Déclaration : A l’Attention des candidats à l’élection présidentielle de juin 2019 en Mauritanie.

Notre pays, la Mauritanie s’achemine vers un rendez-vous électoral d’une importance capitale pour notre avenir commun.
Conscients de cet état de fait, nous, Mouvement Ganbaanaxu regroupé au sein du Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage en Milieu Soninké, prenons cette occasion cruciale afin de présenter solennellement notre engagement pacifique pour la restauration de toute la DIGNITÉ HUMAINE, conformément aux préceptes de notre sainte religion l’Islam, aujourd’hui ouvertement bafouée par des tenants d’un régime féodalo-esclavagiste érigé en mode de vie qui sévit dans nos différentes communautés, notamment chez les Soninko. Nous le disons sans ambages aujourd’hui en ce 21ème siècle, l’esclavagisme social par ascendance fait partie du tissu sociétal soninké. Par la stratification sociale basée sur les castes, la composante sociale dite ESCLAVE statutaire est la plus lésée de la communauté. Face aux ségrégations tenaces et aux discriminations humiliantes, les personnes dites d’ascendance ESCLAVE et leurs sympathisants JUSTES parmi les autres communautés engagées pour des réformes sociétales nécessaires, sont déterminées et motivées pour l’émergence d’une véritable conscience républicaine et humaniste.
Depuis bientôt 4 ans suite à notre engagement d’éveil citoyen et humaniste pour l’égalité en Droits et en DIGNITÉ, nos membres ont subi diverses persécutions* (expropriations d’héritage, mise en quarantaine sociale, injures publiques et apologistes de l’esclavage, accusations mensongères et fallacieuses et d’autres traitements humiliants) de la part des réactionnaires tenant de l’ordre féodal dans la communauté. Ce qui est absurde c’est que cette campagne est savamment orchestrée par des réseaux d’intellectuels féodaux issus de la Diaspora alors qu’ils se présentent comme des défenseurs de droits humains.
Ainsi nos principales demandes citoyennes à l’endroit de vous, candidats à la magistrature suprême, sont articulées autour de :

■ La proclamation et la réaffirmation de l’égalité intrinsèque entre toutes les citoyennes et tous les citoyens dans notre pays,

■ La prise en compte des préjudices causés par l’ordre féodalo-esclavagiste à travers une politique de «promotion spéciale» au niveau national des cadres issus de la communauté des Soninko marginalisés .

■ La primauté de l’Etat de droit à l’échelle étatique sur les régimes coutumiers source de discriminations et de ségrégations, particulièrement la question d’accès des communautés à vocation rurale à la propriété foncière,

■ L’application stricte des dispositions contenues dans les lois nationales suivantes : la LOI 2015- 031 contre les pratiques de l’esclavage et ses séquelles et la LOI 2018 – 023 portant sur les DISCRIMINATIONS.

■ La prise en compte des communautés marginalisées des villages Soninkés dans les activités des programmes nationaux de développement, notamment l’Agence Tadamoun et le Commissariat aux Droits de l’Homme.

Nouakchott, 21 Mai 2019

Pour le Mouvement Ganbaanau
Le Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage en Milieu Soninké

🔷️Contact : Cissé Ibrahima Diallo
Tel /Whattsapp : +222 48725978/+33 695 17 09 38
Email : cissediallo2001@yahoo.fr

#GANBANAAXU #HUMANISTE #SOLIDAIRE #FRATERNEL #Mauritanie

Source crédit : Réseaux GANBANAAXU Mauritanie

POURQUOI LES SÉQUELLES DE L’ESCLAVAGE EN MILIEUX SONINKO AU LIEU DE L’ESCLAVAGE TOUT COURT?

Depuis la création du mouvement « GANBANAAXUN FEDDÉ » natif, initialement, de Mauritanie, mais devenu transnational voire transcontinental de part l’aura qu’il a eu à travers le monde, mouvement qui a emboîté le pas à ses aînés « Abolitionnistes de l’Esclavage et ses Séquelles », notamment les mouvements « hratines », Les Soninko (pluriel de Soninké) dans leur grande majorité ont horreur et ne veulent pas entendre parler du phénomène de l’esclavage dans leurs localités. La question a été érigée en une sorte de tabou autour duquel s’est formé un consensus latent. Dans la société soninké, les classes dominantes et certaines couches qui leur sont inféodées se sont mis d’accord pour clamer sur tous les toits qu’en milieu Soninké l’esclavage qui avait par le passé existé, comme d’ailleurs chez les autres communautés, a complètement disparu et que le phénomène a totalement été éradiqué en pratique et qu’il n’en demeure que des « restes » à travers quelques symboles marginaux. Mais ces « restes » constituées de codes de valorisations ou de « dévalorisations », c’est selon et autres symboles pudiquement désignées de séquelles, sont encore pires que la pratique réelle de l’esclavage par endroits à travers les zones infectées par le phénomène car elles expriment une certaine nostalgie d’un passé peu glorieux au sein de ces zones hautement stratifiées, ségrégationnistes et discriminatoires.
Au sein de la dite noblesse, tenant de la gouvernance, du chef du village à l’intellectuel, jusqu’au fonctionnaire dans Les rouages de l’Etat, exceptées quelques âmes justes (s’y reconnaîtra qui le mérite) tous sont unanimement d’accord et unis pour ne laisser la moindre parcelle de notabilité aux partisans de la caste ou classe dite inférieure considérée d’extraction servile et par conséquent inapte à toute mission relevant de la gouvernance sauf cas de force majeure, c’est-à-dire lorsque la nomination d’un membre de cette classe dite inférieure devient la seule option pour préserver un intérêt incontournable.
Il serait plus juste de dire et d’affirmer qu’en milieu soninké, le phénomène de l’esclavage est de nos jours quelque chose de « souhaité » pour ne pas dire de « prisé » par certains. Ce sont les circonstances qui ont obligé les soninko à parler d’éradication parce que ne disposant plus des moyens de coercition leur permettant d’asservir, dans le sens de reconnaitre le droit de propriété d’une personne sur son semblable. Mais « l’homo-sonincus », permettez moi le néologisme, n’est pas encore convaincu que toute forme d’asservissement est à proscrire et que la liberté est un don de Dieu à l’ensemble de ses serviteurs et dans cette perspective, elle est un don sacré et inaliénable. Ainsi, quelles que soient les affinités et l’admiration que l’on puisse éprouver pour une forme particulière d’organisation sociale de quelques communautés que ce soient, on ne peut en aucun cas consentir et trouver d’excuses ou de prétextes à des pratiques injustes et discriminatoires qui oppressent et aliènent. Et pourtant, dans la société soninké contemporaine, au nom de « la déification d’une certaine forme de culture » qui n’en est pas une, par les autoproclamés défenseurs de « notre culture soninké », des citoyens à part entière, considérés comme inférieurs font quotidiennement l’expérience de l’inégalité, de la discrimination, de l’injustice ; sont accablés par des préjugés et des clichés et sont parfois confrontés à l’ostracisme et à l’exclusion dans les villages.

Considérant cet état de fait, nous déduisons que l’éradication du phénomène en milieu Soninké, si éradication il y a eue, ne découle pas d’une réelle volonté politique interne mais plutôt et simplement d’une carence endémique des moyens et d’une mutation des rapports des forces qui ne permettent plus la pérennisation du phénomène dans sa forme classique au sein de la société soninké.
En effet, la prise en charge de l’esclave demande des capacités financières énormes, lesquelles étaient par le passé, acquises par le produit de la force de travail de l’esclave lui-même. Il était, il faut le dire, le moteur de la production sociale du maitre et de l’économie locale en général.
Les conditions multiples et variées qui entretenaient le phonème de l’esclavage dans sa forme classique, n’étant plus, la caste ou classe dite de la noblesse se résigna petit à petit à assouplir les jougs qui pesaient sur l’esclave. Ce qui donne l’impression que le phénomène est révolu et a été éradiqué. Mais, c’est juste une impression, car tous les codes liés au phénomène sont restés vifs et perceptibles à travers toute la structuration de la société. Et la naissance de Ganbanaaxu transnational a démontré que l’éradication tant clamée et crue par certains et annoncée n’était que du rêve ! En effet, les revendications des mouvements abolitionnistes ont rencontré des résistances absolument farouches reflétant ainsi la vivacité du phénomène dans les cœurs, concrétisée par des réactions nostalgiques tragiques partout où les lois des Républiques étaient lacunaires en occultant la situation, quand bien même, leurs lois fondamentales interdisent formellement le phénomène en le criminalisant. Pourtant certains esprits essaient encore de faire croire à la thèse du vide juridique donnant ainsi libre cours aux nostalgiques du passé honteux de commettre des tristes forfaits sans que ce comportement d’un autre âge ne leur suscite la moindre inquiétude. Mais le plus abominable et le plus horrible dans toute cette histoire est que, les défenseurs des droits humains reconnus comme tels à travers des associations légales, sont bel et bien ceux qui croupissent dans les prisons pour avoir dénoncé au 21ème siècle, un phénomène qui a gangrené le monde pendant des siècles et, qui continue encore à sévir par endroits avec la complicité de ceux qui sont sensés défendre la légalité et appliquer les lois, à travers des tribunaux spécialement érigés pour prévenir la persistance du phénomène dans tous les compartiments de la société et dans ses plus infimes manifestations.
Le combat juridique est devenu financièrement, tellement juteux pour certains défenseurs de la légalité que la justice n’est plus qu’un soporifique. Et la vérité doit être dite en tout temps et en tous lieux, pour aviser les âmes justes capables de l’admettre, d’accepter la dénonciation et d’agir pour son application, surtout quand on occupe un poste de responsabilité et de surcroit quand on tient les rênes du commandement. Une telle attitude est digne du patriote, du jaloux pour l’édification, le développement et le progrès de sa patrie ou encore de celui qui croit qu’un Seigneur Tout Puissant jugera un jour entre ses serviteurs. Lutter contre l’injustice et les discriminations ne doit pas être une option, mais un devoir du croyant et de toutes personnes dotées d’un minimum de conscience. Il est aujourd’hui de notre devoir de déconstruire pour mieux comprendre notre société et de défaire certaines conventions pour mieux vivre ensemble.

MCI DIALLO

NKTT, Juin 2019

Regardez « koundou soumaré dans TTI » sur YouTube

À suivre l’interview de notre animateur – Blog, Koundou SOUMARE, accordée à TV – TOOBA. Aux questions Ibrahim Diallo, animateur principal TV Tooba.

👇👇👇 lien YouTube ici

ÉVÉNEMENTIEL : Rendez-vous au méga concert COMPILATION GANBANAAXU 2019

Le 8 juin 2019 est annoncé un méga concert à Nouakchott organisé par la Marque GANBANAAXU FEDDE. Cet événement musical axé sur des références de l’unité et de la fraternité, est parrainé à la fois par l’artiste mauritanienne Maalouma Mint Mokhtar Ould MEIDAH et le footballeur international mauritanien Ismail DIAKITÉ. Sous la supervision organisationnelle du rappeur Hamady Coulibaly alias Yimbi kumma, plusieurs grosses pointures du Rap mauritanien sont attendues lors cette concert inédit qui fera date. Ainsi la COMPILATION GANBANAAXU 2019 portée par la Marque GANBANAAXU FEDDE, invite le grand public mélomane mauritanien à ce rendez-vous convivial à ne pas rater sous aucun prétexte. Les artistes au programme : Soyna Ganda, bamtare suukabe pelital, Bab zo, authentique, tonia fia, yimbi Kumma, lass rendo, Elphenoteli, tewal askanbi, rime soninké, Tobe, big sesarts, bably, force mine, Skyp.

Tous les médias nationaux et autres organes de presse sont invités pour une large diffusion via divers supports.

✅Le déroulement intégral de la Journée est prévu comme suit :

Première partie de Programme

À partir de 15h00 : prestation des artistes traditionnels, sketchs sur des thèmes de société, remise de trophées et discours des organisateurs.
L’entrée sera payante (1000 UM ou 100 MRU) pour avoir accès à toute la journée.

Deuxième partie de Programme

La compilation Ganbanaaxu qui signifie « Tous égaux en DROIT et en DIGNITÉ » est un projet initié par Yimbi Kumma, directeur de la marque Ganbanaaxu Fedde. L’objectif est de permettre à des artistes mauritaniens de se regrouper pour mettre en avant la musique et les talents provenant de Mauritanie dans un esprit de fraternité et d’égalité.
Plusieurs artistes ont été sélectionnés afin de se produire dans la Compilation Ganbanaaxu. Chaque artiste va créer un morceau qui sera diffusé plus largement grace à la Compilation.
Il y aura tout d’abord une sortie digitale de la compilation permettant une visibilité internationale des artistes grace aux supports de téléchargement légal (itunes …) et sur des plateformes de streaming (Deezer, Spotify …). La sortie digitale de la compilation Gambanaxu sera suivie d’un concert.

La soirée commencera par un documentaire rendant hommage à la musique mauritanienne avec la participation d’artistes renommés de la musique mauritanienne. Le documentaire durera 30 min environ.
Suivi de deux ou trois discours de 10 min maximum pour présenter la marque et le combat de l’association qui a permis la création de cette marque.
D’autres marques engagées seront invitées à faire leur présentation pendant 10 à 15 min.
Un artiste invité (hors compilation) sera choisi pour faire l’ouverture officielle de la soirée avec un titre qui parlera de l’unité de tous les mauritaniens.
Il sera suivi de Yimbi Kumma qui se produira pour trois morceaux en live accompagné d’un orchestre.
D’autres artistes invités se produiront pendant une trentaine de minutes.
Puis chaque artiste de la compilation viendra chanter son titre sur la compilation.

🔷📆️ Date : 8 juin 2019

🔘Lieu : Ancienne Maison des Jeunes à Nouakchott

✅Horaires : 14 H à 00 H

Communication par l’équipe organisatrice COMPILATION GANBANAAXU 2019

Mauritanie/présidentielle 2019 : Une rencontre citoyenne entre le candidat indépendant Biram Dah Abeid et la jeunesse du Guidimagha à Nouakchott

Dans la soirée du 29 mai 2019, dans une salle archi comble de l’hôtel Koumbi Saleh à Nouakchott , le candidat indépendant Mr Biram Dah Abeid accompagné d’une partie de son staff a été l’invité d’honneur d’une rencontre de précampagne organisée par la jeunesse originaire du Guidimagha. L’occasion a été donnée aux différents intervenants d’aborder les enjeux cruciaux du rendez-vous électoral du 22 juin prochain. Avant la prise de parole du candidat Mr Biram Dah Abeid, l’appel à un sursaut citoyen parmi le peuple du Guidimagha, a été réitéré par Mr Bakary Diarra (Membre actif IRA-MAURITANIE), Mr Moussa Hamet Soumare (vice-président IRA-France) et aussi par le directeur national de la campagne présidentielle Mr Bakary Tandia fraîchement débarqué des États-Unis. Le Guidimagha, région Sud mauritanien souffrant d’un abandon dans tous les domaines selon la teneur des interventions , ferait l’objet d’une attention particulière du candidat Biram une fois élu. Le candidat arrivé 2ème lors de la présidentielle de 2014, indexe vigoureusement les intermédiaires politiciens du régime étatique injuste dans le Guidimagha qui le maintiennent en état de colonie . Par ailleurs dans sa communication, le directeur national de la campagne, Mr Tandia exprime sa fierté d’appartenir au camp de la Vérité et du refus du Mensonge. Il a scandé que la victoire est accessible dès le premier tour pour leur projet axé sur l’instauration d’un véritable État de droit pour TOUS les mauritaniens.

✅Source crédit : Médias sociaux Proches du candidat

🔷️K.S pour le BLOG

[ALERTE – INFO – KININKOUMOU – GUIDIMAGHA MAURITANIE🇲🇷 ] : ⚠️Gros incidents autour de l’affaire de la grande mosquée du village⚠️

Dans la journée d’hier 23 Mai 2019, les autorités régionales (Gouverneurs et préfet) sous l’instigation partiale de la cellule régionale chargée des affaires religieuses, ont tenté avec force de trancher le litige autour de la grande mosquée du village.
Depuis quelques mois, la nouvelle grande mosquée de cette localité située à quelques kms de Selibaby, fait l’objet d’une affaire de gestion de l’imamat entre la composante sociale d’ascendance dite ESCLAVE statutaire chez les soninkés et l’ordre féodalo-esclavagiste (chefferie coutumière et religieuse). Ce lieu de culte qui a été financé et construit par l’ensemble de ressortissants villageois, risque d’être la source d’un divorce irréconciliable entre les 2 camps du village. D’après les dernières nouvelles du terrain, les incidents d’hier ont été provoqués par l’organe régional chargé des affaires religieuses dirigé par un certain Diallo. Ce dernier aurait décidé d’une manière unilatérale de donner la gestion exclusive de l’imamat au camp féodalo-esclavagiste au détriment de ceux qui sont considérés comme des esclaves statutaires. Et dans la journée d’hier, les féodaux avec la complicité des autorités régionales, ont tenté d’installer les tapis dans la mosquée en préparation pour la grande prière d’aujourd’hui vendredi. Les échauffourées ont éclaté et des éléments de la gendarmerie sont arrivés en arrêtant plusieurs membres de la communauté dite ESCLAVE par ascendance statutaire.
Quelques représentants des autorités régionales ont passé la nuit au village et comptent procéder à l’ouverture forcée et unilatérale de la mosquée ce vendredi en prenant clairement cause pour le camp des féodalo-esclavagistes. Nous apprenons que d’autres membres de la communauté lésée et discriminée ont été appréhendés dans la nuit .

Nous dénonçons cette situation injuste et indigne d’un traitement équitable attendu des pouvoirs publics pour TOUS les administrés.

Nous tenons responsables, l’organe régional chargé des affaires religieuses et les pouvoirs administratifs de toutes les conséquences possibles de cette situation dangereusement tendue.

Nous portons à la connaissance de l’opinion nationale et internationale sur le caractère discriminatoire et ségrégationniste de cette décision en cours d’exécution par la force publique. Les droits fondamentaux d’une partie des habitants sont bafoués au profit d’un autre camp basé sur des considérations féodalo-esclavagistes.

Nous rappelons les lois nationales suivantes qui vont à l’encontre de ce qui est entrain d’être commis par ce forcing inadmissible :

✅La LOI 2015 – 031 antiesclavagiste en Mauritanie .

✅La 2018 – 023 portant sur les DISCRIMINATIONS en Mauritanie .

■P/ GANBANAAXU Kininkoumou

✅Source crédit : Réseaux sociaux Militants anti féodalo-esclavagistes GANBANAAXU FEDDE

Édito-Cri Osé : AU GUIDIMAGHA EN MILIEUX SONINKÉS, À QUAND UN VÉRITABLE ÉVEIL POLITIQUE CITOYEN PRODUCTIF ?

Dans l’une de mes contributions passées, j’avais avancé que l’élément “Politique” n’est pas étranger au tissu organisationnel d’un certain monde soninké. Tout en distinguant 2 univers, l’un s’articule autour d’une gestion féodale et coutumière très rigide en interne et l’autre est fait d’une passerelle clientéliste contrôlée par un monnayage communautariste dans l’arène politique nationale. Ainsi depuis toujours ce schéma est tenu efficacement par “une élite” très au fait des rouages de la “CHOSE publique” dans le pays. Cette élite appelée improprement “nos cadres”, est régulièrement indexée et même vilipendée, parce qu’elle ne ferait pas grand chose pour le peuple du Guidimagha, comprendre ici le peuple soninké du Guidimagha à en déduire du discours tenu par ceux qui dénoncent. En cette année 2019 où une présidentielle cruciale s’annonce en juin , la légendaire structure clientéliste convaincue toujours qu’en Mauritanie, la règle tacite est; Une Communauté = Un Vote, semble subir une certaine pression partisane inédite venue de sa base populaire. En effet, aujourd’hui dans le giron soninké Guidimaghanké affilié historique aux différents régimes en Mauritanie, la communautarisation politicienne auprès du candidat désigné par l’Etat profond (composé par l’élite militaire, des hommes d’affaires et des relais communautaro-religieux), trébuche. Les logiques de tendances politiques ou claniques qui ont toujours marqué les partisans du pouvoir dans la région, s’affirment AUTREMENT dans leur versant soninké. De notre angle d’observateur modeste, on pourrait dire que la machinerie clientéliste grince habituellement au niveau des égo de personnalités et aussi à travers les accroches structurelles entre les 2 univers politisés (l’ancien ordre féodal par les statuts assignés et les positions officielles tenues du moment dans l’Etat). Dans le passé, ces querelles intestines pouvant être très rudes se menaient en coulisses loin du citoyen conditionné au VOTE avec/pour nos “cadres”. À l’heure actuelle, dans ce monde 2.0 qui a libéralisé la COM, la base populaire s’intéresse AUTREMENT en s’informant davantage sur ce qui représente vraiment la “communautarisation politicienne” tant prêchée par leurs “cadres”. Ainsi, un bref vocal d’un groupe Réseau social Whatsapp du milieu militant , suffirait pour perturber et dévoiler le fond de ce conditionnement politicien qui a tant inhibé la qualité de CITOYEN. La masse militante est foncièrement communautariste à un premier niveau, clanique à un deuxième niveau et même familiale au troisième palier. De ce fait, l’engagement politique est loin d’être citoyen encore moins d’être patriotique. Et à décortiquer les discours de recadrage et de justification tenus par certains “cadres” du sérail communautaire, à l’endroit de leurs suiveurs qui attendaient du “soninké” pour des soninkés dans le staff de campagne du candidat du système, on dirait qu’on a atteint le terminus d’une infantilisation politicarde innommable.
Et conséquence, aujourd’hui l’avenir d’un engagement politique sain parmi ou pour les soninkés du Guidimagha, serait la culture d’une conscientisation citoyenne qui donnerait sens à des véritables revendications à l’endroit de pouvoirs publics. Depuis 60 ans bientôt le monnayage clientéliste par la politique n’a fait qu’entretenir un régime d’intérêts partisans et l’étouffement d’une expression citoyenne libre. Nous avons besoin d’une autre approche plus intellectuelle de certains termes “nos cadres” , “nos ministres” ou “nos fonctionnaires” qui troublent et tendent même à ethniciser avec “nos” entendre exclusivement soninkés. Alors qu’en citoyen averti ressortissant d’un village soninké , on pourrait légitimement approcher un haut fonctionnaire consciencieux Maure ou Peulh qui serait originaire de Lehajr pour des services rentrant dans ses prérogatives. Cet éveil citoyen sans les balises ne se fera pas dans l’état actuel où les prismes communautaristes pèsent dans les consciences. Et l’individu à l’éveil citoyen bridé ainsi, ne peut être qu’un éternel obligé courtisan même pour ses droits les plus élémentaires. Il se trouve aujourd’hui que ceux qui ont toujours tenu le statut de barons dans l’arène clientéliste politique décrite plus haut, s’adonnent à leur niveau à une certaine forme de mendicité politicienne à l’échelle nationale. Comme on l’a constaté ces derniers temps, la base populaire a bousculé et le maillon intermédiaire “nos cadres” à multiples accroches non identifiables en légitimité par la base, a craqué à ciel ouvert. Ainsi il faudrait une nouvelle approche de l’engagement politique par/parmi NOUS, basé sur des convictions solides qui doivent ÉVEILLER les masses populaires et non VEILLER sur leur supposé poids électoral à monnayer dans la médiocrité et le déshonneur encore et encore.

[Activités GANBANAAXU ARMEPES-France – Rencontre ]

Ce dimanche 📆14/4/19 tard en fin d’après-midi, le vice-président d’Armepes-France Samba FOFANA et le chargé de COM Koundou SOUMARE ont rendu une visite de courtoisie et d’échanges aux doyens Baba Ould jiddou et Abidine Merzough. De passage en France ces jours-ci, notre prise de contact et nos échanges avec le grand-frère Abidine venu d’Allemagne, ont été très instructifs et positifs autour d’un pionnier de la conscientisation citoyenne, le doyen Baba chez lui en région parisienne. Ainsi les problématiques complexes de l’esclavage qui traversent à divers niveaux toutes les communautés en Mauritanie🇲🇷, ont été abordées largement et également l’historique de l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste ( El-Hor , SOS-ESCLAVES, IRA, et aujourd’hui GANBANAAXU* FEDDE) . Par ailleurs la situation politique mauritanienne en mouvements de pré-campagne présidentielle de juin 2019, a fait partie des discussions en toute fraternité. On notera le dîner copieusement servi par le doyen à cette occasion. Merci pour ces moments !

*Mouvement pacifique pour l’émancipation des descendants d’anciens esclaves en milieux soninkés.

#GANBANAAXU #HUMANISTE #ESCLAVAGE #SONINKÉ #APOLOGIE #Mauritanie

✅Pour la communication ARMEPES-France.

UNE IMPORTANTE DECLARATION DE PRESSE DES FPC

Les Forces Progressistes du Changement -FPC;

Considérant les résultats de l’assemblée générale de la coalition “Vivre ensemble” en date du 6 avril 2019;
Considérant d’importantes consultations au sein des structures de notre parti sur les délibérations de la dite assemblée et le processus de désignation du candidat de la coalition “Vivre ensemble” à la prochaine élection présidentielle;
Considérant la rencontre entre le président Hamidou B. KANE et le président Samba THIAM au siège du parti les FPC le 9 avril 2019;
Considérant l’engagement constant et honnête des FPC en faveur de l’unité et de la solidarité des forces progressistes nationales pour la prise en charge effective des problêmes de discriminations et de marginalisation de la majorité des populations mauritaniennes;
Considérant l’important élan de sympathie populaire à l’endroit du président Samba THIAM en témoignage à son combat héroïque et à son sens élevé de sacrifice désintéressé;

Réaffirment leur adhésion à la coalition “Vivre ensemble” pour faire prévaloir l’intérêt général sur la base d’une garantie de transparence et de confiance rétablie et à respecter;

Félicitent leurs membres pour leur mobilisation et leur fidélité. Tout comme elles remercient toutes celles et tous ceux qui leur ont témoigné solidarité et confiance pour leur attachement aux valeurs de la justice et de la rigueur en vue de construire une unité agissante.

Appellent leurs militants et sympathisants où qu’ils se trouvent à s’investir pleinement dans la campagne électorale en vue de faire triompher le candidat de notre coalition, le président Hamidou B. KANE.

La lutte continue!

Nouakchott le 10 avril 2019.

Le département de la communication.

Diogountoro – Guidimagha : le chef coutumier et ses administrés devant le tribunal de grande instance de Bobigny

Boubou Ba – Le procès s’inscrit nécessairement dans une durée non maitrisée par les parties.

Il prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression. La justice étatique décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant. Le coût final du procès dépend en général des complications qui ne sont pas envisageables lorsqu’il est introduit, d’où l’intérêt de faire appel aux modes amiables de règlement des conflits.

N’a-t-on pas coutume de dire : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ».

La justice amiable constitue une thérapie qui a pour but de briser le cercle infernal de la violence et de la contre violence afin de rétablir l’harmonie et la paix sociale. En effet, si jadis la fierté d’un Soninké, c’était de se glorifier de ne jamais mis pied au commissariat, aujourd’hui le voilà grimper la marche du palais de justice français. C’est peut-être la fin du royaume Soninké du 21eme siècle ou du moins le souverain mésopotamien du VIIème siècle.

Les descendants de Wagadu :

Si quelqu’un m’avait raconté hier, cette chaine judiciaire, c’est-à-dire les voilà venir le chef et ses conseillers d’un côté et de l’autre ses administrés devant le juge français pour trancher un litige qui les oppose, j’aurais tendance à imaginer que c’est le retour de « Wagadu Bida ».

Malheureusement, cette chaine judiciaire a eu lieu et s’est déroulée devant mes yeux à 9h30 au tribunal de grande instance de Bobigny (TGI). Les mots me manquent pour qualifier cette audience judiciaire que j’ai assistée ce lundi 25 mars 2019, devant le juge de référé du TGI de Bobigny avec un public-immigré, tous « ressortissants de Diogountouro », dans la Commune de Ghabou. J’étais pétrifié et écœuré de voir ceux qui se réclament « descendants de Wagadu » se trainent devant un magistrat étranger pour des faits qui peuvent se régler à l’amiable si nous étions véridique et honnête avec nous. Malheureusement, nous avons perdu la sagesse que le roi (Tunka) de Wagadu nous a léguée.

Autant de l’empire du Ghana, il semblerait le roi ou chef était un dirigeant véridique, honnête et sage ; il réglait toutes les affaires de son royaume à l’amiable afin de préserver la paix sociale de la cité. Le roi ou chef de Wagadu, selon les différents récits disposait trois critères qui nous laissent entendre qu’il était un roi justicier : Le roi était un « faiseur de paix » ; il était un « donateur » de ses biens, et ne peut se permettre, sans se déjuger, de repousser les incessantes demandes de ses administrés ; le roi était également un grand « orateur », ayant la maitrise de tous les codes culturels de la cité.

Pourquoi aujourd’hui, les descendants de Wagadu ont-ils perdu cette sagesse de rendre la justice et de dire le Droit ? Pourquoi, les fils du roi sont-ils arrivés devant le juge pour étaler leurs « linges sales » ? Où sont-ils passés les chefs justiciers de Wagadu, pour faire régner la paix et la cohésion dans le royaume ? Nous n’avons pas coutume de dire que, « le linge sale se lave en privé ». Pourquoi, nous ne faisons pas comme la communauté Wolof du Sénégal, en réglant ses affaires dans « le ventre de la famille » ou « dans le ventre du village ». Le maintien de la paix sociale et la tranquillité dans nos cités passent par les modes amiables de règlement des conflits.

Pourquoi sont-ils arrivés devant le juge de référé ?

D’après nos informations fiables, nous nous limitons de prendre les faits à partir d’une réunion. Ainsi, lors d’une réunion du village, le chef coutumier et les dirigeants de l’association de ressortissants de diogountouro (ARD) avaient déclaré oralement comme d’habitude, que la caisse du village disposait d’une somme totale de 147000euros sans pièce justificative à l’appui.

En effet, les jeunes du village ayant connaissance de ses droits et devoirs, avaient organisé plusieurs rencontres avec le chef coutumier du village et l’Association des Ressortissants de Diogountouro (ARD), dirigée par une poignée de gens (pour ne pas dire un clan), dont certains sont à la fois conseillers du chef coutumier et membre du bureau exécutif de ladite association, pour demander de comptes sur la gestion financière de l’association communautaire, c’est-à-dire les relèves bancaires et tout autre document nécessaire attestant la gestion transparente du bien commun. Bien sûr que oui, ils sont en droit de demander ou va leur argent et comment a été utilisé cet argent.

La jeunesse a également demandé au chef coutumier et le bureau exécutif de l’association de procéder à un changement des mentalités sur les instances associatives du village, c’est-à-dire à ne pas rester coller sur les patronymes (pour ne pas dire l’esclavagisme) des uns et des autres pour designer telle ou telle personne mais plutôt à regarder du côté des compétences et d’expériences pour faire avancer les choses dans le bon sens. La réponse du chef coutumier et le président de l’association est sans appel.

Le chef coutumier et l’association (ARD) disent tous pas question de leur fournir les relèves bancaires et tout autre document attestant la gestion du bien commun. Cela revient à dire taisez-vous, on n’a pas de compte à vous rendre et vous n’avez aucun droit sur vos propres biens. Apres plusieurs tentatives de médiation auprès du chef coutumier et auprès de l’association, qui n’ont donné des résultats positifs. Ainsi, les jeunes décident de saisir la justice pour faire valoir leur droit sur le bien commun.

Les faits :

Les jeunes sollicitent les compétences et l’expertises d’un avocat et docteur en Droit, Maître AKUSSON, un professionnel aguerri du Droit. Ainsi, maître Akusson, par un courrier du 31 octobre 2018 envoyé au chef coutumier et au président de l’association(ARD), demande à la partie défenderesse de lui communiquer tout document comptable susceptible d’attester de la gestion transparente des fonds de l’association. Le 17 nombre, le président de l’association (ARD) a envoyé une réponse lapidaire à l’avocat maître Akusson : « en ma qualité de président de l’ARD, je vous informe qu’il y a une totale transparence quant à la gestion des comptes et à la communication des soldes des comptes… ».

Une réponse non juridique mais plutôt littéraire, car l’avocat n’a pas demandé de verbes mais plutôt de pièces justificatives. Ainsi, n’ayant pas satisfait de la réponse du président de l’association, le 26 novembre 2018, l’avocat de la partie demanderesse a envoyé un 2eme courrier au chef coutumier et au président de l’association, faute des réponses claires accompagnées des pièces justificatives il sera obligé de saisir le juge de référé, c’est-à-dire le juge de l’urgence.

N’ayant pas obtenu une réponse, maître Akusson, à la demande de ses clients a saisi le président du tribunal de grande instance de Bobigny en référé, pour des faits de pratiques d’esclavagistes, de faits de discrimination au sein des instances associatives et une gestion opaque des ressources de l’association. Les faits sont grave, je dirais très grave même au regard du code pénal français. Enfin, il a demandé également au juge qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné à la tête de l’association et que les documents demandés soient communiqués par force.

L’audience devant le juge :

Les deux parties sont convoquées à 9h30 du matin devant le juge. Apres un bref rappel des faits et un échange de quelques documents entre avocats et juge. Madame, la juge a donné la parole à l’avocate de la partie défenderesse. Celle-ci a soulève l’irrecevabilité de la demande de la partie adverse faute de qualité à agir en justice et défaut d’intérêt, car selon l’avocate les plaignants ne disposent pas des preuves attestant leur appartenance à l’association. Ainsi, l’avocat de la partie demanderesse maître et docteur en Droit Akusson, a pris la parole pour démontrer l’appartenance de ses clients à l’association et demande au juge à ce qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné afin de mettre l’ordre dans cette association.

Madame, la juge après avoir écouté les deux parties et au vu de la complexité du dossier, elle a décidé de renvoyer l’audience au 10 avril 2019. Ce faisant, avons-nous d’autres solutions pour éviter le chaos ? Oui, évidemment nous avons une panoplie des solutions amiables (médiation, conciliation, arbitrage, négociation…) entre nos mains, qui nous permet de régler cette affaire à l’amiable sans que le juge ne soit au courant de ses linges sales. La justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations.

Elle recèle d’ailleurs plusieurs enjeux : l’apaisement des ruptures de la communauté avec la mise en avant de l’intérêt de la communauté, mais aussi la déjudiciarisation de la procédure de la gestion du conflit. J’en appelle à la sagesse et à la responsabilité de toutes les parties au procès d’aller sursoir au tour d’une table afin de pouvoir trouver une solution amiable et consensuelle pour le bien du village.

Ba – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Stagiaire à la Cour de cassation de France

🔘Crédit source : cridem.org