● Le Grand Entretien du BLOG | Avec le doctorant M. Brehima SIDIBE

La rubrique le Grand Entretien du BLOG vous revient avec un invité d’origine malienne, le doctorant Brehim SIDIBE. Également formateur en communication politique et acteur influent en France au sein de la diaspora du pays de Modibo Keita, M. SIDIBE nous expose pertinemment ses analyses en acceptant gentiment de répondre à l’intégralité de nos questions. Nos vifs remerciements à lui, et lui souhaitons une fructueuse continuation dans ses recherches doctorales ainsi que dans sa carrière professionnelle.


Ci-après l’entretien :

● Question 1 : Bonjour monsieur Sidibe, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Brehima SIDIBE, je viens du Mali. Je prépare une thèse de Doctorat en Analyse du discours politique à CY Cergy Paris Université. Mes travaux de recherche portent sur l’analyse linguistique des discours politiques au Mali entre 2012 et 2022. Je pars d’une acception du discours politique qui inclut tout discours dont le contenu aborde le sujet de politique. Aussi,  j’enseigne la communication politique à l’École politique africaine.
En parallèle, je suis également actif dans le milieu associatif auprès de la communauté malienne de France. J’ai été président de l’Association des étudiants maliens d’Ile de France (AEMIF) entre 2020 et 2022. Après mon mandat à l’AEMIF, j’ai créé, avec d’autres camarades, le mouvement Forces Citoyennes pour la Jeunesse (FCJ). Il s’agit d’un mouvement qui regroupe les jeunes maliens et franco-maliens à travers différentes villes de  France. Ce mouvement porte ma candidature à la présidence du Conseil National de la Jeunesse Malienne de France (CNJMF).

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)

BS : En effet, la communauté Soninké est fortement présente ici France et cela depuis belle lurette. Nous en sommes à la troisième génération selon certains sociologues spécialistes des questions migratoires. On peut voir cette migration de différentes manières. D’abord, il faut dire que la volonté de quitter les pays d’origine (Mali, Sénégal, Mauritanie, Gambie…) résulte d’un constat commun à ces pays, et bien au-delà d’ailleurs, c’est le manque de perspectives pour les jeunes.  En effet, qu’ils soient diplômés ou non, nombreux sont ceux qui sont “contraints” de partir dans l’espoir de retrouver une vie meilleure. Les avantages de la migration au sein de la communauté Soninké sont qu’il existe une réelle solidarité entre ceux qui partent à l’étranger en l’occurrence la France et ceux qui sont restés au pays. Reconnus pour leur sérieux, leur rigueur dans le travail, les soninkés se préoccupent toujours de la famille (au sens africain du terme) dans leurs pays d’origine. Dans de nombreuses contrées, les “parisiens” (surnom donné à ceux qui vivent en France qu’ils habitent à Paris ou non) se substituent même aux gouvernements en ce sens qu’ils construisent des châteaux d’eau ; des écoles ; des hôpitaux… Vu sous cet angle, on peut dire que l’immigration a des réels avantages.
Toutefois, on ne peut s’empêcher de souligner les risques liés à cette immigration. En effet, on obtient de plus en plus difficilement le visa pour se rendre en France. Et pour corollaire, beaucoup choisissent d’affronter la méditerranée via des embarcations de fortune.  S’ensuit donc de nombreuses pertes en vies humaines. Ce qui est fortement déplorable. Ainsi, il serait judicieux pour la communauté vivant en France d’opter davantage pour des investissements qui favorisent la création d’emplois dans les pays d’origine. Cela pourrait créer plus d’opportunités d’emplois et à terme permettre aux jeunes de rester sur place et travailler.

● Question 3 : Nous vous suivons régulièrement sur les supports virtuels RP Médias comme analyste, pouvez-vous nous exposer quelques points clés sur la situation politique et géopolitico-sécuritaire de votre pays (le Mali) et de la sous-région actuellement ?

BS : En effet, j’interviens assez régulièrement sur RP Médias. Il y a beaucoup de choses à dire sur la situation politique et géopolitique du Mali et de la sous-région mais je vais essayer d’être concis. D’abord il faut dire que nous assistons à un changement de paradigme au Mali depuis la “rectification de la trajectoire de la transition” intervenue après le renversement du président Bah Ndaw en mai 2021. Au plan politique, ce changement de paradigme se manifeste par l’abandon du calendrier électoral qui prévoyait initialement d’organiser les élections en février 2022. Plusieurs autres reports s’en sont suivis et à l’heure où je vous parle, aucune date n’est prévue pour les élections. Entre- temps, la classe politique a disparu des radars. Soit par faute de crédit au sein de l’opinion; soit par les mesures de restrictions prises par les autorités de Transition. Soulignons également l’adoption d’une nouvelle constitution en juillet 2023, instituant la IVe République. Mais l’opinion publique nationale et internationale aura surtout noté les changements sur les plans sécuritaire et géopolitique. En effet, les forces françaises qui étaient présentes au Mali depuis 2013 ont été sommées de quitter le territoire en 2022 et un an plus tard c’était au tour des casques bleus de la mission des Nations Unies de plier bagages. Ces décisions s’inscrivent dans la nouvelle doctrine des autorités maliennes, à savoir l’affirmation de la souveraineté. Un nouveau partenariat renforcé avec la Russie est établi. Alors que les pays occidentaux accusent le Mali de coopérer avec des mercenaires, les autorités maliennes affirment travailler avec des instructeurs russes.
Ainsi, sur le plan sécuritaire, on constate une réelle accalmie. Les forces armées maliennes sont passées d’un mode opératoire défensif à un mode opératoire offensif. Les massacres de villages entiers ont cessé. Les terroristes ne s’attaquent plus directement aux camps militaires. Le point culminant de cette situation est la reprise de la ville de Kidal contrôlée depuis 2014 par les groupes indépendantistes de la CMA. Des équipements militaires adéquats sont mis à la disposition des FAMAs. S’il y a un point où tous les maliens semblent saluer l’action de la transition, c’est bien sur le plan sécuritaire. Néanmoins, la lutte contre le terrorisme étant une guerre asymétrique, beacoup restent à faire et la vigilance doit être de mise. 
Sur le plan géopolitique, les lignes ont fortement bougé ces derniers temps. Suite aux multiples reports du calendrier électoral évoqués plus haut, les relations entre le Mali et la CEDEAO se sont fortement dégradées. On se souvient des sanctions sévères  prises à l’encontre du Mali en janvier 2022. Sanctions qui dureront huit mois. Dès lors, on semble franchir un point de non retour. Pour cause, en septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé l’Alliance des Etats du Sahel, AES.

● Question 4 : Pouvez-vous nous éclairer sur l’aspect institutionnel de l’AES (Alliance des États du Sahel) qu’on l’entend évoluer vers une confédération et ses frictions avec la Cédéao ?

BS : D’abord il faut dire que l’AES est une alliance de circonstances. Les trois pays qui la composent connaissent des situations similaires : des militaires à la tête du pays ; menace terroriste; bras de fer avec la CEDEAO. Cette situation a favorisé la création de l’AES en vue d’une mutualisation des efforts. La première version de la charte du Liptako-Gourma, qui a institué l’AES, met l’accent sur les volets sécuritaire et de défense. Cependant, quelques mois plus tard, d’autres aspects ont été ajoutés notamment la diplomatie et le développement. C’était à la faveur du sommet tenu à Niamey, au Niger, le 6 juillet 2024 et où l’annonce de la création d’une confédération a été faite. La confédération vise à donner une existence institutionnelle à l’AES tout en conservant la souveraineté des Etats. Sans surprise, la présidence tournante a été confiée à Assimi Goita du Mali, pays considéré comme la locomotive de l’AES. Quant aux sessions parlementaires, elles se tiendront au pays des hommes intègres. La confédération devrait aboutir à la fédération mais cela nécessite une réelle volonté politique des autorités des trois pays sans oublier  la sensibilisation de l’opinion publique dans les trois Etats. Dans ce sens, on peut déjà voir quelques prémices à travers les journaux télévisés de 20h de ORTM,  RTB,  et  RTN où une page AES est ouverte à chaque JT et qui couvre l’actualité des trois pays. Cependant, cette dynamique est subordonnée au maintien des trois présidents de transition. Rien ne garantit que la même dynamique va se poursuivre si l’un des trois chefs d’Etat devait quitter le pouvoir dans les deux ou trois prochaines années.
Il va sans dire que la CEDEAO ne voit pas d’un bon œil la création de l’AES. En effet, le retrait annoncé en janvier 2024 devrait être effectif en janvier prochain. La CEDEAO perdrait alors un vaste territoire de plus de 2 millions de KM2. Et au vu de la dynamique actuelle, il faut dire que l’on se dirige vers cela. Malgré le changement de cap de la CEDEAO vis-à-vis des pays de l’AES, les autorités de ces pays ne semblent pas fléchir. Ce sera un véritable camouflet pour la CEDEAO qui fêtera ses 5O ans d’existence en 2025.

● Question 5 : La communauté soninké connaît une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?

BS : C’est une situation fortement déplorable. Voir qu’au 21è siècle une telle pratique humiliante et déshumanisante existe encore sous nos cieux est lamentable. Dans l’histoire de l’humanité, l’Homme noir est celui qui a tant soufert par l’esclavage. Des luttes ont été menées au long des siècles pour aboutir à l’abolition, comment comprendre qu’un homme noir puisse considérer son semblable comme esclave, fusse par ascendance? Dans la constitution des pays où l’on retrouve la communauté Soninké, la liberté de chaque individu est reconnue et nul ne doit être soumis à l’esclavage. Mais je pense qu’il faut renforcer davantage la législation. On a comme l’impression d’un silence coupable des autorités politiques et judiciaires parfois pour des calculs politiques. Les personnes reconnues par une telle pratique doivent être sévèrement punies. Pour cela, il faudra inclure même les incriminations verbales parmi les chefs d’accusation. La pédagogie et la sensibilisation ne sont pas des moyens de dissuasion à mon avis. Force doit rester à la loi.

● Question 6 : Ces dernières années, un regain panafricaniste s’est manifesté sur notre continent, quelles analyses faites-vous d’éventuelles retombées à court et long terme ?

BS : A la faveur des changements de régimes intervenus dans certains pays à travers l’Afrique, on assiste en effet au retour des discours au relent panafricaniste et souverainiste. Ces types de discours visent à affirmer l’indépendance totale de l’Afrique vis-à-vis des grandes puissances autrefois colonisatrices. Au-delà des autorités gouvernementales, certains activistes s’inscrivent également dans ce registre. Je pense notamment à Kémi SEBA. Cette affirmation panafricaniste est en soi une bonne chose. Mais il faut aller au-delà du discours. Le véritable panafricanisme doit d’abord permettre l’intégration des peuples africains, c’est-à-dire la libre circulation des personnes et des biens. Et le chantier prioritaire dans ce sens doit être la mise en œuvre effective de la ZLECAF. A long terme, cela pourrait avoir de réelles retombées économiques.
Et pour terminer, à mon avis,  le panafricanisme ne doit pas être compris comme une forme de rupture avec le reste du monde mais plutôt le respect et l’affirmation de l’Afrique au concert des nations.

Merci pour votre disponibilité.

• Réalisé par KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

6 août 2024

● Assez de lois contre l’esclavage ! | Par Seyré SIDIBE

En Mauritanie,  l’esclavage et ses » dérivées », sont des  réalités évidentes, mais peu assumées ou  souvent niées, minimisée ou abordées avec beaucoup de mauvaise volonté. En vérité, sans être juriste, j’estime que la convocation des députés en session extraordinaire, le 04 septembre prochain pour discuter de plusieurs projets de lois, dont la création de tribunaux spécialisés de lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants, n’a pas sa raison d’être. 

Les tribunaux chargés de juger les crimes d’esclavage existent déjà depuis 2016, l’ère Ould Abdel Aziz :  le décret 2016-002 du 1er janvier 2016, fixe le siège et le ressort territorial des cours criminelles spéciales en matière de lutte contre l’esclavage. Les observateurs s’interrogent, sur la pertinence et l’opportunité de  ces juridictions  d’autant plus qu’ elles ont  jusqu’ ici brillé par inaction et inefficacité. 

En effet, la lutte contre les injustices et les discriminations sociales est d’abord une question de volonté politique. Ce qui suppose l’exemplarité, comme dans le combat contre la corruption et autres comportements sulfureux .

Point besoin de nouveaux textes sur la question de l’esclavage, un fléau déjà élevé au rang de crime. C’est déjà le summum. Trop de lois tuent la loi. Il suffit juste  d’appliquer les lois déjà existantes. Nous sommes dans une République, comme modèle politique et de gouvernement, il est évident que ce choix sous-entend :  citoyens et de citoyenneté.

Dès lors, il suffit que nos dirigeants soient sincères pour s’attaquer aux stratifications sociales héritées, qui n’ont pas de place dans une république, et de surcroît islamique :  » Tous les humains sont issus d’Adam qui a été créé d’argile. Il n’y a pas de différence entre un Arabe et un non Arabe, si ce n’est par la piété ».  « Le plus honorable des hommes auprès d’Allah est le plus pieux ».

Faut-il le rappeler que dans  une république, il ne peut y avoir de citoyens et de sous-citoyens. La citoyenneté, c’est d’abord l’égale dignité entre les populations ( les citoyens ), au-delà des origines et appartenances sociales, linguistiques etc., différentes et diverses. Ce qui importe est l’appartenance à une même nation (nationalité ).

L’esclavage se nourrit de l’impunité, de la pauvreté et de l’ignorance.  L’Etat est à la fois garant de la justice, de la protection des personnes et de leurs biens et l’épanouissement de tous et de chacun, il dispose de tous les moyens pour faire respecter la loi. Comme, il sait le  faire  pour disperser les manifestations, et au besoin utiliser la force .

Les députés doivent comprendre que l’esclavage est plus facile à identifier et à  combattre que ses « dérivées » : le féodalisme. Encore une fois, le débat stérile qui consiste à  soutenir que l’esclavage est plus grave que le féodalisme n’a pas sa raison d’être. On ne compare pas deux maux, on les combat.

Le féodalisme est beaucoup plus subtile et perfide, du fait qu’ il s’exprime  sous le manteau de la culture. Ce qui peut rendre complexe sa qualification juridique. Cependant avec la volonté  tout est possible. Des juges professionnels, compétents et indépendants peuvent décoder, décrypter les agissements, comportements et expressions féodales dissimulées. C’est une question de dignité, de droit humain pour redorer l’image de la Mauritanie, et consolider la cohésion sociale. 

Seyré SIDIBE

● Décret présidentiel convoquant l’Assemblée nationale en session extraordinaire, le 4 septembre 2024 [AMI.MR]

La Présidence de la République, communique que, par décret en date du lundi 26 août 2024, le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 4 septembre 2024.

Voici le texte intégral de ce décret :

‘’ LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ,

Sur Rapport du Premier Ministre,

VU, l’Article 53 de la Constitution.

DECRETE :

Article premier : Le Parlement est convoqué en session extraordinaire à compter du mercredi 04 septembre 2024.

Article 2 : L’ordre du jour de cette session comprendra :

1. La Présentation de la Déclaration de la Politique Générale du Gouvernement,

2. Projet de loi portant création du tribunal spécialisé de lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants.

3. Projet de loi modifiant certaines dispositions de la loi numéro 65-046 du 23 février 1965 portant dispositions pénales relatives au régime de l’immigration.

4. Projet de loi portant code de l’hydrogène vert.

Article 3 : le Premier Ministre est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié suivant la procédure d’urgence au journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie’’

Mohamed OULD CHEIKH EL GHAZOUANI

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/252881

● Le portrait d’un dynamique humanitaire | Par Coumba Ndao Info

Boubacar Diakité est appelé Bouba Diakité est l’initiateur et le président de l’association NGC (nouvelle génération de coumbandao).
En dépit de sa quarantaine d’années, il possède déjà plus de 14 ans d’expérience dans le domaine associatif. En 2010, c’est avec les habitants de son village qui vivent en France qu’il a fondé cette association.

Il a également été le créateur de la radio Coumbandao.

L’objectif de cette association est de contribuer au développement de son village dans tous les domaines essentiels à la vie quotidienne.
En 2016, il était membre de l’association L’EED, dont il était l’un des membres principaux. Il a occupé différentes fonctions, notamment en tant que porte-parole et en tant que président du pôle international.

Après 4 ans passés à L’EED, il a démissionné en 2020 et a repris la direction de l’association qu’il a fondée précédemment.
Il a instauré un système d’assistance médicale dans son village natal en Mauritanie en 2022.
Le 3 octobre 2022, il s’est rendu à l’inauguration du système d’assistance médicale au village.
Lors de cette première journée, il a convié les autorités locales, telles que le maire, le préfet, le gouverneur, ainsi que les villages et les membres de l’association.

Depuis le 3 octobre 2022, 103 individus les plus pauvres du village et des environs, au sein des populations locales , bénéficient d’une carte médicale appelée Yonki (la vie), qui leur donne la possibilité de se soigner gratuitement dans les structures de santé.

Selon lui, la santé constitue un droit essentiel, et toute personne, qu’elle soit pauvre ou fortunée, doit se sentir protégée. Lorsqu’elle est malade, elle doit pouvoir se soigner.

Dans son association, il envisage de développer différents aspects tels que l’assainissement, l’agriculture, l’éducation, etc…
Son point de vue est de ne pas attendre davantage de l’État pour développer nos localités, car la diaspora possède une richesse qui, si elle est unie, peut même faire mieux que l’État dans les villages.

Son objectif ultime est que tous les villages adoptent la même approche pour que le développement soit une réalité dans nos régions.
Une nation unie, une nation forte.

En France, il a créé une permanence administrative et sociale avec son équipe pour apporter une aide aux personnes qui rencontrent des difficultés avec la langue française.
La procédure administrative en ligne, etc.
Il est gratuit et disponible pour tous sans frais.

Il considère que sa naissance en Afrique et sa vie en Europe lui permettent de découvrir les deux réalités distinctes.
Vivre en France reste une opportunité pour ceux qui ont déjà vécu en Afrique, plus précisément en Mauritanie, où nous avons pratiquement tout à nos dispositions.
N’est-ce pas que lorsque j’étais scolarisé dans mon village, je n’avais pas de lumière le soir pour faire mes devoirs?

Malgré ce contexte difficile, nous avons réussi à progresser dans nos études grâce à l’assistance de nos parents, notamment ma mère qui a été à la fois ma mère et mon mentor.

Il ne faut pas oublier cela.
Maintenant que nous disposons d’une opportunité et d’une chance d’apporter notre aide à nos familles, il est de ma responsabilité d’apporter mon aide à ma famille et à ma communauté à la hauteur de mes compétences.

D’où mon implication sociale.
Aussi longtemps que je serais en vie et tant qu’il y aura des personnes démunies en Mauritanie, notamment dans mon village, je prodiguerai mon soutien à la hauteur de mes capacités.

Dans le domaine associatif et social, Bouba Diakité est un exemple à suivre, car il a toujours fait preuve de générosité et de dévouement pour les causes justes.

• Par Coumba Ndao Info

● Crise des réfugiés au Soudan : « La guerre a détruit tous nos rêves » | [BBC Afrique]

Mariam Hussein est assise sur un tapis de sol dans sa modeste cuisine en paille, fixant la photo de son fils aîné Mohamed, qu’elle n’a ni vu ni entendu depuis sept ans.

Les larmes aux yeux, elle nous raconte la lutte désespérée de Mohamed pour atteindre l’Europe, croyant que cela changerait le destin de sa famille.

Il a quitté leur maison dans l’État du Darfour occidental, au Soudan, pour entreprendre le périlleux voyage à travers le désert du Sahara.

« Lorsqu’il est arrivé en Libye, il a été kidnappé deux fois », raconte Mariam.

En avril 2023, la guerre a éclaté entre les factions rivales de l’armée soudanaise, forçant Mariam à fuir vers l’est du Tchad avec son fils cadet, Ahmed.

Ils vivent désormais dans le vaste camp de Farchana, qui accueille environ 42 000 civils soudanais ayant fui deux époques de guerre – la deuxième guerre du Soudan au début des années 2000 et le conflit civil d’avril 2023.

Les huttes en bâche d’un blanc éclatant, nichées dans le paysage rocheux, ont peut-être permis d’échapper à la brutalité de la guerre, mais les mauvaises conditions de vie, la nourriture insuffisante et le manque d’opportunités désespèrent des jeunes comme Ahmed.

Lassé de vivre dans des conditions aussi horribles, il veut suivre les traces de son frère.

Il prépare un plan pour quitter Farchana avec ses amis et tenter le dangereux voyage vers l’Europe, en passant par la Libye et la Tunisie.

« Lorsque nous étions au Soudan, j’allais à l’université et je pouvais rêver de mon avenir. Mais à cause de la guerre, j’ai tout perdu », raconte-t-il en se remémorant ses années d’études en gestion d’entreprise.

Le pire cauchemar d’une mère
Mariam est maintenant confrontée au pire cauchemar d’une mère – le spectre redoutable de la perte de deux fils dans le désert du Sahara.

« Je lui ai demandé de ne pas partir parce que j’ai vu mon autre fils se perdre dans le processus, alors j’ai peur qu’il lui arrive la même chose », dit Mariam d’un ton pensif.

Mais Ahmed est catégorique, affirmant que ses perspectives d’avenir sont faibles s’il vit au Tchad.

« Oui, ma mère a refusé que je parte, mais je ne peux pas rester au Tchad. Il n’y a pas de programme d’éducation ou quoi que ce soit d’autre », explique Ahmed.

« La guerre a détruit tous nos rêves. Chaque fois que je parle avec mes amis, nous rions et nous jouons, mais lorsque nous regardons des programmes d’éducation à la télévision, sur Facebook et sur Instagram, nous voyons des personnes éduquées à l’université et cela nous fait nous sentir si mal. »

« Nous nous comparons à eux et nous voyons l’énorme différence… Je ne peux pas finir de cette manière. »

Sa déclaration souligne qu’Ahmed et ses amis ne sont pas différents de millions de jeunes à travers le monde, et constitue un rappel brutal de la détresse que la guerre a provoquée chez les civils soudanais.

Tentatives infructueuses
La frustration d’Ahmed trouve un écho profond chez Sidik, 28 ans, un autre réfugié soudanais qui vit à Farchana depuis deux décennies.

Il a tenté à trois reprises, sans succès, de passer en Europe depuis la Libye et la Tunisie.

« La situation ici est très difficile. Il n’y a pas de travail fixe pour moi, c’est la raison pour laquelle j’ai essayé plusieurs fois de passer par la Libye », explique-t-il.

Il a fui au Tchad avec sa famille alors qu’il n’avait que sept ans et a abandonné l’école en raison des ressources limitées. Comme Ahmed et de nombreux autres habitants de Farchana, il pense que cela vaut la peine de risquer sa vie pour que sa fille et son fils puissent avoir une vie meilleure.

« Le plan est en cours et nous ne nous arrêterons pas parce que nous ne pouvons pas continuer à vivre de cette façon », révèle-t-il.

Le désert du Sahara est considéré comme l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indique que 161 migrants sont morts en tentant la traversée vers l’Europe par cet itinéraire pour la seule année 2023.

L’OIM et ses partenaires internationaux ont mis en place des programmes de migration légale pour les réfugiés au Tchad.

Entre 2017 et 2019, ils ont facilité la relocalisation de près de 2 000 réfugiés du Tchad vers la France.

Ying Hu, Associate Reporting Officer au bureau du HCR à Farchana, indique que certains programmes de réinstallation peuvent devenir disponibles pour les réfugiés en fonction de la disponibilité des ressources.

« Nous avons également des programmes réguliers tels que les visas humanitaires, le regroupement familial, les programmes de bourses pour les personnes qui souhaitent poursuivre leurs études universitaires à l’étranger », révèle-t-elle.

Cependant, la plupart des fonds disponibles étant consacrés à l’aide vitale aux personnes déplacées par les combats en cours, les ressources disponibles pour les programmes de réinstallation sont limitées.

L’incertitude quant au temps qu’ils devront attendre pour que ces voies légales s’ouvrent à eux laisse Ahmed et ses amis rivés sur la périlleuse route du Sahara.

« Nous irons », dit-il avec détermination.

• Lien média https://www.bbc.com/afrique/articles/czjy333k90no?fbclid=IwY2xjawEn8n9leHRuA2FlbQIxMQABHWNU1ubiGck3JuzNabk6eBVg6chWLv6v-zPAirvEKzVHQzwLlahomXGcEg_aem_jYKtKhIUb8KRn0S8pyAMAA

● Le décryptage d’une semaine d’actualité en Mauritanie | Par le journaliste Seyré SIDIBE.

Moctar Ould Ndiay, nommé premier ministre au sortir du scrutin du 29 juillet, à l’entame du second mandat de Ould Ghazouani. Ce choix est une contradiction avec le réquisitoire, du président Ould Ghazouani contre la corruption dans son discours d’investiture. 

Le second mandat qui commence sera un remake du premier. Aucun changement n’est envisageable, si l’on continue de reconduire les mêmes personnes. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Ould Ndiay même blanchi faisait partie du banc des présumés accusés du dossier azizien de la décennie, dont le dénouement a surpris plus d’un observateur : une grosse tempête dans un verre d’eau.

On attend, sans suspens, la composition du nouveau gouvernement, les mêmes visages reviendront. Les mêmes quotas, les mêmes logiques et schémas détermineront les castings (arguments de recrutement) : tribalisme, communautarisme voire racisme, féodalisme, prééminence et maitrise de la langue Arabe.

Et enfin, la compétence sera le parent pauvre du mode de recrutement. Curieusement, dans quelques mois, quelques années, on se plaindra du manque de résultats …

Ce que nous sommes, est plus fort que ce que nous voulons être

Si l’on a le loisir de choisir sa diplomatie, de s’afficher avec qui l’on veut, de créer une filiation génétique taillée sur mesure voire factice, on finit toujours par être rattrapé par une réalité plus que têtue, son voisinage. Les États subissent « la loi de la proximité », la géopolitique imposée par leurs frontières. 

Quand on regarde le profil des invités venus honorer, la Mauritanie à l’occasion de l’investiture du président Ould Ghazouani pour un second mandat, on peut y entrevoir sans être brillant analyste politique, le substrat (l’ADN) de notre identité en tant que nation, imposée par notre environnement naturel, identité à laquelle est venue se greffer une autre. Cette dernière ne gêne personne, elle est au contraire source d’enrichissement, tant qu’elle n’entre pas en conflit contre la première pour la liquider.

Cette alchimie dosage, de cette double attraction identitaire, exercice auquel tous les pouvoirs ont échoué faute de volonté réelle est la cause première de l’échec jour après jour du projet Etat-nation souhaité par les participants du Congrès d’Aleg (mai1958).

Finalement, notre environnement naturel que nous valorisons peu s’est imposé.  Au moins les quatre (4) chefs d’Etats du continent ont répondu à l’invitation de la Mauritanie : le président de Guinée-Bissau, le président sénégalais, les présidents de la Gambie et du Tchad. Les autres, pour certains juste à nos frontières se sont contentés de nous envoyer des personnages secondaires, une manière de nous exprimer, le degré de considération qu’ils nourrissent pour nous. Ce que nous valons pour eux. Le message a le mérite d’être clair mais comme toujours, on ne veut rien entendre.

La promesse réitérée de Ould Ghazouani, renouvelée à la jeunesse

» Oui, ce sera un mandat de la jeunesse, parce que la jeunesse est l’espoir de notre nation, sa force, son présent et son avenir, et il n’y a pas d’espoir pour une nation qui ignore sa jeunesse, laissant ses énergies hors des voies de l’éducation, de la formation, de l’intégration et de la participation ». Trop de slogans sans effets. 

La jeunesse a perdu tout espoir à cause de la corruption, du népotisme, du clientélisme et la persistance des pratiques néfastes héritées, qui créent deux jeunesses aux destins séparées. Une première, minoritaire bien née et qui a tous les arguments pour assurer la relève, alors que la seconde est déshéritée, désavantagée et végète pour lutter, échapper à un ordre implacable imposé par une accumulation d’injustices et de discriminations. Or, dans le cadre des politiques visant à promouvoir la jeunesse, c’est encore la jeunesse choyée et sortie de la cuisse de la bourgeoisie qui en profite au détriment de critères objectifs et transparents.

L’émoi d’un « peuple » contre l’assassinat d’Ismael Haniyeh

L’assassinat du leader du Hamas a montré jusqu’où la Mauritanie est un pays traversé par des antagonismes hardis qui ont eu raison de son éclosion en tant qu’Etat-nation.

En effet, contrairement aux autres pays, en Mauritanie, on a l’impression de voir deux peuples sur un même territoire, unis par l’islam (Sunnite Malekite) mais s’appuyant sur des références différentes.  Deux peuples qui ont des logiques, des logiciels, des héros, des martyrs antagonistes.

Alors que l’autre peuple rend hommage de manière ostentatoire au chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran, mercredi, 31 juillet 2024, l’autre peuple rend hommage aux victimes de Kaédi à la suite de contestation post-électorale, consécutive à la proclamation des résultats du scrutin présidentiel du 29 juin dernier. Celles-là, n’ont bénéficié d’aucune commisération de l’Etat et de son peuple. Un peuple qui ne célèbre pas les mêmes héros, les mêmes victoires, et qui ne pleure pas les mêmes échecs.

In fine, deux peuples aux grilles de lecture diamétralement opposées, partagent le même espace sans projet de développement commun et viable pour tous. Si bien que le martyr de l’un est un imposteur, un lâche, un bourreau, un criminel, un minable pour l’autre. Les référentiels sont dans une logique qui rappelle celles des droites parallèles distinctes.

Quelle complexité inventée, entretenue et nourrie durant des années par tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis l’indépendance.  Ils sont tous complice et coupable. Chacun a contribué d’une manière ou d’une autre à diviser, à séparer en créant la haine et la zizanie entre les mauritaniens sur la base de la langue, la tribu et la race etc.

La Mauritanie est donc malade dans sa chair, dans son être. Un malaise provoqué par ses dirigeants au lendemain de l’indépendance, en optant pour des choix politiques divisionnistes et hégémoniques, visant à tuer, effacer une partie de la double identité du pays au profit de celle qui plait à l’élite dirigeante dans son projet assimilationniste voire colonisateur.

Malheur à ceux qui ont initié ce projet néfaste qui a fini par compromettre l’unité nationale et le vivre- ensemble en Mauritanie. 

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/le-decryptage-dune-semaine-dactualite-en-mauritanie/?fbclid=IwY2xjawEdi39leHRuA2FlbQIxMQABHWAhJnmU2F7XQEE36x7qSs6Cc59j4_R7aaMgEKa-e_cNB5U_e3ET8JDr6g_aem_SGeV3ppNE38U2wdCR0tVdA

● La loi d’amnistie de 93, l’épine oubliée | Par Bocar Oumar BA.

L’opposition antisystème, comme il convient de le dire maintenant pour signifier les militants politiques qui sont pour un changement structurel de la Mauritanie, si elle est réellement attachée à son idéal d’une Mauritanie où règne la justice, ne peut continuer à négliger, voire ignorer l’épine sur son chemin que constitue la honteuse loi d’amnistie de 1993. Dans une livraison récente, je disais que la lutte pour l’abrogation de cette loi doit être la focale pour tout combat pour la justice dans notre pays.

Comment peut-on continuer à penser qu’une lutte sincère contre l’injustice soit possible dans un pays, sans que ne soit décrétée comme absolument prioritaire, l’abrogation d’une loi encore en vigueur faite justement pour protéger des criminels et narguer les victimes ? Imaginez une seule seconde qu’il subsiste encore dans nos textes une loi qui protège officiellement les maitres d’esclaves, les voleurs, les violeurs, etc. Je vois déjà le sourire de ceux qui s’empressent de me faire remarquer que si la loi ne les protège pas, la pratique le fait. Certes ! Mais l’édification d’une loi n’a pas la même valeur symbolique qu’une pratique qui vise justement à contourner une loi. Quand une assemblée vote une loi pour protéger des criminels là où même dans ses rêves les plus fous elle ne s’autoriserait pas à en voter une pour protéger des voleurs, quand bien même de fait l’état les protège par des pratiques connues de tous, ça dit quand même quelque chose sur le plan symbolique. Quand on sait que la plupart des personnes qui bénéficient de cette amnistie font partie de l’oligarchie arabe de ce pays, et que les victimes des atrocités ainsi niées sont toutes issues de la communauté négro-africaine déjà sous le joug du racisme d’état, la fracture nationale causée par les tenants du système apparait dans toute sa splendeur.

Que les tenants du système et ceux qui les applaudissent au quotidien n’aient pas intérêt à ce que la loi d’amnistie de 1993 ne soit pas dans la centralité du débat public, je le comprends aisément. Mais que ceux qui prétendent se battre pour la justice ne fassent pas de l’abrogation de cette loi le symbole même de leur lutte, j’en comprends moins la logique. Si ce n’est qu’il est facile de mesurer le cafouillis qui caractérise ce qu’on appelle « opposition », qui permet de masquer bien des lignes de fractures idéologiques pourtant essentielles pour mener de manière cohérente le seul combat qui vaille en Mauritanie : celui de faire nation. Le dialogue de l’opposition que nous avons appelé de nos vœux à l’Ajd-mr, sans y mettre, je l’admets, l’énergie que j’espérais, gagnerait pourtant à se tenir pour clarifier les logiques d’alliances qui, pour moi, doivent reposer d’abord sur une commune vision de la construction nationale, bien avant les logiques de stratégies électorales. Et dans cette démarche, le combat pour l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 et l’article 6 de la constitution officialisant la seule langue arabe sont des curseurs incontournables de cette mesure.

Quelle Mauritanie voulons-nous ? Celle qui fait le choix de piétiner des victimes parce qu’elles sont noires et de protéger des criminels, voire les promouvoir, parce qu’ils sont arabes ? Celle qui élève la langue d’une seule communauté nationale au statut de langue officielle et abandonne en rase-campagne les autres langues nationales, accentuant ainsi la discrimination que vivent déjà leurs locuteurs ? Ou voulons-nous une Mauritanie plus juste envers tous ses enfants, leur donnant le même accès à la justice et à la protection de la puissance publique ? Nous pourrions établir ainsi une série de thèmes et de critères pour voir qui de l’opposition est d’accord avec quoi, aussi au regard des textes et déclarations traditionnelles des partis concernés.

S’abandonner à une lutte essentiellement basée sur des slogans désormais plus répétés par habitus que par conviction est la meilleure façon de la banaliser. Les sud-africains ont fait de la libération de Mandela un symbole de lutte n’ont pas qu’ils perdaient de vue l’objectif final qui est celui d’abattre l’apartheid, mais parce qu’ils comprenaient qu’ils avaient tout intérêt à faire de Mandela un totem et un symbole. Free Mandela ! est un slogan bien plus facile à faire passer tout en sachant que la libération de Mandela ne laissera pas indemne le système d’apartheid.  De même, en Mauritanie, si nous arrivons à faire tomber le symbole que constitue la loi d’amnistie de 93, c’est l’idée même de l’impunité, base existentielle de l’injustice, que nous abattrions. Les tenants du système l’ont d’ailleurs parfaitement compris pour y tenir tant quel que soit le régime, ce depuis 31 ans…

Je suis d’ailleurs toujours étonné de l’étonnement des gens quant à la multiplication des meurtres d’innocents par le fait des forces de l’ordre. L’existence d’une loi protégeant des criminels dans le pays, est à elle seule la garantie de la répétition des faits du genre. Comment ne pas comprendre dès lors que ce qui prime c’est d’abattre cette fichue loi qui se moque des victimes et élève les criminels au statut d’intouchables ? 

Bocar Oumar BA

● Qui sont les passeurs à Nouakchott et quel est leur mode opératoire ?

Les passeurs à Nouakchott sont peu nombreux, environ cinq à six individus bien connus.

Leur activité frôle la légalité, bénéficiant souvent de la complicité de certains éléments de sécurité.

Originellement liés à la pêche, ils ont trouvé dans le trafic de migrants une activité bien plus lucrative.
Un exemple notable est celui d’un célèbre exportateur de poisson frais qui s’est récemment reconverti en passeur.

Les passeurs opèrent de manière clandestine mais très organisée. Ils recrutent des migrants via des réseaux d’intermédiaires, les transportant secrètement vers des points de rassemblement près des côtes.

Les migrants sont souvent logés dans des maisons abandonnées, des entrepôts ou des camps de fortune, situés à proximité des plages pour faciliter l’embarquement. Le quartier de Kouva à Nouakchott est devenu un véritable bastion de l’immigration clandestine.

𝐏𝐚𝐢𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭

Les passeurs exigent un paiement avant le départ.

Le montant était initialement de quatre cent mille MRO, mais avec l’afflux de migrants pakistanais et bangladais, le prix a grimpé jusqu’à 700 mille ouguiya.

𝐂𝐨𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐝𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐭𝐬

Les passeurs coordonnent les départs avec des équipes à terre et en mer, utilisant des téléphones portables pour éviter la détection. Les migrants accèdent aux pirogues de nuit, minimisant ainsi le risque de détection par les autorités. Les bateaux partent souvent de plages isolées ou de points moins surveillés. Les départs sont échelonnés pour réduire les risques d’interception.

𝐂𝐚𝐩𝐢𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

Les capitaines des pirogues sont souvent des pêcheurs sénégalais expérimentés en navigation. Ils restent rarement connus publiquement pour éviter les arrestations. Pour éviter d’être interceptés en pleine mer, ils préfèrent naviguer de nuit et changent fréquemment de routes maritimes pour déjouer les patrouilles des garde-côtes.

𝐄́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐦𝐛𝐚𝐫𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬

Il y a quelques années, les pirogues transportaient souvent de petits groupes pour éviter d’attirer l’attention. Cependant, face à une demande croissante, on voit de plus en plus d’embarcations transportant des dizaines de personnes à bord.

Souleymane Hountou Djigo

Journaliste, blogueur

• Lien média https://kassataya.com/2024/07/26/%f0%9d%90%90%f0%9d%90%ae%f0%9d%90%a2-%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%a8%f0%9d%90%a7%f0%9d%90%ad-%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ac-%f0%9d%90%a9%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%9e%f0%9d%90%ae/

● Coupure des données mobiles d’Internet : une République si fragile ?

Nouakchott Times – Les usagers mauritaniens sont privés des données mobiles d’Internet depuis près de 3 semaines, dans la foulée de la crise post électorale liée au déroulement du scrutin présidentiel du 29 juin 2024. Une mesure dont les conséquences économiques et sociales catastrophiques.

Ainsi, la démarche sécuritaire des autorités pèse de plus en plus sur l’activité économique. Notre République serait elle aussi fragile au point de courir des risques d’effondrement avec le rétablissement des données mobiles d’Internet ?

Difficile de croire à une telle hypothèse, dans un pays du Sahel, région confrontée à une violence terroriste récurrente, dont le territoire échappe aux attentats des barbus depuis le 11 décembre 2011, grâce à la vigilance des services spéciaux.

Pourquoi alors nos autorités craignent-t-elle le retour des données mobiles de l’Internet, envoyant ainsi un mauvais signal aux investisseurs potentiels et même aux simples visiteurs ?

Il est temps que le gouvernement donne des explications face à cette situation qui perdure fait descendre le moral des usagers dans les chaussettes.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776240&fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR3J7kdzBPW2ruxDprMm-0JZGWvoRiNyzzvHTbfxrpyLn3p9uWhgj6HEJGk_aem_h-vRY-xDp7JugiYfRkRl8A

● Qui était le journaliste panafricain Mohamed Maïga ? | Plume engagée et proche de Thomas Sankara.


J’ai eu écho de son cas récemment lors d’un visionnage d’une émission de la chaîne YouTube OuiHustle, consacrée à sa fille, la talentueuse actrice Aïssa Maïga. Lors de cet entretien fleuve et riche, la réalisatrice du film documentaire « Marcher sur l’eau » a abordé son enfance et la fin tragique de son père il y a 40 ans à Ouagadougou (au Burkina Faso) le 1 janvier 1984. En effet, son papa, à l’époque, jeune journaliste et intellectuel de 34 ans fut empoisonné dans la capitale du pays des hommes intègres aux temps du capitaine révolutionnaire et panafricain résolu Thomas Isidore Noël Sankara. Natif d’Ansongo (Mali) en 1950, Mohamed Maïga est issu de l’ensemble communautaire Songhaï. Journaliste à l’esprit vif et militant sur les dynamiques politiques liées à la cause panafricaniste, il avait travaillé au journal « Jeune Afrique » et pour le magazine « Afrique Asie ». Sa fille assure que l’association https://mohamedmaiga.org/mohamed-maiga qu’ils ont créée en janvier dernier, vise à promouvoir l’héritage intellectuel de son père parti si jeune, si tôt. À la fin de l’émission YouTube Oui Hustle, l’actrice française a donné quelques détails pratiques sur l’espace qu’ambitionne d’occuper l’association portant le nom du journaliste engagé.

L’intégralité de l’émission YouTube https://youtu.be/wKfPiIphpbc?si=jQS78M3vzWWBbzgw

22 juillet 2024

🖋KS pour le BLOG L’Écrit Osé