● De la rectification à la clarification : la gouvernance rhétorique. | Par M. Brehima Sidibe

« L’essentiel de l’action des politiques passe par le discours […] le discours politique, loin d’être un épiphénomène de la politique, pourrait donc, à l’inverse, être finalement le tout de l’activité politique des hommes politiques. » Cette assertion d’Elderman sied bien à la transition en cours en République du Mali.
En effet, au cours de ces trois dernières années, nous assistons à l’usage, et cela de manière harmonieuse telle une chorale, des certains mots ou expressions par les autorités de transition. Loin d’être que du verbe, ces mots permettent en réalité au gouvernement de diriger le pays en ayant l’adhésion d’une bonne partie de la population jusqu’ici. Cet article vise à édifier l’opinion publique sur comment des mots ou expressions comme : rectification ; abandon en plein vol ; souveraineté retrouvée ; l’art de se dribler tout en gardant le ballon ; A bon entendeur tant pis ! ; clarification ont permis à la transition de diriger le pays en ayant une relative popularité. Aussi, posons-nous la question des limites de ce qu’on pourrait appeler une gouvernance rhétorique.
Pour mieux édifier le lecteur, chaque mot ou expression sera placé dans son contexte spatio-temporel. Cela permet de mobiliser les circonstances de production ainsi que les effets politiques subséquents.

                    ~ Rectification
Nous sommes en mai 2021, après un séjour à Paris, hasard de calendrier ou non, le président de la transition d’alors, Bah N’DAW a procédé à un remaniement du gouvernement. Deux poids lourds du CNSP à savoir Sadio CAMARA et Modibo KONE sont éjectés. Il n’aura fallu que quelques heures pour que le colonel Assimi Goita, à l’époque vice-président, ne fasse arrêter Bah N’Daw et son premier ministre. Désormais seul maitre à bord, il prête serment le 07 juin 2021 et nomme dans la foulée Choguel Maiga, président du comité stratégique du M5-RFP, comme premier ministre. Débute alors la rectification de la trajectoire de la transition (pour être plus complet).
Ce mot sera employé dans tous les discours officiels pour expliquer voire justifier les événements de mai 2021. Mais en regardant de près, on constate que ce mot relève de ce qu’on appelle la présupposition en analyse du discours. En effet, on rectifie une erreur, une faute. C’est donc une manière subtile de dire que la première partie de la transition—qui va d’aout 2020 à mai 2021—a été marquée par la mauvaise gouvernance. Il faut également souligner que le M5-RFP, considéré comme le mouvement à l’origine du soulèvement contre le régime IBK, a été écarté des sphères du pouvoir sur cette période. Le mot rectification pourrait également signifier que cette « erreur » est corrigée.
En tout état de cause, l’opinion publique malienne a semblé bien accueillir cette rectification puisque des décisions majeures seront prises sur plusieurs plans notamment sécuritaires.

           ~ Abandon en plein vol
Lors de la 76è session de l’assemblée générale des Nations Unies, la voix du Mali sera portée par le premier ministre Choguel Kokalla MAIGA. Dans un discours qui restera l’un des moments forts de la transition, Choguel accusera la France d’abandon en plein vol. Il faut dire que les relations entre les deux pays n’étaient plus au beau fixe depuis l’avènement de la rectification. Quelques mois plus tard, les troupes françaises, qui interviennent au Mali depuis 2013, ont été contraintes de quitter le pays. Ce pays ayant décidé de coopérer avec la Russie. Voilà le contexte spatio-temporel.
Sur le plan rhétorique, nous avons là un exemple de « petite phrase » construit à l’aide de métaphore aéronautique. L’efficacité rhétorique des petites phrases réside dans le fait qu’elles sont reprises assez facilement par les médias, ce qui permet de faire une large diffusion. Conséquence, un discours de près d’une heure est résumé à une seule expression. Cependant, la portée n’en demeure pas moins importante. En effet, c’était l’une des rares fois qu’un responsable malien de haut niveau s’exprime ainsi sur la France et de surcroit à la tribune de l’ONU, haut lieu de la diplomatie mondiale. Certains salueront le « courage politique » du premier ministre. Cette petite phrase sonnera le glas de la courtoisie diplomatique entre le Mali et la France. Mais ce ne sera pas la seule brouille diplomatique.

          ~ Souveraineté retrouvée
Après la rectification, le gouvernement de transition a initié les assises nationales de la refondation de l’Etat. A l’issue de ces travaux, le chronogramme préalablement établi en accord avec la CEDEAO (qui fixait la durée de la transition à 18 mois) a été abandonné. En lieu et place, le gouvernement proposera une transition de cinq ans. Dès lors, commence un véritable bras de fer avec la CEDEAO. Lors d’un sommet ordinaire le 09 janvier 2022, des sanctions d’une rare gravité ont été prises contre le Mali. Le vendredi 14 janvier, une grande manifestation était organisée à Bamako et dans les capitales régionales à l’appel des autorités. Les sanctions dureront huit mois. Ainsi, pour saluer cette mobilisation du peuple malien, la date du 14 janvier fut retenue comme journée de la souveraineté retrouvée. Voilà le contexte.
Dans un article publié en janvier 2023, nous soulignions le caractère contradictoire entre le 14 janvier (journée de souveraineté retrouvée) et le 22 septembre (fête de l’indépendance). Nous évoquions alors une confusion sémantique aux conséquences politiques floues. En effet, souveraineté retrouvée suppose que le Mali avait perdu sa souveraineté. Si tel est le cas, doit-on toujours célébrer la date du 22 septembre ? Mais au fond, l’usage de cette expression permet aux autorités de transition de s’afficher comme les « véritables » défenseurs contre la soumission ou la domination. Il faut dire que ce narratif a un écho favorable au sein de l’opinion publique.

       ~ L’art de se dribler tout en gardant le ballon
On retourne à la tribune des Nations Unies. A la faveur de la 77e  session de l’assemblée générale, le colonel Abdoulaye, premier ministre par intérim, connu pour sa rhétorique provocatrice, portera la voix de notre pays. Cette intervention se passe en pleine crise avec la Cote d’Ivoire suite à l’arrestation de 49 « mercenaires » ou « missionnaires » ivoiriens à l’aéroport de Bamako. Auparavant, la Côte d’Ivoire était en première ligne lors de l’adoption des sanctions contre le Mali. Ces circonstances aggravantes n’étaient pas de nature à apaiser la situation. Faisant fi de tout protocole diplomatique, le colonel Abdoulaye Maiga, en référence au 3e mandat d’Alassane Ouattara, dira que c’est l’art de se dribler tout en gardant le ballon.

Là encore nous avons affaire à une petite phrase construite par la métaphore footballistique. Comme on pouvait s’y attendre, elle sera reprise par les médias mais aussi par des internautes. Si la Côte d’Ivoire ne réagit pas officiellement, nul doute que cette petite phrase a contribué à dégrader les relations entre les deux pays voisins.
Le même Abdoulaye MAIGA revient à la charge à la 79e session de l’ONU mais cette voici contre l’Algérie. En effet, depuis la reprise de la ville de Kidal par le Mali en novembre 2023, les ex rebelles de la CMA ont élu domicile en Algérie. Cette situation a conduit notamment à la dénonciation de l’accord d’Alger signé en 2015 et dont l’Algérie était en quelque sorte le parrain. Autant de facteurs qui ont contribué refroidir les relations entre les deux pays. Ainsi, à la tribune de l’ONU, le Colonel MAIGA rappellera que l’accord d’Alger est bien mort qu’en bon entendeur tant pis ! Ici il y a la transposition d’une expression commune, avec une connotation positive, « en bon entendeur salut !» qui exprime un conseil, par une expression pour le moins sarcastique.

        ~ Les limites de la gouvernance rhétorique  
Comme nous l’avons vu tout au long de l’article, le gouvernement de transition s’appuie sur un certain nombre de mots ou expressions pour diriger. Et il faut dire que cela leur a réussi plus au moins jusqu’ici (ici nous parlons d’opinion favorable). Mais à mesure que la transition se prolonge, on assiste à une certaine fatigue de la gouvernance rhétorique. En effet, bien que l’essentiel de l’activité politique passe par le discours, ces discours doivent être suivis d’effet d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’énoncés performatifs dans les exemples que nous avons cités dans cet article. La particularité des énoncés performatifs et que leur seule énonciation suffit pour accomplir l’acte. Mais tel n’est pas le cas ici. C’est peut-être pourquoi le premier ministre Choguel MAIGA parle de clarification…

Brehima SIDIBE, Doctorant en Analyse du discours politique 

● France | Travailleurs sans-papiers : qu’est-ce que la circulaire Valls que le ministre de l’Intérieur veut faire disparaitre ? [Infomigrants.net]

Instaurée en 2012 par l’ancien ministre Manuel Valls, la circulaire qui porte son nom permet de régulariser des étrangers sans-papiers, par le travail ou pour motifs familiaux. De nombreux travailleurs sans-papiers comptent sur cette disposition pour obtenir un titre de séjour – pourtant délivré au compte-goutte depuis des années.

C’est le nouveau cheval de bataille de Bruno Retailleau : les sans-papiers. Dans un entretien au Parisien, mercredi 9 octobre, le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il souhaitait « remplacer » la circulaire Valls qui permet, entre autres, d’offrir à titre exceptionnel une carte de séjour aux travailleurs étrangers en situation irrégulière. Pour Bruno Retailleau, cette circulaire Valls est un appel d’air migratoire. Il faut donc selon lui durcir les règles de régularisation : « Nous ne devons régulariser qu’au compte-goutte, sur la base de la réalité du travail », a-t-il notamment déclaré.

Une posture que déplore Stéphane Maugendre, avocat spécialiste de l’immigration et président honoraire du Gisti, une association d’aide aux immigrés. « On nous fait croire que la circulaire Valls, qui est à peine appliquée par les préfectures, régularisait en masse les sans-papiers. C’est n’importe quoi », explique-t-il. En effet, sur les 450 000 sans-papiers que compte la France, seuls 11 500 ont été exceptionnellement régularisés grâce à leur travail en 2023, selon les chiffres de l’Intérieur.

« Il faut rappeler que la circulaire Valls n’est pas opposable à l’administration, c’est-à-dire que ce n’est pas une loi, c’est un simple courrier que les préfectures reçoivent, elles peuvent suivre la circulaire ou bien l’ignorer », rappelle Me Maugendre.

Cette circulaire offre un titre de séjour d’un an renouvelable. « C’est une régularisation qui dans les faits reste très précaire. Au bout de 12 mois, il faut redemander des papiers à l’employeur, refaire des démarches, retourner en préfecture, avec l’angoisse de voir son dossier rejeté », continue l’avocat.

InfoMigrants s’est penché sur cette circulaire, ciblé par Bruno Retailleau. Que dit-elle exactement ? Qui régularise-t-elle ?

Lire la suite https://www.infomigrants.net/fr/post/60476/travailleurs-sanspapiers–questce-que-la-circulaire-valls-que-le-ministre-de-linterieur-veut-faire-disparaitre?utm_slink=go.france24.com%2FIcy&utm_term=FRANCE24&utm_campaign=facebook&utm_source=nonli&utm_medium=social

● Mohamed Ould Maouloud et Birame Dah Abeid remettent à zéro le compteur de leur coopération politique

Le président de l’Union des Forces du Progrès (UFP), Mohamed Ould Maouloud et une forte délégation de son parti ont rendu ce jour, samedi 5 octobre 2024, une visite de courtoisie au président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et président de la Coalition qui l’avait soutenu lors de la présidentielle de 2024, Birame Dah Abeid, à son siège de l’Ilot K à Nouakchott.

Réponse du berger à la bergère, le président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud accompagné d’une forte délégation de son parti, a tenu à rendre la politesse au président Birame Dah Abeid et à sa coalition, qui avaient entamé le premier pas en se rendant au siège de l’UFP il y a quelques semaines pour recoller les morceaux d’une dissension politique qui avait failli se terminer devant les tribunaux.

L’évènement de ses retrouvailles a eu lieu samedi 5 octobre 2024 dans les locaux du mouvement IRA qui servent également de siège pour le député à l’Assemblée Nationale et non moins dauphin suite à la présidentielle de 2024, Birame Dah Abeid.

Après une rencontre à mi-clos entre les deux délégations, l’impatience de la presse et des militants restés en masse dans la salle de conférence a été assouvie par les discours qui leur ont adressés par les deux dirigeants.

Dans son intervention, Ould Maouloud a tenu à saluer le courage et le sens de la responsabilité qui ont animé la démarche de Birame Dah Abeid, lorsque ce dernier, accompagné des membres de sa coalition se sont rendus au siège de l’UFP pour présenter ses excuses suite au différend qui les avait opposés. Ould Maouloud a appelé à dépasser ce triste épisode dans les relations entre les deux camps et a appelé à une union sacrée de l’opposition autour des questions essentielles auxquelles la Mauritanie est aujourd’hui confrontée.

A son tour, Birame Dah Abeid a remercié le président de l’UFP et sa délégation pour leur démarche amicale et fraternelle, louant le sens de patriotisme et d’engagement du président Ould Maouloud qui fut, rappelle-t-il, son professeur à l’Université de Nouakchott.

Il a salué en lui le formateur qui a accompagné aussi bien dans leur formation universitaire que politique plusieurs générations.

Il a enfin déclaré que la Coalition qu’il présidait et qui l’avait accompagné tout au long de son combat pour son accès à la Magistrature suprême devient la Coalition des forces politiques de l’opposition.

Situation inédite, Birame Dah Abeid considère que le Pacte républicain qu’il avait lui-même rejeté ainsi qu’un large pan de l’opposition, pourrait bien devenir le terreau d’une nouvelle plateforme de dialogue avec le pouvoir. Une équipe multipartite serait selon lui à pied d’œuvre pour son réaménagement.

Cheikh Aïdara

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● Non à l’impunité, justice pour Lamine Mangane – Lettre ouverte TPMN

Monsieur Le Président,

Le 27 septembre 2011, à Maghama, la gendarmerie a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques de Touche pas à ma nationalité qui ne demandaient rien d’autre que la citoyenneté pleine et entière pour tous les Mauritaniens au delà de leur appartenance raciale, ethnique ou tribale.

Le bilan est particulièrement lourd : Lamine Mangane, adolescent de seize ans est tué sur le coup, tandis que 8 autres enfants sont grièvement blessés et marqués à vie. Treize ans après cette tragédie, aucune enquête n’a été diligentée pour situer les responsabilités et les coupables courent toujours, s’ils n’ont été promus pour leur forfait.

Une plainte a pourtant bien été introduite par la famille du jeune homme assassiné, mais elle n’a été suivie d’aucun effet, bloquée par une justice aux ordres d’un système étatique fondé sur le racisme et l’esclavagisme.

La tragédie de Maghama est en effet une suite logique du permis de tuer du noir délivré aux représentants les plus zélés du système raciste et esclavagiste à travers la promulgation de la loi d’amnistie protégeant les auteurs des crimes contre la communauté noire pendant les années de braise.

Touche pas à ma nationalité ose espérer que vous vous ressaisirez, après un premier mandat qui n’a fait que creuser davantage le fossé entre les Mauritaniens, et que vous aurez le courage d’affronter les vrais problèmes qui minent l’existence de notre pays. Nous vous rappelons que l’unité nationale ne peut se construire sur le déni de justice et exigeons :

– L’ouverture d’une enquête interne visant à situer les responsabilités de la tragédie de Maghama

– L’indemnisation de l’ensemble des victimes

– La levée des obstructions empêchant le traitement de la plainte introduite par la famille Mangane ;

– L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993, cadre légal de toutes les exactions à l’endroit des Noirs de Mauritanie.

En espérant que vous mettrez les intérêts de la Mauritanie au-dessus de toutes les autres considérations, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Nouakchott le 27 septembre 2024

Pour le Bureau Exécutif,

Le Président Alassane DIA

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=777662

● Passif humanitaire : Ould Diay admet l’inadéquation des précédentes tentatives de règlement

Le Calame – Le dossier épineux du passif humanitaire s’est invité de nouveau au parlement, lors de la plénière consacrée aux questions adressées au premier ministre, après sa déclaration de politique générale.

Les députés sont revenus sur la nécessité d’un règlement définitif sur des bases claires et saines de la question des exactions extra-judiciaires, des déportations massives au Sénégal et au Mali, lors des années de braises.

Ils ont rappelé l’échec des tentatives non fondées sur des principes de justice avec l’absence d’enquêtes, de reconnaissance des exactions par l’Etat et les bourreaux, de leurs poursuites.

Face aux tonnerres de questions, Mokhtar Ould Diay s’est démarqué de ses prédécesseurs. En guise de réponse, le chef du gouvernement a indiqué que « le pays est passé par des étapes qui ne sont pas tolérées par la loi, et que ce gouvernement, sous les instructions de Son Excellence le Président de la République, est plus que jamais prêt à régler cette question en satisfaisant toutes les parties concernées, loin de la complexité du dossier ».

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=777209

● Le Grand Entretien du BLOG | Avec le doctorant M. Brehima SIDIBE

La rubrique le Grand Entretien du BLOG vous revient avec un invité d’origine malienne, le doctorant Brehim SIDIBE. Également formateur en communication politique et acteur influent en France au sein de la diaspora du pays de Modibo Keita, M. SIDIBE nous expose pertinemment ses analyses en acceptant gentiment de répondre à l’intégralité de nos questions. Nos vifs remerciements à lui, et lui souhaitons une fructueuse continuation dans ses recherches doctorales ainsi que dans sa carrière professionnelle.


Ci-après l’entretien :

● Question 1 : Bonjour monsieur Sidibe, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Brehima SIDIBE, je viens du Mali. Je prépare une thèse de Doctorat en Analyse du discours politique à CY Cergy Paris Université. Mes travaux de recherche portent sur l’analyse linguistique des discours politiques au Mali entre 2012 et 2022. Je pars d’une acception du discours politique qui inclut tout discours dont le contenu aborde le sujet de politique. Aussi,  j’enseigne la communication politique à l’École politique africaine.
En parallèle, je suis également actif dans le milieu associatif auprès de la communauté malienne de France. J’ai été président de l’Association des étudiants maliens d’Ile de France (AEMIF) entre 2020 et 2022. Après mon mandat à l’AEMIF, j’ai créé, avec d’autres camarades, le mouvement Forces Citoyennes pour la Jeunesse (FCJ). Il s’agit d’un mouvement qui regroupe les jeunes maliens et franco-maliens à travers différentes villes de  France. Ce mouvement porte ma candidature à la présidence du Conseil National de la Jeunesse Malienne de France (CNJMF).

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)

BS : En effet, la communauté Soninké est fortement présente ici France et cela depuis belle lurette. Nous en sommes à la troisième génération selon certains sociologues spécialistes des questions migratoires. On peut voir cette migration de différentes manières. D’abord, il faut dire que la volonté de quitter les pays d’origine (Mali, Sénégal, Mauritanie, Gambie…) résulte d’un constat commun à ces pays, et bien au-delà d’ailleurs, c’est le manque de perspectives pour les jeunes.  En effet, qu’ils soient diplômés ou non, nombreux sont ceux qui sont “contraints” de partir dans l’espoir de retrouver une vie meilleure. Les avantages de la migration au sein de la communauté Soninké sont qu’il existe une réelle solidarité entre ceux qui partent à l’étranger en l’occurrence la France et ceux qui sont restés au pays. Reconnus pour leur sérieux, leur rigueur dans le travail, les soninkés se préoccupent toujours de la famille (au sens africain du terme) dans leurs pays d’origine. Dans de nombreuses contrées, les “parisiens” (surnom donné à ceux qui vivent en France qu’ils habitent à Paris ou non) se substituent même aux gouvernements en ce sens qu’ils construisent des châteaux d’eau ; des écoles ; des hôpitaux… Vu sous cet angle, on peut dire que l’immigration a des réels avantages.
Toutefois, on ne peut s’empêcher de souligner les risques liés à cette immigration. En effet, on obtient de plus en plus difficilement le visa pour se rendre en France. Et pour corollaire, beaucoup choisissent d’affronter la méditerranée via des embarcations de fortune.  S’ensuit donc de nombreuses pertes en vies humaines. Ce qui est fortement déplorable. Ainsi, il serait judicieux pour la communauté vivant en France d’opter davantage pour des investissements qui favorisent la création d’emplois dans les pays d’origine. Cela pourrait créer plus d’opportunités d’emplois et à terme permettre aux jeunes de rester sur place et travailler.

● Question 3 : Nous vous suivons régulièrement sur les supports virtuels RP Médias comme analyste, pouvez-vous nous exposer quelques points clés sur la situation politique et géopolitico-sécuritaire de votre pays (le Mali) et de la sous-région actuellement ?

BS : En effet, j’interviens assez régulièrement sur RP Médias. Il y a beaucoup de choses à dire sur la situation politique et géopolitique du Mali et de la sous-région mais je vais essayer d’être concis. D’abord il faut dire que nous assistons à un changement de paradigme au Mali depuis la “rectification de la trajectoire de la transition” intervenue après le renversement du président Bah Ndaw en mai 2021. Au plan politique, ce changement de paradigme se manifeste par l’abandon du calendrier électoral qui prévoyait initialement d’organiser les élections en février 2022. Plusieurs autres reports s’en sont suivis et à l’heure où je vous parle, aucune date n’est prévue pour les élections. Entre- temps, la classe politique a disparu des radars. Soit par faute de crédit au sein de l’opinion; soit par les mesures de restrictions prises par les autorités de Transition. Soulignons également l’adoption d’une nouvelle constitution en juillet 2023, instituant la IVe République. Mais l’opinion publique nationale et internationale aura surtout noté les changements sur les plans sécuritaire et géopolitique. En effet, les forces françaises qui étaient présentes au Mali depuis 2013 ont été sommées de quitter le territoire en 2022 et un an plus tard c’était au tour des casques bleus de la mission des Nations Unies de plier bagages. Ces décisions s’inscrivent dans la nouvelle doctrine des autorités maliennes, à savoir l’affirmation de la souveraineté. Un nouveau partenariat renforcé avec la Russie est établi. Alors que les pays occidentaux accusent le Mali de coopérer avec des mercenaires, les autorités maliennes affirment travailler avec des instructeurs russes.
Ainsi, sur le plan sécuritaire, on constate une réelle accalmie. Les forces armées maliennes sont passées d’un mode opératoire défensif à un mode opératoire offensif. Les massacres de villages entiers ont cessé. Les terroristes ne s’attaquent plus directement aux camps militaires. Le point culminant de cette situation est la reprise de la ville de Kidal contrôlée depuis 2014 par les groupes indépendantistes de la CMA. Des équipements militaires adéquats sont mis à la disposition des FAMAs. S’il y a un point où tous les maliens semblent saluer l’action de la transition, c’est bien sur le plan sécuritaire. Néanmoins, la lutte contre le terrorisme étant une guerre asymétrique, beacoup restent à faire et la vigilance doit être de mise. 
Sur le plan géopolitique, les lignes ont fortement bougé ces derniers temps. Suite aux multiples reports du calendrier électoral évoqués plus haut, les relations entre le Mali et la CEDEAO se sont fortement dégradées. On se souvient des sanctions sévères  prises à l’encontre du Mali en janvier 2022. Sanctions qui dureront huit mois. Dès lors, on semble franchir un point de non retour. Pour cause, en septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé l’Alliance des Etats du Sahel, AES.

● Question 4 : Pouvez-vous nous éclairer sur l’aspect institutionnel de l’AES (Alliance des États du Sahel) qu’on l’entend évoluer vers une confédération et ses frictions avec la Cédéao ?

BS : D’abord il faut dire que l’AES est une alliance de circonstances. Les trois pays qui la composent connaissent des situations similaires : des militaires à la tête du pays ; menace terroriste; bras de fer avec la CEDEAO. Cette situation a favorisé la création de l’AES en vue d’une mutualisation des efforts. La première version de la charte du Liptako-Gourma, qui a institué l’AES, met l’accent sur les volets sécuritaire et de défense. Cependant, quelques mois plus tard, d’autres aspects ont été ajoutés notamment la diplomatie et le développement. C’était à la faveur du sommet tenu à Niamey, au Niger, le 6 juillet 2024 et où l’annonce de la création d’une confédération a été faite. La confédération vise à donner une existence institutionnelle à l’AES tout en conservant la souveraineté des Etats. Sans surprise, la présidence tournante a été confiée à Assimi Goita du Mali, pays considéré comme la locomotive de l’AES. Quant aux sessions parlementaires, elles se tiendront au pays des hommes intègres. La confédération devrait aboutir à la fédération mais cela nécessite une réelle volonté politique des autorités des trois pays sans oublier  la sensibilisation de l’opinion publique dans les trois Etats. Dans ce sens, on peut déjà voir quelques prémices à travers les journaux télévisés de 20h de ORTM,  RTB,  et  RTN où une page AES est ouverte à chaque JT et qui couvre l’actualité des trois pays. Cependant, cette dynamique est subordonnée au maintien des trois présidents de transition. Rien ne garantit que la même dynamique va se poursuivre si l’un des trois chefs d’Etat devait quitter le pouvoir dans les deux ou trois prochaines années.
Il va sans dire que la CEDEAO ne voit pas d’un bon œil la création de l’AES. En effet, le retrait annoncé en janvier 2024 devrait être effectif en janvier prochain. La CEDEAO perdrait alors un vaste territoire de plus de 2 millions de KM2. Et au vu de la dynamique actuelle, il faut dire que l’on se dirige vers cela. Malgré le changement de cap de la CEDEAO vis-à-vis des pays de l’AES, les autorités de ces pays ne semblent pas fléchir. Ce sera un véritable camouflet pour la CEDEAO qui fêtera ses 5O ans d’existence en 2025.

● Question 5 : La communauté soninké connaît une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?

BS : C’est une situation fortement déplorable. Voir qu’au 21è siècle une telle pratique humiliante et déshumanisante existe encore sous nos cieux est lamentable. Dans l’histoire de l’humanité, l’Homme noir est celui qui a tant soufert par l’esclavage. Des luttes ont été menées au long des siècles pour aboutir à l’abolition, comment comprendre qu’un homme noir puisse considérer son semblable comme esclave, fusse par ascendance? Dans la constitution des pays où l’on retrouve la communauté Soninké, la liberté de chaque individu est reconnue et nul ne doit être soumis à l’esclavage. Mais je pense qu’il faut renforcer davantage la législation. On a comme l’impression d’un silence coupable des autorités politiques et judiciaires parfois pour des calculs politiques. Les personnes reconnues par une telle pratique doivent être sévèrement punies. Pour cela, il faudra inclure même les incriminations verbales parmi les chefs d’accusation. La pédagogie et la sensibilisation ne sont pas des moyens de dissuasion à mon avis. Force doit rester à la loi.

● Question 6 : Ces dernières années, un regain panafricaniste s’est manifesté sur notre continent, quelles analyses faites-vous d’éventuelles retombées à court et long terme ?

BS : A la faveur des changements de régimes intervenus dans certains pays à travers l’Afrique, on assiste en effet au retour des discours au relent panafricaniste et souverainiste. Ces types de discours visent à affirmer l’indépendance totale de l’Afrique vis-à-vis des grandes puissances autrefois colonisatrices. Au-delà des autorités gouvernementales, certains activistes s’inscrivent également dans ce registre. Je pense notamment à Kémi SEBA. Cette affirmation panafricaniste est en soi une bonne chose. Mais il faut aller au-delà du discours. Le véritable panafricanisme doit d’abord permettre l’intégration des peuples africains, c’est-à-dire la libre circulation des personnes et des biens. Et le chantier prioritaire dans ce sens doit être la mise en œuvre effective de la ZLECAF. A long terme, cela pourrait avoir de réelles retombées économiques.
Et pour terminer, à mon avis,  le panafricanisme ne doit pas être compris comme une forme de rupture avec le reste du monde mais plutôt le respect et l’affirmation de l’Afrique au concert des nations.

Merci pour votre disponibilité.

• Réalisé par KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

6 août 2024

● DPG : le Premier Ministre Mokhtar ould Diay devant l’Assemblée Nationale

Le Rénovateur Quotidien – Pour son premier baptême de feu le.chef du gouvernement était ce mercredi 4 septembre 2024 à l’hémicycle pour dérouler les grandes ambitions contenues dans la DPG du gouvernement, devant les députés à l’occasion de la rentrée parlementaire.

Dans son discours, le Premier Ministre a d’emblée campé les contours d’un programme assez ambitieux qui tient compte des acquis réalisés durant le premier quinquennat, des performances à renforcer ainsi que l’accélération des chantiers en cours et le lancement de nouvelles infrastructures de développement durable.

Après avoir passé en revue les réalisations phares durant le premier mandat du président Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani le Premier ministre a contextualisé l’environnement économique , social , politique et institutionnel du pays tout en annonçant les défis qui attendent le nouveau gouvernement dans les domaines prioritaires:

Etat de droit dans toutes ses déclinaisons, répartitions équitable des richesses, système éducatif, services de base, lutte contre la corruption , promotion d’un état moderne dans le respect des valeurs morales et sociale ,ancrage de la culture démocratique, renforcement de l’unité nationale, sécurité et souveraineté nationale entre autres priorités que le premier ministre a évoquées dans son discours où se dégage une volonté de rattraper bien des retards accumulés pendant plusieurs décennies faute d’optimisation des richesses du pays, d’un système de gouvernance politique à la hauteur des défis multiples de la refondation d’un état de droit … autant de chantiers qui constituent des engagements forts du président Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani qui se sont traduits en grande partie dans les faits, a martelé le PM.

Cependant, a-t-il souligné, « toutes ces grandes réalisations, visibles et palpables, n’ont pas occulté aux yeux de Son Excellence le Président de la République l’envergure des défis qui restent à relever, du fait de sa haute ambition pour le pays, de sa conscience de l’ampleur des aspirations légitimes de notre peuple, de sa connaissance de notre relation très récente, en tant que société, avec l’État moderne, de sa profonde compréhension des défis complexes et interdépendants imposés par l’environnement mondial et régional au niveau sécuritaire, géopolitique, économique et environnemental, ainsi que de sa pleine compréhension des dysfonctionnements structurels profonds que nous avons accumulés sur des décennies. »

Et Moktar ould diay de préciser : que « Nous sommes un pays dont on dit souvent qu’ « il est riche par ses ressources naturelles. »

Cependant, on ne mentionne que rarement, dans le même temps, que la richesse des nations et des peuples se mesure par leur aptitude à exploiter de manière durable leurs ressources naturelles et leurs capacités créatives, bien plus que par l’abondance des ressources elles-mêmes.

Or nous ne pourrons améliorer notre capacité à exploiter nos ressources et nos énergies créatrices qu’en relevant les défis auxquels fait face notre pays, et que Son Excellence a ramené, dans son programme « Mon ambition pour la Patrie », à cinq défis principaux :

Le premier défi se rapporte au degré d’ancrage de l’État, des Institutions et à la Gouvernance.

Notre expérience récente de l’État moderne et les conditions entourant sa naissance chez nous ralentissent lourdement la transformation de nos mentalités et de nos comportements dans le sens d’une meilleure assimilation des exigences de l’État de droit et des institutions, en termes d’organisation et de procédures, particulièrement celles en rapport avec l’idée ancrée dans notre conscience collective, que l’État est une entité étrangère, ennemie, à laquelle il est permis légitimement et moralement de porter toutes les atteintes possibles.

Le second défi est lié à la faiblesse structurelle de notre économie.

À ce niveau, le principal problème pour notre pays réside dans le fait que nos parcours de croissance n’ont jamais atteint un niveau permettant un réel décollage économique. Cela est dû, notamment, aux insuffisances dans la diversification des sources de croissance, à la faiblesse des infrastructures de soutien, et au déficit criant dans la mise en valeur des secteurs où nous avons un avantage comparatif, ainsi que les insuffisances évidentes dans l’exploitation efficace des opportunités offertes par nos potentialités, la faiblesse structurelle de notre secteur privé dans son ensemble et la taille réduite de notre marché intérieur. Ces éléments constituent les obstacles majeurs à ce niveau.

Le troisième défi concerne nos ressources humaines.

À ce niveau le problème principal demeure la prédominance de mentalités et de comportements contraires à la culture du travail, à la valorisation des métiers dans leur diversité, et à la reconnaissance de l’honneur attaché au travail et aux travailleurs. Ces mentalités affaiblissent les volontés, délitent la force de l’engagement et inhibent les énergies et les capacités créatives.

Le quatrième défi est celui de la consolidation de notre unité et notre cohésion sociale. Nous sommes un peuple uni par une même foi religieuse intégrative, une histoire partagée un devenir commun et un avenir prometteur. Cependant, les mentalités rétrogrades, les stéréotypes erronés et les stratifications sociales sans fondement réel continuent à fragiliser cette cohésion sociale.

Ces néfastes résidus du passé se nourrissent de l’exacerbation du sectarisme et du tribalisme, des inégalités économiques flagrantes et de la précarité qui les accompagne. Ils sont également alimentés sociale.

Ces néfastes résidus du passé se nourrissent de l’exacerbation du sectarisme et du tribalisme, des inégalités économiques rageantes et de la précarité qui les accompagne. Ils sont également alimentés par une répartition inéquitable des richesses et des opportunités, affectant souvent les couches sociales historiquement victimes d’injustice et de marginalisation. Le cinquième défi, lui, est sécuritaire et géopolitique.

L’interconnexion entre les différents pays, du fait de la mondialisation, et la force par laquelle ils s’impactent les uns les autres, impose parfois aux pays, pris individuellement, des dé)s qui sont à la base internationaux ou régionaux.

Les effets dévastateurs de la violence, du terrorisme et des guerres qui sévissent au niveau international ont fortement impacté notre continent, en particulier la région du Sahel, qui a connu une forte propagation de l’extrémisme, de la violence et des groupes terroristes, compromettant les fondements de la sécurité et de la stabilité.

Bien que nous ayons pu préserver notre sécurité et notre stabilité dans cet environnement très perturbé, par la grâce d’Allah, l’efficacité de notre stratégie sécuritaire intégrée et multidimensionnelle et la vigilance de nos vaillantes forces armées et de sécurité, il reste, cependant, que le dé) persiste, le danger demeure et la vigilance est toujours requis.

Des vastes chantiers structurants

Dans la DPG, le Premier Ministre a égrené la liste de grands chantiers auxquels son gouvernement s’attèle à mettre en œuvre conformément aux priorités accordées par le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani parmi lesquels :

-Un État de droit et des institutions fortes, avec une bonne gouvernance moderne,

– Une économie performante, résiliente et éco-durable,

– Un capital humain bien formé et qualifié, en particulier chez les jeunes,

– Une unité nationale solide et une intégration sociale inclusive.

– Une sécurité et une stabilité bien assises, et un rôle international et régional efficace.

Il s’agit également d’engager de vastes réformes pour booster l’économie nationale pour accélérer la croissance, tout en maîtrisant l’inflation et en stabilisant les prix sur le marché national notamment le cours des importations. Le gouvernement veillera à améliorer le niveau de vie des populations tout en répondant aux attentes sociales.

Le développement des infrastructures de base est au menu de la déclaration de politique gouvernementale qui s’inscrit dans un vaste champ de promotion d’un développement durable. Le PM n’a pas manqué d’adosser les ambitions du gouvernement sur de stratégies et des actions qui faciliteront l’exécution d’un programme ambitieux à cours, moyen et long terme.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=777128

● Décret présidentiel convoquant l’Assemblée nationale en session extraordinaire, le 4 septembre 2024 [AMI.MR]

La Présidence de la République, communique que, par décret en date du lundi 26 août 2024, le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 4 septembre 2024.

Voici le texte intégral de ce décret :

‘’ LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ,

Sur Rapport du Premier Ministre,

VU, l’Article 53 de la Constitution.

DECRETE :

Article premier : Le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 04 septembre 2024.

Article 2 : L’ordre du jour de cette session comprendra :

1. La Présentation de la Déclaration de la Politique Générale du Gouvernement,

2. Projet de loi portant création du tribunal spécialisé de lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants.

3. Projet de loi modifiant certaines dispositions de la loi numéro 65-046 du 23 février 1965 portant dispositions pénales relatives au régime de l’immigration.

4. Projet de loi portant code de l’hydrogène vert.

Article 3 : le Premier Ministre est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié suivant la procédure d’urgence au journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie’’

Mohamed OULD CHEIKH EL GHAZOUANI

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/252881

● Le Président de la République reçoit les secrétaires généraux des ministères

AMI – Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, a reçu en audience, vendredi au Palais présidentiel, les secrétaires généraux des ministères.

Au cours de l’audience, le Président de la République a indiqué que l’objectif de la rencontre est axé sur la redynamisation de l’action du gouvernement et d’amélioration de ses performances.

A cette occasion, il a rappelé aux secrétaires généraux que leurs fonctions les rendent directement responsables de la gestion financière et administrative de leurs département et les obligent à prendre les mesures appropriées pour faire face à tous les phénomènes incompatibles avec l’éthique de l’administration, le respect des fonds publics.

A cet égard, le Président de la République a notamment insisté sur la nécessité de rapprocher l’administration des citoyens et d’améliorer leur prise en charge au niveau des différents services administratifs.

L’audience s’est déroulée en présence du Premier ministre, M. Mokhtar Ould Diay, du ministre secrétaire général de la Présidence de la République, M. Moulay Ould Mohamed Laghdaf, du ministre chargé de cabinet du Président de la République, M. Nani Ould Chrougha, des ministres conseillers à la Présidence de la République M. Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane, Mme Ba Aissata Yahya et le ministre chargé du secrétariat général du gouvernement, M. Moctar Al Housseynou LAM.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776761

● Nouveau gouvernement mauritanien | Le cas du ministre soninké !

Source de la photo RS

Mauritanie Politique | Ici nommé le ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé du budget, du nom Nguenor Codioro Haroune. Selon les règles non écrites autour de la formation d’un gouvernement, il représenterait le quota soninké dans l’équipe Diay 1. Ainsi, comme d’habitude, dans l’opinion publique intéressée politiquement en milieux soninkés, on s’écharpe via notes vocales interposées en tous commentaires à son sujet. Et généralement ce ne sont pas ses compétences et parcours qui sont débattus mais plutôt de savoir s’il est bien représentatif ou de quelle tendance politique est-il issu…?
Ou de savoir quelle personnalité communautaire et politique aurait plaidé pour sa promotion…
Et on comprendrait en sourdine dans certains propos, un mélange de déception et d’étonnement… parce qu’ils n’attendaient  pas ce profil…sinon en parlant vrai ce Nom de famille…

L’assiette soninké dans la « fameuse tontine politique » est souvent cooptée et captée d’office par certains pans politico-claniques à l’image de l’ordre féodalo-coutumier qui régit le fait politique intra-communautaire. 

Nous lui souhaitons succès et réussite dans ses fonctions.

Notre espoir pour l’avènement d’un Pays Normal, il faut que les compétences assurent la légitimité en rang… et non le hasard d’une naissance ou d’un nom de famille…

À la quête d’un Pays NORMAL.