Ce 24 Avril 2021 qui correspond au 12 Ramadan 1442 AH est marqué par la sortie publique d’un Livre écrit par un lettré intellectuel soninké en sciences islamiques, cheikh MuhammadDiakhoTandjigora connu AbuAlyas. Il est originaire du Sénégal , du village de Kougneny en pays soninke. Cet ouvrage est la traduction intégrale du sens des versets du Saint Coran de l’arabe vers la langue soninké (en alphabet latin). Ainsi les 114 Sourates (petits chapitres) faisant 6236 versets ou signes, qui composent le Livre Saint de l’Islam, la religion de plus d’un milliard d’individus à travers le monde, sont fixés intelligiblement dans l’idiome soninké académique en vigueur de nos jours. Le Coran ou le Qur’ân, la Source originelle et originale de la Dernière Révélation Divine descendue sur le ProphèteMuhammad (psl) il y a 14 siècles en Arabie. Cette production colossale réalisée par Monsieur Tandjigora peut être comparée en portée symbolique, littéraire et intellectuelle à une œuvre pionnière en la matière de l’universitaire chercheur et théologien d’origine indienne MuhammadHamidullah* (1908 – 2002). Ce dernier fut le premier traducteur musulman du Coran en français en 1959. Par ailleurs l’ouvrage du professeur MuhammadDiakho peut être un stimulant Miracle pour booster l’apprentissage de la langue soninké et permettra dans l’avenir une fine vulgarisation du texte coranique pour les masses lettrées. Dans notre monde actuel il n’y a pas d’idéale promotion pour une langue de modeste statut communautaire, comme ce travail littéraire éminemment dense qui la relève et l’enrichit dans le fond et dans la forme.
•Avec l’auteur, 3 février 2018 en région parisienne
Nos félicitations renouvelées à l’auteur et à l’ensemble de ses partenaires ayant contribué de différentes manières à cette prodigieuse réalisation. L’Histoire avec un grand H la retiendra pour la postérité et elle fera office de socle-référence pour d’autres vocations à coup sûr. Que la Récompense Divine vous soit amplement garantie, cher oncle. Ameen
Suite aux réactions à mon posting en date du 13 Avril 2021 , je voudrais prendre un moment pour remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de le lire, de l’apprécier et de le commenter. Je suis parfaitement conscient qu’un texte ne peut être lu qu’à travers– différents prismes, à savoir la sensibilité et l’expérience personnelles d’une part et le background académique des lecteurs d’autre part. Ce faisant, il est tout à fait logique que les intervenants arrivent à des conclusions différentes, peut être même contradictoires. D’où la nécessité de faire usage de notre intelligence sociale pour aplanir nos différences.
Pour ma part, en tant qu’acteur des droits de l’homme qui adhère á la philosophie de non violence de Dr MartinLutherKing, je ne peux que prôner le règlement pacifique de nos différends, et rejeter toute forme de violence, car source d’instabilité sociale.
Sur cette note, il est impératif que nous élevions notre seuil de tolérance pour booster notre maitrise de soi, développions notre capacité d’atteindre le consensus, aiguisions notre esprit critique pour mieux discerner les faits et cultivions la compréhension mutuelle pour prévenir les préjugés afin de résoudre de façon constructive les défis sociaux auxquels nous sommes confrontés. C’est qui peut nous conduire sur le chemin de la Paix qui est condition nécessaire de notre épanouissement collectif. En résumé, forger notre caractère et élargir notre champ de vision nous permettent de naviguer sereinement dans un monde de plus en plus complexe et rapidement changeant.
Bon ramadan à tout le monde BakaryTandia, Human Rights Advocate New York
A titre d’information nous partageons avec vous cette lettre d’information qui a été adressée aux autorités et enregistrées le 02 Decembre 2020.
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REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE
Nouakchott, le 20 Novembre 2020
• A son Excellence le Ministre de l’intérieur et de la Décentralisation
• Objet : Lettre d’information
Suite à un incident qui a eu lieu au niveau de la ville de Kaédi à la suite d’une séance de prière dans notre Zawiya nous venons par la présente lettre attirer votre attention sur les faits dont le principal motif reste lié à des considérations d’’ordre féodales et ce contrairement aux principes fondamentaux de notre sainte Tariqa véhiculés en paroles et en acte par nos vénérés Cheikhs Yacouba Sylla et Mpaly Kaba . En effet, le Vendredi2 Octobre 2020 , lors d’une Hadara habituelle qui se tient tous les Vendredi dans l’enceinte de la Zawiya au niveau de la ville de Kaédi . Durant ces Hadaras hebdomadaires auxquelles participe rarement l’Imam titulaire, les prières sont dirigées par toute personne apte . C’est ainsi que le 2 Octobre après le départ de l’Imam du jour qui a dirigé le Maghreb, le nommé Cheikhna Coulibaly se décida lui aussi à diriger la prière de El Ishaa . Déjà lors de cette prière, certaines personnes ont refusé de prier derrière Cheikhna Coulibaly. Le lendemain Samedi lors d’une rencontre tenue dans l’enceinte de la Zawiya , des responsables appartenant au groupes de personnes qui se considèrent comme nobles tiennent publiquement des propos esclavagistes et considèrent que : « la prière de ceux qui ont suivi Cheikhna Coulibaly est nulle et non avenue et que « leur Wird doivent être renouvelé » . Le Dimanche 4 Octobre, l’un des responsables qui a tenu ces propos malveillants insiste pour appeler Cheikhna par téléphone et l’intimer de venir daredare répondre à une convocation. Cheikhna qui était au champ et qui en fait ignorait tout de cette histoire car ayant quitté la Hadara sans incident, se présente quelques minutes à la Zawiya . Mais à sa grande surprise il constate que cette assemblée est composée uniquement de personnes appartenant au groupes de ceux qui se considèrent comme nobles . Ainsi Cheikhna reviendra le lendemain Lundi 5 Octobre pour répondre à la convocation et cette fois ci accompagné de quelques membres de sa famille. Lors de cette dernière assemblée tenue finalement le Lundi 5 Octobre avec l’insistance du groupe des féodaux, il a été publiquement et clairement signifié à Cheikhna « de ne plus diriger une prière dans la Zawiya sans l’autorisation. » En fait cette autorisation n’est rien d’autre qu’une astuce pour empêcher ceux qu’ils considèrent comme esclaves d’officier une prière dans la Zawiya. Car jusque-là, seules les personnes issues du camp des soit disant nobles reçoivent cette prétendue autorisation et sont les seules à diriger les prières. Jamais une autorisation n’a été donnée à une personne issue du camp de ceux considérés comme esclaves. Cheikhna Coulibaly est la première personne issue de cette frange à franchir ce Rubicon, car se sentant suffisamment apte intellectuellement et moralement à diriger une prière dans une communauté qu’il considère profondément comme le sien et ce de manière totalement désintéressée. Suite à cet incident malheureux contraire aux préceptes et aux fondements de notre Tariqa , et compte tenu des multiples enseignements que nous y avons tirés, Nous , groupe de disciples appartenant au camp des personnes discriminées signataires de cette lettre , avons décidé à notre tour de ne plus accepter d’être dirigé par un Imam issu de l’autre camp tant que le problème de l’Imamat au sein de notre communauté n’est pas définitivement réglé sur la base des principes fondamentaux de notre Tariqa à savoir : l’égalité et le respect non négociable de la dignité humaine en parfaite phase avec les lois de la république Islamique de Mauritanie. Nous vous adressons cette lettre à titre d’information sur une situation relativement tendue mais à laquelle nous souhaitons trouver une issue heureuse avec l’aide de nos guides éclairés qui jusque-là se sont réservés d’intervenir directement pour plusieurs raisons que nous comprenons. Tout en étant à votre entière disposition pour toute information complémentaire, nous vous prions de croire à l’assurance de nos sentiments les plus respectueux et de notre engagement contant pour apporter notre modeste contribution à la paix et à la cohésion sociale dans notre grande nation.
Pour les Signataires
1. CheikhnaSouleymaneDiakité , Tel : + 1 917 482 2253
Il y a un incident –celui de Kaedi-qui défraie la chronique ces derniers temps . Il semble que , pour toute decision, les Autorités administratives locales aient choisi aient choisi de fermer les lieux de culte hamallistes ! Decision à tout le moins curieuse pour ne pas dire plus ! Empêcher tout le monde de prier, empêcher aux mahadras internes de fonctionner , n’est pas à mon avis la bonne manière pour régler le problème ou calmer les esprits . Loin s’en faut ! L’attente des population , le bon sens même aurait été de proceder à des investigations complètes ,situer les responsabilités , et prendre les mesures punitives qui s’imposent ; Et non pas opter pour une solution pêle-mêle , ridicule, qui renvoie tout le monde dos-à dos … L’Administration locale doit revoir sa copie.. Cela dit , nos Ulémas, nos Intellectuels doivent avoir enfin le courage de faire face aux turbulences , aux secousses transversales qui traversent nos communautés, afin de les adresser correctement .Le monde a changé ,les esprits ont évolué, nous devons le prendre en compte … « Si l’Islam est éternel et unique , la pensée islamique est une lecture possible de la révélation étroitement liée à une époque donnée . » Garaudy
Suite à la diffusion des informations erronées sur les réseaux sociaux concernant mon admission au concours de l’ANARPAM (Agence Nationale des Recherches Géologiques et du Patrimoine Minier) pour occuper le poste de responsable du département de Gestion du Patrimoine Minier, je viens avec rigueur démentir les faits insinués à ce sujet. En effet, une rumeur pour ne pas dire une information » a été partagée sur des réseaux sociaux et relayée par d’autres groupes sociaux, expliquant que mon admission a été effective grâce à l’intervention de Mr Amedi Camara. Je viens faire à ce sujet, un démenti formel. Il ne s’agit là que des allégations non fondées. Le concours a été organisé avec rigueur et professionnalisme, mes compétences et mon expérience ont primé. Contrairement à ce qui a été affirmé, sans vérification préalable, Mr Amedi Camara n’a pas fait d’intervention pour cette admission rendue effective qu’à la suite de l’organisation d’un concours et sur la base des compétences exigées. Je rappelle que le concours a été organisé par un bureau étranger et que tout au long du processus, nous n‘avons eu en aucun moment affaire ou contact avec l’ANARPAM. Et, étant donné que j’étais sur le terrain depuis 6 mois à Tmeimichatt, une zone à peine couverte par le réseau, je n’ai eu, en aucun moment lors de l’organisation de ce concours, des contacts avec qui que ce soit.
Le conflit est certes un phénomène social « inévitable », mais il est en dehors de la « normalité » (déjà difficile à appréhender). Le conflit est en tous les cas une situation de « crise ». On ne peut pas dire que la fièvre est une « situation normale » pour le corps d’un être vivant. Les meilleurs spécialistes de la sociologie du travail surtout (où conflit et négociation sont au centre de la réflexion sociologique) présentent le conflit comme inhérent à tout système social et à tous les systèmes du vivant. La crise selon les spécialistes de la philosophie est une étape nécessaire à la résolution des contradictions de la matière pour passer à un état qualitatif autre (parfois qualifiée de supérieure…) ; en tout cas à une nouvelle réorganisation de ses structures qualitativement différente de la précédente. Certes, nous devons accompagner la résolution d’un conflit social (crise) mais sans aucune ambiguïté, ça doit être dans le sens de nos convictions intimes (ici dans l’intérêt de la majorité des hommes et femmes considérés comme étant au bas de l’échelle sociale…) Dès lors, dans les pays soninkés, nous devons comme dans la conclusion de ce texte dénoncer les vestiges du système féodalo-esclavagiste mais sans faire croire aux gens que rien ne doit changer après la crise. Il faut que tous ceux qui ne comprennent pas bien les enjeux actuels sachent que si l’Afrique n’apprend pas à mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, nous serons toujours dans le peloton de queue de l’humanité. Les menteurs, les corrompus, ceux qui s’assoient sur nos institutions modernes, les féodaux, les racistes sont en grande partie à l’origine de cette crise profonde des sociétés africaines. Ils sont les alliés subjectifs et objectifs indispensables aux forces extérieures qui viennent nous piller et détruire notre environnement et nous avec… si on reste les bras croisés. Cependant, nous devons toujours rester sur une note positive : nous devons toujours élargir nos rangs mais par la pensée critique sans compromission avec les ennemis de l’Afrique.
En ce premier jour du mois de ramadan ses pensées se tournent vers l’ incident qui a eu lieu à la Zaawiya Mpaly Kaba à Kaédi, le 5 Avril 2021, un incident que nous regrettons profondément. Nous espérons que le mois béni de ramadan va apaiser les cœurs, et ouvrir le chemin qui mène à la paix. Aux blessés, souhaitons un rétablissement rapide et total. Quant à ceux qui sont en détention, il est important que leurs droits soient protégés. Quelque soit la position que nous occupons par rapport à l’épicentre de l’incident nous en sommes tous affectés, soit directement ou indirectement.
Dans ce contexte, il est à rappeler que, le conflit est un phénomène social normal parce que inhérent à la vie sociale. Il est impératif de l’approcher avec sérénité pour le résoudre d’une manière constructive pour ne pas causer de dommages irréparables au tissu social qui est notre abri commun. Nous espérons qu’en dépit du caractère complexe et sensible de cet incident, avec des bonnes volontés de part et d’autre, une solution satisfaisante sera trouvée.
Tout comme le reste de la Mauritanie, la société Soninké a un handicape non négligeable, i.e., la mentalité féodale avec ses corollaires. Ces imperfections méritent d’être dénoncées et corrigées au nom de la justice sociale d’une part, et pour la libération du potentiel de tous ses membres afin de leur permettre de se réaliser pleinement. Ceci est également valable pour toutes les communautés.
Enfin, tout le monde doit–équitablement jouir des valeurs démocratiques que nous chérissons sans aucune forme de distinction.
Demander un traitement égal est un droit reconnu par la constitution et consacré par la déclaration universelle des droits de l’homme dont l’article 1 qui stipule que « tous les hommes naissent égaux en liberté et en dignité, » etc. En d’autres termes, les valeurs démocratiques sont indivisibles, elles sont à la fois théoriques et pratiques, c’est à dire que nous ne pouvons pas seulement les chanter, sans les mettre en pratique.
Bon ramadan a tous.
Bakary Tandia, Human Rights Advocates, New York, April 13, 2021.
Une des erreurs, si ce n’est des malhonnêtetés, courantes chez nous est le fait de juger les conséquences sans pour autant toucher aux causes qui les ont induites ou les mettre, les unes et les autres, au même plan dans une analyse qui se réclame pourtant objective. C’est alors que l’on passe très souvent à côté des problèmes de fond pour ne disserter que sur des conduites ou actes qui ne font que voguer à la surface, au gré des grands courants qui les sous-tendent et déterminent leur mouvement. Deux erreurs sont à éviter si l’on veut rester un tant soit peu objectif. La première est celle qui consiste à oublier les grands courants régisseurs de la dynamique pour ne considérer que le comportement guidé des éléments qui y sont suspendus. La seconde consiste à établir une égalité de statut entre les courants et le comportement des éléments qu’ils transportent. Ainsi, plus d’une fois on entend des gens prendre les quelques droits à la demande de dons ou cadeaux accordés aux groupes hiérarchiquement défavorisés pour des privilèges au même titre que ceux que détiennent le ou les groupes favorisés. Ils s’en servent alors afin de faire valoir une « condition atténuante », et souvent même comme une contrepartie équivalente. Le moins qu’on puisse dire est qu’il s’agit d’un argument fallacieux que d’affirmer de telles positions. Le fait est que selon notre provenance sociale, il y a des chemins plus ou moins déterminés qui se déploient devant nous dans la lutte quotidienne pour notre survie. Ces chemins forment le potentiel qui nous est offert par notre milieu pour résoudre nos problèmes quotidiens ou construire une forme de réussite sociale. Il est clair que si un groupe dominé n’a droit que trop peu aux terres cultivables, ses chemins de survie vont être plus souvent ceux des travailleurs pour les propriétaires ; et ce, même si ses membres sont libres de faire autrement. La question n’est pas d’avoir libre choix d’accepter ou de refuser, il s’agit de prendre la meilleure des possibilités qui se présentent à un moment donné pour un but donné. Ainsi, si on décidait de juger le choix de travailler pour des prunes (c’est le cas de le dire) plutôt que de refuser de travailler, on passerait alors sous silence le partage inéquitable et totalement déraisonné des terres cultivables qui est un problème de fond. On pourrait alors arriver à conclure, de façon superficielle, que le travailleur n’avait pas à se plaindre car il a signé de plein gré son contrat. Au fait, cela n’est pas un exemple fortuit, il constitue un problème majeur dans nos localités où quelques familles ont la part du lion sur les terres là où d’autres peinent à trouver où habiter ; voyez-vous le combat contre l’accaparement des terres par des venants est une chose honorable. Mais qu’en est-il du partage rationnel des terres avec les groupes sous domination ? Mais plus proche du sujet encore, les cadeaux et autres dons que demandent les membres des groupes dominés ne constituent aucunement des chemins de premier choix pour acquérir des biens. Si aujourd’hui on acceptait de réorganiser la société, ils ne seront pas plus que nous intéressés à occuper une telle place dans la société. Ceux parmi eux qui accepteraient cette place ne seront pas plus nombreux que les nôtres qui en voudraient. Il faudra que l’on comprenne que le fait que certains groupes adoptent les pratiques citées a plus à avoir avec le résultat d’une construction sociale qui tend à spécialiser les gens suivant leur provenance. Le fait que les toorobbe, dans le milieu Pulaar, soient comparativement plus versés dans les études religieuses ne témoignent aucunement d’une aptitude intellectuelle particulière dont ils seraient les détenteurs. Cela n’est essentiellement que fruit d’une construction sociale. La construction joue donc le rôle de ces grands courants qui distribuent des trajectoires aux uns et aux autres assez fidèlement suivant leurs provenances respectives. Dévier de ces canaux est aussi difficile que ramer à contre-courant, c’est s’opposer au courant social qui ne manquera pas de tenter de réorienter les chemins selon son bon vouloir au moment où il encouragera ceux qui s’en conformeront. Il est ainsi d’une grande erreur que de penser que l’ensemble des dominants d’aujourd’hui auraient dévié de certaines conduites observées chez les dominés si jamais les rôles s’étaient inversés. La vérité est que, comme eux, ils se seraient adaptés à leur grande majorité au rôle qui leur est offert ; et comme vous pouvez alors le comprendre, ce n’est donc pas par choix du rôle mais par défaut et par contrainte sociale. Vous ne manquerez pas alors à me dire qu’eux aussi allaient agir, en majorité, si les rôles avaient été inversés, comme la nôtre est entrain de le faire -faudrait-il encore le reconnaître. Je vous dirai oui, qu’il y a en effet beaucoup de chances que cela soit vrai. Mais qu’évidement en le faisant ils auraient autant tort. Le tout est donc de refuser de jouer le rôle suprémaciste injuste auquel la société nous assigne; il est en effet plus aisé de le faire que de se défaire d’un rôle de subordination dans lequel on ne dispose d’aucun levier conséquent. Donc à la question de savoir si les dominants sont aussi conditionnés par la société que les dominés, la réponse est non. Les dominants, bien que fortement influencés par les règles sociales, ont tous les moyens d’y mettre un terme, ce qui est moins le cas chez les dominés.
Dans beaucoup de nos villages, des crises ont été occasionnées par le seul fait que des membres du groupe dominé aient refusé de faire la cuisine lors d’un mariage. Notre société trouve ce refus révoltant ! Mais quand ces mêmes individus viennent cuisiner en chantant et dansant, en demandant des cadeaux, on trouve qu’ils sont complices du système. Attendez les amis, que voulez-vous vraiment ? Qu’ils viennent cuisiner mais sans demander de cadeaux ? Peu d’entre vous me diront qu’ils sont contre qu’ils viennent cuisiner tout court. D’accord, mais dans ce cas vous conviendrez que leur reprocher d’accepter ou de demander les cadeaux est une belle façon de se tromper de coupables, vu qu’ils sont socialement enjoints à jouer leur rôle assigné. Allez donc dire à la société, aux dominants je veux dire, de lever ces charges sociales sur eux, d’accepter de renoncer à leurs privilèges de princes et de princesses injustement acquis, les vrais privilèges je veux dire, qui, pour exister, forcent les dominés à jouer le rôle critiqué. Pour s’en convaincre, imaginez un mariage au Fuuta dans lequel aucun des membres de ces groupes ne vient accomplir « son prétendu privilège », alors vous verrez que quoi que ces derniers puissent regretter un gain économique, les dominants quant à eux éprouveront une crise existentielle majeure. Car ces pratiques-là c’est bien les dominants qui les ont mises en place pour se délecter de leur propre position bien que les temps durs que nous vivons puissent occasionnellement leur faire subir quelques « effets secondaires ».
Pour conclure, j’appelle encore à ne pas vouloir ruser avec nos problèmes profonds ou les esquiver. Nous devons être objectifs. Mais l’objectivité n’est pas synonyme d’équilibrisme. Aspirer à être objectif c’est faire tout son possible pour attribuer aux différents éléments de son propos la place qui est la leur. Cela n’implique pas une nécessité de partager les fautes. La hiérarchisation dans notre société est un problème dont on connait le coupable qui est le système qui régit sa structure. Il profite aux uns et lèse les autres voire les asservit, il nous incombe de nous dresser contre, peu importe ce qu’il nous réserve personnellement ou de quel côté notre naissance hasardeuse nous a placés.
Nonobstant, une éducation émotionnelle aguerrie face à la mauvaise foi. On en perd le contrôle face à l’inadminissible ignominie de l’ignorance, de ceux qui approuvent l’existence d’une supériorité subjective d’un être humain à un autre, dûment liée à la naissance. Il est primordial, d’admettre, sans équivoque que l’esclavage est un concept abominable. Qui ne doit son existence qu’à la vacuité et à l’avidité d’individus venaux, mus par la seule volonté de s’ enrichir sans effort ; D’une part en déshumanisant l’homme, vendu comme du bétail et d’autre part pour la gratuité du travail. Ce phénomène est exécrable et nul ne doit l’avaliser ou le glorifier, mais plutôt faire blemir de honte tout homme digne et pourvu de raison. Il est opportun de rappeler, que l’innovation sociale est plus importante, son rythme plus intense, sa portée plus étendue. N’eut été, en outre, cette pensée nouvelle, de l’émancipation et de la justice entre les hommes, partir sur des bases saines pour l’humanité plusieurs personnalités afro américains de lignage servile n’auraient pas atteint à priori certaines positions stratégiques dans la vie publique des US (Armée, Première Dame, haute administration et autres). En réalité , sauf un hasard malheureux, on soit atteint de cécité et de surdité ou que l’on soit en marge de la société, l’esclavage, demeure un crime contre l’humanité. Il doit y avoir dans les temples du savoir le temps de l’observation nécessaire pour se faire une idée objective d’un conflit fratricide basé autour de la sempiternelle question de l’esclavage et ces séquelles. Nous avons vécu, ces dernières semaines de manière sporadique, l’infâme histoire de la dot de Ouadane , la théâtrale et scabreuse de kaedi. En somme, cela n’a fait qu’affirmer, que le mal se trouve dans les us et coutumes, qui loisiblement veulent nous faire croire qu’une femme hartani peut être chosifiee, que l’imamat s’acquiert par dévolution famialle. Cela dit, au-delà, de la multitude des faits que l’on pourrait égrener à l’infini à ce sujet, il ne s’agit plus cependant de pointer les causes où d’en Indexér les coupables, connu de tous . Il s’agit plutôt de s’ériger avec détermination face à ce relief hideux, imsipide enrobé dans un corps malade et un esprit impie. Au regard des faits, oui, à l’introspection collective pour améliorer notre vivre ensemble, aussi figuasse soit-elle, par un effort collectif et collégial En se dressant tous ensemble sans distinction aucune, en deconstruisant ce narratif cousu d’un fil de mensonge. , pas pour un exutoire, mais pour éradiquer sa propagation. En abhorrant , sans compromission aucune,individuellement ou collectivement, toute tradition et rituel permettant de par leur vassalité, de maintenir ces survivance. Du reste, la légitimité de combattre pour recouvrir sa dignité humaine, ces lettres de noblesse , ne fera que des émules et sa durée aussi longtemps que les faits. Une fois encore , œuvrons tous à l’altérité et à la tolérance. Voilà ce qui pourrait être utile.
« C’est une erreur de vivre selon le mode d’autrui et de faire une chose uniquement parce que d’autres la font. C’est un inestimable bien de s’appartenir à soi-même. » Sénèque
Les événements tragiques autour de la « Zawiya Mpaly Kaba » de Kaedi sont une suite de crispations sociales autour du statu quo. Nous avons vu un ensemble d’intellectuels user de la parole à un travers un arsenal conceptuel pour justifier la bêtise ou aiguiser leur regard loin de toute objectivité mais proche de la subjectivité. Il ne faut pas avoir la langue de bois. Je ne suis pas un fin connaisseur des lieux de cultes et de vénérations que sont les Zawiya en Mauritanie. Celle qui a attiré l’attention est la Zawiya: Mpaly Kaba de Kaedi où les disciples des fondateurs de la confrérie se requièrent.
A la suite d’un ensemble d’événements, on remarque que les intellectuels Soninko (de la communauté sociolinguistique Soninké) sont dans le déni. Il va falloir combattre ce déni pour aspirer à plus jamais ça. Il faut poser les bases de l’égal accès à l’imamat (fait de pouvoir diriger la prière par rapport à la qualification, les compétences et la dévotion qui ne se vend pas). Écrire des tas de livre avec des personnes qui n’œuvrent pas à casser les « fondements erronés » restent une perte de temps inouïe. Le refus de partager des fonctions symboliques dans un groupe donné en Mauritanie et particulièrement chez les soninko reste la plus grande torture dans l’imaginaire collectif des personnes « castés ». C’est là une forme de contrainte sociale qui rappelle les séquelles de l’esclavage. Dire qu’un individu lamba doté de sciences (en se référant au sens dans un contexte islamique) ne doit pas diriger une prière ou doit demander la permission reste incompréhensible. Rappelons dans ce sens, Camus qui disait: « La bêtise humaine insiste toujours ». Certains insultent BaliouMamayaryCoulibaly en disant qu’il est l’initiateur de ce « mal ». Je pense simplement que la pesanteur sociale leur épargne beaucoup de maux. Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké. La stratification sociale empêchait certains soi-disant « esclaves » ou personnes d’ascendance servile, griots, tutti quanti, d’étudier. Ils devaient être programmé pour assouvir les désirs et dérives de soi-disant « maîtres » ou « bien nés ». De nos jours, nous vivons dans des États en Afrique qui s’apparentent à des démocraties. Tout le monde a droit à l’éducation. C’est vers la méritocratie que nous tendons.
Le poids du capitalisme de nos jours est immense. Il y’a ce que beaucoup qualifient de « réalités sociales »; et il y a à côté le choix de comment se définir. Le mépris culturel et l’ordre inique sont d’autant plus considérables dans nos contrées que quand la misère intellectuelle et financière sont là. Il suffit de voyager pour voir que nos « fondements » sociaux sont un leurre. Il faut démocratiser car l’individu qui quitte son territoire pour un pays occidental se marie souvent là-bas sans se focaliser sur les origines ou le « rang social » de son conjoint. Arrêtez cette hypocrisie silencieuse !
Certains ont parlé de consensus. D’autres ont manifesté leur « volonté de puissance ». Il n’y a qu’un seul Salut. C’est le combat pour la dignité humaine. Ce combat ne peut pas se mener qu’ailleurs. Il le faut évidemment chez nous. Il ne faut pas chantonner dans les affaires comme le cas de GeorgeFloyd ou autres en faisant abstraction des tares féodales-esclavagistes dans nos pays. Dans la communauté Soninké, également dans toutes les communautés de l’Afrique, il faut arriver à déconstruire et à démystifier les approches socioculturelles qui existent pour l’avènement d’une culture citoyenne avec des politiques représentatives, une démocratie en construction et des leviers culturels sur des principes universels qui répondent à la vraie culture islamique de nos sociétés; pas celle adaptée aux traditions. Il y’a urgence de quitter « les identités étriquées pour de véritables identités citoyennes ». Selon une source, le gouvernement mauritanien à travers son ministre de l’intérieur a pris des mesures drastiques et appelle au calme. Que ce même gouvernement agisse aussi dans le solde de toutes les entités; pas seulement d’une communauté donnée. Il faut que l’Etat vide le contenu des « pouvoirs traditionnels » pour le compte des maires et autres personnes de l’administration. Le mauritanien doit être participe de l’universel pour parler comme mon homonyme SouleymaneBachirDiagne. « Il faut remette en place le chantier de l’universel ».
Que la paix règne à Kaedi, dans soni kara et dans le reste du monde. Elle ne sera véritablement axée que par l’implantation de la raison, de la logique et la reconstruction autour un nouvel idéal avec plus de justesse.
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