✓Note laconique de lecture : Héros de L’ISLAM de I . Meyer



L’avant-propos est un grand MERCI au frère, ami…et pourquoi pas au CHEIKH Bano Coulibay. Merci pour la recommandation et surtout l’incitation amicale pour le lire l’intégralement. La curiosité me titille mais finir une Lecture est une petite torture parce qu’une paresse maligne m’assaillit dès que je capte relativement une certaine idée présentatrice d’un bouquin.

Cet ouvrage « Héros de L’ISLAM » fait voyager à travers des biographies succinctes et riches de certaines figures monumentales de l’Histoire du monde musulman. Ainsi les parcours des 4 honorables califes ayant succédé au Sceau de Messagers Muhammad (psl), ont été abordés d’une manière soutenue dans leurs diversités , leurs complexités et leurs contextes. Sincères, volontaires, dévoués et courageux, Abubakr, Umar, Usman et Ali (Qu’ils soient agréés) ont su tenir avec RESPONSABILITÉS l’émergence spectaculaire et la consolidation révolutionnaire d’une Nation de Foi et de Vision du Monde qui continue de marquer l’Humanité à jamais.

Parmi ces 30 grands noms sélectionnés par l’auteur, on y compte le conquérant pionnier Amr ibn al-As qui ouvrit l’Égypte à la prédication islamique. Un génie issu de l’élite Qurayshite païenne d’antan, l’arrivée de l’islam sur les terres africaines lui doit beaucoup historiquement. Également le premier muezzin de l’islam et proche compagnon du Prophète fait partie des illustres personnages du livre. Le respectable Bilal ibn Rabah, on y apprend qu’il naquit à la Mecque d’un père arabe et d’une mère originaire d’Éthiopie. Le tonitruant et intrépide combattant Khalid Ibn al-Walid, le courageux berbère Tariq ibn Ziyad pour l’ouverture à l’Espagne musulmane, le martyr résistant à la tyrannie Al Husayn ibn Ali, le distingué réformateur Umar ibn Abd al- Aziz, le conquérant ottoman de Constantinople (devenu Istanbul) en 1453 Mehmet Al-Fatih, un digne et vivace représentant du mouvement revivificateur (les Mourabitounes) Yusuf ibn Tashfin du grand Sahara-maghreb, le kurde protagoniste principal de la reprise de Jérusalem de l’emprise Croisée en 1187, Salah ad-Din al-Ayyubi (connu Saladin), le visionnaire rempart contre les terribles mongols et les fervents adeptes croisés, Baybars,…et beaucoup d’autres figures-piliers donnent divers portraits-ressources qui peuvent nous inspirer dans nos engagements, nos croyances, nos initiatives individuelles ou collectives dans diverses domaines de la Vie.

Du côté de l’Afrique subsaharienne, l’auteur s’est choisi parmi ses grandes figures, Usman dan Fodio, un activiste prédicateur peul très dynamique en fin 18ème siècle et courant 19ème siècle, qui secoua et assainit les pratiques d’alors en pays haoussa épars déjà islamisé mais avec d’autres mélanges résistants du paganisme ancestral. Le résistant et chef religieux inspiré mouride cheikh ahmadou bamba du Sénégal mériterait toute sa place-portrait là où le globe-trotteur maghrébin Ibn Battutah est nommé. Ainsi parmi d’autres omissions remarquables, j’ose citer l’égyptien cheikh Hassan El-Banna, le fondateur courant 20ème du mouvement des frères musulmans, le sahélien lettré Ahmed Baba de Tombouctou qui s’était révolté intellectuellement contre les visées impérialistes du sultanat du Maroc à l’époque, et pourquoi pas le cheikh téméraire et martyr Mohamed Lamine Dramé qui osa défier l’injuste ordre colonial français dans une zone du Sénégal actuel. Du côté de l’Arabie, l’absence d’une grande figure connue originaire du Nejd et principal inspirateur du courant politico-religieux dit wahabite, l’imam activiste Mohamed Ibn Abdel Wahab au 18ème siècle, ne passe pas inaperçue.

Le contenu de ce type d’ouvrages nous éclaire sur certaines données historiques, religieuses, culturelles, politiques et géopolitiques constituent le fond de frictions et de tensions de nos jours. Ainsi le monde chrétien occidental prosélyte politiquement et militairement faisait face au dynamisme expansionniste du monde islamique naissant. Donc comprendre la logique des croisades de la chrétienté et les divers affrontements tout au long de l’Histoire avec les porteurs de la Foi musulmane. La ferveur religieuse de 2 côtés représentait du carburant politique inépuisable. Les gens de Foi différente ont une idée différente de Dieu et logiquement une idée différente du Monde des Hommes. Aujourd’hui ce Monde par certaines relations internationales conflictuelles, est le lointain rejeton d’un passé et d’une conscience différemment interprétés et hérités de 2 univers.

Pour pouvoir bien comprendre certaines réalités Aujourd’hui, il est impératif de bien cerner certains paradigmes et contingences qui motivaient Hier.

• KS pour le BLOG

Ghazouani : la queue de comète d’un système politique ou le « nouvel homme fort ». | Par Souleymane SIDIBÉ

Le chef de l’État Mohamed Ould Ghazouani, ancien général de l’armée mauritanienne, reconverti en homme d’État, a pris les rênes du pouvoir le 1er août 2019. Nous sommes, aujourd’hui, le 14 juillet, une date qui marque chez l’ancien colonisateur, la France, une journée symbolique appelée notamment La fête nationale française. Quant à notre pays, rattaché par les faits historiques et l’éducation de qualité des enfants de l’élite dans les écoles françaises, nous avons aussi notre fête nationale célébrée le 28 novembre. Cette date marque l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie. De cette émancipation jusqu’en 1978, un président, à la base, avocat-stagiaire du nom de Mokhtar Daddah a dirigé d’une main de fer le pays. Il a installé les bases, assez discrètement, de toutes les inégalités qui sévissent dans ce pays multiculturel. Un lieu qui, dit-on, aurait pu être la « Suisse de l’Afrique de l’Ouest ». Par conséquent, l’avènement des militaires au pouvoir fera une entorse aux réflexes démocratiques à travers la confiscation du pouvoir ; encore pérenne.

Dans cette logique de domination et de confrontation d’idéologies, la Mauritanie, sous l’ère de la gestion du pouvoir « central » par l’armée, la force publique sensée être républicaine, nous assistâmes à des pogroms jamais connu dans l’histoire politique : les tragiques « événements » de 1989 à 1991. Quelques règlements de compte au sein de l’armée avaient fait rage ; auparavant. Là, il s’agit d’une période où de paisibles citoyens ont connu la « damnation » sous le régime de Taya. L’État d’exception. Le 28 novembre 1990, 28 soldats noirs, majoritairement peuls ont été exécutés après qu’une partie soit excommuniée.

Depuis cette date, une grande majorité de la population ne se reconnait plus dans ladite fête d’indépendance devenue un jour de deuil. Il ne s’agit, par-là, nullement de tenir pour responsable l’actuel gouvernement. Mais, il serait judicieux pour le chef d’État de se démarquer de cela, ne serait-ce qu’une fois au cours de ce mandat. Par un acte symbolique. C’est peut-être trop demander de créer une commission, à l’exemple de celle de l’enquête parlementaire sur la décennie de son ancien « ami et camarade » Abdel Aziz sous mandat judiciaire ; mais cette fois de vérité, justice et réconciliation (mot que réfute le président – car il ne s’agit pas de guerre civile) en prélude des devoirs de réparation et de mémoires.

N’oublions pas que la mémoire consolide le devenir de toute Nation par une histoire partagée, par « la sève élaborée ». Sans poser cet acte fort, c’est encore le dédain envers les Mauritaniens, les justes. Celles et ceux qui se sentent touché(e)s et/ou ont subi voire compatissent ces épreuves. Chaque « arriviste » au pouvoir, hormis Feu Sidi Ould Cheikh Abdallah, esquive cette problématique cruciale. Cette même Mauritanie regorge encore les vestiges de l’esclavage, de la féodalité (stratification sociale), de l’exclusion, de la stigmatisation et du patriarcat : tueur silencieux. En bref, un système politique inique qui réprime sévèrement. Un État qui n’a pas encore réparé des séquelles et fait face à ses propres contradictions ; qui oublie que l’on ne peut museler la pensée humaniste. Ne parlons pas d’assistance à la petite enfance et aux personnes à mobilités réduites ; vulgairement appelées « handicapées ».

En deux années de mandats, il n’est interdit à aucune personne soucieuse de son pays, activiste, politique ou membre de la société civile, de poser un diagnostic sincère. En conséquence, cela mènera surement à quelques légers changements et tournures. Arrivera la covid-19 qui n’a peut-être pas facilité le mandat présidentiel. On se demande si à l’absence de ce virus dans un contexte de délabrement sanitaire, on aurait vu un changement dans la fabrique sociale. Rien ne montre cela. Aucun catalyseur pour le progrès. Hélas ! La covid-19 n’a pas épargné la Mauritanie. Il faut des années pour former des médecins, infirmiers et professionnels de santé capables de faire face. Le pays a quelques bons médecins mais le système sanitaire et de soins ne font le poids face à l’extrêmement petit qu’est le coronavirus. L’État va-t-il reconnaitre avoir manqué de ressources humaines et de professionnalisme ? Absolument pas ! Qu’à cela ne tienne, le pouvoir dira que « tout est sous contrôle ». Le populisme en pompe ! Cependant, la gestion de la covid-19 a recelé beaucoup de failles. Des villes entières ont été des foyers pandémiques. Des remaniements courants au sein du ministère de la Santé. Les populations ont- elles été rassurées ? Non. Vraisemblablement pas. Le ou la citoyen.ne « lambda » ne s’est-il/elle pas remis(e) à Dieu désespérément en se voyant dépourvu(e) d’une quelconque assistance étatique ? La ploutocratie est un mal à jamais ; principalement en Mauritanie avec des personnes qui ont « gouté » à tous les râteliers étatiques. La sécurité tant chantée à l’international n’est pas totalement acquise dans le pays. En parallèle, la covid-19 a montré la fragilité de notre pays à toutes et à tous. De cette fragilité, qui sévit, on voit à coté celle de nos rues ; le phénomène des villes grandissantes montre le danger imminent. Le danger d’une conceptualisation politique qui montre qu’à côté du favoritisme pour les groupes « hassanophones », les jeunes dans les ghettos s’adonnent à des pratiques barbares pour eux-mêmes et pour cette « quiétude » tant recherchée dans nos villes. Quelles solutions idoines ? Est-ce les patrouilles nocturnes ? A quand ? Lorsque nous aurons un autre « variant » de la criminalité. Plutôt un autre variant de la covid-19. L’État s’affaisse face au « religieux ». Cette dernière partie intégrante de notre substance. Le pays est sans doute fragile face au virus. Pendant que l’État interdisait les voyages, un « chef religieux », cousin ou potentiel électeur voyageait avec une escorte de la capitale vers les autres villes « à l’intérieur du pays ». Chaque mauritanien.ne en son for intérieur se demande d’où vient l’argent de ses centaines de voitures dernier cris. Le grugeur de la République, notre Bernard Madoff, est toujours libre après l’arnaque du siècle ; du moins au cœur la République islamique de Mauritanie. Mais la menace est dressée contre les internautes mauritaniens dans le globe qui veulent un lendemain meilleur.

Concernant l’éducation, le prédécesseur ou ancien « locataire du palais », Abdel Aziz a transformé des écoles en boutiques sans alternatives. Ces mêmes écoles qui ne peuvent accueillir des milliers d’enfants par soucis de pièces d’État civil – des enfants dont les parents ont été victimes de véhéments circonstances de 89 à 91. L’actuel pouvoir public prétend éliminer les maux ou y travailler. Des maux que les tenants des pouvoirs publics ne peuvent sentir car leurs progénitures ne sont pas « concernées ». Il faut une école républicaine qui prend en compte les couleurs de la Nation à construire, et la devise : honneur, fraternité et justice (sociale). Ne faut-il pas de l’équité et de la qualité dans l’enseignement et la formation ? Une formation qui ne doit nullement se plomber dans « l’arabité » outrancière. Une formation qui prend en compte les exigences du siècle. Une formation professionnelle et/ ou académique avec des bourses sur critères sociaux et d’excellence.

En ce qui concerne l’Économie du pays, elle est toujours entre les mains de quelques-uns qui prennent le pays, à l’image de certains politiques, comme une « structure boutique ». Des marchés de gré à gré, contrairement à un marché organisé, de la fabrication de nouveaux riches avec contrepartie financière à cette nouvelle politique d’investissement, on oublie que l’État devrait être le premier acteur pour développement, pour la création des biens et services. Le ou la citoyen.ne mauritanien.ne de condition d’existante modeste est encore oubliée. Les prix des denrées alimentaires flambent. Personne ne demande aux dirigeants de faire des miracles ou de rendre la Mauritanie comme la Suisse, mais de créer des conditions optimales en palliant le mal développement, la mal gouvernance : pour le bien-vivre des populations en consolidant le vivre ensemble.

Les nominations, à des postes clés de l’administration publique, montrent de nouvelles têtes, compétentes parfois, sans idéologie ou projet pour le pays. Certains essaient de faire leur tâche ministérielle dans un « océan » de déboires. La condition sine qua none pour le changement et le progrès est de se débarrasser de ce qu’un militant des droits humains et politique appelle « la Vielle Quincaillerie ». Celle-là, atrophie toute idée de développement participatif et national. Il y a un ensemble d’éléments à répertorier pour faire tabula rasa en changeant l’ossature politico-juridique défaillante. L’armée censée protéger les populations est plus protégée financièrement, mieux lotie et équipée que les structures civiles. Elle tend à être monocolore au sommet, pire que le gouvernement. Alors même que ce n’est pour perpétuer l’État-gendarme quelle finalité ? Les populations connaissent des années en disette, et nous voyons des généraux milliardaires issus d’un seul groupe ethnique à la tête d’un système politique. On oublie ou ignore que c’est aux civils que revient la gestion du pouvoir publique et non aux forces de l’ordre. Il faudra que les militaires rejoignent les camps, qui « mielleusement » prolifèrent en plein centre-ville, Nouakchott ; pour l’avènement d’un État-providence. Un État, digne de ce nom, devra intervenir constamment dans les domaines social et économique en vue d’assurer des prestations aux populations. C’est de cela que l’on a besoin pour notre pays ; notre partie du tiers-monde. Quand les besoins primaires et secondaires des populations, à savoir se nourrir, se loger et s’éduquer, seront assurés, nous pourrons penser à un accroissement monétaire où le pouvoir publique n’interviendra pas activement. Avec une forte croissance dans des secteurs clés, on pourra alors chercher d’autres moyens d’amortissements financiers.

La Justice est arabisée. L’individu qui ne parle pas arabe (ou Hassanya) se voit retirer une réponse claire quand il entame une démarche juridique.

De même, on note toujours la macrocéphalie « nouakchottoise » qui consiste à tout gérer dans la capitale. La décentralisation est toujours un mot vain. Son emploi ne reflète aucunement la réalité. Et si on laissait aux villes la responsabilité politique de trouver un nouveau modèle économique propice à leur croissance et une gestion administrative adéquate à la région ou au département avec de véritables structures d’apprentissage.

Après, le départ de Mohamed Abdel Aziz, le disruptif, la Mauritanie accueille Ghazouani : peu bavard et en quête d’un idéal jusque-là inconnu des Mauritaniens. Le « fabuleux » discours de Rosso, orienté sur le triptyque agriculture, sécurité et cybersécurité, voulait étaler le profil d’un « nouvel homme fort ». Cela sert-il à quelque chose nonobstant le ton tonitruant ? Nous savons, d’ailleurs, que Rosso est un espace géographique, à l’exemple d’autres zones agro-pastorales, qui peut aider la Mauritanie à s’auto-suffire. L’urgence serait de rendre ses terres arables en véritable pôle agricole. Il faudra encore l’expression magique pour cela : la volonté politique. Peut-on parler de volonté politique quand toute une partie de l’administration déserte pour accueillir un président ?

C’est de la folie, disait l’illustre savant Albert Einstein, de faire toujours la même chose [que les autres présidents], et s’attendre à un changement. On verra encore à des chroniques : « Le président est choqué des retards dans l’avancée du programme… »

Au lendemain de l’ascension du président, des mannes financières ont été déployées pour changer les décors de l’administration. Une autre priorité ; apparemment. On voit une nouvelle photo géante dans tous les bureaux de l’administration. Un président pétri de charisme. Ce culte du président en dit long sur la conscience collective de nos États africains ; particulièrement de la Mauritanie. Et si le président était simplement le représentant du pouvoir exécutif et non pas l’incarnation comme le juge doit-être une personne qui doit trancher des litiges, tutti quanti, dans une cour de justice plutôt que son incarnation. L’imaginaire collectif mauritanien souffrirait moins. Il est donc indispensable de dire que « l’humain » est le résultat de son milieu social, politique et culturel. Pour changer, il lui faudra se démarquer de toute cette culture, ces représentations. Le président afin de ne pas être une suite logique, doit se détacher de la culture politique hypocrite qui pousse à « vénérer » le locataire du palais. Cela pourrait notamment éviter la mégalomanie. Il aurait pu demander à l’ensemble de l’administration de dépasser sa personne en mettant des photos de leur enfant, famille (mari ou femme), de penser à celles et ceux pour qui, en tant qu’agente ou agent de l’État, il ou elle se réveille parallèlement à l’amour pour la patrie : relatif. Cet apport (novateur) pourra épargner les choses peu agréables pour le budget national, ab antiquo.

Le discours du chef de l’État sur les travaux de l’agriculture a été maquillé d’une dose de propos de dirigeants (militaire ou ancien) qui ne martyrise pas son peuple mais maitrise la situation. En ce sens, la « menace » sécuritaire a plu sur les champs de Rosso. Le mauritanien « lambda » est ébahi par de tels propos. Nulle part en Mauritanie, on se sent en sécurité. Mais ne dérange pas. Le regard attentif des internautes qui, -selon les mots du chef d’État, jouent avec le feu et vont le regretter-, inquiètent plus les pouvoirs publics.

Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a raison de dire : « La sécurité n’est pas négociable ». Audere est facere : « Dire, c’est oser ». En d’autres termes, le président essayerait-il dire que la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, plus virulente en Occident qu’en Mauritanie, de façon incongrue appellerait à la cybercriminalité. Deux expressions qui sont de champs différents. Internet est devenu, il faut le dire, partie intégrante de notre quotidien. Il est un couteau à double tranchants. D’un côté, un vaste réseau d’échanges sur les outils didactiques et de l’information qui semblent déranger nos dirigeants – car l’actualité ne leur est pas favorable, et d’un autre le « deep web » qui demande une connaissance informatique approfondie et ouvre de façon malsaine les voies vers la cybercriminalité. Cette dernière désigne toutes les activités illégales menées sur Internet, par le biais d’un ordinateur ou d’un appareil similaire. « Elle est fréquemment associée au piratage, mais inclus également les cas de fraude financière ou de harcèlement ». La cybercriminalité terrasse la technologie de grandes puissances ; elle ne peut pas être contrôlée par la Mauritanie. Malheureusement, elle n’est pas prête à disparaitre. Ainsi, il faudra des lois et des compétences pour contrecarrer les abus des réseaux : « dérives » passibles de condamnations. In fine, le mauritanien n’aime pas les critiques constructives ; le gouvernent voudrait que l’on ferme les yeux sur tout. Il se pourrait que ce soit pour continuer à exploser l’applaudimètre ! Il faudra partir des décisions d’un ensemble pluripotent, et pas seulement de la figure du président dans la gestion des destinées. « Le pouvoir est fait pour servir. Il est passager » dixit le juge Feu Kéba Mbaye du Sénégal. L’Opinion publique aura toujours son mot à dire sur la toile, les marchés et dans les salons.

Souleymane Sidibé

©️ Crédit source : https://rmi-info.com/ghazouani-la-queue-de-comete-dun-systeme-politique-ou-le-nouvel-homme-fort/

Mauritanie | Biram Dah Abeid s’oppose à la loi sur les symboles (RMI-INFO)

Dans un enregistrement largement partagé ce vendredi 23 juillet 2021, le député Biram Dah Abeid a déclaré son opposition au très controversé projet de loi sur la protection des symboles étatiques. Il a invoqué en effet le recul des libertés et le musuellement des activistes. Ce projet de loi fait peur et constitue un coup d’état sur les acquis dans les domaines des de la liberté d’expression selon le président de l’IRA.

Il a indiqué que le président de la République Mohamed Cheikh El Ghazouani doit arrêter le processus afin de conserver son aura au sein de l’opposition radicale et la société civile.

Selon lui, compte tenu de la majorité écrasante de la majorité, qui transforme le Parlement à une chambre d’enregistrement, il a privilégié plutôt de discuter directement avec les décideurs notamment le Chef de l’état et le Premier ministre. Enfin selon Biram, la Mauritanie dispose des lois qui contrôlent et participent à l’assainissement des réseaux sociaux.

La rédaction

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✓Mali : des experts de l’ONU condamnent l’augmentation des attaques contre les «esclaves par ascendance»

•Éléments médias lors de la manifestation à Kayes contre les agressions féodalo-esclavagistes dans les villages soninkés.

« Les attaques constantes et systématiques contre les personnes considérées comme « esclaves » sont inacceptables et doivent cesser immédiatement », a déclaré Alioune Tine, l’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Mali. « De telles attaques vicieuses sont incompatibles avec une société inclusive et nous les condamnons dans les termes les plus forts », a, pour sa part, déclaré Tomoya Obokata, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage.

Les deux experts onusiens réagissaient à un incident survenu le 4 juillet lorsque des habitants du village de Makhadougou, dans la région orientale de Kayes, ont tenté d’empêcher des personnes qu’ils considéraient comme des esclaves de travailler dans leurs champs. À l’aide de machettes et de fusils, ils ont blessé 12 personnes, dont trois femmes non impliquées dans l’affrontement qui ont été touchées par des balles perdues à l’intérieur de leur maison.

Cette année déjà, 62 personnes – 57 hommes et cinq femmes – ont été blessées lors de violents affrontements dans la région de Kayes, et 80 ont dû fuir leur domicile. Deux fois plus de personnes – pour la plupart des « esclaves par ascendance » – ont été blessées cette année qu’en 2020.

Les experts déplorent l’inaction du gouvernement malien
Le Mali a interdit l’esclavage en 1905, mais un système « d’esclavage d’ascendance » persiste, en vertu duquel le statut d’esclave est attribué à certaines personnes parce que leurs ancêtres auraient été réduits en esclavage par des familles des soi-disant « maitres ».

Les personnes nées en esclavage travaillent sans être payées et sont privées de leurs droits fondamentaux et de leur dignité. Ceux qui rejettent la désignation « d’esclave » et tentent de défendre leurs droits, ainsi que les organisations anti-esclavagistes, sont régulièrement attaqués violemment par les chefs traditionnels ou religieux et leurs alliés, y compris, dans certains cas, les autorités de l’État malien.

« L’augmentation spectaculaire des attaques cette année montre l’incapacité flagrante du gouvernement à protéger sa population, en particulier celle qui souffre déjà le plus de la discrimination et de la violence », ont déploré les experts onusiens.

Dans une déclaration publiée en septembre 2020, MM. Obokata et Tine ont condamné des « actes barbares et criminels » similaires et ont appelé le Mali à mettre fin à l’esclavage une fois pour toutes. Ils ont appelé à « une enquête rapide, transparente, impartiale et approfondie » sur les attaques dans la région de Kayes.

« Il est profondément inquiétant que personne n’ait été poursuivi en relation avec les attaques de l’année dernière », ont déclaré les experts. « Le fait que le gouvernement a échoué à faire en sorte que les auteurs d’actes esclavagistes répondent de leurs actes envoie un signal choquant et inquiétant. Les chefs traditionnels et religieux qui cautionnent ces attaques violentes doivent également répondre de leurs actes », ont-ils souligné.

« Un changement d’attitude est nécessaire dans toute la société malienne »
Les experts ont renouvelé leur appel au Mali pour que le pays d’Afrique de l’Ouest adopte de toute urgence une loi criminalisant spécifiquement l’esclavage.

Tout aussi important, ont-ils déclaré, « un changement d’attitude est nécessaire dans toute la société malienne. Il est indispensable de laisser derrière soi l’héritage de l’esclavage par ascendance et de reconnaître que tous les Maliens peuvent se prévaloir de tous les droits et libertés énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ».

Pour que le Mali aille de l’avant, il faut reconnaître que tous les Maliens et Maliennes – « comme tout le monde sur cette planète » – peuvent s’attendre à certains droits et les exiger simplement parce qu’ils sont des êtres humains, ont souligné MM. Tine et Obokata. « Il ne doit y avoir aucune discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la propriété ou la naissance », ont-ils rappelé.

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• A PROPOS DES EXPERTS


M. Alioune Tine (Sénégal) a pris ses fonctions d’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali le 1er mai 2018. Le mandat d’Expert indépendant a été renouvelé par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 24 mars 2021 pour une période d’un an afin d’aider le gouvernement malien dans ses actions de promotion et de protection des droits de l’homme et dans la mise en œuvre des recommandations formulées dans les résolutions du Conseil. M. Tine a été membre fondateur et président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) et coordinateur du Forum des ONG africaines lors de la Conférence mondiale contre le racisme en 2000. Entre 2014 et 2018, M. Tine a été le directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a publié de nombreux articles et études sur la littérature et les droits de l’homme.

M. Tomoya Obokata (Japon) est un spécialiste du droit international et des droits humains, spécialisé dans la criminalité transnationale organisée, la traite des êtres humains et des formes contemporaines d’esclavage. Il a commencé son mandat comme Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences en mai 2020. Il est actuellement professeur de droit international et des droits humains à l’université de Keele, et il a précédemment enseigné à l’université Queen’s de Belfast et à l’université de Dundee (toutes les deux au Royaume-Uni, en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord). Il a une grande expérience de travail sur les questions de la criminalité transnationale, de la traite des êtres humains et des formes contemporaines d’esclavage avec les parties prenantes concernées. Il a également publié de nombreux ouvrages sur les sujets mentionnés.

• NOTE

Les Experts indépendants et Rapporteurs spéciaux font partie de ce qu’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme « procédures spéciales », qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde.

Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement ; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et exercent leurs fonctions à titre individuel

©️ Crédit source : https://news.un.org/fr/story/2021/07/1100352

Mauritanie : les membres de la haute cour de justice élus à l’unanimité par l’assemblée nationale

L’assemblée nationale (parlement mauritanien) a approuvé à l’unanimité ce mardi, les membres de la haute cour de justice, constituée de 9 membres, représentant l’ensemble des groupes parlementaires de la chambre.

Immédiatement après leur élection, les membres de la cour ont prêté serment dans l’hémicycle de l’assemblée nationale.

La haute cour de justice est constituée de 9 magistrats et 9 suppléants, 6 appartenant à l’union pour la république (UPR), suivant le système de la proportionnelle fixé par le règlement intérieur de l’assemblée nationale.

Le parti au pouvoir a choisi ses 6 membres : H’Bib O. Djah, Jemal ould Yedaly, N’Gaédé Abderrahmane, Ishak Ahmed Miské, Lalla mint M’Bareck et Hamady O. Khattri.

Leurs suppléants, choisis par l’UPR sont dans l’ordre : Mahmoud Diaguili, Mohamed Mahmoud Sambiny, Oumar Souleymane N’Diaye, Toutou mint Cheikh Bouya, Aicha mint Amar Nouïss et Hogo Coulibaly.

Le règlement intérieur de l’assemblée nationale, prévoit, qu’après 10 jours de l’élection des membres de la haute cour de justice, ceux-ci sont convoqués par le plus âgé pour une réunion consacrée à l’élection du président de l’institution.

Cette première réunion de la haute cour que doit présidé le plus âgé de ses membres (H’Bib O. Djay) ne peut se tenir qu’en présence de la majorité absolue de ses membres (5).

Au cours de cette réunion, les membres doivent élire, par bulletin secret, le président de la cour à la majorité absolue, selon l’article 5 du règlement de la loi organique de la cour.

Cet article prévoit qu’au cas où aucun des candidats n’obtient la majorité absolue, un deuxième tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête à l’issue duquel sera élu celui qui aura obtenu la majorité simple des voix.

En cas d’égalité, le plus âgé est élu à la présidence de la haute cour de justice.

©️ Crédit source : https://fr.saharamedias.net/mauritanie-les-membres-de-la-haute-cour-de-justice-elus-a-lunanimite-par-lassemblee-nationale/

✓Film-documentaire sur IRA-Mauritanie | Regardez « La lutte non-violente contre l’esclavage en Mauritanie » sur YouTube

Le journaliste Italien Marco Piantoni et la Fédération Italienne des Droits de l’Homme, viennent de publier un documentaire tourné en Mauritanie pendant les élections présidentielles de 2019, sur le militantisme pacifique du président d’IRA-M Biram Dah Abeid. Le documentaire a été diffusé pour la première fois ce Mardi 20 juillet 2021 dans une salle de l’assemblée nationale italienne, devant un parterre de députés, d’hommes politiques, de défenseurs de droits humains ainsi que des journalistes sympathisants de la lutte pour les droits civiques menée par Ira-M et son leader depuis plus d’une décennie.

©️ Crédit source : réseaux IRA-Mauritanie

✓Portrait de Militante | Éléments biographiques de Madame Boye Sagna surnommée « Mama IRA »

• À découvrir un bref élément vidéo : https://youtube.com/shorts/zdVajx_7ZEk?feature=share

Elle est native de Diogountouro, village du Guidimagha (Région Sud mauritanien) situé au bord du fleuve Sénégal. Elle vit en famille à Nouakchott depuis quelques années. Une dame travailleuse et l’une des voix militantes pionnières issues de la communauté soninké engagées au sein du célèbre mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie. Elle fait partie de la très dynamique section IRA – Sebkha. Selon les informations de présentation recueillies auprès d’elle, c’est à partir de courant 2014 qu’elle avait eu des contacts inspirants dans ce militantisme auprès de son oncle monsieur Yakhoub Bakhayokho, président de l’association UVDS (Union des volontaires pour le développement dans Soninkara) et tenant actuellement le poste de secrétaire général du parti RAG. Surnommée et connue sous l’appellation « Mama IRA », Madame Sagna est une militante aguerrie du terrain qui a subi avec tant d’autres de ses camarades IRAOUIS, l’engrenage répressif du pouvoir mauritanien au cours de la décennie passée.

En compagnie des militants anti-esclavagistes d’IRA

Elle a reçu des coups lors des sit-in devant les commissariats à Nouakchott, autour des tribunaux à Rosso ou à Aleg pour soutenir le leader abolitionniste Biram Dah Abeid et ses camarades. Le surnom Mama IRA lui aurait été attribué lorsqu’elle voulait camper avec sa moustiquaire devant un commissariat à Nouakchott pour s’enquérir du sort de militants arrêtés et retenus en lieux inconnus. Sa détermination est à la fois proverbiale et fascinante , je dirais qu’elle s’inscrit symboliquement dans le sillage historique de vaillantes dames comme Rosa Park ou Harriet Tubman.

Elle remet une distinction lors du tournoi foot Uvds-Ganbanaaxu à Nouakchott

Elle nous apprend qu’à cause de son engagement visible, elle faisait l’objet de différentes moqueries et pressions venant de certains milieux de la communauté soninké de Nouakchott. Début Mai 2017 , elle était l’une des rares femmes militantes qui comptaient accueillir et participer au Guidimagha à la visite programmée du leader abolitionniste mauritanien Biram Dah Abeid. Finalement les forces sécuritaires de la région à l’époque avaient contraint les militants sur les routes à l’isolement avant de procéder à l’expulsion expéditive du président d’IRA du Guidimagha dès son arrivée à la rive mauritanienne à Gouraye venant du côté Sénégalais.

Aujourd’hui cette dame forte à la cinquantaine, est toujours une voix fidèle et forte dans l’engagement abolitionniste et droit-de-lhommiste au sein de sa section IRA Sebkha et dans le mouvement d’éveil antiesclavagiste Ganbanaaxu Fedde dans les communautés Soninkés. Très sûre de la rectitude de son combat, elle dit prête à subir le dénuement matériel par une grande résilience encore et toujours pour le respect des droits légitimes de tous les citoyens sans distinction de races ni de communautés. Elle dit que la vision et le courage de Biram Dah Abeid sont source d’espoir pour tout le Peuple mauritanien, et qu’elle s’y retrouve hier comme aujourd’hui.

En action lors d’un sit-in à Nouakchott juillet 2021

✓Récit par KS (Médias Source : éléments reçus de Madame Sagna)

Covid-19 | L’Association des Ulémas mauritaniens recommande de prendre des mesures de précaution et d’effectuer des prières à la maison. (AMI)


✓Nouakchott, 18/07/2021

L’Association des Ulémas mauritaniens recommande aux citoyens de s’en tenir strictement aux mesures de précaution et de se faire vacciner contre le coronavirus. L’Association a appelé également à la nécessité d’effectuer des prières à domicile afin d’éviter la propagation de l’épidémie, au respect des injonctions des pouvoirs publics, et des consignes sanitaires et à éviter la diffusion de fausses informations ou de croire à des rumeurs liées à l’épidémie et au vaccin n’émanant pas de sources autorisées.

La déclaration a fondé sa décision sur des versets du Saint Coran et sur des Hadiths du Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) et suite à la réunion avec le ministre de l’orientation islamique et de l’enseignement originel et celui de la santé et en raison des données nouvelles sur la pandémie Covid -19, notamment ses nouvelles souches qui se propagent rapidement et qui sont plus dangereuses, mais aussi sur la base d’autres éléments d’appréciation dont le manque d’intérêt des citoyens pour le vaccin et le laxisme constaté dans le respect des mesures barrières ainsi l’effondrement du système de santé dans certains pays avancés.

Sur la base de tous ces éléments et au regard de l’obligation de préserver la vie humaine, qui justifie de ne pas faire la prière commune et celle du vendredi et en raison de la nécessité d’appliquer les injonctions des autorités, l’Association des Ulémas mauritaniens recommande aux citoyens et aux résidents ce qui suit :

Effectuer les prières de l’Aïd al-Adha à la maison ;

S’en tenir aux ordres des autorités ; respecter les mesures de précaution et éviter de croire ou de répandre les rumeurs infondées et prier constamment pour qu’Allah nous préserve de cette pandémie.

©️ Crédit source : https://fr.ami.mr/Depeche-59488.html

✓Quelques prescriptions face aux systèmes de castes. | Par Souleymane SIDIBÉ




L’adage dit que « le remède est pire que le mal ». Il serait dangereux alors pour une société de ruser avec ses principes. Le remède face à un mal doit s’adapter sinon, il fera apparaitre d’autres complications. Faire la langue de bois face aux maux sociétaux pour, dit-on, ne pas « déchirer » le tissu social, c’est préparer l’hécatombe.

En ce sens, Aimé Césaire disait : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ». Aimé Césaire, chantre de la négritude, militant de première heure, avait adressé ces mots à l’Europe qui contenait ce que nous vivons aujourd’hui dans les sociétés africaines : les codes sociaux d’antan. Le système de caste est majoritairement installé en Afrique de l’Ouest. Nous avons une stratification « puante » à côté des droits humains, de la Charte des Chasseurs à la révolution menée par Thierno Souleymane Bal, et avec toutes les lois ratifiées depuis la Déclaration universelle des droits [humains] et de la Citoyenneté.

Rappelons qu’une civilisation englobe un ensemble de traits, caractères liés aux sociétés humaines complexes dans un continent ; c’est l’ensemble d’acquisition et de phénomènes sociaux. Nos civilisations regorgent un amas de cultures « obsolètes ». La culture est « ce qui dans la nature est l’œuvre de l’[humain] ». Nous avons donc des traditions qui sapent nos pratiques culturelles. J’avais émis une fois que la tradition est la transmission d’un contenu culturel à travers le temps. Si j’ose dire, bis repetita, elle est ce que l’on peut appeler un « héritage immatériel » qui marque l’identité de toute communauté.
Chaque génération doit alors choisir quelle tradition (« pratique transmise ») laisser aux générations futures. Nos traditions pilotent nos regards en les truffant de tares d’un point de vue scientifique et de la raison. Face à l’exigence des temps, elles demeurent.

Ces traditions africaines, pour la plupart, conditionnent le système des castes. Elles sont omises par la plupart des lettré(e)s africains.nnes. Bref, cela les engage.
On veut s’attarder sur l’origine des castes, leur amplification dans la fabrique sociale, et sans prendre à bout de bras les exigences des temps modernes qui veulent en découdre.

« Les castes sont à la base la division du travail » disait le regretté combattant Mourtoudo Diop. De nos jours, la caste, groupe social endogame qui met l’individu dans une hiérarchisation sociale en lui conférant un rang déterminé ou une profession, est devenue une case pour des groupes d’individus. L’esprit de caste ne se manifeste pas par la même manière dans nos communautés sociolinguistes mais par le fond, telle l’épée Damoclès. Certains se disent « gardiens « de la religion, d’autres sont vu comme de la « pourriture sociale » à savoir les forgerons et ceux dits « esclaves », « anciens esclaves » et/ou « de patronymes d’ascendance esclaves ». Les premiers s’octroient le monopole du beau et de la vérité. Les deniers comme les personnes qui doivent s’occuper des sales bésognes. Heureusement que l’école à servi pour éclairer les humains sur les pratiques quotidiennes. Le système de castes valorise les uns, et déshumanisent par la pensée, voire les actes barbares, les autres.

L’effigie sociale doit se moderniser. La nature nous a offert des choses fascinantes. Nos cultures encore lancinantes et latentes, par rapport à un « remembering », éprouveront de la peine au sortir de la « grotte ». S’attaquer aux système de castes, c’est toucher la conscience des africains.nes; des mauritaniens.nes. Il faut oser ! C’est simplement comme ça que l’on pourra palier à nos manquements aves des actions solides et concrètes face à ces choses qui sont d’ailleurs sources de nos maux. L’appel est lancé.

La première des prescriptions est de démystifier les discours. En particulier, ceux qui viennent des tenants de l’ordre féodal. Une autocritique s’exige ; notamment.
Aussi à partir de l’État, bien qu’il soit en Mauritanie, le premier à profiter de ce système de caste à travers les réflexes de subordinations des dites « notabilités ». Ainsi, il doit mettre en place une éducation pour toute et tous.
L’État devra mettre en place des assises pour éradiquer le « cancer social » qui gangrène la société. D’abord par une éducation nationale, « républicaine » qui consistera à enseigner, dès le bas âge, le civisme sur des bases saines. Ensuite, au lycée, toujours dans une approche éducative, il faudra se « goinfrer » d’humanités. Et enfin à l’université, continuer sur les valeurs universelles à côté de la « chose essentielle en soi » qui consiste, ici, à la disparition des tares.

De plus, l’État se doit d’être une forme d’organisation sociale. Il doit être l’œil attentif.
De ce fait, il devra notamment déconstruire ses relations avec les « notabilités », croître sa vision politique sur la citoyenne et le citoyen. La justice, encore en construction, applique les lois et codes en vigueur mais il est évident que ce n’est pas facile de condamner et/ou d’interdire ce qui est enraciné dans la mémoire. La justice doit être l’oreille attentive.

Elle effectue « son travail ». Mais elle est parfois inféodée s’agissant de querelles sur les terres. Elle ne doit pas être, quant à elle, en contradiction avec l’esprit des lois. Et la dernière des prescriptions est de se rebeller contre le construit social, têtu selon Dieynaba Ndiom, militante féministe et femme politique. Se rebeller au niveau de toutes les sphères sociales. De toutes les classes sociales. La classe sociale renvoie aux conditions d’existence contrairement au rang social qui renvoie à la « place » de l’individu dans la stratification sociale inhérente à la culture qui doit évoluer.

De l’éducation de l’école, avec une volonté politique, aux lois en vigueurs, on doit voir la naissance d’un nouveau type de citoyen à travers une nouvelle éducation de la société et celle des parents. Celui-là même débarrassé des niaiseries socioculturelles. Le processus est long mais avec le temps et les rapports de force (refus de soumission et manifestation de sa dignité, ses compétences…). Pas la peine de trop prolonger sur ce cas car la raison est là, et elle guide de nos jours. La conscience collective veut évoluer. Elle doit évoluer. Même si certains veulent l’affaisser à l’arbre bientôt déchu.

La religion, la vraie, déconstruit déjà le « mythe » de la pureté généalogique. Elle est utilisée souvent à tort et à travers comme un instrument de domination. Des mouvements comme Gambanaaxu ont compris cela. Il y a alors une démystification à faire et pérenniser. Les débats doivent faire naitre des contractions profondes qui feront que les discours biaisés ne passeront plus. De tout temps, il y a eu une complicité entre les « tenants » du privilège pour la « gestion religieuse » et les personnes de la « noblesse ».

Le bouclage consanguin est un autre un danger ; scientifiquement prouvé. Hélas, il est encore maintenu. Quelle aberration quand les religions monothéistes (dont l’islam que nous partageons) disent que nous sommes issus d’un seul individu. Dans la société sooninké, jusqu’à récemment, il n’y avait pas d’union maritale entre ces groupes cités plus haut. Et aussi entre les personnes dites de « castes inférieurs », les soient-disant « gardien de la tradition », « griots, troubadours, les cordonniers, les forgerons, les marabouts …

Le mal est tellement profond qu’il s’est transporté des villages aux villes, pour ensuite atterrir en France. Les personnes issues de la diaspora, vivant en Occident, ne comprennent pas cela mais subissent transversalement ces traditions féodales. On doit s’en défaire rapidement et oser braver l’interdit à l’instar de millions de personnes en Afrique de l’Ouest ; dans le monde.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – 19 juillet 2021

✓Au sujet du rapt des travailleurs mauritaniens et chinois au Mali | « Des détails relatifs à l’attaque du chantier de la société ATTM au Mali » (Sahara Médias)

Sahara Médias – Des hommes armés non identifiés ont enlevé samedi soir deux mauritaniens et trois chinois travaillant sur le chantier pour la réalisation de la route reliant les villes maliennes de Nara et Kala.

Selon les sources de Sahara Medias l’attaque est intervenue près de la localité de Kagouro, située à 120 kilomètres au sud de la ville de Nara et 60 kilomètres à l’est de la ville de Kala.

Près de cette ville se trouve un chantier de la société mauritanienne ATTM et la société chinoise COVEC qui travaillent à la réalisation de ce tronçon qui fait partie de ce qu’on appelle l’axe Nouakchott Bamako.

Des sources propres à Sahara Medias ont révélé que l’attaque a eu lieu aux environs de 16 heures quand des dizaines d’hommes armés, venus sur des motos, depuis les forêts environnantes ont encerclé le site des travaux.

Ces sources ajoutent que l’attaque a eu lieu alors que la majorité des mauritaniens, y compris les responsables, avaient quitté les lieux en prévision de la fête d’Al Adha et que les personnes présentes sur le site sont de simples ouvriers.

L’une des personnes ayant échappé à l’enlèvement a affirmé que les assaillants appartenaient aux groupes salafistes sans pouvoir déterminer leur appartenance, ni la langue dans laquelle ils s’exprimaient.

L’attaque est intervenue dans une zone où la Kétiba Macina est particulièrement active, elle qui est affiliée au groupe Nousratou Al Islam We Al Mouslimine.

Cette opération n’a toujours pas été revendiquée.

Cette personne a encore dit qu’un autre mauritanien a pu prendre la fuite et a essuyé des tirs sans être touché et n’a pas été poursuivi par les assaillants.

Ceux-ci, a-t-il ajouté, ont confisqué nos téléphones et pris tous les biens dont nous disposions avant de conduire les personnes enlevées dont ils ont bandé les yeux.

Parmi les personnes enlevées figure le chinois, responsable du projet.

La même source révèle par ailleurs que les assaillants ont incendié tous les équipements y compris de gros engins, brûlé de grandes quantités de carburant et amené avec eux trois véhicules légers.

Pendant ce temps, d’autres sources ont affirmé à Sahara Medias qu’une unité de l’armée malienne s’est lancée à la poursuite des assaillants, en coordination avec les autorités mauritaniennes.

Dans un premier commentaire relatif à cette affaire, l’agence mauritanienne d’information a publié une dépêche selon laquelle, un chantier de travaux publics situé entre les villes de Kala et Nara, en territoire malien a été attaqué samedi par des hommes armés non identifiés.

L’AMI ajoute que ce chantier est supervisé par la société ATTM en collaboration avec une société chinoise COVEC et que les autorités mauritaniennes suivent avec un grand intérêt cette affaire.

Les sociétés mauritanienne ATTM et chinoise COVEC se chargent de la construction de cette route, un chantier qui connait de sérieuses difficultés depuis quelques temps, ce qui avait amené le préfet de Nara à se réunir, en juin dernier, avec les responsables de deux sociétés les enjoignant d’achever la route dans les délais fixés.

Les deux sociétés n’ont réalisé jusqu’ici que 17% des travaux alors que 66% de la période fixée s’étaient achevés.

Les sociétés ont justifié ce retard par les difficultés rencontrées dans la région.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=747217