LANCEMENT D’UNE SECTION D’ENSEIGNEMENT DES LANGUES NATIONALES À L’ÉCOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION

Aujourd’hui, jeudi 15 octobre 2020, l’École nationale d’administration a annoncé, en présence d’un certain nombre de membres du gouvernement,le lancement une section d’enseignement des langues nationales dans les deux filières : Administration et Économie.


Le directeur général de l’école, Ali Ould Alada, a déclaré que le dernier décret approuvé par le gouvernement constitue ajout qualitatif dans la matrice de l’enseignement et que  l’école a décidé de développer la formation de ses élèves, en  ajoutant une nouvelle unité d’apprentissage des langues nationales.
Afin de former certains administrateurs et juges d’être capables de traiter avec tous les membres de la société dans les langues locales, comme cela a été fait avec la filière Diplomatie en formant les étudiants dans les langue anglaise et espagnole.

Le ministre de la Justice, Mohamed Mahmoud Ould Beya, a salué l’expérience, décrivant la démarche comme nécessaire pour les étudiants et les juges  diplômés , et que son secteur coopérera avec l’école afin de vulgariser cette expérience.

Source : http://zahraa.mr/node/25143

Traduit par adrar.info

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RECENSEMENT BIOMÉTRIQUE : BIRAM TIRE LA SONNETTE D’ALARME



Le recensement biométrique et les problèmes qui y sont inhérents empêchent des milliers de mauritaniens d’acquérir leurs papiers d’état civil. Tel est le thème de la conférence de presse animée ce lundi matin à Nouakchott par Birame Dah Abeid, député au parlement et président du mouvement IRA.

D’emblée Birame a évoqué le cas de cette pauvre femme malade et sans ressources venue de Adel Begrou pour se soigner à Nouakchott. Et faute de carte d’identité, elle devait payer 25000 ouguiyas chaque jour pour couvrir les frais médicaux.

Il a par la suite évoqué le forfait obstétrical qui permet aux femmes enceintes d’être prises en charge tout au long de la grossesse. Le tout pour 400 MRU. C’est une initiative du ministre de la santé qui est à saluer a-t-il reconnu.

Mais le hic poursuit le député c’est que beaucoup de femmes ne peuvent pas profiter de cette aubaine parce qu’elles ne possèdent pas des papiers d’état civil. En effet souligne-t-il l’obtention de tous les droits est liée au recensement. D’un autre côté beaucoup d’enfants ne sont pas scolarisés pour les mêmes raisons.

Cette situation influe également sur le processus électoral soutient Birame qui affirme que pendant les dernières élections 3271 de ses électeurs à Sebkha et 4371 à Téyarett n’avaient pas pu voter car n’ayant pas de pièce d’identité.

Le président du mouvement IRA déclare que partout en Mauritanie les services de l’Etat Civil refusent d’inscrire tout celui qui n’a pas un reçu du recensement de 1998. Ce recensement a laissé en rade beaucoup de mauritaniens car dit Birame il était mal organisé et la sensibilisation était absente.

Actuellement ajoute-t-il tous les espoirs sont tournés vers la commission ad hoc dirigée par le ministre de l’intérieur qui vient d’être réactivée sur ordre du président de la République.

En attendant, le mouvement IRA a pris l’initiative de créer des commissions dans toutes les moughataa et au niveau des bureaux de Riyad et de l’îlôt K, il y aura une permanence pour accueillir tous les citoyens qui ont des problèmes d’état civil. Une base de données sera créée et tous les problèmes seront transmis à la commission gouvernementale et à la direction de l’état civil.

Le député s’est dit prêt à collaborer avec cette commission et les services de l’état civil.

Il a lancé un appel pressant à la société civile, aux élus, à la presse et aux autorités du pays afin de tout mettre en œuvre pour que tous les mauritaniens accèdent aux services de l’état civil et à leur droit d’obtenir des papiers.

Au cours de cette conférence de presse plusieurs déboutés du recensement biométrique ont témoigné à propos des tracasseries qu’elles ont subies et qu’elles continuent à subir.

Des témoignages poignants

D’abord le jeune Ibrahima Bâ qui affirme s’être recensé il y a 4 ans après moult accrobaties et qui attend toujours d’obtenir ses papiers.

Pour Fatimetou Mint Baba, autre victime de l’état civil ses enfants n’ont pas pu aller à l’école. Elle demande à ce que justice soit faite.

Autre victime colatérale du recensement biométrique, Jemal, une mauritanienne qui vivait en France avec son mari. Aujourd’hui son enfant est apatride. Il n’a pas de papiers mauritaniens. Son problème : il est né en France.

Autre témoignage, celui de Lebatt Ould Mohamed, responsable des opérations électorales à Téyarett. Pour lui le problème vient essentiellement de la condition selon laquelle il faut impérativement présenter un reçu du recensement de 1998.

Les mauritaniens de l’étranger ne sont pas épargnés par ce cauchemar. Pour Moussa Soumaré qui parlait au nom des mauritaniens de France, les problèmes s’accumulent et les services de l’état civil refusent de coopérer, s’indigne-t-il. “Ils disent qu’on n’a pas un mandat”. Et le problème du recensement de 1998 se pose aussi.Il y a des cas dramatiques et beaucoup de mauritaniens ont ainsi perdu leurs cartes de séjour. Et pire encore ajoute Soumaré, des mauritaniens ont quitté l’étranger avant l’expiration de leur carte de séjour afin de renouveler leurs passeports mais en vain. Ils sont devenus des apatrides. Et une procédure est diligentée devant les autorités consulaires françaises.Les conséquences sont desastreuses.

Autres cas choquants poursuit Soumaré, ceux des enfants issus de l’émigration. Ces enfants dont les parents sont mauritaniens et qui sont nés hors de la Mauritanie sont considérés comme des étrangers dans leur propre pays.

Les exemples pullulent et la centaine de victimeS qui faisait le pied de grue ce matin devant le siège du député avait chacune une histoire aussi rocambolesque qu’incroyable. Elles demandent toutes à ce que justice soit faîte et qu’elles soient rétablies dans leurs droits.

Bakari Guèye

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/recensement-biometrique-birame-tire-la-sonnette-dalarme/

Mauritanie : financement de 500 projets pour les jeunes du Guidimakha

Saharamédias – Le ministre de l’emploi, de la jeunesse et des sports Taleb O. Sid’Ahmed a annoncé le financement d’un ensemble de projets pour les jeunes du Guidimakha dans le cadre de la lutte contre le chômage de jeunes.

Le ministre a ajouté que la seconde étape du financement des projets en faveur de jeunes, 500 projets au total, sera lancé, en respectant scrupuleusement les critères de transparence et de justice en tirant les leçons de la première phase.

Ces révélations ont été faites par le ministre lors d’une réunion présidée samedi à Sélibaby et qui a réuni, autour de lui, les associations de jeunesse et de sport de la wilaya, réaffirmant que l’emploi des jeunes, constituait une priorité pour ceux qui croupissent sous le poids du chômage.

Taleb O. Sid’Ahmed a révélé que le programme sera lancé la semaine prochaine en faveur des projets sélectionnés lors du programme « mon projet, mon avenir », promettant de corriger les erreurs constatées lors de la sélection des dossiers lors de la précédente phase.

Le ministre a annoncé la création d’un nouveau programme « ma profession » en faveur des jeunes qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leur enseignement à travers leur formation dans certains métiers privés et le financement en leur faveur de petits projets dans le secteur informel.

Le président du conseil régional du Guidimakha Issa Coulibaly a salué les efforts du ministère en faveur de l’intégration des jeunes et le financement de projets en leur faveur, rappelant le caractère agro-pastorale de la wilaya ce qui offre des perspectives prometteuses pour la formation dans ce domaine.

Quant au maire adjoint de la ville Mohamed Mahmoud O. Matala, il a salué tout ce qui est de nature à aider les jeunes à changer leur situation et contribuer à impulser le développement du pays.

Le ministre a visité l’atelier pour la production des briques consolidées destinées à la construction de 50 unités d’habitation dans le cadre du programme de modernisation de la ville de Sélibaby.

©️ Crédit source : http://www.cridem.org/C_Info.php?article=741461http://www.cridem.org/C_Info.php?article=741461

Mauritanie |Presse : Les sanctions des délits de presse en Mauritanie, Par Diallo Saidou

Aucun journaliste ne peut et ne veut se soustraire à la loi.
Aucun journaliste ne peut prétendre disposer d’une immunité totale du seul fait qu’il est journaliste !
Le journaliste doit se soumettre à la loi qui encadre son métier ainsi qu’à l’éthique et la déontologie qui en sont les soubassements.

L’Ordonnance n° 017 – 2006 sur la liberté de la presse qui fait partie de l’arsenal juridique pris par la CMJD au lendemain du coup d’état contre l’ancien dictateur Ould Taya, a redéfini le régime juridique de la liberté de la presse.

Ainsi l’article 40 de cette ordonnance en vigueur, dispose que « la diffamation commise envers les particuliers par l’un des moyens énoncés à l’article 32 sera punie d’un emprisonnement de quinze jours au plus et d’une amende de 400.000 à 1.000.000 UM, ou de l’une de ces deux peines seulement.
A la lecture de cet article, la peine de prison en cas de diffamation ne peut excédé 15 jours ! Tout juge qui condamne un journaliste au delà de quinze jours d’emprisonnement pour des faits de diffamation viole la loi en vigueur.

Il n’y a qu’à l’alinéa 1 de l’article 40 de cette ordonnance que le juge peut condamner un journaliste jusqu’à un an de prison pour une diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race, une région ou religion déterminée.

Par ailleurs, en 2011 un projet de loi avait pour objet de dépénaliser les délits de presse, limitant la sanction qu’à une condamnation pécuniaire, hélas cela ne s’est pas fait.

Maintenant, si comme le rapporte la presse, Hacen Lebatt est condamné pour diffamation dans l’affaire en question, le juge a outrepassé les prérogatives que lui confère la loi. Et l’affirmer ce n’est pas vouloir défendre Hacen Lebatt mais c’est plutôt défendre une stricte application de la loi.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3694433053940250&id=100001207753513

Mauritanie : De nouvelles dispositions pour l’obtention des permis de conduire



Sahara Médias – Le ministère mauritanien de l’équipement et des transports a annoncé la mise en place de nouvelles mesures pour l’obtention des permis de conduire, dans le cadre d’une réforme du système en place destinée à assurer la garantie des permis et prévenir la falsification et la manipulation.

Le ministère, dans sa nouvelle approche de réforme destinée à rapprocher les services des citoyens, a lancé un site qui permet aux candidats à l’obtention de permis de s’enregistrer : permis.transports.gov.mr.

Le ministère a ajouté que le lancement de ce site est intervenu au moment où des missions se rendent dans toutes les régions du pays, afin d’expliquer et sensibiliser autour des nouvelles mesures destinées à développer et moderniser l’obtention des permis de conduire depuis la candidature sur le site jusqu’à la participation à l’examen.

Ces missions, selon le ministère, a rencontré les autorités administratives et sécuritaires, les gérants des auto-écoles au niveau de chaque wilaya.

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CNDH – IRA-MAURITANIE : MISE AU POINT

● MISE AU POINT

Ira-Mauritanie a reçu l’invitation, adressée à son leader, le député Biram Dah Abeid, par le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh) Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni, d’assister à une « présentation de sa stratégie de lutte contre l’esclavage ».

Il a été répondu, à l’interlocuteur, que l’ensemble des réseaux Ira dans le monde sont prêts à prendre part à toutes activités des institutions nationales, gouvernementales ou non-gouvernementales, à condition d’y exercer la liberté de la parole, en présence du public, donc à l’abri de la censure et du tabou. Il s’agit de porter la contradiction au discours ambiant du déni, auquel la Cndh de Mauritanie, sous financement du gouvernement, prête, très souvent, sa caution et sa voix. Le préalable formel de l’expression sans contrainte n’est pas négociable, du point de vue de l’Ira-M ; une telle attitude résulte des années de production industrielle du faux, par les diverses officines de l’Etat, sur les affaires de racisme et d’esclavage, dans la droite tradition du négationnisme hérité de l’ère Ould Taya. La Cndh ne s’est pas encore soustraite à la tradition du lien incestueux entre propagande en direction des partenaires du pays, connivence avec les services de sécurité et diplomatie du mensonge, toutes manœuvres qui soumettent la question des droits de la personne, à des considérations de stabilité politique et de préservation du statu quo.

En ce sens, l’institution, comme le Mécanisme national de prévention de la torture (Mnpt), continue de reproduire des réflexes de soumission au pouvoir exécutif. En témoigne l’appui logistique et financier que leurs prêtent, lors des missions à l’étranger, nos ambassades et bureaux consulaires. Jusqu’ici, en dépit de progrès importants sur la voie de la transparence et du débat apaisé pour le traitement du passif mauritanien dans les domaines de la dignité de la personne, la Cndh et le Mnpt restent à la traîne de la volonté de renouveau que tente d’asseoir le Président de la république, depuis l’alternance de 2019. Aux fins d’illustration, il suffit de constater la tiédeur sinon le peu d’enthousiasme de leur engagement en faveur du projet de loi relatif à la violence sexiste.

Quand les deux organismes – et d’autres en charge de la question – parviendront à illustrer leur indépendance et une composition moins partisane au profit du système de domination multiséculaire, Ira-M s’empressait de leur apporter collaboration et soutien.

Nouakchott, le 28 septembre 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Ministère de l’Intérieur : L’Etat de droit signifie que tous doivent répondre de l’observation des lois

AMI – Le gouvernement s’est attelé à l’œuvre salutaire de restauration et de réaffirmation des règles et des institutions d’un véritable Etat de droit républicain, pour protéger les libertés individuelles et collectives, et pour promouvoir une plus grande inclusion des citoyens, dans la paix et la concorde.

C’est ce qu’indique un communiqué du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation parvenu, vendredi, à l’AMI.

Le communiqué précise que cette promotion de l’Etat de droit s’inscrit dans un vaste programme de réformes, allant de la rénovation de notre législation en vue de l’adapter aux exigences d’une démocratie moderne fondée sur nos valeurs fondamentales, à la consolidation des institutions publiques, la séparation des pouvoirs et leur coopération dans le respect strict de la constitution, des lois en vigueur et de nos engagements internationaux.

Voici le texte intégral de ce communiqué :

« Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Gouvernement s’est attelé à l’œuvre salutaire de restauration et de réaffirmation des règles et des institutions d’un véritable Etat de droit républicain, pour protéger les libertés individuelles et collectives, et pour promouvoir une plus grande inclusion des citoyens, dans la paix et la concorde.

Cette promotion de l’Etat de droit s’inscrit dans un vaste programme de réformes, allant de la rénovation de notre législation en vue de l’adapter aux exigences d’une démocratie moderne fondée sur nos valeurs fondamentales, à la consolidation des institutions publiques, la séparation des pouvoirs et leur coopération dans le respect strict de la constitution, des lois en vigueur et de nos engagements internationaux.

Les organes chargés de la sécurité publique jouent un rôle crucial pour assurer le respect des droits et des devoirs de tous les citoyens sans distinction aucune ainsi que la protection scrupuleuse de l’ordre public et des bonnes mœurs.

Il convient à cet égard de rappeler, qu’en tant que principe de bonne gouvernance, l’Etat de droit signifie que tous, institutions autant qu’individus, sans exception, doivent répondre de l’observation des lois, veiller au respect de leurs prescriptions, dans l’équité et la transparence, loin de tout arbitraire et de toute discrimination. Ainsi seulement pourra être durablement établie, la confiance des populations vis-à-vis des politiques publiques, seule gage de leur pleine réussite.

A cet effet, les services publics, en particulier ceux en charge de la sécurité relevant du Ministère de l’Intérieur, s’attachent plus que jamais, à assurer avec fermeté que tous puissent bénéficier de la protection et de la bienveillance qu’accorde la loi aux citoyens, mais aussi que chacun assume la responsabilité pleine et entière de ses actes, en connaissance de cause et sans privilèges d’aucune sorte.

Aucun citoyen ne sera en marge de la loi ni ne se placera au-dessus d’elle. Elle sera appliquée dans toute sa rigueur, mais dans le strict respect des procédures qu’elle définit. Tel est le sens général de l’orientation que le Ministère de l’Intérieur veillera sans relâche et avec détermination, à mettre en œuvre, dans ses missions de défense des libertés, de garantie de l’ordre public républicain et de l’affirmation de l’Autorité de l’Etat, inscrivant ainsi son action dans le cadre du programme stratégique du Président de la République, pour sortir notre pays du sous-développement et assurer sa modernisation complète dans la paix, l’égalité citoyenne et la concorde nationale et sociale ».

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=740851

Mauritanie: les victimes des exactions du passé ne renoncent pas à demander justice

Le360afrique – Plus de 30 ans après les faits, des Mauritaniens ayant souffert d’exactions ou d’atteinte à leurs droits humains fondamentaux, ou leurs ayants droit, ne renoncent pas à obtenir réparation et continuent leur lutte, malgré de nombreux obstacles.

Une importante délégation du Cadre de concertation des victimes des événements de 1989-1992 (CC/VE), conduite par son président, Sylla Samba Demba, s’est rendue en audience à Nouakchott auprès du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), maître Ahmed Salem ould Bouhoubeini.

L’entretien avec le président de la CNDH, organe consultatif, qui conseille le gouvernement et le parlement dans le domaine des droits humains, a porté sur ce passé, qui, plus près de trois décennies après les faits, est encore ressenti comme « douloureux » par ses victimes, annonce un communiqué de la CC/VE, rendu public, mercredi 23 septembre 2020.

Les exactions et atteintes aux droits humains dénoncés par la CC/VE ont eu lieu sous le régime du colonel Maaouya ould Sid’Ahmed Taya.

Au cours de cette période, qui aura duré trois années, des déportations, des expropriations arbitraires, de multiples violations des droits humains ont été commises, ainsi que des exécutions extrajudiciaires qui ont ciblé plusieurs centaines de militaires issus de la communauté négro-africaine, entre septembre 1990 et février 1991.

«Les échanges ont tourné autour du passif humanitaire, notamment des voies et moyens pour régler ce problème, qui reste une épine au pied de la Mauritanie. La délégation a trouvé une oreille attentive auprès du président de la CNDH. Ce qui a permis de rappeler les morts, les handicapés à vie, la situation des veuves et orphelins, qui reste d’actualité, malgré une amorce timide de règlement», indique un communiqué de la CC/VE.

Comptant dans ses rangs de nombreuses victimes des événements de 1989-1992, la CC/VE est une coalition composée de plusieurs associations les regroupant, dont le Collectif des rescapés militaires (COREMI), l’association Mooyto Koota, l’Union des hommes d’affaires (UHA), l’ONG REVE civile et militaire…

La délégation a sollicité l’implication du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) dans la recherche d’une solution juste et équitable, fondée sur « quatre devoirs »: le « devoir de vérité », le « devoir de justice », le « devoir de réparation » et le « devoir de mémoire ».

Le président de la CNDH a exprimé la disponibilité de l’institution qu’il dirige pour la recherche d’une solution, et indiqué des pistes à celle-ci.

Il a tenu à rappeler que cette organisation était au service des Mauritaniens, et ne ménagera aucun effort pour contribuer au respect des droits humains et à leur sensibilisation.

De notre correspondant à Nouakchott
Amadou Seck

©️ Crédit source: post page Mauritanie https://www.facebook.com/297319407063485/posts/3117809578347773/?substory_index=0

Mauritanie | Droits humains : la CNDH reçoit l’association AMEES

•Photo Page FB du président CNDH

Le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme Maitre Ahmed Salem Bouhoubeyni a reçu aujourd’hui mercredi 23 septembre 2020 dans les locaux de la CNDH une délégation de l’Association Mauritanienne pour l’Eradication de l’Esclavage et ses Séquelles (AMEES). Cette délégation était conduite par le député Ladji Traoré et comprenait Monsieur Diarra Sadijou, Président et Monsieur Fousseinou N’diaye, membres ainsi que le secrétaire général.
Les discussions ont porté sur la situation de certaines communautés dans la wilaya du Guidimakha, anciens esclaves.

Le Président de la CNDH, quand à lui a exprimé son entière sympathie et la volonté de la CNDH d’œuvrer pour que tous les citoyens mauritaniens puissent vivre en liberté, en égalité et obtenir leurs droits.

©️ Crédit source: post FB du président CNDH – https://www.facebook.com/1578519449063467/posts/2662842007297867/

Réflexion / Débat : « Si, le mot Nègre est péjoratif. » Par l’essayiste Mauritanien Mohamed Lam

J’entame mon propos avec le postulat suivant :

Le mot Nègre ne désigne pas qu’une couleur, c’est une condition sociale et d’existence imposée à l’homme noir africain. Il est alors péjoratif. Il l’était hier, il l’est aujourd’hui et j’espère qu’il le sera pour toujours.

Agatha Christie, elle même, était d’accord pour ne pas utiliser le mot Nègre dans le titre de son célèbre roman « Dix petits Nègre« , publié 1938, en Angleterre, sous le titre de Ten Little Niggers.

D’ailleurs, Jean Garrigues, historien rappelle qu’elle avait «elle-même reconnu l’utilité de changer le titre au début des années 1940 aux États- Unis», car, dit-il, je cite, elle «sentait […] le poids négatif que ça pouvait jouer sur des populations» (voir l’article au complet en références ci-dessous)

Je rappelle également que l’homme noir africain, avant sa rencontre avec l’homme blanc (y compris les personnes blanches du monde arabe) , ne se définissait pas comme un homme noir mais comme un homme tout court, un humain.

C’est avec l’institution de l’esclavage, de la colonisation ainsi que celle du racisme dans les imaginaires du dominant que son existence fut redéfinit par ce dernier.

L’homme noir africain, devient alors Nègre non pas seulement par sa couleur mais par sa condition de subalterne, d’infériorité.

Nègre n’est donc pas qu’une couleur mais une condition sociale bien qu’il signifie noir en langue Portugaise (ou en latin negro).

L’africain n’a pas inventé le mot Nègre pour se définir lui-même, il n’a pas à être fiers de répondre par cette appellation.

Il n’y a rien à revendiquer d’original si nous ne sommes même pas capables de nous définir selon nos propres modes de perception sociale. La validation de concepts exogènes péjoratifs pour nous qualifier réduit nos individualités et de nos identités respectives ou encore de nos existences dans une vision autre que celle que nous possédons.

Revendiquer le mot « Negro », pour désigner les populations noires de Mauritanie, se l’approprier comme méthode de lutte afin de rejeter le regard que les autres portent sur nous est fondamentalement dangereux pour notre singularité, notre histoire.

Nous sommes, dans le cas Mauritanien, très loin de la pensée de Césaire, ce « Nègre fondamental », qui, comme pour apporter une altérité avec l’homme blanc, définit l’homme noir dans sa différence culturelle et identitaire.

Lorsque Césaire invoque le mot nègre c’est pour répondre aux racistes et aux colons la chose suivante : « Le Nègre vous emmerde ». Entendons par là, le rejet qu’il fait de la signification, dans le fond, du mot. Il l’explique dans une interview :

« … Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. « (Aimé Césaire)

Le contexte Mauritanien est assez différent du contexte colonial bien qu’il y est le facteur domination qui surgit.

La démarche des trois intellectuels de la Negritude (Damas, Senghor et Césaire) n’était donc pas de valider l’idée qui en elle même est substantiellement stigmatisante.

Il est impossible de se débarrasser du caractère humiliant du mot Nègre en en faisant usage.

Selon moi, Nègre est donc une condition sociale imposée. Une fatalité pour l’africain. Un Noir Mauritanien qui se l’arbore fièrement me dérange profondément car il se soustrait de s’autodefinir lui-même.

C’est dans une démarche de « pensée déconstructive » que doit s’inscrire la définition de qui nous sommes.

Cheikh Anta aussi disait Nègre ?

Oui, mais il faut très mal lire Mr Diop pour affirmer que Nègre est convenable car il l’a utilisé.
Nègre, dans la bouche d’un V. Hugo a une toute autre signification que si c’est un Cheikh Anta Diop qui le prononce.

Si l’un reconnaît publiquement la hiérarchie des « races » (passez moi ici l’usage de cet autre abominable mot) et la toute puissance civilisatrice de l’occident sur le continent africain , l’autre prouva, en utilisant le mot Nègre, l’ancienneté de la culture et de la civilisation noire comme  pour déconstruire toute une conception tronquée sur la valeur civilisationnelle de l’homme africain.

Hugo sous estime, infériorise et animalise. Cheikh valorise, restitue une histoire mal racontée et humanise. Dans les deux cas, à mon avis, le mot Nègre reste péjoratif.

Lorsque des personnes noires sont traités de sales nègres dans les pays occidentaux, les indignations fusent de partout pour dénoncer un certain racisme. Or, dans le monde noir, l’utilisation du mot est faite de façon tout à fait normale.

Utiliser l’appellation faite par l’oppresseur qui en a lui-même décidé ainsi, c’est deux fois accepter sa propre condition sociale :

1-Être incapable de se nommer.
2-Être incapable de se définir soi-même.

Par l’effet de l’aliénation et de la perte de nos identités respectives, faire fièrement  usage du mot « Negro »,  sans analyse conceptuelle profonde, c’est valider le regard que le dominant porte sur le dominé.

Dans les années 30, les penseurs de la Négritude en ont fait usage, mais leur objectif était principalement d’explorer le particulier, le singulier, les différences pour mieux les porter à l’universel.

Qui est  » Negro Mauritanien »?

Partons d’un syllogisme :

1-Tous les Noirs de Mauritanie sont « Negro-Mauritaniens ».
2- Les Haratines sont des Noirs de Mauritanie.
3- Donc les Haratines sont « negro Mauritaniens ».

Il y a là une difficulté majeure et j’estime que le débat mérite d’être posé à plus grande échelle.

Culturellement ou traditionnellement, les Harratines sont plus proches des Maures que des Noirs de Mauritanie. Je ne reviendrai pas sur la thèse qui consisterait à expliquer que c’est à cause de l’esclavage, tout le monde le sait.

Mais il est tout de même important de savoir que si est « Negro Mauritanien » toute personne noire de Mauritanie, tout hartaani est negro Mauritanien.

Or, on le sait, rien, à part la couleur de la peau, n’indique qu’un hartaani est traditionnellement plus proche d’un Peul qu’un Maure. Le Hartaani s’habille, parle, pense et mange même peut-être comme un Maure.

Alors qui sont vraiment les « Negro Mauritaniens »? 

Les militants et les intellectuels Mauritaniens qui ont fait usage de l’expression « Negro-Mauritanien » n’ont fait que reproduire les techniques de définition utilisées jadis : affirmer sa négritude par rapport au système politique et social Mauritanien. Système Beydane (blanc) selon beaucoup de personnes.

Cependant, agir ainsi laisse penser que l’homme noir Mauritanien a quelque chose à prouver à l’homme blanc Mauritanien.

Le noir se definirait alors uniquement par rapport à l’autre. Il ne cherche pas à trouver, à travers lui-même, ce qui le rend authentique.

Césaire, pourtant, dans « Le Nègre fondamental« , était dans cette posture. L’affirmation de l’identité et de la culture noire dans un monde dominé par la culture blanche. Mais il avait une Pensée-Monde qui ne tolerait aucune interprétation consistant à figer sa réflexion sur le seul mot Nègre.

L’objectif des penseurs de la négritude n’était pas de confirmer l’idée que l’on avait du noir, mais de la déconstruire.

Or, en Mauritanie, je ne pense pas que les militants et intellectuels soient dans cette même position. Aucune doctrine n’a été élaborée et étudiée pour donner du sens aux mots employés dans les luttes pour l’égalité.

L’expression est utilisée pour simplement distinguer le Noir du Beydane. Alors autant dire Noir. Nègre, c’est péjoratif et recourir fièrement à son utilisation c’est finalement héberger dans sa propre vision, tous les préjugés racistes sur l’image du Kewri (Noir en Berbère Mauritanien).

Mohamed Lam
Essayiste Mauritanien

https://www.google.com/amp/s/www.slate.fr/story/194546/agatha-christie-dix-ptits-negres-rebaptise-ils-etaient-dix-pourquoi-france-accrocher-desesperement-racisme%3famp