de tous les chefs d’Etats des pays membres de cette organisation sous-régionale, sauf Abdelaziz, le Président de votre pays, la Mauritanie. Aujourd’hui, le destin a décidé que vous conduisez, la diplomatie alors que lui, l’ex président, est en prison.

Vous avez quitté l’OMVS avec honneur et dignité et la reconnaissance des services rendus à la sous-région ; vous avez été décoré par la présidence sénégalaise. Alors, vous êtes l’une des personnalités au gouvernement qui a intérêt à bien soigner les relations de notre pays avec nos voisins car, plus qu’un Mauritanien, vous êtes un citoyen de l’OMVS.

Seydi Moussa Camara

● Mauritanie | Agitation à Sélibaby après la tentative d’enterrer un chrétien dans un cimetière musulman | [Taqadoumy]

Taqadoumy – Le débat sur le dossier de l’évangélisation dans la ville de Sélibaby, capitale de la région de Guidimagha, est revenu sur le devant de la scène après le tumulte suscité par l’enterrement d’une personne impliquée dans cette affaire.

Le site « Guidimagha News » a rapporté que le défunt, qui officiait comme coiffeur, est décédé dans un accident sur la route de Nouakchott. Son corps a été transféré à Sélibaby pour y être enterré.

Seulement, à l’arrivée du corps, les présents ont été surpris d’apprendre par le chef de la cellule à laquelle appartenait le défunt qu’il était « chrétien » et qu’il devait être enterré selon les rites du christianisme, ce qui a suscité un grand mécontentement.

Le site a indiqué que certains imams ont demandé de ne pas enterrer le défunt dans les cimetières musulmans, estimant qu’il n’avait pas proclamé son repentir.

Il y a deux ans, une cellule d’évangélisation avait été révélée dans la ville, comprenant des membres de divers horizons, qui avaient procédé à des cérémonies de baptême pour de nouveaux convertis.

Les enquêtes menées à l’époque avaient abouti à l’arrestation des personnes impliquées, qui ont été libérées par la suite.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=782519

● Rendons-nous HOMMAGE VIVANT | Notre Seyre « national » : une plume humaniste qui alerte et inspire !

📸-Paris, il y a quelques années, autour de lui, une équipe de l’ancien BE d’Armepes-France

Il s’appelle M. Seyre SIDIBE, une pointure de l’arène journalistique mauritanienne. Natif de Sélibaby et issu de l’ensemble communautaire soninké de la capitale régionale du Guidimagha. Professeur de français de formation de base, il est valablement imprégné en analyste avisé de la vie sociale et politique intra-communautaire soninké et sur les données à l’échelle nationale de son pays, la Mauritanie. Ses différentes contributions sont d’une grande pertinence (fond et forme) et s’inscrivent dans un engagement intellectuel proactif très louable. Le Top responsable du site internet d’information https://ondeinfo.com/, ne cesse d’alerter, d’interpeller, d’interroger et de secouer un magma politico-sociétal qui régit hermétiquement une certaine vie communautaire soninké aujourd’hui. Son plaidoyer est constant et plein de sagesse discursive pour l’avènement d’une société débarrassée de vielles recettes indigestes moralement et socialement de nos jours. Il appelle à une dynamique reformatrice pour consolider et asseoir une véritable cohésion sociale sur la base de la dignité humaine et de l’égalité citoyenne. L’ensemble communautaire a besoin d’une mue pour s’adapter et larguer à un ailleurs loin ses tares foncièrement nuisibles au vivre-ensemble.

Également, concernant la vie publique nationale, il nous sert régulièrement ses analyses riches et interpellatives à l’endroit des décideurs étatiques et autres acteurs sociaux. Les thématiques et les problématiques n’échappent que rarement à son diagnostic lumineux doublé d’une batterie de propositions émises et comprises en filigrane par une habileté textuelle d’une facture proverbiale.

Il incarne la position historique et visionnaire de tant d’intellectuels par le passé qui ont su habiter publiquement cette qualité par de la substance avérée et téméraire. Point d’idéalisme rêveur ni d’encrage prétentieux à partir d’un trône de condescendance d’un lettré incohérent et complexé, M. Sidibe est une source-ressource sociale et intellectuelle qui peut contribuer à l’émergence d’un ordre social et politique JUSTE à l’intérieur de son groupe sociolinguistique ainsi que dans son pays.

Je tiens à lui consacrer ce modeste élément qui ne prétend aucunement de faire intégralement son portrait d’acteur social et intellectuel qui compte positivement dans les débats publics. Par ses sorties médiatiques que notre Blog https://ecrit-ose.blog/ a eu l’honneur de reprendre régulièrement, j’estime qu’il représente une figure inspirante pour les univers mentaux et les engagés investis dans notre écosystème social, politique, éducatif et culturel.

👉🏿Ici un lien de publication choisie arbitrairement parmi ses perspicaces contributions https://ondeinfo.com/quelle-est-la-pigmentation-de-la-mauritanie/

3 mars 2025

KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

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● Mauritanie | Le militantisme, nous et nos failles | Entre réalisme et idéalisme ! | Par KS



📸 Paris courant 2014… sit-in de soutien à nos camarades militants abolitionnistes IRA incarcérés en Mauritanie.

Après un bref et intime feedback sur une décennie de modeste observateur- acteur de l’écosystème militantiste mauritanien, je me convaincs à croire que nos compatriotes haratines engagés dans diverses initiatives militantes et lobbyistes à l’intérieur ou- et à l’extérieur du système étatique, peuvent constituer une grande source d’inspiration. Ils disposent d’une élite sociale, politique et militante qui n’est pas d’accord à 100% sur TOUT en termes de méthodologie, de tempo, de priorités phasiques, d’adaptation et de champs à investir quand, comment, par qui et avec qui….mais travaille intelligemment et sûrement pour une dynamique d’élévation sociale et politique qui force le respect. Et le collectif communautaire va en bénéficier directement ou indirectement…parce que l’Etat profond dans sa gestion de la chose publique veille par un commerce politique et une sorte de cooptation finement stratégique pour calmer et contrôler.

Du chemin a été parcouru depuis la fondation pionnière du mouvement El-Hor il y a plus de 40 ans, et ils sont partis de très très loin avec beaucoup d’écueils multidimensionnels et complexes. Le temps passant avec visions, résilience et patience sur différentes palettes de la vie publique nationale, aujourd’hui ils représentent une force politique incontournable (démographie, militantisme, lobbies, intellectuels, administrations…) dans sa diversité partisane, à toute INITIATIVE liée à la question nationale. Nous sommes très loin de la période d’Aleg 1958, lors du conclave entre élites de 2 ensembles (arabo-berbère et négro-africain) pour parler de l’avenir du « gâteau » (le pouvoir et ses privilèges) qui sera légué par l’administration coloniale. À l’époque, les cadets sociaux pour ne pas dire les esclaves et autres subordonnés statutaires de 2 bords, ne comptaient pas dans les débats, ni leur sort également. Et sans leurre d’ordre cutané et d’habillage culturel bien superficiel à disséquer de près, d’autres composantes encartées cadets sociaux en milieu négro-africain (soninké, peul..), se doivent un travail d’éveil profond et visionnaire sur les données sociales et politiques et s’inspirer de la communauté haratine. Ainsi aux uns et aux autres, nos chapelles associatives pour la défense des droits humains et nos revendications peuvent être différentes en ceci ou en cela, mais n’oublions pas la nature de nos réalités particulières et ce qu’on y aspire fermement avec réalisme progressif en se débarrassant de tout idéalisme brumeux et stérile.

25 mars 2025

KS pour le BLOG

● Faut-il sortir des tares (endoctrinement social) pour embrasser l’endoctrinement religieux ? Que faire ? | Par M. Souleymane Sidibé

Dans nos contrées soninkées, une forme « d’extrémisation religieuse » s’installe, non pas par la violence, mais par un enfermement doctrinal rigoriste ou rigide. On voit des dévots et des dévotes, des habits qui rappellent le soleil ardent de l’Arabie, des qamis, des miswaks (cure-dents), des appellations… La foi, qui devrait être une relation intime entre l’individu et son Créateur, devient un marqueur social où l’apparence prime sur l’engagement réel. Cet enfermement réduit la religion à une série d’interdits et d’obligations visibles, oubliant l’essence même de la spiritualité et du vivre-ensemble.

Au moment où on assiste à une citoyenneté de façade, où l’affirmation identitaire l’emporte sur la participation active à la société, il est urgent de se saisir de ce phénomène pour alerter face à cette mode. Pourtant, se couvrir la tête ou porter une barbe ne saurait remplacer l’éducation, la réflexion et l’épanouissement intellectuel. Pendant que certains s’enferment dans des codes religieux, d’autres risquent leur vie en mer, en quête d’un avenir ailleurs. Cette fracture illustre une crise profonde : l’incapacité à proposer des perspectives solides à une jeunesse tiraillée entre traditions figées et aspirations modernes.

Sortir des tares traditionnelles pour tomber dans l’isolement religieux n’est pas un progrès, mais une nouvelle forme d’aliénation. Les vrais combats de société – l’éducation, l’égalité, le développement économique et la lutte contre les discriminations – doivent se mener loin des dogmatismes. La foi peut être un moteur de dépassement de soi, mais elle ne doit ni freiner le progrès ni diviser.

L’urgence est de redonner du sens à l’engagement citoyen et social, de replacer le savoir et l’ouverture d’esprit au cœur de la société. La religion ne doit pas être un instrument de repli identitaire, mais une force d’élévation, au service de l’humain et de son épanouissement. Seule une vision éclairée et inclusive pourra préserver le Soninkara de l’isolement et lui offrir un avenir harmonieux, où spiritualité et progrès avancent ensemble.

Le terrain religieux est souvent utilisé pour justifier des pratiques oppressives à l’égard des femmes, ancrant des inégalités sous couvert de spiritualité. L’excision, bien qu’absente des textes sacrés, continue d’être perpétuée au nom d’une prétendue norme religieuse, privant des millions de femmes de leur intégrité physique et psychologique. De même, le mariage forcé enferme de jeunes filles dans une dépendance totale, sous prétexte de devoir religieux.

L’endoctrinement se manifeste aussi par l’imposition du voile dès l’enfance ou la restriction de l’accès des femmes à l’éducation et à la vie publique, les cantonnant à des rôles domestiques. Pourtant, l’histoire montre que foi et émancipation féminine ne sont pas incompatibles. Nana Asma’u, érudite du XIXe siècle, a œuvré pour l’éducation des femmes en Afrique de l’Ouest. Fatima al-Fihri, au IXe siècle, a fondé l’université Al Quaraouiyine, prouvant que les femmes ont toujours été des bâtisseuses du savoir. Aisha bint Abi Bakr, épouse du prophète Mohamed (SWS), était une autorité en jurisprudence et en théologie.

Voici là des contre-arguments face à cette « soudanisation » du Soninkara. Il est urgent de déconstruire ces discours et de réaffirmer la place des femmes comme actrices libres et éclairées de leur destin. La religion ne doit pas être un instrument de domination, mais une force d’élévation et de justice. Le travail et la transformation doivent guider nos pas.

Souleymane Sidibé

● L’unité nationale en Mauritanie : leurre ou lueur d’espoir ? | Par M. Souleymane Sidibé

En 1990, trente ans après le Soleil des Indépendances, lors du discours de La Baule, François Mitterrand, président français, appelait les États africains à s’engager dans la démocratisation en conditionnant l’aide au développement à l’ouverture politique. Cet appel marqua un tournant décisif en Afrique francophone et poussa des pays comme la Mauritanie à adopter le multipartisme en 1991.
Cette ouverture est une opportunité pour construire une véritable unité, fondée sur l’inclusion et la justice sociale. De ce fait, l’unité nationale est célébrée comme l’un des piliers fondamentaux de tout État moderne. Au cours des dialogues entre l’opposition et le pouvoir -souvent disposant de la majorité-, ce concept revient. Dans notre république, il résonne particulièrement fort, tant dans les discours politiques que dans les aspirations populaires.
Pourtant, derrière cet idéal se cachent des réalités plus complexes qui méritent une réflexion approfondie. Pourtant, plus de trois décennies après, la Mauritanie reste confrontée à des défis majeurs concernant les questions sociales, économiques et politiques.
À première vue, l’unité nationale semble être une nécessité, un impératif pour garantir la stabilité et la prospérité. Cependant, si l’on observe de plus près, on constate que cet objectif reste souvent hors de portée —pour le moment. Les inégalités économiques persistantes, les exclusions politiques systématiques, la gestion tribale du pouvoir, l’influence militaire omniprésente, ainsi que les choix idéologiques en matière de langue et d’éducation continuent d’entraver l’émergence d’une véritable cohésion nationale.
Dans ce contexte, l’unité nationale en Mauritanie est-elle une réalité en construction ou un leurre soigneusement entretenu ? Cette analyse propose d’explorer les soubassements internes, tout en mettant en lumière les perspectives d’unité fondée sur une gouvernance plus équitable et inclusive.

I. L’unité nationale : une aspiration légitime, mais un idéal fragile
L’unité nationale, dans son sens le plus profond, repose sur l’idée d’une appartenance commune à une même nation, au-delà des différences de culture, de langue ou d’ethnie. En République islamique de Mauritanie, cette aspiration est « théoriquement » partagée par la majorité des citoyens. Cependant, dans la pratique, sa réalisation se heurte à plusieurs « Hurdles » décisifs.
1. La diversité, entre richesse et tensions
Le pays, riche de sa diversité culturelle et géographique, aspire à l’unité, mais les fractures sociales, économiques et politiques sont toujours présentes et profondément enracinées. Dans cette nation mosaïque se trouve un peuple métisse. Cette diversité culturelle unique,  se manifeste avec une population composée de Maures (Beïdane et Haratines), Peuls, Soninko, Wolofs et Bambaras. Cette diversité, au lieu d’être un facteur de cohésion, devient parfois un terrain fertile pour les crispations, exacerbées par des discriminations sociales et économiques persistantes, malgré l’adoption, au fil des années, de plusieurs lois d’orientation et lois organiques visant à renforcer l’unité nationale et à en garantir le respect.
Alors que l’enrichissement de cette diversité tout en optant pour une culture citoyenne entièrement pourrait constituer un fondement solide pour une unité nationale basée sur la reconnaissance de chaque culture et identité, la réalité montre que les crispations identitaires et les inégalités nourrissent une forme d’exclusion. La construction d’une nation unie passe par une gestion inclusive de cette diversité, mais cette gestion semble, jusqu’à présent, manquer d’efficacité.
2. Unité nationale : des fondements institutionnels fragiles ?
Tout au long de son histoire politique, plusieurs initiatives ont été mises en place pour promouvoir l’unité nationale. Des symboles ont été créés, des discours officiels prononcés et des efforts de réconciliation engagés, notamment avec le retour des réfugiés et la lutte contre l’esclavage. Pourtant, ces avancées restent fragiles face aux disparités persistantes dans l’accès aux leviers du pouvoir, aux exclusions politiques et aux inégalités économiques. En somme, les fondements d’une véritable cohésion nationale demeurent précaires. Les fractures sociales et économiques se reflètent dans une gestion politique marquée par une inclusion sélective, tandis que certains dénoncent une hégémonie culturelle.
Ainsi, l’unité nationale ne saurait se limiter aux discours ; elle exige des actions concrètes en faveur de l’inclusion sociale, de l’égalité des chances et de l’équité politique entre les femmes et les hommes, ainsi qu’entre les différentes communautés culturelles. En l’absence de réformes structurelles profondes visant à combattre le système des castes, le tribalisme, le régionalisme et tous les autres -ismes qui divisent, sauf le patriotisme, cet idéal restera hors de portée. L’unité nationale demeure un projet en construction, nécessitant des réformes courageuses et une volonté sincère d’inclusion pour devenir une réalité partagée par toutes et tous.

II. Inégalités économiques : un obstacle majeur à l’unité
L’une des causes profondes des inégalités en Mauritanie réside dans l’inégale répartition des richesses et des ressources. Malgré un potentiel économique important, grâce à l’exploitation des ressources naturelles telles que le fer, le gaz et le pétrole, les bénéfices économiques ne sont pas répartis de manière équitable. Une petite élite détient le contrôle de la majorité des secteurs économiques, laissant indifféremment une large partie de la population dans une précarité constante.
1. Une élite économique fermée
Les inégalités économiques, aggravées par les obstacles liés à l’enrôlement à l’état civil et par un système éducatif ne répondant pas aux normes internationales, ne se résument pas à un simple écart entre riches et pauvres. Elles sont renforcées par une structure sociale figée et par le monopole d’un groupe sur l’ensemble des leviers économiques, limitant l’accès aux opportunités pour le reste de la population. Cette concentration des richesses entre les mains d’une élite restreinte alimente un profond sentiment de frustration et d’exclusion, en particulier chez les communautés marginalisées, telles que les Haratines et les populations dites négro-mauritaniennes.
2. Les ressources naturelles: une chance ou une malédiction ?
La Mauritanie possède l’un des littoraux les plus poissonneux au monde. L’exploitation du fer y est ancienne, l’or y est extrait, et le pays dispose également de gisements de gaz et de pétrole, deux ressources convoitées par les grandes puissances. La gestion du gaz par consortium devait établir les bases d’une exploitation raisonnée et équilibrée des autres richesses nationales.
L’arrivée du pétrole et du gaz représente un tournant potentiel pour la Mauritanie, mais elle soulève aussi des questions cruciales quant à la gestion de ces ressources. Si les revenus issus de ces secteurs ne sont pas utilisés de manière transparente et inclusive, il existe un risque réel que ces richesses aggravent les inégalités existantes au lieu de favoriser l’unité nationale.
Le pays se trouve ainsi à un carrefour : ses ressources naturelles peuvent devenir un levier de développement partagé, à condition que leur gestion soit décentralisée et transparente, garantissant des opportunités pour l’ensemble de la population. À défaut, elles risquent d’accentuer les fractures sociales et de devenir un nouveau facteur de tensions.

III. Un système politique exclusif et verrouillé

1. La gestion du pouvoir : tribale ou démocratique ?
L’accès au pouvoir en Mauritanie est souvent dicté par des logiques tribales et clientélistes, reléguant le mérite et la compétence au second plan. Bien que certaines compétences soient aujourd’hui mises en avant, les nominations dans l’administration et les postes de responsabilité restent largement influencées par des liens familiaux et tribaux, plutôt que par des critères de compétence ou de représentativité équitable. Certaines familles politiques reviennent ainsi de façon récurrente dans l’architecture du pouvoir.
Cette gestion renforce le sentiment de marginalisation au sein de nombreuses communautés, qui se voient exclues des sphères décisionnelles. Elle perpétue une fracture entre l’élite et le reste de la population, favorisant l’émergence d’une classe politique hermétique, souvent déconnectée des préoccupations réelles des citoyens.

2. Un système politique inclusif ou non ?
En dépit du fait que le pays organise des élections et permette l’existence de partis politiques, l’accès aux hautes fonctions de l’État repose encore largement sur des logiques tribales et clientélistes, où les nominations se font selon des alliances politiques et familiales, plutôt que sur des critères de compétence ou de mérite. L’alternance démocratique est alors freinée par un système politique où les forces sociales et politiques en dehors des cercles d’élite ont du mal à se faire entendre. Cela soulève une question cruciale : Comment construire une unité nationale solide si les mécanismes politiques d’inclusion sont absents ?
Bien que la Mauritanie soit officiellement une démocratie multipartite, le paysage politique reste largement contrôlé par les cercles de pouvoir en place. Les élections, bien qu’existantes, sont souvent marquées par des irrégularités et des manipulations institutionnelles empêchant une réelle alternance.
L’absence d’un véritable dialogue politique inclusif renforce le sentiment d’exclusion d’une partie de la population, réduisant ainsi les perspectives d’une unité nationale authentique.

IV. L’influence militaire : un État sous tutelle ?
1. Une omniprésence de l’armée dans la vie politique
Depuis l’indépendance, l’armée a été un acteur central du pouvoir, oscillant entre coups d’État et influence discrète sur les décisions politiques. Si son intervention a parfois contribué à une certaine stabilité, elle a aussi freiné l’émergence d’une gouvernance véritablement civile ; voire démocratique. Son empreinte sur l’histoire politique du pays demeure profonde, tant par ses prises de pouvoir directes que par son poids dans les grandes orientations nationales. D’aucuns pensent que cela perpétue ainsi une présence qui limite la transition vers une réelle démocratie.
2. Une transition nécessaire vers un pouvoir civil uniquement
Pour que la Mauritanie progresse vers une unité nationale durable, l’armée doit progressivement se retirer de la sphère politique et permettre l’émergence d’institutions autonomes et indépendantes. Cela exige des réformes constitutionnelles profondes, assurant une véritable séparation des pouvoirs. Si cette séparation semble visible en théorie, on peut s’interroger sur la réalité de son application : la présence de l’armée dans la vie politique ne constitue-t-elle pas un frein à une gouvernance véritablement inclusive et démocratique ? In fine, cette emprise pourrait représenter un obstacle majeur à l’unité nationale, d’autant plus que l’institution militaire, à l’instar des hautes sphères politiques, semble influencée par des considérations idéologiques..

V. Choix en matière de langue et d’éducation : des fractures invisibles mais profondes
1. La question de la langue : Une instrumentalisation idéologique ?
L’arabe a été imposé comme langue dominante dans l’administration et la justice, accentuant la marginalisation des autres langues nationales ainsi que du français, pourtant essentiel à la transmission des savoirs techniques et scientifiques.
Ce choix dépasse la simple question linguistique ; il relève d’une orientation idéologique. En privilégiant l’arabe, l’État a ignoré les autres langues pourtant parlées par une part significative de la population, instaurant ainsi une forme d’exclusion silencieuse.
Par ailleurs, les écoles françaises restent largement accessibles aux enfants de l’élite, tandis que l’enseignement public, du primaire au secondaire, est en déclin, souffrant d’un manque criant de moyens et d’investissement.

2. L’importance d’une ouverture linguistique : le français et l’anglais comme clés de l’avenir ?
Dans un monde globalisé, la maîtrise du français et de l’anglais est devenue indispensable pour accéder aux savoirs techniques, scientifiques et économiques. Le français, en particulier, relie la Mauritanie aux réseaux académiques et industriels internationaux, tandis que l’anglais s’impose comme une nécessité avec l’essor du secteur pétrolier et gazier, où il constitue la langue des formations et des outils spécialisés.
Malgré la présence d’écoles américaines, celles-ci restent inaccessibles aux ménages à faibles revenus, creusant davantage les inégalités éducatives.
La politique linguistique menée jusqu’ici a davantage servi un projet identitaire qu’un véritable objectif de développement. L’avenir du pays repose donc sur une approche éducative pragmatique, misant sur l’inclusion linguistique plutôt que sur une imposition idéologique

Conclusion : Unité nationale, un projet inachevé ?
L’unité nationale en Mauritanie, bien que constamment invoquée, reste entravée par des fractures sociales, économiques et politiques profondes. La mauvaise gestion de la diversité culturelle, les exclusions politiques et économiques, l’influence militaire persistante et les tensions linguistiques compromettent la cohésion nationale.
Toutefois, cet idéal demeure atteignable à condition d’engager des réformes structurelles courageuses :
● Une gouvernance transparente et inclusive

● Une redistribution équitable des ressources

● Une participation effective de toutes les communautés au processus décisionnel

● Une transition démocratique réelle, libérée de l’influence militaire

● L’avenir de l’unité nationale repose sur la volonté collective d’opérer ces transformations. Sans elles, elle restera un leurre ; avec elles, elle peut devenir une véritable lueur d’espoir pour une Mauritanie plus juste et inclusive.

● Par M. Souleymane Sidibé

● La Mauritanie et l’accueil des étrangers  : Un atout pour le développement | Par M. Ibrahima Dioum

La Mauritanie, avec ses vastes étendues et sa position stratégique entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, a toujours été une terre d’échanges et de brassage culturel. Dans ce contexte, l’ouverture aux étrangers constitue un levier essentiel pour son développement économique. En accueillant des travailleurs qualifiés venus d’autres pays africains, notamment du Sénégal et du Mali, la Mauritanie bénéficie de compétences complémentaires qui renforcent divers secteurs clés de son économie.

Un besoin en main-d’œuvre qualifiée

L’un des défis majeurs de la Mauritanie est le manque de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs domaines techniques. Les Mauritaniens, en raison d’un système éducatif encore en construction, ne disposent pas toujours des compétences nécessaires dans des secteurs comme la maçonnerie, la menuiserie, la restauration, la plomberie, ou encore la mécanique. C’est là que l’apport des travailleurs étrangers devient crucial.

Les Sénégalais, par exemple, sont reconnus pour leur expertise en maçonnerie, en restauration et en mécanique, des secteurs indispensables pour soutenir la croissance urbaine et industrielle du pays. Leur présence permet de pallier le manque de techniciens locaux et d’assurer des services de qualité aux entreprises et aux particuliers. Qui peut compter le nombre de maçons sénégalais ayant construit de belles  villas à Tevrag zeina, à  la Cité plage de Nouakchott et à l’intérieur du pays ? Qui connaît le nombre d’ingénieurs et d’architectes sénégalais ayant bâti des stades et des édifices publics en Mauritanie ? Les chefs cuisiniers ne sont-ils pas en nombre dans les maisons et les restaurants Mauritaniens ?

Un pilier du secteur de la pêche

La pêche est un secteur vital pour l’économie mauritanienne, tant pour la consommation locale que pour l’exportation. Or, ce secteur repose en grande partie sur les pêcheurs sénégalais (capitaines de bateaux et « mooles »), qui possèdent un savoir-faire transmis de génération en génération. Lorsque ces derniers retournent au Sénégal pour des fêtes religieuses comme la Tabaski, le daaka et le Maggal, la Mauritanie subit une pénurie de poissons, illustrant leur rôle fondamental dans l’approvisionnement du marché local.

L’intégration de ces pêcheurs dans l’économie mauritanienne est donc un atout stratégique. En favorisant leur installation et en facilitant leur travail, la Mauritanie garantit une meilleure stabilité de son marché halieutique.

Des échanges économiques dynamiques avec le Mali

Le Mali, voisin direct de la Mauritanie, est un partenaire commercial de premier plan. Les échanges entre les deux pays sont nombreux, notamment dans le commerce du bétail, des céréales et d’autres produits agricoles (arachides, mangues, coton…). De nombreux commerçants maliens s’installent en Mauritanie pour faciliter ces transactions, contribuant ainsi à la fluidité du marché et à la disponibilité des produits.

En retour, la Mauritanie bénéficie de la présence de ces acteurs économiques qui dynamisent le commerce et assurent un approvisionnement constant du pays en denrées essentielles.

Une tradition d’immigration réciproque

Si la Mauritanie accueille des étrangers pour répondre à ses besoins économiques, il est important de souligner que de nombreux Mauritaniens ont eux aussi migré vers d’autres pays d’Afrique, notamment la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Sénégal, le Mali ou encore le Gabon pour ne citer que ceux-ci. Ces expatriés contribuent à l’économie des pays d’accueil et envoient des fonds à leurs familles en Mauritanie, créant ainsi un cycle économique bénéfique.

Cette réciprocité dans les mouvements de population montre que l’immigration n’est pas une menace, mais plutôt une opportunité d’échange et de développement mutuel.

Une politique d’ouverture nécessaire

Accueillir des étrangers qualifiés en Mauritanie ne doit pas être vu comme une dépendance, mais comme une opportunité stratégique. La complémentarité des compétences permet de combler les lacunes locales et de garantir un développement économique plus dynamique.

En facilitant l’installation des travailleurs étrangers et en valorisant leur contribution, la Mauritanie pourra tirer pleinement parti de son potentiel économique tout en renforçant les liens avec ses voisins africains comme l’a fait le Maroc pour devenir un pays émergent. Une politique d’ouverture bien pensée ne profitera pas seulement aux étrangers, mais aussi à l’ensemble de la population mauritanienne, qui bénéficiera d’une économie plus stable et prospère.

L’immigration n’est pas une menace mais une opportunité pour les Mauritaniens. La Mauritanie a tout intérêt à favoriser et faciliter l’installation et l’intégration des étrangers sur ses dunes et plaines.

Par M. Ibrahima Dioum

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